jeudi 11 août 2011
QUATRE (4) CENT-DIX (10)
Vous avez aimé Garcia Lorca? J'ose espérer qu'aujourd'hui - en ce 11 août, journée d'anniversaire de Catherine (déjà 34 ans) - vous apprécierez ce petit cocktail pour le moins éclectique...
Une vieille opinion musulmane: L'encre des savants est plus précieuse à Dieu que le sang des martyrs.
Un auteur russe: Quand la maison s'est écroulée, il pousse des fleurs entre les ruines.
Bismark disait: La vie, c'est comme chez le dentiste. On croit toujours qu'on a pas encore vu le pire, et pourtant le pire est passé.
Un proverbe russe: Arrête-toi sur le passé et tu perdras un oeil. N'en tiens pas compte et tu perdras les deux.
Du LIVRE DES CONSEILS: Si tu peux regarder, vois. Si tu peux voir, observe.
Un retour vers «un carnet d'ivoire avec des mots pâles»...
C A P I T A N (nom masculin)
. personnage ridicule, d’une bravoure affectée.
bravache; fanfaron; matamore.
C A P U C I N A D E (nom féminin)
. banal discours de morale.
C A Q U E (nom féminin)
. barrique où l’on conserve les harengs salés;
. Serrés comme des harengs en caque : comme des sardines;
. La caque sent toujours le hareng : on porte toujours la marque de son origine.
C A R G U E R (verbe transitif)
. Maritime : serrer (les voiles) contre leurs vergues ou contre le mât au moyen de cargues (cordages).
Tout doucement, comme vous pouvez le remarquer, on y revient. Y revenir et y demeurer.
Au prochain saut
vendredi 5 août 2011
QUATRE (4) CENT-NEUF (09)
Dans quelques jours - en fait le 19 août - il y a 75 ans mourait Federico Garcia Lorca. Exécuté. Son corps laissé près d'un ravin entre Viznar et Alfacar. Et je me rappelle très bien que c'est en été... il y près de 50 ans, pour la première fois, suite à la recommandation d'un professeur de français, je me souviens très bien de son nom, monsieur Ghislain Dextradeur, je lisais Garcia Lorca. Un été chaud du milieu des années 1960. À cette époque, ô mémoire ne me joue pas de vilains tours, on citait davantage le poète espagnol pour son théâtre. Je n'aimais que la poésie. Son théâtre, celui de Garcia Lorca, eh! bien ( je sais que c'est une faute mais je préfère ainsi) son théâtre, je ne le connaissais pas. Pas plus aujourd'hui d'ailleurs. Je ne suis pas amateur de théâtre, dieu sait pourquoi!
Voici quelques vers de celui que je considère comme un des plus grands poètes de l'histoire: FEDERICO GARCIA LORCA.
. Sur la plage la mer danse
un poème de balcons
. Auprès des vieilles voitures
égarées dans les ténèbres
les enfants tissent et chantent la désillusion du monde
. Mais le poisson qui dore l'eau
sans laisser d'endeuiller les marbres,
leur enseigne un équilibre
de solitaire colonne
. à l'heure où les étoiles plongent
leurs javelots dans l'eau grise
. la mort plaça des oeufs dans la blessure
. Il est en quête de l'aurore
mais l'aurore n'était pas là.
Il cherche son profil précis
mais le songe le fait errer.
Il cherchait son corps sans défaut
et rencontra son sang couvert.
Comme un fleuve de lions
sa force était merveilleuse,
et comme un torse de marbre sa prudence dessinée.
. Ne lui mettez sur la figure aucun mouchoir:
je veux qu'il s'accoutume à la mort qui l'habite.
. Seul le mystère nous fait vivre. Seul le mystère.
. Au fond de l'eau est une rose
et dans la rose une autre rivière.
Mes yeux sont tombés
au fond de l'eau
... et au coeur de la rose moi-même.
. Comme l'archet d'un violon,
le cri a fait vibrer
les longues cordes du vent.
