samedi 5 septembre 2015

LE CRAPAUD a 10 ans, 10 years, 10 năm


                                                                                                           





 Kết quả hình ảnh cho crapaud  


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10 
ans

Dix ans

Ten years

10
năm






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Il y a dix, 5 septembre 2005, c'était la journée de la Fête du Travail. Cette année, 2015, ça sera le 7 septembre. 

J'écrivais ce premier saut (billet en langage de CRAPAUD):                                                                                                          Kết quả hình ảnh cho crapaud



Fête du travail et le crapaud, pour une première fois, saute sur le web. Ses coassements sembleront venir de Forillon mais en fait, c'est de Montréal qu'ils partiront. Alors pourquoi Forillon? Simple! Le crapaud géant, je l'ai rencontré à l'entrée du secteur nord du parc Forillon il y a maintenant deux semaines. Un plouf! imposant comme une truite venant de rater une mouche retombe dans l'eau, je l'ai entendu alors qu'il plongeait dans un petit étang, enfin petit, comme tout peut être petit dans cette Gaspésie magnifique, un soir de promenade, après le souper alors que les pêcheurs de maquereaux se défaisaient les épaules à lancer leur ligne à pêche loin dans la mer.

Et ce crapaud, géant à cause du bruit sensationnel qu'il fit, n'est peut-être pas un crapaud. Un grand-père prenant l'air? Se racontant des histoires, des contes, celles et ceux qui commencent par... il était une fois... Se les rappelant dans sa tête pour mieux les transmettre à ses petits-enfants.


Le crapaud géant viendra, en vert et parfois en vers, baver quelques commentaires sur ce blogue et recevoir, peut-être, des répliques. Il ne se fixe ni objectifs ni agenda précis, seulement de petits sauts de crapaud quand les chemins sont hauts...

Kết quả hình ảnh cho crapaud    Dix ans plus tard, LE CRAPAUD, encore étourdi de constater qu'il a poursuivi plutôt régulièrement ces présentations qui tournent autour de ce qu'il a lu par le passé et noté dans ses cahiers de lecture, des poèmes sans date précise mais puisés là où ils dormaient fort paisiblement, ces commentaires de l'actualité, puis, il y a près de 5 ans maintenant, ses récits de voyages.



Kết quả hình ảnh cho crapaud     Il est de mise lors d'anniversaires de remercier tout le monde: voilà c'est fait. Mais surtout, en fait principalement, je tiens à remercier chaleureusement ma patience d'avoir su au cours des années me permettre de continuer sans cesse m'astreignant, parfois, à certains sacrifices afin d'alimenter ce blogue assez régulièrement. Ma patience, oui, - on sait que ce n'est pas là ma vertu première - et l'endurance itou, car cela en exige un tantinet soit peu.


                                   Kết quả hình ảnh cho crapaud


Au fil des ans, plusieurs chroniques se sont ajouté puis ont disparu, certains thèmes, à une certaine époque récurrents, dorment aux archives, mais restent et demeurent l'essentiel, à savoir:

les citations de mes auteurs favoris, ceux qui, au fil des années, ont alimenté ma pensée... 
la poésie qui a imprimé en moi le goût du dire autrement, du aller derrière les choses, du regard sur les images qui s'impriment en soi, s'amalgament et créent quelque chose d'inattendu... 
le goût de dire le voyage (voyages asiatiques maintenant) qui relance en moi l'esprit d'aventure et ce besoin intrinsèque du changement, de l'ailleurs, du bris de routine...



                                                           Kết quả hình ảnh cho crapaud


LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON a maintenant dix ans. Prenons un court instant, chacun pour soi, et regardons ce qui reste de cette décennie; 
est-ce exact que le temps passe aussi vite qu'on le dit?
est-ce ...   est-ce ...  Kết quả hình ảnh cho crapaud


Je ne pourrai jamais oublier le bureau installé dans l'appartement de Montréal donnant sur la rue LaFontaine, là où le tétard trouvé au nord du Parc Forillon en Gaspésie devint ce crapaud qui a répandu sa bave sans jamais souiller quelque blanche colombe, a écrit, acceptant que la retraite toute joucencelle à l'époque puisse partager son temps entre ce blogue et la marche dans les rues et ruelles montréalaises.       Kết quả hình ảnh cho crapaud



Nous reverrons-nous dans dix ans?
Je nous le souhaite.
D'ici là, je dis...
... à la prochaineKết quả hình ảnh cho crapaud



Kết quả hình ảnh cho crapaud

dimanche 30 août 2015

Campagne électorale et marché public

Kết quả hình ảnh cho légumes









     Où en sommes-nous? Les jours passent nous menant irrémédiablement d’abord vers septembre puis octobre… au 19 : journée fatidique, journée du VOTE.


Lors du dernier billet qui traitait de la campagne électorale en cours au Canada depuis le 2 août dernier – un rappel ici de la date car souvent et rapidement notre mémoire à la fois sélective et fugace se rouille et oublie – donc, lors de ce dernier billet j’annonçais en grande pompe que le prochain ferait la démonstration qu’une campagne électorale est à l’image d’un grand marché public.

D’abord, il m’apparaît opportun de potiner un peu. Le potin relève du bavardage, du commérage se vautrant dans des propos frisant la médisance. On voit tout de suite que c’est plus intéressant que la vérité surtout, comme tentait de le faire entendre le dernier billet (Semi électoral), la politique et le mensonge ont souvent tendance à valser sur la même musique.

Je reviens au marché après ces quelques potins.

Potin 1)

     Il est fort probable que le Crapaud puisse servir de poteau au Parti Vert qui n’a pas encore déniché un candidat dans le comté de Saint-Hyacinthe-Bagot. Un poteau, dans le vocabulaire électoral, se définit ainsi : un quelconque quidam offrant son nom et autres utilités légales à un parti politique afin que les électeurs d’un comté soient en mesure de voter pour celui-ci, permettant au parti politique de récolter quelques sous (un vote = je ne sais trop combien de $) ainsi que de pertinentes informations sur le degré d’intérêt qu’il suscite. Lors de l’élection tenue au Canada en 2011, quelle ne fut pas la surprise de plusieurs poteaux représentant le NPD de se retrouver en fin de campagne et après le vote… élus et sur le coup projetés dans l’arène politique à titre de députés! Comme les chances qu’un candidat du Parti Vert soit élu sont de l’ordre de l’infinitésimal, le Crapaud ne voit pas trop de risque à servir de poteau. Nous suivrons l’évolution de ce potin et vous tiendrons informés.

