samedi 13 avril 2013

Quatre jours en Malaisie, en fait quatre jours à Kuala Lumpur, sa capitale.

Kuala Lumpur
Lorsque l’on organise un voyage à l’étranger, un étranger duquel on n’a aucune mais alors là aucune idée à part le nom de sa capitale, le prix de l’envolée par avion et quelques suggestions d’hôtels, il ne reste qu'à se rabattre sur les brochures, les sites de voyages sur le web et le… pif. Je me fie beaucoup à cet organe qui avec le temps a réussi à ne pas trop me tromper. Aussi, prévoir la marche afin de découvrir l’endroit.

Pour la Malaisie, c’est vraiment Kuala Lumpur qui m’attirait. Cette ville tout en hauteur, à un point tel qu’on arrive à se demander de quoi est composé le sol. La Tour Petronas, une parmi les plus élevées au monde – on la surnomme la tour alors que dans les faits il y en a deux, jumelles comme celles auxquelles on pense lorsque l’on parle de tours jumelles – de partout elle est visible. Mais ce qui  particularise surtout Kuala Lumpur, c’est son humidité. Avec un thermomètre frôlant les 38 degrés, des nuages filamenteux qui s’interposent au soleil qui a pris une heure d’avance sur Saïgon, la chaleur se fait accablante pour le marcheur que je suis. Moi qui croyais que le Cambodge se méritait la première place au niveau de la chaleur! Et l'on me dit que le Laos n'est pas piqué des vers non plus à cet égard...

Que retenir d'un aussi court séjour? 

La présence musulmane, d’abord. Que ce soit les différentes prières lancées par de puissants haut-parleurs, les femmes voilées, l'islam, je ne saurais qualifier lequel dont il s'agit, est reconnaissable.

Très belle ville verte, des arbres partout, immenses, c'est à croire qu'on lui a arraché du coeur la jungle qui aurait régné ici à une certaine époque. Que dire d'ailleurs de ces cris d'oiseaux exotiques entre deux coups de klaxon!

Le nombre effarant de tours. C'est l'aspect moderne de la capitale malaisienne.

Le type indo-pakistanais de la population. Je ne connais pas l'histoire de la Malaisie mais les gens ont des traits de ce type. D'ailleurs, l'hindouisme y est passablement présent.
 
L’excellent esturgeon noir dégusté dans un restaurant chinois – ça m’a rappelé le requin de Bangkok –

La facilité du transport public, que ce soit le métro Bombardier, le monorail ou le sky train.

Les multiples travaux dans les rues, on se serait cru à Montréal. L'Asie se développe incroyablement si les travaux sont un critère permettant d'évaluer le développement.

Les maisons souvent de même architecture mais se différencient par des couleurs très vives.

La chaleur et l’humidité… je tiens à le répéter.

Voici quelques photos en vous rappelant que les vidéos se retrouvent sur You Tube à l’adresse suivante :

  www.youtube.com/channel/UCcfZnorbUYNeITNtr-IGo1A


Tour Petronas







À l'entrée de la Tour Petronas





La chat vit bien en Malaisie

En malais





Mosquée de Kuala Lumpur

Contraste de couleurs






Un peu le roi de la place


Dans le quartier chinois
Bonsaï




Marché Central



Entrée de la rue menant au Marché Central

On y offre un excellent café














Tout près de la Galerie de Kuala Lumpur

Aire de repos




Arbres magnifiques

Armoiries de la ville de Kuala Lumpur



Le building bleu

En voulez-vous des tours?


Genre HLM


Petit espace de jungle au coeur de la ville...


École

Cathédrale St-John's

Hallucinant!!!

Pagode

Chacun son originalité!


Il y a un chat sur la photo



À la prochaine, et ça sera Singapoure.





 

mardi 2 avril 2013

Petites histoires drôles

 ... en haut... en bas

Deux autres petites histories drôles et un coup d'oeil sur la langue vietnamienne. Il en reste de moins en moins à venir puisque, et je n'aime pas cela le dire, dans quatre semaines... retour à la maison. D'ici là, profitons de Saïgon et du 5 au 12 avril, de la Malaisie et de Singapour.
Pas de blogue d'ici le 13...



