mercredi 15 janvier 2025
Si Nathan avait su... (17) Revu et corrigé
vendredi 10 janvier 2025
On entre dans l'année 2025 à cloche-pied.
Avez-vous souvenance qu’une nouvelle année s’annonça de manière positive, sous de bonnes augures ? Personnellement j’ai beau chercher mais la mémoire ne me renvoit rien.
Parmi les synonymes du mot «augure», on retrouve ceci : aruspice/haruspice.
Voici le sens que LE ROBERT nous en donne : « Dans l’Antiquité romaine, un devin qui examinait les entrailles des victimes (animales pour la plupart) pour en tirer des présages. »
Ne croyant pas plus qu’il ne le faut aux présages qu’ils proviennent d’entrailles animales, de soldats ennemis morts au combat et gisant sur un champ de bataille, de la courbure du vol des oiseaux, je préfère me tourner vers mon vieux cahier de lectures pour nourrir mon imaginaire de mots réconfortants.
Je vous les offre bien humblement.
*****
. Quand la passion vous rend esclave, elle devient dangereuse.
Alain Claude SULZER
. Les passions les plus dévorantes savent parfois se cacher comme les bêtes sauvages.
. On a beau savoir que, sous toute passion, il y a toujours la permanence d’un danger, lorsque ce danger survient et qu’il efface ainsi cette passion, on a beau savoir, la piqûre peut être mortelle. Mais puisqu’il ne s’est agi que d’une passion – et pas d’un amour -, on peut en guérir aussi rapidement qu’on a été atteint, à condition que la colère et la lucidité que provoque l’offense prennent le dessus sur le sentimentalisme et sur la nostalgie d’un bonheur déjà obsolète.
. Les jeux qui s’énoncent en une seule phrase sont les plus redoutables.
Tonino BENACQUISTA
. … il ne faut jamais sous-estimer les gens, il n’existe que peu de choses qu’ils soient incapables de détruire.
. Il faut, répondait-il aux insultes, laisser les autres avoir raison, puisque cela les console de n’avoir pas autre chose.
André GIDE
. Les êtres emplis d’une si haute idée d’eux-mêmes n’ont jamais envisagé de chuter un jour. Quand cela se produit, ces êtres se vident, effarés, impréparés, leur substance s’évapore dans la stupeur de l’échec. Pas de milieu, pas de nuances, pas d’anticipation. Ainsi sont-ils.
Fred VARGAS
. Il croyait qu’il avait ressuscité, une résurrection à l’envers, vers le passé.
Boa NINH
. Elles sont étranges les marques d’affection chez ces amis qui rêvent de vous passer les menottes...
Sylvain TESSON
. Un homme sage s’estime responsable de ses actes et de leurs conséquences : un homme dénué de sagesse ne se sent responsable que de ses intentions.
Amin MALOUF
Bonne année 2025 envers et contre...
mardi 7 janvier 2025
Un peu de politique à saveur batracienne... (20)
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| Le numéro de janvier de CHARLIE HEBDO. |
dimanche 5 janvier 2025
Si Nathan avait su... (16) Revu et corrigé
- Cette femme est d’une clairvoyance tout à fait surprenante. Ce qu’elle a dit au sujet de Benjamin et auparavant sur son frère qui naîtra à la date indiquée par Angelle, mi-avril, même période à laquelle la femme de Don doit également accoucher, tout ce qu’elle a dit correspond. Bélier-Dragon, sur un chemin de vie 7, voilà tout ce que je savais avant de recevoir les paroles de la mère de Don. Ce deuxième ne ressemblera pas à son frère aîné, a-t-elle dit, il sera toujours hanté par le dilemme entre le bien et le mal. Difficile de suivre sa propre voie, celle de la liberté ; malgré sa clairvoyance, sa confiance en lui souvent mise à l’épreuve, il nous sera difficile de saisir son type d’intelligence. Davantage chariot que bolide, il transportera les problèmes des autres sans pour autant être en mesure de bien les définir et à la limite s’en désintéressera totalement. Tout comme son frère, il sera un solitaire. Elle a même ajouté un solitaire chronique.
- Particulier quand même que Benjamin et Chelle soient du même âge tout comme le seront les deux qui s’en viennent, dit Daniel.
