LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON
jeudi 26 janvier 2012
Le T E T
PHOTOS AUTOUR DES FESTIVITES DU TET

Photo officielle inaugurant le TET
Plat traditionnel vietnamien...
... on le trouve lors du Tet: a base de porc.
Banderole officielle du Tet 2012
Exposition de fleurs au centre-ville de Saigon...
... une activite tres presente durant cette periode.
Artisanat vietnamien.
Toujours des fleurs: le jaune est a l'honneur...

... meme a l'appartement.

mercredi 18 janvier 2012
IMPRESSIONS NUMERO 3
NOUVELLES PHOTOS
mercredi 11 janvier 2012
IMPRESSIONS NUMERO 2
QUELQUES PHOTOS
mercredi 4 janvier 2012
Premier du Vietnam
mardi 27 décembre 2011
QUATRE (4) CENT-VINGT-NEUF (29)

Ça fait tout drôle que de travailler ce saut la nuit. La raison? C'est que je suis à faire le saut entre le jour et la nuit pour mieux me préparer à l'heure asiatique que j'adopterai dans quelques jours. Donc, vous l'avez compris, il s'agit ici du dernier avant le Vietnam. Et il sera un peu spécial du fait que je vous présente deux versions du même poème. Je n'arrivais pas à opter pour une ou pour l'autre, de sorte que voici les deux.
… la liberté
il vit dans un pays libre de toute liberté
et au bout du champ, on creuse un trou profond
… ne connaît que le mensonge...
cet homme ne connaît pas les mains sans réserves
il vit dans une prison morose aux murs menottés
où chacun cherche dans les recoins biscornus de son espace
les empreintes encore fraîches laissées par le bourreau
… la parole sans drapeau
on le flagelle à bout de bras de paroles et de drapeaux
au centre de leurs coutures roses, une femme aux seins nus
langoureusement l’invite à fertiliser le désert de ses solitudes
… ne connaît que le mensonge…
cet homme ne connaît pas les pieds déliés
il crache de la salive rouillée sur ses entraves endolories
et transporte de la salle des pas perdus à celle des supplices
toutes les saletés quotidiennes que ses espoirs alimentent
… la justice
en déséquilibre précaire entre deux plateaux de balance,
dans son approximative mesure des empires à la dérive
elle rend licite l’illicite combat des océans contre les terres
… ne connaît que le mensonge…
cet homme ne connaît pas les yeux ouverts
on les lui a crevés à la naissance avec le tison de la foi
ses cicatrices oculaires sont de chétives fibroses,
des oiseaux qui recousent les nuages de l’obscurité
… l’amour
on le lui a enseveli sous des tonnes de roc
d’avalanches sordides emprisonnant sa passion
et l’arthrose de la sécheresse grinçait entre ses dents
… ne connaît que le mensonge…
cet homme ne connaît pas les chemins de la peur
ce n’est que de la sueur qui ruisselle sur son âme
transportant des frissons dans une brouette de vent
afin de les repiquer sur les aiguilles du temps
… la mort
une ombre invisiblement plus vaste que lui, le suivait
le suit, le suivra jusqu’au bout de ses torpides noirceurs
seules éternités que la vie éclaire d’une profonde rancoeur
… ne connaît que le mensonge…
cet homme ne connaît pas son corps
endolori à coups de fadaises, endormi à coups de somnifères
et la nuit, toujours il marche, par lui-même affaibli
vers un trou profond au bout d’un champ de névrose
… la haine
elle circule dans son sang à pas de coyotes
ceux qui rongent les roses sous les barbelés
et l’on copie dans de grands cahiers inutiles
ce qui fait de cet homme un homme qui ne connaît
que le mensonge aux espoirs velléitaires
cet homme ne connaît pas... (version 2)
… la liberté
il vit dans un pays libre de toute liberté
où, contre la noirceur, on érige des maisons blanches
et au bout du champ, on creuse un trou profond
… ne connaît que le mensonge...
