jeudi 26 janvier 2012

PHOTOS AUTOUR DES FESTIVITES DU TET










Photo officielle inaugurant le TET









Plat traditionnel vietnamien...








... on le trouve lors du Tet: a base de porc.











Banderole officielle du Tet 2012








Exposition de fleurs au centre-ville de Saigon...








... une activite tres presente durant cette periode.








Artisanat vietnamien.








Toujours des fleurs: le jaune est a l'honneur...











... meme a l'appartement.








Cathedrale Notre-Dame eclairie pour le Tet.

mercredi 18 janvier 2012

IMPRESSIONS NUMERO 3

Il a plu cette semaine a Saigon. Oui. Quelques heures, mardi. Vous verrez les photos la prochaine fois. Quelque chose a voir et a vivre, et le plus etonnant reste encore le fait que le courant electrique ait tenu le coup! Ca balayait l'espace du sud au nord avec des raffales impressionantes. Je me disais qu'on allait avoir un peu de fraicheur par la suite, mais non, ici apres la pluie, la chaleur.

Autre chose que je remarque, c'est une capacite incroyable pour certains Vietnamiens de consommer. Comme je vais m'approvisionner tout pres de l'appartement dans un magasin style entrepot a la Costco, je vois assez souvent les memes personnes qui y reviennent et chargent leur panier de tout et de rien. Il faut dire que le bons vieux trucs de marketting fonctionnent a merveille - achetez le produit et vous recevez un bol, une assiette en retour - au point ou on peine a remplir les comptoirs. Je ne vous parle pas des prix qui n'ont absolument rien a voir avec chenous... Le cout de la vie ne se compare pas et on reussit a vivre aisement avec tres peu.

Je me demandais comment on peut detruire l'originalite d'une civilisation a partir de l'implantation de nouvelles habitudes de vie. Introduire et faciliter la consommation d'alcool ( les ventes de caisses de biere doivent certainement rivaliser ici a Saigon avec n'importe laquelle des grandes villes americaines); importer le hamburger (la restauration rapide est facilement disponible et compte de nombreux adeptes, meme si l'on peut se procurer un sandwich a la MacDonald garni avec des crevettes); inciter a la consommation ( combien souvent inutile) de tout et de rien, de ceci et son contraire; creer du reve avec les loteries. Un coktail a peu pres assure de demolition des valeurs traditionnelles.

Autre chose qui me surprend: combien de fois j'ai vu des Vietnamiens endosser des chandails, t-shirts et autres costumes a saveur americaine, et sembler en etre fiers. J'ai encore de la difficulte a voir les enfants jouer a la guerre dans les petites rues de Saigon, ces petites rues adossees aux grandes arteres resplendissant de lumieres, de magasins et boutiques ou de centres commerciaux hyper-modernes. C'est beaucoup cela - j'ai une certaine connaissance des districts 1,2,3, 7 et 8 (ce sont comme des arrondissements) - Saigon: le luxe et la pauvrete.

Il existe certaines coutumes avec lesquelles je deviens de plus en plus familier. Manger sur le trottoir en invitant parents et amis, semble en etre une. Et l'on me dit que lors des festivites entourant le TET, dans quelques jours on passera a l'annee du Dragon, j'en verrai beaucoup d'autres dont plusieurs reliees a la nourriture. J'en reparlerai.

Cote projet, je devais partir pour Hue, ensuite Hanoi mais la cousine de mon guide qui travaille dans le monde du voyage m'a conseille d'attendre apres le TET puisque l'on connaitra une chute des prix actuellement multiplies par 5. J'envisage aussi un sejour a Bangkok mais cela reste a determiner.