Potin 2)

     Aung Sang San Suu Kyi, leader birmane et Prix Nobel de la Paix, s’appellerait plutôt Anne Sansoucy selon mon ami Jean Choquette. Voici la question qui me taraude le cerveau depuis la présentation des candidats du NPD : serait-elle une parente proche ou éloignée de Brigitte Sansoucy qui portera les couleurs de ce parti dans le comté de Saint-Hyacinthe-Bagot? Si oui, vous voyez illico le dilemme qui s’abattrait forcément sur le Crapaud. Pourrait-il se mesurer à une parente (proche ou éloignée) de son idole?

Potin 3)

     En période électorale, période fort active il va sans dire, les sondages remplacent tous les oracles habituels. Le Crapaud ne peut pas nier que les chiffres parlent et nous révèlent souvent des vérités sybillines. Comme le temps électoral n’est guère propice à la véridicité des propos et des opinions, que faut-il comprendre des résultats des différents sondages qui pleuvent sur nous comme de grands oiseaux morts sous la canicule. Surtout, écoutez mon conseil: ne jamais les prendre à la légère. Lorsque plus de 1000 personnes, celles-ci interrogées par des professionnels de la question et de la réponse, vous disent, pourcentage à l’appui, qu’aujourd’hui elles vont appuyer tel parti parce qu’hier celui qu’elles croyaient être le meilleur les a déçues et qu’elles comptent bien, demain, modifier leur opinion si celui-là ne s’avère plus à la hauteur de leurs aspirations, vous voyez comment ou combien devrais-je plutôt dire, jusqu’où un sondage palpant le pouls de la population s’avère un modèle probabiliste hasardeux et incertain.

Potin 4)

     Ne vous fiez pas plus aux éditoriaux qu’aux sondages. C’est ce que nous disent les chefs politiques. Pour quelle raison? Je ne le sais pas plus qu’eux.



     Allez, laissons les potins de côté et abordons l’objet premier de ce billet : le marché public comme métaphore de la campagne électorale. Métaphore étant une figure d'expression fondée sur le transfert à une entité du terme qui en désigne une autre.

                                     Kết quả hình ảnh cho légumes

Immédiatement, juste à l’œil nu, faire un parallèle entre ''marché public'' et ''campagne'' va de soi. L’un n’allant pas sans l’autre. On retrouve au marché public les produits de la campagne. Creusant en terreau fertile, on doit admettre que les produits que l'on retrouve au marché public doivent passer par une période, plus ou moins longue selon leur complexité génétique, allant de la semaison à la récolte. Il en va de même pour une campagne électorale. Force est d’admettre que les changements climatiques ont obligé le Prime Ministre à rallonger le temps de gestation afin que la moisson s’avère intéressante. Nous n’allons pas reprocher au Prime de tenir compte d’une réalité qui, en temps ordinaire, ne lui effleure même pas l’esprit.

On a semé. Les partis politiques ont affuté leurs armes, raffiné leurs stratégies, vampé leur programme et, surtout, ils annoncé par des promesses mirobolantes que la fenaison serait, sous leurs pioches et râteaux, la meilleure qui soit.

On a bêché, enlevé les mauvaises herbes, arrosé, épuré pousses et promesses de légumes tout comme les partis politiques ont choisi ceux et celles (en moins grand nombre) qui pouvaient s’avérer présentables en raison de leur bette, leur expérience, leur aisance à dire, médire et redire les lignes que le parti leur soufflera dans le dos comme on prend soin du potager mais pour eux l’objectif sera de partager la bonne et belle nouvelle.

Le temps passera et nous voilà arrivés au marché public. En lieu public. Déambuleront devant les légumes, devant les politiciens (sans mauvais jeu de mot) toute une kyrielle de gens désireux de se procurer carottes et tomates…

Ce temps passé au marché public, ce temps où on se doit absolument de vendre est certainement le plus crucial pour le légume ou le politicien. Temps critique. Faut se tenir bien, se tenir beau. Faire bien, faire beau. Un regard et tout est joué. Le choix, après tâtonnements, hésitations, doutes parfois tergiversations, barguignages même… et tel concombre, tel navet, tel poireau ou les trois se retrouvent dans un panier à provisions ou à prévisions.

Souvent, et cela est triste, une fois le choix fait au marché public, le consommateur ou l’électeur déniche une autre occasion, supérieure à la première, celle à laquelle il a donné son aval; il se dit alors : ça sera pour la prochaine fois.

Une campagne électorale et un marché public. Que retenir de cette comparaison? Le Crapaud n’en voit qu’une seule et unique : nous devrions nous-mêmes faire notre potager; récolter ce que nous semons car voilà ce dont nous avons réellement besoin; nous méfier des épouvantails qui s’immobilisent dans les grands champs Mosanto ou qui immobilisent l’environnement. Chacun à notre petit potager dans lequel on recueillera les fruits et légumes de notre labeur et que l’on saura partager avec nos voisins et nos amis.

À bon épandeur, salut!

À la prochaine

dimanche 16 août 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-NEUF (69)


     Période électorale oblige, alors je vous demande de recevoir le quatre-cent-soixante-neuvième saut avec un esprit différent. Celui-ci ne concernera pas directement la campagne électorale (longue et coûteuse) mais exigera qu’on le lise avec, en tête, un esprit... électoral.

Je précise.

Les carnets de lecture que je compile, empile depuis des années, regorge de trésors littéraires que j’explore à l’occasion, auxquels je me réfère souvent afin d’approfondir ma pensée, retrouver une note en lien avec l’actualité ou encore me rappeler un auteur lorsque je l’aborde à nouveau. Ces carnets de lecture, je les considère comme essentiels parmi mes sources de référence.

Facile, trop facile parfois, d’exprimer sa pensée à partir de clichés, de stéréotypes, de lieux communs, d’idées préconçues alors, retourner vers ceux qui au cours des années ont façonné votre manière d'argumenter, de raisonner, ne peut que vous éviter d’ânonner les mêmes banalités ou les mêmes raccourcis qui circulent autour de soi.

À titre d’exemple : politique et mensonge (et la vérité) sont souvent associées. Je vais vous offrir quelques citations qui tenteront de mettre un peu de distance entre ces deux réalités souvent confondues; avec l'esprit électoral en tête, cela donne des résultats parfois hallucinants.

