mardi 14 mai 2024
Un Être ...
dimanche 12 mai 2024
... i m m o r t e l . . .
Les traces gazeuses de l’oiseau de proie
ensemencent des trous noirs
Il faudra lire, relire, écouter car bientôt
le temps raccrochera des aiguilles
Et les traces décolorées des cataclysmes
s'éloigneront des vestiges
L’azur du firmament, devenu parme, baissera les yeux
comme s’il cherchait à n’être plus
L’immortel se peint de vertiges rigides et immobiles…
samedi 4 mai 2024
Qui..
aux branches des arbres
les oiseaux bruissent pianissimo,
celles du majestueux tilleul craquent à peine
bref toussotement suivi de ce silence étouffé…
la foule piétine, yeux rivés aux fenêtres rougeaudes
Ils avalent leurs mots alors qu’on les encourage à les crier,
leurs voix dérivetées, d’un autre siècle, lâchement s’éteignent…
la route qui les y a menés derrière leurs pas peu à peu s’affaisse…
le groupe ne s’amplifiera plus, le pourtour de la coupe a été atteint,
ceux qui y sont y seront, réunis dans un cénacle unanime et disparate…
au centre, demi-teinte neutre, sans nom, celle qui se désagrège
laissant, éparpillés, des cristaux gibbeux aux pieds d’une foule baba ;
chacun, à tour de rôle, surpris d’y reconnaître une immobile similitude ;
certains, certaines, et d’autres aussi, les ayant fréquentés en rêve déjà
béent encore, taisent nerveusement d’immenses et vieux frissons cramoisis…
dans la nuit… l’atavique message cochenillé entre eux se déplace
répétant écholaliquement comme un radar sonore, qu’il faut encore
lire ce qu’on a mille fois relu, écouter ce qui fut répété, appréhendé…
décrypter enfin le sens, celui que jadis prononça la prophétesse Sybille
à d’autres gens auparavant regroupés ici, à ceux-là, cette nuit s’achevant…
sur le frêle balcon qui, progressivement, comme un orage s’approchant,
se distancie de la fragile maisonnette blanche, affouillant une crevasse
qui aspire goulûment tout sur son démoniaque passage ; S.O.S. et prières
ne résisteront pas à ce maelstrom dévastateur ; chacun, jadis, en fut instruit…
ces gens regroupés devant la maisonnette blanche ?
les mains décolorées plus que décharnées, l’imperceptible aux yeux ?
Ce quelqu’un transfiguré par lui-même, par elle-même et par eux-mêmes,
héraut réflexe de tous ces regroupés paralysés, ce quelqu’un protagoniste
d’abord tend le bras puis ça sera la main et finalement le doigt vers le nuage
qui, rosacé maintenant a enveloppé la maisonnette blanche en route vers le vide…
La mort, aussi vieille qu’elle-même, plus avide qu’elle-même, si tant elle-même
que les regroupés puis disparus ont passé le relais aux autres, ceux qui viendront
devant une autre maisonnette blanche, bâtie à l’identique, avertie de se décolorer
quand passera un oiseau de proie ayant délimité son territoire de chasse, de mort...