J'ai assiste, hier soir -mercredi 18 janvier, journee d'anniversaire de mon petit-fils Ethan (3 ans) - a un lancement de livre a la Librairie francaise de Saigon. Quelques ressortissants francais et deux ou trois Vietnamiens parlant francais y ont assiste. Cela m'a permis de saluer un monsieur qui revenait du Quebec. On a jase des pays... L'ecrivain en question se nomme Christophe Dallot et vit a Saigon depuis 1993. Il a epouse une Vietnamienne. Le titre de son livre publie chez Alexipharmaque Les Narratives s'intitule DEMON. Il enseigne au lycee Marguerite-Duras et s'interesse particulierement a des histoires de possessions, de metamorphoses et de monstres, hippogriffes, centaures, sphinx... Ce qui me permet de dire qu'en plus de L'IDIOT, je lis le poeme (+ de 3000 vers) de Nguyen Du, KIM-VAN-KIEU, probablement le poeme populaire le plus celebre au Vietnam.

Voila pour aujourd'hui, je vous souhaite du beau/bon temps et a bientot.
Quelques photos suivent.


NOUVELLES PHOTOS










Centre-ville de Saigon en preparation du Tet










Monument en l'honneur d'Ho Chi Minh










Restaurant exterieur (odeur extraordinaire!)










Motocyclette et chauffeur










Exhition de photos 3D










Un rare accident dans les rues de Saigon










Stationnement pour motocyclettes...










... stationnement pour automobiles










Exterieur du cafe Gloria's

mercredi 11 janvier 2012

IMPRESSIONS NUMERO 2

Une fois l'histoire plutot desagreable des puces ou punaises de lit, tellement que je les ai appelees les morpions arabes, cette histoire passee; une fois bien adapte a l'heure d'ici; une autre fois, toutes les mauvaises habitudes de comparer ici avec che-nous; et encore de se dire que j'aurais donc du penser a ceci ou a cela... une fois toutes ces petites babioles derriere soi, et meme la premiere impression... on passe a autre chose, on passe au vrai de vrai.

Deux semaines plus tard, a quoi ressemble ma deuxieme impression? Est-ce que tout ce que l'on m'avait dit du Vietnam s'avere exact ou conforme a ce que j'observe? J'ai toujours eu beaucoup de difficultes a generaliser, ne croyant pas que ce qui se deroule dans le cerveau de l'un puisse s'averrer la copie conforme de ce qui germe dans le cerveau d'un autre. Je puis donc me permettre de prendre une certaine distance par rapport a ce que d'autres voyageurs ont vecu ici avant moi. De toute facon, j'ai comme la vague idee qu'il n'y a pas beaucoup de touristes de mon genre, c'est-a-dire quelqu'un qui ne vient pas visiter le Vietnam mais le vivre. Les touristes que je remarque depuis mon arrivee se tiennent en groupe, visitent les essentiels que l'on voit dans les guides. Ils sont un peu a la merci d'une machine qui semble rouler continuellement dans le meme sens. Je ne les blame pas, c'est leur choix mais je ne saurais etre capable de suivre une trentaine de personnes qui recoivent les memes informations, sur le meme ton et sans doute aseptisees compte tenu du fait que nous sommes en pays communiste.

J'ai, comme deuxieme impression, celle de la lenteur. Vous me direz que Ho Chi Minh est une grande ville, en route vers une modernite a la fois europeenne et americaine, ou tout bouge rapidement... et vous auriez raison. Mais en meme temps, je remarque dans les gestes du vietnamien moyen cette lenteur d'execution qui vient peut-etre de cette faculte qu'il semble posseder, celle de savoir prendre le temps qu'il faut et cela au bon moment. La circulation en est un exemple. Un minimum d'ordre dans un maximum de desordre et a une vitesse qui doit se situer a celle non pas de la voiture mais de la motocyclette. Quand, avec mon guide, nous roulons a 40km/h et qu'il semble que ce soit la norme non ecrite mais standardisee, c'est savoir prendre son temps parce le temps est comme defini et accepte socialement comme etant cela, le bon moment. Le bon moment pour doubler, le bon moment pour saluer, le bon moment pour sourire. Il me semble que le vietnamien connait le bon moment, il sait exactement quand il doit arriver, quand il doit etre.