- Une deuxième fille pour l’épouse de Don, ce qui a semblé tracasser l’ancêtre sans pour autant en dire plus. Sa bru devra maintenant adopter un prénom comme le veut la tradition des Ojis-Cris. Elle m’a demandé de lui en suggérer quelques-uns pour ne pas se voir obligée de prendre celui de l’ancêtre, car… Un silence s’est installé entre nous à l’intérieur de cette maison qui dégage tellement de bonnes odeurs sans que je réussisse à toutes les nommer. Des odeurs d’herbes fraîchement coupées. Dans la cave aux murs de pierres et au plancher de terre dont il m’est difficile de dire la couleur, nous y sommes descendus afin d’être plus à l’aise pour jaser et ne pas réveiller l’ancêtre ; l’humidité ambiante dégage là aussi des senteurs multiples. Ça chasse les mauvais esprits, m’a-t-elle dit avec dans les yeux comme un doute assez flagrant.
La journée aura été longue pour Benjamin qui quitte rarement la maison du bout du rang. Walden avait couru derrière la camionnette lorsqu’ils partirent, maintenant il ne cesse de manifester sa joie de les voir revenus.
La fin du mois d’août s’installe, le début des classes approche à grands pas. Un document pendu à la boîte postale en précisait les modalités dont une principalement, à savoir qu’un bus se présentera chaque matin aux alentours de 7 heures 30 afin de prendre Benjamin pour le reconduire à l’école du village des Saints-Innocents. Lorsque le service de transport scolaire sera interrompu, les responsables de l'école avertiront les parents à l'avance. Il sera inscrit dans la seule classe dite «maternelle» gérée par une éducatrice nouvellement engagée, une demoiselle Abigaelle - c’est ainsi qu’on pouvait le lire sur la feuille sans qu’il n’y soit précisé s’il s’agissait d’un prénom ou d’un nom de famille. La feuille contenait également la liste des fournitures scolaires qu’il devait se procurer avant la rentrée prévue pour le vendredi 29 août. Finalement, la liste des activités à l'horaire de la première journée ainsi qu’une invitation à tous les parents d’accompagner leur enfant.
Ni la fillette ni le gamin n'ont manifesté un enthousiasme exagéré à l’idée de quitter leur environnement du bout du rang pour se retrouver en territoire inconnu que, sans le dire à haute voix, leurs parents imaginaient hostile.
- Je serai dans le bus quand il ramassera Chelle ? demande un Benjamin légèrement soucieux.
- Sans être absolument certain, si je tiens compte de l’heure qu'on t'a donnée, du trajet à effectuer, ça serait logique qu’on vienne d’abord ici pour ensuite se rendre chez nos amis ojis-cris, répondit Daniel.
- Ça serait idéal, Chelle craint de se retrouver seule dans le bus.
- Tu seras son protecteur, avança Daniel qui ne décelait aucune inquiétude dans les yeux de son fils qui déguerpissait avec Walden, ses livres bien tassés sur lui.
Le jour s’achève, le soleil ayant pris l’habitude de se coucher plus tôt. Les parents entreprirent d’accélérer la transition de la nuit vers le jour pour qu’à l’entrée des classes Benjamin soit en mesure de bien vivre sa nouvelle routine. Ils se répétaient combien cet enfant répondait convenablement à leurs exigences et maintenait un rythme d’adaptation qu’ils s'expliquaient par ses contacts avec leur chien Walden, la lune, sa «perle fabuleuse» et son poète Alain Grandbois, devenu un fétiche. Maintenant riche de plusieurs nouveaux livres, son esprit et son imagination allaient pouvoir vadrouiller dans plusieurs univers différents.
*****
Pour la famille ojie-crie, Chelle, nouvelle venue dans un milieu qui les maudissait depuis leur arrivée, tête haute comme le lui suggérait son père Don, devra s’imposer dans un monde qu’elle ne connaissait absolument pas.
Tout cela nourrira un mois d’août de moins en moins pluvieux, apportant des nuits plus fraîches, plus étoilées et une lune dont la présence réjouissait Benjamin malgré le fait que vers les 20 heures, le soleil s’étant caché, il pouvait, quelques minutes encore, s’installer dans le solarium, la regarder, lui lire quelques vers d’Alain Grandbois:
De grands arbres d’ancêtres tombaient sur nous
Il y avait des moments solennels
Où nous étions portés par l’ombre
Où nous étions tous tués par les genoux
Notre douleur n’égalait pas
Les instances nourries de larmes involontaires
Les ombres voilaient nos visages
Nos pieds nus saignaient sur l’arête du rocher
Et le nouveau jour nous tendait son piège
Sous les ogives des hauts cèdres
- Bonjour, vous êtes bien Mademoiselle Abigaelle ?
