jeudi 12 février 2015

Poème



Le crapaud a toujours été sensible aux images qui l'assaillent, le surprennent, le captivent. Elles se logent dans un recoin de son cerveau là où la mémoire les emmagasine, parfois à l'insu du principal intéressé, y mûrissent, pour s'entrechoquer parfois avec une intruse. Cette dernière a souvent rien à voir avec les autres, ce qui en fait le charme.

Une image se pointe sous différentes apparences: des couleurs, des odeurs, des mots, des sons. Parfois, au cours d'une lecture, une expression ou une description me ramène à d'anciens souvenirs qui fracassent, font voler en éclats ce que l'auteur voulait insinuer. Alors tout cela se mêle, forme comme une fricassée dont je n'ai aucune idée s'il faut lui ajouter des épices ou tout autre condiment.

Et ça doit mûrir. Mûrir encore et longtemps. J'ai souvenance d'un poème qui mijota plusieurs mois. Les habitués du CRAPAUD se rappelleront Boris, à titre d'exemple, qui lui fermenta - si l'expression peut s'appliquer - jusqu'à ce voyage à Paris, visitant la ville de George Sand (Nohant-Vic), j'appris que son fils Maurice s'était vivement intéressé au monde magique des marionnettes. C'est à partir de ce moment que Boris devint intelligible pour moi.

Ce n'est pas toujours ainsi que cela se produit. Pas du tout. L'exemple d'aujourd'hui, le poème au café l'illustrera parfaitement.

Je suis installé dans un café du District 1 (Highlands Café) entreprenant la lecture de LES LETTRES DE CAPRI de Mario Soldati. Je ne vais pas souvent à cet endroit, seulement lorsque je dois rencontrer des amis vietnamiens qui travaillent dans les tours à bureau encerclant le café situé tout juste derrière la maison de l'Opéra de Saïgon.

Je lis, nullement concerné par ce qui grouille autour de moi. Le lunch s'achève, l'endroit se vide. Ne reste qu'une femme. D'où je suis, elle m'apparaît vietnamienne sans que j'en sois certain; asiatique, c'est sûr. Un stylo à la main, elle le fait pivoter sur la table; le menu y est demeuré. Devant elle une tasse de café latte refroidi; elle scrute la rue ou le stationnement rempli de motos (plusieurs cafés offrent un service de parking pour les travailleurs du coin).

Je cesse de lire. Bien des gens me disent: ''Lorsque, en public, tu regardes quelqu'un, tu ne te lasses pas avant d'avoir découvert ce que cette personne peut représenter.''  Il y a du vrai dans cela. D'ailleurs, le texte que je suis à préparer pour un prochain billet et qui s'intitulera Elle est en route mettra en valeur ce point de vue.

Je surveille. Emmagasine.
Voici ce qui en reste: 




au café


assise au fond du café
sous l’éventail qui tournoie
elle attend

le flot des paroles
fait tohu-bohu
autour d’elle

la fumée des Marlboro
emplit l’espace
                                              de légères arabesques

elle songe à écrire
le menu cartonné
l’y invite

elle griffonne
tu ne peux partir
tu es déjà en allé

de la page des apéritifs
elle fit
une boule de papier

dans la rue
les gens passent leur chemin



À la prochaine


mercredi 11 février 2015

Les chroniques de Saïgon (3)


2015, année de la CHÈVRE

Le Vietnam au rythme des fêtes


Le calendrier vietnamien est marqué à la fois par des fêtes traditionnelles (souvent bouddhistes) et par des fêtes civiles. Il existe 9 jours fériés au Vietnam et pour la majorité des Vietnamiens, ce sont leurs seuls jours de congés. Ces jours fériés soulignent certaines fêtes religieuses ou civiles et marquent ainsi l’identité nationale du pays. Par ailleurs, d’autres fêtes, moins reconnues officiellement, sont devenues très populaires. C’est le cas par exemple de Noël qui n’est pas férié au Vietnam mais qui remporte un vif succès auprès des populations urbaines, en termes de décorations au moins.

Pour un observateur extérieur, on ne peut que souligner l’importance accordée à ces fêtes, tant au niveau esthétique que gastronomique et créatif. Et s’émerveiller de voir toutes ces fleurs et spectacles qui forment l’identité culturelle du pays et le charme du Vietnam.

Voici la liste des principales fêtes soulignées au Vietnam :

.        1er janvier :  Nouvel An
.        Février, le jour de la pleine lune :Fête du Têt Nguyen Dan (Nouvel An                                                                 lunaire)
.        30 avril :     Libération du Vietnam (1975)
.        1er mai :      Fête du travail
.        à la pleine lune du 4e mois lunaire : Anniversaire de la naissance de                                                                        Bouddha
.        Le 15e jour du 7e mois lunaire : Fête des âmes errantes
.        Le 2 septembre : Fête nationale, fondation de la République en 1945
.        Le 15e jour du 8e mois lunaire : Têt Trung Thu (mi automne, fête des                                                                enfants).



