samedi 25 mai 2019

Je suis intégriste!




Selon ce que je lis présentement en lien avec le projet de loi 21 sur la laïcité au Québec, et pour faire court... “je suis un intégriste”... On vient de me placer dans cette catégorie tout comme on sépare les pommes des oranges en les classant par sortes ou tout autre critère que l’on juge important d’y ajouter afin de bien les distinguer.

Intégriste je suis car j’appuie ce projet de loi dans toute son iniquité, semble-t-il.

Comment puis-je m’opposer à une liberté fondamentale, au droit inaliénable de pratiquer ouvertement sa religion ? Pourquoi est-ce que j’accepte le principe qu’un gouvernement agisse avec discrimination envers une partie aussi minime soit-elle de la population ? Comment puis-je me fermer les yeux sur le fait que ce sont les femmes musulmanes qui en feront les frais ? Pourquoi m’acharner à ne pas y voir là le début d’une esacalade de gestes voire même de lois pouvant réduire davantage nos droits et libertés ?

Il faut comprendre ici que cette question et une kyrielle d’autres, en plus de faire partie des différents argumentaires, sert de balises pour classifier  les gens. Soit, c’est de bonne guerre ! Mais je tiens à rétablir quelques faits.

D’abord, et je l’ai annoncé d’emblée dans le premier billet publié sur le sujet (LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON) j’opte avant tout pour que les droits et libertés collectives aient préséance sur ceux des individus.

Puis, et cela en réponse à ce que je nomme “la menace des islamistes intégristes”, il me semble opportun d’agir de manière telle que toute tactique sournoise qu’ils utilisent dont cette obligation du port du voile pour les femmes, la volonté d’instaurer la charia comme système de justice pour les musulmans, que les pouvoirs publics se doivent dès maintenant de proclamer haut et fort les valeurs de la civilisation occidentale. Je ne nie pas que la religion en soit une, fondamentale diront certains, mais je suis d’avis que toute manifestion de ce type doive se résoudre à se pratiquer dans les endroits de culte.

Ensuite, arrive la question du féminisme qui, à mon point de vue, n’a absolument rien à voir avec cette question. Si on réduit les revendications du féminisme au droit de s’habiller comme on le veut, c’est réduire à fort peu de choses un mouvement pourtant beaucoup plus noble. Allons plus loin que cette superficialité.

On ajoute que cette loi, lorsqu’elle sera adoptée, risque de favoriser le communautarisme. N’existe-t-il pas déjà? Que ce soit chez certains juifs hassidiques, les musulmans fondamentalistes, les sectes de tout acabit ! Par extension, je me permets de dire que les religions, formant des communautés d’appartenance, le pratique amplement. Je vois, ici au Vietnam, comment catholiques et bouddhistes se regardent en chien de faïence. Ils pratiquent une fermeture de l’esprit à tout crin.

Il y a également la montée du populisme politique préconisant le repli sur soi. Ce phénomène identitaire se répand un peu partout en Europe, en Inde, en Amérique du Sud alors que l’élection de Donald Trump aux USA en une illustration assez évidente. Elle serait due, cette montée, aux avancées des islamistes intégristes fondamentalistes. Charriant avec elle ses idées racistes, sexistes et j’en passe, j’y vois comme une impasse dans la recherche d’auto-défense devant ce rouleau compresseur que représente cette religion dont certaines factions alimentent l’ambition de la voir étendue à la grandeur de la planète.    

                              





En fait, le problème ne se trouve pas dans l’interdiction des signes religieux, mais plutôt à l’intérieur même, soit la religion. Balisons ses pratiques en les retournant dans leurs lieux de culte... Sortons la religion de l’espace public, même médiatique.

Si pour tout cela “je suis intégriste” alors j’assume...









samedi 18 mai 2019

Drôle d'humeur

Résultat de recherche d'images pour "crucifix de Saguenay"
 
13 743 kilomètres séparent Saïgon de Montréal... Ajoutant le décallage horaire, il faut près de 31 heures pour parcourir la distance... Pourtant, en un simple clic, je me retrouve à l’Assemblée nationale du Québec à écouter la présentation de mémoires soumis à la commission parlementaire chargée d’étudier le projet de loi 21.

Si je vais exception des mille et une interruptions dues à ma connexion internet parfois déficiente, j’avoue que je me suis régalé. Les exposés volaient haut, tellement loin de toutes ces inepties que l’on peut lire sur les résaux sociaux.