mardi 30 avril 2024
Et que naisse un souvenir de moi
Comme celui qui fut allé au bout de soi
Rien de plus qu’une parole dans la nuit
Faisant du jour son voyage ultime
Sur le chemin de l’accomplissement
Il n’y aurait eu de vérité
Qu’en unissant lumière et ombre
Un tableau clair-obscur déployé
Tel un papillon chamarré
Mon cri répandu devenant
Mélodie chantée par mon âme en-allée
Béni ce temps où l’espace n’est plus
N’y posant que le vent
Que fertilisent les remenants
Je les bénirai à mon tour
Depuis l’éther où y restera si peu de moi
Que tout un orchestre de vifs humains
Entonne haut et clair
Le joyeux hymne de l’advenir
Tout pourra alors être bien accompli
Alors qu’entretemps je demeure
Appelant à encore un peu de temps
Préparant sereinement un peu d’élan
Pour lancer dans cet univers
Non pas un cri, plus une noble antienne
Ainsi soit alors la destinée
D’un être s’essayant à devenir
Complètement humain
Pierre Turcotte
samedi 20 avril 2024
l'oiseau
L'OISEAU
plane aux abords du vent
oscille parfois puis se reprend
agitant son manteau de plumes brasillé
et des éclairs d’ombre noire s’écrasent sur la ville
Le pèlerin va et vient traçant d’imaginaires arceaux
imperturbable et froid… destination voilée…
azimut au bout du bec… fureur aux yeux… griffes hérissées…
il flotte, il glisse autour des rapaces anneaux
et des rognures de bruit se pervertissent en silences
Cette sentinelle attentive trace son périmètre rapace
aux quatre coins de n’importe où, avide de chair, de sang
installe un mirador invisible - elle a tout son temps
le soir n’est pas encore là, sortira bien une proie fugace
et la ville se rafraîchit à l’heure du serin
Émérillon solitaire, il camoufle sournoisement son intention
saura le moment précis, le moment que personne n’attend
puis, verticalement comme une flèche prend son élan
on croit qu’il tombe, mais atteint la cible à la perfection
et le sang se mouille de cet inattendu effroi
Ce fut la mort, l’imprévisible mort qui s’est abattue
ne laissant aucune chance, elle n’en laissera jamais
transportera, installera son périmètre secret
autour d’une autre vie… sans qu’on ne l’est vu
mercredi 3 avril 2024
Un être dépressif... TIRÉ À PART # 6
TIRÉ À PART... # 6
DÉPRESSION
Psychothérapie
La psychothérapie se révèle efficace chez les individus plus âgés. Une psychothérapie bien effectuée peut réduire considérablement la récurrence de la dépression même après qu'elle est terminée ou remplacée par des séances de rappel.
Société
La conception de la dépression varie selon les pays et les différentes cultures. « À cause d'un manque de précision scientifique », un individu observe que « le débat sur la dépression est une question de langage. Ce que nous appelons « maladie », « trouble », « état d'âme » affecte ce que nous voyons, diagnostiquons, et traitons ». Dans différentes cultures, la dépression sévère est considérée soit comme une maladie qui requiert un traitement personnel professionnel, soit comme un indicateur d'autres problèmes, tels que le besoin de partager les problèmes physiques et sociaux ou une réflexion des différences individuelles qui peuvent renforcer des liens de détresse ou émotionnels.
La stigmatisation liée à la dépression est grandement répandue, mais le contact avec des services en soins psychiatriques la réduit légèrement. L'opinion publique sur le traitement de la dépression diffère grandement de celui des professionnels de santé ; des traitements alternatifs sembleraient plus efficaces que les traitements médicamenteux, ces derniers s'avérant moins efficaces. Au Royaume-Uni, le Royal College of Psychiatrists et le Royal College of General Practitioners ont mené une campagne, le Five-year Defeat Depression, de 1992 et 1996, pour réduire la stigmatisation liée à la dépression ; une étude MORI menée plus tard a démontré un changement positif de l'opinion publique et du traitement de la dépression.
Fin
jeudi 28 mars 2024
Un être dépressif - 15 -
- 15 -
pour la planter ailleurs.
Je tarde à le publier ce dernier billet. Comme le dit si bien Boileau, « sur le métier remettez vingt fois votre ouvrage » ce vers se vérifie parfaitement puisque plus d’une semaine sépare le 14 du 15. Je me hâte donc lentement sans perdre courage…
De transplantation à la routine.
Celle qui orchestrait ma vie vietnamienne tournait autour de la musique, variant selon les journées et le travail d’écriture. Elle revient maintenant…
Celle de lire plus de cinquante pages quotidiennement. Elle se réinstalle.
Celle de marcher, là-bas sous le soleil près de la mer, ici à la fois utilitaire (n’ayant pas de véhicule pour me déplacer) ou gratuite, freinée seulement par la pluie ou la neige.
Celle d’écrire. En retrouver et le goût et la nécessité.