Le calendrier lunaire

Adapté du calendrier chinois, le calendrier vietnamien commence en l’an 2637 avant J-C.  Ce qui le différencie aujourd’hui du chinois c’est surtout le début de la phase de la lune. Du fait du décalage horaire entre Hanoï et Pékin, les mois lunaires – et donc les dates des grandes fêtes – peuvent être ainsi décalés d’un jour. Par ailleurs,  quelques différences sur les éléments symboliques et leur interprétation existent aussi.

Aujourd’hui, la vie au Vietnam se déroule toujours au rythme du calendrier lunaire qui est l’appellation usuelle de ‘’calendrier luni-solaire’’. Le calendrier grégorien ne sert que pour les dates officielles. Le calendrier vietnamien, lui,
prévaut encore partout et dans tous les domaines (Têt, fiançailles, mariage, anniversaire de mort, …).

Prenant à la fois en compte les mouvements de rotation de la terre autour du soleil et les cycles des phases lunaires, c’est un calendrier luni-solaire. (Le seul calendrier purement lunaire qui soit réellement utilisé à grande échelle est le calendrier musulman). Le jour et l’année sont basés sur la course du soleil, alors que le mois est calculé en fonction de la lune. Chaque mois (lunaison) commence le jour de la pleine lune. Sa durée varie entre 29 et 30 jours et se différencie d’un mois à l’autre. Or l’année solaire a 365 jours, tandis que l’année lunaire environ 354. Pour rattraper les 11 jours qui manquent, un mois dit ‘’intercalaire’’ est ajouté au calendrier tous les 3 ans. L’année à 13 mois lunaires comptera environ 384 jours.

Les mois du calendrier vietnamien n’ont pas de nom particulier, juste leur rang dans l’année. Par ailleurs, la semaine dans le calendrier vietnamien commence aussi par le dimanche et se termine par le samedi, et chaque jour compte 24 heures.

Le cycle du temps dans le calendrier vietnamien


Chez les Vietnamiens, le temps est divisé en cycles de 60 ans. Depuis la création du calendrier, on est actuellement au 78e cycle. Chaque cycle est lui-même subdivisé en deux autres types de cycles : le premier, plus grand, compte 12 années appelées ‘’12 rameaux terrestres’’, chacun représenté par un animal. L’autre cycle compte 10 années, les ‘’troncs célestes’’ qui sont à la fois associés au cycle yîn – négatif – et yang – positif – (âm et et du’ong en vietnamien) et à la théorie des 5 éléments ou plus justement des 5 agents : le bois, le feu, la terre, le métal et l’eau.

À chaque nouvelle année correspond un animal symbolique (troc terrestre) auquel est associé un de ces 5 éléments. Ils imprégneront de manière significative la personnalité, la psychologie et la destinée des enfants qui naîtront au cours de cette année-là.

La tradition fixe la première année du RAT à 2697 ou 2698 avant notre ère, respectivement années de naissance et de procréation de l’Empereur Jaune, souverain mythique considéré comme le père de la civilisation chinoise et l’inventeur du cycle sexagésimal.

DONC :

. Un mois lunaire (lunaison) compte environ 29,5 jours.
. La nouvelle lune est le premier jour du mois.
. La pleine lune représente le milieu du mois.
. Le jour de Nouvel An a lieu le jour de la seconde nouvelle lune après le      solstice d’hiver.

Les animaux du zodiaque


         Le premier Bouddha invita tous les animaux au réveillon du Nouvel An. Mais douze (12) animaux seulement se rendirent à ce rendez-vous : le RAT chaleureux, le BŒUF déterminé, le TIGRE courageux, le LIÈVRE (chat au Vietnam) casanier, le DRAGON charismatique, le SERPENT frivole, le CHEVAL libre, la CHÈVRE (bouc ou mouton) dépensière, le SINGE acrobate, le COQ franc, le CHIEN justicier et enfin le COCHON généreux.

Bouddha leur dit :’’Pour vous remercier de votre présence, je décide d’attribuer à chacun une année et de renouveler chaque cycle tous les 12 ans. Chacun d’entre vous recevra des bénéfices lors de l’année qui lui est consacrée et lors des années consacrées aux animaux compatibles.’’ Ainsi, chacun des animaux a su quels autres animaux lui étaient compatibles, et qu’elles étaient leurs années favorables et défavorables et purent ainsi vivre une vie sereine.