Je me disais à quel point il fut difficile d’inviter tel ou tel groupe, trier parmi une foule d’individus ceux qui pourraient s’asseoir devant quelques députés pour exposer leur point de vue puis répondre aux questions dont l’objectif est d’approfondir la question de la laïcité de l’État.

D’emblée je signale que j’ai consacré mon temps à quelques interventions, m’assurant qu’elles m’éclaireraient. J’aime les échanges qui apportent quelque chose de nouveau, d’intelligent. Voici ce que j’ai écouté: Guy Rocher, La ligue d’action nationale, Pierre Bosset, le Mouvement laïque québécois. Oui, oui, vous direz 3 à 1 pour les pro-21 ! Je vous le concède, mais comme ma position est campée, je ne cherchais pas à augmenter mon curriculum d’arguments, plutôt de voir comment on posait le problème.

Au-delà de tout ce que j’ai pu entendre, une question revenait continuellement à mon esprit: pourquoi en être arrivé à débattre de questions relevant de l’ordre du religieux si depuis plus de 60 ans l'État québécois en est un laïc ? Vous connaissez ma réponse, elle prend racine en 2001, à la suite des attentats du WTC. Avant ce choc catastrophique, au Québec notamment, côtoyer quotidiennement des gens arborant quelque signe religieux que ce soit, ne suscitait aucun commentaire, encore moins de débats. Puis... boum!

La religion islamiste en est une à expression fortement visuelle. Impossible de ne pas remarquer une femme voilée... un iman revêtu de son costume distinctif... du temps consacré à la prière. En soi, cela ne posait aucun problème, j’ajouterais même que plusieurs Québécois, ayant abandonné la religion catholique pour toutes sortes de raisons, y voyaient un engagement spirituel qu’ils ne pouvaient nullement critiquer ayant eux-mêmes manifester de telles démonstrations par le passé.

Tout d’un coup, la donne change. L’islam (s’entend l’islamisme fondamentaliste et intégriste) devient monstrueusement dangeureux, le nouvel ennemi cherchant à s’en prendre aux fondements même de notre civilisation. On ne fait aucune distinction entre les différentes factions, mettant tout le monde dans le même panier.

Les aspects superficiels sont visés (voile, etc.), et plus on diabolise cette croyance pourtant fort pacifiste si l’on se fit au Coran, plus le thermomètre de l’intolérance monte sur lequel souffle des chroniqueurs à la solde d’on ne sait trop qui. Des termes qui caractérisaient la droite, la gauche, le centre sont substitués par extrême-droite, gauchistes pro-islamistes et que sais-je encore...

Que de contorsions dialectiques ! Que de manières de ne pas admettre que si polémique il y a, elle est due fondamentalement à ce qui me turlupine. Il n’est absolument pas question de restreindre un droit fondamental, celui de professer ou non une religion, il s’agit, me semble-t-il, qu’à l’encadrer, c’est-à-dire que tout ce qui s’y relie a droit à l’existence dans une société comme la nôtre, mais dans les lieux de culte exclusivement.

Un tissu social se tricote maille par maille, avec patience, mais encore faut-il savoir ce que l’on souhaite obtenir comme produit final. Différent d’ouvrager une tuque qu’un châle !

Le tissu social n’est pas le même au Québec qu’en Arabie Saoudite ou au Vietnam. Ce qui apparaît acceptable là-bas peut très bien nous horripiler. Crier sa répulsion ne donne tout simplement rien, les exemples démontrant ceci sont on ne peut plus nombreux. La religion ne prend pas la même importance pour chacun, voilà qui est clairement démontré.

Toutefois, force est d’admettre que retrouver actuellement cette question à notre agenda, sans que cela relève obligatoirement d’un complot ourdi par quelques organisations connues ou inconnues, nous mène à poser une question ou deux.

J’achève ce court billet en référant au jugement de la Cour suprême du Canada dans le cas de la prière récitée avant la tenue d’un conseil municipal de Saguenay, en 2004. Il me semble éclairant. Cette prière déclamée solennellement avant les assemblées du conseil municipal représente, aux yeux de l'instance juridique de dernière instance au Canada, un signe religieux d’une confession particulière, et ne doit donc pas être maintenue.

