![]() |
| Le numéro de janvier de CHARLIE HEBDO. |
![]() |
| Le numéro de janvier de CHARLIE HEBDO. |
La fin du mois d’août s’installe, le début des classes approche à grands pas. Un document pendu à la boîte postale en précisait les modalités dont une principalement, à savoir qu’un bus se présentera chaque matin aux alentours de 7 heures 30 afin de prendre Benjamin pour le reconduire à l’école du village des Saints-Innocents. Lorsque le service de transport scolaire sera interrompu, les responsables de l'école avertiront les parents à l'avance. Il sera inscrit dans la seule classe dite «maternelle» gérée par une éducatrice nouvellement engagée, une demoiselle Abigaelle - c’est ainsi qu’on pouvait le lire sur la feuille sans qu’il n’y soit précisé s’il s’agissait d’un prénom ou d’un nom de famille. La feuille contenait également la liste des fournitures scolaires qu’il devait se procurer avant la rentrée prévue pour le vendredi 29 août. Finalement, la liste des activités à l'horaire de la première journée ainsi qu’une invitation à tous les parents d’accompagner leur enfant.
- Je serai dans le bus quand il ramassera Chelle ? demande un Benjamin légèrement soucieux.
- Sans être absolument certain, si je tiens compte de l’heure qu'on t'a donnée, du trajet à effectuer, ça serait logique qu’on vienne d’abord ici pour ensuite se rendre chez nos amis ojis-cris, répondit Daniel.
- Ça serait idéal, Chelle craint de se retrouver seule dans le bus.
- Tu seras son protecteur, avança Daniel qui ne décelait aucune inquiétude dans les yeux de son fils qui déguerpissait avec Walden, ses livres bien tassés sur lui.
Le jour s’achève, le soleil ayant pris l’habitude de se coucher plus tôt. Les parents entreprirent d’accélérer la transition de la nuit vers le jour pour qu’à l’entrée des classes Benjamin soit en mesure de bien vivre sa nouvelle routine. Ils se répétaient combien cet enfant répondait convenablement à leurs exigences et maintenait un rythme d’adaptation qu’ils s'expliquaient par ses contacts avec leur chien Walden, la lune, sa «perle fabuleuse» et son poète Alain Grandbois, devenu un fétiche. Maintenant riche de plusieurs nouveaux livres, son esprit et son imagination allaient pouvoir vadrouiller dans plusieurs univers différents.
*****

sur le piédouche des baies arctiques,
puissamment, ils se relèveront de leurs faiblesses
mesurant la hauteur des falaises volcaniques
et à bout de sang, comme celui qui a tout perdu,
ils s’échapperont avec la fonte des icebergs
comme un grand, un long poème géographique
Dans les ombres insondables d’un empire dévorant,
Une nation s'élève, non en sauveuse, mais en bourreau.
Oh, Amérique, ton aigle n'est pas un symbole de liberté,
Mais un vautour vorace, festoyant sur les dépouilles de l'innocence.
Le Vietnam, ce jardin luxuriant,
Devint ton théâtre de carnage,
Un champ de feu et de poison,
Où la vie fut étouffée par 15 millions de tonnes
De bombes et de dévastation.
Le napalm embrasait les villages,
Les défoliants rongeaient la terre jusqu'à son âme,
Et les cieux, témoins muets, pleuraient des pluies acides.
Mais parmi ces horreurs innombrables,
Une nuit se distingue dans le panthéon du macabre :
Mỹ Lai, le cri funeste d’une humanité trahie.
Le 16 mars 1968, sous un soleil implacable,
La Charlie Compagnie descendit dans ce village paisible,
Non comme des soldats, mais comme des bêtes affamées.
Femmes éventrées, enfants fracassés,
Vieillards abattus d’un souffle métallique.
Et pour ces innocents, leur seul crime fut d’être là,
Debout, respirant, vivant sous le joug
De cette machine de guerre insatiable.
William Calley, chef de cette symphonie macabre,
Ne fut pas un homme de justice,
Mais l’architecte d’un génocide masqué.
Son châtiment ? Un simulacre,
Une moquerie drapée dans le vernis de la loi.
L’homme qui commandait la mort reçut,
Non l’échafaud, mais une chambre douce,
Une sentence aussi légère que la cendre des corps qu’il laissa derrière lui.
Et toi, Amérique, chantre de la liberté,
Qu’es-tu sinon le bras d’un impérialisme impitoyable ?
Dans tes mains, les valeurs que tu prônes
Sont des chaînes d’acier, étrangleuses de nations.
Tu parles de démocratie, mais ton langage
Est celui des bombes et des balles.
Tu imposes ta vision, non par la persuasion,
Mais par la destruction et la peur.
Oh, Mỹ Lai, ton nom s’élève dans l’éther,
Comme un spectre vengeur.
Les voix des 504 martyrs résonnent encore,
Hurlant aux vivants la vérité de leur sort :
Qu’un homme sans âme peut tuer sans raison,
Et qu’un empire sans conscience peut massacrer sans fin.
Ce massacre, dissimulé, étouffé,
Émergea finalement sous la lumière froide de la presse.
Les images insoutenables firent trembler le monde,
Non par leur nouveauté, mais par leur brutalité mise à nu.
L’Amérique fut exposée,
Non en héroïne, mais en déesse de la guerre,
Ornée de crânes et d’illusions brisées.
Et que dire des morts ? Ces centaines de milliers,
Ces millions, réduits à des chiffres,
Éclipsés par la gloire illusoire d’un drapeau souillé.
Chaque vie perdue, chaque rêve brisé,
Crie à l’horreur de cette vision impériale.
Et dans cette « Sale Guerre »,
Qui donc fut sauvé, sinon l’orgueil aveugle
D’un empire construit sur des montagnes d’ossements ?
Honte aux hommes qui, au nom d’un pouvoir dévoyé,
Ont fauché les innocents comme du blé mûr.
Honte à l’Amérique, cette main sanguinaire,
Qui étreint le monde et l’étouffe sous le poids de ses crimes.
Mais dans l’obscurité de cette tragédie,
Se dresse une lueur, fragile et vacillante :
Que Mỹ Lai ne soit pas oublié,
Que ce nom, gravé dans l’ébène du temps,
Rappelle à jamais ce que l’homme est capable de détruire
Quand il choisit le pouvoir plutôt que l’humanité.
Oh, que la justice résonne un jour,
Non comme une promesse vaine,
Mais comme une sentence véritable,
Pour que jamais un autre Mỹ Lai ne s’élève
Des cendres d’une démocratie faussement glorifiée.
- Daniel Cyr
Arrivé à Da Nang, j'ai pu voir les lieux où les G.I's américains débarquaient à leur arrivée en sol vietnamien. Y subsistent toujours des barricades près la mer de l'Est. Des barraques militaires aussi.
Les survivants, si peu nombreux maintenant, et leurs descendants peuvent nous parler de ces événements que les médias ont relatés avec force détails et photos, surtout à Mỹ Lai alors que plusieurs Vietnamiens de différentes régions du pays furent témoins d'horreurs similaires.
La souffrance, transmise de génération en génération, s'est transformée en résilience, mais profondément inextirpable dans leur âme. Plusieurs de ces témoignages m'auront nourri lorsque j'ai écrit mon deuxième roman LES ANCIENS COLONELS.
Merci de tout coeur Daniel pour ce poignant témoignage.
![]() |
| Trudeau et Freeland |
![]() |
| Berlusconi |
Monsieur Granger Abigaelle, une tasse de café à la main, s’étant arrêtée à la fenê...