À la suite de ces billets regroupés sous le thème Un être dépressif, souhaitant maintenir cet usage, sans nécessairement me lancer dans un autre roman, je veux revenir à l’origine de ce blogue, soit un long et interminable conte.
( Les curieux peuvent retourner au point de départ datant de septembre 2005 ).
À l’époque - c’était au début de ma retraite - j’ai entrepris ces textes d'un grand-père vivant en Gaspésie, tout près du parc Forillon. Fiction et autoportrait s’y emmêlent.
)(
qu'il m’était impossible de lire et d’écrire,
que je sortais à l’extérieur si peu souvent et si peu longtemps pour marcher,
que le fait de rencontrer des gens était une laborieuse corvée,
qu’aucun projet s’étalait devant moi,
ma transplantation favorisée par la thérapie a créé une nouvelle routine, une manière inédite de voir le temps passer.
Lorsque votre espace est délimité, reconnu et accepté comme étant celui qui convient, il est plus facile de voir le temps passer... de cesser de ruminer le temps passé…
)(
N’en reste qu’une. Elle fait allusion au personnage imaginaire créé afin de mieux subir mon séjour à l’hôpital psychiatrique de Saïgon. Qu’arrive-t-il avec lui ? Je ne souhaite pas le voir disparaître parce qu’il est le seul à pouvoir dire « jamais, plus jamais dans cet hôpital», ces mots qui ramènent à mon cerveau ce que vous avez lu depuis le début de ces billets.
Je m’arrête ici, convaincu que chaque jour sera un combat, celui de continuer d'être qui je suis devenu.
FIN
mercredi 20 mars 2024
Un être dépressif - 14 -
Un être dépressif
C’est à partir du poème de Jean DUGUAY,
mon ami psychologue-poète,
que je lance ce billet.
Pris dans une ornière
je fais du sur place
mes roues s'enfoncent
tout devient sombre
Si je force pour m'en sortir
mon esprit s'emballe
mon corps se raidit
je perds toute direction
Prendre du recul
avancer à petits pas
reprendre espoir
de trouver son chemin
Enlèves tes œillères
regardes dans ton rétroviseur
découvres les clés du bonheur
reprends ta marche solitaire
)( )( )( )( )(
Encore aujourd’hui, plusieurs mois après mon arrivée dans cet appartement qui s’enveloppe quotidiennement d’odeurs de chocolat, il m’arrive de prendre un temps d’arrêt… de m’installer devant la porte-fenêtre, immobile… admirant les arbres autour. Des tilleuls. En été, leur parfum se mélange à celui de l’usine de cacao.
Ce logement est lumineux, un peu comme s’il appelait la clarté du soleil au secours d’une plante à la recherche de renaissance. Dès l’aube, la chambre à coucher en est inondée. Le jour, sans gêne, elle s’insinue partout imprégnant des estampilles franches et nettes sur les murs.
Avant de l’habiter, début de l’automne ‘21, je suis demeuré chez ma Fille Catherine. Y ai retrouvé des odeurs familiales… des voix aimées… des habitudes reconnues. Délicatement, je commençais à décharger mes épaules de lourdes contraintes pour redécouvrir mes racines.
Racines qui allaient regagner de l’expansion. À ce moment je prends conscience que les fleurs d’une plante peuvent (et souvent doivent) tomber, que les feuilles nécessitent un entretien fréquent, que la tige fragile a besoin d’un solide tuteur, mais que le fondamental loge au niveau des racines.
Le pagure vietnamien que j’étais réapprend à ne plus chercher sa coquille dans celle des autres, à reconnaître sa véritable place, puis à sérieusement nourrir ses racines trop longtemps négligées. C’est chez ma Fille, à la voir tous les jours, très tôt le matin, soigner son environnement, cultiver la qualité de vie qu’elle inspire autour d’elle, que ma conscience des autres reprend forme.
