les bougainvilliers
dimanche 24 août 2025
Projet entre nostalgie et fantaisie... (29)
vendredi 22 août 2025
Si Nathan avait su... (Partie 2) - 4 - Revu et corrigé
L’effort d’être humain se résumerait-il à mettre de l'ordre dans ce désordre initial de la vie et tous les autres qui, par la suite, chavireront l’ensemble par leurs imprévisibles soubresauts ?
Un battement d’aile de papillon - combien de fois l’a-t-on répété - l’effet papillon à la base du chaos ; selon cette théorie, les conditions initiales sont des éléments pertinents, elles pourraient d’une certaine façon être liées au chaos.
C’est sans doute ce que vit actuellement Gord, installé près de son frère. Les deux, revenus du pont, et maintenant assis sur le balcon de la maison des parents de l’épouse de Don. Saura-t-il aller plus loin ? Nommer le chaos qui l’habite ?
Comment peut-il déchiffrer les batailles intérieures qui se sont résumées à agir les intentions d’une autre, sans responsabilité autre que celle de les agir mécaniquement, entièrement envahi par la volonté de quelqu’un se limitant à lui interdire d’être qui il est ?
Apprendre à s’ouvrir, sans retenue, sans filtre n’est pas donné à tout un chacun. Il faut souvent des années au cours desquelles on retient son souffle, on cherche à expliquer ce qui parfois résiste à la compréhension, inconsciemment à l’affût d’un événement, d’une personne qui nous bousculera. Alors, un nouveau vocabulaire appelle à être déchiffré, apprivoiser une grammaire inédite, deux étrangers jusque-là qui invitent à décoder une conscience subtilement heurtée par des mouvements intérieurs versatiles, suffisamment pour qu'à la fin, nous puissions les laisser s'envoler à l’extérieur.
C’est sans doute ce que vit actuellement Gord, inquiet s’il cherche à tromper le chaos. Comment prévoir l’étendue des dégâts, si dégâts, il y aura, une fois projeté les paroles emprisonnées depuis trop longtemps ? Elles accosteront au quai d’un frère dont le calme le fascine et le rassure à la fois. Don, héritier de la sagesse d’un père écrasé sous les lourds fardeaux que transportait à côté de lui une femme dure et aigrie, décidée à les déposer sur ses épaules.
Plusieurs routes différentes permettent d’atteindre le cosmos ; les deux frères semblent en être des exemples patents.
Si Gord avait su. Mais ce n’est qu’après qu’on le sache, une fois les choses incrustées dans le temps et l’espace. Et s’il avait su Gord, comment aurait-il réagi ? C’est dans un cul-de-sac qu’il se retrouvait non pas devant un rond-point. Aucune intersection sur une route à sens unique.
Et là, maintenant, dans cette nuit que seuls les échos des aboiements de chiens rassérénèrent, là, maintenant, l’heure approche, celle de la vérité.
- Au risque de te décevoir Don, je veux mettre de la lumière autant sur notre disparition du village des Saints-Innocents que sur les attaques contre l’ours et le coyote. Mais auparavant, je veux savoir ce qu’il en est de leur sort.
- L’ours, retrouvé mort près de la rivière Croche après avoir hanté le village pendant quelques jours, une flèche meurtrière plantée à sa cuisse droite ; la flèche a disparu. Ce sont ma fille et ma femme qui ont découvert le coyote affaissé tout près du lieu où notre père est enseveli, une flèche l’ayant abattu. Il m’a été facile, la récupérant, de l’associer à celle de l’ours et… à la famille de Mae.
- Je ne savais pas ce qui en est. Maintenant, je peux te raconter toute l’histoire. Pour cela, j’aimerais le faire chez-moi.
- D’accord.
Les chiens cessèrent de hurler, se turent complètement, une fois les deux frères entrés dans la maison.
Gord s’affaira autour du poêle à bois, le bourra à ras bord malgré une température idéale à l’intérieur, comme si une très longue nuit s'annonçait. Deux bières à la main, il prit place dans son fauteuil tout à côté de la fenêtre laissant passer une très légère lueur de lune. Un toast puis sa voix retentit.
