jeudi 15 novembre 2012

L'arrivée

C'est Clémence Desrochers qui disait dans un de ses savoureux monologues qu'il n'y a rien de pire que d'entendre brailler des enfants dans un avion. Trois sur trois dans ce voyage en trois escales. Tous installés à deux sièges devant moi. Des enfants qui pleurent en avion c'est comme les coqs qui se répondent le matin. On ne réussit pas à se rappeler quand ils s'arrêtent, leurs pleurs se mêlant tout doucement (sic) à celui des moteurs, à la circulation intérieure et à toutes ces conversations ambiantes impossibles à décrypter, puisque chez Qatar Airways c'est beaucoup en arabe. Si je compare cette langue au vietnamien j'arrive au même résultat, ne rien comprendre.

Première étape: Montréal vers Doha. 12 heures 45 minutes de vol. Un service parfait. On comprend aisément que cette compagnie aérienne ait reçu deux années de suite le titre de la meilleure au monde. Tout est parfait, du siège - ce compagnon fort intime de voyage - aux repas en passant par l'espace nécessaire et ici combien adéquat entre soi-même et le passager devant. Comme toutes les lumières se ferment après le repas, qu'une douce musique enveloppe la cabine, c'est une invitation au repos pour certains, au sommeil pour d'autres. La petite musique ne réussira toutefois pas à enterrer quelques ronflements, plusieurs borborygmes, certains bruits personnels qui rempliront d'une odeur spéciale les narines les plus fines... et des pleurs d'enfants.

L'arrivée à Doha dans cet incroyablement grand aéroport où je me reconnais, il m'est possible de prendre mon temps - j'ai deux heures avant le deuxième départ - flâner à gauche et à droite, mais surtout NE PAS ÊTRE ASSIS, marcher, enfin bouger un peu. Il y a déjà 8 heures de décalage horaire, 8 heures d'avance dans le temps sur le Québec ce qui me fait penser au fait que si jamais la fin du monde devait réellement se produire en décembre prochain selon le calendrier maya, au Vietnam ça sera 12 heures avant tout le monde... Si vous ne recevez pas de mes nouvelles à ce moment, eh bien... vous aurez un peu de temps pour finaliser quelques dernières affaires.

Marcher dans Doha, et entendre je ne sais trop combien de langues différentes est un concert en soi auquel s'ajoute les petits groupes de musulmans à genoux sur leur tapis qui prient orientant leur prière vers l'est. Deux heures, vite passées... puis retour vers les enfants qui crient et leurs parents affolés cherchant par un quelconque moyen à la Montessorri pour les faire taire, les hôtesses d'origines diverses qui tentent de répondre aux demandes de celui-ci, tout près de moi, à vouloir changer de place, se disant sans doute que les prochaines six heures n'allaient pas être de tout repos. Il me semble que les pleurs des enfants ne sont pas les mêmes à l'arrivée de la nuit. Les deux compagnons voyageurs du premier vol se retrouvent trois sièges derrière et ne semblent pas le regretter. Je suis au 11 H maintenant, au 12 H auparavant. Et avant toute!

Depuis Montréal j'en suis maintenant, sans calculer les heures différentes, j'en suis à 12 heures et une demie dans les airs sur une possibilité de 15 heures. Arrivé à Bangkok, 19 heures sur 21. Je me le rappelle, tout ce temps majoritairement assis. Le jour où il sera possible de voyager en l'air comme on voyage sur et sous terre, un peu assis, beaucoup debout, bouger d'un wagon à l'autre... quel grand pas l'aviation aura-t-elle franchie! D'ici là, yeux fermés et oreilles toutes remplies de sons d'enfants, direction Thaïlande.