. Les morts ont des ailes de mousse
. Nous cependant ici-bas, jour et nuit,
nous te ferons aux croisées de la peine
une guirlande de mélancolie
. les lumières de la raison
mettent à mes mots leur limite
. Le jour s'en va tout doucement,
le soir accroché à l'épaule,
comme une cape, il se déploie
sur le fleuve et la mer qu'il frôle
une autre traduction de ces mêmes vers:
Le jour s'en va lentement,
l'après-midi sur l'épaule,
avec un long coup de cape
sur la mer et les ruisseaux.
. Les horloges s'arrêtèrent
et le cognac des bouteilles
se maquilla de novembre
pour éloigner les soupçons.
Il me semble que l'été est encore plus beau!
Au prochain saut
samedi 30 juillet 2011
QUATRE (4) CENT-HUIT (8)
Ça y est! Vous en avez un devant vos yeux. Celui-ci (petit crapaud) n'est pas le plus petit mais le deuxième plus petit. Je continue, caméra en main, à chercher les autres et vous les présenter.
Les crapauds autour de la maison ne sont pas comme les chats. En effet, aux crapauds s'ajoutent trois (3) chats: LA VOLEUSE, GARÇON et LA NARVEUSE. C'est d'abord LA VOLEUSE qui s'est présenté sur mon balcon arrière. Par la suite, GARÇON - Éthan l'a appelé ainsi - et finalement LA NARVEUSE, un soir. On dirait qu'en campagne les chats ont une autre attitude face à la vie et face aux gens. En ville, c'est la ruelle qui représente leur royaume. En campagne, ils semblent de passage, s'arrêtent le temps d'un repas puis repartent. GARÇON, des trois, a conservé cette routine. Le matin, c'est nouveau d'aujourd'hui, bien étendu sur la chaise il attendait le déjeuner. Le soir, à l'heure du souper, il vient en plus chercher quelques caresses.
Il fait toujours en campagne ce petit vent délicieux, celui qui entre par ma fenêtre de nuit et m'amène à dire que l'air pur de la campagne n'a dont rien à voir avec celui de Montréal. Est-ce possible de passer aussi rapidement de l'un à l'autre? De se désintoxiquer aussi vite? La suite des événements nous le dira...
la main ne retrouve plus l’espace perdu
derrière la porte elle écoute Mahler
solitude couleur vanille et sable
une main tendue à perte d’espace
devant la moustiquaire étoilée pleure Mendelshon
tristesse couleur d’odeurs balnéaires
cette main recherche l’espace du temps des musiques
accroche opus et köchel au bout des doigts
des violons Paganini, des pianos Liszt
la main telle une harpe déployée
sur les vagues Debussy siffle
de longs et profonds crescendos
une main suspendue comme une ombre aux arbres
relance au fond des espaces musicaux
un Mozart léger, un Beethoven souffrant
cette main qui court sur les notes d’été
chez Bartok, puis Saint-Saens, s’arrête
soupire une sérénade ruisselante de frissons
Au prochain saut
lundi 25 juillet 2011
QUATRE (4) CENT-SEPT (07)

Paul Valéry - on ne le cite pas très souvent celui-ci - dit qu'«un ange ne diffère du démon que par une réflexion qui ne s'est pas encore présentée à lui.»
Notre ami ROBERT ouvre trois portes. Par la première, la plus utilisée, il dit qu'il s'agit d'un être spirituel intermédiaire entre Dieu et les hommes, un ministre des volontés divines. La deuxième, plus à la hauteur des hommes, parle d'une personne parfaite, utilisée comme terme d'affection. La troisième, assez rare, pour nommer un grand poisson de mer.
De mon côté, et nonobstant ce que j'ai déjà écrit ici sur les anges, je serais porté à associer ce concept à celui des signes. Le poème que je vous offre aujourd'hui - un ange a passé - ira dans ce sens. Un signe - combien de fois ne les remarquons-nous pas - et si oui, ne les décodons qu'une fois le message transformé en réalité. Cet avant-coureur innocent, je le vois transporté par un messager qui ne réfère absolument pas à Dieu ou ses semblables. Hermès de cette espèce de réalité située entre le réel et le non-réel: l'entre-réalité. Belle idée, n'est-ce-pas? Vous souhaiteriez que j'aille un peu plus loin? Tentons...
