Certains poèmes, pas tous, mais plusieurs, proviennent d'une introspection, ça ressemble beaucoup à ce qu'énonçait Rainer Maria Rilke dans « Lettres à un jeune poète » :
Cherchez en vous-mêmes. Explorez la raison qui vous commande d'écrire; examinez si elle plonge ses racines au plus profond de votre cœur; faites-vous cet aveu : devriez-vous mourir s'il vous était interdit d'écrire. Ceci surtout : demandez-vous aux heures les plus tranquilles de la nuit : Ecrire m'est-il nécessaire ? Creusez en vous-mêmes à la recherche d'une réponse profonde. Et si celle-ci devait être affirmative, si vous deviez répondre à cette question par un puissant et simple "je ne peux pas faire autrement", alors bâtissez votre vie selon cette nécessité.
Le poème est un regard tourné vers son intérieur avant d'être une œuvre écrite. Et ce ou ces regards plongés en soi, est-ce que cela rejoint l'inconscient ? Ce fouillis hypothéquant toute une vie afin d'arriver à quelques mètres à peine d'y saisir, d'y toucher, d'y comprendre quelque chose.
Rilke propose la solitude et l'amour comme routes à emprunter pour déambuler dans ce château enfoui quelque part en soi. Écrire un poème, c'est mettre le doigt sur une flèche indiquant un chemin inachevé, une courbe à découvrir, un panorama qui saura surprendre pour atteindre la nécessité de Rilke.
Celui qui vous vous apprêtez à recevoir s'installe de manière précise dans la démarche entreprise en compagnie de SI NATHAN AVAIT SU ... Un moment où il faut différencier le fictif du poétique. Ceux et celles qui suivent les billets de ce roman publié sur mon blogue verront bientôt que ce poème puise à sa source.
Le poème est un regard tourné vers son intérieur avant d'être une œuvre écrite. Et ce ou ces regards plongés en soi, est-ce que cela rejoint l'inconscient ? Ce fouillis hypothéquant toute une vie afin d'arriver à quelques mètres à peine d'y saisir, d'y toucher, d'y comprendre quelque chose.
Rilke propose la solitude et l'amour comme routes à emprunter pour déambuler dans ce château enfoui quelque part en soi. Écrire un poème, c'est mettre le doigt sur une flèche indiquant un chemin inachevé, une courbe à découvrir, un panorama qui saura surprendre pour atteindre la nécessité de Rilke.
Celui qui vous vous apprêtez à recevoir s'installe de manière précise dans la démarche entreprise en compagnie de SI NATHAN AVAIT SU ... Un moment où il faut différencier le fictif du poétique. Ceux et celles qui suivent les billets de ce roman publié sur mon blogue verront bientôt que ce poème puise à sa source.
On n’entend rien dans la pièce froide
L’enfant, pieds nus, immobile au centre de la pièce
Son regard effaré cherche sous les portes fermées
Un rai de lumière ici, puis là et peut-être ailleurs
Ne trouve que de silencieuses lignes orangées.
L’enfant, pieds nus, impassible au centre de la pièce
De ses doigts glisse devant lui des miettes de bois
Elles proviennent, ces fragments, d’une déchirure
Celle d’un jouet dont il a oublié l’apparence.
On n’entend rien dans la pièce froide
L’enfant-Dagobert a mis son chandail à l’envers
Il n’a ni appris ni retenu « Au clair de la lune ! »
« Frère Jacques, dormez-vous ? » La nuit, ouverts,
Ses yeux gris-lune le chiffonnent maintenant.
La peur ne le rejoint pas, il l’a mangée
Comme il a mangé mots et silences
Ceux qu’on s’est ennuyé à lui enseigner
Jamais ne les répétait, il les mangeait.
On n’entend rien dans la pièce froide
La toile qui obscurcit la pièce froide s’agite
Remue
Très peu
Mais elle bouge
Serait-ce dû au souffle de l’enfant aux pieds nus
Un murmure ?
Celui de la fenêtre
Aux vitres souillasses.
On n’entend rien dans la pièce froide
La nuit est la même depuis mille et une nuits.
Confortablement impassible, immobile aussi
L’enfant aux pieds nus y tombe tel un fantôme.
Les rais de lumière orangés l’accompagneront
Alors que le froid et la nuit tricoteront la solitude
Une longue courtepointe carrelée rouge et blanc
Fourmillant au pied du lit de l’enfant aux pieds nus
Maladroitement entortillé, immobile et impassible.
On n’entend rien dans la pièce froide
On ne sait pas si l’enfant aux pieds nus, immobile dans un lit,
Au milieu d’une pièce froide, recroquevillé comme un fœtus,
On ne saura jamais si le temps fugace, si l’espace fade
On ne saura pas si cela l’affecte tout comme lui ne le sait pas.
L’atmosphère se conjugue répétitivement à l’indicatif
Puis au conditionnel avec une forte note d’antérieure
Celle qui s’empresse à vouloir que tout se fusionne
Intemporel espace, temps suspendu au présent trompeur.
On n’entend rien dans la pièce froide
Dans ses yeux où rien n’apparaît ni ne transparaît
Ils ont été créés à partir de rien, finiront sur rien
Et entre les deux, rien qu’une horloge boiteuse
Oscillant muettement entre murmures et balbutiements.
L’impassible des yeux de l’enfant aux pieds nus
Ne sera que cet étroit passage menant nulle part
Là où, ni étranger ni indigène, il vagabondera
Lui, ombre froide frôlant l’ombre de son ombre.
On n’entend rien dans la pièce froide