Au cours du dernier voyage, ce que j'allais bientôt vivre à Bangkok je l'avais vécu à Doha, c'est-à-dire un transit de 12 heures d'affilée. Je ne pas besoin de me ... gratter les souvenirs longtemps pour les voir remonter à la surface... Cette fois, 12 heures (de 7 heures à 19 heures) à arpenter cet immense aéroport plutôt tranquille ce matin, ce fut long, très long. Comme il faut un visa pour entrer dans le pays, je suis donc demeuré en zone internationale. Par chance, dans un petit coin reculé de la zone D j'ai découvert quelques I-The-Bed (je ne suis pas certain de l'orthographe) sur un desquels j'ai pu dormir un peu. Les messages diffusés en thaï puis en anglais ressemblaient à des appels entendus dans les hauts-parleurs des hôpitaux, aussi discrets, renouvelant l'invitation à surveiller tes bagages. Parfois, c'était pire que les pleurs d'enfants mais le même résultat, dormir d'une oreille et surveiller de l'autre,

Finalement le troisième et dernier passage obligé, celui qui, une heure et 5 minutes plus tard, allait me permettre d'arriver à Saïgon. Un seul enfant, quelques cris, un sandwich au poulet et j'y étais. Aucune formalité particulière à part celle de récupérer mon visa que j'avais fait préparer à l'avance par une amie vietnamienne, un bonjour rapide au douanier, et, surprise totale, ma valise la première à se présenter sur le tapis roulant, les portes de l'aéroport s'ouvrant je reconnus immédiatement cette chaleur caractéristique qui te salue en te chatouillant l'ensemble du corps. Il était 22heures. Tellement heureux, j'aurais pleuré comme un enfant.

48 heures après Montréal dont près de 21 heures dans les airs, 12 heures de décalage horaire, Saïgon me revenait.

À la prochaine.


jeudi 8 novembre 2012

Décompte


À trois jours du départ s'amorce ma vie nocturne. Je vis ma nuit le jour. Au début ce n'est pas tout à fait évident. Ça proteste dans le dos et sous les yeux. L'estomac devrait bientôt s'insurger à son tour. Le pire, ce sont les premières heures et par un processus d'adaptation qui gardera toujours secret sa manière de faire, je devrais dans 24 ou 48 heures être à l'heure asiatique et ainsi éviter les désagréemnts du décalage horaire.

Le départ, c'est dimanche 22 heures 20... le numérologue en moi aurait souhaité 22 heures 22 mais je n'ai pas de contrôle sur l'horaire des avions. Donc dimanche, le 11ième jour du 11ième mois; ici c'est plus agréable. Montréal- Doha, première étape de ce long périple dans le futur (à Saïgon, c'est déjà 12 heures de plus), un transit de deux heures avant de repartir vers Bangkok (transit de 12 heures) pour finalement arriver au Vietnam le mardi 13 en fin de journée.

Après ce passage obligé de 32 heures... s'entamera mon deuxième hiver loin de la neige et du froid. Je vous invite donc à me suivre ici sur le blogue du CRAPAUD où ça sera plus consistant que sur Facebook en terme de commentaires et d'impressions. De janvier à mai dernier, je vous laissais des billets hebdomadaires agrémentés de photos. Je veux ajouter du film. On verra à l'usage si ça va ou pas, technologiquement parlant...

Cette fois-ci je pars beaucoup moins pressé de tout voir, de tout noter et souhaite me plonger davantage dans la vie vietnamienne, y découvrir de petits et grands moments que je partagerai avec vous.

Bonne fin d'automne et à bientôt.



dimanche 28 octobre 2012

QUATRE ( 4 ) CENT-QUARANTE-TROIS ( 43 )



L'automne. On dit tant de choses à son sujet, on lui en met tellement sur le dos: couleurs, lumière, ciels, oiseaux migrateurs, retour à l'école, fin des vacances, nostalgie... 

Quelqu'un écrivait que l'automne était la saison des poètes. Sans doute cette personne a-t-elle raison car les poèmes qui traitent de ce sujet sont légion. Ne tentons pas d'en faire le décompte, ils sont aussi nombreux que «les feuilles mortes que l'on ramasse à la pelle».

