mercredi 4 mars 2015

Les chroniques de Saïgon (5)




La dernière publication ( elle est en route ) aurait dû se retrouver sous la rubrique des chroniques mais comme elle revêtait un caractère particulier et qu’en plus m’avait pris un temps assez long pour en arriver à son terme, j’ai préféré lui donner une place unique; les chroniques sont surtout des impressions, des humeurs autour d’un thème spécifique ou plus général.

L’histoire (imaginée) de Dep voulait aborder quelques traditions ou coutumes vietnamiennes que souvent, bien malgré moi, s’offrent à ma vue. Celles qui sont relatées dans ce récit sont véridiques, font partie du quotidien des gens.

Aujourd’hui, dans cette chronique, je vous ferai part de ce qui se passe durant la période du Têt (Têt Nguyên Dan) qui s’étend sur une dizaine de jours. C'est le Nouvel An et l'annonce de l'arrivée du printemps. Sa date change dune année à l'autre en fonction de la lune. La meilleure comparaison, celle qui facilite mieux la compréhension, serait de l’ordre des vacances de la période s’étendant entre Noël et après le Jour de l’An chez nous. C’est sur l’air de Ngày Tết quê em (Hymne Vietnamien du Têt - Nouvel An Lunaire) que la période sera lancée. On l’entend dans tous les lieux publics.

J'utiliserai Saïgon pour exemple, sachant très bien que selon les villes, les villages, que l'on soit au sud, au centre ou au nord d'importantes variantes se manifestent. Cette Saïgon qui ne ressemble plus du tout à la grande ville active et bruyante à laquelle on est habitué en-dehors de cette période. Le calme qui s’empare d’elle malgré le fait qu’une foule d’activités s’y déroulent fait que les rues sont quasi vides de motocyclettes, qu’une importante partie de sa population retourne vers les ''hometowns''. Des trains, des bus et des vols supplémentaires se rajoutent à ceux qui habituellement permettent de rejoindre le Centre et le Nord du Vietnam.

Les familles retrouvent leurs familles. Les magasins ferment pour une bonne part d’entre eux. Les restaurants de rue ouverts se comptent par dizaines et non plus par centaines. Les prix augmentent, il va sans dire.

Cette grande fête, ce renouveau alors qu’un animal fétiche laisse la place à un
autre (cette année la CHÈVRE remplace le CHEVAL) recouvre les gens et la ville d’une atmosphère de joie et d’échanges. Les enfants recevront de la part 
des plus âgés, parents et grands-parents leur enveloppe rouge dans laquelle on aura glissé quelques billets de VD (Vietnamese Dong) afin de leur souhaiter la chance et les meilleurs vœux. Plusieurs autres s’échangeront la même enveloppe (li xi) pour appeler la prospérité, la ''lucky money''. 

Les repas traditionnels (autour principalement du ban trung,         ce gâteau de riz gluant, de fèves et 
de porc) vont se multiplier.





Sur le coup de minuit, c’est l’heure du feu d’artifice       


précédé par des explosions de pétards    un peu partout, l’objectif étant de chasser les mauvais esprits. On croirait voir courir des feux follets à travers rues et ruelles. L’énervement des enfants n’a d’égal que celui des chiens tentant d’attraper au passage ces petits éclats couleur feu.

C’est avec la formule « phúc lộc thọ » que les Vietnamiens s’offrent leurs vœux de bonne année : bonheur, prospérité, longévité. Ils auront déjà fait leur visite à la pagode 

Les Vietnamiens sont d’importants consommateurs de bière et cette période est propice à de bonnes beuveries. Ils joueront aux cartes (tu sac) parfois des nuits entières. Les heures sont à la réjouissance et on n’oublie pas que le lendemain est congé. D’ailleurs pour la grande majorité d’entre eux, ça sera les uniques vacances annuelles.

On ne regarde pas à la dépense. Il est d’ailleurs de coutume d’acheter un article important : un morceau de linge ou un électroménager manquant. 


Sans oublier de fleurirde manière inimaginable la maison et l’autel des ancêtres. Car on ne les oublie pas, surtout si on souhaite leur protection pour l’année nouvelle. Un plat de fruits ornera la table.

Si on pense à la famille et aux ancêtres,   on n’en oublie pas pour autant les voisins. Ils font partie intégrante de la vie et les saluer, les inviter pour un apéritif ou un dîner est de rigueur. Une croyance veut que la première personne qui se présente chez vous le jour du Têt peut s’avérer un bon ou un mauvais présage. Pour contourner cette croyance, le maître de la maison aura pris la précaution de sortir de chez-lui un peu avant minuit et d'y revenir rapidement afin d'être le premier; ou encore d'inviter quelqu'un qui aura connu une chance exceptionnelle il y a peu de temps à se présenter.

Vivre le Têt au Vietnam est l’occasion de mieux saisir l’âme de ce peuple.