Je regarderai, aussi, avec les mots de mes auteurs préférés la nuance que l’on peut établir entre réalité et illusion.

Je souhaite que vous trouviez autant de plaisir à recevoir ce billet que j’en ai eu à le construire.


                                   


. Les idées meurent; les Mythes demeurent. 
Gérald Messadié




. Un mensonge est utile quand il permet de transformer la réalité; mais quand la transformation échoue il ne reste plus que le mensonge, l’amertume et la conscience du mensonge. 
Michel Houellebecq

.Les raisons de dire la vérité sont limitées, mais le nombre de celles qui poussent à mentir est infini.  Carlos Ruiz Zafron

. D’accord, j’avais menti. Mais, qu’en savait-t-il?  John Fante

. Le propre du mensonge, c’est d’être découvert, démasqué, pas de devenir une vérité définitive, inébranlable, insoupçonnable. La vérité d’êtres humains qui vont exister et qui n’auront jamais le moyen de savoir.  Hélène Grémillon

. Mais le monde étant ainsi fait que la vérité doit souvent se masquer de mensonge pour arriver à ses fins.  José Saramago

. De quelles vérités se doit-on d’être au courant et lesquelles peut-on se permettre d’ignorer? Nancy Houston

. On ne doit jamais chercher à en savoir trop. Bohumil Hrabal

. Être prudent, c’est pour une bonne part, en dire plutôt moins que plus.  J.M.Coetzee


                                      



. Il est des questions qui impliquent une réponse négative, du simple fait qu’on les pose. Et il est de demandes dont la parfaite inutilité éclate au grand jour, lorsqu’on les formule en regardant quelqu’un d’autre dans les yeux.  Patrick Süskind

. Le vrai talent est d’avoir les réponses quand les questions n’existent pas encore. 
Alessandro Baricco

. Il avait si bien travaillé à se persuader du contraire qu’il n’était pas encore sûr de la réalité de la vérité. Marie Ndiaye

. Cher camarade, je confesse t’avoir contraint de me suivre et te contraindre encore, sans rien savoir de notre destinée, si nous serons victorieux ou totalement écrasés et vaincus.
Walt Witman

. … le troupeau ne permet aucune individualisation…  Hermann Broch

. Tel est le but de tout conditionnement : faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper.  Aldous Huxley

. Nous ne voyons, au bout du compte, que ce que nous voulons voir, et les reste s’efface.
Daniel Mendelsohn

. Pas à pas on sort des ténèbres – le temps de traverser une clairière – avant d’y retourner pour de bon.  André Major


. Mais parfois, voir la réalité la rend encore plus floue.  Tonino Benacquista

. Plus une illusion est clairement perçue, plus elle a l’air d’une réalité.  Réjean Ducharme

. Rien de tel que l’inimaginable pour faire croire les gens.  Yann Martel



                                                          



. Il en va comme pour un prisonnier qui a l’intention de s’évader, ce qui serait peut-être réalisable, mais projette aussi, et ceci en même temps, de transformer la prison en château de plaisance à son propre usage. Mais s’il veut s’évader, il ne peut pas entreprendre la transformation, et s’il l’entreprend, il ne peut pas s’évader.  Kafka

. Est-ce justice de faite naître le mal pour le punir ensuite?  Fenimore Cooper

. La classe sociale la plus favorisée s’efforce toujours de maintenir chez elle-même, et le plus longtemps possible chez les autres, une illusion de sécurité, de permanence, d’ordre.
Doris Lessing

. Parfois, le contact de ceux qui ont de la chance peut combattre la malchance, mais généralement c’est l’inverse qui se produit : le malchanceux file la poisse au chanceux. William S. Burroughs

. Quand tout nous sourit, nous refusons inconsciemment de voir les indices qui, en d’autres circonstances, nous auraient révélé que le nuage sur lequel nous flottons est en réalité de la fumée.  Francis Malka

. Sont pauvres tous ceux dont la parole n’intéresse personne.  Jean Bédard


. Être un citoyen, c’est éprouver un sentiment d’appartenance, mais c’est aussi débattre.
Michael Ignatieff

. Un pays, c’est comme les humains : l’orage, puis l’arc-en-ciel.  Andrée Chedid


. De toute façon, un pays c’est où on se sent chez soi.  
Truman Capote




À la prochaine


jeudi 13 août 2015

EXACT

Élizabeth May du Parti vert du Canada, Justin Trudeau des libéraux, le néodémocrate Thomas Mulcair et Stephen Harper du Parti conservateur du Canada lors du débat des chefs organisé par «Maclean's» le 6 août
Les 4 chefs de partis fédéraux:
Mme May, MM. Trudeau, Mulcair et Harper


     Nous nous y attendions tous. D’ailleurs tous les articles publiés dans les journaux autant francophones qu’anglophones, toutes les télévisions et l'entièreté ce qui paraît sur internet en lien avec l’élection fédérale du 19 octobre prochain, en tout et partout reprennent le même titre : 
ça sera long, très long, 
dispendieux, très dispendieux.

Une fois cela dit que reste-t-il donc à ajouter sinon attendre les frasques d’un candidat quelque part dans ce grand Canada où on ne réussit pas à vivre à la même heure en même temps... au mieux une bévue d’un chef de parti, une bourde genre nid de poule dans lequel on s’enfonce jusqu’au cou et dont sortir relève de l’exploit olympique.

Exact...

qu'on a commencé à se moquer des pancartes électorales du Parti Libéral qui sont devenues à l’instant même de leur apparition sur tous les poteaux du Québec objets de moquerie malgré le fait qu’elles ont l’audace de différer d'avec ce que l’on était habitué de voir. Ça ne rend pas la photo de Stéphane Dion plus agréable à voir, lui qui y pose avec pas de lunettes.

Exact...

qu'il me sera impossible d’assister en personne à un discours du Prime Harper en raison des conditions imposées par le Parti Conservateur pour s’approcher un tant soit peu de notre illustre chef d’État. Il serait plus aisé de gagner la loto que de se voir attribuer une place qui, notons-le bien, se situe toujours derrière le chef lors du portrait officiel.