Je me permets de vous offrir celui-ci:


l’automne pleut


l’automne pleut des larmes rouges
qui roulent des arbres puis rouillent le sol tiède

flaques d’eau devenues miroirs pour oiseaux de passage


et l’automne pleut le chaud et le froid
que la nuit démolit à coups de brouillard


l’automne pleut sur les vitres embuées
que les enfants maquillent tout en rêvant de neige

au cœur du pays fantômes endormis réveillent nos hantises


et l’automne pleut de l’oubli sur les souvenirs enfouis
les feuilles mortes s’amoncellent sous la nostalgie


l’automne neige frileusement
sur les couleurs écarlates
elles fondent aux pieds des enfants
qui ensevelissent leurs légendes d’été




Continuer de profiter de cette saison unique surtout que cette année elle nous gâte tout particulièrement.


Au prochain saut

dimanche 14 octobre 2012

QUATRE ( 4 ) CENT-QUARANTE-DEUX ( 42 )

Gérard Sauvé

J'apprenais cette semaine, avec un immense regret, le décès d'un ami; je crois pouvoir me peremttre de le nommer ainsi. Gérard Sauvé. Fidèle lecteur du CRAPAUD, nous avons échangé quelques courriels alors que j'étais au VietNam. Nous devions nous rencontrer cet été, un souper, et j'allais lui remettre un livre (La Piste Ho Chi Minh) qui trace l'histoire ancienne et récente de ce pays. Il est décédé ( en août dernier ) sans avoir donné signe de vie. On ne m'a pas avisé de la triste nouvelle.

Aujoud'hui, je tiens à le saluer, lui dédiant ce poème de Pierre Nepveu.

LES GRANDS LIVRES OUVERTS 

Tant de mal pour revenir à soi,
tant de lampes allumées dans la nuit
sur les visages des enfants qui dorment
et au fond des tiroirs les tic-tac
des mécaniques continuent de tourner,
les animaux de fer ou de plastique,
et aux rideaux le gyrophare
d'un chasse-neige et quand
tu te couches, les fantômes se couchent,
les mots de toutes occasions sortent
leurs griffes, sous le drap
tu sens d'autres draps plus rudes,
et le plancher tremble et l'eau
du robinet continue de couler,
toute la nuit, toute la vie
pour éviter le gel des points d'eau
depuis le fleuve à demi mort.
Au fond de la nuit les grands livres
sont restés ouverts, des pages
éblouissantes sont tournées contre le ciel,
des histoires tragiques restées en suspens
sur lesquelles ton visage penché
s'est reconnu sans tomber,
tu entends dans le matelas cogner
les trois coups menaçants,
tu roules vers le mur et puis
l'autre mur, dans l'intense
désir de flotter hors de tout,
d'échapper à ce remue-ménage
qui te rappelle au monde
où brillent les fillettes de la nuit,
et les grands livres de vie et de mort
attendent que tu reviennes
les fermer.

Gérard aimait lire
Apprendre. Savoir qu'il ne savait pas tout et qu'il pouvait toujours continuer d'apprendre à savoir.
Gérard s'intéressait à tout. 
Curieux. Avide de comparer sa compréhension d'une idée afin de la préciser, la raffiner.
Gérard parlait de tout.
Il avait du bagout. Loquace. La parole était pour lui une marque de commerce.

Salut Gérard, je conserve un chaleureux souvenir de toi.



dimanche 7 octobre 2012

QUATRE ( 4) CENT-QUARANTE-ET-UN ( 41 )




le bruit des pas…
…feutré

le bruit des pas feutrés traverse la pièce
l’écho sur les murs
c’est ce que nous entendons
le bruit feutré des pas
c’est seulement
à cause de l’écho
que nous l’entendons

sans écho…     pas de bruit
 sans pas…       pas de pièce
sans pièce…     pas de bruit


et nous nous réunirons à mille
à mille et un
afin que saccadent  nos bruits de pas
feutrés dans la même pièce