Dans le réel, les anges n'existent pas sauf lorsqu'on utilise le terme afin de l'associer à l'affection.
Dans l'entre-réel, on devient pro-actif. Un signe se décroche de quelque part, un peu comme une île de glace quittant le pôle. Il s'avance. La myopie humaine nous empêche souvent de le voir alors que nous ressentons tout de même sa présence. Une sorte de froideur, d'odeur ou de mouvement qui chacun, par son énergie propre, tente de nous transmettre quelque chose. Et le signe passe. On ne le remarque à peu près pas ou, au contraire, il nous secoue. Voici le champ d'intervention de l'ange. Selon sa force et son expérience il nous poursuit, pas très longtemps car c'est fugace un ange, et s'il nous nous attrape, il tente d'imprimer en nous... son message. Cette surprise nous saute au visage inopinément et nous tentons de la décoder à partir de gestes, de mots ou d'actions des autres qui s'agitent autour de nous. C'est lorsque la conscience intervient dans l'entre-réel que l'ange s'enfuit et que nous voilà aux prises avec cet avant-coureur du temps...
Pas si mal comme théorie. C'est d'ailleurs celle que je tente de rendre intelligible par la métaphore de la marionnette et du camelot qui dort au fond de mon disque dur depuis... trop d'années. J'ose espérer que cet automne, dans la nouvelle maison, le nouveau bureau de travail, j'espère que ça débloquera... enfin.
un ange a passé
papillon sur le bout des ailes d’un oiseau
se laissant bercer sous les nuages
triste, puis un ange passa
heureux je fus
un ange a passé
des étoiles auréolant sa tête
et ses yeux sont piqués de diamants
fatigué, puis un ange passa
reposé je fus
un ange a passé
sous la pluie fine marchait
et la plage s’est ensoleillé
triste, puis un ange passa
heureux je fus
un ange a passé
sa voix enrobée dans le miel
chantait des mots ignorés
fatigué, puis un ange passa
reposé je fus
un ange a passé
ses yeux grands comme la terre
lançaient des éclairs d’amour
triste, puis un ange passa
heureux je fus
un ange a passé
ses mains ont fait siffler le vent
et l’écho m’est parvenu
triste et fatigué j’étais
heureux et reposé je suis
Au prochain saut!
mardi 19 juillet 2011
QUATRE (4) CENT-SIX (06)

. ai ce besoin vital de vous écrire avec l'âme
au bout des doigts DANNY PLOURDE
. On peut endormir l'esprit de mille et une façons, lui faire tenir tous les paris, mais c'est le corps qui lance les dés et qui se réveille au milieu des rêves détruits. YVON RIVARD
. Mais en bas, ce n'est jamais comme d'en haut, et devant, ce ne sera plus comme derrière. MARC-ANDRÉ BROUILLETTE
. L'inquiétude, selon FERNANDO SAVATER, cela veut dire que la routine instinctivement apaisante - même embellie par des succès partiels - ne suffira jamais à nous permettre de continuer à vivre humainement. Être humain c'est chercher sans cesse et toujours la formule de la vie humaine.