Exact...

que je ne suis pas tout à fait certain de bien décoder le discours de monsieur Mulcair qui se prénomme parfois Thomas parfois Tom alors que lui préfère Tommy mais ne veut pas l’utiliser puisqu’il fait trop référence à Tommy Douglas, le fondateur du NPD (NDP en anglais). De toute façon, avec lui, il faut constamment utiliser un traducteur Google afin de vérifier si les paroles prononcées en anglais ont le même sens que celles qu’il échappe en français.

Exact...

parlant de traduction anglais-français-français-anglais, semble-t-il que le Prime Harper décidera par lui-même quand il traduira en français une réponse donnée à une question posée en anglais. Vous savez qu’il ne répond qu’à cinq interrogations par jour, celles-ci provenant d’un tirage au hasard auprès des journalistes qui ont payé leur place dans l’autobus du Parti Conservateur sillonnant le pays. Si l’aléatoire ne favorise pas un journaliste dont le bagout est français, alors le Prime ne s’exprimera qu’en anglais.

Exact

Depuis une semaine, en fait depuis le déclenchement de l’élection, en fait, pour être plus précis, depuis quelques mois, je ne suis plus aussi certain que je l’étais de voter NPD. Ayant favorisé, encouragé et même suggéré le vote stratégique à certaines conditions, je crois sincèrement que pour cette élection je voterai VERT. Oui. Je sens la surprise chez mon lecteur! Mais plus nous avancerons dans ce marathon électoral plus j'aurai l'occasion de vous présenter les arguments qui ont fait leur chemin pour m’amener à ce choix.

Exact

Vous voyez s’installer devant vous le tableau sur lequel le Crapaud développera ses commentaires, opinions et suggestions pour cette élection. Vous remarquerez déjà à quel point le Bloc Québécois n’y occupera pas beaucoup d’espace. Pourquoi? D’abord, rien de nouveau de ce côté. On ressort de la naphtaline Duceppe, le naphtalinard. Définition s’il vous plait? Naphtalinard est un officier en retraite qui reprend du service. La naphtaline : substance blanche, solide, d’odeur pénétrante, composée de naphtalène impur (une sorte d’hydrocarbure) utilisée dans l’industrie des colorants et comme produit antimite pour les vêtements. Ça sent le vieux et pour couvrir ces odeurs quoi de mieux que des boules à mythes… pardon à mites.

Exact

Le Crapaud n’a pas suivi de débat Maclean’s (tout en anglais) sur les ondes de la télévision qui diffuse les activités parlementaires à Ottawa, pour une bonne raison : le Crapaud ne possède pas de téléviseur. Bon, il aurait pu s’inviter quelque part. Oui. Le problème est toutefois que personne dans ce quelque part n’était intéressé à l’écouter. On se reprendra lors d’un prochain. Un seul mot toutefois sur ce débat. Je crois que Justin Trudeau (oui oui le fils du Prince Trudeau, héritier légitime de ce nom de famille qui a bouleversé les cœurs canadiens d’un océan à l’autre à une certaine époque) donc, Justin Trudeau (jeunot parmi les chefs de partis) n’a pas bien saisi ce qui allait se passer. Il a dû comprendre ''combat'' car le matin de cette joute oratoire il s’est rendu au gymnase faire quelques rounds de boxe. Fraudait que les stratèges de son parti l’informent un peu mieux. Passons. Mettons cela sur le dos de la jeunesse, frivole et avide de sensations fortes.

Lors d’un prochain billet, le Crapaud établira un parallèle saisissant entre l’élection fédérale du 19 octobre prochain ( oui oui c’est un lundi) et un marché public. Vous savez que je suis un adepte des grandes théories qu’elle soient miennes (ex. la théorie du ''c’est pas ça''; la théorie du linge pour ne citer que celles-là) ou encore d’illustres théoriciens dont je tairai les noms afin de ne pas offusquer ceux et celles qui par mégarde j’oublierais.

Donc, un parallèle entre une élection canadienne et un marché public. À ne pas manquer car vous allez, alors là vraiment, louper quelque chose.

À la prochaine

PS           Tous les noms des personnages cités dans ce billet sont véridiques.


lundi 3 août 2015

Élections au Canada le 19 octobre 2015 (1)

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, le 2 août, à Ottawa.
Le premier ministre Stephen Harper



AD MARE USQUE AD MARE (D'un océan à l'autre) et durant soixante-dix-neuf (79) jours incluant la journée de son déclenchement ainsi que celle du vote, les Canadiens et Canadiennes des provinces et territoires vivront une période électorale. Du jamais vu. Habitués à tout juste moins de quarante (40) jours - certaines mauvaises langues avanceront que le pays se retrouvait alors en quarantaine -  nous voici lancés davantage dans un marathon électoral que dans une campagne électorale.

Nous - enfin ceux et celles qui auront le droit de vote - irons aux urnes le 19 octobre 2015: un lundi, ''numérologiquement'' sous le 1, sept jours après l'Action de grâces.
NB
    Les familiers du CRAPAUD savent à quel point celui-ci est un adepte de la           numérologie, qu'il sait découvrir des secrets d'une intimité parfois gênante en décryptant les grands événements de la vie à partir des nombres, et la politique n'y échappe pas.

Sous le 1, donc. Et? Du sens, s'il vous plaît. Le nombre 1 c'est la vie, la volonté, le vouloir, le moi, la personnalité, l'autorité, l'ambition et dans son côté sombre le nombre 1 représente l'autoritarisme, l'égocentrisme. Je suis d'accord avec vous que 24 heures après le déclenchement de cette élection-marathon, le Crapaud ne peut pas déceler toutes les subtilités cachées sous ce 1, mais soyez sans crainte, je vais m'atteler sérieusement à la tâche afin de découvrir ce qui s'y dissimule.

Évidemment, vous connaissez le Crapaud, difficile à berner par tout ou rien ou les deux, j'entends livrer à la face du pays (le Canada), de la nation (le Québec) et du monde des vérités non dites, des faussetés largement répandues mais surtout, je dirais mais d'abord, poser les questions qui parfois restent coincées dans la gorge de l'électeur moyen, grand ou petit. En effet, ces questions n'ont à peu près aucune chance de parvenir aux chefs des partis officiels (les plus sérieux étant 
le Parti conservateur
le Parti Libéral
le Nouveau Parti Démocratique
le Parti Vert 
et le parti régional qu'est le Bloc Québécois). 
Pourquoi? La raison est fort simple: les chefs de partis ne répondent à peu près plus aux questions des électeurs et limitent celles que les journalistes peuvent leur adresser. N'oublions pas que nous vivons en démocratie ce qui signifie que les électeurs votent, un point c'est tout. 