huit tambours majeurs pour chaque coin
retentissant du plus formidable silence
celui
de ceux qui n’ont rien à dire
celui
de ceux qui ont tout dit
qui ne craignent plus que les rabâchages
mille fois
mille et une fois repiqués
sur les vagues de l’histoire

et que feront les vents de la liberté  de l’espoir
les vents d’ailleurs
qu’ici nous avons reçus
les capteurs de vents
les récepteurs d’envies
s’abreuveront-ils aux sons des tambours…
craindront-ils les avis taciturnes des castrateurs…
mêleront-ils leurs voix enrouées à celles des stentors…

ou se perdront-ils dans l’écho des tambours
dans l’écho qui n’aura pas su réfléchir  
le bruit feutré des pas traversant une pièce
encore vide

lundi 24 septembre 2012

QUATRE ( 4 ) CENT-QUARANTE ( 40 )




Je fais une tentative: essayer de répondre à la question suivante: qu'est-ce que le poème? Y a-t-il une définition du poème qui puisse l'illustrer sans le catégoriser, l'enfermer, l'emprisonner dans un sarcophage et cela à tout jamais?

Il a fait du chemin le poème. Durant l'Antiquité on le caractérisait par son contenu, son ton: il pouvait être épopée légendaire, églogue champêtre, élégie plaintive, satire critique... Ensuite les Rhétoriqueurs l'ont défini par la longueur des vers et des strophes, la disposition des rimes et autres détails formels, ce qui nous a donné la ballade, l'ode, le rondeau, la sotie, etc. De l'Orient nous est venu le pantoum, le haïku. À son entrée dans le 19ième siècle et avec la disparition progressive (sauf pour le sonnet) des formes fixes, le poème adopte sa structure propre, on parle alors de poème libre, de poème en prose.

La forme du poème c'est un peu l'habit de la poésie pour c'est plus difficile, plus complexe de trouver une définition. La forme du poème c'est un peu l'enveloppe, le contenant de la poésie. Impossible de vraiment cerner la poésie à partir du poème pour laquelle de multiples définitions qui, pour être sans doute exactes, ne peuvent en contenir tout l'en-soi. Je n'entrerai pas sur ce terrain à la fois vaste et sans fin. Je vais plutôt vous offrir ce court poème qui tente de cerner comment je le conçois, le reçois, et par extension, la poésie.




poème…



… à construire   premiers mots à écrire   pensée à circonscrire


(oxymoron rampant recto-verso sur une feuille)

… à dire    induire image qui veut luire    sens à reproduire


(chanson à bout de souffle)

… ne sait ni vieillir    ni obéir    ni s’assujettir que rejaillir


(prosopopée du silence qui parle)

en exil au creux de la gorge embusqué entre émotion et sentiment
il repart doucement se poser sur le cuir des jours 

couleur à odeur de couleur / emmêlée / à une odeur couleur d’odeur
deux inséparables intrinsèques
sombre écho avant le bruit
                     claire lumière de fougère
le poème s’unit à


. une aile d’oiseau poussant le rocher de Sisyphe .
. une dernière vague dans l’aquarium du temps .
. la courbe du vent sur des hanches d’arc-en-ciel .
. la fraîcheur du matin après une nuit ruisselante de rêves .
. les Variations Goldberg au clavecin piano violon
escaladant les siècles .
. le soleil des montagnes, arabesque sur tableau .
. l’amour épelé en syllabes discontinues .
. la beauté dos tourné à l’oubli des océans .


Le Poème Est Le Dire De L’inédit




samedi 15 septembre 2012

QUATRE ( 4 ) CENT-TRENTE-NEUF ( 39 )



Une dizaine de jours après la campagne électorale, son crescendo nous menant au 4 septembre, aux malheureux événements que nous vécûmes en direct à la télévision alors qu'un tireur fou faisait une victime, nous laissant pantois sur ses véritables intentions et nous projetant dans la réflexion autant sur la suite des choses que sur ce qui nous a mené à cette tragédie; une dizaine de jours plus tard, je suis incapable d'aligner logiquement ma pensée et dégager quoi que ce soit de ses tristes événements.

