
dimanche 9 octobre 2005
Le dix-septième saut de crapaud

jeudi 6 octobre 2005
Le seizième saut de crapaud
Lionel,
lundi 3 octobre 2005
Le quinzième saut de crapaud
Est-ce que les cormorans partiront eux aussi comme ces bernaches qui, avec leurs ahans saccadés, glissent dans le ciel? Une longue flèche pointant le sud. Des mouettes, ces hirondelles de mer, ainsi que des points blancs de domino, accompagnent ces grands oiseaux dont les cous fouineurs fixent la rive où des pêcheurs alignent des cannes en leur direction. Ils font spectacle, le savent et en profitent pour offrir des poses immobiles parfois ou des battements d’ailes retenus. Alors que les oiseaux de mon jardinet, c’est sur un lit d’herbe qu’ils picorent, eux, c’est sur un plancher de roches qu’ils trônent. Spectateurs immobiles de ces bateaux bigarrés sous le bleu-firmament d’une rare pureté, au vert accroché sous les arbres et aux ors chatoyants qui s’étendent sur le fleuve. Dimanche magnifique!
La nature ne requiert que très peu d’espace pour s’épanouir. Une île, un fleuve et des arbres. C’est tout. Et tellement à la fois. Si près, si à côté de la ville que l’on arrive presque à se dire qu’elle fait partie de soi. Un pont à franchir et ça y est. Ma crainte naturelle des eaux, lorsque celles-ci se surplombent d'un pont, devient phobique. Comme si hauteur, profondeur et longueur se confondaient au point où j'en arrive à figer sur place. Mais cette fois-ci, j'allais le traverser, en route vers une victoire personnelle rudement acquise par une foulée de pas incertains. Il faut regarder au loin si l'on veut chasser le vertige. Ne jamais suivre le courant d'eau qui lui sait tout à fait où il s'en va. Je m'avançais, à la limite d'un courage que les autres piétons et cyclistes ne semblaient même pas utiliser tellement traverser un pont leur est naturel. On perd ses repères lorsqu'une force supérieure à soi nous envahit en y déposant ses énergies négatives. C'est la sueur. La suée. Le plus savoir. Se laisser commander par autre chose. Mais Je traverserais. Traversé. Tout de travers. Lorsque le pied se pose sur la terre ferme, ce qui nous envahit, est une espèce de sentiment d'avoir perdu un temps fou à ne pas avoir pris, une fois, le temps d'affronter ces éléments qui nous paralysent.
Comme l'eau du fleuve en partance vers Cap-des-Rosiers, le pont m'a fait avancer d'un côté à l'autre en me faisant comprendre que souvent c'est l'entre-deux qui nous engourdit.
jeudi 29 septembre 2005
Le quatorzième saut de crapaud
lundi 26 septembre 2005
Le treizième saut de crapaud
… les personnes et les objets conservent quelque chose des yeux qui les ont observés, je dirais surtout s’ils sont transfigurés par une sensibilité. La nature morte a ses origines dans l’esprit vivant.
Cette lecture m’a ramené aux six heures quotidiennes de marche d’octobre 2004 à Paris. On ne découvre véritablement une ville que par nos semelles de souliers. Déambuler pour le nécessaire, le superflu mais principalement pour la flânerie.
Flâner, c’est comme naître ou mourir, ça ne se fait jamais mieux que seul; à quelques-uns si on veut, mais chacun pour soi, en suivant son instinct, quitte à se perdre de vue.
Ainsi qu’à mes nombreuses promenades montréalaises. Mon Compostelle. Urbain. Il y a de la magie dans les ruelles cachées sous leurs arbres servant d’ombrelles, leurs clôtures faisant office de garde-fous, les bruits étouffés par les sirènes au loin, des chiens, beaucoup, des chats surtout. Ils sont les maîtres incontestés de ces artères à l’inégale géométrie, aux culs-de-sacs inattendus, aux spectacles ravissants parfois navrants, aux découvertes de lieux, d’objets et de gens.
En fait, les ruelles se comportent comme des personnes vouvoyant d’abord le passant, puis le tutoyant, et souvent le désignant à la troisième personne, celle de l’étranger : C’EST QUI ÇUI-LÀ? Alors on se donne l’allure qui signifie JE NE SUIS QU’UN PASSANT, et leur air de rétorquer ALORS PASSEZ!
Découvertes de lieux. D’aussi loin que nos pas puissent nous supporter, nous éloignant du parallèle des rues pavanant leur nom sur des enseignes similaires, le biais par la ruelle nous plonge dans l’inconnu. Une sorte d’intimité par l’étroitesse de l’espace, l’immensité des couleurs, des odeurs et des agencements que l’humain manipule parfois avec une incroyable créativité. L’enfant sur son tricycle, à trois portes de la maison, découvrant des étendues qui lui font peur et revient, brave mais haletant vers un secteur plus familier. Ainsi se sent le marcheur à l’entrée d’une ruelle, tel un Jean-Jacques Rousseau déambulant tout en faisant défiler en lui des constructions philosophiques. Un monde de lieux. Le premier appelant l’autre, souvent le complétant, l’embellissant ou faisant regretter les nouveaux pas avancés vers ce trou de lumière sans tunnel, tout au bout. Des jardinets. Des garages. Des cordes à linge. Des poteaux. Des espaces qui se mériteraient des premiers prix à des concours d’aménagement floraux. De longs riens du tout. De courts bien trop beau pour ne pas s’y arrêter. Des drapeaux. Découvrir un lieu que le prochain réussira presque à nous faire oublier tient sans doute de la multitude mais surtout de la spécificité. Du coup de doigt dans son chez soi extérieur.
… nulle rencontre ne peut se produire sans le secours de l’imagination, qui est l’autre scène du réel.
Et elles sont nombreuses. Impromptues. Ce garçonnet courant après la balle qui fait office de rondelle de hockey. Cette fillette qui parle à sa poupée avec des mots appris d’avant elle. Ces adolescents cachés là où on ne peut que mieux les voir, déchirent rageusement leurs phantasmes. Ces jeunes gens garçons accroupis sous moteur de leur automobile. Des jeunes gens filles qui accompagnent les jeunes gens garçons tout en faisant semblant de s’y intéresser. Des papas et des mamans assis dans les marches d’escalier d’une galerie en bois, enregistrant des silences qui semblent faire du bruit. Des grands-parents mesurant les changements dans l’organisation de la ruelle comme autant d’années qui ont passées. L’unicité dans la diversité et dans une multitude sans fin.
Et nous-mêmes, que sommes-nous pour ceux qui nous ont vus passer?
Des histoires. Ou encore des poèmes, ces grands chantiers d’images. Ou simplement une ombre cherchant à rejoindre sa lumière. Pour moi, ce sont tellement d’histoires que je me raconte à partir de personnages, de situations ou encore plus de ces vagues impressions qui vous chahutent l’esprit jusqu’au moment où elles tombent sur la feuille en des mots qu’au départ on n’avait pas encore empruntés pour les leur donner.
On n’a pas idée de ce qui se hurle dans ce silence.
Rueller comme il n’est permis de le faire qu’à celui qui prend le temps d’accepter de le perdre pour trouver, au bout de la route, la force de répartir.
vendredi 23 septembre 2005
Le douzième saut de crapaud

