lundi 3 août 2015

Élections au Canada le 19 octobre 2015 (1)

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, le 2 août, à Ottawa.
Le premier ministre Stephen Harper



AD MARE USQUE AD MARE (D'un océan à l'autre) et durant soixante-dix-neuf (79) jours incluant la journée de son déclenchement ainsi que celle du vote, les Canadiens et Canadiennes des provinces et territoires vivront une période électorale. Du jamais vu. Habitués à tout juste moins de quarante (40) jours - certaines mauvaises langues avanceront que le pays se retrouvait alors en quarantaine -  nous voici lancés davantage dans un marathon électoral que dans une campagne électorale.

Nous - enfin ceux et celles qui auront le droit de vote - irons aux urnes le 19 octobre 2015: un lundi, ''numérologiquement'' sous le 1, sept jours après l'Action de grâces.
NB
    Les familiers du CRAPAUD savent à quel point celui-ci est un adepte de la           numérologie, qu'il sait découvrir des secrets d'une intimité parfois gênante en décryptant les grands événements de la vie à partir des nombres, et la politique n'y échappe pas.

Sous le 1, donc. Et? Du sens, s'il vous plaît. Le nombre 1 c'est la vie, la volonté, le vouloir, le moi, la personnalité, l'autorité, l'ambition et dans son côté sombre le nombre 1 représente l'autoritarisme, l'égocentrisme. Je suis d'accord avec vous que 24 heures après le déclenchement de cette élection-marathon, le Crapaud ne peut pas déceler toutes les subtilités cachées sous ce 1, mais soyez sans crainte, je vais m'atteler sérieusement à la tâche afin de découvrir ce qui s'y dissimule.

Évidemment, vous connaissez le Crapaud, difficile à berner par tout ou rien ou les deux, j'entends livrer à la face du pays (le Canada), de la nation (le Québec) et du monde des vérités non dites, des faussetés largement répandues mais surtout, je dirais mais d'abord, poser les questions qui parfois restent coincées dans la gorge de l'électeur moyen, grand ou petit. En effet, ces questions n'ont à peu près aucune chance de parvenir aux chefs des partis officiels (les plus sérieux étant 
le Parti conservateur
le Parti Libéral
le Nouveau Parti Démocratique
le Parti Vert 
et le parti régional qu'est le Bloc Québécois). 
Pourquoi? La raison est fort simple: les chefs de partis ne répondent à peu près plus aux questions des électeurs et limitent celles que les journalistes peuvent leur adresser. N'oublions pas que nous vivons en démocratie ce qui signifie que les électeurs votent, un point c'est tout. 

Il y aura également un volet pédagogique aux interventions ''blogueuses'' du Crapaud  qui abordera certains aspects géographiques et sociologiques en lien avec cette longue marche vers le 19 octobre. 
Quelles différences et quelles similitudes existent-t-ils entre des électeurs de l'est du Canada, du centre ou de l'ouest? 
Où se situe Vancouver, Toronto, Montréal sur la carte électorale? 
Les fuseaux horaires ont-ils ou auront-ils une quelconque influence sur le déroulement du vote la journée même? 
Enfin, vous voyez la complexité de ce volet que j'espère être en mesure de vulgariser.

Depuis que le Crapaud suit attentivement et commente les élections autant provinciale que nationale, vous informant de certaines faces ou farces cachées de cet événement crucial dans notre courte vie démocratique, au-delà des grands courants et des sondages, il vous invite d'abord à voter puis comment voter si vous souhaitez voir se réaliser vos objectifs personnels. Il y aura cela également.

AD MARE USQUE AD MARE (D'un océan à l'autre) est la devise du Canada. Plusieurs ont longtemps cru que c'était le dollar, mais non, je rectifie, la véritable devise - courte formule exprimant un sentiment, une pensée, une attitude, un mot d'ordre résumant une règle de conduite ou un idéal - relève de cette volonté marine de voir, un jour peut-être, ce grand pays connecté de l'Atlantique au Pacifique. 

Vous voyez dans ces quelques mots un, 
toute l'étendue du territoire deux, 
l'obligation pour les chefs de parti de voyager par bus/train/avion trois,
la contrainte de parler les deux langues officielles du pays à savoir l'anglais et le français toujours avec un accent ''langue de bois'' quatre, 
l'impératif de dire une chose et son contraire dans la même phrase - le fait d'utiliser les deux langues et celle de bois devient un atout supplémentaire - et cinq, 
rester en santé.

Je nous souhaite donc une belle et longue traversée électorale.

À la prochaine



mercredi 22 juillet 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-HUIT (68)

Kết quả hình ảnh cho les photos des animaux        Si notre ''je'' était un animal - il le devient en astrologie chinoise ou celle du zodiaque - si notre ''je'' animal n’avait aucune idée de ce qu’est un être humain, comment, à son observation, à son regard porté sur cette complexité, réagirait-il? Réussirait-il, parviendrait-il à le définir de manière adéquate?

Plusieurs écrivains ont utilisé ce procédé pour en arriver à circonscrire cet être complexe, tenter de s’y approcher du moins de manière à le décrypter, le décoder.

Dans son formidable roman ANIMA, Wajdi Mouawad s’appuie sur plusieurs animaux qu’il met au contact des hommes et nous propose à partir de leurs observations d’élucider ses contradictions. Du roman persiste une question lancinante : doit-on choisir entre bestialité et humanité?

