- Comment peut-on faire des maths modernes avec un esprit mathématique ancien? (Charlie Brown)
mercredi 11 juillet 2007
Le cent soixante-neuvième saut de crapaud
- Comment peut-on faire des maths modernes avec un esprit mathématique ancien? (Charlie Brown)
lundi 2 juillet 2007
Le cent soixante-huitième saut de crapaud
Je vous offre ce matin de sages paroles. Elles proviennent de ceux que l'on pourrait surnommer « les anciens ». Comme leurs voix résonnent toujours...
- C'est le propre de l'homme de se tromper; seul l'insensé persiste dans son erreur. (Cicéron)
- Ne navigue pas si mal qui passe à égale distance de deux maux. (Érasme)
À bientôt
dimanche 24 juin 2007
Le cent soixante-septième saut de crapaud
Le crapaud, encore sous le charme et l'émotion de la journée de vendredi, en ce 24 juin - celle du BOULEAU - ne peut écrire que quelques mots, à peine.
60 ans, c'est un peu moins que les 84 de Fleurette; une année de moins que Françoise, ma soeur ainée, une de plus que mon frère Pierre, trois pour mon frère Jacques, cinq de ma soeur Louise et onze de plus que ma jeune soeur, Sylvie...
Aussi, à 30 ans de ma fille Catherine, 31 de Mathilde, ma deuxième fille et 34 d'Odile ma troisième fille.
L'âge qu'il est difficile de montrer sur les mains quand vous le demandent Émile - 5 ans le 14 juillet, Léa - 3 ans depuis le 4 février -et Arthur - 2 ans le 6 juillet-. Il faudrait dix fois leurs mains réunies...
Journée du BOULEAU que ce 24 juin, dans l'horoscope gaulois... Journée, aussi, de tant de souvenirs pour le crapaud qui, derrière la Maison du Ruisseau, près d'un étang où le matin baigné de soleil, on entendait la douce chanson d'une grenouille s'amusant à suivre les libellules lui passer au-dessus du nez... soixante fois plutôt qu'une, il ne pouvait que croire plus encore aux beautés de la famille, de la nature, de l'humanité et de l'amour réunies...
En ce vendredi, le BOULEAU se sentait davantage Saule Pleureur... Entouré de tout ce monde essentiellement primordial, franchissant un cap, celui d'une décenie à une autre, je dois dire qu'une pensée spéciale montait vers ce CHÊNE que fût pour nous tous, Gérard...
lundi 11 juin 2007
Le cent soixante-sixième saut de crapaud
En 1885, Léon Tolstoï adopta un régime végétarien. Il préconisa le "pacifisme végétarien" et prôna le respect de la vie sous toutes ses formes même les plus insignifiantes. Il écrit qu'en tuant les animaux « l'homme réprime inutilement en lui-même la plus haute aptitude spirituelle - la sympathie et la pitié envers des créatures vivantes comme lui - et qu'en violant ainsi ses propres sentiments, il devient cruel ». Il considérait par conséquent que la consommation de chair animale est « absolument immorale, puisqu'elle implique un acte contraire à la morale: la mise à mort ».
Voici quelques perles conservées dans mes cahiers de lecture:
mercredi 6 juin 2007
Le cent soixante-cinquième saut de crapaud
Le poème d'aujourd'hui, je me permettrais de le classer dans une nouvelle catégorie fort différente des autres mais reliée de part la structure qui exige de ma part d'éviter le « je » et de toujours me fier aux images afin de porter le texte. Il s'appelle ... la cusine rouge ...
