mercredi 7 octobre 2026

Un peu de politique batracienne (Billet 4)


Vous connaissez les résultats, vous qui avez passé la soirée électorale du lundi 5 octobre devant votre téléviseur. Le CRAPAUD n'y reviendra donc pas, même si sa prédiction, pour une très rare fois, s'est avérée exacte.

Pour une première fois depuis 1968, année au cours de laquelle j'ai acquis le droit de vote, je n'y étais pas afin de suivre l'avancée ou le recul de chacun des partis politiques en lice. Première fois. J'aurai connu une autre première, celle de ne pouvoir voter lors d'une élection : 2018. J'étais à Saïgon et le bulletin de vote destiné aux Québécois vivant à l'étranger ne m'est pas parvenu dans les délais prescrits.

Lundi dernier, j'ai dû me rendre aux urgences de l'hôpital pour investiguer autour des symptômes de maux de dos m'empêchant de respirer. Cette crise a débuté en début d'après-midi et, malgré les douleurs, j'ai tout de même réussi à me rendre à pied jusqu'au bureau électoral afin d'exercer mon droit de vote. À mon retour à la maison, plus rien ne fonctionnait : douleurs en station debout, horreur en situation couchée, incapacité à rester assis sans souffrir. 

La grande générosité de ma fille Catherine, le support de son bras et mes efforts soutenus pour ne pas hurler à chacun des coups qui flagellaient mon dos, nous nous sommes présentés à la salle d'urgence de l'hôpital. Au tri, on m'assigne immédiatement un cubicule dans cette merveilleuse salle nouvellement rénovée. Prise de sang, analyse d’urine. On présume la présence d’une pierre rénale. La gentille infirmière qui nous accueille me réconforte... en disant que les symptômes ressemblent à un accouchement chez une femme enceinte. Il ne lui aura fallu que quelques instants pour m'injecter une dose de morphine et installer un antiinflammatoire par intraveineuse.  Le CRAPAUD adore la morphine. Tellement !

Le temps que tout ce truc agisse, la gentille infirmière nous informait sur l'évolution des résultats électoraux. Ma douleur située « à gauche », les médicaments s'infiltrant en moi « à droite », j'avais beaucoup de peine à retrouver le « centre ».

Nous sommes entrés aux urgences vers 18 h 30. La morphine a été administrée au moment où les bureaux de vote fermaient ( 20h ). Catherine lisait son bouquin de Stephen King. Ô merveille ! je reposais sur une chaise longue comme la soirée électorale. 

Nous avons bougé vers 4 h du matin : rencontre avec une urgentologue, « taponne ici, taponne là », elle nous rassure : « pas de pierre aux reins », l’aspect urologique est normal, elle m’envoie alors à la radiologie. J'ai pu comparer le « avec morphine » et le « sans morphine » - la dose aura agi trois ( 3 ) heures - : je comprends les personnes qui y ont recours pour soulager leurs douleurs. Le CRAPAUD adore la morphine. En radiologie il faut bouger un peu à gauche et un peu à droite, exactement ce que les résultats préliminaires aux élections n'ont pas effectué, ce fut donc un retour à l'horreur des coups dans le dos et d'attaques m'empêchant de respirer.

7h00, le mardi 6 octobre, nous sommes au lendemain de l'élection du gouvernement minoritaire du PQ, l'extinction de la CAQ, le redressement du Parti libéral, la fulgurance des Conservateurs et une sorte de statu quo chez Québec solidaire.

Les droites venaient de gagner, exactement comme la morphine ( Le CRAPAUD adore la morphine. ) et les antiinflammatoires  l'ont fait dans mon bras droit. 

Nous avons quitté la salle d'urgence munis d'une ordonnance et du diagnostic éliminant la pierre aux reins et tout autre diagnostic relié au domaine de l'urologie. Ça s'est orienté vers l'arthrose, une forme d'arthrite. Je vous le dis : insupportable quand ça se déchaîne.

Il faisait noir et froid ce mardi matin. Catherine qui est demeurée près de moi toute la nuit - son livre de Stephen King assez lu pour savoir qu'elle l'aime - m'a laissé à la maison avant d'aller se reposer un peu, puis retrouver le boulot.

Cette nuit aux urgences, imaginant, avant d'arriver, qu'il ne pouvait y avoir beaucoup de patients un soir d'élections - la salle était presque remplie,  progressivement envahie - m'a permis de constater l'étendue de la tâche de tous les employés, la détresse transparaissant dans les yeux de plusieurs personnes fébriles, assises sur des chaises qu'on ne peut plus supporter après quelques heures d'attente, espérant que leur numéro, un peu comme à la loterie, finalement sorte et qu'on les convoque dans une salle « x ».

La droite a gagné. La gauche, heureusement, conserve son titre de parti officiel à l'Assemblée nationale et ce que je souhaite autant « que j'aime la morphine » c'est que le gouvernement élu minoritairement ne souffre pas d'arthrite.




Un peu de politique batracienne (Billet 4)

Vous connaissez les résultats, vous qui avez passé la soirée électorale du lundi 5 octobre devant votre téléviseur. Le CRAPAUD n'y revie...