Sans identifier l’animal, je vous offre quelques-unes de leurs paroles.


.     L’humain est un corridor étroit, il faut s’y engager pour espérer le rencontrer. Il faut avancer dans le noir, sentir les odeurs de tous les animaux morts, entendre les cris, les grincements de dents et les pleurs. Il faut marcher, enfoncer les pattes dans une boue de sang et remonter le long d’un fil d’or abandonné là par l’humain lui-même, lorsqu’il n’était qu’enfance et que nul toit ne scellait son plafond. Animal parmi les animaux, il ne souffrait pas encore. L’humain est un corridor et tout humain pleure son ciel disparu. Un chien sait cela et c’est pour cela que son affection pour l’humain est infinie.

.     … je me complais dans la contemplation des humains. Je les regarde. Ils sont nombreux       et pourtant ils sont seuls.  Ils s’assoient sur des chaises. Ils posent leurs mains à plat sur leurs genoux. Ils s’entourent d’objets : bouilloire, théière, cuillère, tapis, télévision, tableaux accrochés sur les murs. Ils sont attachés au décorum. Ils sont propres. Certains plus que d’autres, si j’en juge par ce que j’ai observé les rares fois où il m’a été donné de visiter des intérieurs différents de celui où l’on me fait habiter. Les humains sont doués pour l’absence : ils disent Untel est triste, mais Untel n’est pas là. Ils disent Un jour, j’aurai du temps, mais le temps n’est pas là. Ils présument de tout. Les humains disent Ma maison. Ils disent J’ai un jardin. Ils disent Ma famille, mes amis. Ils disent Les gens, Le monde. Les humains disent Mon, ma, mes. Par exemple, Coach dit Mon singe en me montrant du doigt.  Il dit J’ai acheté mon signe en Afrique. Il dit Je recrute mes hommes moi-même. Il dit J’ai rencontré ma femme à Cuba en 1972 et j’ai tout de suite su que c’était elle. Il dit Mon argent, Mon singe, Mes hommes, Ma femme, Ma business.

.     Les humains sont seuls. Malgré la pluie, malgré les animaux, malgré les fleuves et les arbres et le ciel et malgré le feu. Les humains restent au seuil. Ils ont reçu la pure verticalité en présent, et pourtant ils vont, leur existence durant, courbés sous un invisible poids. Quelque chose les affaisse. Il pleut : voilà qu’ils courent. Ils espèrent les dieux et cependant ne voient pas les yeux des bêtes tournés vers eux. Ils n’entendent pas notre silence qui les écoute. Enfermés dans leur raison, la plupart ne franchiront jamais le pas de la déraison, sinon au prix d’une illumination qui les laissera fous et exsangues. Ils sont absorbés par ce qu’ils ont sous la main, et quand leurs mains sont vides, ils les posent sur leur visage et pleurent. Ils sont comme ça.

.     La plus banale des chauves-souris peut émettre plus de cent cris à la seconde. Chaque cri lui revient sous la forme d’un écho et chaque écho s’additionne à l’autre pour composer une échographie générale de l’espace qui lui permet de se repérer et de localiser dans l’obscurité n’importe quelle proie, n’importe quel prédateur. (…) Pour voir elles crient. Alors je te pose la question : si la vie est un perpétuel cri de douleur, comment faire pour entendre son écho et échographier le visage de ce qui nous fait souffrir?   - Si le cri est perpétuel, plus rien n’est visible.   – Bingo! Chaque cri doit être suivi par un silence pour faire entendre son écho. Celui qui ne fait que hurler sa douleur n’en verra jamais le visage tout autant que celui qui s’obstine à la taire. C’est la façon des chauves-souris : pour voir le visage de ce qui te fait souffrir, tu dois faire de ta douleur un collier qui enchaîne des perles de silence aux perles de tes cris.

.     C’est ton chien. (…) L’homme balafré m’a regardé. Le train arrivait. Il a vu mes yeux, j’ai vu ses yeux, et la lumière de la locomotive nous a illuminés tous deux. Il a dit Alors donne-lui son nom, et Humbert s’est mis à parler de la mort, cette ligne où tout s’efface, et de la guerre, cette ligne où tout se déchire. Il a parlé des lignes poreuses qui séparent les humains des bêtes et des lignes qui sillonnent les visages des vivants. Il a parlé des lignes qui nous font et nous défont, rides, traits, limites, frontières, démarcations. Il a parlé des lignes qui nous sauvent, conductrices, électriques, musicales, et il a parlé de celles qui nous manquent, ces lignes blanches disparues au tracé de nos routes, ces lignes invisibles à nos âmes égarées au fond de leurs labyrinthes. Il a parlé des lignes verticales au bout desquelles se sont pendues tant et tant d’Ariane sans plus de Thésée à sauver ni de Minotaure à abattre, il a parlé des lignes de vie au creux de nos paumes, il a parlé des lignes sans encre pour s’inscrire sur le papier des mémoires puis, avec le passage interminable du train convoyant ses voitures, il s’est mis à hurler : et je voudrais aussi te parler de la ligne que tu portes sur ta figure, cette balafre qui sépare ton visage  comme celle qui, ici même, il y a plus d’un siècle, a séparé ce pays entre le nord et le sud, faisant couler le sang de toute une jeunesse, et puisque le bar où l’on s’est rencontrés portait le nom de cette ligne de démarcation, je donne à ton chien le nom de Mason-Dixon Line. Chaque fois que tu l’appelleras par son nom, chaque fois que tu crieras Mason-Dixon Line, il faudra que ton cœur bondisse hors de ta poitrine! Promets-le moi! (…) Qu’il bondisse de trop d’âme et de trop de soif, parce qu’on n’a pas su avoir l’âme que nous rêvions d’avoir ni étancher la soif que nous cherchions à étancher!