Chaque année porte alors le nom et les traits de caractère d’un animal qui influent sur tous les événements qui s’y déroulent. Les Vietnamiens croient que les années où le signe correspond à leur année de naissance sont des années défavorables. Il ne faut donc se lancer des grands projets personnels, ou des voyages pendant ces périodes.

La légende chinoise ajoute également que le RAT mentait au CHAT en lui disant que le rassemblement serait plus tard. Le RAT monta ensuite sur le BŒUF pendant tout le trajet et souhaita la bonne année le premier à Bouddha, au moment où le BŒUF allait le dire. Le CHAT partit trop tard et arriva en treizième position. Et c’est ainsi que depuis le CHAT et le RAT sont devenus des ennemis naturels. Cependant, ceci n’est pas valable au Vietnam où le CHAT remplace le LIÈVRE chinois. (Les animaux peuvent varier car cette légende étant connue dans presque toute l’Asie, chaque pays l’adapte à sa faune).

2015 : l’année de la CHÈVRE


         La CHÈVRE est certainement le signe le plus féminin de l’astrologie vietnamienne. Sa douceur fait de la CHÈVRE un personnage très apprécié des autres.

Pacifiste, elle s’impose toujours délicatement pour éviter les conflits, et s’assurer du bien-être des gens. Même si ces derniers lui sont totalement inconnus, la CHÈVRE aime apporter le bonheur aux plus démunis, quitte à se priver elle-même.

En affaires, les personnes nées sous l’année de la CHÈVRE n’ont pas une âme de dirigeant, et n’apprécient pas non plus d’être contrôlées par une main maîtresse. Le pouvoir appartient à tous, et le référendum est un allié de force.


En amour, la CHÈVRE est un compagnon tendre, plein d’affection, qui n’hésitera pas à faire d’énormes sacrifices pour sa famille.

lundi 2 février 2015

Dernières photos de la Birmanie et citations de Aung San Suu Kyi

Est-ce à l'idée de quitter la Birmanie que le crapaud semble réfléchir ou encore se remémore-t-il tous ces moments émotifs vécus en si peu de temps?
À la recherche d'informations
Autobus birman bondé et un peu vieilli.
Autre moyen de transport


Birman et sa palanche
Horse car parqué au marché du Vieux Bagan


Avion confectionné à même un paquet de cigarettes Red Ruby


 Face au dernier temple visité à Bagan
Restaurant végétarien















Les petites pommes


Rue de Rangoun
Chaton de l'hôtel AKT de Rangoun

AKT, l'hôtel à Rangoun


À l'aéroport de Rangoun




Je terminerai ce court séjour en Birmanie par quelques citations de Aung San Suu qui nous permettent de mieux saisir l'étendue de la pensée de cette femme admirable.


. C'est bien d'avoir du soutien. C'est bien d'avoir des gens qui ont pour vous de la sympathie et vous comprennent. Mais au bout du compte ce sont vos deux jambes à vous qui doivent vous faire avancer.

. Nous avons remarqué au cours de cette tournée [dans les différents Etats de la Birmanie] que partout où la population osait agir politiquement, elle jouissait de plus de droits. Tandis que là où sévissait la peur, sévissait aussi l'oppression. C'est pourquoi, si nous voulons la démocratie, nous devons faire preuve de courage; et j'appelle courage le fait de faire ce que l'on pense juste, même si l'on a peur. La peur est inévitable. Nous devons seulement apprendre à la maîtriser. En Birmanie, nous avons tendance à user de la menace pour élever nos enfants. J'aimerais, de tout mon coeur, vous demander de ne pas le faire. Dans notre pays, pour apprendre à nos enfants ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire, nous préférons les menaces aux explications qui leur permettraient pourtant de comprendre par eux-même. Ce type d'éducation à base d'intimidation prévaut au point que nos dirigeants ne cherchent même pas à s'expliquer ce qu'ils font, et se contentent de recourir à la menace pour maintenir le peuple sous leur domination. Ce comportement fait partie de notre culture, et il nous faut le changer. Enseignons à nos enfants en leur expliquant les choses. C'est de notre responsabilité. Nous avons le devoir de leur apprendre le sens de la justice et de la compassion.

.  Les Kachins ont également institué trois types de gouvernement traditionnel. Le "gumalo-gumsa", plus fréquent au nord, est un système démocratique où chaque communauté se soumet aux décisions de la majorité.