Peut-on utiliser ceci comme une sorte de jurisprudence dans le cas qui nous intéresse ? À chacun son opinion.

mardi 7 mai 2019

Voile et féminisme

Résultat de recherche d'images pour "le voile porté par les musulmanes"



Se lancer dans un débat aussi émotif que celui qu’induit le texte du projet de loi 21 sur la laïcité au Québec, c’est écouter, lire les différentes opinions, les placer dans leur contexte et tenter de les apprécier à partir de leur crédibilité objective. Je l’écrivais dans le premier billet consacré à ce sujet - le 555 du CRAPAUD GÉANT DE FORILLON - Facebook, devenu un des véhicules importants auquel on réfère pour émettre et recevoir des commentaires sur tout (et parfois sur rien), de par son immédiateté, recèle une montagne de "posts" relatifs à cette question. Adopter la ligne du doute m’apparaît celle que l’on doit suivre.

Ce débat suscite l’apparition d'opinions qui, parfois, reposent davantage sur des émotions; il en existerait huit associées par paires opposées: la joie et la tristesse, la peur et la colère, l’espoir et la surprise, le dégoût et la confiance. Les émotions sont des réactions spontanées à des situations. Force est d’admettre que nous les avons toutes vues passer dans les différentes prises de position et cela à des niveaux variables d’intensité.

Aux émotions primaires, ce sont ajoutés les positionnements autant individuelles que corporatives. Il aura été aisé de voir sur cette palette, les tendances gravitant actuellement dans notre société qui, selon plusieurs, vivrait un clivage, une polarisation aussi nettes que lors des référendums sur la souveraineté du Québec en 1980 et en 1995.

De la sphère politique cette polémique (débat par écrit vif ou agressif) se cristallise maintenant autour d'un domaine plus intime, celui du port ou non de signes religieux chez certains employés de l’État québécois, en insistant sur l'aspect vestimentaire. Élargissant la question, il porte sur notre rapport à la religion davantage qu’à celui de la spiritualité.

On a réduit la portée de ce projet de loi - en tournant les coins ronds - en disant qu’il vise strictement les femmes musulmanes portant le voile. Il y a du vrai, mais son étendue me semble plus vaste encore.

J’aimerais apporter mon point de vue en réponse à l’opinion que défende ceux et celles qui avancent l’idée que cela serait une attaque personnelle faite aux femmes et qu’à titre de féministe, il faudrait résolument s’y opposer.

Je veux dire, d’entrée de jeu, que mon analyse de la situation repose sur deux piliers: le premier, la menace islamiste fondamentaliste, le second la menace lié aux changements climatiques. Ces deux éléments, me semble-t-il, jouent un rôle essentiel dans l’imaginaire de l’humain du XXIe siècle, un humain qui vit sous un parapluie réussissant à peine à le mettre à l’abri de conséquences que même nos gouvernements dans leur mouture actuelle ne parviennent pas à éradiquer.

Je soutiens également que les droits collectifs doivent primer sur les droits individuels, car il m’apparaît de l’ordre de l’utopie d’en arriver à satisfaire les attentes de tous et cela dans les différentes sphères des activités usuelles.

Également, et cela me semble central, vivre en société ce n’est pas vivre isolément, c’est s’adapter à la culture ambiante. Comparer la situation en Occident à celle qui prévaut en Orient ne tient pas la route. Tout comme l’idée d’institutionnaliser le multiculturalisme. Ce concept en est un qui doit, selon moi, davantage être compris comme une acceptation de l’autre dans ses différences, non comme une base idéologique pour instrumentaliser notre vivre-ensemble, ce qui relève de l’impossible. Prenons un  exemple qui n’est pas rien en lui-même: doit-on modifier notre système de justice afin d'autoriser la charria afin de régler les conflits entre les individus à la lumière de la doctrine musulmane ? ... de formaliser la loi du Tallion ?...

Qu’en est-il du féminisme comme outil d’analyse du projet de loi 21 ?

Vous savez comme je raffole des définitions. En donner une ici risque d’en froisser plus d’un, mais je m’aventure à proposer celle là: le féminisme est un ensemble de mouvements et d’idées politiques, philosophiques et sociales, qui partagent un but commun: définir, promouvoir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes.

Vous me permettrez de focuser sur cette question: interdire le port de signes religieux aux femmes employées par l’État québécois - toujours dans l’optique que le 21 ait force de loi - est-il une attaque envers ces femmes, contrevenant avec une certaine perception du féminisme.

J’admets que l'interrogation pose problème si on la réduit strictement à une affaire vestimentaire, ce que malheureusement on voit et entend actuellement. Il faut, selon moi, élargir la question et ne pas citer celle-ci ou celle-là portant le voile en exemple, à l’effet que cela brime une liberté individuelle. On ne parle pas du droit de se vêtir ou se dévêtir comme bon nous semble, la véritable question étant: le voile musulman est-il ou pas un signe religieux.

