lundi 22 avril 2013

Petites histoires drôles



Nous en sommes à nos dernières histoires drôles et cours de langue vietnamienne. J'espère que vous vous êtes amusés à les lire autant que j'ai eu de plaisir à les trouver et vérifier si elles correspondent réellement au folklore vietnamien.


Trois générations de toqués

         Le grand-père ordonna au petit-fils de prendre deux ligatures pour aller acheter de la saumure et du vinaigre; le petit-fils demanda :

-      Ensemble, ou bien les deux séparément, grand-père?
-      Chacun a part.

L’enfant tendit deux bols :

-      Quel bol pour le vinaigre, quel bol pour la saumure?
-      Peu importe quel bol!

Au bout d’un moment, le petit-fils revint demander :

-   Oh! Grand-père, quelle ligature pour acheter le vinaigre, quelle ligature pour acheter la saumure?

Furieux, le grand-père frappa le petit-fils. Le père de l’enfant, revenant du travail, vit la chose; aussitôt, levant la main, il se mit à se gifler la figure à coups redoublés… Surpris, le grand-père demanda :

-      Es-tu fou pour en venir à te frapper ainsi toi-même, hein?
-      Je ne suis pas fou, tu frappes mon enfant, alors je dois frapper ton enfant.

À ces mots, le grand-père, serrant ses deux mains, se donna des coups de poing dans la poitrine en s’écriant :

-  Ah! Espèce d’insolent, voici que tu frappes mon fils! En vertu de quoi ne frapperais-je pas ton espèce de père?



Sitôt entendu, sitôt compris

         Un homme était riche, mais très avare. Son fils était déjà grand, mais il ne lui permettait pas d’aller à l’école, parce qu’il craignait la dépense.
Un jour, un visiteur vint à passer; voyant la situation, il demanda :

   - Pourquoi ne permettez-vous pas à cet enfant déjà grand de ne pas aller à l’école?
Le chef de famille répondit :

-      Il paraît tel, mais il est encore très niais, je crains que s’il va à l’école, les plus grands ne le persécutent.

-      S’il en est ainsi, vous devriez prier un maître de venir ici pour instruire l’enfant.
-     Je crains qu’il n’ait pas la capacité d’étudier car les caractères et leur signification sont très ardus, Monsieur.
-      Oh! Où est la difficulté? Vous n’avez qu’à lui faire apprendre. Ainsi, le premier jour, le maître lui apprend à écrire UN, qui est un trait horizontal. Le jour suivant, on arrive au caractère DEUX, qui consiste en deux traits horizontaux. Le troisième jour, on apprend le caractère TROIS, qui consiste en trois traits horizontaux… En poursuivant graduellement, il finira sûrement pas apprendre.

Le visiteur parti, le fils s’approcha du père et dit :

-      Père, ne faites pas venir un professeur pour m’instruire à grands frais. À peine ai-je entendu mentionner ces quelques caractères que je les connais déjà par cœur.

Le père dit alors à son fils de se mettre à écrire. Comme il était prévisible, celui-ci fut immédiatement capable d’écrire les caractères UN, DEUX et TROIS. Le père le félicita de son aptitude, puis dit :

-      À présent, mon fils, écris le caractère DIX MILLE et montre-le à ton père.
Le fils répondit :

-    Partez seulement un instant pour que votre fils finisse d’écrire et puis revenez voir.
Le père partit se promener, parcourant les alentours. À son retour, il demanda :

-      Allons, fils, n’as-tu pas encore fini d’écrire? Fais voir à ton père!
Le petit répondit :

-     Ah! Père, ce caractère DIX MILLE est très difficile. J’ai déjà passé presque une demi-journée à écrire, mais je n’ai pu obtenir que cinq cents traits horizontaux.



Une autre langue

Les chiffres et les nombres : essentiellement indispensables.

De 1 à 10             ( Từ 1 đến 10 )
un              một
deux           hai
trois           ba
quatre        bốn
cinq           năm
six             sáu
sept           bảy
huit            tám
neuf           chín
dix             mười

De 10 à 100         par sauts de dix            ( mười phần trăm mỗi mười )
dix                       mười
vingt                    hai mươi
trente                  ba mươi
quarante              bốn mươi
cinquante             năm mươi
soixante               sáu mươi
soixante-dix         bảy mươi
quatre-vingt         tám mươi
quatre-vingt-dix   chín mươi
cent                      một trăm

De 100 à 1000 par sauts de 100       ( nhảy trong một trăm )
cent                      một trăm
deux cent             hai trăm
trois cent             ba trăm
quatre cent           bốn trăm
cinq cent              năm trăm
six cent                sáu trăm
sept cent              bảy trăm
huit cent               tám trăm
neuf cent              chín trăm
mille                     ngàn

Les principaux cent mille                   (  hàng trăm ngàn chính )

cent mille              một trăm ngàn
deux cent mille     hai trăm ngàn
cinq cent mille      năm trăm ngàn

Et le million  =  triệu


À une prochaine fois

vendredi 19 avril 2013

Photos en vrac!