.     Tu es d’une race sauvage, un rejeton brut de la nature. Il faut que tu le restes. Je ne te domestiquerai pas, je ne ferai pas de toi un craintif, une bête soumise, ni une bête aveugle. Je te donnerai ma voix, je te donnerai ma langue, tu me donneras tes silences, tu me donneras ton présent. Tu es un chien, de la race des loups. Chien est un mot, c’est le mot qui te désigne. Je suis un homme de la race des humains. Homme est un mot, c’est le mot qui me désigne. Homme et chien nous allons côte à côte à la surface de la terre. Mais dans un homme qui marche il y a d’autres hommes qui marchent et sous la terre il y a d’autres terres et derrière les noms des pays il y a d’autres pays. Il importe que tu le saches.

.     Comment consoler un humain. Je lui ai offert mon silence, tiens, il est à toi, écoute-le et dis-mois qui devrais-je dévorer, quel mal, quelle peine. Dans les sanglots qui sortent de ta gorge, j’entends les sanglots de ton enfance paniquée et comme c’est de toi qu’il s’agit, toi en qui j’ai choisi de placer mon amitié à l’instant même où je t’ai vu étendu dans les eaux froides du ruisseau, je sens naître en moi le désir de tuer ceux qui sont responsables de ton malheur. Non seulement je ne voudrais pas qu’un mal t’arrive, mais je ne veux pas non plus qu’un mal te soit déjà arrivé. Mais il est trop tard. Trop tard! Révélation brûlante de l’irréversible événement du temps. Ce qui est advenu qui pourrait faire que ce ne se soit pas produit?



J’achèverai par ces paroles du Capitaine Achab (MOBY DICK, Herman Melville ) appliquant à cette baleine blanche qu’il pourchasse des qualités humaines et se définit comme une bête.

.     Il y a beaucoup de choses que vous ignorez. Les objets qui nous entourent, les objets visibles, ne sont que masques de carton. Mais, dans chaque événement, dans l’acte indiscutable de la vie, il y a de l’inconnu, un inconnu qui raisonne, alors que le masque, lui, ne raisonne pas. Et l’homme ne peut frapper qu’à travers le masque! Comment un prisonnier pourrait-il s’évader de sa cellule sans percer la muraille? Eh bien, la baleine blanche, c’est cette muraille. Voilà pourquoi je veux la détruire! Parfois il m’arrive de penser que, derrière elle, derrière cette muraille, derrière ce masque de carton, il n’y a rien. N’importe! Moby Dick m’obsède. Je vous en elle une force qui m’injurie, une cruauté insondable.  L’insondable, c’est là ce que je hais, ce que je veux atteindre! Ne, me dites pas qu’en m’acharnant sur Moby Dick je commets un péché. J’anéantirais aussi bien le soleil s’il m’injuriait. Car, ce que le soleil peut faire, je sais que je peux le faire moi aussi!

À la prochaine







dimanche 28 juin 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-SEPT (67)



Photo prise à Bali par mon ami Olivier Faure


     À la minute même où mes yeux ont croisé cette photo, défilèrent toutes ces années - 35 au bout du compte - que j'ai consacrées à l'enseignement, à l'instruction, à l'éducation. Olivier, cet ami photographe qui sait capter puis immortaliser des instants fugaces les rendant criant de vérité, de beauté et d'originalité, me racontait l'historiette de cette image. Bali, une cour d'école dans laquelle des enfants, bruyants et indisciplinés, s'amusent et crient; Bali, quelques secondes plus tard, à l'appel de l'enseignant, les voici ces mêmes enfants, dans la classe, calmement installés derrière un bureau puis ces yeux, ces regards d'une intelligence que, parfois, seuls les enfants savent conserver, ces yeux, ces regards fixés sur l'enseignement, sur l'enseignant, sur ce qu'ils voient de grand devant eux, plus grand qu'eux encore. Olivier a su magnifiquement par cette photo nous en révéler toute leur intensité.

Cette photo a fait naître en moi ce poème. Il y est question d'un sapin, esseulé, à la limite isolé qui se voudrait pin ou baobab. Tout enfant, de sapin qu'il est, rêve devenir plus... devenir un pin, à la limite, baobab. Sa réalité, celle que décrit, qu'illustre Olivier par les ocres magnifiques de cette photo, l'enfant la découvre dans l'immobilité de ses racines qui plongent, invisibles, vers le sol mais aussi par la majesté de ses branches qui contre-plongent vers le firmament. 

Et l'éducation demeure cette nourriture qui permet à un rêve qui n'est pas, qui ne sera pas, peut-être, permet à la conscience de réaliser et prendre sa place dans l'univers, le remplir par toute sa stature, de croire que des racines esseulées voire isolées peuvent en rejoindre d'autres; à des branches, peu importe leur étendue, de signaler sa présence au monde.