mains sans réserves
prison morose aux murs menottés
dans les recoins biscornus de l’espace
des empreintes fraîches sont laissées par le bourreau
… la parole sans drapeau
on le flagelle à grands coups de paroles, de drapeaux
au centre de leurs coutures roses, une femme aux seins nus
langoureusement l’invite à fertiliser le désert de ses solitudes
… ne connaît que le mensonge…
pieds liés
salive rouillée sur entraves endolories
de la salle des pas perdus à celle des supplices
toutes les saletés quotidiennes alimentent l’espoir
… la justice
en déséquilibre précaire sur deux plateaux de balance,
dans son approximative mesure des empires,
rend licite l’illicite combat des océans contre les terres
… ne connaît que le mensonge…
yeux fermés
crevés à la naissance avec le tison de la foi
cicatrices oculaires, chétives fibroses,
des oiseaux recousent les nuages de l’obscurité
… l’amour
on le lui a enseveli sous des tonnes de roc
d’avalanches sordides emprisonnant sa passion
et l’arthrose de la sécheresse grince entre ses dents
… ne connaît que le mensonge…
chemins de la peur
sueur qui ruisselle sur l’âme
frissons transportés dans la brouette du vent
et repiqués sur les aiguilles du temps
… la mort
une ombre invisiblement plus vaste que lui le suivait,
le suit, le suivra jusqu’au bout de ses torpides noirceurs
seules éternités que la vie éclaire d’une profonde rancoeur
… ne connaît que le mensonge…
corps endolori à coups de fadaises,
endormi à coups de somnifères
la nuit, affaibli, toujours en marche
vers ce trou profond au bout du champ de la névrose
… la haine
elle circule dans son sang à pas de coyotes
ceux qui rongent les roses sous les barbelés
et l’on copie dans d’inutiles grands cahiers
ce qui fait de cet homme un homme qui ne connaît
que le mensonge aux espoirs velléitaires
Voilà pour 2011... Les prochains proviendront du Vietnam
Au prochain saut et d'ici là, une bonne et heureuse année 2012
mardi 20 décembre 2011
Je les reprends donc aujourd'hui et vous prie de considérer qu'ils vous sont destinés à titre individuel.

Je vous souhaite une période des Fêtes heureuse et toute remplie de petits bonheurs.
J’y ajoute mes meilleurs vœux de Bonne et Heureuse année 2012, qu’elle soit généreuse pour vous et vous permette de réaliser vos plus chers désirs.
Pour ma part, je serai en terre asiatique (Vietnam) pour quelques mois, période recouvrant une bonne partie de l’hiver.
Vous pourrez me suivre en images et en impressions sur le blogue du crapaud. Je vous laisse l’adresse :
Jean
vendredi 16 décembre 2011
QUATRE (4) CENT-VINGT-HUIT (28)
Celui-ci, je parle de ce voyage qui me mènera au Vietnam pour une bonne partie de l'hiver, celui-ci, donc, sera le deuxième «long voyage» que je prépare. Le premier, il fut interrompu après trois semaines en raison des problèmes à la jambe alors qu'il devait s'étaler sur trois mois. Cette fois-ci, j'ose l'espérer, rien ne saura le contrecarrer.
Comment prépare-t-on un long voyage? Je me rends compte que je ne prépare pas un long voyage mais que je me prépare à aller vivre ailleurs pendant un certain temps. Avec mon frère Jacques, le co-voyageur de 2006, tout comme mon ami Jean-Luc, co-voyageur de 2010, nous avions un itinéraire assez précis, des locations pré-enregistrées, des endroits à ne pas manquer, et beaucoup d'ouverture pour les imprévus... imprévus que nous souhaitions nombreux et devant nous éblouir. Ce fut le cas d'ailleurs.
Celui de 2009 - le trois semaines en lieu et place du trois mois - ne comportait que des points de chute et par la suite, place à l'improvisation. Je dois dire que le 2011-2012 ressemble beaucoup à cela. Ce qui est organisé: le départ (28 décembre), la location d'un appartement à Ho Chi Minh (il risque fort que j'utilise souvent Saïgon pour nommer cette ville, ce mot représentant un peu plus pour moi que son actuelle dénomination), quelques séjours à Hué, Saïgon, de même que quelques plages dont les noms viendront plus tard. Sans oublier le guide qui me permettra de ne pas rater des indispensables et m'offrir des surprises géographiques de même que culturelles.
Je serai donc au Vietnam dans moins de deux semaines, entreprenant ma vie en civilisation asiatique avec en tête l'idée que je veux m'intégrer le plus rapidement possible à un nouveau mode de vie.
