lundi 7 septembre 2026

Entre nostalgie et fantaisie ... (56)



Ce qui apparaît dans ces deux poèmes remontant à 2018, en plus de l'aspect marin du premier et, pour le deuxième, son côté musical, c'est leur rencontre de début et de fin d'année. Mer et cendres. 

La vague mourante aux pieds d'un marcheur qui, probablement, sifflotait Berlioz et Borodin. Cet amalgame souvent répété, celui de la musique et de ses effets autant sur les choses que chez les individus, se retrouve dans le code lexical du CRAPAUD de manière récurrente. Puis, une fois utilisé, il retourne dans sa boite de mots en attente d'un autre concert séraphique. Ces deux extraits en sont la démonstration quasi scientifique. 

Une vague mourante devenue cendres s'imprégnant sous les pieds du marcheur...



                                LA VAGUE MOURANTE
 
une vague mourante
encoquille les grains de sable
ceux que la plage empreint sous les pieds du marcheur
aux jambes mouillées
au cœur léger
insoucieux



                    ( la mer a remis sa redingote verte )

il démesure la distance entre l’univers
et l’envers des distances
avec, pour seul outil, ses pieds
patients comme Ulysse
tendus comme Achille


                    ( la mer et sa redingote turquoise )

pourlèche sournoisement
du marcheur les illusions
rêves  songes et deuils
agglutinés à bout de pied
comme des coquillages étourdis

                    ( et l’émeraude de la mer )

une vague mourante devient bave de crapaud…

 

23 janvier 2008

 

 

 

LES CENDRES

 

cendres à la mer jetées
par elle avalées
celles qui avaient broyé
ta souffrance esseulée

        les crabes boitent sur une musique de Bach

cendres enfermées au sablier
tapissent le grand hunier
à l’horizon près du voilier
courant pour s’évader

        les oiseaux de mer planent sur un quatuor de Bartok

cendres aux poussières emmêlées
au fond de l’océan s’en sont allées
aux coraux, enroulées
comme un serpent d’océan égaré

        les grands poissons jazzent sur un air de Berlioz

cendres asséchées
se balançant au cœur des marées
le ressac les a bousculées
puis sur la grève jetées

   les coquillages vides transportent des échos de Borodin

cendres piétinées
par un marcheurs égaré
jamais ne se sont arrêtés
au matin ensoleillé

les vagues blanches léchouillent une symphonie de Brahms

les cendres jetées
éternellement enterrées
ainsi que de Bruckner, l’inachevée,
sur une île désertée…

 

24 octobre 2008



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