- C’est exact, ma femme Mae est stérile. Je le savais bien avant notre mariage. Tu ne peux imaginer combien de fois notre mère me l’a répété. En fait, plus elle me cassait les oreilles avec ce fait, plus ça raffermissait mon amour pour elle. Nous sommes unis tous les deux et le resterons. Si Taïma choisit de ne pas repartir pour les Saints-Innocents, de demeurer chez notre tante, elle devra accepter de me recevoir accompagné de ma femme à qui elle devra présenter ses excuses et comprendre qu’à partir de maintenant lorsque je viendrai dans la maison familiale que ses parents ont construite, ça sera pour rendre visite à notre tante, alors elle devra s’isoler dans sa chambre comme elle le fait au Québec. Je ne considère pas cela comme une vengeance, plutôt un réajustement de la réalité, un réalignement des astres si je peux dire.
- Je t’appuie dans cette décision.
- Je n’aurai pas de descendance, toi, tu en auras et je t’envie comme tu ne peux l'imaginer.
- Notre deuxième fille naîtra au printemps, en avril.
- Elle sera bien accueillie par ses parents, je n’ai aucun doute là-dessus. Pour ce qui est maintenant de notre départ précipité il y a trois ans, c’est un peu compliqué, mais tu comprendras. Par quel moyen avons-nous pu fuir la maison du bout du rang ? J’avais pour responsabilité, alors que toi, tu fréquentais l’école des adultes, celle de t’y reconduire, de faire les courses au supermarché, recevoir les regards tordus d’à peu près tout le monde du village et te ramener à la maison. J’avais donc quelques heures libres devant moi, à choisir entre retourner chez nous ou attendre paisiblement que tes cours soient terminés. Sans doute, te moqueras-tu de moi, mais plusieurs fois, surtout en hiver ou lorsqu’il pleuvait, je me réfugiais dans l’église de la paroisse. J’entrais par le sous-sol puisque l’entrée principale était barrée. Des femmes y préparaient des activités, un bingo, je pense. Elles me jetaient des regards que je ne saurais expliquer, mais ils ne semblaient pas méchants. Pensaient-elles que monter dans la nef de l’église pour un autochtone était un premier pas vers la conversion ? Je ne le sais pas. De toute façon, comme je ne parle pas leur langue, il m'était difficile de leur expliquer la raison de ma présence. J’aimais la quiétude de cette église, l’odeur d’encens encore présente se mêlant à celle des lampions qui scintillaient un peu partout. J’y demeurais, seul, envahi par un calme reposant. Notre mère ne me harcelait pas, ne me regardait pas avec ses yeux cherchant à me déchirer pour mieux me raccommoder sur le patron qu’elle avait elle-même dessiné.
Gord fit une pause alors que Don se laissait distraire par des bruits provenant d’une autre pièce, la chambre à coucher peut-être, où une femme semblait s’être enroulée dans quelques gémissements.
jeudi 14 août 2025
Si Nathan avait su... (Partie 2) - 3 - Revu et corrigé
- Des plongeons mortels ? Précisa Don.
- Oui. Des suicides.
Gord, silencieux depuis un bon moment, offrit une cigarette (Sportsman sans filtre) à un frère qui cherchait délicatement à imposer son sujet, celui devant mener à la conversation à l'origine de ce voyage inopiné, mais il ne voulait surtout pas que ça coupe court. Une impression se précisait en lui, celle que son frère aîné cherchait à s’ancrer dans le passé pour mieux organiser ce qui devait être dit.
Les volutes de la fumée de leur cigarette s’entremêlaient dans ce début de nuit qui doucement s’installait.
Gord reprit.
- C’est vraiment à la suite de chacun de ces étés que tout s'est précisé pour moi. Notre mère refusait année après année de nous accompagner ici. Que notre père. Il nous y conduisait, nous laissant entre les mains de notre tante, la sœur de maman.
- Comment va-t-elle ?
- Par elle et avec le temps, j’ai mieux compris ce que signifie la tradition voulant qu’une femme ne puisse se donner un nom qu’après avoir accouché. Toute sa vie et encore maintenant, son si beau visage reflète la mélancolie alors que jamais elle ne se plaint, jamais ne remet en doute quoi que ce soit des traditions qui l’ont réduite à l'état de prisonnière dans sa maison, à attendre je ne sais quoi exactement, mais surtout pas la mort. Tu sais qu’elle est une artiste-peintre de grande qualité ?
- Je la savais cuisinière hors pair et couturière infatigable, mais la peinture, tu me l’apprends. As-tu vu certains de ses tableaux ?
- Oui. Si tu viens dormir à la maison cette nuit, tu en verras un dans la cuisine. Il est bien à sa place, notre tante est une femme de cuisine.
