vendredi 5 avril 2019

5 (CINQ) (CENT SOIXANTE ET UN) 61



La base de mon argumentaire reposera sur le concept de cohérence c’est-à-dire l’harmonie, le rapport logique, l’absence de contradiction dans l’enchaînement des parties d’un tout. Cohérence dans les propos ainsi que des actions qui s’ensuivent. Je tiens par-dessus tout à ne pas tomber dans les raccourcis, les modes du jour, pire encore, l’ex-cathedra.

J’allègue que l’humain du XXIe siècle, l’Occidental en particulier, confronté aux deux périls modernes que sont la menace de l’islamisme politique intégriste et l’autodestruction de l’habitat (la Terre) vit une forme d’anxiété qu’il peine, d’une part à contenir et d’autre part exige de lui des réajustements essentiels, intrinsèques et viables.

L’atavisme qui est la transmission à l’intérieur d’une communauté humaine, d’un savoir-vivre, d’un savoir-faire, dans son application sommaire, veut que par hérédité ou quelque chose s’y rapprochant, nous soyons portés à l’imposer aux individus nouvellement installés autour de soi. Recourir à l’atavisme serait dans le cas qui nous occupe d’exiger de tout immigrant, réfugié volontaire ou non, nouvel arrivant, pour faire partie du groupe, se doivent d'adopter obligatoirement les règles, les valeurs, les habitudes de ceux chez qui ils ont choisi de continuer ou refaire leur vie, cela me semble incontestablement installé. Apparaît alors une minorité tout à côté d’une majorité.

La question qui se pose alors serait celle des droits et libertés, autant individuels que collectifs. Lesquels doivent prévaloir ? Une majorité peut-elle, arguant que nous vivons dans une société de droit et démocratique, exiger une communion de pensée de la part d’une minorité les obligeant à manifester un agir essentiellement calqué sur le sien ? Les membres des minorités ont-ils l’obligation morale de faire abstraction, du moins publiquement, de leurs racines ancestrales pour être considérés comme  membres à part entière de leur pays d’accueil ? Les lois, celles en place et celles qui suivront, devant respecter les chartes promulguées par des gouvernements élus, afin d’éviter d’être qualifiées d’iniques, peuvent-elles contraindre une partie plus ou moins importante de la société au nom du bien commun ? Existe-t-il dans l’histoire des peuples des moments critiques qui en appellent à la suspension des droits et libertés afin de calmer le jeu ou encore pour poser des jalons temporaires face à une situation jugée critique ? Mille autres interrogations viennent à l’esprit selon notre compréhension des événements alimentant l’actualité politique, économique ou sociale.


Pour ma part je crois

. qu’un gouvernement élu légitimement doit lire le temps présent, prévoir le temps futur en tenant compte du temps passé;

. qu’un gouvernement élu légitimement doit obligatoirement se tenir à distance de toute influence - économique, religieuse - pouvant altérer son objectivité, sa cohérence et sa recherche constante du mieux-être des citoyens, cet ensemble d’individus dont il a le mandat et la responsabilité de respecter, conscient que les histoires, les racines, les croyances sont différentes;

. qu’un gouvernement élu légitimenent est en service auprès des citoyens sans obligatoirement être à leur service;

. qu’un gouvernement élu légitimement doit légiférer en tenant compte de l’ensemble et non pas de groupes hétéroclites voire disparates;

. qu’un gouvernement élu légitimement, évitant de devenir instrument de vengeance, un outil au service d’intérêts privés ou corporatifs, s’assure que  la justice collective prime sur tout;

. qu’un gouvernement élu légitimement doit manifester de la perspective dans ses actions, de la transparence dans ses agirs et de l’équité dans ses actes;

. qu’un gouvernement élu légitimement doit être cohérent avec lui-même et en mesure d’adapter ses politiques aux grands enjeux sociétaux;

. qu’un gouvernement élu légitimement ne doit en aucun cas céder à la panique et à la peur, fixant au plus haut de l’échelle la barre de la clarté de sa vision et sa compréhension des interrogations que pose le monde d’aujourd’hui;

. qu’un gouvernement élu légitimement n’est ni multiculturel ni interculturel, il est fondamentalement culturel;

. qu’un gouvernement élu démocratiquement est le bouclier que la société se donne afin que les droits, les libertés n’enfreignent pas les responsabilités comme corollaires à ceux-ci.



Pour ma part je ne crois pas :

. qu’aucun citoyen, qu’aucune citoyenne d’une société doivent exiger de la part de son gouvernement que celui-ci prenne en charge, à leur place, toute la part des responsabilités ne leur laissant que les droits et les libertés;

. qu’un citoyen qu’une citoyenne d’une société participent au processus de la vie démocratique strictement en se présentant aux urnes lors d’une élection;

. qu’un citoyen, qu’une citoyenne d’une société ne doivent pas respecter libérément ou non, les concensus que l’ensemble se donne;

. qu’un citoyen, qu’une citoyenne d’une société ne doivent pas ressentir comme un devoir fondamental de connaître, s’approprier et même promouvoir les valeurs de la communauté dans laquelle ils vivent: valeur pris dans le sens du caractère, de la qualité de ce qui est désiré, estimé parce donné et jugé comme objectivement désirable ou estimable;

. qu’un citoyen, qu’une citoyenne d’une société ne puissent pas manifester un esprit grégaire en assumant le poids des souffrances collectives lorsqu’elles se présentent.