En haut le roi, en bas nous autres

         Deux hommes étaient assis et bavardaient. L’un demanda :
-      Je te défie de savoir : en haut il y a le roi, en bas qui a-t-il?
-      En haut le roi, en-dessous les nobles et ensuite les mandarins, qui donc d’autre?
-      Ce n’est pas exact.
-      Alors, que dis-tu : en haut le roi, en bas qui?
-      En haut le roi, en bas nous autres.
-      Tu dis des bêtises; si je fais rapport au roi, tu seras accusé d’insolence envers le roi.
-      Tiens, écoute. Je suis très pauvre, tous les jours je dois aller emprunter de l’argent. À l’un trois ligatures, à l’autre cinq ligatures. Chaque fois qu’il y a emprunt, les créanciers m’obligent à faire une reconnaissance de dette. En haut du document, il y a le sceau qui porte le nom du règne du roi, en bas mon empreinte digitale. Alors, si ce n’est pas le roi qui est en haut et moi-même qui suis en bas, qu’en est-il?



L’incendie

         Il y avait un homme qui s’apprêtait à partir au loin; d’un naturel prudent, il écrivit un mot sur un papier, le donna à son enfant et lui enjoignit :
-      Si quelqu’un vient me chercher, remets-lui simplement ce papier.
L’enfant plaça le papier dans la poche de sa veste. De toute la journée, il ne vit personne arriver à la maison.
Le soir venu, il prit le papier et l’approcha de la lumière de la lampe pour le lire. Malheureusement, le papier prit en feu et se consuma.
Le jour suivant, quelqu’un arriva et demanda :
-      Le père du petit est-il à la maison?

-      Il a disparu!
Le visiteur, surpris, demanda à nouveau :
-      Quand a-t-il disparu?
-      Hier soir.
Encore plus surpris, le visiteur de pressa de questions :
-      Mais comment a-t-il disparu?
-      Dans un incendie!

Une autre langue

Les mots vietnamiens sont toujours invariables; par conséquent  les noms communs n’ont pas de forme particulière selon le genre ou le nombre :
người                            personne, personnes
trâu                     buffle, buffles
bát                       bol, bols
đũa                      baguette, baguettes

Dans le discours, les noms ne s’emploient pas avec des articles comme en français, mais avec des mots appelés «classificateurs», qui indiquent que le nom appartient à une catégorie logique déterminée.
Il y a deux catégories principales : «animée» et «non animée» d’où  l’existence de deux classificateurs généraux.

-      Cái  pour les choses ou les êtres considérés comme non animés :
cái bát                 le bol
cái bản                la table
cái giường           le lit
-      Con pour les animaux :
con trâu              le buffle
con lợn (Nord)  con heo (Sud)        le cochon
con chuột            le rat, la souris
con cá                 le poisson
con chim             l’oiseau

-      Con s’emploie aussi avec les noms désignant les choses ou les êtres considérés comme animés :
con sông             la rivière, le fleuve
con đường          le chemin, la route, la rue
con dao               le couteau
con tàu                le bateau
con mắt               l’œil

-      Ngươi peut s’employer comme classificateur spécifique pour les noms de personnes :

ngươi mẹ            la mère
ngươi bác sĩ        le docteur, le médecin
ngươi em            le jeune frère ou la jeune sœur

Nous continuerons avec les «classificateurs», un élément de la langue vietnamienne très important, la prochaine fois. D’ici là, bonne étude!

À la prochaine

vendredi 29 mars 2013

Les chroniques du Café Riverside

Chronique # 9

Le commerce, anneau de mariage de la vie





Depuis Hanoï, Sapa et Hoï An, j’en suis à ma troisième visite au Café Riverside. La première fut pour achever le poème «il n’y a d’eau…»; c’est plus facile ici, en raison de la rivière et du fait de pouvoir écrire (bizarrement écrire en vietnamien se dit viet ) installé à la même table, buvant l’excellent café froid (cà phê sưa đá ) et le thé au jasmin que renouvelle le garçon avec l’exactitude d’une horloge suisse.