Je me rappelle avec beaucoup de bonheur l’an dernier alors que j’ai été invité dans le delta du Mékong dans la famille d’une amie de YoYo. J’y avais été reçu de manière inimaginable tout comme ce fut le cas cette année chez les propriétaires du café Song Thanh dans le District 7, café où je me retrouve deux ou trois fois par semaine afin d’écrire ce blogue.




À la prochaine.





























dimanche 1 mars 2015

Les chroniques de Saïgon (4)



























La Librairie française de Saïgon offre à ses clients des livres seconds yeux. Une fois choisis, sur une balance typiquement vietnamienne, on les pèse et on vous indique le prix, le tarif au kilo ne varie pas d'une année à l'autre.

Je m'y arrête toujours pour le plaisir de saluer la libraire fort gentille qui actuellement lit, je devrais dire savoure, le dernier Joseph Boyden DANS LE GRAND CERCLE DU MONDE auquel nous avons accordé quelques minutes de discussion.

Également pour jeter un coup d'oeil sur les nouveautés qui ont réussi à se rendre jusqu'ici et avec un retard assez important, mais principalement pour les livres d'occasion. J'y fais habituellement de belles découvertes tout comme je puis saluer des livres que j'y ai laissés l'an dernier ou auparavant.

À Saïgon, je ne lis que des auteurs qui m'étaient jusqu'à ce jour d'illustres inconnus ou, encore, des auteurs célèbres chez qui je n'ai pas eu encore le bonheur d'entrer en contact. J'ajoute toujours un ou deux titres d'auteurs vietnamiens qui ont l'autorisation d'être visibles aux yeux de la censure gouvernementale.

La dernière fois, scrutant les rayons, mon attention s'arrête sur MOBY DICK, de Herman Melvile. Au toucher, il m'apparut tout de suite que cet exemplaire a passé l'âge de l'édition moderne, que plusieurs mains l'avaient feuilleté, plusieurs yeux s'y étaient attardés. En fait ce MOBY DICK suscita ma curiosité. 

On m'aurait posé la question suivante: à quand remonte la première lecture de ce livre mythique, instantanément j'aurais répondu... à si longtemps que je ne pourrais citer que deux personnages, j'exclus la baleine blanche bien entendu: le capitaine Achad et le narrateur Ismaël. Pour sûr, la conclusion de ce roman d'aventure est demeurée imprimer à ma mémoire.

J'ai l'habitude de sentir les livres en faisant dérouler leurs pages sous mon nez. Selon ce qui s'en dégage, cet indice m'incite ou pas à le garder. Je ne les conserve pas longtemps les livres. Je n'ai pas de bibliothèque bien garnie. Après avoir communié avec lui, je le laisse se reposer, allant le revoir et me raconter ce qu'il contient et surtout ce qu'il m'a fait vivre. Parfois, souvent même, je me dis qu'il faut le refiler à celui-ci ou à celle-là; ainsi, le livre ne revient pas et risque de se retrouver dans, j'espère, une foule d'autres mains.

-  ceci n'est pas un message subliminal adressé à tous ceux et toutes à qui j'ai offert un livre et qu'ils (elles) ont oublié de me le rendre  -  ceci n'est pas un message subliminal adressé à tous ceux et à toutes celles à qui j'ai offert un livre et qu'ils (elles) ont oublié de me le rendre  -


Alors le MOBY DICK, je l'ai apporté avec les autres. Relu. Avec, je crois, autant d'émerveillement qu'à l'époque adolescente de la première lecture.

Je ne sais pas si vous et moi nous nous ressemblons, mais j'ai très peu de souvenir des livres de lecture obligatoire qu'à l'école on nous proposait, avec la petite carte sur laquelle on retrouvait les questions auxquelles il fallait répondre une fois la... corvée... achevée. Rien ne nous pistait sur la manière de lire, ce qu'on devait savoir avant la lecture et comment suivre une intrigue sans tomber dans tous les pièges posés ça et là par l'auteur afin de nous égarer de l'essentiel. Surtout: rien, mais absolument rien, sur ce qui nous restait, opinions ou commentaires ou questions en suspens... Régurgiter des réponses fermées, sans doute aidantes pour une correction rapide et une remise de note, sèche comme peuvent l'être les chiffres.

J'ai donc relu MOBY DICK, roman d'aventures d'un autre siècle. L'enchantement, de nouveau.

Je n'ai pas rempli une petite carte, mais plutôt écrit ce poème que je jette sur l'océan espérant qu'il vous rejoigne.