Il y aura également un volet pédagogique aux interventions ''blogueuses'' du Crapaud  qui abordera certains aspects géographiques et sociologiques en lien avec cette longue marche vers le 19 octobre. 
Quelles différences et quelles similitudes existent-t-ils entre des électeurs de l'est du Canada, du centre ou de l'ouest? 
Où se situe Vancouver, Toronto, Montréal sur la carte électorale? 
Les fuseaux horaires ont-ils ou auront-ils une quelconque influence sur le déroulement du vote la journée même? 
Enfin, vous voyez la complexité de ce volet que j'espère être en mesure de vulgariser.

Depuis que le Crapaud suit attentivement et commente les élections autant provinciale que nationale, vous informant de certaines faces ou farces cachées de cet événement crucial dans notre courte vie démocratique, au-delà des grands courants et des sondages, il vous invite d'abord à voter puis comment voter si vous souhaitez voir se réaliser vos objectifs personnels. Il y aura cela également.

AD MARE USQUE AD MARE (D'un océan à l'autre) est la devise du Canada. Plusieurs ont longtemps cru que c'était le dollar, mais non, je rectifie, la véritable devise - courte formule exprimant un sentiment, une pensée, une attitude, un mot d'ordre résumant une règle de conduite ou un idéal - relève de cette volonté marine de voir, un jour peut-être, ce grand pays connecté de l'Atlantique au Pacifique. 

Vous voyez dans ces quelques mots un, 
toute l'étendue du territoire deux, 
l'obligation pour les chefs de parti de voyager par bus/train/avion trois,
la contrainte de parler les deux langues officielles du pays à savoir l'anglais et le français toujours avec un accent ''langue de bois'' quatre, 
l'impératif de dire une chose et son contraire dans la même phrase - le fait d'utiliser les deux langues et celle de bois devient un atout supplémentaire - et cinq, 
rester en santé.

Je nous souhaite donc une belle et longue traversée électorale.

À la prochaine



mercredi 22 juillet 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-HUIT (68)

Kết quả hình ảnh cho les photos des animaux        Si notre ''je'' était un animal - il le devient en astrologie chinoise ou celle du zodiaque - si notre ''je'' animal n’avait aucune idée de ce qu’est un être humain, comment, à son observation, à son regard porté sur cette complexité, réagirait-il? Réussirait-il, parviendrait-il à le définir de manière adéquate?

Plusieurs écrivains ont utilisé ce procédé pour en arriver à circonscrire cet être complexe, tenter de s’y approcher du moins de manière à le décrypter, le décoder.

Dans son formidable roman ANIMA, Wajdi Mouawad s’appuie sur plusieurs animaux qu’il met au contact des hommes et nous propose à partir de leurs observations d’élucider ses contradictions. Du roman persiste une question lancinante : doit-on choisir entre bestialité et humanité?

Sans identifier l’animal, je vous offre quelques-unes de leurs paroles.


.     L’humain est un corridor étroit, il faut s’y engager pour espérer le rencontrer. Il faut avancer dans le noir, sentir les odeurs de tous les animaux morts, entendre les cris, les grincements de dents et les pleurs. Il faut marcher, enfoncer les pattes dans une boue de sang et remonter le long d’un fil d’or abandonné là par l’humain lui-même, lorsqu’il n’était qu’enfance et que nul toit ne scellait son plafond. Animal parmi les animaux, il ne souffrait pas encore. L’humain est un corridor et tout humain pleure son ciel disparu. Un chien sait cela et c’est pour cela que son affection pour l’humain est infinie.

.     … je me complais dans la contemplation des humains. Je les regarde. Ils sont nombreux       et pourtant ils sont seuls.  Ils s’assoient sur des chaises. Ils posent leurs mains à plat sur leurs genoux. Ils s’entourent d’objets : bouilloire, théière, cuillère, tapis, télévision, tableaux accrochés sur les murs. Ils sont attachés au décorum. Ils sont propres. Certains plus que d’autres, si j’en juge par ce que j’ai observé les rares fois où il m’a été donné de visiter des intérieurs différents de celui où l’on me fait habiter. Les humains sont doués pour l’absence : ils disent Untel est triste, mais Untel n’est pas là. Ils disent Un jour, j’aurai du temps, mais le temps n’est pas là. Ils présument de tout. Les humains disent Ma maison. Ils disent J’ai un jardin. Ils disent Ma famille, mes amis. Ils disent Les gens, Le monde. Les humains disent Mon, ma, mes. Par exemple, Coach dit Mon singe en me montrant du doigt.  Il dit J’ai acheté mon signe en Afrique. Il dit Je recrute mes hommes moi-même. Il dit J’ai rencontré ma femme à Cuba en 1972 et j’ai tout de suite su que c’était elle. Il dit Mon argent, Mon singe, Mes hommes, Ma femme, Ma business.

.     Les humains sont seuls. Malgré la pluie, malgré les animaux, malgré les fleuves et les arbres et le ciel et malgré le feu. Les humains restent au seuil. Ils ont reçu la pure verticalité en présent, et pourtant ils vont, leur existence durant, courbés sous un invisible poids. Quelque chose les affaisse. Il pleut : voilà qu’ils courent. Ils espèrent les dieux et cependant ne voient pas les yeux des bêtes tournés vers eux. Ils n’entendent pas notre silence qui les écoute. Enfermés dans leur raison, la plupart ne franchiront jamais le pas de la déraison, sinon au prix d’une illumination qui les laissera fous et exsangues. Ils sont absorbés par ce qu’ils ont sous la main, et quand leurs mains sont vides, ils les posent sur leur visage et pleurent. Ils sont comme ça.

.     La plus banale des chauves-souris peut émettre plus de cent cris à la seconde. Chaque cri lui revient sous la forme d’un écho et chaque écho s’additionne à l’autre pour composer une échographie générale de l’espace qui lui permet de se repérer et de localiser dans l’obscurité n’importe quelle proie, n’importe quel prédateur. (…) Pour voir elles crient. Alors je te pose la question : si la vie est un perpétuel cri de douleur, comment faire pour entendre son écho et échographier le visage de ce qui nous fait souffrir?   - Si le cri est perpétuel, plus rien n’est visible.   – Bingo! Chaque cri doit être suivi par un silence pour faire entendre son écho. Celui qui ne fait que hurler sa douleur n’en verra jamais le visage tout autant que celui qui s’obstine à la taire. C’est la façon des chauves-souris : pour voir le visage de ce qui te fait souffrir, tu dois faire de ta douleur un collier qui enchaîne des perles de silence aux perles de tes cris.