un long couteau t r a n s v e r s a l e la table
sa lame
,empreinte digitale ensanglantée,
telle une alarme criarde dans un matin sec
dégoutte par terre
huit capillaires de sang accrochés
à la q u e u e l e u l e u
dégoulinent
formant un losange imparfait
une après l’autre, au goulot de l’invisible pipette,
les gouttes oppressées
s’étirent
s’écrasent
f l a q u e m e n t
noyées par un bruit d’étang rouge
marais asséché
sur le sol astiqué de la cuisine
(objects in mirror are closer than they appear)
trois cheminées par la fenêtre entrevues
injectent au ventre du ciel
des brumes grises
c h a r b o n n e n t les nuages
alors que douze fleurs séchées fanent dans l’amphore craquée
en souvenir des mains acidulées
au cendrier des bouteilles renversées
fume un tabac autochtone
fermera-t-on? le portail
aux clôtures des muettes éternités
que l’infini aveugle
les entaches de sang… s’embrouillent aux moments lucides
le couteau… transperce les nucléaires retombées
les jaillissements retenus... régurgitent des miettes de pain
les échappées d’anges aux paroles noircies…
se p é n i t e n c e n t le cœur
les morceaux d’âme verglacés… s’égratignent jusqu’à la moelle
plaquant dans leur inerte envergure
toutes ces horreurs sacrifiées aux autels de marbre rosacé
et
s’égratignent les veines bleues du temps
inégalement mêlées au rouge
qui chahute derrière les enterrements de soleil
(objects in mirror are closer than they appear)
un verre d’acide
boussole échevelée sur l’humidité rouge de la table
se remplit de mille morceaux d’un casse-tête 3d
les trous sans pluies…
l’eau des icebergs…
les bateaux naufragés…
traversent la cuisine inondée
qu’en ses heures inquiètes ronge la mer
ils enjambent les couteaux puant la viande tranchée
servie froide dans des assiettes plombées…
alors que par la fenêtre
l’endorphine douleur se ronge les sangs
(objects in mirror are closer than they appear)
une cuisine devenue couteau
à la fenêtre, du sang
là
à mille lieux du centre périphérique
où l’essentiel des choses se joue
comme des objets dans le miroir des apparences
lundi 4 juin 2007
Le cent soixante-quatrième saut de crapaud (27)
- Tu ne vas pas m'espionner, ce soir?
- Non, mais ...
- Mais quoi?
- Je veux te dire que j'ai hâte à demain.
- Et pourquoi?
- Pour te revoir.
- C'est gentil, Rock. Bonne nuit.
- Je vais fumer une dernière cigarette.
- Veux-tu que j'aille chercher Joe?
- Pourquoi?
- Pour que tu lui en offres une.
- Bien non, voyons.
- Bonne nuit, Annie.
- Et je devrais réagir comment, tu penses? J'ai foutu la merde dans notre projet; j'ai été incapable de saisir ce qui nous arrivait; je n'ai jamais vu ce qui se passait à la maison... tout ça parce que j'étais enveloppé par-dessus la tête avec mes propres affaires. Ce qui se passe autour de moi, c'est trop loin...
- Bob, ce projet c'était la moitié de ta vie comme Raccoon pour Joe, la même affaire.
- On dirait que ce que je pense, il faut absolument que ça se déroule de même dans la vraie vie. Il n'y a pas de place pour l'erreur ou l'imprévu. Tout doit être super organisé, au quart de tour.
- Et quand ça s'écrase...
- ... je m'écrase avec. C'est simple. Je me croyais un bon chef... Celui qui peut conduire les autres... Je me rends compte que je ne peux même pas me conduite moi-même...
- Tu t'en rends compte, c'est très bien.
- Un peu tard... J'ai failli faire mourir tout le monde avec mes étourderies...
- Et si tout ça, c'était l'effet de ton imagination?
- Tu ris de moi, Mario.
- Non, absolument pas. Si tu te fiais à ton imagination et à ton intuition, peut-être que ...
- ... que je serais heureux?
- Ça c'est l'affaire de chacun.
- Bonne nuit.
- Merci, Mario, pour tout ce que tu as fait.
- À part Ozzie, j'connais pas grand chose.
- Je trouve qu'elle vous va très bien, à Raccoon et toi.
- Avoir su qu'ça finira d'même, j'aura jama dû la sortir d'sa maison.
- Non, Joe. Tu ne sais pas ce que tu dis. On n'a pas le droit de garder ce qui ne veut pas rester, encore moins le prendre de force. La liberté, c'est ce qu'il y a de plus important.
- Libre pis tu seul...
- Libre avant tout de choisir ce qui est bon pour soi.
- Depuis le début, elle préparait son départ. Tu ne dois pas lui reprocher de vouloir te ressembler.
- Comment?
- Libre, Joe. Libre de retrouver ce qui la fera grandir. Ce n'est pas accroché dans les bras de quelqu'un que l'on apprend qui on doit être.
- Y a ton nom, Caro, dans celui de Raccoon.
- T'es gentil, Joe. C'est quoi cette blessure à ton bras?