Ce à quoi je réponds "oui" tout de go. Alors, suivant mon raisonnement, il a sa place seulement dans les lieux de culte.

Empêcher une musulmane de le porter n’est aucunement une atteinte voire une attaque à fond de train envers le féminisme. Absolument pas ! Il s’agit, dit bien simplement, d’exiger de toutes le respect inconditionnel de déposer chaque chose au bon endroit. Mener une lutte contre la laïcité (terme auquel je préfère neutralité) en arguant ce type de dialectique m’apparaît faux et sans fondement.

Je ne prendrai pas le temps de répondre aux sous-questions issues du problème, celles qui vont dans le sens suivant: "c’est mon choix"... "je ne me sens pas contrainte à le porter"... "je ne suis pas la messagère de quoi que ce soit"... "je le fais car c’est prescrit par ma religion"... "j’y vois un respect et une affirmation de ma culture propre"... et j’en oublie...

Tout problème, quel qu’en soit son niveau de complexité, ne peut d’aucune manière se résoudre par une réponse simpliste. Il s’agit, selon mon avis, de le situer à la bonne place, le confronter au contexte qui le fait apparaître et y apporter une réponse la plus adéquate possible.

Je conclus en disant que tout signe religieux n’a de place que dans les lieux de culte, qu’il faut le respecter pour ce qu’il est en soi et ne pas servir d’objet prosélytique.

mercredi 24 avril 2019

À la menace islamiste fondamentaliste... une réaction identitaire.

Résultat de recherche d'images pour "attentat sri lanka"

Ça n’allait certainement pas en demeurer là. À la suite de ma réponse (publiée sur mon blogue LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON) en lien avec la question de la menace islamiste - je précise qu’il s’agit de l’islamisme fondamentaliste, intégriste - une autre interrogation a surgi. Je la formule sous cette forme et souhaite qu’elle circonscrive exactement l’idée que ce lecteur voulait émettre.                                                                                                                                                  

Croyez-vous, qu’en réponse à cette menace, si menace réelle il y a , la surgescence de mouvements prônant la radicalisation ne puisse qu’activer la polarisation ?

Intéressant, mais d’abord je dois dire que le mot "surgescence", un néologisme signifiant apparition, surgissement, eh bien je ne le connaissais pas. Le suffixe -escence ajoute au mot une notion de qualité, de fonction, de propriété. Il s’incorpore très bien avec "surgir' afin de nommer cette réalité, celle de l’arrivée, et cela un peu partout dans le monde, de coalitions qui, ayant identifié les musulmans en général et les groupes terroristes en particulier, comme faisant partie d’une même entité qu’il faut combattre, éradiquer. Ils se qualifient eux-mêmes d’identitaires, s'identifiant avec ceux qui acceptent d’emblée d’appliquer le concept de nation, de patrie strictement à ceux qui sont "de souche", c’est-à-dire pour prendre un mot anglais les "natives".

La troisième (3e) loi de Newton s’énonce ainsi: à toute action, une réaction égale et opposée. Cela stipule que les forces se produisent toujours par paires. A exerce une force F sur l’objet B, alors que exerce une force égale et opposée.

Ici se situera le support sur lequel reposera ma réponse .

Le menace islamiste fondamentaliste, apparue au grand jour en 1993 pour vraiment éclater en 2001, ne cesse de s’affirmer par ses actes d’éclats revendiqués par des organisations telles Al Qaïda puis l’EI, frappant inexorablement à gauche et à droite. Comme je l’expliquais dans un billet précédent, le problème pour les contrer est d’ordre logistique. En rien ne ressemblent leurs moyens d’action, aucune diplomatie ne peut installer des ponts permettant des discussions, même des rencontres sont impossibles. Le dialogue n’est pas rompu, il n’a jamais existé et je crains qu’il soit impensable de l’envisager un jour. Dire que nous sommes aux antipodes serait proche de la réalité.

Les gouvernements occidentaux ou d’obédience capitaliste ne peuvent, d’une part, accepter de mettre la table en vue de tels échanges et en contrepartie, les islamistes fondamentalistes, extrémistes ne croient pas à ce type de pourparlers, stériles à leurs yeux et combien éloignés de leur version de l’islamisme fondamental, doctrine qu’ils ont, eux-mêmes, et sur aucune base crédible, placée comme un sacerdoce devant régner sur le monde.