Deuxieme impression: la lenteur. Comme cela m'est utile et combien reposant, quasi zen. J'aime beaucoup devoir modifier mes journees selon le soleil. Mon guide craint le soleil, de sorte qu'une journee c'est aussi bien l'apres-midi jusqu'a la nuit et une autre fois, du matin au midi. Les activites ne sont pas urgentes, j'ai du temps devant moi. De grandes lignes seulement et beaucoup, beaucoup d'improvisation. On s'en va la pour se retrouver ailleurs. Et ailleurs, il y a des gens interessants qui me considerent, je ne puis le dire exactement, comme un objet rare ou un sujet different.

Mon guide me repete, et il semble que je ne l'ecoute pas beaucoup, qu'il ne faut pas tenter d'entrer en contact avec tout le monde... moi, je veux le contraire. Une vieille femme assise sur le trottoir, je me dis que sans doute elle a deja parle francais, mais non, elle ne parle que vietnamien mais quel sourire j'ai recu d'elle. Les enfants de la rue, bouleversants de pauvrete, mais qui n'en veulent qu'a ton porte-monnaie. Les vendeurs de tout et de rien, il y en a partout et encore plus loin, tu leur adresses un regard et voila qu'ils te pourchassent inlassablement.

Les jeunes filles ont de splendides cheveux noirs. Je me suis rappele le livre merveilleux de Hrabal sur la chevelure et compris un peu mieux ce qu'il voulait dire alors que pour lui les cheveux parlent tellement. Rappele aussi La condition humaine de Malraux, je ne sais trop pourquoi, la Chine n'est pas le Vietnam mais je retrouve certaines ambiances.

Apres deux semaines, j'aime le Vietnam, moi le voyageur europeen... Je m'y sens totalement depayse, entierement en securite et ressens un besoin intense de comprendre cette resilience collective qui a du leur etre necessaire pour oublier les palles des helicopteres, la presence americaine et auparavant celle des Francais.

Et, bizarrement, sur mon balcon au septieme etage, je lis L'idiot de Dostoievski quand c'est ensoleille et que mon guide prend conge...

Suivent quelques photos...

QUELQUES PHOTOS

Le divan arabe








Ho Chi Minh vue de l'appartement








Petit parc aux pieds de Cantavil (nom de l'appartement)









Muine (Mer de Chine)







Panne d'autobus au retour de Muine








Position repos asiatique









Entree du parc thematique (je vous epargne le nom vietnamien)







Un crapaud vietnamien








La maison de l'opera de Ho Chi Minh








Lumiere et nuit sur Ho Chi Minh








Circulation fluide... attendez de voir la video sur comment on circule ici... a voir!







Mon guide: Phan Le Trung Hieu... on l'appelle YoYo.

mercredi 4 janvier 2012

Premier du Vietnam

D,entree de jeu vous devrez lire avec pas d,accents...

Je dois m,habituer a vous ecrire en me rappelant qu,il y a 12 heures d,ecart entre le Vietnam et le Quebec. Je suis donc jeudi 4 janvier en fin d,apres-midi et vous dormez tous paisiblement...

Tout va tres vite dans ce pays ou la lenteur semble etre le leitmotiv. On se bouscule pour ensuite prendre son temps... tout son temps.

Je suis arrive avec 3 heures de retard en raison d,un arret a Bangkok, arret imprevu. Mon guide m,attendait et nous sommes arrives a l,appartement situe un peu en retrait du centre-ville. Je me suis felicite d,avoir entrepris mon decallage horaire quelques jours a l,avance autrement c,aurait pu etre fort penible.

Le transit a Doha (12 heures pendant lesquelles tu dois obligatoirement demeurer a ton hotel) fut extra a part qu,a l,hotel qui semblait merveilleux de l,exterieur, je me suis tape un infection aux morpions... Le medecin que j,ai vu a Ho Chi Minh m,a dit que c,etait courant au Qatar - beau a l,exterieur mais moins propre a l,interieur- ce medecin a difficilement reusssi a me trouver la medication pour eradiquer le probleme. Cette facheuse situation m,a un peu ralenti et permis a mon guide de travailler sur ses examens de fin de session.

