une vague mourante
encoquille les grains de sable
ceux que la plage empreint sous les pieds du marcheur
aux jambes mouillées
au cœur léger
insoucieux
( la mer a remis sa redingote verte )
il démesure la distance entre l’univers
et l’envers des distances
avec, pour seul outil, ses pieds
patients comme Ulysse
tendus comme Achille
( la mer et sa redingote turquoise )
pourlèche sournoisement
du marcheur les illusions
rêves songes et deuils
agglutinés à bout de pied
comme des coquillages étourdis
( et l’émeraude de la mer )
une vague mourante devient bave de crapaud…
23 janvier 2008
LES CENDRES
cendres à la mer jetées
par elle avalées
celles qui avaient broyé
ta souffrance esseulée
les crabes boitent sur une musique de Bach
cendres enfermées au sablier
tapissent le grand hunier
à l’horizon près du voilier
courant pour s’évader
les oiseaux de mer planent sur un quatuor de Bartok
cendres aux poussières emmêlées
au fond de l’océan s’en sont allées
aux coraux, enroulées
comme un serpent d’océan égaré
les grands poissons jazzent sur un air de Berlioz
cendres asséchées
se balançant au cœur des marées
le ressac les a bousculées
puis sur la grève jetées
les coquillages vides transportent des échos de Borodin
cendres piétinées
par un marcheurs égaré
jamais ne se sont arrêtés
au matin ensoleillé
les vagues blanches léchouillent une symphonie de Brahms
les cendres jetées
éternellement enterrées
ainsi que de Bruckner, l’inachevée,
sur une île désertée…
24 octobre 2008
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