L’humain du XXIe siècle comprend cette incapacité et ne peut s’en remettre qu’à la recherche d’autres moyens, davantage à sa portée immédiate, afin de se protéger. On doit se protéger de toute menace, cela est tout à fait sensé. Alors, que faire ? Comment réagir ?

D’emblée, il a identifié l’agresseur et sa sournoiserie. Comme il lui est quasi impossible de rejoindre le noyau dur du problème, sa réaction est une forme de repli sur soi, définir ou redéfinir le NOUS et L’AUTRE... l’appellation "de souche", souvent réduite aux limites exiguës de ses propres frontières qu’elle soient linguistiques, géographiques, religieuses, politiques. Ceci lui permet de mieux cerner la problématique et de programmer sa réponse.

Il me semble que c’est là que la surgescence des mouvements dits identitaires s'organise. Le tout saupoudré d’un profond mépris pour tous ceux et toutes celles qui ne correspondent pas à cette description. On peut dès lors mieux comprendre la hantise que ces coteries promeuvent à l’endroit de l’immigration et voir dans le flux de réfugiés fuyant la guerre et ses inévitables conséquences, un germe imminent d’une formidable invasion dont il faut urgemment se prémunir.

On utilise le mot "normalité" à toutes les sauces. Donc, je ne dirai pas que c’est tout à fait normal d'assister à l’explosion de tels mouvements. Non, mais c’est compréhensible et fait intrinsèquement partie des dommages collatéraux que la menace islamiste fondamentaliste, extrémiste traîne dans ses sillons. Il nous faudra s’habituer, ils sont là pour rester.

Voici donc ma réponse à ce fort intéressant point.

N’hésitez pas, continuons à creuser la question.

mardi 23 avril 2019

La menace islamiste ?

Résultat de recherche d'images pour "attentat sri lanka"


Dans ce court billet, je veux répondre à une question qui m'est posé depuis la parution de mon analyse en lien avec ce qui pourrait être nommé "l'affaire de la laïcité" au Québec à la suite du dépôt du projet de loi 21 à l'Assemblée nationale.

La voici: vous parlez de deux menaces aussi importantes l'une que l'autre qui seraient suspendues au-dessus de nos têtes d'Occidentaux; une première reliée à l'islamisme fondamentaliste, la seconde, la précarité de notre survie sur la planète Terre aux prises avec des changements climatiques dramatiques. Pourriez-vous mieux étayer votre opinion quant à la première affirmation ?

J'ai parlé de menace islamiste fondamentaliste, extrêmiste, la faisant naître à la suite des événements du 11 septembre 2001, alors qu'un commando s'attaquant aux deux tours du WTC les faisait s'effondrer comme un château de cartes. Je rappelais qu'il s'agissait là d'une deuxième tentative de s'en prendre au monopole capitaliste américain et ses icônes, la première remontant à 1993. 

Il ne fallut peu de temps pour y voir un complot fort bien organisé, longuement préparé et qui nous amenait inévitablement dans une période au cours de laquelle nous aurions à revoir certains paradigmes bien implantés dans nos vies quotidiennes et dans notre imaginaire.

On réfute cette assertion, principalement chez ceux qui croient qu'associer l'islam et le terrorisme relève d'une erreur de l'esprit, d'une incompréhension totale de cette religion pratiquée par des millions d'individus.

Il est exact d'avancer:

que l'Occidental moyen n'a que trop peu de connaissances au sujet de cette spiritualité;
qu'il ne faut pas voir en tout musulman un terroriste en devenir;
qu'il est ridicule de penser que les objectifs non avoués des musulmans soient de l'ordre d'une invasion du monde entier afin d'y imposer la charria ou tout autre rite lui étant relié.

Mon point de vue rejoint les énoncés précédents, mais ils ne représentent aucunement des éléments pertinents à ma vision des choses.

Il serait insensé de dire que l'Allemagne, sous Hitler, était entièrement composée de nazis souhaitant la mort des Juifs. C'était une politique idéologique guidant le IIIe Reich dans les exactions qui en découlèrent. D'ailleurs, l'Allemand moyen de l'époque n'en était pas informé et jamais nous ne saurons comment il aurait réagi, l'ayant su, face à cette doctrine génocidaire.

