LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON
lundi 5 octobre 2026
SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3) - 27 -
vendredi 2 octobre 2026
Un peu de politique batracienne - Billet à 3 jours du vote.
Laissons de côté les sondages et examinons l'élément ou les éléments qui peuvent, un tant soit peu, faire bouger les intentions de vote. Je les lance en vrac :
2) l'incertitude économique reliée aux tarifs douaniers ;
3) la dette, les taxes, les impôts ;
4) diverses crises, celle du logement, du coût de la vie, l'accès aux services de santé, les féminicides ;
5) les mauvais investissements du gouvernement, la vétusté de nos infrastructures, la perte de confiance envers les politiciens ;
6) les services offerts aux familles, que ce soit en CPE, à l'école primaire et secondaire ;
7) beaucoup d'intérêts personnels de chacun des électeurs, auxquels nul gouvernement ne peut répondre.
lundi 28 septembre 2026
SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3) - 26 -
Il frappa, attendit quelques courts instants avant que le curé Langevin ne lui ouvre la porte.
Le concierge, surpris par une aussi longue introduction de la part de celui qui, en public, présentait de sérieux problèmes de bégaiement, entra sur invitation de ce prêtre très peu sociable de nature. Face-à-face, tout disparaissait comme par enchantement. Est-ce que le service demandé par le curé démontrerait que sa retenue est causée par le fait de s'adresser à un public ayant pour résultat, depuis sa nomination à la paroisse des Saints-Innocents, un manifeste éloignement de sa part, autant que celle des paroissiens ? Faisant abstraction de ce problème de langage auquel monsieur Saint-Pierre s'était préparé, il jeta un coup d’œil à l’intérieur de la résidence ecclésiastique qu’il découvrait pour une première fois. Dans sa tête, trottaient les paroles de madame Brodeur au sujet de l’ancien curé et de ce fameux abbé Poisson qui aurait séjourné ici quelques années auparavant dans la plus grande discrétion, pour ne pas dire dans la clandestinité.
On lui avait parlé d’un piano ayant été livré au presbytère et dont il avait entendu les tristes notes au début de la nuit suivant l’incendie, toutefois, il ne trônait pas au rez-de-chaussée.
- Puis-je vous offrir quelque chose à boire, monsieur Saint-Pierre ?
- Si vous avez un reste de café, je l’accepterais volontiers.
- Prenez place dans la salle à manger, je vous reviens.
Cette pièce possédait deux portes. L’une donnait vers une pièce qui semblait être la cuisine, l’autre, par laquelle le visiteur est entré, donnait sur un corridor menant à la salle d’attente et au bureau paroissial. Un escalier fort impressionnant par son lustre d’un brun foncé tirant sur le noir grimpait à l’étage. L’atmosphère dégagée par cet endroit se compare à celle d’un cabinet médical, ou plutôt à celle d’une salle de concert déserte. Deux fenêtres qu’encadrent des rideaux en velours rouge donnent, pour la première, sur la rue Principale, l’autre, sur l’espace de stationnement devant l’église. Aux murs, d’une blancheur immaculée, des cadres présentant des scènes de la vie du Christ d’un côté, celui donnant sur la cuisine, quelques miniatures reproduisant la figure de musiciens, c’est du moins ce que le concierge pensait, mais incapable de les nommer.
Le curé Langevin revint dans la salle à manger avec un plateau sur lequel reposaient deux tasses remplies à ras bord de café et quelques biscuits. Il prit place à l’autre bout de la table que monsieur Saint-Pierre avait reconnue comme étant l’œuvre de l’ébéniste Saint-Gelais. Ce dernier se plaisait à dire et répéter que plusieurs de ses meubles avaient été créés à l’intention du presbytère.
- Monsieur Saint-Pierre, je vous ai demandé de venir pour un travail particulier que je ne saurais effectuer moi-même.
- Je vous écoute.