Il est là. Petit et immense à la fois. Déjà un géant dans nos amours. Arthur, car voici son nom, roupille. Sa main blanche traçant des ellipses incomplètes, se promène dans ses silences. Parfois, un sourire traverse son visage. Il le retient, puis le laisse partir. Le grand-père le reçoit comme un cadeau angélique.
Se laissant respirer, installé dans un espace à la fois proche et inconnu, il remue ce corps qu'il aura à apprendre avec la grâce du vent. On le sent encore dans des lieux où il patauge, seul et puissant, en appel vers les autres. C'est beaucoup le premier voyage de l'enfant. De tout enfant. Nous rejoindre. Avec un bagage tout neuf. Pur. Près à recevoir et ouvert à donner. Son immobilité partielle est son temps d'organisation. Il se prépare à nous.
Sa main, revenue de ses grands mouvements, se crispe parfois, comme à la recherche d'un appui. De la solidité de l'appui. Et elle s'immobilise entre les doigts du grand-père. Les enfants ont de ses façons de nous comprendre. Ont de ses manières de ne pas se tromper. Ils ne souhaitent que la présence. Elle s'offre à eux par ce contact de l'épiderme. Là où on ne peut mentir, au risque des larmes.
Sa tête de chevalier, douce et ronde, emplit la main du grand-père. Le merveilleux dans ce qui est, s'épanouissant dans ce qui sera. N'étant déjà plus ce qu'elle était, imbibée tant et tant par les sons de l'environnement, la douceur de la chair maternelle, les voyages aériens alors que le père lance son corps frêle vers des hauteurs atteignables, les baisers retentissants d'une soeur magique et les appels au jeu d'un frère curieux. Lui, dans sa tranquilité, celle qu'il a rapportée de sa lointaine étoile bleutée, sourit timidement.
Et il dort encore. Sa tête sur un coeur qui vieillit. Arthur, dans les bras du grand-père, se laisse doucement bercer comme un hamac que Mozart ferait bouger par ses arpèges retenus. Une musique, que lui seul entend, résonne en lui. Il semble l'écouter lui tracer une route vers le soleil.
Arthur, tel un roi couronné, qui trône au beau milieu de nous avec la légèreté du jour, la fragilité du temps et la force des géants, je t'offre ce poème.
corps
sans regards
sans mains
sans voix
corps,
aéroports éclairés par les lumières d’une torche pâle,
chimie et sang chaud emmêlés
sous des ailes éloignées
regards,
navires embués broutant des paroles englouties
sur de grands fleuves malades,
ces orbites du passé
mains,
grands manèges arrêtés aux portes grincheuses
clinquant et requinquant
les moulinets défaits
voix,
cicatrices-stigmates cherchant aux veines imperméabilisées
plus singulières que plurielles
le peu de leur sève séchée
la vie
éternelle répétition parallèle
arpentée
serpentée
comme en des corps
sans regards,
sans mains,
sans voix
mardi 20 septembre 2005
Le onzième saut de crapaud
lundi 19 septembre 2005
Le dixième saut de crapaud

jeudi 15 septembre 2005
Le neuvième saut de crapaud
mercredi 14 septembre 2005
Le huitième saut de crapaud
mardi 13 septembre 2005
Le septième saut de crapaud
Entre nostalgie et fantaisie ... (54)
Se présente dans l'imaginaire poétique, sans origine logique, une série d'images bigarrées, une palette de couleurs artificielles, u...
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Ce texte date du 23 décembre 2005, au tout début de la création du blogue LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON . Les premiers billets avaient pour ...
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lundi 30 juin 2008 SAUT: 217 Le SAUT :217 est offert à mon frère Pierre qui célèbre aujourd’hui ses 60 ans. Nous avons signalé l’événement l...