Voici une série de photos retrouvées en fouillant ici et là.

Le jaune ne ressort pas très bien...

...mais actuellement, ces arbres sont magnifiques.

J'aime autant...







... ne rien ajouter...

Coucher de soleil à partir de Bitexco (49ième étage)
























Avec YoYo (Bitexco)

Saigon... vue de haut!

Oncle de YoYo, papa de Lisa

Tante de YoYo et 2 petits-enfants

Histoire de Pi... en 3D

Abricotier... la fleur du Têt

Terrasse à Hanoï

Dessin de YoYo au Café Riverside

C'est devenu une habitude que de regarder en haut!

Sunset... soon!

Début de lune dans le District 11

Le quatuor des lunettes (Steven, moi, YoYo et Ken

Musée de la femme vietnamienne à Saïgon

Coucher de soleil à partir de Bitexco

C'est beau un coucher de soleil vu de haut!

Tour de Saïgon

Les petites économies du mois...

... sur le bureau près de l'orchidée.

Dragon à l'entrée de la pagode de Nha Bé

Pâté chinois de riz vietnamien!!!

Saïgon Beach... en développement.

Chien sans nom


 Mes excuses si jamais une ou plusieurs de ces photos furent pubiées auparavant.

À la prochaine

mercredi 17 avril 2013

LES CHRONIQUES DU CAFÉ RIVERSIDE

Moody Blues
LES CHRONIQUES DU CAFÉ RIVERSIDE
10

Les Moody Blues 
et
 l’homme obèse du Café Riverside

La musique de Schubert, la musique de Moody Blues :la quasi perfection. Il y a tellement le mot libre dans chacune des écoutes.

Si j’étais propriétaire du Café Riverside, la première chose que je modifierais ? Le fond sonore. L’actuel détenteur du lieu a préféré repeindre le plafond (ensemble de contreplaqués d’un mètre sur deux) de différentes couleurs – jaune, violet, bleu, vert, oranger – ce donne l'aspect d'un immense damier bariolé. Propriétaire donc, j’y mettrais du Schubert puis un peu de musique vietnamienne pleine de nostalgique, Moody Blues par la suite avant de revenir à Schubert, puis deux ou trois morceaux en français… Carla Bruni, Patricia Kass et Pier Béland.

Depuis le retour de Kuala Lumpur/Singapour, vers midi, le gris s’empare brutalement du ciel; on sent la pluie, l’orage peut-être, se glisser dans les nuages. Mi-avril, on doit s’y attendre. L’an dernier, c’était ainsi : chaque après-midi une chaude ondée nous tombait dessus. Une semaine plus tard, on parlait d’une bonne heure de pluie quotidienne sans oublier cette humidité bien installée tout comme en Malaisie, résolue à ne pas quitter les lieux.

Je reviens donc au Café Riverside. Non pas dans mes rêves de propriétaire, mais dans la réalité d’aujourd’hui; installé tout au fond, toujours au même endroit, un peu comme si on me le réservait. Peu de monde. Ceux  qui ont choisi le côté est du café tout comme moi, le nord-est serait plus précis, ne pouvaient s’empêcher de le regarder, de suivre ses mouvements d’obèse. Lents. Ralentis. Assis dans un fauteuil qui souffrait à le maintenir, il lisait un document à partir d’un IPad tenu éloigné de lui en raison d’un ventre pachydermique obstruant sa vue. Sa chemise décolorée dans le dos par la sueur copiait-collait la couleur du fauteuil perclus. Ses verres, même teinte que l’enveloppe de sa tablette électronique, un rouge bordeaux délavé.

Aux pieds de l’homme obèse, un chiot se ridiculisait aux yeux du public attentif en tournant en rond aux pieds de l’endroit où se tenait immobilisé le lecteur. Un verre de thé froid, le thé au jasmin que le Café Riverside vous sert en même temps que votre café, reposait au centre de la table.