- À l’étage, une porte est impossible à ouvrir pour la simple raison que je n’ai pas la clef. J’ai avisé l’évêché afin qu’on me la restitue, ce qui me permettrait de voir ce qui s’y cache. Je dis « s’y cache » puisque le secrétaire de monseigneur m’a répondu qu’on n’a pas la permission d'accéder à cette pièce.
- Étrange, non ?
- Je vous rejoins là-dessus. N’étant pas curieux de nature, cette réponse m’a tout de même intrigué. Me rappelant que la grande majorité de l’ameublement du presbytère a été conçue par monsieur Saint-Gelais, j’ai cherché à le rejoindre, mais il n’a pas retourné mes appels.
- Dernièrement ?
- Ça date de quelques semaines quand même.
- Je ne veux pas paraître fouineur, mais avez-vous tenté de lui parler cette semaine ?
- Non, je me serais senti intrusif, alors je me suis adressé à votre patron, monsieur Granger. Il m’a suggéré, puisqu'il s'agit d’un boulot manuel, de vous en glisser un mot, me rassurant sur votre honnêteté et votre silence.
Le concierge Saint-Pierre recula sa chaise une fois sa tasse de café déposée sur l’immense table en chêne. Ça se bousculait dans sa tête. L’abbé Poisson, les chemises brunes, l’ancien curé, l’espèce de disparition des Saint-Gelais et le fait que le président de la commission scolaire ait assuré le curé Langevin qu’il pouvait compter sur son silence. Il avait l’impression de plus en plus nette de mettre les pieds dans une histoire rocambolesque.
- Si je comprends bien, vous souhaitez que j’ouvre cette porte dont vous n’avez pas la clef et que l’évêché interdit l’accès ?
- Vous comprenez très bien l’objet de l’intervention que je sollicite.
- Aujourd'hui ?
- Il serait pertinent que vous l'examiniez maintenant que vous y êtes et quand vous aurez quelques minutes libres, si vous acceptez bien entendu, d’agir en conséquence.
- Allons examiner cette mystérieuse porte.
Rendu à l’étage, le piano à queue installé devant la fenêtre donnant sur l’église et, quelques mètres plus loin, sur l’école attira l'attention du concierge. Profane en musique, encore plus en instruments de musique, il admirait cette superbe pièce d’un noir d’ébène. S’approchant, une étiquette devint visible : Berden, Bruxelles.
- Monsieur le curé, comment grimpe-t-on au grenier ?
- La trappe est située au bout du couloir.
- C'est le seul moyen pour y accéder ?
- Absolument, à moins que cette porte le démente.
- Quelle est votre opinion sur tout ça ? Que croyez-vous qu’on trouvera si on l’ouvre ?
- À l’évidence, elle nous mène vers ailleurs. Je veux dire quelque part au-dessus, puisqu’il n’y a aucune possibilité d’y trouver derrière un espace viable ; ça ne mène sur rien ou sur un escalier vers le toit de la maison.
- C’est exactement ce que je crois.
- Possible d’y avoir accès, croyez-vous ?
- Je reviens cette semaine avec des outils qui ouvriraient même la caverne d’Ali Baba.
Dans le vestibule, monsieur Saint-Pierre serra la main du curé Langevin, une main moite aux doigts longs, ceux d’un pianiste.
jeudi 24 septembre 2026
Un peu de politique à saveur batracienne...
Ça y est, les trois ( 3 ) débats opposant les cinq ( 5 ) chefs des principaux partis politiques québécois font maintenant partie du passé. Deux ( 2 ) d'entre eux se sont tenus à vingt-quatre ( 24 ) heures d'intervalle, le dernier et pour certains, le « vrai débat », celui animé par Patrice Roy de Radio-Canada, une semaine plus tard.
Les dés sont-ils jetés alors que près de 40% des gens que les sondeurs ont consultés s'affichent toujours dans la colonne des « indécis » et cela à onze ( 11 ) jours du scrutin qui se tiendra le 5 octobre 2026 ?
Parlant sondages, qui sont comme les baromètres de cette course à la formation du prochain gouvernement, à quelques petits points près vont dans la même direction : le couronnement de l'équipe péquiste sans toutefois être en mesure de la déclarer majoritaire.