Arrivé à cette étape de mon sujet - que je souhaite être autre chose qu’une tirade - je plonge directement dans la situation qui prévaut au Québec.


                             


Le Canada est un pays composé de deux nations, non pas un pays créé sur la base du multiculturalisme qui m’apparaît comme une construction de l’esprit ayant une tout autre résonnance chez mes concitoyens anglophones qu’au Québec, cette nation qui est ma patrie, l’a toujours été et le demeura toujours. Il m’est impossible, intellectuellement et moralement, de ne pas y croire au plus profond de mes fibres. Je souhaite ce Québec indépendant tout comme j’appelle mes amis canadiens à le devenir à leur tour, puisqu’ils ne le sont pas. Ni l’un ni l’autre le sommes. Les attaches, j’oserais dire les amarres, qui nous retiennent au quai des pays sous emprise étrangère, ces liens dont je comprends qu’il nous soit difficile de s’en détacher, se solidifient par des politiques dites nationales alors qu’elle ne peuvent absolument pas l’être. Les politiques nationales du Québec sont québécoises, celles du Canada sont canadiennes.

Je vis au Vietnam depuis près de 8 ans. Mon quotidien se vit en Anglais et je l’enseigne à des Vietnamiens. Lorsque je parle du Québec,  cela a plus de résonnance maintenant qu’il en avait il y a quelques années alors que pour bien me situer comme étranger, je devais me déclarer Canadien, muni d’un passeport canadien. Maintenant on sait que le Québec est une terre francophone distincte de la France, du Canada et qu’un important mouvement promeut l’idée d’indépendance qui est très loin de leur être indifférente.

Malgré mon statut de résident permanent au Vietnam, le Québec m’habite. Je ne peux demeurer insensible à ce qui s’y passe. Le merveilleux dans ma patrie, c’est son dynamisme, sa façon de s’intéresser à toutes les affaires de ce bas monde, sa manière à la fois émotive mais tellement claire d’opiner sur ceci ou cela. J’y vois une preuve de sa vigilance, de sa volonté d’apprendre sans jamais oublier qui il est. Ces atouts, il les développe au contact des autres tout en conservant les pieds bien ancrés dans sa réalité propre même si elle n’est pas encore complètement bien définie.

Tout comme l’humain du XXIe siècle, le Québécois, humain d’Amérique issu de la culture européenne, se voit confronter aux dilemnes actuels de notre monde. Il a su habilement et pragmatiquement se démarquer du phénomène de peur lié aux événements du WTC,  y distinguant la part qui revient aux Américains de celle qui a alimenté la riposte des terroristes islamistes. Il n’a pas pris position ni pour l’un ni contre l’autre, il y a vu - ce que je crois devait être vu - soit un conflit frontal entre deux conceptions du monde. Il a reconnu les fautes historiques liées à la tentative hégémonique américaine et compris, sans les sanctionner, la réponse islamiste.

Le Québec est au premier rang des défenseurs de la planète et cela autant chez lui qu’au Canada et dans le monde. Mieux, il est proactif. Sa jeunesse a pris la parole, les gens recyclent, réutilisent, s’abstiennent de tout geste pouvant nuire à une dégradation du climat, malgré le fait que son gouvernement actuel ne semble pas hyperactif sur la question. Je crois que la percée importante du parti politique Québec solidaire est due, en majeure partie, aux éléments de son programme exigeant des actions immédiates et urgentes face aux changements climatiques.


Alors, que penser du projet de loi 21 qui se discute actuellement à l’Assemblée nationale du Québec affirmant haut et fort la laïcité de nos institutions, l'adjoignant à la charte des valeurs québécoises ? Y a-t-il péril en la demeure ? Serions-nous devenus intransigeants en s’attaquant à certains droits individuels ? L’apparence extérieure des gens occulte-t-elle la question au point de s’approprier toute la scène ? Pourquoi un tissu couvrant le visage des femmes serait aussi, sinon plus redoutable que les armes en circulation ? Les signes religieux (affichés autant par des femmes que des hommes) sont-ils par définition ostentatoires ? Les services rendus aux citoyens seront-ils de meilleure qualité s’ils sont fournis par des employés revêtus de manière telle qu’on ne puisse y détecter quelque prosélytisme que ce soit ? Est-ce que la sécurité nous met à l’abri de tout danger potentiel ? Sommes-nous en plein débat symbolique ? Islamophobes, les Québécois ? 