Premiere impression de cette ville une fois revenu du choc culturel, immense, c,est bizarre ce que j,ai ressenti; je me voyais a l,epoque de la guerre du Vietnam, je regardais le ciel, m,attendais a des bombardements ou je ne sais quoi de semblable. Ceci passe, je decouvre une belle grande ville polluee comme je les aime, bruyante, mouvante ou une bizarrerie n,attend pas l,autre. Mon guide ne gene pas pour me faire passer dans endroits typiques.

Les gens, a premiere vue, se divise en deux categories: ceux qui sont jeunes (entre 15 et 45 ans) paraissent tres jeunes et les autres, les ages semblent des vieillards. C,est une premiere impression sans doute evoluera-t-elle avec le temps.

Deux repas a l,exterieur de l,appartement; le premier dans un restaurant japonais (un ou 2 n, je ne me souviens jamais) des sushis exquis et un lunch dans un restaurant typiquement vietnamien du centre-ville.

Je dois un peu composer avec les disponibilites du guide mais ca va.
Je vous reviendrai apres les deux jours de plage..

A la prochaine.

Pas trop enerves par le manque d,accents?
Des photos devraient egalement suivre une fois maitrisee l,application liee a cet ordinateur vietnamien.

mardi 27 décembre 2011

QUATRE (4) CENT-VINGT-NEUF (29)



Ça fait tout drôle que de travailler ce saut la nuit. La raison? C'est que je suis à faire le saut entre le jour et la nuit pour mieux me préparer à l'heure asiatique que j'adopterai dans quelques jours. Donc, vous l'avez compris, il s'agit ici du dernier avant le Vietnam. Et il sera un peu spécial du fait que je vous présente deux versions du même poème. Je n'arrivais pas à opter pour une ou pour l'autre, de sorte que voici les deux.


cet homme ne connaît pas...


… la liberté
il vit dans un pays libre de toute liberté
où, contre la noirceur, on érige des maisons blanches
et au bout du champ, on creuse un trou profond

… ne connaît que le mensonge...

cet homme ne connaît pas les mains sans réserves
il vit dans une prison morose aux murs menottés
où chacun cherche dans les recoins biscornus de son espace
les empreintes encore fraîches laissées par le bourreau


… la parole sans drapeau
on le flagelle à bout de bras de paroles et de drapeaux
au centre de leurs coutures roses, une femme aux seins nus
langoureusement l’invite à fertiliser le désert de ses solitudes

… ne connaît que le mensonge…

cet homme ne connaît pas les pieds déliés
il crache de la salive rouillée sur ses entraves endolories
et transporte de la salle des pas perdus à celle des supplices
toutes les saletés quotidiennes que ses espoirs alimentent


… la justice
en déséquilibre précaire entre deux plateaux de balance,
dans son approximative mesure des empires à la dérive
elle rend licite l’illicite combat des océans contre les terres

… ne connaît que le mensonge…

cet homme ne connaît pas les yeux ouverts
on les lui a crevés à la naissance avec le tison de la foi
ses cicatrices oculaires sont de chétives fibroses,
des oiseaux qui recousent les nuages de l’obscurité


… l’amour
on le lui a enseveli sous des tonnes de roc
d’avalanches sordides emprisonnant sa passion
et l’arthrose de la sécheresse grinçait entre ses dents

… ne connaît que le mensonge…
cet homme ne connaît pas les chemins de la peur
ce n’est que de la sueur qui ruisselle sur son âme
transportant des frissons dans une brouette de vent
afin de les repiquer sur les aiguilles du temps


… la mort
une ombre invisiblement plus vaste que lui, le suivait
le suit, le suivra jusqu’au bout de ses torpides noirceurs
seules éternités que la vie éclaire d’une profonde rancoeur