J'utilise cet exemple afin d'illustrer mon propos et émettre cette hypothèse: si l'affaire Dreyfus, que l'écrivain Émile Zola a monté en épingle afin de dénoncer un antisémitisme de plus en plus présent en France (nous sommes à la fin du XIXe siècle), a mené à la pensée nazie en Allemagne quelques années plus tard, est-il possible de penser que l'attaque du WTC puisse s'être avéré le déclencheur pour tous ces mouvements islamophobes à travers le monde d'aujourd'hui ?

Personnellement j'y vois une certaine ressemblance sans qu'elle soit totalement une similitude. Il suffit, parfois, d'un immense coup d'éclat pour imprégner chez les humains un sentiment de peur qui empêche sa raison de fonctionner normalement et le fait pencher vers des opinions qui défient l'analyse.

Oui, il y a menace de la part des islamistes fondamentalistes, les événements récents le démontrent. Le Sri Lanka s'ajoute à la liste. Il y a eu complot (dessein secret, concerté entre plusieurs personnes, avec l'intention de nuire à l'autorité d'un personnage public ou d'une institution, éventuellement d'attenter à sa vie ou sa sûreté). Il y a eu conspiration (entente secrète entre plusieurs personnes ou choses personnifiées, contre quelqu'un ou quelque chose).

Voici donc ma réponse à cette question. 
N'hésitez pas à manifester votre opinion afin d'élargir le débat.

jeudi 11 avril 2019

LA THÉORIE DU " cé pas "



Vous avez bien compris que ce "cé pas" phonétique signifie "c’est pas"
Cé pas grave; Cé pas beau ça; Cé pa bien; Cé pas possible; Cé pas vrai; Cé pas une affaire à faire; Cé pas rien; 
Cé pas ça qu’il faut faire; Cé pas ce que je t’ai demandé; etc.      Il est dit en français mais peut se traduire par aussi castrant "it’s not that" en anglais.

On serait porté à dire que le ‘"cé pas" relève du concept psychanalytique SURMOI, de l’allemand Überich, terme créé par Freud et introduit dans LE MOI ET LE ÇA en 1923. Le SURMOI est l’une des instances de la personnalité, telle que Freud l’a décrite dans le cadre de sa seconde théorie de l’appareil psychique et souvent assimilé, à tort, à la conscience morale. C’est en fait une instance inconsciente née de l’intériorisation des interdits familiaux. Pour Freud, il est "l'héritier du complexe d’Œdipe".

J’ajouterai avant de poursuivre ma théorie du "cé pas", une autre notion, grammaticale celle-ci : l'ellipse, c'est l’omission d’un ou de plusieurs éléments (que l’on peut néanmoins déduire). Selon les cas, ce procédé permet d’alléger l’expression (par exemple en évitant une répétition) ou la renforcer. C'est un procédé fréquent dans les proverbes ou les petites annonces.

Je pense aussi au négativisme, cette attitude de rejet passif de toute sollicitation extérieure, de résistance au contact ou à la collaboration, sans raison apparente. Le négativisme est symptomatique de la catatonie (schizophrénie) en tant que trouble de l'activité motrice volontaire, mais se rencontre également sous forme de trait de personnalité associant un pessimisme et un refus de l'action.

La négation est également un frein - système permettant de ralentir, voire d'immobiliser, les pièces en mouvement d'une machine ou d'un véhicule en cours de déplacement.

Un système nerveux pour agir, un système social pour empêcher d’agir ? selon Henri Laborit irait dans le sens que je souhaite interpréter le "cé pas".

Derniers éléments référentiels:
la peur, cette émotion ressentie généralement en présence ou dans la perspective d'un danger ou d'une menace. En d'autres termes, la peur est une conséquence de l'analyse du danger et permet au sujet de le fuir ou de le combattre, également connue sous le terme « réponse combat-fuite » pourrait être le carburant du “cé pas” alors que
le pouvoir, cette capacité dévolue à une autorité ou à une personne, d'utiliser les moyens propres à exercer la compétence qui lui est attribuée,
son outil 
et sa caution morale,
l'autorité qui correspond au droit de pouvoir commander, d'être obéi. Elle implique les notions de légitimité, de pouvoir (sans pour autant être confondue avec celui-ci), de commandement et d'obéissance, et ne doit pas être confondue avec l'autoritarisme. La forme de sa légitimité peut varier, et elle peut enfin s'exprimer selon un rapport de force ou un rapport de compétence.

Puis, l’éducation qui est une intention, suivie d’actions, d’un éducateur sur un éduqué.
Deux acteurs:
être éduqué, c’est donc une violence que je me fais, afin de correspondre au modèle attendu, afin d’être conforme à ce modèle;
être éducateur, c’est aussi une violence que je fais en cherchant à obtenir de l’autre qu’il fasse ce que, moi, j’attends de lui.