Tout un programme qui fera l’objet du prochain et dernier billet traitant de la question.




mercredi 3 avril 2019

5 (CINQ) (CENT SOIXANTE) 60

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Le cadre mis en place émet l’hypothèse voulant que l’humain du XXIe siècle, ébranlé par l’apparation d’un nouveau paradigme dans lequel il peine à se reconnaître, doit s’adapter à une façon de vivre qui allierait des idées divergentes dont il ne saisit pas toute l’étendue parce qu’elles proviennent d’ailleurs, qu’il n’a pas reçu ou cherché à prendre connaissance des informations nécessaires à leur juste préhension et soumis, parfois malgré lui, à de l’information s’apparentant davantage à des "modes d’emploi", des façons rapides de se les approprier, de sorte qu’il nage entre vulgarisations simplistes et incompréhension pure et simple.


Il lui est plus réconfortant de s’en remettre aux bases mêmes de sa civilisation (parfois les plus superficielles) craignant d’avoir à modifier en profondeur sa manière d’être. Rien de plus normal alors que l’actualité confirme à ses yeux l’idée que le danger, venu d’ailleurs, s’en prend directement aux fondements mêmes de sa pensée occidentale traditionnelle (souvent les plus apparentes).

Autant les méchants russes de l’époque de la guerre froide représentaient la catastophe, autant, maintenant, celle-ci provient du monde islamiste. Cette idée paraît réductrice, mais tout semble concourrir à la subsumer.

Départageons deux termes essentiels à mon propos.

Un musulman est un fidèle de l’islam, religion monothéiste fondée par Mahomet au début du VIIe siècle et dont le fondement est le Coran, livre saint et parole de Dieu révélée à Mahomet, et la Sunna, enseignement et vie du prophète. Le mot islam signifie soumission à la d’Allah (Dieu). Les musulmans se divisent en deux courants principaux: le sunnisme (84%) et le chiisme (16%).

L’islamisme est un mouvement regroupant les éléments les plus radicaux de l’islam. Ces courants veulent faire de l’islam une idéologie politique qui passe par l’application rigoureuse de la charia (loi islamique basée sur les préceptes du Coran) et la création d’états islamiques.

Il découle de ces deux définitions que l’inquiétude ressentie par beaucoup de gens réfère davantage à l’islamisme qu’aux musulmans professant leur foi comme tout autre individu religieux. C’est ici que se présente des agents de discorde majeurs: le rôle de la femme lui semble archaïque, le fait qu’elle ne soit pas considérée comme égale à l’homme (cela dans tous les domaines), mais à son service; la manière dont se pratique l’islmamisme choque; une certaine intransigeance lorsqu’il s’agit de leurs rituels; s’ajoute inévitablement l’idée que cette croyance préconise un ultra-conservatisme, le non-progrès; la violence des terroristes actifs depuis avant 2001, prétendant agir au nom d’Allh, se confond avec l'image qu'il se fait de cette religion.

À ce premier péril s'ajoute celui de l'environnement qui pend au-dessus de la tête de notre humain du XXIe siècle, comme une épée bien connue. Celui-ci  s'ajoute à ce qu'il doit gérer le faisant osciller entre "énigme" et "mystère". 
Énigme, c’est une chose difficile ou impossible à comprendre      alors qu’un mystère,     c’est ce qui ne peut être expliqué par l’esprit humain dans la nature, ou dans les destinées humaines: ce qui est inconnaissable.

Je m’en tiendrai à l’énigme, sans doute parce que l’être humain en soi en est une formidable. Sans débattre des évidences, à savoir que le monde musulman est ce qu’il est, qu’il n’a pas encore, à ce que je sache, prit la direction d’une remise en question de ses croyances intrinsèques comme l’on fait d’autres religions, d’autres spiritualités, force est d’admettre que cette façon de voir le monde dans lequel nous vivons se trouve encore à des lunes de ce que la science nous a appris au cours des siècles et encore maintenant. L’agnoticisme (doctrine ou attitude philosophique qui considère l’absolu inaccessible à l’esprit humain)      ainsi que l’athéisme     (doctrine ou attitude fondée sur la négation d’un Dieu personnel et vivant), ne peuvent en aucun cas y trouver leur place.

Pour une foule de gens, la spiritualité doit primer sur la religion, être un apanage personnel et considérée comme un choix individuel comportant des pratiques qui n’ont pas à être perçues comme prosélytiques, une réalité nous appartenant en propre.

Dans l’histoire de l’Occident, et les exemples pullulent, les religions ont cherché à endoctriner afin de civiliser des sauvages - s’entend par ce terme des gens n’ayant pas été mis en contact avec une civilisation, évoluant dans des milieux proches de la nature ou conservant certaines qualités considérées comme idéales. En remontant très loin, on peut constater que la fusion entre les religions et les états qui les régentaient, poursuivaient des objectifs qui, sans être communs, ne pouvaient être isolés l’un de l’autre. Cela nous aura marqué.

Existait-il, à une époque encore récente, un péril chrétien lors que cette religion cherchait à étendre son réseau d’influence ? Si oui, si la comparaison tient la route avec ledit péril islamiste actuel, alors examinons-en les conséquences. Si non, alors faut-il parler d’un tel péril ? Notre énigme devient dilemne...

Le 13 janvier 1898, Émile Zola publie en première page du journal L’Aurore, un important article sous forme de lettre adressée au Président de la République française Félix Faure, qu’il titrera J’accuse. Il démolissait systématiquement les preuves, qui selon lui n’en furent pas, ayant mené à la condamnation du capitaine Alfred Dreyfus, accusé de trahison. Cette affaire souleva la question de l’antisémitisme qui s’infiltrait dans la société française et par extension, au monde européen. Zola venait de lancer une pierre dans la mare...