… ne connaît que le mensonge…
cet homme ne connaît pas son corps
endolori à coups de fadaises, endormi à coups de somnifères
et la nuit, toujours il marche, par lui-même affaibli
vers un trou profond au bout d’un champ de névrose


… la haine
elle circule dans son sang à pas de coyotes
ceux qui rongent les roses sous les barbelés
et l’on copie dans de grands cahiers inutiles
ce qui fait de cet homme un homme qui ne connaît

que le mensonge aux espoirs velléitaires







cet homme ne connaît pas... (version 2)


… la liberté

il vit dans un pays libre de toute liberté
où, contre la noirceur, on érige des maisons blanches
et au bout du champ, on creuse un trou profond

… ne connaît que le mensonge...
mains sans réserves
prison morose aux murs menottés
dans les recoins biscornus de l’espace
des empreintes fraîches sont laissées par le bourreau


… la parole sans drapeau

on le flagelle à grands coups de paroles, de drapeaux
au centre de leurs coutures roses, une femme aux seins nus
langoureusement l’invite à fertiliser le désert de ses solitudes

… ne connaît que le mensonge…
pieds liés
salive rouillée sur entraves endolories
de la salle des pas perdus à celle des supplices
toutes les saletés quotidiennes alimentent l’espoir


… la justice

en déséquilibre précaire sur deux plateaux de balance,
dans son approximative mesure des empires,
rend licite l’illicite combat des océans contre les terres

… ne connaît que le mensonge…
yeux fermés
crevés à la naissance avec le tison de la foi
cicatrices oculaires, chétives fibroses,
des oiseaux recousent les nuages de l’obscurité


… l’amour
on le lui a enseveli sous des tonnes de roc
d’avalanches sordides emprisonnant sa passion
et l’arthrose de la sécheresse grince entre ses dents

… ne connaît que le mensonge…
chemins de la peur
sueur qui ruisselle sur l’âme
frissons transportés dans la brouette du vent
et repiqués sur les aiguilles du temps


… la mort

une ombre invisiblement plus vaste que lui le suivait,
le suit, le suivra jusqu’au bout de ses torpides noirceurs
seules éternités que la vie éclaire d’une profonde rancoeur

… ne connaît que le mensonge…
corps endolori à coups de fadaises,
endormi à coups de somnifères
la nuit, affaibli, toujours en marche
vers ce trou profond au bout du champ de la névrose


… la haine

elle circule dans son sang à pas de coyotes
ceux qui rongent les roses sous les barbelés
et l’on copie dans d’inutiles grands cahiers
ce qui fait de cet homme un homme qui ne connaît

que le mensonge aux espoirs velléitaires


Voilà pour 2011... Les prochains proviendront du Vietnam

Au prochain saut et d'ici là, une bonne et heureuse année 2012

mardi 20 décembre 2011

Il semble que mes voeux de Noël et de la nouvelle année n'ont pas été correctement livrés dans les boîtes de courriels de chacun de vous. Sans doute un mauvais tour de la part d'un quelconque génie du temps des Fêtes!

Je les reprends donc aujourd'hui et vous prie de considérer qu'ils vous sont destinés à titre individuel.

Je vous souhaite une période des Fêtes heureuse et toute remplie de petits bonheurs.

J’y ajoute mes meilleurs vœux de Bonne et Heureuse année 2012, qu’elle soit généreuse pour vous et vous permette de réaliser vos plus chers désirs.

Pour ma part, je serai en terre asiatique (Vietnam) pour quelques mois, période recouvrant une bonne partie de l’hiver.