On a l’impression de tourner autour du pot, mais lentement, à pas de coyote, s’installe un climat de confiance qui débouchera peut-être sur un échange que Don souhaite le plus fructueux possible.
Les hommes possèdent cette habileté à brouiller les cartes, élargir les horizons, éloigner les points chauds, assurés qu’en repoussant les éléments les plus complexes d'un sujet neutralisera le message, le généralisera au point que devenu prosaïque, il s'avérerait plus facile à partager.
- Don, as-tu l’intention de laisser notre mère ici ?
- C’est elle qui prendra sa décision, mais je serai clair sur la suite des choses, elle n’aura certainement pas le choix de finir ses jours avec sa sœur.
- Je vois, répondit Gord sentant venir la suite avec appréhension.
- L’ours et le coyote, c’est toi ?
La question voyagea à la vitesse d’une flèche empoisonnée, créant non pas un malaise chez Gord, mais le désagréable sentiment de se sentir captif dans une forêt ; éprouver l'urgence à rejoindre la clairière nous bouscule ; espérer y abandonner son anxiété comme si on se dépouillait de vêtements défraîchis.
- Toi et moi n’avons pas vécu la même enfance, la même adolescence, la même entrée dans le monde adulte, même si nous étions continuellement l’un à côté de l’autre. Notre mère, et cela depuis ma plus tendre enfance, m'a fusionné avec elle, resserrant son étau à chacun de nos retours de l'Île, me confondant par ses incessantes paroles auxquelles je n'avais pour réponses que le silence. Mon cerveau est devenu pour elle un dévidoir. Toute sa haine accumulée depuis notre départ de l’Île et notre arrivée au village des Saints-Innocents, elle la transvidait dans mon âme, à un point tel qu'année après année j’en suis arrivé à voir plus loin que ses paroles, ses gestes, ses attitudes, mais surtout ses volontés. Tu te souviens qu’un jour à la question avec laquelle tu ne cessais de me harceler, à savoir pourquoi je m’isolais dans le boisé près de la maison, du côté des bouleaux blancs pas celui des érables, eh bien c’était pour des pratiques de communication à distance. Elle me disait que si chacun de son côté pensait fort, mais là très fort à l’autre, nos pensées se rejoindraient. Ça ne s’est jamais produit, sauf que tout ce qu’elle exprimait avec le fiel que tu lui connais, tout ça germait dans mon âme. Elle le voyait. Je le ressentais. Tu vas sans doute te moquer, mais dans certaines occasions une voix labourait dans ma tête, ne cessant de répéter : « Ta mère est la seule personne qui te connaît. » ; « Tu ne dois jamais oublier que tu es un oji-cri, jamais tu ne seras un Blanc. » ; « Cherche le coyote et tu te trouveras. » Je pourrais t’en citer jusqu’à demain matin de ces flashes qui ont fini par m'aveugler. Lorsque j’ai épousé Mae, maman m’a jeté un maléfice : « Quitte-la, elle n’est pas une femme, jamais elle n’enfantera. » Je suis beaucoup moins oral que toi, j’ai toujours ce bâillon collé sur ma bouche, de sorte que je n’ai pas su en parler à personne. Papa était mort, toi, tu vivais le bonheur auprès de Chelle et d’une épouse que maman avait aussi maudit de toutes ses forces. Il ne me restait qu’une seule option, disparaître. Nous sommes partis sans avertissement.
- Ça fait maintenant trois ans ?
- Oui. Nous sommes revenus ici, accueillis par notre tante adorée qui jamais n’a posé une seule question sur ce qui se passe aux Saints-Innocents, ne s’informant que de la santé physique de sa sœur.
- La télépathie avec notre mère a fonctionné une fois installé ici ?
Gord qui allumait une autre cigarette, fixa son frère droit dans les yeux.