à la Moby Dick


le long des océans, le sang coulait, 
étouffante ivresse de l’inconscient
le long des océans, le sang coagulait
impassible sous un soleil païen

sans scrupules s’avançaient les années meurtrières
sans remords s’envolaient les nuages silencieux
de la nostalgie jusqu’à sa débâcle

sourd aux réalités , ces dominos de l’ennui,
il regardait, immuable, les choses maritimes
ensevelies dans une obscure torpeur
sous l’infinie couleur du ciel

toujours il répétait  les mêmes perfidies
enterrées comme de vieilles reliques
que le nitrate d’argent des songes 
ne réussissait pas à revivifier

il regardait la mort face à face
inexorablement  la soutenait de son regard
que violaient les militaires du temps 
comme des succubes échevelés

en aval et en amont
coulait le sang
le catafalque liquide s’inonde
de l’immuabilité sauvage des mots abstraits 

l’équipage du Péquod l’escortait




Il y a beaucoup de choses que vous ignorez. Les objets qui nous entourent, les objets visibles, ne sont que masques de carton. Mais, dans chaque événement, dans l’acte indiscutable de la vie, il y a de l’inconnu, un inconnu qui raisonne, alors que le masque, lui, ne raisonne pas. Et l’homme ne peut frapper qu’à travers le masque! Comment un prisonnier pourrait-il s’évader de sa cellule sans percer la muraille? Eh bien, la baleine blanche, c’est cette muraille. Voilà pourquoi je veux la détruire! Parfois il m’arrive de penser que, derrière elle, derrière cette muraille, derrière ce masque de carton, il n’y a rien. N’importe! Moby Dick m’obsède. Je vous en elle une force qui m’injurie, une cruauté insondable.  L’insondable, c’est là ce que je hais, ce que je veux atteindre! Ne, me dites pas qu’en m’acharnant sur Moby Dick je commets un péché. J’anéantirais aussi bien le soleil s’il m’injuriait. Car, ce que le soleil peut faire, je sais que je peux le faire moi aussi!
Herman Melvile

À la prochaine

vendredi 20 février 2015

Le 700ième message



La première parution - le premier billet, le premier saut, le premier message  -du CRAPAUD sur BLOGGER remonte à septembre 2005. Depuis, 699 autres se sont succédé; voici le sept centième.

Plus de 96 000 pages ont été consultées depuis 2008 alors que j'installais un compteur me permettant d'abord de dénombrer l'étendue de ce blogue, constater à travers les chiffres s'il intéressait assez de gens et principalement découvrir d'où les lecteurs provenaient.

Au début, je croyais que les amis du Canada, principalement Québécois, quelques connaissances françaises se révélaient être les fidèles amis du CRAPAUD. Mais au cours des mois et des années qui suivirent, quelle ne fut pas ma surprise de noter que ce blogue voyageait un peu partout dans le monde, sur ses cinq continents!

J'appréciais à ce moment-là le fait que la langue français ne se réfugiait pas seulement dans les pays francophones mais à un public élargi. Aujourd'hui, et régulièrement, des visiteurs proviennent beaucoup des USA, d'Europe et la clientèle s'étend jusqu'en Asie.

Lors du 10e anniversaire du CRAPAUD - septembre 2015 - il me sera permis de faire un bilan plus exhaustif de cette expérience qui me tient à coeur et prend beaucoup de mon temps. Pour le moment, je tiens à signaler que ce billet (je les appelle ''sauts de crapauds'') franchit le cap des 700.

Pour l'occasion, je vous offre deux poèmes vietnamiens, l'un de l'époque classique, le second issu de la littérature moderne.

Pourquoi deux poèmes vietnamiens?

Depuis décembre 2011 et, je me le souhaite, pour plusieurs autres années encore, je vis à Saïgon du début novembre jusqu'à la fin avril. Ce pays est devenu ma deuxième patrie. Il m'apparaît donc intéressant de puiser dans mon recueil de littérature vietnamienne ce qu'aujourd'hui vous pourrez lire.


MATINÉE DE PRINTEMPS
du poète Chu Van An a été écrit en caractères chinois au XIVe siècle, à l'époque de la littérature classique. Le voici:

Dans la chaumière de montagne, on se sent libre tout le jour,
La claie de bambou inclinée protège de l'air froid.
L'herbe verdoie et le ciel est comme ivre,
Les gouttes de rosée s'attardent sur les fleurs vermeilles.
L'homme et le nuage solitaire s'attachent à la montagne,
L'âme, comme l'eau du vieux puits, n'est troublée par aucune ride.
Le bois de pin odorant se consume et la théière s'arrête de bouillir,
Un murmure d'oiseau échappé du ravin m'arrache au sommeil printanier.


COULEUR DU TEMPS
du poète Quach Tan né en 1910 qui fut longtemps fonctionnaire au temps de l'administration française, tranche sur le premier, également sur ceux de son époque alors que la poésie se veut plus engagée envers la patrie et invitante à la résistance vietnamienne.

À l'aube, un gazouillement éthéré
Dans la brise azurée
Exhale un relent de l'ivresse printanière.

Émoi d'un passé millénaire
Je t'offre, odalisque de l'époque Tsin,
Mon âme, nuage palpitant couleur du temps.

Pas bleue, la couleur du temps
Mauve est la couleur du temps
Pas enivrant, le parfum du temps
Léger est le parfum du temps.