Y aurait-il un lien plus ou moins direct à établir entre la montée de ce sentiment haineux et raciste avec l’arrivée, quelques années plus tard, du parti dirigé par Hitler, en Allemagne, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands et des tristes conséquences qu’en subirent plus de 6 millions de Juifs ? On serait porté à y voir une cause et son effet.

Par extension, peut-on penser qu'en réaction au péril islamiste, certaines gens y trouvent là un modèle, une marche à suivre ? La question se pose, du moins certains y répondent en promouvant l’idée que chacun devrait demeurer chez lui... que toute forme d’immigration en provenance de pays musulmans s’apparenterait à une invasion déguisée... que bientôt les lois occidentales seraient un copier/coller de la charia... qu’il faudrait interdire la construction de mosquées et refuser que des cimetières musulmans s’installent sur notre territoire... que les accomodements raisonnables ne seraient que des excuses pour ne pas s’intégrer à notre culture... que de toute manière, un musulman ne saurait, jamais au grand jamais, s’adapter à nos valeurs occidentales...

Je parlais de repli sur soi (individuel et collectif) dans un billet précédent. On le ressent, mieux, on le voit apparaître sous diverses formes alors que le concept de nationalisme est déformé pour en faire une idéologie de haine et de fermeture aux autres. L’effet champignon produit par certaines idées mène à la création de mouvements défendant par des mots, parfois extrêmement subversifs, que l’identité occidentale est menacée par l’extension de l’islamisme. Les gestes irréparables que sont les tueries qui nous ont tous horrifiés, que ce soit en France, au Québec et plus récemment en Nouvelle-Zélande, furent glorifiées par des adeptes de la vengance du christianisme face aux barbares islamistes avides de sang impur. D’autres les citent en exemples pour démontrer que le mouvement islamiste est plus que présent, il se fait menaçant.

D’autre part et à son opposé, on évoque des arguments allant dans le sens que notre monde ne peut résoudre cette douloureuse équation qu’on optant pour le multiculturalisme ou, pour les plus modérés, l’interculturalisme.

Allons voir ce qui en est au niveau des définitions.

Le multiculturalisme est un terme utilisé dans de nombreuses disciplines comme en sociologie, en anthropologie et en philosophie politique. C’est un terme ambigu qui peut signifier un pluralisme culturel dans lequel les différentes ethnies collaborent et dialoguent sans avoir à sacrifier leurs identités particulières.

L’interculturalisme est une philosophie d’échange entre les groupes culturels d’une société. La notion d’interculturalisme intervient comme moyen privilégié de sensibilisation à la diversité culturelle.

Il est facile de constater que ces deux notions revêtent des habits fort différents selon leurs provenances. Au Québec, cette question est cruciale du fait qu’on ne peut l’isoler de la situation politique. Un débat qui mériterait des heures et des heures de discussions. Une chose toutefois m’apparaît indéniable: l’une et l’autre se sont invités dans le débat et on ne peut esquiver ou faire semblant que cela n’est pas une donnée importante puisqu’elle se situe au coeur même des chartes des valeurs, autant canadienne que québécoise. De plus, l’ombre Trudeau obscurcit encore le paysage, lui qui voyait le nationalisme comme une plaie, se référant aux mouvements qui s'y réclamaient lors de la Deuxième guerre mondiale et par après.

Peut-on parler d’un certain clivage de la société par rapport au péril islamiste ? Je le crois, et la pensée critique en prend pour son rhume. On  se réfère, d’une part, à des complots bien orchestrés par de machiavéliques individus et d’autre part, ceux qui croient que vivre ensemble est l’idéal à poursuivre. Le doute et son associé, le questionnement en profondeur, ne doivent pas laissé place à des convictions inébranlables comme celle voulant que deux rouleaux compresseurs sont en marche, que rien ne pourrait les arrêter et qu’au bout de sa route, NOUS serions tous perdants face au péril islamiste et celui que je vais maintenant aborder.

J’en appelle à l’intelligence des gens, à leur discernement, conscient des routes tortueuses qui nous y ont menés, à quelles sources s’elles s’abreuvent. Dans un billet subséquent, je compte m’interroger sur ce qui, à mon avis, doit être fait à court et à moyen terme.



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La crise environnementale représente donc notre second péril, par son ultimatum lancé à la survie même de l’espèce humaine sur cette planète étouffant sous les émanations du carbone. La nier relève quasiment de l’hérésie (un mot directement lié à la religion, faut le faire...).

À la différence du premier péril qui relève plus de la perception et de l'ignorance, celui-ci est à notre portée, nous pouvons agir directement afin de l’écarter, sauf que la volonté politique ne semble pas suivre le mouvement qui, admettons-le, commence sérieusement à interpeler la conscience des pays de la Terre. L’Occident s’en préoccupe davantage alors que l’Orient se plait à y voir un vice lié au capitalisme à outrance, l’oeuvre d’une importante partie du monde remontant quasi à l'ère de la révolution industrielle. Sauf que l'extension du néo-libéralisme se propage comme une pandémie un peu partout.