- Oh! rien... rien... une égratignure...
samedi 2 juin 2007
Le cent soixante-quatrième saut de crapaud (26)
Personne n'osa parler suite au départ du personnage, préférant se retirer en lui-même... en elle-même... en soi-même... repassant sur son écran intérieur les images des événements s'étant abattus sur eux depuis la légendaire traversée de l'étang. Chacun saisissait mieux maintenant le sens de ce qui s'était produit: être prisonnier d'un champ magnétique alors que l'on était parti en vacances, en camp sauvage! La suite, que leur réservera-t-elle?
- Jamais de toute ma vie, je n'aurais cru vivre une telle affaire, soupira Annie.
- Ça n'arrive que dans les livres!
- Y m'sembe que ça fa bin dé fois qu'tu dis ça, Rock.
- Ça ne te dérange pas te mourrir, toi?
- Chu sûr qu'on mourra pas. L'optimisme de Joe en plus de ne pas faire effet, n'était pas du tout contagieux.
- Tous, nous avons accepté ce projet. Tous, nous en sommes solidaires. Dans le même bateau du début jusqu'à la fin, il n'est absolument pas question que tu prennes, seul, le blâme pour ce qui arrive. Nous sommes une groupe, une gang et nous le resterons quoi qu'il advienne. Je pense que la fin ne sera pas ...
- Je vous présente un des trois chefs de l'organisation du Triangle d'Or. Vous vous adresserez à lui, seulement mais alors seulement s'il vous adresse la parole et en l'appelant Maître.
- Lequel se nomme Joe?
- Est-ce que... je puis-je... tu... savoir comment... Son bégaiement le rendait à la fois vulnérable et profondément vrai.
Le personnage lui rappela qu'en s'adressant au Maître, il devait utiliser ce mot.
- Maître, coupa Joe.
- Tu n'as aucune crainte à avoir, lui dit le Maître soulevant très doucement son bras vers le grand qui paraissait aussi petit et aussi inquiet que Rock l'aurait été si les rôles furent interchangés.
Joe esquiva ce qu'il crut être soit un coup de poing ou une taloche, cachant la figure de son avant-bras.
- Plus jamais personne ne lèvera la main sur toi, Joe.
- Cé sûr, si chu mort, euh! ... Maître.
- Comment ça toutl'monde y sé mon nom?
- De deux guerres, Joe. Celles que j'ai faites avec l'habit militaire que tu portes présentement, celui que je t'ai fait parvenir par la poste.
- Mon... grand-père... Pepère?
- C'est ainsi que ton père m'appelait.
- Cé quoi l'affaire? J'comprends pu rien!
Chapitre 62
- Cé sûr qu'cé moé. J'pourrais tu rejoinde les autres? Alles-vous tous nous tuer ou jusse moi? Pis Raccoon? Quand vous allez nous tuer? Pis Raccoon?
- Tais-toi et tu m'écoutes.
- J'vous jure qu'on va faire c'que vous dites, mon Maître.
- Tu peux m'appeler Pepère.
- Oui mon Maître Pepère... euh! Maître... j'veux dire... Pepère.
- J'ai fait les deux grandes guerres. Pour tous, je suis mort en 1944, le 9 juin, mais en fait, je fus enrôlé dans une brigade spéciale qui se nomme Le Triangle d'Or. Il y a des membres sur les cinq continents et ...
-... tu sais, les êtres humains sont souvent pris entre la réalité qu'ils prennent pour du fantastique et le fantastique qu'ils souhaiteraient voir comme étant la réalité. Ton groupe et toi, venez de vivre une expérience de cette nature et à partir de maintenant et pour le reste de votre vie, ce que verrez vous semblera faire partie de l'une ou de l'autre de ces entités. Vous êtes devenus conscients de leur existence parce que vos sens ont été interpelés par l'un et l'autre. L'énergie du triangle vous suivra désormais et vous pourrez l'utiliser correctement ou incorrectement. Vous pourrez en faire de bonnes ou de mauvaises choses. Notre organisation fait les deux. Lorsqu'elle procure des armes sous forme d'outils à Saddam Hussein avec lesquels il tue des gens, nous faisons de mauvaises choses. Lorsqu'elle permet à des personnes de demeurer jeunes, de ne jamais plus être malades et possiblement ne pas mourir, nous faisons de bonnes choses. Cela m'est arrivé, en 1944... Je suis le résultat d'une expérience de cette sorte... et qui a réussi. Ce n'est pas la même chose pour tous... Vous avez pu le constater.
- De quel côté de l'étang on va être?