D'un coup de ciseaux d'or
Elle avait coupé ses cheveux d'ébène,
Don sublime à son Seigneur et Maître.
Elle ne voulait pas le revoir
De peur de faire faner ses souvenirs.

Léger, léger est le parfum du temps.
Mauve, mauve est la couleur du temps.


À la prochaine

dimanche 15 février 2015

elle est en route


Elle est en route


Suite à tous ces billets consacrés à la Birmanie, je reviens à celui-ci dormant sur le métier et qui remonte au début décembre, entrepris alors que j’attendais l’avion devant me reconduire de Hanoï à Saïgon suite au voyage avec Gilles et Madeleine. Bien assis à l’aéroport de Hanoï où d’importants agrandissements doubleraient sa capacité à recevoir des vols et des voyageurs, devant moi se tenait, nerveuse comme celui ou celle qui entreprend un premier vol, une jeune fille.
  
Assise face à moi, elle porte une chemise ne lui appartenant pas, ça se remarque au premier coup d’œil, sans doute celle de sa mère. On ne se vêt plus de cette façon, du moins chez les gens de son âge, ceux de vingt ans, peut-être moins.

La jeune fille

-       à défaut de connaître son nom, je lui en donnerai un; Dep qui signifie belle  -

regarde autour d’elle, écoute avec l’attention de quelqu’un ne voulant pas rater une information, peut-être celle qu’un avion, celui qu’elle attend, ne peut partir sans elle. Son regard est inquiet, ses gestes saccadés.

Dep, la jeune fille que je viens  de baptiser ainsi, ne me regarde pas. Je ne puis dire si elle perçoit mes regards soutenus. Elle a trop à ne pas louper. On la croirait investie d’une mission. Je me plais à imaginer vers quelle destination elle se dirige; qui elle rencontrera. A-t-elle des messages à transmettre, des choses à remettre? À qui? Des gens de sa famille. Des amis.

Quel mystère, toute sa personne, petite et chétive, offre-t-il à moi qui dois dans trop peu de temps monter dans l’airbus me ramenant à Saïgon! Je vérifie ma carte d’embarquement, la place que l’on m’a assignée, essaie de deviner la sienne, songeant même qu’elle pourrait être assise à mes côtés. Intrusif, je vérifierais l’étendue des callosités durcissant ses mains, la longueur de ses ongles. Son odeur.

Les odeurs parlent, singularisent les gens autant que les phéromones. D’où je suis, aucun indice ne me renseigne. On verra dans l’avion si jamais elle se retrouve à mes côtés.

Alors que les inquiétudes de Dep s’amplifient - elle ne cesse de bouger, retire un portable de son sac, l’examine, le replace à l’endroit où elle l’a pris – rien ne la rassure, ne conforte sa conscience même ce message continuellement répété par la dame de l’aéroport, en vietnamien d’abord, puis en anglais.

Assis devant elle, avec l’immobilité du guetteur, je lis l’allocution qu’a prononcée Patrick Modiano lors de son passage à Stockholm afin d’y recevoir le Nobel de littérature. Ça ne m’en dit guère plus sur l’aventure de Dep, celle que je sens enrôlée dans un je ne sais quoi qui l’embarrasse, l’embête ou tout simplement la dépasse.

Puis l’annonce hurlée par tous les haut-parleurs de l’aéroport est différente. L’attention de Dep la fige comme si elle se plaçait au garde-à-vous; ses yeux roulent dans des orbites aux aguets. Sa tête bascule vers la porte 64. Un léger sourire, rassurant, court en travers de sa figure à la vitesse de l’éclair. Elle connait maintenant la prochaine étape. Ça ne sera pas Saïgon. Ne me reste plus qu’à inventer ce qui l’a menée jusqu’ici, ce qui  la pousse ailleurs, à Nha Trang.

Les bruits qui circulent dans les aéroports sont amplifiés par un système d’écho caractéristique à chacun. Celui d’Hanoï, là où une jeune fille qui pourrait s’appeler Dep attend encore pour se lever et se diriger vers la porte 64, en direction de Nha Trang, se répercute sur trois planchers. Pour le passager ayant traversé les postes de contrôle, se retrouvant dans l’immense salle d’attente, les échos sont formidables. Le seul fait de bouger sa valise, d’échapper un quelconque objet sur le sol, éternuer ou seulement ciller comme le fait souvent Dep, tout, multiplié, la fait sursauter. Certainement qu’à l’endroit d’où elle vient, le silence règne.

Sa mère l’aura avertie mais la réalité s’avère plus fulgurante que dans les conseils maternels. Elle ne m’apparaît aucunement craintive, plutôt surprise. Chaque coup de grisou de l’écho la pousse à vérifier si tout a conservé sa place. Sa carte d’embarquement, d’abord. Lorsqu’elle montera à bord, le document en aura pris un coup, devenu humide et froissé.