J'ai entrepris de lire sur le Vietnam: passionnant. Tenté, je dis bien tenté, d'ouvrir mes oreilles à cette langue à la fois chantée et concise: quasi impossible d'apprendre cela. Mais j'ai surtout insisté sur deux choses; la première est ma curiosité à vouloir rencontrer des gens qui ont encore quelques souvenirs de cette guerre horrible menée contre eux par les USA; la deuxième, essayer d'entrer en contact avec la nouvelle poésie vietnamienne, que l'on qualifierait, ici, pour tenter de la définir, de poésie underground. C'est à Saïgon que cela sera possible. Semble-t-il qu'il existerait quelques personnes qui souhaitent parler ou reparler français. On cherchera.
Le retour est prévu pour la fin du mois de mars. Mais il est ouvert: plus tôt ou plus tard. Comme le dit si bien François Legault, on verra...
Dernier point sur ce voyage: le blogue. J'ai une nouvelle adresse pour un blogue strictement consacré au Vietnam. Est-ce que je l'utiliserai ou déposerai sur «le crapaud» photos et impressions? La décision n'est pas encore tout à fait prise mais de toute manière, il y aura un lien, une passerelle de l'un à l'autre.
Je crois bien être en mesure de faire un dernier saut avant le départ: les voeux de Noël et de la nouvelle année.
Au prochain saut
jeudi 8 décembre 2011
QUATRE (4) CENT-VINGT-SEPT (27)
Je ne sais pas si cela, déjà, vous est arrivé. Vous lisez. Doucement. Un roman, surtout. Puis, vous tombez sur une phrase, un paragraphe ou une bonne partie d'un chapitre, et vous vous dites: c'est exactement comme cela qu'il faut décrire la chose. On ne peut mieux que cela. Tout y est, mots et images.
En lisant Alessandro Baricco (Océan mer) je viens de vivre un tel moment d'extase. Je vais d'abord vous offrir le texte pour ensuite le commenter. À lire lentement.
Bartleboom regardait.
Dans le cercle imparfait de son univers visuel, la perfection de ce mouvement oscillatoire formait des promesses que l'unicité singulière de chacune de ces vagues condamnait à n'être pas tenues. Il était impossible d'arrêter cette continuelle alternance de création et de destruction. Ses yeux cherchaient la vérité, descriptible et mesurable, d'une image complète et sûre: et ils se retrouvaient en fait courir derrière l'incertitude mouvante de ce va-et-vient qui berçait et bafouait tout regard scientifique.
C'était agaçant. Il fallait agir d'une manière ou d'une autre. Bartleboom stoppa ses yeux. Il les dirigea juste devant ses pieds, encadrant une portion de plage muette et immobile. Et il décida d'attendre. Il fallait qu'il cesse de courir après cet épuisant balancier. Si Mahomet ne va pas à la montagne, et cetera, et cetera, se dit-il. Tôt ou tard viendrait - dans le cadre délimité par ce regard qu'il trouvait mémorable de froideur scientifique - s'inscrire le profil exact, ourlé d'écume, de la vague qu'il attendait. Et là, il se fixerait, comme une empreinte, dans son cerveau. Et lui, il comprendrait. Tel était le plan. Avec une abnégation totale, Bartleboom se cala dans une immobilité dépourvue d'affects, se transmuant, si l'on peut dire, en instrument d'optique neutre et infaillible. Il respirait à peine. Dans le cercle fixe découpé par son regard, un silence irréel tomba, un silence de laboratoire. Bartleboom était semblable à un piège, imperturbable et patient. Il attendait sa proie. Et la proie, lentement, arriva. Deux chaussures de femme. Grandes, mais de femme.»
Au prochain saut
lundi 28 novembre 2011
QUATRE (4) CENT-VINGT-SIX (26)
. Il y a des sentiments illisibles tant le coeur y dit de choses en même temps! Jean Bédard
. Nous noua prenons pour des étoiles alors que nous ne sommes que des étincelles. J.B.
. Le coeur ne fait jamais l'unanimité, et l'amour pour une personne exige de trahir un peu les autres. J.B.
. ... c'est la qualité de nos décisions qui importe et non leur quantité. J.B.
. Le rêve est le lieu des causes. Ce que nous appelons bien prétentieusement «la réalité» n'est que le lieu des effets. J.B.
. Il y a des absences dont on ne prend pas immédiatement conscience et qui pourtant agissent sur nous. J.B.
. Les rencontres ne sont possibles que dans un certain vide. Yvon Rivard
. Le silence est fait de paroles qui se taisent. Y.R.
. S'habituer! On ne s'habitue qu'à des rêves avortés. Y,R.