.     C’est ton chien. (…) L’homme balafré m’a regardé. Le train arrivait. Il a vu mes yeux, j’ai vu ses yeux, et la lumière de la locomotive nous a illuminés tous deux. Il a dit Alors donne-lui son nom, et Humbert s’est mis à parler de la mort, cette ligne où tout s’efface, et de la guerre, cette ligne où tout se déchire. Il a parlé des lignes poreuses qui séparent les humains des bêtes et des lignes qui sillonnent les visages des vivants. Il a parlé des lignes qui nous font et nous défont, rides, traits, limites, frontières, démarcations. Il a parlé des lignes qui nous sauvent, conductrices, électriques, musicales, et il a parlé de celles qui nous manquent, ces lignes blanches disparues au tracé de nos routes, ces lignes invisibles à nos âmes égarées au fond de leurs labyrinthes. Il a parlé des lignes verticales au bout desquelles se sont pendues tant et tant d’Ariane sans plus de Thésée à sauver ni de Minotaure à abattre, il a parlé des lignes de vie au creux de nos paumes, il a parlé des lignes sans encre pour s’inscrire sur le papier des mémoires puis, avec le passage interminable du train convoyant ses voitures, il s’est mis à hurler : et je voudrais aussi te parler de la ligne que tu portes sur ta figure, cette balafre qui sépare ton visage  comme celle qui, ici même, il y a plus d’un siècle, a séparé ce pays entre le nord et le sud, faisant couler le sang de toute une jeunesse, et puisque le bar où l’on s’est rencontrés portait le nom de cette ligne de démarcation, je donne à ton chien le nom de Mason-Dixon Line. Chaque fois que tu l’appelleras par son nom, chaque fois que tu crieras Mason-Dixon Line, il faudra que ton cœur bondisse hors de ta poitrine! Promets-le moi! (…) Qu’il bondisse de trop d’âme et de trop de soif, parce qu’on n’a pas su avoir l’âme que nous rêvions d’avoir ni étancher la soif que nous cherchions à étancher!

.     Tu es d’une race sauvage, un rejeton brut de la nature. Il faut que tu le restes. Je ne te domestiquerai pas, je ne ferai pas de toi un craintif, une bête soumise, ni une bête aveugle. Je te donnerai ma voix, je te donnerai ma langue, tu me donneras tes silences, tu me donneras ton présent. Tu es un chien, de la race des loups. Chien est un mot, c’est le mot qui te désigne. Je suis un homme de la race des humains. Homme est un mot, c’est le mot qui me désigne. Homme et chien nous allons côte à côte à la surface de la terre. Mais dans un homme qui marche il y a d’autres hommes qui marchent et sous la terre il y a d’autres terres et derrière les noms des pays il y a d’autres pays. Il importe que tu le saches.

.     Comment consoler un humain. Je lui ai offert mon silence, tiens, il est à toi, écoute-le et dis-mois qui devrais-je dévorer, quel mal, quelle peine. Dans les sanglots qui sortent de ta gorge, j’entends les sanglots de ton enfance paniquée et comme c’est de toi qu’il s’agit, toi en qui j’ai choisi de placer mon amitié à l’instant même où je t’ai vu étendu dans les eaux froides du ruisseau, je sens naître en moi le désir de tuer ceux qui sont responsables de ton malheur. Non seulement je ne voudrais pas qu’un mal t’arrive, mais je ne veux pas non plus qu’un mal te soit déjà arrivé. Mais il est trop tard. Trop tard! Révélation brûlante de l’irréversible événement du temps. Ce qui est advenu qui pourrait faire que ce ne se soit pas produit?



J’achèverai par ces paroles du Capitaine Achab (MOBY DICK, Herman Melville ) appliquant à cette baleine blanche qu’il pourchasse des qualités humaines et se définit comme une bête.

.     Il y a beaucoup de choses que vous ignorez. Les objets qui nous entourent, les objets visibles, ne sont que masques de carton. Mais, dans chaque événement, dans l’acte indiscutable de la vie, il y a de l’inconnu, un inconnu qui raisonne, alors que le masque, lui, ne raisonne pas. Et l’homme ne peut frapper qu’à travers le masque! Comment un prisonnier pourrait-il s’évader de sa cellule sans percer la muraille? Eh bien, la baleine blanche, c’est cette muraille. Voilà pourquoi je veux la détruire! Parfois il m’arrive de penser que, derrière elle, derrière cette muraille, derrière ce masque de carton, il n’y a rien. N’importe! Moby Dick m’obsède. Je vous en elle une force qui m’injurie, une cruauté insondable.  L’insondable, c’est là ce que je hais, ce que je veux atteindre! Ne, me dites pas qu’en m’acharnant sur Moby Dick je commets un péché. J’anéantirais aussi bien le soleil s’il m’injuriait. Car, ce que le soleil peut faire, je sais que je peux le faire moi aussi!

À la prochaine







dimanche 28 juin 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-SEPT (67)



Photo prise à Bali par mon ami Olivier Faure


     À la minute même où mes yeux ont croisé cette photo, défilèrent toutes ces années - 35 au bout du compte - que j'ai consacrées à l'enseignement, à l'instruction, à l'éducation. Olivier, cet ami photographe qui sait capter puis immortaliser des instants fugaces les rendant criant de vérité, de beauté et d'originalité, me racontait l'historiette de cette image. Bali, une cour d'école dans laquelle des enfants, bruyants et indisciplinés, s'amusent et crient; Bali, quelques secondes plus tard, à l'appel de l'enseignant, les voici ces mêmes enfants, dans la classe, calmement installés derrière un bureau puis ces yeux, ces regards d'une intelligence que, parfois, seuls les enfants savent conserver, ces yeux, ces regards fixés sur l'enseignement, sur l'enseignant, sur ce qu'ils voient de grand devant eux, plus grand qu'eux encore. Olivier a su magnifiquement par cette photo nous en révéler toute leur intensité.