Comment réagira l’humain du XXIe siècle, l’Occidental surtout, face à ces deux crises majeures ? Selon le sociologue Edgar Morin qui fait l’éloge de la pensée complexe, "... la crise se manifeste non seulement comme fracture dans un continuum, perturbations dans un système jusqu’alors apparemment stable, mais aussi par la transformation des complémentarités en antagonismes, le développement rapide des déviances en tendances, l’accélération de processus déstructurants/désintégrants.”

De mon côté, le portrait m’apparaît suffisamment clair. Il n’est ni optimiste ni pessimiste, et je ne penche pas vers le fatalisme qui, souvent, ressemble à une façon élégante de tirer sa référence face aux questions.

On verra bien.

dimanche 31 mars 2019

5 (CINQ) (CENT-CINQUANTE-NEUF) 59



L’année 2000 sonna à notre porte quelque peu hésitante car un bogue effroyable devait l’accompagner: un bogue est un défaut de conception d’un programme informatique à l’origine d’un dysfonctionnement. Tous s’enflammèrent devant ce qui semblait ressembler à la fin du monde... Que fera-t-on par la suite ? Sera-t-il à nouveau possible de recouvrer nos données qui, en un fort court laps de temps, le passsage de 23 heures 59 à 0 heure 01 le 31 décembre 1999 au 1er janvier 2000, devraient s’envoler pour se perdre dans la nuit des temps ?

Sauf que rien de cette apocalypse annoncée ne se produira. Le YK2 bug et le YK2 bomb, comme ils furent appelés, aura coûté des milliards de dollars américains afin de "réajuster", sous forme numérique, les programmes informatiques.

Le nouveau siècle se présentait sous une étrange augure, mais l’année suivante, la 2001, le secouera davantage, comme si cela pouvait être possible: la tragédie du WTC et ses formidables répercussions. Je n’y reviendrai pas, mais cela doit demeurer en fond d’écran.

Le père Bush, ancien Président des USA avait mené, d’août 1990 à février 1991, une croisade féroce contre l’Irak qui avait envahi le Koweit. L’ONU lui donna son aval. Stoppant son intervention à l’entrée de Bagdad, il ne songea pas à détruire le régime dictatorial de Saddam Hussein; le pointer du doigt comme étant un réfuge terroriste, un grenier rempli d’armes de destruction massive - sans toutefois être en mesure de prouver ses propos - cela allait lui suffire.

Quelques années plus tard,  le fils Bush, George, devenu à son tour Président des USA allait poursuivre l’oeuvre entreprise par son paternel. Il déclara la guerre (2003), une guerre définitive cette fois contre Saddam Hussein qui fut, quelques années auapravant, un important allié contre l’installation d’une théocratie islamique en Iran. Autant l’ONU qu’une foule de pays, dont le Canada, refusèrent de le suivre, les preuves apportées leur semblant peu crédibles voire équivoques. La région en fut ébranlée. Les télévisions du monde entier retransmirent des images de la pendaison (2006) d’un Saddam Hussein défiguré par une barbe de plusieurs jours, cet homme qui se cachait un peu partout, le rendant quasi introuvable.

Puis, ce fut la Libye, la chasse à Khadafi dans ce qui sera l’élément déclencheur du Printemps arabe; les rebelles libyens l’assassinèrent en 2010, profanant son corps sans vergogne. Par la suite, sous Barack Obama, la mission dirigée contre Ben Laden aboutit, en 2011, à sa découverte au Pakistan, puis sa liquidation. Son corps sera immergé en haute mer.

En 2014, nous apprenions la naissance de Daesh (l’État islamique), rapidement identifiée comme successeur d’Al Qaida à qui la venue du terrorisme moderne est attribuée. L’État islamique, d’obédience salafiste djhiadiste, tout comme Al Qaida, proclamera la naissance d’un califat sur les territoires sous son contrôle. Un califat est par métonymie le territoire et la population musulmane qui y vit reconnaissant l’autorité d’un calife - soit un successeur de Mahomet (prophète de l’Islam) dans l’exercice politique du pouvoir. Les territoires qu’identifie l’organisation terroriste sont importants alors que sa  zone d’influence se répand trop rapidement selon les Occidentaux. Les cruautés qu’il revendique, imprévisibles et sauvages, dépasseront les limites du Moyen-Orient alors qu’il s’en prendra à des nations ayant pris partie contre lui. L’islamisme intégriste, on ne devait plus être en mesure de l’ignorer, et le combattre alimenta la guerre civile en Syrie.

J’oublie (ou j’omets volontairement) une série d’événements qui parsemèrent les 20 premières années du nouveau millénaire. Je m’en tiens qu’à l’essentiel afin d’entrer dans des propos plus subjectifs.

Force est de constater que la polarisation des forces internationales se concentre à partir de nouvelles idéologies. Nous sommes, à mon avis, entrés dans un affrontement global Occident / Orient. L’humain peut-il vivre sans conflits de tout ordre? Ici, le principal réside dans ses divergences fondamentales de principes qui les régissent, appellant des positionnements situés aux antipodes, à des actions/réactions discordantes mais toujours ennemies l’une envers l’autre.