- Adieu, mon Maître Pepère.
- Suivez moi.
- Notre stock? s'inquiéta Rock.
- Il vous attend. Vous et le chien, vous demeurez ici.
- Bon camping, les jeunes?
- Il y a beaucoup trop de bibittes, répondit Bob à la tête du groupe.
- C'est en plein la saison pour ça, lui renvoya Jackson en démarrant sa voiture au moment même où un camion s'arrêtait de l'autre côté de la route, faisant monter six jeunes et un raton laveur que Roger Ninja fixait de manière interrogative.
- T'as raison, répondit Rock.
- Veux-tu une cigarette, demanda Annie.
- Jamais non aux bonnes choses d'la vie.
- Revenez-vous pour la messe?
- Les moustiques ont eu raison de nous, répondit Bob ne voulant pas éterniser la conversation avec le propriétaire du camping.
- Il y a madame Béliveau qui a téléphoné hier et avant-hier. Je lui ai demandé si elle voulait laisser un message puisque vous étiez en excursion mais elle a dit non, qu'elle voulait tout simplement prendre des nouvelles.
vendredi 1 juin 2007
Le cent soixante-quatrième saut de crapaud (25)

- Un autre meurtre! J'avoue ne plus rien comprendre. Vous n'étiez pas à Montréal, hier? Les propos de l'inspecteur Jackson se dépatouillaient dans le plus grand imbroglio.
- Il faut monter.
- Redonnez-moi mon arme, jeune homme.
- Êtes-vous convaincu que nous n'avons rien à voir dans cette histoire de vol? demanda Mario, tendant l'arme à Jackson.
- Vos explications me satisfont. Unissons maintenant nos efforts afin de résoudre ce mystère.
- Si quelqu'un bouge, c'est la mort. La voix, celle d'une personne très âgée, ne concordait pas du tout avec la physionomie du personnage.
- Restez de l'autre côté de la table.
- Vous avez failli ne jamais aller plus loin, dit-il.
Mario réagit sur le champ, fit quelques pas en direction de la table en cuivre sans y toucher et cherchant à soutenir le regard glacial du personnage.
- Le triangle... l'insigne... le 9...
- J'ai beaucoup observé, mais je ne comprends pas encore.
- Le 9 signifie beaucoup pour votre organisation.
- Le nombre 9 évoque le rêve... l'imagination... l'idéal... la grandeur... l'expansion... Le Triangle d'Or est une organisation puissante au-delà de ce que tu puisses imaginer. Nous allons vous présenter nos réalisations et vous verrez qu'elles sont plus incroyables les unes que les autres.
- Pourquoi tous ces cadavres?
- Pour nos expériences. Nous avons besoin d'animaux et d'êtres humains afin de tester nos produits qui donneront, un jour, le privilège de ne plus vieillir, ne plus mourir, de modifier profondément la planète et au-delà.
- Les drogues?
- La poudre blanche est une drogue tellement puissante qu'une quantité égale à ce que peut contenir une tête d'épingle ferait mourir qui que ce soit en une fraction de seconde.
- Comment expliquez-vous tout ce qui se passe ici?
- Au Groenland, par exemple.
- Tu as tout compris.
- Vous vous êtes trouvés par hasard sous l'influence du champ magnétique. Vous êtes au courant du vol des pierres précieuses? C'est nous. Vous savez que notre organsiation existe. Vous devenez donc dangereux pour la suite des choses.
- Cet émetteur-récepteur nous permettait de vous suivre. Cela vous sauvera.
Le personnage, par la seule force de son esprit, réussissait à contrôler les images passant à l'écran. Ils virent l'eau rouge sous la lune... puis l'Inspecteur pateaugeant dans le ruisseau et criant qu'il se croyait affreusement blessé. Joe pouffa de rire.
- Un canal relié à ce ruisseau envoie le sang des cobayes de nos expériences.
Le personnage, stupéfait d'entendre Joe, le dévisagea:
- Tout ce qui vous a affecté, transformé, c'est notre oeuvre. Sous l'effet de notre champ magnétique, vous perdiez vos résistances devenat ainsi plus sensibles à nos émissions.
- Nous sommes cuits. Tombés dans un piège inimaginable, diabolique! Comment pourrons-nous nous en sortir?
- C'est vous l'inspecteur. C'est à vous de nous sortir de là.
