jeudi 24 septembre 2026

Un peu de politique à saveur batracienne...

 


Ça y est, les trois ( 3 ) débats opposant les cinq ( 5 ) chefs des principaux partis politiques québécois font maintenant partie du passé. Deux ( 2 ) d'entre eux se sont tenus à vingt-quatre ( 24 ) heures d'intervalle, le dernier et pour certains, le « vrai débat », celui animé par Patrice Roy de Radio-Canada, une semaine plus tard.

Les dés sont-ils jetés alors que près de 40% des gens que les sondeurs ont consultés s'affichent toujours dans la colonne des « indécis » et cela à onze ( 11 ) jours du scrutin qui se tiendra le 5 octobre 2026 ?

Parlant sondages, qui sont comme les baromètres de cette course à la formation du prochain gouvernement, à quelques petits points près vont dans la même direction : le couronnement de l'équipe péquiste sans toutefois être en mesure de la déclarer majoritaire.

Le CRAPAUD adore les gouvernements minoritaires non pas seulement parce qu'ils sont éphémères, mais plutôt en raison de leur obligation à former des coalitions qui, elles, sont souvent éphémères.


Ma seconde prédiction - la dernière se fera la veille du vote - va dans le sens d'un gouvernement dirigé par le PQ, et sera minoritaire. 


Un mot sur la prestation - les trois ( 3 ) échanges confondus - des chefs.


A) Christine FRÉCHETTE, je la résume en un seul mot : drabe comme c'est pas possible. Son lexique politique est d'une pauvreté inimaginable ; elle aurait eu avantage à se procurer un dictionnaire des synonymes afin d'éviter les redondances continuelles à la limite du tolérable. Qu'elle le veuille ou non, sa responsabilité de cheffe de la CAQ l'oblige à assumer les actions de son parti depuis les huit ( 8 ) dernières années. Ce n'est pas six ( 6 ) mois de changement de menu qui font que toutes ces années deviennent digestibles, ni en louvoyant entre indépendantiste et fédéraliste pour finalement échouer dans la case qu'elle nomme autonomiste qui accrédite une période durant laquelle aucun azimut constitutionnel n'a été fixé. L'histoire retiendra du passage étoile filante de ce parti politique comme ayant été l'un des plus faibles que le Québec aura connu. Je crains que la volonté de changement affirmée des Québécois devienne un rouleau compresseur sous lequel, autant le parti lui-même qu'elle tout particulièrement disparaîtra.  Les sondages prévoyaient au départ de François Legault une déconfiture complète de la CAQ, l'élection de madame Fréchette a fait bouger temporairement les aiguilles, mais la réalité, tout comme le naturel, est revenue au galop. Ma prévision : défaite dans son propre comté et disparition de la CAQ.


B) Charles MILLIARD, chef du Parti libéral du Québec est celui qui possède à son actif le moins d'heures de service à la tête d'un parti politique québécois. Pour se faire connaître à la population, il n'a eu que trois ( 3 ) mois et le voici propulsé dans l'arène des gladiateurs trois ( 3 ) fois plutôt qu'une ( 1 ). Avouons qu'il a manifestement fait des progrès, principalement lors du dernier affrontement. Il est fédéraliste, ceux qui en doutaient sont maintenant rassurés. Il ne cherche pas à ressembler ni à Jean Charest ni à Philippe Couillard, un tantinet à Robert Bourassa : son côté « séminariste propret » nous le rappelle assez bien. Il a du bagout, mais peu d'élan à convaincre, cherchant lors des trois ( 3 ) face-à-face, davantage à se faire des amis qu'éviter d'être balayé sous le tapis glissant de l'affrontement. Il présentait l'allure du joueur de hockey ayant un rôle de réserviste, en attente que son tour vienne, surpris qu'on l'utilise si peu souvent. Sa performance n'a pas été à la hauteur que lui-même fixait pour objectif. Dans Orford, le comté où il se présente, la course est chaude, chaude au point que les sondeurs ne réussissent pas, pour le moment, à le déclarer vainqueur. Son parti souhaite de tout cœur qu'il remporte la victoire, sinon, ô malheur !, une autre course au leadership s'enclenchera.