Vous pourrez me suivre en images et en impressions sur le blogue du crapaud. Je vous laisse l’adresse :

http://turcjy.blogspot.com/

Jean

vendredi 16 décembre 2011

QUATRE (4) CENT-VINGT-HUIT (28)



Celui-ci, je parle de ce voyage qui me mènera au Vietnam pour une bonne partie de l'hiver, celui-ci, donc, sera le deuxième «long voyage» que je prépare. Le premier, il fut interrompu après trois semaines
en raison des problèmes à la jambe alors qu'il devait s'étaler sur trois mois. Cette fois-ci, j'ose l'espérer, rien ne saura le contrecarrer.

Comment prépare-t-on un long voyage? Je me rends compte que je ne prépare pas un long voyage mais que je me prépare à aller vivre ailleurs pendant un certain temps. Avec mon frère Jacques, le co-voyageur de 2006, tout comme mon ami Jean-Luc, co-voyageur de 2010, nous avions un itinéraire assez précis, des locations pré-enregistrées, des endroits à ne pas manquer, et beaucoup d'ouverture pour les imprévus... imprévus que nous souhaitions nombreux et devant nous éblouir. Ce fut le cas d'ailleurs.

Celui de 2009 - le trois semaines en lieu et place du trois mois - ne comportait que des points de chute et par la suite, place à l'improvisation. Je dois dire que le 2011-2012 ressemble beaucoup à cela. Ce qui est organisé: le départ (28 décembre), la location d'un appartement à Ho Chi Minh (il risque fort que j'utilise souvent Saïgon pour nommer cette ville, ce mot représentant un peu plus pour moi que son actuelle dénomination), quelques séjours à Hué, Saïgon, de même que quelques plages dont les noms viendront plus tard. Sans oublier le guide qui me permettra de ne pas rater des indispensables et m'offrir des surprises géographiques de même que culturelles.

Je serai donc au Vietnam dans moins de deux semaines, entreprenant ma vie en civilisation asiatique avec en tête l'idée que je veux m'intégrer le plus rapidement possible à un nouveau mode de vie.

J'ai entrepris de lire sur le Vietnam: passionnant. Tenté, je dis bien tenté, d'ouvrir mes oreilles à cette langue à la fois chantée et concise: quasi impossible d'apprendre cela. Mais j'ai surtout insisté sur deux choses; la première est ma curiosité à vouloir rencontrer des gens qui ont encore quelques souvenirs de cette guerre horrible menée contre eux par les USA; la deuxième, essayer d'entrer en contact avec la nouvelle poésie vietnamienne, que l'on qualifierait, ici, pour tenter de la définir, de poésie underground. C'est à Saïgon que cela sera possible. Semble-t-il qu'il existerait quelques personnes qui souhaitent parler ou reparler français. On cherchera.

Le retour est prévu pour la fin du mois de mars. Mais il est ouvert: plus tôt ou plus tard. Comme le dit si bien François Legault, on verra...

Dernier point sur ce voyage: le blogue. J'ai une nouvelle adresse pour un blogue strictement consacré au Vietnam. Est-ce que je l'utiliserai ou déposerai sur «le crapaud» photos et impressions? La décision n'est pas encore tout à fait prise mais de toute manière, il y aura un lien, une passerelle de l'un à l'autre.

Je crois bien être en mesure de faire un dernier saut avant le départ: les voeux de Noël et de la nouvelle année.

Au prochain saut

jeudi 8 décembre 2011

QUATRE (4) CENT-VINGT-SEPT (27)



Je ne sais pas si cela, déjà, vous est arrivé. Vous lisez. Doucement. Un roman, surtout. Puis, vous tombez sur une phrase, un paragraphe ou une bonne partie d'un chapitre, et vous vous dites: c'est exactement comme cela qu'il faut décrire la chose. On ne peut mieux que cela. Tout y est, mots et images.


En lisant Alessandro Baricco (Océan mer) je viens de vivre un tel moment d'extase. Je vais d'abord vous offrir le texte pour ensuite le commenter. À lire lentement.