La voix d’un chanteur vietnamien courait au plafond bigarré. 

Pourquoi, levant les yeux de mon livre – je lis actuellement LA ROUTE DE LOS ANGELES de John Fante – je ne peux que remarquer le centre d’attention de la journée, d’observation pour certains, des clients du Café Riverside, un homme obèse qui combat la chaleur en balayant de temps à autre son IPad comme s’il s’agissait d’un flabellum ? Je me laisse prendre au jeu. 

Le majeur de sa main gauche tambourine sur le fauteuil affaibli. Je me demande ce qu’il lit. En quelle langue?

Le chiot, alors que l’homme obèse quitte le café, au bout d’une très longue laisse, le suit, sautillant le plus rapidement qu’il peut; un si petit animal pour une si immense personne, et que dire de la laisse qui donne au spectacle une allure clownesque.

La place est vide maintenant. Le fauteuil respire. On sent que les clients cherchent vers qui diriger leurs regards. C’est l’avantage d’être là avant tout le monde, une sorte de droit acquis, celui de pouvoir choisir qui l’on veut épier.

Mon Fante repose sur la table et, après la disparition du couple discordant, je reviens l’espace d’un instant à Schubert mais surtout aux Moody Blues. Les Moody Blues, je les ai connus, bizarrement, par Léo Ferré. Même époque que celle de Léo Ferré. Avez-vous remarqué à quel point la musique que l’on écoute, que l’on apprécie, que l’on aime et cela à telle ou telle époque, parle beaucoup de nous autant que de l’époque.

Une robe de cuir comme un fuseau
Qu'aurait du chien sans l'faire exprès
Et dedans comme un matelot
Une fille qui tangue un air anglais
C'est extra
Un moody blues qui chante la nuit
 Comme un satin de blanc d'marié

Les deux chansons (C’est extra, de Ferré et Nights in white satin, des Moody Blues) datent de la fin des années ’60, l’entrée des années ’70. Cela, quand on y retourne l’espace d’un coup d’œil, le temps de s’apercevoir combien on a évolué, revoir également ce que l’on souhaitait comme changement dans sa vie personnelle et collective. Ferré, Moody Blues, c’est ça pour moi.

Mes cycles personnels durent sept ans. Après sept années dans un même mood il me faut passer à autre chose. Ça a du bon et un revers de médaille. La question à se poser, quand s’achève les cycles? Trop long à aborder aujourd’hui.

Mais je reviens au Café Riverside, mon Fante sur la table, le vent qui me fouette doucement le visage. Un peu plus loin que la musique, je reviens au fait que l’homme obèse et son chien m’ont laissé, comme carte de visite, la réflexion suivante : peut-on, occidental, disons d’Amérique, se retrouver avec un sosie oriental, disons d’Asie du Sud-Est ? Reconnaître un connu ou une connue à travers la physionomie de celui ou celle qui, des milliers de kilomètres et douze fuseaux horaires plus loin, nous le ou la rappelle?

Il m’arrive, souvent d’ailleurs, croisant quelqu’un ici à Saïgon, de me dire : Tiens, c’est lui! Tiens, c’est elle? 

Il existe un très beau mot français – ménechme – qui signifie : personne qui présente une ressemblance frappante avec une autre. Ce n’est pas exactement cela que je veux dire lorsque je parle de sosie. Dans l’expérience que je vis ici, lorsque la ressemblance est frappante, non seulement un trait du visage, une partie de sourire, un geste involontaire presqu’un réflexe, eh! bien lorsque cela arrive, je reconnais le même trait chez quelqu’un d’autre. Sans chercher, ça se produit subitement. Combien intéressant de constater que parfois cela remonte à loin derrière, à l’époque de Ferré, des Moody Blues, peut-  être…

Bon, voilà. Je ne suis pas propriétaire du Café Riverside, je continuerai donc à écouter la musique sur laquelle je n’ai aucun contrôle, aucun choix non plus. Oublions Schubert et Moody Blues, quelques morceaux de langue française.

Et je ne vous direz pas à qui me faisait penser l'homme obèse...
 
Pour quelques jours encore, je reviendrai au Café, m’installer au fond, côté est, nord-est, écrire peut-être une dernière chronique avant de rentrer.

À la prochaine

Entre nostalgie et fantaisie ... (54)

Se présente dans l'imaginaire poétique, sans origine logique, une série d'images bigarrées, une palette de couleurs artificielles, u...