Le 19 juin, jour d'anniversaire de Aung San Suu Kyi, la dame de Rangoon qui fête ses 81 ans, à la condition expresse qu'elle soit toujours vivante. Nul ne le sait. Son parti politique, LA LIGUE NATIONALE POUR LA DÉMOCRATIE, exige des nouvelles sur son incarcération, qui remonte aux élections de février 2021 que son parti a remportées haut la main, suivies d'un coup d'État mené par la junte militaire. À nouveau, elle se retrouve assignée à demeure condamnée à plusieurs années d'emprisonnement. Depuis, aucune nouvelle d'elle.
La vidéo que je vous présente a été réalisée en janvier 2015 lors de la fête nationale de la Birmanie. Son discours que j'ai également enregistré se retrouve sur ma chaîne You Tube.
En hommage à cette femme illustre pour qui j'ai énormément d'admiration, j'offre ma très humble participation aux efforts déployés actuellement afin qu'elle puisse recouvrer la liberté ; un poème que voici.
Femme-poussière
Hommage à Aung San Suu Kyi (2015)
si elle parlait, cette femme-poussière,
on discernerait, fines pellicules grenues,
l’inquiétude d’un soleil levant
d’une fleur au cœur tacheté, orange
on discernerait, fines pellicules grenues,
l’inquiétude d’un soleil levant
d’une fleur au cœur tacheté, orange
mais elle ne parle pas
dans l’infamie des aurores
bâillonnée, muselée, vassalisée
l’avenir s’illuminera de ses silences
dans l’infamie des aurores
bâillonnée, muselée, vassalisée
l’avenir s’illuminera de ses silences
si elle chantait,
hymnes offerts, traînés par d’obscurs chevaux
leurs sabots sur la pierre pilonneront
les nuages de poussière
hymnes offerts, traînés par d’obscurs chevaux
leurs sabots sur la pierre pilonneront
les nuages de poussière
mais elle ne chante pas,
les cordes barbelées de sa gorge
s’usent au fur et à mesure
à trop gémir des mots contenus
les cordes barbelées de sa gorge
s’usent au fur et à mesure
à trop gémir des mots contenus
la poussière,
ce brouillard de sécheresse,
jugule sa voix devenue philtre
cicatrisant l’espace, gangrenant la réalité
ce brouillard de sécheresse,
jugule sa voix devenue philtre
cicatrisant l’espace, gangrenant la réalité
puis... surviendra un grand vent
puis... disparaîtra la poussière
dans la macule des matins
puis... quelques fleurs arrachées à ses cheveux repousseront…
puis... disparaîtra la poussière
dans la macule des matins
puis... quelques fleurs arrachées à ses cheveux repousseront…