Une amie m'écrivait que nous aurions toute une réflexion à faire sur la société dans laquelle nous vivons. Elle a raison: une réflexion personnelle et collective. Je l'entreprends, d'abord, en retournant à mes cahiers de lecture afin de tenter d'y trouver des pistes que m'offriraient quelques-uns de mes écrivains favoris. Je vous les aligne dans un ordre syncrétique et avec l'assurance que j'y reviendrai lorsque je serai en mesure de développer ma pensée.

Voici.

. N'ouvre la bouche que lorsque si tu es sûr que ce que tu vas dire est plus beau que le silence. Proverbe arabe

. Tout a un sens caché dans ce monde, pensai-je. Hommes, animaux, arbres, étoiles, tout n'est qu'hiéroglyphes; heureux celui qui commence à les déchiffrer et à deviner ce qu'ils disent, mais malheur à lui. Quand il les voit, il ne les comprend pas. Il croit que ce sont des hommes, des animaux, des arbres, des étoiles. C'est seulement des années plus tard qu'il découvre leur vraie signification. Nikos Kazantzaki

. Je vois les choses plus calmement maintenant que je crois comprendre qu'aucune solution, pour éminente qu'elle puisse paraître quelquefois, ne se présentera probablement jamais; on a finalement tendance, principalement quand on est jeune, à surestimer beaucoup trop la hâte avec laquelle les solutions se présentent. Kafka

. Je ne comprendrai jamais pourquoi les survivants d'un drame se sentent obligés de faire croire qu'ils sont plus à plaindre que ceux qui y ont laissé leur peau. Yasmina Khadra

. Knulp disait que nul ne peut mêler son âme à l'âme d'un autre. Deux êtres peuvent aller l'un vers l'autre, parler ensemble mais leurs âmes sont comme des fleurs enracinées, chacune à sa place; nul ne peut rejoindre l'autre, à moins de rompre ses racines; mais cela précisément est impossible. Faute de pouvoir se rejoindre, elles délèguent leur parfum et leurs graines; mais la fleur ne peut choisir l'endroit où tombera la graine; c'est là l'oeuvre du vent et le vent va et vient à sa guise: il souffle où il veut. Herman Hesse

... chacun de nous est une île, et que nous n'allons que l'un à l'autre sans jamais être tout à fait l'un et l'autre pour de bon. Gaston Miron

. Je n'avais entendu dans la bouche d'aucun prêcheur ces mots de rassemblement que l'humanité, en inventant les langages, avait dû forger avec ce qui restait de lettres après ceux de guerre, de haine et de violence. Jean-François Beauchemin

. Quand on ne connaît pas le chemin où l'on va
tous les chemins sont bons. Dany Laferrière

. Je crois maintenant que les questions les plus simples ne sont pas seulement celles auxquelles il est le plus difficile de répondre, mais celles qu'il est le plus important de poser. Northrop Frye

. Le mensonge est déjà dans l'oreille de celui qui écoute. Tonino Benacquista

. Nous sommes prêts à croire n'importe quoi plutôt que d'affronter la vérité.
Carlos Ruiz Zafon

. Si tu rencontres une étoile de mer, elle ne t'explique pas l'océan. Antoni Casas Ros

... le bien ne peut pas être organisé, ... on peut seulement règlementer le mal et le généraliser, tandis que le bien n'est jamais qu'une affaire privée, un rapport intime d'homme à homme, rien de plus, et dès qu'on se mêle de l'organiser, on s'engage dans la voie de la fausseté. Toute organisation appelle les puissants de ce monde soit à la supprimer, soit à la détourner à leur profit. Yan Trefulka

. Leur haine me frappait plus que leurs armes. Violette Leduc

. Jusqu'à la fin, nous n'aurons rien appris. Il semble y avoir chez nous tous, au fond de nous, quelque chose de l'ordre du granit, qui résiste à l'enseignement. J.M. Cotzee