Merci Olivier pour cette photo.



sapin


il vivait seul, ce sapin,
au coeur d’une plaine plus étendue encore que l’horizon qu’il coupait en son centre,
ombrageant le sol de sa forme triangulaire et imparfaite
il piquait le ciel en étendant ses longs doigts d’épines
il se voyait à travers son regard résineux
gigantesque pin, baobab colossal
abandonnant, enfouis à ses pieds, mille éperons aiguisés que charriait le vent rougissant
parmi le silence alentour, seul, bras écartés comme crucifiés, porteur de nids d’oiseaux de proie,
le sapin au tronc enceint de ravins sauvages fixait en permanence les destinés coriaces
arbre aux ramures solides, fluides, des vagues sur l’écorce du temps
il redoute la solitude, celle des attentes rabâchées, des mots ensevelis dans les trous du vent, ce briseur d’immobilité, 
celle qui cravache, qui éteint les espoirs funèbres d’un sapin
rêvant du baobab qu’il aurait pu être
du pin qu’il ne sera jamais, peut-être... 






À la prochaine

lundi 22 juin 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-SIX (66)


James Salter

James Salter - James Horowitz de son véritable nom - est décédé vendredi dernier (19 juin 2015) à l'âge de 90 ans. Pilote de chasse dans l'US Air Force lors de la guerre de Corée, il publiera son premier roman en 1953 THE HUNTERS, mais c'est American Express, prix Faulkner en 1986, que j'ai lu. Il est élu en 2000 à l'Académie des arts et des lettres.

Voici comment son éditeur présente ce livre (American Express) et qui ne peut nous laisser indifférent: 

Onze variations sur le passage. Le passage du jour à la nuit, de l’enfance à l'âge adulte, de la vie à la mort. Un accident de cheval, un oiseau mort, la couleur du Rhin à Bâle, une chambre d'hôtel à Vérone, une fille au pair un peu trop provocante : tels sont les motifs à partir desquels James Salter développe sa mélodie – ce mélange de mélancolie, d'émotion et de sécheresse, qui n'appartient qu'à lui.

J'ai retenu ces quelques extraits:


. Sa vie ne s’était pas développée conformément à ce qu’il avait pensé, mais il continuait à se considérer comme quelqu’un de spécial qui n’appartenait à personne. En fait, pour lui, l’échec était romantique. Il en avait presque fait son but.


. Sous l’effet de sa sollicitude, les mots se dissolvaient, coulaient dans le néant.


. Il était terrifié. Il savait ce que j’allais dire. Il avait tout, le monde entier parlait de lui, et moi, je n’avais qu’une épingle. Une aiguille. Si je l’enfonçais, elle lui percerait le cœur.


. Plus tard, il lui dirait que les mots ne venaient pas au hasard, leur ordre et leur choix parlaient comme une autre voix, une voix qui révélait tout. Le vocabulaire était pareil à des empreintes digitales, à l’écriture, il était semblable au corps qui révélait, qui exprimait, l’âme invisible.


. Il y a toujours un moment, un moment qui ne revient jamais.



Salter a aussi travaillé près de dix ans pour le cinéma, fait un documentaire sur le football primé à Venise en 1962; écrit pour Roman Polanski et Robert Redford, et même dirigé un long métrage, Three, avec Charlotte Rampling. «The Cinema» (titre qui ne prend sa saveur ironique qu'en anglais) est une sorte de Mépris en vingt pages qui évoque magistralement son expérience de scénariste voyeur lors du tournage d'une coproduction italo-américaine qui fut huée en son heure au Festival de Cannes en 1969: The Appointment. On reconnaîtra facilement Anouk Aimée (Anna, la star: «Elle était comme un lézard, seule sa gorge palpitait»), Omar Sharif («Guivi lisait son texte comme s'il posait sur la table des cartes de peu de valeur. C'était un passionné de bridge»), et Sidney Lumet, le réalisateur dont la seule ambition est «d'aligner deux films par an pendant vingt ans». Salter donne à son scénariste les mêmes espoirs fébriles et pathétiques qu'il a pu nourrir brièvement à l'époque, et le nom de Lang. Comme lui, Lang portait un autre nom avant: Lengsner.

Une invitation à lire cet écrivain de... l'inattendu.

À la prochaine

lundi 8 juin 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-CINQ (65)

Giacometti

     Il pleut. La froidure ne sait pas trop comment s’excuser d’être en retard dans un printemps nuageux, gris, complètement indécis. Une température qui appelle Berlioz ou le Die Moldau de Smetana, l’un comme l’autre, à réchauffer la maison de Saint-Pie.

J’ai beau me répéter que c’est juin, à moins de deux semaines de l’été, tout cela s’évapore dans l’irréel des journées comme celle-ci qui ont l’audace de se perpétuer régulièrement.

Non. Je ne dirai pas qu’à Saïgon la chaleur quasi caniculaire fait rage ou du moins enragent les plus résistants. Non. Mais j’y songe.


Pour les habitués du CRAPAUD qui savent le plaisir que j’ai à réunir différents auteurs à partir d’une thématique, vous vous y retrouverez; pour les nouveaux venus, j’espère réussir à vous faire partager cette douce fantaisie.