Dans le système gumsa, le plus répandu parmi les groupes de langue jingpaw, l'autorité est détenue par les duwas, héritiers des terres. Il y a deux catégories de duwas: ceux qui ont droit à une patte de chaque animal tué par leurs sujets et ceux qui n'y ont pas droit. Les duwas les plus estimés sont ceux de la lignée des fils cadets, qui sont les héritiers chez les Kachins contrairement aux aînés.
Le troisième mode traditionnel d'administration locale des Kachins est le gumlao. Ce système qu'on peut qualifier de révolutionnaire est pratiqué dans la région de la vallée Hukawng par une population qui s'est révoltée contre l'autorité des duwas et a institué un gouvernement consultatif fondé sur le vote populaire. Cette révolution, qui date de trois ou quatre siècles, s'est imposée plus tard ailleurs. Sous la férule britannique, plusieurs communautés adeptes du gumlao sont revenues au système gumsa des héritiers duwas.


 . A notre époque même une seule voix peut être entendue partout dans le monde.

 . Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime…Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. Un peuple assujetti à une loi de fer et conditionné par la crainte a bien du mal à se libérer des souillures débilitantes de la peur. Mais aucune machinerie d’État, fût-elle la plus écrasante, ne peut empêcher le courage de resurgir encore et toujours, car la peur n'est pas l'état naturel de l'homme civilisé.

. To be forgotten, is to die a little.

. À quel point est-ce que j’essaie ? À quel point est-ce que j’avance ?  À quel point est-ce que je me bats ?

. La liberté de penser, c'est d'abord la liberté de poser des questions, or pendant longtemps, le peuple birman a été privé de ce droit. Beaucoup de jeunes ne savent même plus comment poser des questions. Il faudra consacrer encore beaucoup d'effort pour que notre loi fondamentale permette une véritable liberté de conscience.

. Mais je vous en prie, refusez la violence. L'oeuvre la plus honorable, la plus digne d'admiration qu'un peuple ou une nation puisse accomplir, c'est de réaliser ses aspirations en agissant dans la discipline et la non-violence.




À la prochaine, et comme le dit si bien le titre du blogue de Marie-Claude et Yvan, ON Y REVIENDRA.
















dimanche 1 février 2015

De la Birmanie voici, en vrac, quelques photos.



À la birmane: cigarette Red Ruby et bière Myanmar...


                                                                                                                 
... ce qui décourage beaucoup mon collègue de voyage.





Voici toute une collection de photos prises autant à Rangoun qu'à Bagan (Birmanie).

Si une photo vaut mille mots, je vous dis pas la longueur de ce billet...

Drapeau biman derrière une clôture de fils barbelés. M'y approchant, j'ai eu droit à un concert de jappements de chiens puis à une attaque en règle. J'ai dû rapidement traverser la rue et souhaiter que la meute soit ralentie par les voitures qui tardaient à se présenter. Je n'y ai pas nécessairement vu une forme de représailles envers celui qui venait de s'approcher d'une base militaire mais le fait que les chiens birmans n'apprécient pas les étrangers.



Thanakah à Rangoun, à l'époque où ne savions rien de cette coutume.

Premier repas à Rangoun



Faculté de médecine



 Maintenant, photos de temple principalement autour de Shwedagon.










Je sais que ça ne va pas comme un gant... mais c'est une jupe. J'ai dû obligatoirement la revêtir pour entrer.












 Voici l'entrée de la maison de Aung San Suu Kyi au 54 University Avenue à Rangoun. Les grilles ont été changées et les anciennes sont actuellement mise en à l'enchère afin de payer des réparations au local de la NLD.






Édifices tout près du Royal Rose, le restaurant où s'est tenu la réunion de la NLD le 4 janvier 2015 lors de la Journée d'Indépendance de la Birmanie.







La marque de cette voiture: Tata
Le modèle de cette voiture:  Nono




Étang situé à côté du terminus de Rangoun... 



... et ses oies

Il y a un serpent se dorant au soleil dans une rue de Bagan


Quelques photos de Bagan




Le coucher de soleil et puis après... on se retrouve perdus!

Photos prises au marché du Vieux Bagan
Tabac

Poisson séché

Nattes de bambou

Vue du marché

Briquet collectif

Superbe maison à l'abandon

Le puits


WC

WC
Ruelle de Bagan

Bureau de la sécurité des sites archéologiques de Bagan

Au coeur du Vieux Bagan
 Dernier temple que l'on a visité à Bagan








Escalier pour accéder au premier palier du temple

Site archéologique de Bagan

Navette nous ayant conduits de l'hôtel au terminus en compagnie d'une dizaine d'autres personnes et les bagages.


Le bus de nuit voyageant de Bagan à Rangoun.




À suivre

SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3) - 26 -

Monsieur Saint-Pierre s’interrogeait : s'arrêter au presbytère ou rejoindre son ami Cloutier. L'employé de la ville, en service comm...