Cette photo a fait naître en moi ce poème. Il y est question d'un sapin, esseulé, à la limite isolé qui se voudrait pin ou baobab. Tout enfant, de sapin qu'il est, rêve devenir plus... devenir un pin, à la limite, baobab. Sa réalité, celle que décrit, qu'illustre Olivier par les ocres magnifiques de cette photo, l'enfant la découvre dans l'immobilité de ses racines qui plongent, invisibles, vers le sol mais aussi par la majesté de ses branches qui contre-plongent vers le firmament. 

Et l'éducation demeure cette nourriture qui permet à un rêve qui n'est pas, qui ne sera pas, peut-être, permet à la conscience de réaliser et prendre sa place dans l'univers, le remplir par toute sa stature, de croire que des racines esseulées voire isolées peuvent en rejoindre d'autres; à des branches, peu importe leur étendue, de signaler sa présence au monde.

Merci Olivier pour cette photo.



sapin


il vivait seul, ce sapin,
au coeur d’une plaine plus étendue encore que l’horizon qu’il coupait en son centre,
ombrageant le sol de sa forme triangulaire et imparfaite
il piquait le ciel en étendant ses longs doigts d’épines
il se voyait à travers son regard résineux
gigantesque pin, baobab colossal
abandonnant, enfouis à ses pieds, mille éperons aiguisés que charriait le vent rougissant
parmi le silence alentour, seul, bras écartés comme crucifiés, porteur de nids d’oiseaux de proie,
le sapin au tronc enceint de ravins sauvages fixait en permanence les destinés coriaces
arbre aux ramures solides, fluides, des vagues sur l’écorce du temps
il redoute la solitude, celle des attentes rabâchées, des mots ensevelis dans les trous du vent, ce briseur d’immobilité, 
celle qui cravache, qui éteint les espoirs funèbres d’un sapin
rêvant du baobab qu’il aurait pu être
du pin qu’il ne sera jamais, peut-être... 






À la prochaine

lundi 22 juin 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-SIX (66)


James Salter

James Salter - James Horowitz de son véritable nom - est décédé vendredi dernier (19 juin 2015) à l'âge de 90 ans. Pilote de chasse dans l'US Air Force lors de la guerre de Corée, il publiera son premier roman en 1953 THE HUNTERS, mais c'est American Express, prix Faulkner en 1986, que j'ai lu. Il est élu en 2000 à l'Académie des arts et des lettres.

Voici comment son éditeur présente ce livre (American Express) et qui ne peut nous laisser indifférent: 

Onze variations sur le passage. Le passage du jour à la nuit, de l’enfance à l'âge adulte, de la vie à la mort. Un accident de cheval, un oiseau mort, la couleur du Rhin à Bâle, une chambre d'hôtel à Vérone, une fille au pair un peu trop provocante : tels sont les motifs à partir desquels James Salter développe sa mélodie – ce mélange de mélancolie, d'émotion et de sécheresse, qui n'appartient qu'à lui.

J'ai retenu ces quelques extraits:


. Sa vie ne s’était pas développée conformément à ce qu’il avait pensé, mais il continuait à se considérer comme quelqu’un de spécial qui n’appartenait à personne. En fait, pour lui, l’échec était romantique. Il en avait presque fait son but.


. Sous l’effet de sa sollicitude, les mots se dissolvaient, coulaient dans le néant.


. Il était terrifié. Il savait ce que j’allais dire. Il avait tout, le monde entier parlait de lui, et moi, je n’avais qu’une épingle. Une aiguille. Si je l’enfonçais, elle lui percerait le cœur.


. Plus tard, il lui dirait que les mots ne venaient pas au hasard, leur ordre et leur choix parlaient comme une autre voix, une voix qui révélait tout. Le vocabulaire était pareil à des empreintes digitales, à l’écriture, il était semblable au corps qui révélait, qui exprimait, l’âme invisible.


. Il y a toujours un moment, un moment qui ne revient jamais.



Salter a aussi travaillé près de dix ans pour le cinéma, fait un documentaire sur le football primé à Venise en 1962; écrit pour Roman Polanski et Robert Redford, et même dirigé un long métrage, Three, avec Charlotte Rampling. «The Cinema» (titre qui ne prend sa saveur ironique qu'en anglais) est une sorte de Mépris en vingt pages qui évoque magistralement son expérience de scénariste voyeur lors du tournage d'une coproduction italo-américaine qui fut huée en son heure au Festival de Cannes en 1969: The Appointment. On reconnaîtra facilement Anouk Aimée (Anna, la star: «Elle était comme un lézard, seule sa gorge palpitait»), Omar Sharif («Guivi lisait son texte comme s'il posait sur la table des cartes de peu de valeur. C'était un passionné de bridge»), et Sidney Lumet, le réalisateur dont la seule ambition est «d'aligner deux films par an pendant vingt ans». Salter donne à son scénariste les mêmes espoirs fébriles et pathétiques qu'il a pu nourrir brièvement à l'époque, et le nom de Lang. Comme lui, Lang portait un autre nom avant: Lengsner.

Une invitation à lire cet écrivain de... l'inattendu.

À la prochaine

lundi 8 juin 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-CINQ (65)

Giacometti

     Il pleut. La froidure ne sait pas trop comment s’excuser d’être en retard dans un printemps nuageux, gris, complètement indécis. Une température qui appelle Berlioz ou le Die Moldau de Smetana, l’un comme l’autre, à réchauffer la maison de Saint-Pie.

J’ai beau me répéter que c’est juin, à moins de deux semaines de l’été, tout cela s’évapore dans l’irréel des journées comme celle-ci qui ont l’audace de se perpétuer régulièrement.

Non. Je ne dirai pas qu’à Saïgon la chaleur quasi caniculaire fait rage ou du moins enragent les plus résistants. Non. Mais j’y songe.


Pour les habitués du CRAPAUD qui savent le plaisir que j’ai à réunir différents auteurs à partir d’une thématique, vous vous y retrouverez; pour les nouveaux venus, j’espère réussir à vous faire partager cette douce fantaisie.

Le thème aujourd’hui : les humains. Facile me direz-vous. Certainement répondrais-je. Voilà la raison pour laquelle je complexifie le tout m'astreignant à ne citer que les auteurs de livres lus au Vietnam entre novembre 2014 et mai 2015. Petit défi mais défi tout de même.

Pourquoi ''les humains''? 

Les êtres humains forment une grande confrérie, l’humanité. Sans doute à cause de cette définition que l’actualité atrophie : ensemble des hommes, du genre humain, parfois considéré comme constituant un tout, un être collectif.