... à vrai dire, qu'est-ce qu'une personne? Une succession de personnages qui se cherchent les uns les autres sans jamais se reconnaître tout à fait ! JEAN BÉDARD
. J'éprouvais aussi, devant que de parler, à quel point deux êtres, vivant somme toute de la même vie, et qui s'aiment, peuvent rester (ou devenir) l'un pour l'autre énigmatiques et emmurés; les paroles, dans ce cas, soit celles que nous adressons à l'autre, soit celles que l'autre nous adresse, sonnent plaintivement comme des coups de sonde pour nous avertir de la résistance de cette cloison séparatrice et qui, si l'on n'y veille, risque d'aller s'épaississant... ANDRÉ GIDE
. Des mots veillent, on ne sait où? Précèdent, naissent au bout de la langue. Des mots que l'on prononce parfois avant de les habiter. ANDRÉE CHEDID
Et il y a toujours en moi quelqu'un qui doute de l'amour qu'on dit lui porter... Dr OLIEVENSTEIN
. Demain n'arrive jamais mais le lendemain oui. NANCY HOUSTON
. Rester vivant, ça se mérite. JONATHAN LITTLE
. ... mieux vaut regarder le ciel que d'y être. C'est un endroit si vide, si vague. Juste l'endroit où se promène le tonnerre et où les choses disparaissent. TRUMAN CAPOTE
. La réalité n'est pas la vérité. ROBERT LALONDE
. La vie, c'est un embêtement, poursuivit Zorba; la mort, non. Vivre, sais-tu ce que ça veut dire? Défaire sa ceinture et chercher la bagarre. NIKOS KAZANTZAKI
. Du plus profond il faut que le plus haut à sa propre hauteur s'élève. NIETZSCHE
. C'était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre. On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie. ALESSANDRO BARICCO
. L'amitié qui les avait unis leur appartenait en commun, et aucun d'eux n'avait le droit de ruiner à jamais le bonheur de l'autre. ROGER PEYREFITTE
. Dans la vie, tout finit en histoire. FRANCIS CARCO
. La vie change dans l'instant. L'instant ordinaire. JOAN DIDION
. Il vaut mieux être blessé par la réalité que réconforté par un mensonge. KHALED HOSSEINI
. Les mondes que j'imagine sont peu habités. La foule se presse trop nombreuse, elle parle trop fort autour de moi. Alors il faut éclaircir la forêt, nettoyer le paysage. Quelques amis, quelques ennemis suffisent pour faire une vie. En dehors d'eux, la terre marche toute seule, les fleuves coulent, les téléphones sonnent dans le vide. PIERRE NEPVEU
. ... c'est le doute qui fait l'homme, pas la foi. C'est l'inquiétude, et non la croyance. L'épreuve du discernement, bien plus que les convictions. DIDIER van CAUWELAERT
*canicule: époque de grande chaleur (l'étoile de Sirius ou canicule se lève et se couche avec le Soleil du 22 juillet au 22 août).
Au prochain saut!
mardi 12 juillet 2011
QUATRE (4) CENT-CINQ (05)

Il en faut au moins un en juillet. Minimalement. Un saut et puis après on verra!
La main risque de s’ankyloser. Si facilement.
Même si ce n’était que pour dire la présence – symbolique peut-être – de trois ou quatre crapauds autour de la maison. Ils n’ont rien mais absolument rien à voir avec celui du parc Forillon; on ne me croit toujours pas alors que je raconte cette vision «batracienne/amphibienne» qui coassait à la lune dans un étang, y retourner je le retrouverais, tout près de la mer, face au parc Forillon.
Non, rien à voir, mais ils s’amusent à crapahuter ici et là. Souvent sous les plans de tomates ou encore du côté des grands pins; parfois devant, tout juste près de la souche qu’il faudra bien un jour enlever.
Nous sommes souvent portés à interpréter la vie animale à partir de références familiales : le père/la mère/les enfants. Dans le cas de mes crapauds de campagne, c’est la même chose. Le plus gros, sera pour notre compréhension, «la maman». Pas de papa. Et trois petits, dont un minuscule et deux moyens.
J’ai tenté à deux reprises de les prendre en photos. Ils n’ont pas collaboré. J’arrivais, l’appareil en main, et oups! disparus. Sans vous faire de promesses, j’essaierai une autre fois de les immortaliser sur pellicule électronique.
Mon frère me demandait si j’avais vu des écureuils dans mon nouvel environnement. Un seul. Une seule fois. Depuis, il a disparu. C’est à croire que maintenant je suis dans le bon étang!