Le thème aujourd’hui : les humains. Facile me direz-vous. Certainement répondrais-je. Voilà la raison pour laquelle je complexifie le tout m'astreignant à ne citer que les auteurs de livres lus au Vietnam entre novembre 2014 et mai 2015. Petit défi mais défi tout de même.

Pourquoi ''les humains''? 

Les êtres humains forment une grande confrérie, l’humanité. Sans doute à cause de cette définition que l’actualité atrophie : ensemble des hommes, du genre humain, parfois considéré comme constituant un tout, un être collectif.

Lorsque je regarde ce qui se passe autour de moi, ce qui arrive aux migrants de Birmanie, du Bengladesh… les exactions de l’EI… les bavures de plus en plus nombreuses et criminelles des policiers à travers le monde… des guerres aux allures de génocides au Moyen-Orient, en Afrique entre autres… à la désinvolture effarante avec laquelle nos politiciens nient  les conséquences suicidaires des gestes posés envers l’environnement… l’insouciance généralisée devant les dégâts dus à l’exploitation outrancière de la nature… Tout cela, et davantage encore, soulève une interrogation : l’humanité est-elle encore un tout, un être collectif?

Et on parle, on parle encore et toujours autour de différentes tables ici et là. Sans aucune action concrète. L’économie, ce nouveau dieu mondial, cette prémisse que l'on décline dans toutes les langues du monde, est devenue la précellence. Notre Harper national l’illustre à merveille. Vous le reconnaîtrez dans ce court vers de René Char : ''L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant.''

Je cherche donc un peu d’espoir auprès d’auteurs pour qui l’humanité, les êtres humains, pour qui cela signifie toujours quelque chose.

C’est autour (avec la complicité) de Wajdi Mouawad, Amos Oz, Gabriel Garcia Marquez, Maxence Fermine, Tonino Benacquista et Jon Kalman Stefanson que je m’invite à cette réflexion sur les êtres humains… sur un hypothétique être collectif.



. Il y a des êtres qui nous touchent plus que d’autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque.  
ANIMA   Wajdi Mouawad


. Comment peut-on être humain, c’est-à-dire sceptique, capable d’ambivalence morale, et essayer en même temps de combattre le mal? Comment résister au fanatisme sans devenir soi-même fanatique? Comment combattre pour une noble cause sans devenir un combattant? Comment lutter contre la cruauté sans se laisser contaminer? Comment utiliser l’histoire sans éviter les effets toxiques d’une surdose d’histoire? Il y a quelques années, à Vienne, j’ai vu dans la rue une manifestation d’un groupe d’écologistes, qui protestaient contre les expériences scientifiques sur les cochons d’Inde. Ils portaient des pancartes avec l’image de Jésus entouré de cochons d’Inde martyrisés. Leur slogan était: ''Il les aimait aussi.''
Peut-être bien, mais certains d’entre eux m’ont paru capables, un jour ou l’autre,    d’abattre des otages pour mettre fin aux souffrances de ces animaux. Le syndrome de l’idéalisme farouche, ou du fanatisme anti-fanatique, doit inspirer de la vigilance aux personnes bien intentionnées, ici, ailleurs, et partout. En tant que conteur et activiste politique, je garde constamment présente à l’esprit l’idée qu’il est assez facile de distinguer le bien du mal. Le véritable défi consiste à identifier différentes nuances de gris; à calibrer le mal et à s’efforcer d’en définir les grandes lignes; à différencier le mal du pire.
LES DEUX MORTS DE MA GRAND-MÈRE   Amos Oz

Dans un siècle, vivront ici d’autres hommes, très différents de nous. Des gens raisonnables et réfléchis, qui considéreront nos souffrances d’un œil surpris, circonspect, voire gêné. En attendant, on nous a installés à Jérusalem pour nous en confier la garde. Tâche que nous accomplissons dans la violence, l’obscurantisme et l’injustice. Nous nous humilions les uns les autres, nous nous insultons, nous nous maltraitons, non par méchanceté mais par indolence et pusillanimité. Nous recherchons le bien et faisons le mal. Nous voulons soulager les souffrances et nous les envenimons. Nous rajoutons à la détresse à force de raisonner.
LA TROISIÈME SPHÈRE  Amos Oz


… il se laissa gagner par sa propre conviction que les êtres humains ne naissent pas une fois pour toutes à l’heure où leur mère leur donne le jour, mais que la vie les oblige de nouveau et bien souvent à accoucher d’eux-mêmes.

L’humanité, comme une armée en campagne, avance à la vitesse du plus lent.
L’AMOUR AUX TEMPS DU CHOLÉRA  Gabriel Garcia Marquez


On croit longtemps vivre entouré de gens, de proches, d’une famille aimante. À force d’habitude, on se croit préservé à jamais du malheur et  de la solitude, pièce indispensable dans la grande mosaïque du monde. Et puis, un jour, la mosaïque se fendille et les joints éclatent, jusqu’à ce que chacune des pièces qui constituaient cette étrange fresque humaine s’isole un peu plus des autres. Alors on se retrouve seul face à son reflet dans le miroir, seul dans le cortège des jours qui défilent, et on comprend qu’il n’en était rien.
LE TOMBEAU D’ÉTOILES  Maxence Fermine


Tout le monde se trompe, tout le monde se croise et personne ne va là où il devrait aller. Il paraît que ça caractérise l’humain.
QUATRE ROMANS NOIRS  Tonino Benacquista  (La maldonne des sleepings)


L’être humain est constamment rappelé à son insignifiance, confronté aux grandes questions.