Un ami me demandait pourquoi j’ai choisi de vivre dans un pays communiste, sous le joug de la non-liberté individuelle ? Je réponds aujourd’hui différemment que je l’aurais fait il y a cinq ans. Tout est niveau du sens que l’on donne au mot liberté. En Occident, c’est davantage la liberté individuelle qui nous préoccupe alors qu’au Vietnam prime la liberté collective. Les droits de l’homme n’ont pas du tout la même portée. La protection de l’indépendance du pays (le Vietnam) surbordonne toutes les lois, même celle sur la censure. On doit allégeance entière et complète à la nation, Hô Chi Minh parle davantage de la patrie, celle qu'il aura réussi à unir. Si longtemps occupé, oppressé et envahi par différents pays (la Chine, le Japon, la France, les USA), cela depuis plus de 2000 ans, le Vietnam a intégré dans ses moeurs et sa culture une volonté inaliénable de protection du territoire et de tout ce qu’il englobe.

Certains sites que l’on retrouve sur internet sont proscrits, d’autres sous haute surveillance et toute critique du régime susceptible d’être punie sévèrement. Pas de place pour l’opposition, pas de lieu toléré affichant une remise en question de l’État, ses lois et ses prérogatives. Les forces policières et militaires y veillent avec une attention soutenue. Cela ne signifie pas que le peuple vietnamien soit enchaîné, assujetti à la pensée unique du parti au pouvoir. Il ne veut plus jamais la guerre sur son territoire et croit que le régime actuel peut l’en préserver.

Depuis les 20 premières années de l’an 2000, c’est vis-à-vis l’ampleur du développement islamique que l’Occidental moyen porte son attention. La terreur installée en 2001  grandit alors qu’il semble que quelque part cela puisse être encouragé, du moins utilisé. Répondre à la peur par une amplification souvent exagérée de la sécurité serait devenu l’apanage de nos institutions politiques.

Les principaux points d’ancrage choisis afin d’assurer ladite sécurité se fixèrent autour des domaines de l’aviation civile, des contrôles frontaliers, de l’immigration, la nomenclature des pays démoniaques (l’Axe du mal fut le terme utilisé par George W. Bush), la mise au banc des accusés de certaines religions, la chasse aux sorcières d’agents provocateurs incitant aux manifestations, la réduction de tout argumentaire qui devra maintenant se réduire à un "pour" ou un "contre".

Est-ce qu’en choississant les armes de la sécurité pour se protéger, on utilise les mêmes que celles qui alimentent la peur, mais sans violence affichée ?

Sommes-nous à ériger un mur entre les êtres humains, mur construit avec des matériaux de haine ?

Une chose m’apparaît plutôt évidente, le face-à-face Occident / Orient est bien installé. Démocratie versus théocratie... Un beau terme anglais kakistocracy pourrait être aussi employé pour certains gouvernements qui existent actuellement  dans le monde: la kakistocratie est un gouvernement dirigé par des personnes médiocres... Des empires s’écroulent et se désagrègent, d’autres souhaitent les remplacer, empruntant des routes identiques...

L’incompréhension, érigée en sytème, repose souvent sur le repli sur soi, un soi individuel (et collectif) qui se reconnaît dans sa géographie, ses traditions affichées dans de vieux cadres surannés.

La ligne IGNORANCE - PEUR - HAINE - VIOLENCE m'apparaît comme une équation tout à fait adéquate. 

On verra bien.

vendredi 29 mars 2019

5 (CINQ) (CENT-CINQUANTE-HUIT) 58















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Le 26 février 1993, une bombe de près de 700 kg déposée dans le parking de la tour nord du WTC fera 6 victimes piétinées en tentant de s’enfuir et plus de 1000 blessés: on prévoyait faire basculer l’une des deux tours sur l’autre. L’attentat terroriste, oeuvre d’islamistes intégristes dirigés par Omar Ben Laden, visait à dénoncer la politique américaine au Moyen-Orient qui s’appuie sur une défense inconditionnelle de l’État d’Israël, son ingérence dans cette région et en exigeait la fin. Considéré comme un échec, il allait tout de même préparer une autre action plus spectaculaire encore.

L’effondrement des tours du WTC en 2001 peut-il se comparer, au niveau de ses retombées, à la chute du "mur de la honte", celui de Berlin, en 1989 ? 

L’affaiblissement du bloc de l’Est qui suivit cet événement que d’aucuns ont qualifié de moment charnière dans l’histoire de l’Europe, permit la difficile réunification des Allemands que l’ombre de cette muraille écrasait quotidiennement ainsi qu’une profonde remise en question de l’avenir chez un des protagonistes de la Guerre froide. En effet, l’URSS admettait, sans officiellement l’avouer, son abdication devant des États-Unis affaiblis par leur douloureuse défaite au Vietnam. On croyait qu’allait naître un monde nouveau.