. Il faut toujours purifier la question de toutes les réponses qui l'obscurcissent. Y.R.
. ... ma trop bruyante solitude m'avait un peu tourné la tête... Bohumil Hrabal
. ... il me suffit de fermer les yeux pour voir tout plus nettement que dans la réalité... B.H.
. Comme vous avez dit, c'était magnifique et parce que c'était magnifique, c'était aussi dangereux et puisque c'était dangereux, c'était ce que j'aime, ce qu'il me faut. B.H.
. Il savait bien que ceux qui se vantent de leur bonheur ou de leur vertu, le font, le plus souvent, sans motif... Hermann Hesse
. On peut se permettre d'observer les hommes, de rire de leur sottise ou d'en avoir pitié, mais il faut les laisser libres de suivre leur chemin. H.H.
. Tout être humain a une âme neuve. H.H.
On reviendra bientôt sur ce voyage hivernal, surtout sur ce qu'il impliquera pour les sauts du crapaud.
Au prochain saut
vendredi 18 novembre 2011
QUATRE (4) CENT-VINGT-CINQ (25)
Éclectique
En vrac
Et
Échevelé
. J'aime bien les nouvelles publicités de Benetton. Il y avait longtemps que cette maison ne nous avait pas provoqués. Ça commençait à être le temps.
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jeudi 10 novembre 2011
QUATRE (4) CENT-VINGT-QUATRE (24)
Les citations que vous lirez aujourd'hui - deux pour chacun des auteurs, sauf Colette et Benjamin Kunkel - sont le fruit du hasard. Et vous constaterez que le hasard fait souvent bien les choses...
. Le goût qu'il avait des créatures sordides, l'amour ignoble qu'il leur vouait, cette dégradante et répugnante ardeur qu'elles faisaient bouillonner en lui, le poussaient à se prendre pour un être anormal de la plus basse espèce.
Francis Carco
. Ils savaient mieux que personne que certains actes doivent être commis par certains êtres sans que ceux-ci puissent s'y soustraire ou tenter de s'y refuser.
Francis Carco
. Il avait conservé, de la très petite enfance, cette aberration douce, cette paisible sauvagerie qui garde l'enfant tout jeune contre la peur de la mort et du sang.
Colette
. Après tout, Van m'avait connu aboulique, et les gens qui vous connaissent bien se débrouillent toujours pour vous assujettir à vos antécédents.
Benjamin Kunkel
. Une chose que j'aime chez mon père c'est qu'il ne tient pas trop compte des règles, il dit qu'il faut toujours jouer avec et non pas selon les règles parce qu'une vie sans danger ce n'est pas une vie.
Nancy Houston
. Quand on pleure chaque raison de pleurer en entraîne une autre et on a du mal à s'arrêter...
Nancy Houston
. Ceux qui tuent sont des hommes, comme ceux qui sont tués, c'est cela qui est terrible.
Jonathan Little
. C'était cela que je ne parvenais pas à saisir: la béance, l'inadéquation absolue entre la facilité avec laquelle on peut tuer et la grande difficulté qu'il doit y avoir à mourir.
Jonathan Little
. Tel est le problème avec ceux qui ne s'expriment jamais qu'en toute franchise: ils sont persuadés que chacun agit comme eux.
Khaled Hosseini
. La vie ne vous accorde un bonheur intense que lorsqu'elle s'apprête à vous retirer quelque chose.
Khaled Hosseini
. Le drame de certaines bonnes intentions est qu'elles n'ont ni le courage de leurs engagements ni de suite dans les idées.
Yasmina Khadra
. Quelle que soit l'ampleur des dégâts, aucun cataclysme n'empêchera la Terre de tourner.
Yasmina Khadra
. Ce n'est pas la tête, mais le coeur, qui est à la base de tout! C'est là l'endroit chez où il ne poussera jamais rien d'autre.
Maxime Gorki
. Tout le monde n'a pas les yeux bouchés, il y en a qui se les ferment eux-mêmes...
Maxime Gorki
. Ça ne sert à rien de penser, d'agiter des idées. On n'agit pas selon ses idées, on agit toujours sans réfléchir, selon les impulsions du moment.
Hermann Hesse
. Seules les montagnes ne se rencontrent pas.
Hermann Hesse
C A T É N A I R E (adjectif)
. relatif à une chaîne de ganglions;
. qui se reproduit en chaîne.