Son exemple auquel s’ajoute celui de ma deuxième qui élève sa fille, seule et avec opiniâtreté, si présente qu’elle en oublie parfois de prendre soin d’elle-même ; celui de ma plus jeune fille, baptisée mon bijou d’avril, que certains êtres malsains se sont acharné à vouloir modifier la route, mais qui, solide, tient le cap ; celui de leur mère qui a été et demeure un vibrant modèle de fidélité et d’engagement dans tous les moments de nos vies. Leur sincère attachement nettoie autant mon esprit que mon corps faisant rejaillir leur résilience sur moi.
Au même moment ou à peu près, démarrait ma thérapie. J’y reviendrai afin de préciser cette impression qui fut celle de quitter un canot de sauvetage pour monter dans un bateau résistant aux intempéries et à toute forme de dérèglement.
Je suis encore un être dépressif, dépendant, hanté par cette question que je me pose et repose tant de fois : un être dépressif souffre-t-il simultanément d’une poussée exacerbée d’égoïsme ? J’ai fouillé afin de confronter ma perception que je définissais comme étant ‘’ moi avant tout et tout centré sur ma petite personne’’. J’ai trouvé non pas une réponse, mais une piste, elle vient d’Oscar Wilde. ‘’ L’égoïsme ne consiste pas à vivre comme on en a envie, mais à demander aux autres de vivre comme on a soi-même envie de vivre.’’
Je comprends mieux que parmi les préjugés alimentant la dépression, celui de l’égoïsme, ce besoin exagéré qu’on s’occupe de celui ou de celle qui en souffre, ce préjugé soit celui qui trône en tête de liste. Être continuellement aiguillé sur soi (ou ce qui en reste), manifester peu d’intérêt pour autrui et ce qui l’atteint, ne savoir conjuguer les verbes qu’à la première personne du singulier, sans aucun doute cela peut tomber sur les nerfs, pire, nourrir l’idée que l’être dépressif manifeste peu ou pas d’empathie alors qu’il semble l’exiger de l’autre, tout en s’assurant de protéger une bulle qu’il lisse tel un maniaque afin de la rendre imperméable, coagulée même.
Sur cet aspect de la dépression (tout ramener à soi et tout considérer à partir du même angle), je suis particulièrement chanceux de pouvoir m’appuyer sur la psychologue, mais beaucoup sur mon frère Pierre et ma belle-soeur Claire. Tous les deux sont présents à moi, ils composent mon filet de sécurité, de protection et cela dès l'origine des troubles qui me mitraillaient (avril 2021), ainsi que dans les périodes plus obscures, m’aidant à reprendre mon souffle alors que les nuages remplis de brouillard m’étouffaient. Je ne saurai dire à quel point leur sollicitude m’est un apport d’oxygène essentiel au même titre que Phuoc fut ma béquille au Vietnam.
Je ne puis dire, en cet aujourd’hui de mars 2024, que tout est rentré dans l’ordre, convaincu qu’une certaine fragilité, dont le poids m'est inconnu, rend l’être dépressif que je suis susceptible de rechuter, cette fois-ci sans lien avec une médication malavisée.
Cela pose une autre interrogation : d’où vient la dépression, comment peut-on ou comment doit-on s’en prémunir ? Il y a dans les TIRÉ À PART que j’ai introduits à ces billets quelques pistes de solution, mais au fur et à mesure qu’évolue ma thérapie, j’en arrive à penser que la réponse relève de l’intimité, de la façon dont on scrute son intérieur, du fait d’ouvrir les yeux sur de nouvelles perspectives et surtout la capacité de recevoir ce que mon frère Pierre m’a appris, soit celle de recevoir, d’accepter le fait que des signes nous parviennent et qu’il faille s’y arrêter, les accueillir, en prendre note et se mettre en mode action.
C'est aussi ce que dit le poème de l'ami Jean Duguay.
À la prochaine
SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3 ) - 17 -
La musique japonaise, un après-midi transportant délicatement sa dou...
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Ce texte date du 23 décembre 2005, au tout début de la création du blogue LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON . Les premiers billets avaient pour ...
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lundi 30 juin 2008 SAUT: 217 Le SAUT :217 est offert à mon frère Pierre qui célèbre aujourd’hui ses 60 ans. Nous avons signalé l’événement l...