- J'ai beau réfléchir, je ne vois pas comment.
jeudi 31 mai 2007
Le cent soixante-quatrième saut de crapaud (24)
- J'en suis certaine. Il y a eu du bruit au sous-sol, dit Caro redoutant le moment où quelqu'un ou quelque chose se manifesterait dans cette maison.
- Allons voir ce qu'il peut bien y avoir dans cette pièce, reprit Mario.
- C'est peut-être le gros bonhomme et son chien qui sont en bas. Ils vont monter et nous zigouiller, continua Caro.
- Comment fera-t-il pour tous nous zigouiller en même temps? demanda Rock.
- Avec une bombe atominque miniature portative, dit Annie.
- Ne restons pas plantés là comme du blé d'Inde, termina Mario en ouvrant le troisième porte.
- Pas peur, Raccoon, y zigouillera rien icitte, le gros.
- Y sent queque chose, chu sûr.
- Mais c'était un rêve, Joe, comprends-tu, un rêve, ne cessait de répéter Rock au bord d'une crise de quelque chose.
- Y sont full bostés.
- Nous voilà pris au piège, dit Caro tremblante de peur.
Joe s'approcha d'elle, lui prit le bras ce qui eut pour effet de la calmer.
- J'va l'pogner.
- Non, attends, Regardons ce qu'il va faire.
- Y a pas voulu m'faire mal, chu sûr... Y voula juste aller les écoeurer.
Chapitre 59
- Nous les tenons, Roger Ninja. Tu les entends comme moi, ils sont derrière. J'appelle la Centrale ensuite nous enfonçons avec notre super cri de ralliement et l'affaire est classée.
- Il est certainement beaucoup plus tard que 9 heures. Elle ne fonctionne plus cette montre. Tu te souviens, Roger Ninja, disait-il avec un on-ne-sait-quoi de nostalgie retenue dans la voix, je l'avais reçue en récompense suite à la fameuse enquête que nous avions menée sur cette compagnie de bas-culottes américaine qui vendait illégalement au Canada.
- On est tous morts. C'était le cri de Caro.
- Ne bougez plus personne, Vous êtes tous, individuellement et collectivement, qui que vous soyez et où que vous soyez, dans le plus total état d'arrestation. Ceux qui sont au sol, ces paroles s'adressent également à vous.
- Vous faites erreur, monsieur. dit Mario tout en s'avançant vers le gros homme.
- L'grand jeune homme, cé moé ça? Joe ne laissait pas le chow chow des yeux. Un chow chow heureux d'avoir retrouvé son petit ami qui, de son côté, paraissait bien déçu que les rats aient profité de l'altercation entre Jackson et Mario pour prendre la poudre d'escampette.
- C'est quoi l'affaire? On nous avait dit qu'on serait tout seuls ici. Vous faites quoi?
- T'aura avantage à r'tourner dormir, le tarla.
- Je t'ai déjà vu quelque part, toi.
- Té pas tu seul à dire ça.
mercredi 30 mai 2007
Le cent soixante-quatrième saut de crapaud (23)
Mario entra le premier dans la maison. Attendant les autres, pas du tout en troisième vitesse, ce fut le profond silence, de ces silences tellement lourds et profonds qu'ils vous blessent les oreilles, qui monopolisa son attention.
- C'est justement cela que je me disais, répondit Caro de plus en plus mal à l'aise.
- T'es tannant Mario avec té triangles.
- Remarque la disposition des portes, tu vois bien qu'elles forment un triangle.
- J'é jama été bon en maths.
- Un triangle a 180 degrés, continua Rock.
- En additionnant les trois chiffres, on obtient 9.
- Évident, poursuivit le plus petit.
- Voilà. 9. Tout comme un triangle possède trois côtés.
- Je ne te suis plus.
- Continuons en silence, coupa Mario des yeux tout le tour de la tête.
- Les as-tu comptés? Rock.
- Hey! man, venez voir!
- Cé pas la promière fois qu'on voé c'te bebitte là.
- Regarde le triangle qui entoure l'insigne, constata Rock, heureux de le faire remarquer à un Mario de plus en plus sombre.
- C'est le champ en arrière.
- Ne parle pas trop fort, Rock.
- Je suis certain que c'est le champ de blé artificiel qu'on a vu tout à l'heure. Rock s'excitait rapidement.
- J'te gage qui va flyer pis l'aut va s'allumer.
- Bon raisonnement. termina Mario.