. Seuls les gens capables d'aimer passionnément peuvent éprouver de grandes douleurs, mais le même besoin d'aimer leur sert de réactif et les guérit. À ce point de vue, la nature morale de l'homme est encore plus vivace que sa nature physique. Le chagrin ne tue jamais. Tolstoï

. Nous découvrons tous tôt ou tard dans la vie que le bonheur parfait n'existe pas, mais bien peu sont ceux qui s'arrêtent à cette considération inverse qu'il n'y a pas non plus de malheur absolu. Les raisons qui empêchent la réalisation de ces deux états limites sont du même ordre: elles tiennent à la nature même de l'homme, qui répugne à tout infini. Ce qui s'y oppose, c'est d'abord notre connaissance toujours imparfaite de l'avenir; et cela s'appelle, selon le cas, espoir ou incertitude du lendemain. C'est aussi l'assurance de la mort, qui fixe un terme à la joie comme à la souffrance. Ce sont enfin les inévitables soucis matériels, qui, s'ils viennent troubler tout bonheur durable, sont aussi de continuels dérivatifs au malheur qui nous accable et, parce qu'ils le rendent intermittent, le rende du même coup supportable. Primo Levi

. Lorsque, chez un être humain, l'angoisse atteint une certaine intensité, on assiste à une diarrhée de mots. Réjean Ducharme

... il est des gestes auxquels on ne peut pas toujours trouver une explication facile, parfois même il est impossible d'en trouver une difficile. José Saramago

. Les faits sont souvent les pires ennemis de la vérité. Les faits ont tendance à nous masquer la vérité. Amos Oz

. Et ce que l'on croyait loin va se découvrir avoir tout le temps été proche. Gabrielle Roy

. Les gens se comportent comme on les traite. Doris Lessing

. La vie serait insoutenable si nous n'avions pas la capacité d'oublier. Et la vie est insoutenable parce que nous oublions. Jean Barbe

. Quelquefois nous ne faisions que finir le travail que d'autres ont laissé inachevé. Ou commencer un travail que d'autres finiront pour nous. Alessandro Baricco

. Mon nom: offensé; mon prénom: humilié; mon état: révolté... Aimé Césaire

. Celui qui a un «pourquoi» qui lui tient lieu de but, peut vivre avec n'importe quel «comment». Nietzsche

. S'il nous arrive de ne pas marcher au pas de nos compagnons , la raison n'en est-elle pas que nous entendons un tambour différent? Allons suivant la musique que nous entendons quels qu'en soient la mesure ou l'éloignement. Henry David Thoreau

Bonne réflexion et au prochain saut.

mercredi 5 septembre 2012

La dernière S P É C I A L E élections 2012


J'entends rire d'ici ou esquisser un doux sourire de compassion J'entends certains y aller d'affirmations aussi intempestives que caustiques: «Pas fort LE CRAPAUD!»; «Avec ses prédicitions, il peut bien repasser!»; «Lui qui se vantait d'être un spécialiste de politique électorale, on voit ce que ça donne au bout du compte!»; «Il ne me reprendra pas la prochaine fois!»... Sans doute. Mais un instant, décortiquons le tout. Je vous ai toujours dit qu'avec les chiffres on peut affirmer tout et son contraire. Voyons cela de plus près.

LE CRAPAUD vous a fait 15 prédictions - je parle des dernières prédictions - nous les reprendrons une à une et verrons ce qui en est . Je sais que vous n'avez pas vos notes sous les yeux alors je vous rafraîchis la vue.