Peut-on reprendre des cours universitaires à cette période de l’année? Rejoindre une tante malade pour donner un coup de main? Retrouvera-t-elle un petit ami, un frère? Pourquoi doit-t-elle quitter sa famille? J’échafaude des conjectures alors que précipitamment elle se lève…

 

Je les revois, imaginaires, toutes les deux, mère et fille assises sur un petit balcon où s’entassent des pots de fleurs. Je les revois, silencieuses, se préparant aux retombées de ce voyage. Leur silence. Parfois, la mère cueille sa main, la caresse avec la nette intention que tous ses messages indicibles puissent doucement, par son épiderme, transpercer  son cœur et  son âme.

Dep quittera son village, celui qu’elle n’a jamais abandonné depuis sa naissance; elle s’expatriera sans trop savoir pour combien de temps, laissant derrière elle cette terre qui l’a vue naître et que sa famille maintiendra fertile encore afin de lui permettre de nouveaux horizons.

On avait songé à Hanoï, puis Saïgon pour finalement choisir Nha Trang. Un vieil oncle y vit. Veuf. Il saura la recevoir, la protéger et rapporter aux parents chaque pas de sa nouvelle aventure. Dep y est attendue.  Là, on souhaite qu’elle puisse faire de demain un jour meilleur qu’hier, meilleur que tous les lendemains incertains d’une campagne de moins en moins propice à l’avenir.

La mère et le père de Dep en ont longtemps discuté. Ils ont vu que leur maison n’allait pas éternellement répondre aux besoins d’une jeune fille dont les yeux, rapidement, se sont retourné vers l’avenir.

Lui croyait que l’école avait changé Dep; elle, que l’école avait ouvert les yeux de sa fille. Lui, l’imaginait s’installer avec un jeune homme, un local comme il aimait bien le nommer sans le connaître; avec eux, pour y élever leurs enfants comme lui l’avait fait à une époque encore proche. Elle, ne voulait surtout pas que Dep répète un scénario qu’elle a vécu et trop longtemps regretté.

Ils en ont discuté souvent et chaque fois, leurs arguments étalés sur la table de la cuisine donnant sur cet étang à canards dans lequel il cultivait, péniblement, des grenouilles qui par la suite seraient vendues à la coopérative, les mêmes arguments que l’un répétait et que l’autre réfutait.

On ne vivait plus à l’époque de la Révolution, disait-elle. La famille restera toujours la famille, arguait-il. Toutefois, et avec l’assurance que chacun allait respecter l’entente, ils avaient choisi de ne pas engager la famille élargie dans le débat. On ne souhaitait nullement que leur fille devienne un sujet à controverse, que de trop rapides jugements caricaturent une situation s’envenimant.

Avait-on demandé l’opinion de Dep? Lui a-t-on imposé ce choix ou relève-t-il d’elle-même? Était-elle destinée à ne pas demeurer dans sa famille en raison de son rang?

Le culte des ancêtres s’avère l’un des piliers sur lequel repose la culture vietnamienne. Selon que l’on pratique un bouddhisme, appelons-le intégral, ou celui qui épure délicatement certaines coutumes millénaires, chaque famille entretient un autel des ancêtres que l’on retrouve dans chacune des maisons. On y place tous les jours des offrandes; on brûle de l‘encens. Ce rite que la mère de famille voit à ne jamais oublier est répandu. Dep a toujours vu sa mère s’y astreindre avec une attention soutenue. Il allait lui revenir une fois devenue orpheline. Ne jamais laisser les âmes seules, ne jamais les oublier, au risque de voir se déchaîner sur eux la malchance, le malheur, pire la malédiction.

Lorsque ses parents, utilisant une multitude d’arguties, scrutaient l’avenir de leur fille, la seule dans cette famille, Dep se voyait éloignée de la maison, incapable de perpétuer la mémoire de celle qui souhaitait qu’elle voie autre chose que les limites de son village. Cela la rendait à la fois malheureuse et admirative du courage, de l’abnégation de cette dernière.

Dep peinait à imaginer le Têt Trung Thu (la fête des enfants à la mi-automne) sans qu’elle n’y participe. Elle était toujours de corvée lors de la confection des gâteaux de circonstance, des fruits et des légumes confits tout comme lors de la fête du nouvel an lunaire, le Têt. Pour consolation, elle s’imaginait chez cet oncle de Nha Trang décorant de fleurs en papier la maison du frère de sa mère, arroser l’abricotier ou le prunier; elle allait le découvrir une fois arrivée.

Ce que sa mère souhaitait pour elle, très jeune déjà Dep avait découvert que rien ne pouvait en empêcher la réalisation. Mais pourquoi? Pourquoi tant s’acharner à la voir partir? Pourquoi lui avait-elle remis, en précisant de ne les porter qu’une fois arrivée là-bas, cette paire de gants de couleur beige? Ces gants qui la protégeraient du soleil, lui assurant de conserver la couleur blanche de sa peau de pêche; ces gants ayant appartenu à cette femme déterminée à voir changer les choses.

