la cuisine rouge
t r a n s v e r s a l e la table
sa lame, empreinte digitale ensanglantée
comme une alarme criarde dans un matin sec
goutte par terre
à la q u e u e l e u l e u
dégoulinent
formant un imparfait losange
une après l’autre, au goulot d’une invisible pipette,
les cellules oppressées s’étirent s’écrasent
f l a q u e m e n t
noyées dans un bruit d’étang rouge
marais asséché sur le sol astiqué de la cuisine
( objects in mirror are closer than they appear )
injectent au ventre du ciel des brumes grises
que c h a r b o n n e n t les nuages
fleurs séchées fanent dans l’amphore craquée
tristes souvenirs de leurs rêves acidulés
au cendrier des bouteilles renversées
fume un tabac autochtone
on fermera le portail aux clôtures muettes
l’infini aveugle se retrouvra
les entaches de sang s’embrouillent de moments lucides
le couteau aura transpercé les nucléaires retombées
retenus, les jaillissements régurgitent des miettes de pain
se p é n i t e n c e r o n t le cœur
plaquent dans leur inerte envergure
chahutant derrière des enterrements de soleil
( objects in mirror are closer than they appear )
remplie des morceaux du casse-tête 3d
les trous de pluie avalent l’eau des icebergs
les bateaux naufragés traversent la cuisine inondée
et des heures inquiètes rongent la mer
qui pue la viande tranchée
on la servira froide
dans des assiettes plombées
par la fenêtre complice
la circonstancielle douleur se ronge les sangs
( objects in mirror are closer than they appear )
une fenêtre rougie de sang
à mille lieux du centre périphérique
où l’essentiel se joue
sur des objets dans le miroir devenus des apparences
6 juin 2007
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