- Monsieur le Président de la Commission scolaire m’a suggéré de vous rencontrer pour louer un appartement dans le village.
- Oui, oui, il m’a effectivement avisé de votre besoin. J’ai justement quelque chose de libre qui pourrait vous plaire. De plus c’est juste en face de l’école primaire. C’est bien là que vous allez enseigner?
- Exactement. Allons-y.
jeudi 2 janvier 2025
Projet entre nostalgie et fantaisie... (13)
une vieille dame chinoise balaie la neige morte sur son balcon
silencieuse, elle songe à son fils muet
de la neige que l'ennui a sassée sur son balcon
ne lui reste plus que les silences d'un fils
la dame du balcon chinois déploie ses ailes
sorcière au balai blanc
à la main, les grains d'un chapelet usé
qu'elle agite sans se faire entendre
muette de fils, elle lui parle avec ses mains
dans de grandes envolées de balcon
ses silences parlent anglais
ses souffrances, chinois
et elle pleure une neige balayée
les mots, en elle,
se transforment en images
ceux qu'elle avait lus
qui ne contenaient plus de sons
les mots devenus icônes de ciment
des traces sur les trottoirs balayés
341
16 mars 2010

à une flaque d’eau atlantique, les pieds enchaînés
s’étendront, pacifiques, jusqu’au bout de la terre
au bout de la mer… et des autres liquides
suivant les fuites parallèles des crevasses vierges
à pas timides ils avanceront
tel un grand et long poème géographique
par-delà les distances qui explosent des cartes
s’arrêtant finalement à l’envers du monde
pour chercher dans l’eau… sous l’eau
les vérités qui mentent à l’ordalie du temps
et s’y abreuvent jusqu’à plus soif
sur le piédouche des baies arctiques,
puissamment, ils se relèveront de leurs faiblesses
mesurant la hauteur des falaises volcaniques
et à bout de sang, comme celui qui a tout perdu,
ils s’échapperont avec la fonte des icebergs
comme un grand, un long poème géographique
353
rage d’aimer, tu répands tes odeurs
emmêlées d’angoisse et de panique
crucifiant le cœur sur un pilori de nicotine
puis
tu te fais douce comme l’eau qui chatouille les roches
rage d’aimer, tu répands tes couleurs
éparpillées sur des ardoises déboussolées
jusqu’aux sillons d’un cerveau éperdu
puis
six heures, tu ne sauras pas dans le vert brun du ciel
si c’est matin ou soir
rage d’aimer, ta blondeur blanche et bleue
pourchasse compulsivement la raison
dans ses derniers retranchements
puis
les deux bougies allumées au pied de ton lit
n’auront pas suffi
arrogante rage d’aimer terrée dans la violence
des nuits froides et torrides
attend le geste zéro comme un loup inquiet
puis
tu écris un poème d’amour sur fond d’océan
turquoise et coquillage
rage d’aimer, tu enserres de tes griffes
les mots insensés qui ne parlent plus
que dans de longs corridors étourdis
puis
les éternels abandons boiteux marchent
sur les aveugles jointures de nos mains
tu rentres de ton univers clos
et puis
consciemment,
ravages la sécheresse des puits…
356
lundi 30 décembre 2024
Un poème de Daniel CYR
Dans les ombres insondables d’un empire dévorant,
Une nation s'élève, non en sauveuse, mais en bourreau.
Oh, Amérique, ton aigle n'est pas un symbole de liberté,
Mais un vautour vorace, festoyant sur les dépouilles de l'innocence.
Le Vietnam, ce jardin luxuriant,
Devint ton théâtre de carnage,
Un champ de feu et de poison,
Où la vie fut étouffée par 15 millions de tonnes
De bombes et de dévastation.
Le napalm embrasait les villages,
Les défoliants rongeaient la terre jusqu'à son âme,
Et les cieux, témoins muets, pleuraient des pluies acides.
Mais parmi ces horreurs innombrables,
Une nuit se distingue dans le panthéon du macabre :
Mỹ Lai, le cri funeste d’une humanité trahie.
Le 16 mars 1968, sous un soleil implacable,
La Charlie Compagnie descendit dans ce village paisible,
Non comme des soldats, mais comme des bêtes affamées.
Femmes éventrées, enfants fracassés,
Vieillards abattus d’un souffle métallique.