- « S’il n’y avait pas eu… »
lundi 11 août 2025
Projet entre nostalgie et fantaisie... (28)
une femme assise sur la chaise du désert
sur une scène assiégée, la chaise repose
un mirage l’embue de vents sablonneux
sable et sang confondus ruissellent des dunes
une femme assise sur la chaise
cet équilibre aussi précaire qu’instable
ses yeux, écueils inopinés, sont des chardons brûlants
désert, amphithéâtre sans auditoire
le scénario, continûment le même, mille et une fois rejoué
notes et mots fugaces entre jour et nuit,
que serine une femme assise auprès de faux scorpions
didascalie de désert mouillé de mer, séché de silence
la chaise de la femme assise,
des mots qui grincent au sortir de sa bouche gercée
de ressasser la bible de la solitude
captive sur chaise,
réverbère les mots de sang, de sable
et de vent égaré sur la dune
mère bréhaigne fille outragée
depuis des siècles et encore
vomissent une inachevable écholalie
jeudi 11 juillet 2013
449
9 février 2014
jeudi 7 août 2025
Si Nathan avait su... (Partie 2) - 2 - Revu et corrigé
lundi 4 août 2025
L A B Y R I N T H E
Labyrinthe
qu’à un fil
fil d’Ariane tendu entre ici et là-bas
fragile
si fragile qu’un noeud s’y abîme
lorsque par hasard nos mains moites le frôle
Tout n’est tenu que par un fil
Nous marchons accrochés à ce fil ténu
ne sachant trop qui l’avait allongé
dans ce labyrinthe, véritable trou noir
nous, vous, et toi, on peine à le saisir
Tout n’est que labyrinthe
L’obscurité grotesque submerge du labyrinthe
effiloche chaque pas de son insondable aiguille
ralentit la distance rallonge le temps qui s'y perd
Tout sens n’est que non-sens
Grotte sans explorateurs fixant l’ombre des reflets
ceux qui nouent l’élan des pas qui nous propulsait
plus profond, plus loin, plus creux, plus inconnu
comme s’il s’agissait d’un fil de soie, un fil de soi
Tout est un de profundis
Et nos mains moites ont séché sur ce fil
y ont laissé d’indélébiles empreintes
nos identifiants devenus de faux exeats
humides si humides si humides…
dimanche 3 août 2025
Si Nathan avait su... (Partie 2) -1- Revu et corrigé
Don ne s’attendait pas à quelque conversation que ce soit au long du périple. Sa mère, muette.
- Tu n’as besoin que de quelques morceaux de linge, lui avait-il dit au départ.
Catégoriquement, elle refusa de saluer sa bru, qu’un rapide mouvement de l’oeil vers sa petite-fille Chelle, droite à côté de sa mère lui tenant la main. La camionnette disparut sur la route enneigée du rang sans rien. Ojibwée, bizarrement, ne bougea pas d’un poil de son poste de garde près du tipi.
* *
*
Gordon choisit le Québec, lieu où la résistance à cette initiative du gouvernement fédéral s’avérait importante. Une fois installée à près de 100km de Montréal, penaude, attendant que la situation se calme et que la guerre s’achève, c’est illégalement que la famille ojie-crie vécut à la manière ojibwée en sol québécois. Une seule résistance, de taille, toujours omniprésente, celle de l’épouse de Gordon, Taïma, la mère de Gord et Don.
Quitter sa famille signifiait pour elle la trahir, renier les traditions de la nation ojie-crie, abandonner le combat, se replier, baisser les bras. Semble-t-il que tout le trajet de l’Île Whitefish jusqu’au village des Saints-Innocents, elle l’aurait occupé à maintenir un silence total, évitant de soutenir son regard sur la route qui défilait derrière elle, sur celle qu’avalait la camionnette.
Gordon, avant de choisir l’endroit définitif où monter son tipi pour y installer sa famille, s’était renseigné sur un lieu lui permettant de pratiquer l’acériculture. Le village des Saints-Innocents s’avéra idéal en raison de la présence d’érables à sucre et d’un certain éloignement des grands centres.
L’atmosphère régnant à l’époque de cette guerre favorisait le repliement sur soi ; on évitait à tout prix de soulever de nouvelles problématiques et, d’une certaine manière, chacun cherchait à se protéger en se mêlant de ses affaires. Aucun intérêt à commenter ce qui se passait ailleurs dans le monde, là où les conflits sévissaient, craignant que cela n'attire le malheur sur eux. De sorte qu'il fallût un certain temps, quelques années après 1945, pour que la présence de la famille ojie-crie devienne un sujet de conversation dans le village, puis… d’inquiétude.