C A U T E L E U X (adjectif)
. qui agit d’une manière hypocrite et habile;
hypocrite; sournois.
. Air cauteleux, manières cauteleuses : patelin, mielleux.
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jeudi 3 novembre 2011
QUATRE (4) CENT-VINGT-TROIS (23)
Une autre manière de regarder le temps passer: les oies blanches vues au printemps dernier ont dessiné tout l'avant-midi de magnifiques figures géométriques sans noms, incomplètes et mobiles. Le tout enrobé d'une multitude de sons identiques et sans écho. Je les avais remarquées, les oies blanches, à mon arrivée en campagne. Elles ne frayaient pas avec les bernaches. Les unes sur la rivière, les autres dans le grand champ. Aujourd'hui, un scénario différent. Elles s'en allaient tout simplement vers le sud. Nous sommes assurément à l'automne tout comme nous étions au printemps. Entre les deux, quelques mois dans la vie d'un crapaud qui a modifié son environnement. Et qui se prépare à un autre changement. L'hiver au Vietnam. Au chaud. On en reparlera!
quelques miettes de pain demeurées sur la table desservie
les yeux ouverts plus grands encore que ceux de l’oiseau
l’enfant à qui l’on a menti et n’en retient que la promesse
regarde, imagine que ces trésors lui appartenaient
l’enfant allonge la main sous la nappe salie
recueille dans un cérémonial ludique
les ailes raidies d’un papillon
chrysalide encore
combien de tables ornées de ces candélabres éteints
d’un bout à l’autre des grands villages devenus villes
présentaient un buffet puis un banquet puis une noce
à l’enfant jouant à saute-mouton avec l’espoir
l’enfant se perd dans un vaste champ d’avoine
il cesse de courir derrière le vent tiède
qui l’amène, témoin volage
vers d’autres conscrits
et les grands, ceux qui étaient plus grands que les petits
ceux qui savaient savoir sans que les autres ne sachent
ceux qui dans leurs mains plus fortes que les pluies d’été
ces ankylosés de certitudes acquises se moquaient
l’enfant abruptement coupé de sa fuite horizontale
cherche derrière son âme blessée
les mots qui rassurent
et trouve le néant
l’enfant ne se nourrit pas de miettes de pain
encore moins de fausses promesses puisées
à l’envers de la vérité
l’enfant ne marche pas dans les pas des grands de ceux
qui avant lui ont battu les champs d’avoine à grands coups
de silences convenus et de mensonges répétés
l’enfant à saute-mouton sur la vie cherche à fuir
noces banquets buffets villes villages maisons
pour retrouver son âme blessée aux portes du néant
F U L I G I N E U X (adjectif)
. qui rappelle la suie, qui donne de la suie, qui en a la couleur;
moirâtre.
. d’une obscurité épaisse;
- fumeux, obscur, incompréhensible.
H O U R V A R I (nom masculin)
. cri des chasseurs, sonnerie de trompe pour ramener des chiens tombés en défaut;
. ruse d’une bête traquée qui revient à son point de départ pour mettre les chiens en défaut;
. grand tumulte
- tapage, charivari, ramdam.
Au prochain saut
mercredi 26 octobre 2011
QUATRE (4) CENT-VINGT-DEUX (22)
Quelles questions cette histoire invite-t-elle à nous poser?
Il y aurait certainement d'autres interrogations d'ordre politique, religieux, historique sur lesquelles se pencher. Faire de la prospective sur la suite des choses... Envisager un scénario identique en Syrie ou au Yémen... De mon côté, ces événements qui, il y a moins d'un an, auraient sans doute été classés parmi la science-fiction, m'auront inspiré ceci:
les larmes coulaient des yeux
vagues perdues derrière un tsunami
torrentiel mouvement
les portant vers la rive
qu’elles n’ont pas eu le temps de rejoindre
le sang des larmes
s’arrachait comme des lambeaux séchés
se distribuant lui-même
torrentiel ressac
aux mains tendues, déchirées de leur peau
les larmes sur un drapeau poussiéreux
le désert les aura promptement séchées
torrentielle course
traçant en d’indélébiles lettres de feu
le mot liberté
Au prochain saut
mercredi 19 octobre 2011
QUATRE (4) CENT-VINGT-ET-UN (21)
Afin d'embaumer le début de cette bizarre de forme de fatigue automnale (ça en fait des «de» en peu de mots), donc pour embaumer cela, je vous offre ce matin une période de «chiâlage», de «rouspètage»... période digne des plus belles époques au cours desquelles le crapaud y allait avec ses 4 E: Éclectique En vrac Et Échevelé...