La deuxième, j’y terminais la lecture du livre de Camilla Gibb, LE GARDIEN DE L’ORCHIDÉE, qui raconte le séjour à Hanoï d’une jeune vietnamienne résidant aux États-Unis (Viet Kieu terme donné aux Vietnamiens vivant à l’extérieur du pays) à la recherche des traces de son père, peintre et proche d’un groupe d’artistes communistes purs et durs, des idéalistes qui voyaient dans cette doctrine un humanisme parfait et furent au centre de ce que l’on a appelé l’affaire Nhâm Van-Giai Pham dont le porte-parole était le poète révolutionnaire Phan Khoï.


Il a décrit en ces quelques mots  - ce qui lui a valu le camp de rééducation - l’essentiel de leur pensée:


«Nous croyons absolument au communisme, l’idéal le plus merveilleux de l’humanité, l’idéal le plus jeune et le plus vigoureux de toute l’histoire…


Si un style unique est imposé aux écrivains et aux artistes, le jour n’est pas loin où toutes les fleurs se transformeront en chrysanthèmes…»


Aussi pour télécharger sur You Tube quelques vidéos dont celle réalisée avec Lunch Lady, cette cuisinière de rue dont la réputation a depuis longtemps dépassé son petit emplacement du District 1, y attirant le touriste intéressé par la cuisine vietnamienne. Mais la connexion internet n’a pas voulu collaborer. Ça s’est donc fait à l’appartement. Sur mon bureau nouvellement installé dans la deuxième chambre. Avec vue sur l’extérieur (Nha Bé), sans la rivière tout à côté.


L’important c’est d’être ici - habituellement le vendredi comme aujourd’hui, cette troisième fois - accueilli par ce vent de la Mer de Chine qui s’engouffre, parti de loin, dans cet immense couloir que forme le fleuve ou la rivière Saïgon (river pouvant aussi bien désigner les deux réalités) longeant les berges qui enserrent le port. De continuer à y être bien et d’écrire les chroniques du Café Riverside.


Dans le blogue, y déposant des images et quelques mots du dernier voyage au nord et au centre du Vietnam, je laissais entendre que l’an prochain je retournerais à Sapa - l’an dernier c’est d’un séjour prolongé à Hoï An dont je parlais -  Ça se fera sans doute avec une petite pointe vers Vinh dont j’entends de plus en plus parler. 


Lecteur assidu du journal LE COURRIER DU VIETNAM (sur internet) et membre du site CAP-VIETNAM, je découvre tous les jours de nouvelles idées, de nouvelles activités et surtout des lieux qui finissent par  m’attirer. L’an prochain, je ne manquerai pas le Festival de poésie, entre autres. Être sur place permet bien des choses.


Aussi, la Fête des amoureux au Vietnam (qui n’est pas seulement la Saint-Valentin), mais Chu Dông Tu et Tiên Dung : couple idéal et idéalisé, un amour abouti ! La légende de leur amour, l’une des plus poétiques de la culture populaire vietnamienne, a même valu à Chu Dông Tu, pêcheur de son état, de figurer au nombre des quatre Immortels dans la croyance populaire.


Chaque printemps, au 10e jour du deuxième mois lunaire (21 mars cette année), une fête est dédiée à ce couple légendaire dans la province de Hung Yên, au bord du fleuve Rouge, là où ils se seraient rencontrés il y a 2 300 ans. Une histoire à la Roméo et Juliette.


Je pourrais en citer une kyrielle mais je me les conserve pour l’an prochain…


Cette chronique porte le titre suivant : Le commerce, anneau de mariage de la vie.


D’où me vient cette constatation?  


Lorsque l’on met bout à bout l’ensemble de nos observations accumulées au fil des années, lors de voyages, rencontres ou discussions avec des gens de tout horizon; lorsque l’on tente de reconstituer ce casse-tête, en dégager un ensemble plus ou moins fini pour ramasser tout cela afin d'en tirer une ou des conclusions, on constate qu’autour de nos idées se trace une ligne directrice qui éclaire ou obscurcit, selon le cas, nos conceptions générales, universelles ou encore particulières, individuelles.


Lorsque j’écris que le commerce c’est comme l’anneau de mariage de la vie, je veux dire par là que partout où je suis allé, où je me suis arrêté, que ce soit l’espace d’une vacance ou plus longtemps, une constante s'imposait : l’omniprésence du commerce. Le plus vieux métier du monde n’est pas la prostitution, c’est toute forme de commerce. Celui qui engage l’échange entre des êtres animés ou non, entre des concepts, des matières, des besoins. Pensons seulement au commerce initial, celui qui nous a valu d’être : un échange entre deux cellules différentes et complémentaires. Et poursuivant ce raisonnement des choses les plus élémentaires aux plus complexes, nous arrivons toujours (du moins, moi j’y arrive) à la conclusion que sans le commerce, rien n'est possible.


