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| Place de la République à Paris. |
Les lycéens français, un peu partout sur le territoire, revendiquent, en manifestant dans la rue, des changements importants au système d'éducation en France. Ils se réunissent - à moins qu'on le leur interdise - sur la Place de la République au centre de laquelle une statue est érigée : celle de Marianne, figure légendaire de la Révolution française.
Mon propos n'est pas de commenter une situation pour le moins fragile, mais plutôt, en proposant ces citations éclectiques, installer deux constats.
D'abord, celui de l'affaiblissement de notre mémoire ; j'utiliserai, pour ce faire, l'exemple de Mai '68 et la mort de Louis, à Narbonne, en juin dernier.
Ensuite, la faible force de nos discours : j'aborderai la question des influences sur notre réseau social s'effritant alors que s'amplifient les réseaux sociaux.
Les citations qui suivront ces quelques phrases, à première vue, ne peuvent servir ni d'exemples ni de contre-exemples ; elles sont là pour ce qu'elles sont, soit leur effet pérenne.
Sans entrer dans le détail des revendications de Mai '68, une idée ressort : plus de liberté. Que ce soit à l'université ou dans l'ensemble de la société française. Celles d'Octobre 2026 - notons qu'elles prennent source chez les lycéens, encore des enfants selon La Convention internationale des droits de l'enfant, et cela jusqu'à l'âge de 18 ans - rejoignent les premières avec, cette fois-ci, des points beaucoup plus pointus touchant directement leur vie scolaire.
58 ans séparent ces deux mouvements de protestation, de contestation de la jeunesse française. Il semble que, pendant ces cinquante-neuf années, rien n’ait changé. Et non seulement en France, puisque le mouvement se répand en Serbie, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Allemagne, en Indonésie, au Brésil pour ne citer ceux dont il est possible d'en vérifier l'existence. La jeunesse de '68 et celle de 2026, même combat, même réflexion. La politique de '68 et celle de 2026, même réaction, même inaction. J'achève en me posant une question : est-ce que Louis, de Narbonne, s'il était toujours vivant, serait en première ligne des marches lycéennes ?
Louis, de Narbonne, lâchement assassiné en juin dernier, me permet d'entrer dans le deuxième constat : la faible force de nos discours. Ceux-ci sont majoritairement prononcés... par écrit, par images, se retrouvent principalement sur les réseaux sociaux et s'installent à la place de nos réseaux humains. Tout ce qui s'est écrit sur l'ensemble des plateformes qu'héberge Internet en juin dernier, lors du massacre de ce jeune homme, eh bien trois ou quatre mois plus tard, s'est simplement tu ( du verbe « taire » ). Terminé. Affaire classée. Notre intérêt s'est déplacé vers autre chose... vers autres choses. Loin de moi l'idée d'avancer que les réseaux sociaux peuvent tuer ( verbe « tuer » ) sauf qu'ils semblent devenir un lieu privilégié où décharger sa haine, sa violence avant de perdre sa mémoire. Il n'y aura eu que deux ou trois manifestations extérieures pour signifier son incompréhension, sa douleur face au carnage qu'a subi Louis. Non, Louis ne sera pas en première ligne avec ses camarades lycéens afin d'exiger un avenir plus resplendissant que ce qui se dessine actuellement. Non, Louis n'a plus d'avenir.
Et vous lirez, si vous en avez encore le temps et le goût, quelques citations qui peuvent, pour certaines du moins, être reçues au deuxième degré de lecture.
* * * * * * * * * * * * * * *
Mais les projets impossibles, qui nous semblent suprêmement désirables, perdent leur urgence, sinon leur charme, dès qu’ils s’avèrent réalisables.
( Mario SOLDATI )
… la perte est un absolu : elle donne le sentiment de posséder quelque chose à lâcher.
( Fabrice Humbert )
Les gens qui n’ont rien à faire de la journée sont les plus en retard.
( Tonino Benacquista )
Celui qui vit dans le doute n’arrive jamais à rien, il ne devient rien.
( Jon Kalman Stefanson )
L’important, c’est de savoir ce que l’on veut.
( André Gide )
On est intimidé devant un objet que l’on sait plein de secrets.
( Boualem Sassal )
J’ai rêvé d’être un électron libre, mais on ne peut pas se couper éternellement de ses racines.
( Frédéric Beigbeder )
L’Esprit créateur ne fait qu’ébaucher l’humain, qui doit y mettre du sien pour accomplir son destin.
( Boucar Diouf )
Il y avait un autre secours contre la tempête : se souvenir de la douleur des autres, y comparer la sienne et s’apercevoir qu’elle n’était rien.
( Sylvain Tesson )
( Mario SOLDATI )
… la perte est un absolu : elle donne le sentiment de posséder quelque chose à lâcher.
( Fabrice Humbert )
Les gens qui n’ont rien à faire de la journée sont les plus en retard.
( Tonino Benacquista )
Celui qui vit dans le doute n’arrive jamais à rien, il ne devient rien.
( Jon Kalman Stefanson )
L’important, c’est de savoir ce que l’on veut.
( André Gide )
On est intimidé devant un objet que l’on sait plein de secrets.
( Boualem Sassal )
J’ai rêvé d’être un électron libre, mais on ne peut pas se couper éternellement de ses racines.
( Frédéric Beigbeder )
L’Esprit créateur ne fait qu’ébaucher l’humain, qui doit y mettre du sien pour accomplir son destin.
( Boucar Diouf )
Il y avait un autre secours contre la tempête : se souvenir de la douleur des autres, y comparer la sienne et s’apercevoir qu’elle n’était rien.
( Sylvain Tesson )
Quoi qu’on en dise “ l’insupportable doute “ vaut mieux que l’atroce certitude.
( Amin Malouf )
Mais peut-être sont-ce les erreurs qui remettent la vie en ordre.
( Jon Kalman Stefansson )
Les choses qui vous échappent ont plus d’importance que les choses qu’on possède.
( Somerset Maugham )
On peut toujours plus que ce que l’on croit pouvoir.
( Joseph Kessel )