Le CRAPAUD adore les gouvernements minoritaires non pas seulement parce qu'ils sont éphémères, mais plutôt en raison de leur obligation à former des coalitions qui, elles, sont souvent éphémères.
Ma seconde prédiction - la dernière se fera la veille du vote - va dans le sens d'un gouvernement dirigé par le PQ, et sera minoritaire.
Un mot sur la prestation - les trois ( 3 ) échanges confondus - des chefs.
A) Christine FRÉCHETTE, je la résume en un seul mot : drabe comme c'est pas possible. Son lexique politique est d'une pauvreté inimaginable ; elle aurait eu avantage à se procurer un dictionnaire des synonymes afin d'éviter les redondances continuelles à la limite du tolérable. Qu'elle le veuille ou non, sa responsabilité de cheffe de la CAQ l'oblige à assumer les actions de son parti depuis les huit ( 8 ) dernières années. Ce n'est pas six ( 6 ) mois de changement de menu qui font que toutes ces années deviennent digestibles, ni en louvoyant entre indépendantiste et fédéraliste pour finalement échouer dans la case qu'elle nomme autonomiste qui accrédite une période durant laquelle aucun azimut constitutionnel n'a été fixé. L'histoire retiendra du passage étoile filante de ce parti politique comme ayant été l'un des plus faibles que le Québec aura connu. Je crains que la volonté de changement affirmée des Québécois devienne un rouleau compresseur sous lequel, autant le parti lui-même qu'elle tout particulièrement disparaîtra. Les sondages prévoyaient au départ de François Legault une déconfiture complète de la CAQ, l'élection de madame Fréchette a fait bouger temporairement les aiguilles, mais la réalité, tout comme le naturel, est revenue au galop. Ma prévision : défaite dans son propre comté et disparition de la CAQ.
lundi 21 septembre 2026
SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3) - 25 -
vendredi 18 septembre 2026
Thélyson ORÉLIEN
| Thyléson ORÉLIEN |
lundi 14 septembre 2026
SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3) - 24 -
Le gros curé Poisson ?
La forêt tout au bout des terres de Daniel ?
Madame Brodeur n’a pas paraphrasé sur l’affirmation - même chose à tous les cinquante ans - qui avait étrangement surpris les trois historiens amateurs, car ils ne pouvaient pas associer l’incendie de l’école à celui de sa propre demeure, celle située face à l’étang. Y avait-il eu cinquante ans plus tôt, presque au début du siècle, un autre sinistre aux alentours du village des Saints-Innocents ? Aucun membre du trio n’arrive à se rappeler cet événement, mais si madame Brodeur a évoqué ce souvenir, difficile de douter de sa pertinence.
Il demeurait à leur esprit quelques questions les empêchant de mieux saisir les propos de la vieille dame à la mémoire sans failles. D’abord, cet abbé Poisson qui demeura au presbytère à cette époque, qui est-il exactement ? Vit-il encore ? Si oui, leur serait-il possible de le rencontrer ? Si non, quelles traces a-t-il laissées dans la paroisse ?
L’évêché, toujours selon madame Brodeur, posséderait des informations sur ce qui a pu se passer dans ce coin du diocèse, là où on nomma un seul curé qui fut, quelques années avant son décès, affublé du titre de chanoine, davantage en reconnaissance d'on ne sait trop quels services rendus que de pour souligner l'exemplarité de ses actions ecclésiastiques.
Leur était-il possible de ramasser quelques traces de cette époque ayant un lien plus ou moins direct avec la présence des chemises brunes et leurs chiens bergers allemands, de l’abbé Poisson ainsi que d’actions se déroulant dans la forêt au bout des champs qu’exploite actuellement Daniel Cloutier ?
Le premier cahier des trois historiens amateurs dans lequel sont colligés les événements survenant aux Saints-Innocents remonte à l’ouverture de l’école primaire. On parle de la fin de 1965.