L’être humain est capable d’oublier la plupart des choses ou de les nier en fermant les yeux plutôt qu’en les ouvrant et il est presque toujours plus facile de détourner les yeux que de regarder, car celui qui regarde est forcé de reconnaître ce qu’il voit, ensuite, il n’a pas d’autre choix que de l’affronter.
LA TRISTESSE DES ANGES   Jon Kalman Stefanson 



On appelle à la vigilance; on invite à l'engagement citoyen; on incite à mieux décoder les véritables enjeux, les véritables intérêts qu'ils soient individuels ou collectifs; on hurle à la démocratie alors que le mot démocrature forgé il y a plusieurs décennies, en espagnol, par le célèbre écrivain uruguayen Eduardo Galeano (qui vient de mourir à Montevideo) conviendrait mieux. Il désignait certains régimes qui, sans être des dictatures militaires ouvertes et assumées, conservaient une nature oligarchique, militariste et intolérante face à toute opposition organisée.

L'oeuvre à poursuivre serait-elle aussi simple que: tenter de demeurer humain, tenter de le redevenir...

À la prochaine

dimanche 31 mai 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-QUATRE (64)


Tel qu'annoncé à l'effet que j'allais vous offrir quelques citations tirées de chacun des deux coups de foudre de mes lectures (mai 2014 à mai 2015), eh bien les voici. 
Cela ne interdit absolument pas de vous lancer dans leur lecture.








                                                                             






















L’ORIGINE DE LA VIOLENCE de  Fabrice Humbert 

- Lors d’un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur, Nathan Fabre, découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie…Rentré en France, il retrouve son père, sa famille, mais le souvenir de la photographie ne le quitte plus. Il décide alors de se lancer dans une recherche qui va bouleverser sa vie.

Voici quelques extraits de ce livre à la fois déchirant d'émotion et garni d'inattendus à chacune des pages:

.  Le microscope a ceci de merveilleux qu’il nous enfonce dans un monde aux déclivités énormes, aux contours fabuleux, comme un conte visuel d’ordinaire inaccessible. La mince lamelle translucide, sur laquelle est déposée un minuscule fragment, révèle brutalement un univers, de sorte que l’infiniment petit recèle autant de richesses qu’une planète entière. Mais en même temps, l’œil collé à l’embout noir, absorbé par ce nouveau monde, ne voit plus rien de l’ancien.


   … si la mémoire s’arrêtait en même temps que meurent les générations, l’humanité n’existerait plus.

.  Rien de plus difficile pour un homme que l’espoir déçu.

.  Dans cette vision brève et ramassée, toutes les fantasmagories de l’horreur que j’avais cru déchiffrer dans le nazisme me revenaient : l’enfer, la bête, l’adoration de la mort, la destruction. Encore une fois j’avais la conviction que le nazisme n’était pas un événement ponctuel mais l’achèvement d’un Mal qui sinuait depuis l’origine dans le cœur de l’homme et qui se signalait aussi bien par ses ravages historiques que par ses manifestations esthétiques.

.  L’oubli, c’est ce qu’on a trouvé de mieux pour les secrets. Ce n’est pas de la lâcheté, c’est juste la voix de la vie. (…) … la mémoire est pour les morts ou les mourants, ‘oubli est pour les vivants. C’est valable pour les peuples comme pour les individus.




Mozart nous a offert LA TRISTESSE DES ANGES dans son Requiem pour un rêve:


www.youtube.com/watch?v=EwS8yZ3sUwk


Dans le livre La tristesse des anges qui fait suite au roman Entre ciel et terre, Jon Kalman Stefansson, auteur islandais, nous présente Jens le Postier arrivant au village. Accueilli par Helga et le gamin qui le détachent de sa monture avec laquelle il ne forme plus qu'un énorme glaçon. Sa prochaine tournée doit le mener vers les dangereux fjords du Nord. Il ne pourra pas les affronter sans l'assistance d'un habitué des sorties en mer.

Le gamin qui l'accompagnera dans son périple, découvre la poésie et prend peu à peu conscience de ses désirs. Il ira «là où l'Islande prend fin pour laisser place à l'éternel hiver». Malgré leurs différences, ils n'ont d'autre choix que de se raccrocher l'un à l'autre, face à l'impitoyable nature.


Au milieu des tempêtes enneigées islandaises, Jón Kalman Stefánsson fait naître une stupéfiante chaleur érotique. Mariant douceur et extrême, il restitue cette intense lumière qui «nous nourrit autant qu'elle nous torture».

La tristesse des anges de Stefansson, c'est la neige, un personnage important à l'extrême.

Voici des extraits parmi tant d'extraits que j'ai conservés de ce roman de la froidure, de la découverte des limites de la virilité





LA TRISTESSE DES ANGES de Jon Kalman Stefansson 

.  … la poésie ne nous rend pas humbles ou timides, mais sincères, c’est là son essence et son importance.

.  Nous mourons si nous n’écoutons pas ce qu’enseigne l’expérience, mais nous moisissons si nous y prêtons trop d’attention.