Dès lors, deux hégémonies cessaient de combattre, les bannières furent mises en berne. Des pays auparavant enclavés sous le marteau et la faucille soviétique, ceux de la mer Baltique, ceux que les accords de la Conférence de Yalta avaient assujetti au régime stalinien russe se retrouvent du jour au lendemain libres de leur destin avec pour mandat de réformer leurs institutions. Le Pacte de Varsovie et l’OTAN n’allaient pas se saborder, trop de militaires, trop d’armements sont en jeu. Et que faire de tout cet arsenal nucléaire présent de part et d’autre ? Des discussions débutent pour en arriver au TNT (Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires) en 1968.

La population mondiale vécut sous la menace de ces grandes puissances pouvant activer le fameux bouton déclenchant une guerre atomique, sans pour autant se dire qu’inévitablement aucun des belligérants n’auraient pu en sortir indemnes. Toutefois, les puissances de quelque nature qu’elles soient se doivent de brandir des comminations afin de bien asseoir leur pouvoir. La menace demeurera toujours un système alimentant la peur.

À la fin de la Première guerre mondiale, en 1920, naquit la Société des Nations afin de régler les différends entre les pays signataires. Elle laissera place à l’ONU (Organisation des Nations Unies) en 1945 avec à peu près le même mandat. Après avoir fait la guerre, il fallait encadrer la paix. Mince tâche !

S’ensuivit ce que j’appellerai l’ère de la diplomatie. On espérait qu’à partir de ce canal, on pourrait éviter d’autres... pires. Des hommes de grande qualité se succédèrent sur le siège du secrétariat général. Gladwyn Jebb fut le premier et parmi ceux qui y firent leur marque, notons ces quelques suivants: Doug Hammarskjöld, U Thant, Boutros Boutros-Gali, Kofi Annan. L’actuel secrétaire de l’ONU est Antonio Gueterres. Aucune femme n’a encore occupé cette fonction.

Le pouvoir, plutôt symbolique, attribué à l’organisme, se dota de dents acérées lorsqu’un certain Lester B. Pearson, ancien Premier ministre canadien suite à une carrière de diplomate, lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1957, proposa la création d’une force de maintien de la paix, les Casques bleus (1948).

Nous voici alors dans un XXe siècle désireux de voir la paix - ou plutôt l’évitement de la guerre - devenir la valeur première d'un gigantesque chantier. Ce qui n’allait nullement empêcher l'éclatement de conflits ici et là, circonscrits et localisés en des points précis de la planète. 

D’importants mouvements allant dans le sens d’une promotion des droits des individus et des peuples s’organiseront. Que ce soit la lutte pour les droits civils aux USA, la volonté de souveraineté d’une foule de nations inspirées par la réunification du Vietnam y voient des possibilités de libération du joug colonial, les revendications féministes, les différents échanges d’étudiants à travers le monde, et j’en passe.

Si je résume, le XXe siècle, qui connut deux guerres à caractère mondial mais localisées en Europe, de multiples luttes intestines en Afrique, en Asie et en Amérique latine, une reconstruction gigantesque (le plan Marshall) à partir des ruines que laissèrent les chars d’assaut et l’effroi inimaginable qui suivit l’explosion des bombes atomiques larguées sur le Japon en 1945, cherche par tous les moyens à éviter de nouvelles catastrophes tout en créant les outils pour y parvenir.

Comment tout cela peut-il avoir influé sur le système nerveux des terriens et surtout sur le système politico-économique mondial ?

Il faut ici se référer à une notion, celle de l’abiogénèse, qui s’est avérée scientifiquement impossible. Il s’agit d’une théorie qui veut que la vie peut apparaître à partir de matériaux sans vie. Aucune expérience n’aura réussi à démontrer fondamentalement l'actualisation de cette idée. Peut-on élargir ce concept à la pensée humaine ? On peut en douter puisque la génération spontanée n’existerait pas.

Si, par hypothèse, elle n’a pas de racines dans le réel matériel et chimique, il ne serait pas farfelu de croire qu’elle ne peut également s’appliquer à la pensée humaine. Alors, sans entrer dans le débat de l’inné et de l’acquis qui nous mènerait trop loin, admettons que ce que l’homme pense ne peut que provenir de ce qui s’est déroulé avant lui et continue à se dérouler autour de lui.

L’homme du XXe siècle, traumatisé par le son des bombes, des canons et des fusils, par d’innombrables morts dans tous les camps en présence, quelque peu rassuré par une volonté d’établir la paix sur le terrain et s’en remettant aux outils qu’il crée pour y parvenir, recouvrant la possibilité d’exercer une certaine forme de liberté, durement acquise pour certains, semble regarder l’avenir avec un optimisme prudent.

Toutes les évidences, les certitudes auxquelles il se référait furent secouées; il a la tâche, à la fois difficile et complexe, de les réactualiser dans un monde devenant de plus en plus pluriel. Il s’attèle à l’ouvrage, mais de manière plutôt originale. Défendre le bien commun, c’est bien, mais là il faut s’occuper de nos biens personnels. On a trop perdu dans la première démarche, on a ardemment peiné pour les récupérer un tant soit peu que maintenant regarder en soi, cultiver son jardin personnel devinrent des priorités.