Je ne suis aucunement surpris de constater, sur une rue située au Québec, en France ou au Vietnam, la présence de mille et un commerçants, offrant parfois le même produit, alignés à la queue-leu-leu, tentant par leur silence ou leur bagout d’inciter un esquimau à acheter un frigo, un sans-abri un manteau ou quoi d’autre encore. De faire du commerce.


Plus jeune (hihi) on me disait qu’être commerçant c’était soit être Juif ou avoir une propension à la malhonnêteté. Le commerce n’était pas catholique. Celui qui s’enrichissait au détriment des autres devait en avoir pesant sur la conscience. On m’inculquait cette pensée chrétienne qui veut que les marchands du temple (ou d’ailleurs) ne méritent que les coups de fouet du Christ. Un peu l'exil aussi, on n'a qu'à songer aux voyageurs de commerce qui certainement allaient plus loin que les marches du temple. 

Le commerce c'était avant toute chose la cupidité, le besoin insatiable de posséder de l'argent toujours et encore plus alors qu'il valait mieux être pauvre, on arrivera ainsi au paradis plus léger, de toute façon ce que l’on a gagné sur cette terre de misère y restera. C'est beaucoup réduire le concept de commerce à son seul aspect mercantile. Il m'apparaît plus vaste que ça.


Si on examine l'idée en y incorporant les notions d’argent et de pouvoir, je crois que l’argument principal (commerce = anneau de mariage de la vie) peut toujours résister à l'analyse. La vie ne sourit-elle pas un peu plus aux riches laissant aux autres que des miettes d’espace? Mais si l'idée de commerce embrasse les notions d'échange, de partage on devrait la voir dans un cadre plus vaste même si je saisis bien la mécanique de la roue partant du commerce pour fléchir vers l’argent puis le pouvoir, et à la limite vers la politique. Ça nous travaille depuis des millénaires. Mais en fait c'est parce la vie nous travaille. 

Je me demande si le Bing Bang ne serait pas l’explosion du commerce à l’échelle extra-planétaire?


Je finirai cette illustration me référant au débat que je surveille de bien loin, débat en terre québécoise, touchant la situation des bénéficiaires de l’aide sociale, et dans lequel la chef de Québec Solidaire, Françoise David avançait : on ne s’attaque pas à la pauvreté, on s’attaque aux pauvres. Elle rejoint une des bases de la pensée du philosophe Jean Bédard. Mais j’avoue que c’est vraiment une autre discussion…


Si la vie est enserrée au commerce de façon quasi intrinsèque; s’il y a inégalité dans les rapports que l'on entretient avec celui-ci; alors la vie ne serait-elle pas davantage objective que subjective? Je sais, cela n’est en rien une vérité mais elle me semble se vérifier tous les jours et dans plusieurs endroits. 


Je quitte donc le Café Riverside avec, en tête, que mon séjour au Vietnam entrera d’ici quelques heures dans son dernier mois... que mon commerce avec le Vietnam s'achèvera sans que l'anneau que cette civilisation m'a mis au doigt ne me quitte.

En terme pratique, sans doute une ou au maximum deux autres chroniques à venir.



À la prochaine

3 petits PS:

1) je vais chiquer du bétel pour la première fois de ma vie aujourd'hui... j'en ai trouvé auprès d'une dame âgée dans un marché du District 6. Elle s'est moqué de moi alors qu'elle me l'a fait goûter et qu'après deux secondes je crachais tout un peu partout;

2) après avoir chiquer, je vais le goûter en le faisant infuser dans l'eau bouillante;

3) alors que je soupais (dînais pour ici) dans un restaurant de rue du District 5, j'ai aperçu un formidable hibou qui voltigeait d'un toit à un autre... en plein coeur de Saïgon.






Entre nostalgie et fantaisie ... (54)

Se présente dans l'imaginaire poétique, sans origine logique, une série d'images bigarrées, une palette de couleurs artificielles, u...