Le feu qui détrusit la maison du facteur, celle qui faisait face à un étang, lui-même face à la rivière Croche, incendie qui éclata sans avertissement, quelques semaines à peine après son retour du conflit en Europe, le propriétaire - monsieur Brodeur - ainsi que son fils Antoine périrent avant que les pompiers volontaires puissent leur venir en aide. Le facteur alors remplacé jusqu’à l’ouverture du bureau de poste par monsieur Saint-Pierre, selon ce qu’on en a entendu dire, aurait tenté de rejoindre Antoine, dont la chambre était à l’étage, mais sans succès.
Cette date, juillet 1945, les trois comparses l'ont notée dans leur cahier, puisqu’elle aura été le début des rencontres avec la vieille dame, l’étincelle qui les poussera à établir des liens entre ceci et cela, à se pointer le nez dans les affaires de la paroisse et de la municipalité, les deux institutions gérées par les mêmes individus. Étant présents dans diverses sphères d’activités du village, rassembler des faits les intéressa surtout qu’ils s’aperçurent rapidement que des situations, autant celles du passé que celles du présent, les interpellaient, faisant naître quelques doutes à leur esprit.
- Monsieur le maire m’a chargé de surveiller la scène, je ne suis pas certain s’il a bien dit « scène de crime », mais ça m’a semblé y ressembler. Faut dire que je lui ai rapporté le fait que la bâche au-dessus de l’entrée de l’école, en plus d’être remplie d’eau de pluie, m’a semblé, c’est bien l’expression que j’ai employée, m’a semblé protéger un meuble pas entièrement détruit par les flammes.
- Voyons, Cloutier, pourquoi tu ne nous en as pas parlé avant. C'est ici, bien assis tranquilles à prendre un café alors qu'on était là il y a quelques minutes. On aurait pu vérifier. À trois, me semble qu'on est pas mal mieux que tout seul. En plus, je comprends que tu sois allé à la mairie faire ton rapport et recevoir les instructions, mais quand même, nous avoir caché ce détail, je ne trouve pas ça correct, dit sèchement le concierge achevant son deuxième café.
- Je vois bien que tu ne connais pas le maire. Il est exigeant au niveau des informations à lui transmettre, encore plus pour celles qu’il doit obligatoirement recevoir. Celle-là m’est apparue dans la catégorie « à ne pas cacher », d'autant plus que c’est le caporal de la Police provinciale lui-même qui a exigé qu’on installe la bâche.
- Et toi, qu’est-ce que tu as vu ?
- Je dois y retourner et comme je serai tout seul, je pourrai prendre tout mon temps pour examiner la situation.
- Tu nous le raconteras ? Mieux, je t'accompagne...
Cloutier n’eut pas le temps de répondre que le président de la commission scolaire entra dans le restaurant. Il les remarque et s'approche d'eux. L'employé municipal en profita pour s'excuser et sortir afin de rejoindre son poste.
jeudi 10 septembre 2026
SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3) - 23 -
- Ne restez pas sous la pluie, ajouta Clotaire, se dirigeant vers elle, son parapluie prêt à abriter celle dont il s’attendait qu’elle ajoute quelques mots de plus afin de préciser son énigmatique « même chose tous les cinquante ans ». Il traversa la rue Principale, l’encadra entre le concierge et lui. L’employé municipal s’était approché de l’endroit où la porte d’entrée se situait et au-dessus de laquelle une grande bâche bleue récupérait l’eau de pluie accumulée en son centre la faisant ressembler à un immense ballon de plage.
SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3) - 27 -
Le soir s’installe tout doucement. Criquets et cigales stridulent à cœur joie. La rue Principale, comme si elle était interdite à la circu...
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Ce texte date du 23 décembre 2005, au tout début de la création du blogue LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON . Les premiers billets avaient pour ...
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lundi 30 juin 2008 SAUT: 217 Le SAUT :217 est offert à mon frère Pierre qui célèbre aujourd’hui ses 60 ans. Nous avons signalé l’événement l...