« Seul, au milieu de la plage, Bartleboom regardait. Pieds nus, le pantalon roulé pour ne pas le mouiller, un grand cahier sous le bras et un chapeau de laine sur la tête. Légèrement penché en avant, il regardait: le sol. Il examinait l'endroit exact où la vague, brisée dix mètres plus tôt, s'étirait - devenue lac, et miroir, et flaque d'huile -, remontant la douce inclinaison de la plage pour finalement s'arrêter - sa frange ourlée d'un perlage délicat -, et hésiter un instant avant d'esquisser, vaincue, une élégante retraite, et se laisser glisser en arrière, sur le chemin d'un retour en apparence facile, mais en réalité proie idéale pour l'avidité spongieuse d'un sable qui, jusque là pacifique, se réveillait soudain et - cette course de l'eau en déroute - l'évaporait dans le néant.
Bartleboom regardait.
Dans le cercle imparfait de son univers visuel, la perfection de ce mouvement oscillatoire formait des promesses que l'unicité singulière de chacune de ces vagues condamnait à n'être pas tenues. Il était impossible d'arrêter cette continuelle alternance de création et de destruction. Ses yeux cherchaient la vérité, descriptible et mesurable, d'une image complète et sûre: et ils se retrouvaient en fait courir derrière l'incertitude mouvante de ce va-et-vient qui berçait et bafouait tout regard scientifique.
C'était agaçant. Il fallait agir d'une manière ou d'une autre. Bartleboom stoppa ses yeux. Il les dirigea juste devant ses pieds, encadrant une portion de plage muette et immobile. Et il décida d'attendre. Il fallait qu'il cesse de courir après cet épuisant balancier. Si Mahomet ne va pas à la montagne, et cetera, et cetera, se dit-il. Tôt ou tard viendrait - dans le cadre délimité par ce regard qu'il trouvait mémorable de froideur scientifique - s'inscrire le profil exact, ourlé d'écume, de la vague qu'il attendait. Et là, il se fixerait, comme une empreinte, dans son cerveau. Et lui, il comprendrait. Tel était le plan. Avec une abnégation totale, Bartleboom se cala dans une immobilité dépourvue d'affects, se transmuant, si l'on peut dire, en instrument d'optique neutre et infaillible. Il respirait à peine. Dans le cercle fixe découpé par son regard, un silence irréel tomba, un silence de laboratoire. Bartleboom était semblable à un piège, imperturbable et patient. Il attendait sa proie. Et la proie, lentement, arriva. Deux chaussures de femme. Grandes, mais de femme.»

Combien de fois, je ne saurais le dire, et plus particulièrement en marchant sur la plage de Varadero à Cuba, mon regard était subjugué par le travail de la vague, son continuel et si différent aller-retour. Je me suis toujours dit que celui qui écrit doit d'abord et avant tout être capable de bien décrire. En lisant ce passage de Baricco, si extraordinairement bien é et décrit... je suis certain que l'on ne peut trouver mieux pour dire le geste et le sentiment, les mots au service de l'image. On ne peut décrire correctement les sentiments, les émotions sans, au préalable, être en mesure de bien le faire avec les choses, puis le choc des choses, puis le résultat du choc des choses. Il doit y avoir dans cette manière d'écrire une certaine rigueur scientifique un peu comme ce Bartleboom qui cherche à décrire là où finit la mer... Admirable. Et j'achève ce saut, en me disant que dans vingt (20) jours ça sera le grand départ vers le Vietnam. J'en reparle bientôt et plus en détails.

Au prochain saut






lundi 28 novembre 2011

QUATRE (4) CENT-VINGT-SIX (26)





Je ne sais pas si vous êtes comme moi; parfois, avant que n'arrive un événement bousculant la quotidienne réalité, j'ai besoin de revenir à mes éveilleurs de conscience préférés. Y chercher ou y retrouver des réflexions qui permettent d'éclairer l'obscur que je ne vois pas. À un mois - 28 novembre au 28 décembre - de mon départ pour un hiver au Vietnam, c'est un peu le besoin que je ressens. Voici ce que j'ai trouvé.