Il n’y a pas que ces trois/quatre crapauds qui alimentent mes observations campagnardes. L’air. Mon ami Gérard, à qui je disais que mon dernier saut à Montréal fut pénible au niveau de l’odeur du vent, croit que je suis en désintoxication de CO2. Moi qui raffolait de tout ces gaz qui enveloppaient la métropole, maintenant – à peine trois mois plus tard – ne demande que cet air pur qui a su plonger un court instant dans la rivière au bout de la rue.
Oui : les crapauds, l’air et aussi les gens. Beaucoup les gens. Ciel! c’est à croire que je suis en train de vous raconter ma vie… Pourtant, la vie des autres c’est un sujet à roman ou à nouvelle… Deux mots alors. Un peu pour vous situer tout comme je l’ai fait alors que le blogue fut lancé en septembre 2005. Ce nouvel environnement de crapauds, d’air et de gens – ici, ce sont les filles, les petits-enfants, Claudette et Réal – ne peut se bien saisir sans que leur juxtaposition. Ça devient un tout. Voilà, je vous laisse deviner le reste…
En campagne – La Palisse dirait «on n’est pas en ville» - tout peut sembler différent. Le rythme de vie, le temps qui passe, l’organisation des journées. Le fait que le «voisinage» n’a pas la même signification. J’oubliais de vous parler que j’ai installé ma porte moustiquaire à l’entrée en avant. Ça vous décroche un courant d’air d’une pureté sans égal. Vous devriez voir et apprécier. Bon voilà, je reviens à mes… j’allais dire moutons alors que sans doute vous pensiez… crapauds.
Le goût d’écrire me revient. Il aura été précédé par un immense besoin de lire. Que doit-on faire lorsque lire ne fait plus partie de nos occupations quotidiennes? Une seule chose. Lire. Lire Gabrielle Roy. J’achève «La montagne secrète». Lire nos bons vieux classiques. Et Gabrielle Roy en fait partie.
Ensuite, ce sera Atiq Rahimi, «Maudit soit Doistoïevski».
En parallèle, Pablo Neruda, «Chant général». Pure merveille!
Vous vous doutiez bien que ça allait finir par un poème Celui que je vous offre aujourd’hui a été entrepris à Montréal, achevé en campagne. Avec tout mon cœur, le voici :
difficile à dire
difficile à dire s’il s’agissait de neige ou de pluie
que cette boue ramassée en flaque au milieu de la ruelle
le vent qui nuit et jour hante les clôtures a sa propre idée…
à partager avec la pleine lune lorsque celle-ci
exigeant l’alignement des étoiles, daignera
par ses mots livides nommer cet amalgame bizarre
… et les bruits semblaient venir de loin
difficile à dire s’il s’agira de pleurs ou de cris
dans l’inavoué de ces rencontres espérantes
celles que les siècles écrivent à l’encre de sang
pour continuellement les arracher du papier sauvage
comme des promesses d’angles morts aux intersections humaines
et se promèneront dos à dos sur des chemins obscurs
… et les bruits au loin semblaient se répercuter
difficile à dire si ces larmes diluées dans la neige ou dans la pluie
comme autant de silences contenus, retenus puis projetés
à même la hargne des oiseaux qui les picoreront… gelées
difficile à dire dans leurs mouvements microscopiques
le parcours ininterrompu d’une vie en pente descendante
abrupte comme ces pas amusés qui giclent sur la flaque
… et les bruits s’éteindront mouillés dans l’innommé
Au prochain saut
jeudi 2 juin 2011
QUATRE (4) CENT-QUATRE (04)
Le dernier saut remonte au 15 avril... Avez-vous remarqué que lors de grands changements dans la vie de quelqu'un - je parle de bouleversements d'importance - on cherche souvent des repères et si on ne les retrouve pas, on tente de les reconstruire un peu comme si nous reconnaissions que leur absence nous déboussolait? Et parfois, la nouvelle situation n'exige absolument pas que les mêmes repères soient réinstallés. C'est beaucoup ce que le crapaud vit actuellement alors que Montréal est derrière, que ses nouvelles habitudes n'ont pas les résonances qu'elles avaient il y a un peu plus de deux mois.