C) Ruba GHAZAL, co-porte-parole de Québec Solidaire, mais qui prend toute la place, ne laissant à Sol ZANETTI qu'un minimum d'espace médiatique, m'a personnellement convaincu que la pédagogie demeure encore et toujours le meilleur outil pour présenter, à tous et de manière accessible, des concepts, qu'ils soient élémentaires ou un tantinet soient peu abstraits. Son regard fixait la caméra, à chacun des débats, ne laissait passer aucun argument qu'elle jugeait faux ou démagogique - dieu sait qu'on nous en a passé une pis une autre - toujours présente à chacun des échanges, même ceux auxquels on ne l'invitait pas à prendre part. Des cinq ( 5 ) chefs, c'est véritablement la seule de qui on peut dire sans risquer de se tromper qu'elle participe de cette nouvelle génération québécoise, celle qui n'était pas née lors du premier référendum ( 1980 ) et ne remplissait pas les conditions nécessaires pour se prononcer en 1995, lors du deuxième : une génération jeune et rafraîchissante. Durant les trois ( 3 ) rencontres au sommet, elle a judicieusement tiré son épingle du jeu tout comme le firent, avant elle, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois.


Paul SAINT-PIERRE-PLAMONDON, chef du PQ depuis six ( 6 ) ans, nous le savons maintenant, puisqu'il n'a cessé de le répéter - trois ( 3 ) fois plutôt qu'une ( 1 ) - devait se retrouver lui-même pour que nous puissions le retrouver. La dernière année nous l'avait fait voir à l'image de Pierre Poilèvre, certains y sont même allés d'un rapprochement avec le président des États-Unis d'Amérique, comme quoi le ridicule ne tue pas, mais égratigne l'image que la majorité de la population québécoise avait de lui. Les trois ( 3 ) débats n'ont fait que démontrer à quel point il est « premier-ministrable ». Sûr de lui, on ne peut vraiment pas mettre en doute le slogan de la campagne péquiste : « Le choix de la confiance ». Son petit numéro « père de famille » offert aux caméras lors du deuxième et du débat final, aura-t-il attendri certaines personnes ? Davantage que son « bébé bonus » ? À voir. Chose certaine, il a de l'aplomb, réussissant habilement à mettre dans sa poche arrière une première ministre secouant désespérément des arguments vieux comme l'arche de Noé, les épouvantails du déclenchement d'un troisième référendum. Il a été gentil avec ceux et celle dont il aura peut-être besoin de leur appui advenant la venue d'un gouvernement minoritaire. Avec le peu de temps au cadran avant le vote, aurait-il avantage à nous présenter son équipe qu'il qualifie comme étant formidable ?


Éric DUHAIME, celui qui dit tout haut ce que les Québécois pensent tout bas, autrement dit, le plus populiste du groupe. Un premier débat désastreux aura été suivi de deux ( 2 ) particulièrement efficaces. Ses indéniables qualités de communicateur, il les a utilisées, parfois pour nous passer des « p'tites vites » que malheureusement les autres panellistes n'ont pas relevées. Je pense aux 11 166 $ par année que le PCQ promet alors qu'il s'agit d'une estimation cumulative sur toute la durée du mandat de quatre ( 4 ) ans et cela pour un ménage moyen typique, non pas d'un montant garanti à chaque personne. À beau mentir celui qui se tient loin du pouvoir ! Un des problèmes avec le populisme se résume à son anti-intellectualisme et à sa vision à court, très court terme. Couper ici, là. Cesser certaines pratiques coûteuses sans analyse approfondie. Et j'en passe. Éric Dumaine que je qualifiais de clown triste à la suite du premier débat, a relevé son niveau de démagogie frôlant parfois l'ochlocratie qui se veut être un gouvernement où le pouvoir est aux mains du peuple. Ça exigera sans doute des États généraux pour accréditer un tel changement au système actuel. Ce mot - changement - certainement celui qu'on entend le plus souvent durant une campagne électorale prolifère chez nos chefs, mais Duhaime est véritablement celui qui utiliserait une hache affilée pour déconstruire le modèle québécois qu'il juge vétuste et horriblement coûteux. Les autres ne sont pas avares de propositions visant à décongestionner la fonction publique - sauf QS - et manifestent une volonté quasi inébranlable à revoir toute la structure de l'État.


Voici donc mon point de vue - non généré par l'IA - sur la situation actuelle, celle prévalant au 24 septembre. Une question, toutefois, m'enquiquine : les chefs proposent d'ajouter des professeurs, des aides à la classe, des médecins en CLSC, des psychologues, etc. Où va-t-on les trouver ? La pénurie actuelle est catastrophique, alors quel miracle doit-il se produire pour combler ces offres d'emploi ? L'immigration plus ou moins permanente ? Bouger tel fonctionnaire vers un poste aboli ? 

Ça reste à voir. 

Le CRAPAUD vous invite à suivre de plus près encore les événements qui marqueront les derniers jours, particulièrement ceux et celles qui, malgré les débats télévisés, n'ont pas encore choisi pour qui voter.

À une prochaine fois.





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