- Tu sais bien qu'il y en a 9, répondit illico Rock à Bob dépassé par les événements mais cherchant à mettre de l'ordre dans tous ces illogismes qui l'agaçaient.
- On n'en saura pas plus si le prochain ne démarre pas.
- Comprends-tu mieux maintenant? demanda Bob.
- Pas encore, mais ça ne saurait tarder, précisa Mario.
- C'est clair que nous sommes en présence de quelque chose de très avancée sur le plan technologique. Je ne peux pas dire comment mais...
- ... de la science-fiction? continua Rock.
- Pas certain, non plus.
- On est peut-être en train de vivre la légende!
- Mario, ça ne se peut pas, c'est toi-même qui l'a dit, termina Rock qui fouillait le vide de cette pièce yeux et oreilles à l'affût.
Chapitre 57
Lorsque l'inspecteur Jackson reprit conscience, deux choses lui apparurent: son chien fidèle couché tout à côté et le trousseau de clefs sur son ventre.
- L'odeur ne s'est pas améliorée.
- Ça ressemble à un tunnel. Je pense que l'on vient de découvrir quelque chose d'intéressant, mon cher Roger Ninja. Allons plus en profondeur...
- Au moins, ici, ça ne sent rien dit Jackson tout en jetant un coup d'oeil mais surtout en écoutant attentivement.
Son regard s'était de lui-même élevé vers le plafond comme s'il pouvait voir des bruits à travers le plancher. « Ce petit whisky est beaucoup plus solide que je ne croyais. »
- On croirait que voilà un entrepôt. S'il s'agit de whisky, je m'abstiendrai mais je serais plutôt enclin à penser qu'il pourrait s'agir de pierres précieuses. Ce tunnel que nous venons de parcourir leur permet de charger ces boîtes dans des camions stationnés dans le garage. Cela sans que personne dans les environs ne se doutent de rien. Beau plan!
- Nos voleurs font partie d'une organisation beaucoup mieux structurée que nous le croyions au départ. Il nous faudra redoubler de vigilance. Examinons tout de même le contenu de ces boîtes.
- J'ouvre celle-ci? demanda-t-il à son chien qui avait cesser de bouger, n'attendant plus que ce dernier agisse.
- Des outils. L'inspecteur Jackson offrait une mine patibulaire.
- Je le savais.
- En plus de voler des pierres précieuses, on trafique de la drogue. Ça me semble être de la cocaïne la plus pure qui soit. Qu'est-ce qu'il y a maintenant dans les boîtes avec un triangle et un insigne de couleur verte?
- Ça doit être bien précieux, cette affaire-là.
mardi 29 mai 2007
Le cent soixante-quatrième saut de crapaud (22)
- Roger Ninja, vois-tu ce que je vois?
Le chien et Raccoon s'amusaient, le plus petit courant dans une direction et le chow chow, oubliant sa formation de chien policier, partait derrière lui et deux instants après, ils se retrouvaient un peu plus loin.
La puissante mâchoire du chow chow aurait pu, d'un seul coup, faire de la bouillie du raton laveur mais Raccoon et Roger Ninja, le moins que l'on puisse dire, étaient devenus d'excellents amis. ce que remarqua l'Inspecteur en plus du fait qu'il parlait tout seul.
- Espèce de bébé de chien! Pas moyen d'être sérieux. Roger Ninja, viens voir ce que j'ai découvert.
Rien de plus normal pour le policier que de voir devant lui cette maison, il n'y trouvait là rien de particulier ou de spécial, cela faisait comme partie intégrante des conclusions de son hypothèse quant au vol de pierres précieuses, convaincu qu'il venait de découvrir le repère des voleurs et que maintenant, il les coffrerait comme des débutants. Plus de problème de communication puisqu'il trouverait à l'intérieur de cette maison un téléphone lui permettant de rejoindre la Centrale de Montraél qui aussitôt lui enverra un hélicoptère pour ramasser tout ce beau monde. Déjà, dans sa tête, il préparait les réponses aux questions de tous ces journalistes venus du monde entier et au-delà pour couvrir cet événement. Le Musée Saint-Antoine lui remettrait un doctorat honoris causa suite à cette capture; une exposition de cette envergure, on n'avait pas l'occasion d'en recevoir à Montréal tous les ans.