.  Nombreux sont ceux qui choisissent de se taire quand la vie leur inflige les plus cuisantes brûlures, d’ailleurs, les mots ne sont souvent que des pierres inertes, des vêtements élimés et usés. Ils peuvent également être de mauvaises herbes, de dangereux vecteurs d’infection, des planches vermoulues qui ne supporteraient même pas le poids d’une fourmi et d’autant moins celui d’un homme. Pourtant, ils sont l’une des rares choses qui demeurent à portée de main lorsque tout semble se jouer de nous. 

.  Gardez bien cela à l’esprit. N’oubliez pas non plus ce que nul ne comprend : les mots les plus insignifiants et les plus improbables peuvent, sans qu’on s’y attende, se charger d’un lourd fardeau et conduire la vie pour la sauver par-delà les plus vertigineuses crevasses.

.  Le destin peut toutefois tisser des liens inattendus, nous devons en être reconnaissants, sinon, bien des choses seraient prévisibles et l’air qui nous entoure ne connaîtrait que peu de mouvement, si peu qu’il en deviendrait vicié et que l’existence nous semblerait endormie et morne. L’étonnement et l’inattendu sont des forces physiques qui mettent l’air en mouvement et chargent la vie d’électricité.

.  … l’homme doit toujours souffler longuement sur les braises afin que le feu ne meure pas, quel que soit le nom qu’on lui donne : vie, amour, idéal, il n’y a que l’étincelle du désir qui s’éveille d’elle-même, l’air est son combustible et l’air enveloppe la terre.

.  Celui qui vit dans le doute n’arrive jamais à rien, il ne devient rien.

.  Tout comme l’homme, l’océan possède une chair sous la peau et il faut du temps pour se remettre d’un assaut. Il est rarement possible de juger les choses à leur surface, qu’il s’agisse de la mer ou de l’être humain, et par conséquent il est tellement facile d’être la proie d’une illusion qui peut nous coûter la vie ou le bonheur : je me suis donnée à toi car tu étais si doux et si beau en surface et me voilà désormais malheureuse; je suis parti en mer parce que les eaux étaient calmes, à présent je suis mort, je pleure dans les profondeurs parmi d’autres noyés, les poissons me traversent le corps.

.  Le meilleur moyen de s’assurer une vie aussi paisible qu’engourdie est de ne pas mettre en doute ce qui nous entoure – seul vit celui qui doute.

.  La poésie est un monde à l’arrière du monde.

.  La vie de l’homme n’est qu’une vague vibration de l’air, elle est si brève qu’elle passerait inaperçue aux anges s’ils fermaient un instant leurs paupières.

.  … il est vrai que les mots peuvent être tellement vacillants, tellement fragiles, il existe un tel abîme entre eux et les choses qui s’agitent au fond de vous, et cette distance est souvent source de regrettables malentendus, il arrive même qu’elle détruise des vies. Voilà pourquoi il vaut parfois mieux se taire et s’en remettre à ce que voient les yeux.

.  Serre-toi tout contre moi, le froid s’évanouira.
   Serre-toi tout contre moi, la solitude s’adoucira.
   Serre-toi là contre moi, la beauté règnera.
   Serre-toi bien contre moi, la mort ne m’effrayera.
   Serre-toi fort contre moi, et je trahirai tout.

.  … le pouvoir engendre invariablement l’injustice et, bien que la vie soit probablement belle, l’être humain est bien imparfait.

.  Le bonheur est éphémère mais l’amertume est plus tenace, elle t’est plus fidèle, elle ne t’abandonne pas, l’amour est un vacillement, la haine, un roc.


.  L’être humain est capable d’oublier la plupart des choses ou de les nier en fermant les yeux plutôt qu’en les ouvrant et il est presque toujours plus facile de détourner les yeux que de regarder, car celui qui regarde est forcé de reconnaître ce qu’il voit, ensuite, il n’a pas d’autre choix que de l’affronter.


À la prochaine











mardi 19 mai 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-TROIS (63)


La Librairie française de Saïgon
     C'est devenu une tradition annuelle. Comme une sorte de bilan des lectures du Crapaud.

Mais d'abord, une courte explication pour les nouveaux adeptes du CRAPAUD GÉANT DE FORILLON: les billets écrits et publiés de Saint-Pie sont numérotés tout comme celui-ci (463); ceux en provenance du Vietnam se retrouvent regroupés soit sous la rubrique Les chroniques de... ou sous un titre original.

Le 463 vous indique sa situation dans le temps, c'est-à-dire selon l'ordre de parution depuis septembre 2005 alors que démarrait ce blogue.

Revenons au bilan des lectures. Je précise que depuis mes séjours vietnamiens qui remontent à l'hiver 2011, la liste des livres lus s'étend d'un mois de mai à l'autre. Je respecte mon objectif de ne lire, au Vietnam, que des livres d'auteurs
qui me sont inconnus ou d'auteurs que je n'avais pas encore eu l'occasion de m'approprier. À Saint-Pie, c'est plus étendu comme choix d'oeuvres à lire et ouvert aux recommandations. Je tiens d'ailleurs à remercier celles et ceux qui l'ont fait suite à la publication du bilan de l'an dernier.