Vous me voyez venir...
Les INDIGNÉS... La CONSTRUCTION...
Les JUGES UNILINGUES À LA COUR SUPRÊME DU CANADA...
DEUX DÉPUTÉS FÉDÉRAUX DE PLUS POUR LE QUÉBEC...
La DÉCONFITURE D'OBAMA...
Le RETOUR À LA MAISON D'UN SOLDAT JUIF ET DE 477 PALESTINIENS...
L'AFFAIRE DSK...
Les SUITES DU PRINTEMPS ARABE... KHADAFI... La DETTE GRECQUE...
FRANÇOIS LEGAULT... Le PQ ET LE BLOC QUÉBÉCOIS...
Le GAZ DE CHISTE...
Les PONTS DE MONTRÉAL...
La JEUNE CHINOISE FRAPPÉE DANS LA RUE ET LAISSÉE POUR COMPTE...
Le RETOUR DE STAR ACADÉMIE...
Les SUDOKU DU JOURNAL LE DEVOIR DE PLUS EN PLUS DIFFICILE...
Le PIÈTRE DÉBUT DE SAISON DES CANADIENS DE MONTRÉAL...
Les RECORDS D'ANTONY CALVILLO...
Le PROJET DE LOI 204 DEVENU LOI ET L'AMITIÉ QUÉBEC/QUÉBÉCOR...
Le CANCER DE LA PROSTATE ET LA VITAMINE «E»...
La COURSE AU LEADERSHIP DU NPD...
La VICTOIRE DE FRANÇOIS HOLLANDE EN FRANCE...
La MORT DE STEVE JOBS...
et j'en oublie!
Vous voyez un peu mieux, suite à cette énumération fort peu exhaustive des événements plus ou moins récents, que notre monde vivant sur notre planète de moins en moins bleue, vous voyez à quel point tout roule de manière chaotique.
Ce que l'on entend et que je tente de décoder ressemble à une redéfinition des bases sur lesquelles tentent de se tenir en équilibre nos sociétés dites démocratiques et celles qui souhaitent cheminer vers la démocratie. Cela m'amène à plusieurs questions. Permettez-moi de vous en suggérer quelques-unes en lien direct ou pas avec les énoncés plus haut mentionnés.
La période des questions:
1) Avez-vous vérifier la signification des mots suivants: indigné; indigne; indignation ?
2) Est-ce que le retard mis par le gouvernement à établir une commission d'enquête sur la construction au Québec aura permis que l'on déconstruise tout ce qui a été commis?
3) Pourquoi deux députés fédéraux de plus au Québec? N'y en a-t-il pas déjà 75 de trop?
4) Assistons-nous présentement à l'été arabe?
5) Près de 1000 Palestiens en échange d'un seul Juif: qui aura été le plus radin dans cette affaire?
6) Seriez-vous en mesure de faire de l'ironie avec l'acronyme DSK?
7) Êtes d'accord pour dire que la Grèce est vraiment en ruines?
8) Que feriez-vous si on vous annonçait qu'une importante réserve de gaz de schiste se cachait sous votre terrain?
9) Que pensent actuellement tous ceux qui ont pris régulièrement de la vitamine E dans le but de se protéger contre le cancer?
10) Qui sera le prochain chef du NPD? (Ne cherchez plus, le crapaud répondra bientôt cette question).
11) Ne trouvez-vous pas cocasse que Hollande puisse devenir président de la France?
12) Seriez-vous d'accord pour que l'on arrête George W. Bush lors de sa prochaine venue au Canada, qu'il soit traduit devant la Cour Internationale de Justice afin de répondre à des accusations de crimes contre l'Humanité?
13) Avez-vous déjà été sollicité pour répondre officiellement à un sondage?
14) Connaissez-vous le test des trois passoires?
Voilà. Je me demande si vraiment j'ai chiâlé ou rouspété...
Ça fait tout de même un bien énorme! Essayez et vous verrez.
Au prochain saut
mardi 11 octobre 2011
QUATRE (4) CENT-VINGT (20)
J'imagine Maryse et Gérard, dans leur coin de paradis à Weedon...
Jean-Luc et Lucie, à bord de leur bateau sur le lac Champlain...
Madeleine, sur la galerie de Gentilly...