PS On indique que le saut date du 2 juin, en fait il fut entrepris le 2 et achevé le 13.
vendredi 15 avril 2011
QUATRE (4) CENT-TROIS (03)
vendredi 25 mars 2011
QUATRE (4) CENT-DEUX (02)
Quelques pages puis quelques boîtes (cartons), mais aussi les dernières promenades dans ce Montréal que le crapaud laissera à son monoxyde de carbone qui a un goût si particulier, unique, à ses bruits de klaxons et d'automobiles, ses odeurs arrachées au fleuve et qui s'engouffrent dans les ruelles, sans doute ce qu'il y a de plus magnifique à Montréal. Et une question, inévitable: regrettera-t-il son départ? Réponse... à venir!
Ça se dit que la vie est fuyante. «La fin arrive au galop. Je n'avais pas prévu qu'en descendant la pente on prend de la vitesse. Je pensais qu'on pouvait faire tout le chemin au pas de promenade. Erreur, lourde erreur.» C'est J.M. Coetzee qui écrit cela dans son roman L'Âge de fer. Comme il a raison. Et lorsque, comme le crapaud, on partage sa vie en morceaux de sept ans - ça appelle le changement à chaque septennat - et qu'on y est... on trouve la vue fuyante.
Trève de nostalgie. J'ai reçu de Sylvie Desfossés, que je salue bien amicalement, ce texte que je reproduis en «copier-coller». Nous nous sommes croisés sur VOIR.ca et elle vient sur le crapaud. Voici ce qu'elle m'envoie et que je partage avec vous.
Bonjour, Mr Turcotte
Voici un beau texte de grammaire.... J’ai pensée a vous! Avoir et Être
Avec tout mon respect pour votre profession. Bonne journée!
Sylvie Desfossés
lectrice du journal Voir.
Et vive la langue française:
AVOIR et ÊTRE
Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m'enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.
Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères
Que j'ai connus dès le berceau.
Bien qu'opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.
Ce qu'Avoir aurait voulu être
Être voulait toujours l'avoir.
À ne vouloir ni dieu ni maître,
Le verbe Être s'est fait avoir.
Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu'Être, toujours en manque.
Souffrait beaucoup dans son ego.
Pendant qu'Être apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.
Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu'Être, un peu dans la lune
S'était laissé déposséder.
Avoir était ostentatoire
Lorsqu'il se montrait généreux,
Être en revanche, et c'est notoire,
Est bien souvent présomptueux.
Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l'abri.
Alors qu'Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.
Sa richesse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l'esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur,
Et sa noblesse est à ce prix.
Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.
Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.
Le verbe Avoir a besoin d'Être
Parce qu'être, c'est exister.
Le verbe Être a besoin d'avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.
Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été.
Joli non ? Bien loin des contenus humoristiques des envois habituels. Exceptionnellement ce texte mérite d'être transféré largement Vive la langue française!
¸.•´¸.•´¨) ¸.•*¨) ♥Oublie ton passé, qu`il soit simple ou composé, participe ¸.•´¸.•´¨) ¸.•*¨) (¸.•´ (¸.•´ .•´ ¸¸.• à ton présent pour que ton futur soit plus-que-parfait... ♥(¸.•´ (¸.•´ .•´ ¸¸.•
Au prochain saut
mercredi 9 mars 2011
QUATRE (4) CENT-UN (01)
Bref, le moins que l'on puisse dire. Nous sommes passés des 300 aux 400 et à un changement de présentation le temps d'un coup d'oeil. Il faut maintenant aller à l'essentiel, et l'essentiel demeure toujours le contenu.
Depuis quelques belles lurettes le crapaud saute moins, dans le sens qu'il vous présente davantage de ses notes de lecture que ses dernières écritures. Il lui faut vivre avec cela! Sans doute que le déménagement de la grande ville de Montréal vers un petit village de la Montérégie l'occupe beaucoup, qu'il a l'esprit en route vers ailleurs... conséquence immédiate, il écrit moins. D'ailleurs, il lit moins également.