Jackson était persuadé que les voleurs dormaient dans la maison et en fin limier qu'il croyait être, s'avança avec toutes les précautions que son métier exigeait, avec des airs, des gestes emprunté à son émule, l'inspecteur Clouzot alias La Panthère Rose pour qui il avait une admiration incommensurable. Mais, au-delà de tout cela, de toute la gloire rejaillissant sur lui, il souhaitait pouvoir casser la croûte dans les plus brefs délais, son appétît lui envoyant des sons non équivoques.
- Roger Ninja, viens ici tout de suite. L'heure est grave. Nous devons nous diriger vers cette maison qui, étrangement, ne porte pas de numéro civique.
Le chien, qu'un élan professionel ramena à la complexe réalité de l'enquête , se précipita vers son maître, suivi par Raccoon s'imaginant que son nouvel ami jouait toujours.
Le flair de ce chien était reconnu pour sa presque infaillibilité, de sorte qu'il se dirigea immédiatement vers le garage dont la porte était demeurée ouverte. Il entra. Fit le tour pour ressortir aussitôt après avoir émis un jappement digne du Vagabond.
Les Six, rendus à la haie, entendirent le chien.
- Raccon è avec eux autres, j'y va.
- Non, Joe, tu attends. Tu vas nous faire repérer. Observons d'abord de loin, nous verrons par la suite. Mario se faisait de plus en plus catégorique.
- Oui, mais le chien va flairer nos pas, reprit Bob. Il faut entrer et se barricader dans la maison.
- À moins qu'il n'entre lui-même, s'il est familier avec cette demeure.
- Tu as raison, Mario. Trouvons un endroit où nous cacher.
Les membres de la gang ressentaient de plus en plus de nervosité, cela paraissait dans leurs agissements alors qu'ils allaient d'un côté, d'un l'autre, indécis quant à la direction qu'il leur fallait prendre. En traversant la haie, ils virent un très grand champ dans lequel poussait du blé. Ou quelque chose dans le genre...
- Il ne semble pas vrai, dit Annie.
- Exact. Je n'ai aucune idée en quel matériau il est fait, dit Rock cherchant du regard à en trouver l'extrémité.
- On croirait une espèce de tableau dans lequel on peut s'avancer mais dont les limites se repoussent à mesure.
- Comme du blé artificile, conclut Rock.
Afin de mieux voir et surtout pour épier l'homme, son chien et Raccoon, les Six grimpèrent chacun dans un arbre. Plus ils montaient, mieux ils pouvaient apercevoir la profondeur inimaginable du champ de blé. De la maison, face à eux, toujours impossible de voir à l'intérieur mais le garage sur la gauche paraissait minuscule par rapport à ce château.
Ils pouvaient voir qu'au rez-de-chaussée les fenêtres se faisaient rares alors qu'au deux étages, il leur était difficile de les dénombrer. Pas de rideaux. Pas de stores. Ça semblait obscur à l'intérieur.
- J'voé Raccoon, dit Joe alors qu'il faillit tomber en bas de son perchoir.
- Pas un mot, Joe, lui dit Mario.
L'inspecteur Jackson entra dans le garage. Raccoon resta dehors comme si quelque chose l'incitait à ne pas le suivre. Après s'être arrêté à la hauteur du raton laveur, le chow chow, à son tour, pénétra. La porte se refermait derrière eux.
Alors que les Six ne lâchaient pas l'endroit des yeux, ils entendirent un grand cri, ce qui effraya Raccon. Il recula et se dirigea vers l'arrière de la maison. Joe, voyant que son bébé raton laveur s'approchait des arbres, descendit et l'appela. Raccoon le reconnut et bondit vers son maître, sa mêre ou son frère, la fin de l'histoire finira bien par nous le dire.
- Tu veux m'faire mourir. Cé quoi l'idée de suivre le premier venu qui passe? T'aura pu t'faire dévorer par c't'espèce de gros toutou.
Joe ne s'occupait plus que de son raton laveur et n'entendait pas Mario qui lui chuchotait:
- Joe, tu remontes ou quoi?
- As-tu entendu le cri? On devra allé voir. Y sont p't'être faites tuer eux autres itou.
- Pas question. Tu remontes et tu te la fermes.
Ce que Joe fit, fier d'avoir retrouvé Raccoon. Reprenant son poste dans l'arbre, comme les autres, il attendit tout en placotant avec son animal.
Les montres s'étant arrêtées, impossible de dire quelle heure il pouvait bien être et depuis combien de temps, le bonhomme accompagné de son chien étaient enfermés. Seraient-ils tombés dans un piège qu'eux auraient évité de justesse?