* *
*
Il ne neigeait pas. Ne ventait pas. Plus on avançait, plus le silence à l’intérieur de l’habitacle de la camionnette de Don prenait des allures de pèlerinage. Il avait élaboré un plan précis pour cet important déplacement. D’abord, identifier la famille qui avait fabriqué la flèche meurtrière pour l’ours et le coyote. S’informer sur des déplacements récents d’un membre de cette famille vers le village des Saints-Innocents. De ces deux informations, si elles s’avéraient exactes et vérifiables, il espérait être en mesure d’établir des liens entre sa mère et une possible participation à l’affaire, hypothèse qu’il avait émise en retrouvant la fameuse flèche perdue à un endroit, retrouvée dans un autre. Absolument impossible pour sa mère d’avoir eu des contacts directs avec l’Ontario, elle n’a pas bougé de la maison, aucune missive ne leur parvient n’ayant pas d’adresse postale et la ligne téléphonique, toujours en attente, risque de l’être encore pour un long moment.
Lorsque la camionnette entra dans la réserve ojie-crie, totale fut la surprise. Chacun et chacune cherchant à identifier l’un ou l’autre des deux passagers qui en descendirent, manifestant une évidente fatigue.
Les premiers à se rendre vers eux furent le beau-père et la belle-mère de Don, croyant leur fille présente pour son voyage annuel sur l’île. Non. Qu’une vieille femme stoïque percluse à l’arrière du véhicule, les yeux ankylosés fixant devant elle.
- L’état de santé de ma femme, votre fille, ne lui permet pas cette année de venir. La naissance de la petite sœur de Chelle est prévue pour avril prochain, elle a besoin de conserver toutes ses énergies. Chelle va à l’école maintenant et ne peut s’absenter.
Un groupe de plus en plus imposant se constituait autour de Don. Il reconnaissait celui-ci, celle-là ainsi que plusieurs autres, mais il ne put s’empêcher de remarquer que son frère Gord ne lui adressait pas la parole, ne daignait pas lui accorder un regard.
Les liens entre eux ont toujours été fragiles, davantage depuis que le plus âgé a quitté le village des Saints-Innocents sans prévenir. Sa femme, pour sa part, est la meilleure amie de son épouse, deux brus qui vécurent un calvaire en présence de Taïma, l’ancêtre féminin - principalement à la suite du décès de Gordon dont le corps incinéré avait été mis en terre dans le boisé adjacent à leur maison. Calvaire qui s'acharna par la suite sur les épaules de l’épouse de Don une fois Gord - et sa femme stérile - sans bruit quittèrent les lieux en tapinois pour retourner sur l’Île Whitefish.
* Note : on se souvient que dans la tradition ojie-crie, une femme mariée ne peut choisir son prénom qu'après avoir accouché. L'épouse de Don s'y consacre actuellement. Celle de Gord, stérile, devra vivre jusqu'à la fin de ses jours sous le vocable «la femme de...».
- Ma femme ne l’accueillera pas. Tu sais pourquoi. Je vais la mener chez sa sœur, c’est tout à côté de ma maison.
- Je t’attends ici.
samedi 2 août 2025
Projet entre nostalgie et fantaisie... (27)
**********
odeur de la fille, thé de lotus
thé de jasmin, celle du garçon
couple-escargot accroupi
comme les gazons multiplient le vert !
le colorent à perte de vue !
un regard monte vertical face à l’horizon …
goût de la fille, mangue fraîche
celui du garçon, durian vanille
deux colimaçons rampant dans un bol de sardines
comme des œufs le soleil cuit la peau
graciles, les hirondelles jouent aux F-18
leur chanson autour des arbres grésille
on entend la fille ne rien dire
le garçon l’écoutera encore
double main en une seule ;
comme la longue plainte des sirènes sur une mer étourdie
une voix-mouette sonde le ressac des vagues engourdies
fille muette et sourd garçon
aveuglés de vert tendre
demeurent suspendus dans le creux vide de l’espace
il et elle regardent… respirent… virevoltent et pirouettent…
regards prolixes ralentis par des gestes sibyllins
couleur de la fille, vert feuille
celle du garçon, la même…
repus de lumière,
446
SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3) - 26 -
Monsieur Saint-Pierre s’interrogeait : s'arrêter au presbytère ou rejoindre son ami Cloutier. L'employé de la ville, en service comm...
-
Ce texte date du 23 décembre 2005, au tout début de la création du blogue LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON . Les premiers billets avaient pour ...
-
lundi 30 juin 2008 SAUT: 217 Le SAUT :217 est offert à mon frère Pierre qui célèbre aujourd’hui ses 60 ans. Nous avons signalé l’événement l...


