Admis – privilège unique au Vietnam – dans la chambre à coucher d’une amie qui vient d’accoucher, une chose me saute aux yeux: les Vietnamiennes, primipares ou non, doivent être isolées de tout le monde durant le premier mois suivant la naissance de l’enfant. Seule la mère ou un substitut, peuvent l'approcher.

Réagissant au son de la voix de sa maman, cette enfant nouvellement née me mettait en présence d’une âme à l’état pur, d’un être entièrement à faire, à parachever tout comme ses fontanelles. Quelle merveille! Cette enfant pourra être ceci ou cela selon les messages transmis consciemment ou inconsciemment qui, inévitablement, lui parviendront.

La force de tout système est de s'autogérer. Une fois intégré dans le comportement conscient ou inconscient de l'individu, le système installe des stéréotypes qui ont rapidement force de loi, des habitudes qui évitent les oscillations et donnent du sens à la vie collective. Il faudra alors une forme de jugement, de sens critique pour dire que tel ou tel système ne puisse résister à l'analyse.

Élever un enfant, au sens de l’aider à grandir physiquement, la nature s'en charge, mais lui inculquer des valeurs souvent issues de traditions millénaires, grégaires, c'est le faire entrer dans un système, s'y plier et agir selon les règles induites par celui-ci.

Le langage, l'élément sans doute le plus puissant que possède un être humain afin de se soustraire à la solitude et à l'isolement, se manifeste par des signes oraux ou non qui permettent la communication entre nous. Communication teintée par le système en place, véhiculée par les diverses croyances et acceptée par le fait que nous participons selon nos ressources individuelles à la poursuite de notre cheminement dans l'espace et dans le temps où le hasard nous a placés.

Le phénomène humain qu'encore maintenant et sans doute dans mille ans nous tenterons de mieux saisir, repose donc sur la qualité des messages transmis, leur aptitude à se perpétuer d'une génération à l'autre et une certaine ouverture à les modifier selon le rythme et l'évolution du temps.

Il me semble partir d'assez loin pour exprimer mon idée sur cette théorie du "cé pas", mais elle repose sur des faits décryptables. J'utiliserai, pour se faire, l'exemple de cette enfant nouvellement née en terre vietnamienne, de parents vietnamiens dont l'un des deux est d'origine chinoise.

Sans qu'elle ne le sache encore, cette enfant intègre des comportements qui lui permettent d'entrer en relation avec sa famille. Comportements intergénérationnels qui remontent à la naissance de l'être humain doté d'intelligence.

Ils sont, ils seront vietnamiens puisqu'elle naît vietnamienne. Mais, fondamentalement, ils sont et seront humains. Les différences entre les deux se manifesteront au quotidien de sa vie et seront déterminantes pour son avenir. En contact avec d'autres différences, certaines distances se réduiront, de nouvelles attitudes se créeront au fil du temps.

Les civilisations qui nous ont précédés - et celles qui nous suivront - ne peuvent être les mêmes en raison des contacts que le hasard aura permis. Si cette enfant ne rencontre que des Vietnamiens, ne vit qu'en fonction de ce qu'elle reçoit consciemment ou inconsciemment, sans être, toutefois, entièrement isolée des autres mouvements humains qui circulent sur la planète, elle ninduira que jusqu'au bout de sa rue, ne connaîtra et n’apprendra pas des agirs n'ayant rien à voir avec les siens.

Alors que, par le hasard de la bonne fortune ou encore par l'évolution des moyens de communication qui favorisent les échanges et parfois les rapprochements, elle soit mise en contact plus ou moins directement avec d'autres individus, elle découvrira que son bout de chemin peut être un ailleurs qu'elle pourra explorer, analyser et juger s'il lui convient ou pas.

La théorie du "cé pas" apparaît donc comme une machination du conservatisme. Une manière de couper des ponts en construction. Si on l'applique dès le plus jeune âge, tout le "méchant/le mauvais" que représente le repli sur soi, la certitude que ce que l'on fait est la vérité pure, que rien ne doit être explorer car tout l'a été auparavant et que les réponses sont déjà toutes faites, comme des recettes à appliquer pour un savoir-bien-vivre, sans se poser de questions, nous intégrons dans le conscient et dans l’inconscient les germes d’un problème en puissance.