Au bout d'un moment, approximativement quinze minutes, Mario dit:
- Je ne sais pas ce qui se passe mais on ne va tout de même pas mourir ici. Descendons et tentons d'entrer dans la maison. Elle semble abandonnée.
- T'es certain de ce que tu dis? demanda Caro.
- Non, mais il faut bien tenter quelque chose.
- Je ne sais pas si c'est prudent, continua Caro.
- Non, mais ma conscience me dit qu 'il faut franchir cet obstacle, acheva Mario en quittant son poste de surveillance.
Les autres l'imitèrent.
Annie se demanda s'ils pourront trouver quelque chose à manger, eux qui n'ont pas déjeuné et qu'il était au-delà de neuf heures depuis un bon moment.
Mario, songeur, calculait dans sa tête. Rock s'inquiétait pour son ami et lui demanda:
- Pourquoi nos montres se sont-elles arrêtées à neuf heures? Pourquoi tous ces triangles? Le hasard?
- Non, Rock. À partir de l'étang, il ne faut plus parler de hasard. Tous ces événements sont reliés entre eux. Le nombre 9, le triangle, l'insigne... tout cela veut dire quelque chose... Je suis certain que cette maison est la fin ou le commencement de tout cela.
- Peux-tu être plus précis? demanda Caro.
- N'attendons pas un instant de plus et entrons.
Ils n'eurent guère le temps de réfléchir que déjà Raccon était à la recherche d'un endroit pour entrer.
- Un vra raton laveur policier, dit Joe, fier de son petit animal.
Bob jeta un coup d'oeil vers le garage où tout lui semblait bien calme depuis le grand cri qu'ils avaient entendu, sachant très bien ce qui pouvait en avoir été l'origine.
- Ça y est, Raccon a trouvé, dit Bob qui se précipita, suivi des autres, vers une des extrémités de la maison.
Un escalier. Un perron. On déambulait sur la pointe des pieds. Une fenêtre ouverte de quelques millimètres. On ouvrit et voilà, les Six + un à l'intérieur d'une fort silencieuse demeure.
Chapitre 55
- C'est effrayant, cette odeur-là!
Debout près du camion, l'Inspecteur jugea plus professionnel d'y remonter afin de prendre quelques empruntes digitales sur chacun des cadavres. Il se demanda comment il allait faire, l'odeur étant suffocante. Revoyant les macchabées, il frissonna d'horreur tout en se grattant la tête.
Ce fut alors qu'il vit une caisse dans un des coins de la pièce. Il s'y rendit. L'ouvrit. À l'intérieur, quelle ne fut pas sa surprise de découvrir de magnifiques bouteilles de whisky. Pleines. En récupérant une, il put lire la marque: RYLING 1926.
- Superbe ! Du 1926...
L'Inspecteur s'en léchait les babines. En calculant rapidement, il constata que trois bouteilles manquaient sur les douze que la caisse devait contenir. Il ouvrit celle qu'il tournait et retournait dans ses mains depuis un bon moment. Il se préparait à en déguster une gorgée quand il vit, par terre, un trousseau de clefs.
Roger Ninja le surveillait, découragé il se cacha les yeux de ses pattes. Les coups d'oeil qu'il lançait à l'occasion ne le rassuraient pas et il était convaincu que quelque chose était sur le point de se produire...
Et voilà! Ce chien et son flair: tout à fait remarquable. L'inspecteur Jackson goûtait à cet incroyable 1926. Il se sentit frapper dans le dos. La bouteille, à moitié vide ou à moitié pleine, cela dépend du point de vue, se retrouva par terre. Jackson également. Se relevant, il vit une espèce de marteau accroché à un système pouvant le propulser qui reculait comme pour mieux s'élancer vers lui. Son seul réflexe fut de partir à courir. Il tournait autour du camion, poursuivi par le projectile, toujours incapable de dire s'il s'agissait d'un marteau ou d'une arme.
Essoufllé au bout de deux instants, l'Inspecteur s'écroula de nouveau au sol. Est-ce la course ou bien le whisky 1926? mais voilà qu'instantanément, il s'endormit échappant le trousseau de clefs. Roger Ninja s'approcha et de sa vigoureuse mâchoire récupéra le trousseau qu'il déposa sur le ventre de son maître.
Entre nostalgie et fantaisie ... (54)
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