L’Occident et l’Orient ne sont pas encore fait face. On s’est rendu jusqu’aux portes de la Russie et le Japon a tenté, non sans difficultés, de s’imposer face à une Chine qui jamais n’oubliera qu’elle fut, et doit redevenir, le centre du monde. La culture asiatique est issue de cet empire qui depuis le 1er octobre 1949 a opté pour le matérialisme, le communisme de Marx. Mao Tsé Tong se voit comme le nouvel empereur de ce pays immense et veut le modifier de fond en comble.

La donne mondiale, celle des années ‘50, se fait immensément complexe, mais elle ne sera plus jamais strictement occidentale.

Je tente d’imaginer, avec difficulté j’avoue, comment tout cela a pu jouer dans la tête de ceux qui, se relevant de guerres furieuses, souhaitant ne plus jamais y être confrontés, mais qui ressentent qu’à tout instant la bascule peut s’abattre sur eux. Cela ne peut que les amener à redéfinir leurs projets de vie. C’est, il me semble, inéluctable.

La Shoah, la volonté d’extermination des Juifs par l’Allemagne nazie durant la deuxième guerre mondiale, posa à l’humanité tout entière, mais davantage à l'Occident, un problème moral fondamental. Tant d’éléments y sont greffés, qu’ils soient d’ordre politique, religeux, économique et humain, qu’il est difficile d’imaginer ne pas se positionner face à cela.

Nous sommes en plein dans le système des valeurs. L’ouest du monde se déchire, conscient mais inquiet, à savoir pourquoi un tel génocide eut pu avoir lieu en Europe. L’ONU décréta, en 1948, la création de l’État d’Israël dans un environnement oriental. Encore maintenant, et sans doute pour plusieurs années à venir, cela posera problème. L’Occident et l’Orient s’approchent l’un de l’autre avec tous les risques que cela peut vouloir dire. Le “Tu ne tueras point!” est mis à rude épreuve...

Sur un autre plan, aussi important je crois, il faut regarder les raisons pour lesquelles se développent les psychologies, celles d’après-guerres...

Freud nait en 1856, meurt en 1939. Il fut un témoin des deux grandes guerres. Autrichien - tout comme Hitler - juif, il est le fondateur de la psychanalyse. Sa marque ne fait aucun doute dans l’histoire de la psychologie moderne et ses disciplines furent nombreux. Il ne s’est pas engagé contre le fascisme hitlérien comme le fit Wilhem Reich qui allia la pensée de Freud et celle de Marx.

L’influence de Freud sur les psychologies ambiantes ne fait aucun doute. Combien de gens, pour se sortir des chocs post-traumatismes de la guerre, y eurent recours, impossible de le dire, mais il faut penser que ces démarches se firent nombreuses. Le XXe siècle regorge d’adeptes qui y virent là une planche de salut.

De la psychologie, passons à l’éducation. Les pédagogues influents que furent Pierre de Coubertin, Cousinet, Cuisinaire, Decroly, Neill (Libres enfants de Summerhille), Montesorri, entre autres, cherchèrent à redéfinir nos méthodes d’enseignement, nos pédagogies et l’en-soi de l’école. Des courants de pensée projetées dans des directions opposées, inspirèrent les politiciens qui souhaiteront que l’éducation relève de la spère de compétences des gouvernements.

Impossible de passer à côté des religions. Tout comme ce fut le cas pour la psychologie et l’éducation, nos grandes références demeurent occidentales. Ceux et celles qui adoptèrent des modes de vie spirituelle plus "zen", plus bouddhiste, devinrent des déviants. On les qualifia de "hippies", de "peace and love" et à la limite de parias de la société, des dépendants paresseux ne s’adonnant qu’aux nourritures terrestres et aux plaisirs hédoniques. La morale ne leur seyait pas, eux qui disaient tout comme Léo Ferré que "la morale c’est toujours la morale des autres."

L’homme du XXe siècle, je devrais plutôt utiliser le terme "l’humain du XXe siècle", oscille entre le "moi" freudien et le "social-démocrate". La social-démocratie désigne une tendance du socialisme, une désignation recouvrant à la fois la dénomination employée par divers partis politiques, une forme d’organisation de ceux-ci, un courant idéologique et une pratique idéologique. Elle prend ses origines dans les révolutions européennes vers 1848 et aura la vie longue. Parfois, on l’utilise à toutes les sauces, mais son fondement se veut installé sur un gouvernement plus à l’écoute aux besoins des gens. Cette manière de voir la gestion des choses de la Cité se veut comme un compromis entre l’individuel et le collectif, le noyau central, le noeud gordien que la civilisation occidentale devra tenter d'éclair avant d’entrer dans le troisième millénaire.

Bardé de ce costume, l’humain du XXe siècle s’en approche tout doucement. Il va s’y engouffrer avec tout ce qu’il est devenu, tout ce qu’il est... maintenant.

On verra pour la suite.

Entre nostalgie et fantaisie ... (54)

Se présente dans l'imaginaire poétique, sans origine logique, une série d'images bigarrées, une palette de couleurs artificielles, u...