Et pour ces innocents, leur seul crime fut d’être là,
Debout, respirant, vivant sous le joug
De cette machine de guerre insatiable.
William Calley, chef de cette symphonie macabre,
Ne fut pas un homme de justice,
Mais l’architecte d’un génocide masqué.
Son châtiment ? Un simulacre,
Une moquerie drapée dans le vernis de la loi.
L’homme qui commandait la mort reçut,
Non l’échafaud, mais une chambre douce,
Une sentence aussi légère que la cendre des corps qu’il laissa derrière lui.
Et toi, Amérique, chantre de la liberté,
Qu’es-tu sinon le bras d’un impérialisme impitoyable ?
Dans tes mains, les valeurs que tu prônes
Sont des chaînes d’acier, étrangleuses de nations.
Tu parles de démocratie, mais ton langage
Est celui des bombes et des balles.
Tu imposes ta vision, non par la persuasion,
Mais par la destruction et la peur.
Oh, Mỹ Lai, ton nom s’élève dans l’éther,
Comme un spectre vengeur.
Les voix des 504 martyrs résonnent encore,
Hurlant aux vivants la vérité de leur sort :
Qu’un homme sans âme peut tuer sans raison,
Et qu’un empire sans conscience peut massacrer sans fin.
Ce massacre, dissimulé, étouffé,
Émergea finalement sous la lumière froide de la presse.
Les images insoutenables firent trembler le monde,
Non par leur nouveauté, mais par leur brutalité mise à nu.
L’Amérique fut exposée,
Non en héroïne, mais en déesse de la guerre,
Ornée de crânes et d’illusions brisées.
Et que dire des morts ? Ces centaines de milliers,
Ces millions, réduits à des chiffres,
Éclipsés par la gloire illusoire d’un drapeau souillé.
Chaque vie perdue, chaque rêve brisé,
Crie à l’horreur de cette vision impériale.
Et dans cette « Sale Guerre »,
Qui donc fut sauvé, sinon l’orgueil aveugle
D’un empire construit sur des montagnes d’ossements ?
Honte aux hommes qui, au nom d’un pouvoir dévoyé,
Ont fauché les innocents comme du blé mûr.
Honte à l’Amérique, cette main sanguinaire,
Qui étreint le monde et l’étouffe sous le poids de ses crimes.
Mais dans l’obscurité de cette tragédie,
Se dresse une lueur, fragile et vacillante :
Que Mỹ Lai ne soit pas oublié,
Que ce nom, gravé dans l’ébène du temps,
Rappelle à jamais ce que l’homme est capable de détruire
Quand il choisit le pouvoir plutôt que l’humanité.
Oh, que la justice résonne un jour,
Non comme une promesse vaine,
Mais comme une sentence véritable,
Pour que jamais un autre Mỹ Lai ne s’élève
Des cendres d’une démocratie faussement glorifiée.
- Daniel Cyr
Arrivé à Da Nang, j'ai pu voir les lieux où les G.I's américains débarquaient à leur arrivée en sol vietnamien. Y subsistent toujours des barricades près la mer de l'Est. Des barraques militaires aussi.
Les survivants, si peu nombreux maintenant, et leurs descendants peuvent nous parler de ces événements que les médias ont relatés avec force détails et photos, surtout à Mỹ Lai alors que plusieurs Vietnamiens de différentes régions du pays furent témoins d'horreurs similaires.
La souffrance, transmise de génération en génération, s'est transformée en résilience, mais profondément inextirpable dans leur âme. Plusieurs de ces témoignages m'auront nourri lorsque j'ai écrit mon deuxième roman LES ANCIENS COLONELS.
Merci de tout coeur Daniel pour ce poignant témoignage.
jeudi 26 décembre 2024
Jeu de mots
mercredi 18 décembre 2024
Un peu de politique à saveur batracienne... (19)
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| Trudeau et Freeland |
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| Berlusconi |
Un peu de politique à saveur batracienne...
Ça y est, les trois ( 3 ) débats opposant les cinq ( 5 ) chefs des principaux partis politiques québécois font maintenant partie du passé....
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Ce texte date du 23 décembre 2005, au tout début de la création du blogue LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON . Les premiers billets avaient pour ...
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lundi 30 juin 2008 SAUT: 217 Le SAUT :217 est offert à mon frère Pierre qui célèbre aujourd’hui ses 60 ans. Nous avons signalé l’événement l...





