La mère de Dep, contrairement au père, avait fréquenté l’école assez longtemps pour savoir bien lire, perfectionné une calligraphie d’une beauté très ordonnée et compter aussi rapidement que n’importe qui dans chacune de ses classes.

Une autre chose dont elle s’était départie fut la croyance au mauvais esprit (Tigre blanc) et au bon esprit (Dragon bleu). Jamais dans sa vie la mère de Dep n’avait mis sa destinée entre les mains parfois illogiques de la géomancie. Elle n’en parlait pas, esquissait un sourire narquois lorsque autour d’elle on expliquait les événements quotidiens à partir de ce qu’elle avait placé au rang de superstition.

Dep avait à peine quinze ans que sa mère, tous les soirs, installée sur le même balcon que maintenant, lui avait lu, lentement et s’arrêtant plusieurs fois afin de vérifier si sa fille saisissait correctement chacune des phrases qu’elle puisait dans ce livre qu’elle affectionnait spécialement et qui, encore aujourd’hui elle relit comme un précieux recueil, l’ouvrage de Pearl Buck, VENT D’EST, VENT D’OUEST.
 
Lorsque son institutrice, une française ayant survécu à la fin du colonialisme et  demeuré au Vietnam, un peu à l’est de Hanoï, afin de poursuivre son œuvre d’éducatrice, avait découvert chez la mère de Dep une curiosité soutenue pour ce qui se vivait plus loin qu’à l’intérieur de son patelin, cette institutrice lui avait donné ce livre, précisant de ne jamais le montrer à qui que ce soit, de le lire à la cachette et d’en faire profiter qui pouvait comprendre que l’on y trouvait des idées contraires à celles circulant autour d’elle mais sauraient l’instruire sur le monde, ses contradictions et ses possibilités.

Elle fut enchantée par ce regard sur le monde et comprit toutes les difficultés qui attendaient les femmes, tout ce à quoi on les astreindrait au nom des traditions, que le modernisme n’était pas l’incarnation du mal, qu’il y a toujours une version des faits et une autre, parfois contraire.

Enceinte de sa fille, elle souhaitait lui donner pour prénom celui de ''perle'' (ngọc trai) mais dans sa famille on ne comprenait pas le bien-fondé de ce choix et dût se contraindre à ne l’appeler ainsi que dans sa tête.

Dernière soirée ensemble, la mère et la fille. Alors qu’on pourrait s’attendre à des épanchements, les deux femmes, confortablement installées sur le perron face à l’étang, surent dans leur silence respectif que deux routes se dressaient devant elles. Chacune comprenait que la suite des choses reposait sur les frêles épaules de Dep, un peu comme le flambeau de la liberté et de l’avenir quittait ce village au nord d’Hanoï pour briller sur Nha Trang.

Aucune inquiétude chez la mère ne transparaissait dans le dernier regard qu’elle posa sur sa fille.

Toute la fébrilité que la nouveauté enracinait chez la fille emplissait ses yeux, ses mains recevant les gants maternels.


On invita les passagers en route vers Nha Trang à se rendre à la porte 64 pour l’embarquement immédiat. Dep s’assit dans le siège près du hublot, en plein milieu de l’avion qui, après avoir vérifié ses moteurs, prit la direction de la piste de décollage.  

À la prochaine

jeudi 12 février 2015

Poème



Le crapaud a toujours été sensible aux images qui l'assaillent, le surprennent, le captivent. Elles se logent dans un recoin de son cerveau là où la mémoire les emmagasine, parfois à l'insu du principal intéressé, y mûrissent, pour s'entrechoquer parfois avec une intruse. Cette dernière a souvent rien à voir avec les autres, ce qui en fait le charme.

Une image se pointe sous différentes apparences: des couleurs, des odeurs, des mots, des sons. Parfois, au cours d'une lecture, une expression ou une description me ramène à d'anciens souvenirs qui fracassent, font voler en éclats ce que l'auteur voulait insinuer. Alors tout cela se mêle, forme comme une fricassée dont je n'ai aucune idée s'il faut lui ajouter des épices ou tout autre condiment.

Et ça doit mûrir. Mûrir encore et longtemps. J'ai souvenance d'un poème qui mijota plusieurs mois. Les habitués du CRAPAUD se rappelleront Boris, à titre d'exemple, qui lui fermenta - si l'expression peut s'appliquer - jusqu'à ce voyage à Paris, visitant la ville de George Sand (Nohant-Vic), j'appris que son fils Maurice s'était vivement intéressé au monde magique des marionnettes. C'est à partir de ce moment que Boris devint intelligible pour moi.

Ce n'est pas toujours ainsi que cela se produit. Pas du tout. L'exemple d'aujourd'hui, le poème au café l'illustrera parfaitement.