J'ai aussi l'habitude de vous donner mes deux coups de coeur, c'est-à-dire un auteur ou un livre qui m'a fait chavirer le coeur, l'esprit et remplit de bonheur. L'an dernier ce fut un livre, cette année deux auteurs. Vous retrouverez leur nom à la fin du billet mais débutons par la liste.


                                                                         Liste des livres lus 2014/2015

L’EXCEPTION            Audur Ava Olafsdo’thur
ROSA CANDIDA        Audur Ava Olafsdo’thur
DANS LE GRAND CERCLE DU MONDE      Joseph Boyden
LES COLLINES D’EUCALYPTUS                Duong Thu Huong
LETTRE AU PÈRE                                   Kafka


CHANTER                                                               
Amos Oz
AINSI RÉSONNE L’ÉCHO INFINI DES MONTAGNES     
Khaled Hosseini
CHERCHER SAM                                                      
Sophie Bienvenu
EN FINIR AVEC EDDY BELLEGUEULE                         
Édouard Louis
UNE ENFANCE MAL FERMÉE                                     
Jean-François Beauchemin


LA SOLITUDE DES NOMBRES PREMIERS                    Paolo Giordano
ANIMA                                                                    Wajdi Mouawad
LES DEUX MORTS DE MA GRAND-MÈRE                     Amos Oz
RABOLIOT                                                               Maurice Genevoix
L’ÉTUDIANT ÉTRANGER                                            Philippe Labro 



JUSTE AVANT L’HIVER                                              
Françoise Henry
FERRAILLE À VENDRE                                               
Anthony Burgess
VENT D’EST, VENT D’OUEST                                      
Pearl Buck
LES AMANTS CALLIGRAPHES                                     
José Frèches
L’AMOUR AUX TEMPS DU CHOLÉRA                            
Gabriel Garcia Marquez

LE TOMBEAU D’ÉTOILES                                            Maxence Fermine
LES GRANDES PERSONNES                                        Bruno Tessarech
LES LETTRES DE CAPRI                                              Mario Soldati
MOBY DICK                                                               Herman Melville
AU PAYS                                                                   Tahar Ben Jelloun



UN GARÇON PARFAIT                                                 
Alain Claude Sulzer
L’ORIGINE DE LA VIOLENCE                                       
Fabrice Humbert
LA COLÈRE DE L’AGNEAU                                            
Guy Hocquenghem
RIEN NE S’OPPOSE À LA NUIT                                      
Delphine de Vigan
JADE                                                                          
Michel Tauriac



LES GENS                                                                   Philippe Labro
LE PALAIS DE MINUIT                                                  Carlos Ruiz Zafon
QUATRE ROMANS NOIRS                                              Tonino Benacquista
1.- La maldonne des sleepings
2.- Les morsures de l’aube
3.- Trois carrés rouges sur fond noir
4.- La commedia des ratés
L’INVITÉ                                                                      Hwang Sok-yong
GÉOGRAPHIE DES BALEINES                                         Manuèle Peyrol



LA TRISTESSE DES ANGES                                            
Jon Kalman Stefanson
NAUFRAGES                                                                 
Akira Yoshimura
AMERICAN EXPRESS                                                     
James Salter
LA TROISIÈME SPHÈRE                                                  
Amos Oz
À PROPOS DE COURAGE                                                
Tim O’Brien



NOUVELLES ORIENTALES                                               Marguerite Yourcenar
L’OMBRE DE CE QUE NOUS AVONS ÉTÉ                           Luis Sepulveda
LA MONTAGNE DE MINUIT                                        Jean-Marie Blas de Roblès

UNE INTRODUCTION À LA CONNAISSANCE DU VIETNAM   Tran Thi Hao


Voici les coups de coeur de l'année.

Le premier:

Fabrice Humbert

Fabrice Humbert, auteur français est  agrégé et docteur en Lettres. Il enseigne au lycée franco-allemand de Buc. Auteur de plusieurs romans dont Autoportraits en noir et blanc (2001), Biographie d'un inconnu(2008) et L'Origine de la violence (2009). Il rencontre le succès avec son troisième roman, L'Origine de la violence. Le livre à caractère autofictionnel raconte l'histoire d'un professeur de lycée qui visite le camp de concentration de Buchenwald avec ses élèves et croit reconnaître son père dans la photo d'un détenu. Le livre remporte le prix Orange du livre en 2009, le Renaudot du livre de poche en 2010 et le prix littéraire des Grandes Écoles la même année. 

Le second:


Jon Kalman Stefanson

Jón Kalman Stefánsson (né le 17 décembre 1963 à Reykjavík) est un auteur islandais. Il grandit à Reykjavík et à Keflavík.

Après avoir fini ses études au collège en 1982, il travailla en Islande de l'ouest. Il entreprit ensuite des études en littérature à l'université d'Islande de 1986 à 1991, mais sans les terminer. Pendant cette période, il donna des cours dans différentes écoles et rédigea des articles pour le journal Morgunblaðið. Ensuite (de 1992 à 1995), il vécut à Copenhague où il participa à divers travaux et s'adonna à une lecture assidue. Il rentra en Islande et s'occupa de la Bibliothèque municipale de Mosfellsbær jusqu'en 2000. Depuis, il se consacre à la production de contes et de romans.

Il a publié quatre romans jusqu'à aujourd'hui.

Dans un prochain billet, je vous ferai lire quelques citations de ces deux auteurs que je vous recommande fortement.

À la prochaine




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