. Il y a des sentiments illisibles tant le coeur y dit de choses en même temps! Jean Bédard

. Nous nous prenons pour des étoiles alors que nous ne sommes que des étincelles. J.B.

. Le coeur ne fait jamais l'unanimité, et l'amour pour une personne exige de trahir un peu les autres. J.B.



. Le bien impose le choix et le choix déchire les hommes. Mais, à l'inverse, là où le bien prime, même le mal engendre le bien. Les malfaisants ne réussissent qu'à rendre les hommes bons encore meilleurs. J.B.

. ... c'est la qualité de nos décisions qui importe et non leur quantité. J.B.

. Le rêve est le lieu des causes. Ce que nous appelons bien prétentieusement «la réalité» n'est que le lieu des effets. J.B.

. Il y a des absences dont on ne prend pas immédiatement conscience et qui pourtant agissent sur nous. J.B.




. Le concept philosophique le plus sérieux qui s'oppose ou qui relativise la liberté humaine, c'est le destin. Lorsque l'être humain regarde devant lui, vers le futur, pour évaluer les différentes possibilités qui s'offrent à lui et pour planifier son choix, il croit à la liberté; mais lorsqu'il se retourne en arrière et qu'il observe sa vie, non plus comme un projet, mais comme un résultat, il a l'impression que tout s'est produit de façon fataliste, en accord avec une conception préétablie et nécessaire. Le destin c'est ce que l'on n'a pas choisi et qui choisit à notre place... à travers nos choix apparents. Et même si nous ne croyons pas au concept général de destin, selon lequel tous les événements sont prédestinés ( comme l'ont pensé entre autres les stoïques ), il semble inévitable de croire au moins à un destin plus limité mais inexorable: la mort. Fernando Savater



. Agir c'est essentiellement choisir et choisir c'est conjuguer de façon adéquate la connaissance, l'imagination et la décision dans le champ de ce qu'il est possible de faire. F.S.


. Les rencontres ne sont possibles que dans un certain vide. Yvon Rivard

. Le silence est fait de paroles qui se taisent. Y.R.

. S'habituer! On ne s'habitue qu'à des rêves avortés. Y,R.

. Il faut toujours purifier la question de toutes les réponses qui l'obscurcissent. Y.R.


. ... ma trop bruyante solitude m'avait un peu tourné la tête... Bohumil Hrabal



. Adossé au comptoir de la Brasserie-Noire, je bois un demi; à partir d'aujourd'hui, te voilà seul, mon bonhomme, tu dois faire face tout seul, te forcer à voir du monde, t'amuser, te jouer la comédie aussi longtemps que tu t'accrocheras à cette terre; à partir d'aujourd'hui ne tourbillonnent plus que des cercles mélancoliques... En allant de l'avant tu retournes en arrière, oui: progressus ad originum et regressus ad futurum, c'est la même chose, ton cerveau n'est rien qu'un paquet d'idées écrasées à la presse mécanique. B.H.

. ... il me suffit de fermer les yeux pour voir tout plus nettement que dans la réalité... B.H.

. Comme vous avez dit, c'était magnifique et parce que c'était magnifique, c'était aussi dangereux et puisque c'était dangereux, c'était ce que j'aime, ce qu'il me faut. B.H.


. Il savait bien que ceux qui se vantent de leur bonheur ou de leur vertu, le font, le plus souvent, sans motif... Hermann Hesse

. On peut se permettre d'observer les hommes, de rire de leur sottise ou d'en avoir pitié, mais il faut les laisser libres de suivre leur chemin. H.H.

. Tout être humain a une âme neuve. H.H.

On reviendra bientôt sur ce voyage hivernal, surtout sur ce qu'il impliquera pour les sauts du crapaud.

Au prochain saut





SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3) - 26 -

Monsieur Saint-Pierre s’interrogeait : s'arrêter au presbytère ou rejoindre son ami Cloutier. L'employé de la ville, en service comm...