Lorsque je regarde ce qui se passe autour de moi, ce qui arrive aux migrants de Birmanie, du Bengladesh… les exactions de l’EI… les bavures de plus en plus nombreuses et criminelles des policiers à travers le monde… des guerres aux allures de génocides au Moyen-Orient, en Afrique entre autres… à la désinvolture effarante avec laquelle nos politiciens nient  les conséquences suicidaires des gestes posés envers l’environnement… l’insouciance généralisée devant les dégâts dus à l’exploitation outrancière de la nature… Tout cela, et davantage encore, soulève une interrogation : l’humanité est-elle encore un tout, un être collectif?

Et on parle, on parle encore et toujours autour de différentes tables ici et là. Sans aucune action concrète. L’économie, ce nouveau dieu mondial, cette prémisse que l'on décline dans toutes les langues du monde, est devenue la précellence. Notre Harper national l’illustre à merveille. Vous le reconnaîtrez dans ce court vers de René Char : ''L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant.''

Je cherche donc un peu d’espoir auprès d’auteurs pour qui l’humanité, les êtres humains, pour qui cela signifie toujours quelque chose.

C’est autour (avec la complicité) de Wajdi Mouawad, Amos Oz, Gabriel Garcia Marquez, Maxence Fermine, Tonino Benacquista et Jon Kalman Stefanson que je m’invite à cette réflexion sur les êtres humains… sur un hypothétique être collectif.



. Il y a des êtres qui nous touchent plus que d’autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous-mêmes, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque.  
ANIMA   Wajdi Mouawad


. Comment peut-on être humain, c’est-à-dire sceptique, capable d’ambivalence morale, et essayer en même temps de combattre le mal? Comment résister au fanatisme sans devenir soi-même fanatique? Comment combattre pour une noble cause sans devenir un combattant? Comment lutter contre la cruauté sans se laisser contaminer? Comment utiliser l’histoire sans éviter les effets toxiques d’une surdose d’histoire? Il y a quelques années, à Vienne, j’ai vu dans la rue une manifestation d’un groupe d’écologistes, qui protestaient contre les expériences scientifiques sur les cochons d’Inde. Ils portaient des pancartes avec l’image de Jésus entouré de cochons d’Inde martyrisés. Leur slogan était: ''Il les aimait aussi.''
Peut-être bien, mais certains d’entre eux m’ont paru capables, un jour ou l’autre,    d’abattre des otages pour mettre fin aux souffrances de ces animaux. Le syndrome de l’idéalisme farouche, ou du fanatisme anti-fanatique, doit inspirer de la vigilance aux personnes bien intentionnées, ici, ailleurs, et partout. En tant que conteur et activiste politique, je garde constamment présente à l’esprit l’idée qu’il est assez facile de distinguer le bien du mal. Le véritable défi consiste à identifier différentes nuances de gris; à calibrer le mal et à s’efforcer d’en définir les grandes lignes; à différencier le mal du pire.
LES DEUX MORTS DE MA GRAND-MÈRE   Amos Oz

Dans un siècle, vivront ici d’autres hommes, très différents de nous. Des gens raisonnables et réfléchis, qui considéreront nos souffrances d’un œil surpris, circonspect, voire gêné. En attendant, on nous a installés à Jérusalem pour nous en confier la garde. Tâche que nous accomplissons dans la violence, l’obscurantisme et l’injustice. Nous nous humilions les uns les autres, nous nous insultons, nous nous maltraitons, non par méchanceté mais par indolence et pusillanimité. Nous recherchons le bien et faisons le mal. Nous voulons soulager les souffrances et nous les envenimons. Nous rajoutons à la détresse à force de raisonner.
LA TROISIÈME SPHÈRE  Amos Oz


… il se laissa gagner par sa propre conviction que les êtres humains ne naissent pas une fois pour toutes à l’heure où leur mère leur donne le jour, mais que la vie les oblige de nouveau et bien souvent à accoucher d’eux-mêmes.

L’humanité, comme une armée en campagne, avance à la vitesse du plus lent.
L’AMOUR AUX TEMPS DU CHOLÉRA  Gabriel Garcia Marquez


On croit longtemps vivre entouré de gens, de proches, d’une famille aimante. À force d’habitude, on se croit préservé à jamais du malheur et  de la solitude, pièce indispensable dans la grande mosaïque du monde. Et puis, un jour, la mosaïque se fendille et les joints éclatent, jusqu’à ce que chacune des pièces qui constituaient cette étrange fresque humaine s’isole un peu plus des autres. Alors on se retrouve seul face à son reflet dans le miroir, seul dans le cortège des jours qui défilent, et on comprend qu’il n’en était rien.
LE TOMBEAU D’ÉTOILES  Maxence Fermine


Tout le monde se trompe, tout le monde se croise et personne ne va là où il devrait aller. Il paraît que ça caractérise l’humain.
QUATRE ROMANS NOIRS  Tonino Benacquista  (La maldonne des sleepings)


L’être humain est constamment rappelé à son insignifiance, confronté aux grandes questions.

L’être humain est capable d’oublier la plupart des choses ou de les nier en fermant les yeux plutôt qu’en les ouvrant et il est presque toujours plus facile de détourner les yeux que de regarder, car celui qui regarde est forcé de reconnaître ce qu’il voit, ensuite, il n’a pas d’autre choix que de l’affronter.
LA TRISTESSE DES ANGES   Jon Kalman Stefanson 



On appelle à la vigilance; on invite à l'engagement citoyen; on incite à mieux décoder les véritables enjeux, les véritables intérêts qu'ils soient individuels ou collectifs; on hurle à la démocratie alors que le mot démocrature forgé il y a plusieurs décennies, en espagnol, par le célèbre écrivain uruguayen Eduardo Galeano (qui vient de mourir à Montevideo) conviendrait mieux. Il désignait certains régimes qui, sans être des dictatures militaires ouvertes et assumées, conservaient une nature oligarchique, militariste et intolérante face à toute opposition organisée.

L'oeuvre à poursuivre serait-elle aussi simple que: tenter de demeurer humain, tenter de le redevenir...

À la prochaine

Entre nostalgie et fantaisie ... (54)

Se présente dans l'imaginaire poétique, sans origine logique, une série d'images bigarrées, une palette de couleurs artificielles, u...