Il est athée, peut-être; pourtant il a des moments soudains d'exaltation extraordinaire. «Rien n'existe hors de nous, pense-t-il. Il n'y a qu'un état de l'esprit, un désir de consolation, de repos; le désir d'une créature autre que ces misérables larmes humaines, si faibles, si laides, si lâches. Mais si je peux la concevoir, alors, en un sens elle existe», et s'avançant dans le sentier, les yeux fixés sur le ciel et les branches, il leur donne sans peine une forme féminine, il voit avec admiration qu'elle devient grave, qu'elle prodigue, avec majesté, lorsque le vent l'agite, dans le sombre balancement de ses feuilles, la pitié, le pardon, l'amour; puis, soudain, jetée en l'air, passe d'une attitude religieuse à une danse endiablée.
Visions du promeneur solitaire; visions qui ont pour lui de grandes cornes d'abondance pleines de fruits, le murmure des sirènes qui chevauchent les vagues de la mer verte, des gerbes de roses qu'on lui lance au visage, les pâles figures, que, pour les étreindre, les pêcheurs cherchent dans les flots.
Visions qui sans cesse flottent devant le réel, l'entourent, le cachent; qui suivent le promeneur solitaire, s'emparent de lui, lui enlèvent le goût de la terre, le désir de rentrer chez lui, et lui donnent en échange une paix profonde, comme si (c'est ce qu'il pense en avançant le long de l'allée de la forêt) toute cette fièvre de la vie était la simplicité même, comme si ces myriades de choses ne faisaient au fond qu'une seule chose et que cette figure, faite de ciel et de branches, se fût élevée de la mer agitée de la vie (il est âgé, il a plus de cinquante ans), forme née de l'écume des vagues, pour répandre, de ses mains magnifiques, la pitié, la bonté, le pardon.
«Ah! souhaite-t-il, ne jamais revenir chez moi, sous ma lampe dans mon cabinet de travail, ne pas terminer mon livre, ne plus jamais vider ma pipe ni sonner pour que Mrs Tarnes vienne débarrasser! mais plutôt marcher droit vers cette grande figure mouvante qui m'enlèvera sur ses branches et me laissera me dissoudre dans le néant comme toutes les choses!»
Visions. Le promeneur solitaire est bientôt sorti du bois; et là-bas, à la porte, abritant ses yeux de ses mains levées, peut-être pour le voir revenir, son tablier blanc soulevé par le vent, se tient une femme âgée qui semble (si puissante est cette habitude) chercher, dans le désert, un fils perdu, un cavalier abattu, qui semble la figure de la mère dont les fils ont été tués dans les batailles du monde. Et, comme le promeneur solitaire avance dans la rue du village où les femmes tricotent, et où les hommes bêchent leurs jardins, le soir semble enchanté; les êtres sont tranquilles comme si quelque destinée solennelle, comme d'eux, attendue sans crainte, allait venir les rouler au néant.
... c'est si sot de faire les choses pour des raisons extraordinaires.
Mais rien n'est aussi étrange quand on aime (et qu'était-ce sinon de l'amour?) que la complète indifférence des autres gens.
Là où il n'y a rien, le sentiment se creuse, complètement vide au-dedans.
Pourtant le soleil brille; pourtant l'on se console; et la vie a l'art d'ajouter les jours aux jours.
Personne ne vit seulement pour soi.
Avoir fait les choses des millions de fois les enrichit, cependant l'on peut dire que cela enlève la surface.
Car il n'y a qu'une chose qui vaille la peine d'être dite: ce que l'on sent.
Au prochain saut
vendredi 4 mars 2011
SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3) - 26 -
Monsieur Saint-Pierre s’interrogeait : s'arrêter au presbytère ou rejoindre son ami Cloutier. L'employé de la ville, en service comm...
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Ce texte date du 23 décembre 2005, au tout début de la création du blogue LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON . Les premiers billets avaient pour ...
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lundi 30 juin 2008 SAUT: 217 Le SAUT :217 est offert à mon frère Pierre qui célèbre aujourd’hui ses 60 ans. Nous avons signalé l’événement l...