J'essaie d'imaginer ceux et celles qui au matin, loin des bruits urbains, voient le soleil se lever dans le silence du vent, se rappelant combien est merveilleux l'arrivée du jour.
C'est beaucoup dans cet esprit qu'est né ce poème que je vous offre en le dédiant à la campagne.
le violoncelle de l’aurore joue un prélude de Bach
les oiseaux dansent
barbouillant les nuages d’icônes multicolores
un peu en retard, une voix enrouée l’accompagne
la rosée chante
sur laquelle s’octavient huit gouttes de nuit
à l’est du soleil, aux branches endormies
le vent s’entortille
et les notes blanches du matin doucement s’harmonisent
le violoncelle de l’aurore joue un prélude de Bach
les hommes marchent
redressant à peine leur tête engourdie
entre sol et si, un cri désespérant
reste là, immobile dans l’herbe dorée,
à demi enfoui sous les feuilles d’un capharnaüm
la sonate en fleur majeure improvise
un air de jazz délicatement orchestré
par les musiciens de l’orphéon disparu
le violoncelle de l’aurore joue un prélude de Bach
alors que le ciel bleu harnache le brouillard
qui enrobe le clocher de l’église
de fines pellicules de pluie pianotent finement
sur la brise matinale
puis s’évaporent tels de légers coups de cymbale
au coin de la rue longue comme un air d’opéra
une triste chanson triste
s’inscrit dans le livret du jour
Au prochain saut
mercredi 5 octobre 2011
QUATRE (4) CENT-DIX-NEUF (19)
Aujourd'hui, je vous offre deux citations d'auteurs choisis au hasard dans un cahier qui tout doucement s'épure. Pour démontrer que le hasard peut bien faire les choses.
. L'océan - ce n'est pas moi qui l'observe de ma fenêtre, c'est plutôt lui qui me regarde de ses mille yeux d'écume - conserve encore dans sa houle la terrible ténacité de la tempête.
Pablo Neruda
. Le poète n'a rien à craindre du peuple. La vie, me semble-t-il, me faisait une remarque et me donnait à jamais une leçon: la leçon de l'honneur caché, de la fraternité que nous ne connaissons pas, de la beauté qui fleurit dans l'obscurité.
Pablo Neruda
. Il se trouve dans la vie que parfois deux individus, peu faits pour se comprendre, se sentent malignement attirés l'un vers l'autre par un irrésistible courant de sympathie.
Francis Carco
. Comme toujours. Chacun a ses idées. On voit les choses d'après soi-même.
Francis Carco
. Il y a des âmes capables de cacher longtemps leur blessure, et leur tremblante complaisance pour l'idée du péché.
Colette
. Elle contemplait le coupable, par-dessous l'abîme qui sépare une grande personne de l'enfant.
Colette
. L'apprentissage de la condition minoritaire, reçu presque d'entrée, m'aura fait pressentir, au fur et à mesure que je grandissais, qu'un destin original peut véritablement s'accomplir face aux grandes mystiques collectives que chacun de nous est toujours, plus ou moins tenté de rejoindre.
Dr Olievenstein
. ... les prises de conscience cheminent lentement...
Dr Olievenstein
. La prière, c'est un peu comme une conversation privée entre soi et Dieu sauf qu'on entend pas les réponses, il faut juste y croire.
Nancy Houston
. ... les gens intelligents ont besoin de connaître la stupidité du monde...
Nancy Huston
. ... il avait toujours l'air de savoir ce qu'il faisait, même quand il ne faisait rien.
Jonathan Little
. ... les hommes grossiers et ignorants se punissent eux-mêmes.
Jonathan Little
. Je remplirais ma chair d'âme. Je réconcilierais en moi, enfin, ces deux ennemies séculaires.
Nikos Kazantzaki
. ... l'éternité est chacune des minutes qui passent.
Nikos Kazantzaki
. Oui, en vérité, il était bien difficile d'apprécier la valeur d'un acte, autant que celle d'une intention.
Roger Peyrefitte
. Chaque être avait un double qui ne lui ressemblait pas, chaque chose impliquait une contradiction ou cachait un mystère.
Roger Peyrefitte
. Seul l'amour rend immortelles les choses périssables.
Han Suyin
. ... l'humanité semble progresser non pas par la tolérance mais par le fanatisme.
Han Suyin
. La justice ne veut rien de toi. Elle te prend quand tu viens et te laisse quand tu t'en vas.