L'éducateur - que ce soit un parent, une école, une religion, un système politique, un système social - a donc le devoir, s'il souhaite que cette enfant devienne autre chose qu’un copier/coller de son environnement immédiat, le devoir de ne pas se référer à l'approche théorique du "cé pas" qui suppose un éducateur imbu de la vérité, un éduqué n'ayant qu'à recourir à sa mémoire et sa docilité pour devenir plus grand.

Si on dit "cé pas ça" à cette enfant, elle saisit ce qu'intrinsèquement elle pense, souhaite agir n'a pas de sens, qu'il lui faut modifier son comportement afin de demeurer dans la zone de compréhension des autres, ces autres qui lui sont essentiels à sa survie. Elle développe une faculté d'obéissance conditionnée qui obstrue sa faculté à saisir différemment le sens des choses perçues et ressenties par sa propre expérience. Multiplier les "cé pas" et nous obtenons l'automate que tout système cherche à construire.

Elle devient le jouet de la peur, de l'autorité, du négativisme et sans tout à fait en être consciente, remet entre les mains du pouvoir, sa possibilité d'être entièrement elle-même.

Le cerveau possède, dans toute sa complexité, une grande crainte: l'insécurité. Il ne faut pas se surprendre que tous les systèmes s'appuient sur cette donnée afin que règne l'inanimité qui rend l'être humain membre servile d'un groupe et non autonome, à la recherche de l'autre pouvant lui servir de tremplin vers un meilleur apprentissage de qui il est et des raisons pour lesquelles le hasard a semé en lui afin qu'il aspire au bonheur.

La théorie du "cé pas" est tristement fort répandue. Un raccourci, alors que la route est longue, semée de problèmes à résoudre; elle nous invite à se doter de stratégies afin de vivre dans un monde en perpétuelle mutation. Les outils que le "cé pas" fournit sont des clés qui ouvrent des portes ouvertes.

Cette enfant nouvellement née a des besoins primaires qu'il lui faut assouvir. Mais pour les besoins plus universels, on ne peut pas recourir aux  stratagèmes du besoin-réponse pour les réguler, il faut plutôt qu'elle soit placée en situation de résolution de problèmes qui sache la rendre plus libre.

On me dira qu'il n'est pas nécessaire qu’elle se brûle la main pour apprendre que le feu est chaud. C'est exact. Tout comme il ne lui est pas nécessaire de recourir au suicide pour connaître la mort. Connaître, c'est d'abord et avant tout savoir qu'un problème existe et que diverses solutions s'avèrent possibles.

Les personnes âgées, du moins à ce que je perçois autant dans la culture occidentale qu’orientale, arrivent un jour à se poser l’ultime question: qu'ai-je fait de ma vie? À l'approche du départ vers une forme de néant, d’inconnu, est-ce que tout ce que j'ai appris, vu, est-ce que tout cela m'est utile à l'heure de la mort? Ai-je assez vieilli dans mon corps et dans mon âme pour pouvoir affronter calmement, sereinement ce dernier pas ? Ici la théorie du "cé pas" prend du sens: la mort "cé pas" ce que l'on croit, la mort "cé pas" possible de la définir sans être intrinsèquement parvenu à son contact. On y aboutit comme on arrive à la vie: sans y avoir été forcément invité... le résultat d'un hasard.

Un jour cette enfant fera face à la mort. Elle se retournera vers ce qu'elle a reçu, aura appris et, sans doute qu’à son tour, elle ne pourra conclure qu’à leur inutilité. Difficile de sublimer la mort, on ne nous pas injecté l’antidote contre cette peur... mortelle.

Avec la théorie du "cé pas" la mort ne nous appartient pas, ne s’explique qu'à l'aide de concepts reliés à la vie, souvent sybillins mais toujours obsolètes alors que tout doucement, inexorablement le dernier souffle nous étouffera.

Je souhaite à cette enfant de reprendre contact avec le néant, cet endroit d’elle vient à peine d’arriver, là  nage le hasard, son premier lieu d’apprentissage. Je lui souhaite de pouvoir le nommer comme elle le percevra. Je souhaite que sa vie, unique, puisse être l’occasion de donner au monde, qui ne retiendra d'elle que des cendres et poussières, de construire une marche de plus à cet escalier que chacun d'entre nous devons grimper pour permettre aux autres d'aller plus haut.

Entre nostalgie et fantaisie ... (54)

Se présente dans l'imaginaire poétique, sans origine logique, une série d'images bigarrées, une palette de couleurs artificielles, u...