Je suis installé dans un café du District 1 (Highlands Café) entreprenant la lecture de LES LETTRES DE CAPRI de Mario Soldati. Je ne vais pas souvent à cet endroit, seulement lorsque je dois rencontrer des amis vietnamiens qui travaillent dans les tours à bureau encerclant le café situé tout juste derrière la maison de l'Opéra de Saïgon.

Je lis, nullement concerné par ce qui grouille autour de moi. Le lunch s'achève, l'endroit se vide. Ne reste qu'une femme. D'où je suis, elle m'apparaît vietnamienne sans que j'en sois certain; asiatique, c'est sûr. Un stylo à la main, elle le fait pivoter sur la table; le menu y est demeuré. Devant elle une tasse de café latte refroidi; elle scrute la rue ou le stationnement rempli de motos (plusieurs cafés offrent un service de parking pour les travailleurs du coin).

Je cesse de lire. Bien des gens me disent: ''Lorsque, en public, tu regardes quelqu'un, tu ne te lasses pas avant d'avoir découvert ce que cette personne peut représenter.''  Il y a du vrai dans cela. D'ailleurs, le texte que je suis à préparer pour un prochain billet et qui s'intitulera Elle est en route mettra en valeur ce point de vue.

Je surveille. Emmagasine.
Voici ce qui en reste: 




au café


assise au fond du café
sous l’éventail qui tournoie
elle attend

le flot des paroles
fait tohu-bohu
autour d’elle

la fumée des Marlboro
emplit l’espace
                                              de légères arabesques

elle songe à écrire
le menu cartonné
l’y invite

elle griffonne
tu ne peux partir
tu es déjà en allé

de la page des apéritifs
elle fit
une boule de papier

dans la rue
les gens passent leur chemin



À la prochaine


mercredi 11 février 2015

Les chroniques de Saïgon (3)


2015, année de la CHÈVRE

Le Vietnam au rythme des fêtes


Le calendrier vietnamien est marqué à la fois par des fêtes traditionnelles (souvent bouddhistes) et par des fêtes civiles. Il existe 9 jours fériés au Vietnam et pour la majorité des Vietnamiens, ce sont leurs seuls jours de congés. Ces jours fériés soulignent certaines fêtes religieuses ou civiles et marquent ainsi l’identité nationale du pays. Par ailleurs, d’autres fêtes, moins reconnues officiellement, sont devenues très populaires. C’est le cas par exemple de Noël qui n’est pas férié au Vietnam mais qui remporte un vif succès auprès des populations urbaines, en termes de décorations au moins.

Pour un observateur extérieur, on ne peut que souligner l’importance accordée à ces fêtes, tant au niveau esthétique que gastronomique et créatif. Et s’émerveiller de voir toutes ces fleurs et spectacles qui forment l’identité culturelle du pays et le charme du Vietnam.

Voici la liste des principales fêtes soulignées au Vietnam :

.        1er janvier :  Nouvel An
.        Février, le jour de la pleine lune :Fête du Têt Nguyen Dan (Nouvel An                                                                 lunaire)
.        30 avril :     Libération du Vietnam (1975)
.        1er mai :      Fête du travail
.        à la pleine lune du 4e mois lunaire : Anniversaire de la naissance de                                                                        Bouddha
.        Le 15e jour du 7e mois lunaire : Fête des âmes errantes
.        Le 2 septembre : Fête nationale, fondation de la République en 1945
.        Le 15e jour du 8e mois lunaire : Têt Trung Thu (mi automne, fête des                                                                enfants).



Le calendrier lunaire

Adapté du calendrier chinois, le calendrier vietnamien commence en l’an 2637 avant J-C.  Ce qui le différencie aujourd’hui du chinois c’est surtout le début de la phase de la lune. Du fait du décalage horaire entre Hanoï et Pékin, les mois lunaires – et donc les dates des grandes fêtes – peuvent être ainsi décalés d’un jour. Par ailleurs,  quelques différences sur les éléments symboliques et leur interprétation existent aussi.

Aujourd’hui, la vie au Vietnam se déroule toujours au rythme du calendrier lunaire qui est l’appellation usuelle de ‘’calendrier luni-solaire’’. Le calendrier grégorien ne sert que pour les dates officielles. Le calendrier vietnamien, lui,
prévaut encore partout et dans tous les domaines (Têt, fiançailles, mariage, anniversaire de mort, …).

Prenant à la fois en compte les mouvements de rotation de la terre autour du soleil et les cycles des phases lunaires, c’est un calendrier luni-solaire. (Le seul calendrier purement lunaire qui soit réellement utilisé à grande échelle est le calendrier musulman). Le jour et l’année sont basés sur la course du soleil, alors que le mois est calculé en fonction de la lune. Chaque mois (lunaison) commence le jour de la pleine lune. Sa durée varie entre 29 et 30 jours et se différencie d’un mois à l’autre. Or l’année solaire a 365 jours, tandis que l’année lunaire environ 354. Pour rattraper les 11 jours qui manquent, un mois dit ‘’intercalaire’’ est ajouté au calendrier tous les 3 ans. L’année à 13 mois lunaires comptera environ 384 jours.