Kafka
. ... la raison d'un succès ou d'un échec prête toujours à mille interprétations...
Kafka
. Les mères, on ne les plaint pas.
Maxime Gorki
. Il y a des affections qui empêchent un homme de vivre...
Maxime Gorki
. Quand la vérité n'est absolument que la vérité, elle est quelque chose d'antinaturel, c'est une abstraction qui ne ressemble à rien du monde réel.
Aldous Huxley
. Les pensées et les sentiments sont nombreux et divers, mais il n'y a qu'un petit nombre de gestes, et le masque n'a qu'une demi-douzaine de grimaces pour exprimer mille choses.
Aldous Huxley
. Voici que la nuit tombe sur la ville, et que la ville tombe dans l'engourdissement de la peur.
Atiq Rahini
. Ton souffle est suspendu au récit de mes secrets.
Atiq Rahini
. Ma liberté neuve m'emprisonne et me paralyse.
Albertine Sarrazin
. Et tout ce que je sais des hommes, je l'emploierai contre eux.
Au prochain saut
jeudi 29 septembre 2011
QUATRE (4) CENT-DIX-HUIT (18)
Et bien voilà, les parents se sont rejoints en terre maskoutaine le samedi 24 septembre 2011.
Gérard nous avait quittés en juillet 1995 ( un 8) et Fleurette (un 8 également) en août 2009.
Entourés des six enfants, conjoint/conjointes, ex-conjointe, petits-enfants et arrière-petits-enfants, de même que ceux qui y étaient en pensée, les cendres des parents, une fois qu'elles eurent circulé entre les bras de tous et chacun pour un dernier adieu intime, reposent réunies à jamais.
Deux musiques, proches et lointaines, l’une dans la cuisine, boulevard Laurier, où l’odeur de renversé à l’ananas se repend, l’autre dans le bureau vert… deux musiques se rejoignent comme des signatures de parents.
GÉRARD, nous disions, en juillet 1995, que tu étais homme de deux familles; blanche et bleue. Nous l’avons dit, l’avons écrit de la main gauche.
FLEURETTE, nous avons dit, en août 2009, que tu étais notre petite fleur accrochée à la boutonnière.
Aujourd’hui, un symbolique 24, celui de septembre 2011, nous t’accompagnons GÉRARD, ici, loin des chênes d’Arthabaska et toi, FLEURETTE, loin de tes si nombreux voyages; nous vous accompagnons en terre connue, celle qui vous permettra d’être définitivement réunis.
Les cendres que nous laissons descendre dans cette terre connue, ces cendres resteront chaudes et allumées pour les six orphelins que nous sommes devenus : six points scintillants qui ceinturent aujourd’hui cette terre connue. Elles permettent maintenant de nous souvenir des images de ce qui, pendant si longtemps, de manière à la fois différente et constamment renouvelée au rythme des époques de notre vie blanche Maintenant, ici, dans cette terre connue, bleue, blanche et fleurie, cette terre ne vous emporte pas, elle vous portera.
On n’aime jamais partir seul. Vous nous avez quittés l’un après l’autre et l’un et l’autre nous avez quittés de manière si noble que vous réunir aujourd’hui, ici, dans cette terre connue revêt un sens profond : celui d’une famille unique et d’une communauté élargie.
Vous avez été deux personnes de famille. Des créateurs de familles. De ceux qui ont fait autrement les choses et nous incitèrent à en faire autant.
Vous avez donné à la famille une dimension nouvelle, au-delà d’une prise de racines, un élan vers la continuité. Comment ne pas le redire encore une fois aujourd’hui, ici, ceinturant cette terre connue.
Vous avez été deux personnes de communauté. Des inventeurs modernes. De ceux qui crurent et partagèrent cette croyance autour d’eux - les six nous d’abord - puis tant et tant d’autres qui se rappelleront de vous comme des précurseurs.
Nous laissons à cette terre connue, un père, une mère, GÉRARD et FLEURETTE, TURCOTTE et BERGERON à jamais réunis, pour toujours aimés.
Vos orphelins proches vous remettent un scintillant bouquet d’adieux blancs et bleus.
Vos orphelins éloignés sauront venir sur cette terre connue et l’arroser.
Et la merveilleuse magie de la vie, sous cette dalle de pierre, en terre connue… se perpétuera.
Les photos de ce saut ont été prises par Roger Mongeau, Claire, Louise et Sylvie.