Les mois du calendrier vietnamien n’ont pas de nom particulier, juste leur rang dans l’année. Par ailleurs, la semaine dans le calendrier vietnamien commence aussi par le dimanche et se termine par le samedi, et chaque jour compte 24 heures.

Le cycle du temps dans le calendrier vietnamien


Chez les Vietnamiens, le temps est divisé en cycles de 60 ans. Depuis la création du calendrier, on est actuellement au 78e cycle. Chaque cycle est lui-même subdivisé en deux autres types de cycles : le premier, plus grand, compte 12 années appelées ‘’12 rameaux terrestres’’, chacun représenté par un animal. L’autre cycle compte 10 années, les ‘’troncs célestes’’ qui sont à la fois associés au cycle yîn – négatif – et yang – positif – (âm et et du’ong en vietnamien) et à la théorie des 5 éléments ou plus justement des 5 agents : le bois, le feu, la terre, le métal et l’eau.

À chaque nouvelle année correspond un animal symbolique (troc terrestre) auquel est associé un de ces 5 éléments. Ils imprégneront de manière significative la personnalité, la psychologie et la destinée des enfants qui naîtront au cours de cette année-là.

La tradition fixe la première année du RAT à 2697 ou 2698 avant notre ère, respectivement années de naissance et de procréation de l’Empereur Jaune, souverain mythique considéré comme le père de la civilisation chinoise et l’inventeur du cycle sexagésimal.

DONC :

. Un mois lunaire (lunaison) compte environ 29,5 jours.
. La nouvelle lune est le premier jour du mois.
. La pleine lune représente le milieu du mois.
. Le jour de Nouvel An a lieu le jour de la seconde nouvelle lune après le      solstice d’hiver.

Les animaux du zodiaque


         Le premier Bouddha invita tous les animaux au réveillon du Nouvel An. Mais douze (12) animaux seulement se rendirent à ce rendez-vous : le RAT chaleureux, le BŒUF déterminé, le TIGRE courageux, le LIÈVRE (chat au Vietnam) casanier, le DRAGON charismatique, le SERPENT frivole, le CHEVAL libre, la CHÈVRE (bouc ou mouton) dépensière, le SINGE acrobate, le COQ franc, le CHIEN justicier et enfin le COCHON généreux.

Bouddha leur dit :’’Pour vous remercier de votre présence, je décide d’attribuer à chacun une année et de renouveler chaque cycle tous les 12 ans. Chacun d’entre vous recevra des bénéfices lors de l’année qui lui est consacrée et lors des années consacrées aux animaux compatibles.’’ Ainsi, chacun des animaux a su quels autres animaux lui étaient compatibles, et qu’elles étaient leurs années favorables et défavorables et purent ainsi vivre une vie sereine.

Chaque année porte alors le nom et les traits de caractère d’un animal qui influent sur tous les événements qui s’y déroulent. Les Vietnamiens croient que les années où le signe correspond à leur année de naissance sont des années défavorables. Il ne faut donc se lancer des grands projets personnels, ou des voyages pendant ces périodes.

La légende chinoise ajoute également que le RAT mentait au CHAT en lui disant que le rassemblement serait plus tard. Le RAT monta ensuite sur le BŒUF pendant tout le trajet et souhaita la bonne année le premier à Bouddha, au moment où le BŒUF allait le dire. Le CHAT partit trop tard et arriva en treizième position. Et c’est ainsi que depuis le CHAT et le RAT sont devenus des ennemis naturels. Cependant, ceci n’est pas valable au Vietnam où le CHAT remplace le LIÈVRE chinois. (Les animaux peuvent varier car cette légende étant connue dans presque toute l’Asie, chaque pays l’adapte à sa faune).

2015 : l’année de la CHÈVRE


         La CHÈVRE est certainement le signe le plus féminin de l’astrologie vietnamienne. Sa douceur fait de la CHÈVRE un personnage très apprécié des autres.

Pacifiste, elle s’impose toujours délicatement pour éviter les conflits, et s’assurer du bien-être des gens. Même si ces derniers lui sont totalement inconnus, la CHÈVRE aime apporter le bonheur aux plus démunis, quitte à se priver elle-même.

En affaires, les personnes nées sous l’année de la CHÈVRE n’ont pas une âme de dirigeant, et n’apprécient pas non plus d’être contrôlées par une main maîtresse. Le pouvoir appartient à tous, et le référendum est un allié de force.


En amour, la CHÈVRE est un compagnon tendre, plein d’affection, qui n’hésitera pas à faire d’énormes sacrifices pour sa famille.

Entre nostalgie et fantaisie ... (54)

Se présente dans l'imaginaire poétique, sans origine logique, une série d'images bigarrées, une palette de couleurs artificielles, u...