D E R N I È R E S

P R É D I C T I O N S

LE CRAPAUD annonce:

L'élection d'un gouvernement MINORITAIRE ; 1/1
formé par l'élection de 50 candidat(e)s de la CAQ 1/2

d'une opposition dirigée par le PQ 1/3

composée de 45 candidat(e)s élu(e)s 1/4

la troisième opposition, le PLQ 2/5 (il faudrait plutôt lire deuxième opposition)

avec ses 24 député(e)s 2/6

et les 6 autres proviendront de QS. 2/7



Pour les QUI chefs des principaux partis politiques, LE CRAPAUD prévoit ceux -ci comme étant battus dans leur comnté:

Jean Charest du PLQ dans Sherbrooke 3/8

François Legault de la CAQ dans l'Assomption 3/9

Jean-Martin Aussant de l'ON dans Nicolet-Bécancour 4/10

Claude Sabourin du PV dans Notre-Dame-de-Grâce. 5/11

Pour les QUI chefs ou co-chefs des principaux partis politiques. LE CRAPAUD ceux-ci comme élus dans leur comté:

Pauline Marois du PQ dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré 6/12

Françoise David de QS dans Gouin 7/13

Amir Khadir de QS dans Mercier. 8/14



LE CRAPAUD annonce que le taux de participation dépassera les 70%. 9/15

Au final cela donne 9/15 donc 60%

Regardons de plus près. Si vous comparez les résultats officiels à savoir:

PQ gouvernement minoritaire avec 54 élus dont sa chef qui devient première ministre;
PLQ première opposition avec 50 élus et son chef battu;
CAQ deuxième opposition avec 19 élus dont son chef;
QS, deux élus, les deux porte-parole;
un taux de participation à 74,5%.

Si vous examinez bien les prédictions du CRAPAUD qui prévoyait un gouvernement à 50 élus ( 54 au final ) et une première opposition à 45 ( 50 au final ) alors que la troisième (deuxième) devait en récolter 24 ( 19 au final ) et 6 QS ( 2 au final ) le tout avec un taux de participation de plus de 70% (74,5% au final) deux conclusions s'imposent:

1) dans les deux cas nous arrivons à 125 élus ( facile, je le sais...);

2) LE CRAPAUD a joué sur une marge d'erreur de 4 ou 5; les bons sondages frisent les 3.

Soyez bons joueurs et admettez d'abord que ce n'est pas simple de faire des prédictions et qu'ensuite celles du CRAPAUD, en plus d'être un peu surprenantes, n'ont pas été brouillées par les sondeurs professionnels qui auront un sérieux examen de conscience à faire; en plus de répondre à la question suivante: quelle est la véritable influence des sondages sur la démarche de politique électorale du citoyen branché ou indécis? J'ai bien aimé que l'on ajoute une nouvelle catégorie: les discrets. Et il semble que cette catégorie soit composée de beaucoup, beaucoup de libéraux.

Je ne veux pas écrire sur les événements survenus au Métropolis lors du rassemblement péquiste mais relever une coïncidence. Quelques jours après l'élection de René Lévesque en novembre 1976, le futur premier ministre, revenant d'une soirée chez son vieil ami Yves Michaud au volant de sa voiture, frappait un individu qui allait mourir par la suite. Quelques heures après son élection comme première ministre du Québec, Pauline Marois doit être évacuée d'urgence de la tribune sur laquelle elle s'adressait à ses partisans, un individu armé menant un attentat qui occasionna la mort d'un technicien se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment. Visait-on Madame Marois, voulait-on jouer au Batman dans cette salle remplie de gens? Une telle similitude lors de l'entrée à la même fonction porte-t-elle un signe quelconque?

Et le lendemain, aujourd'hui donc, le chef du PLQ annonce sa démission et son départ de la vie politique. Jean Charest a-t-il tiré une leçon de sa défaite dans Sherbrooke ou a-t-il les yeux sur une autre campagne électorale... fédérale cette fois-ci?

Monsieur Legault. Son possible ex- prochain ministre de la santé défait dans son comté, sa piètre tenue au niveau des résultats, la volonté du peuple québécois de ne pas voir faire «un grand ménage» qui n'aurait de toute façon que soulever la poussière et nous la jeter aux yeux, ces événements seront-ils pour lui un coup de balai vers la sortie? Sincèrement, je souhaite qu'il opte pour cette direction car imaginer l'entendre «lirer» pendant dix ans me donne le goût de décrocher de la politique électorale active. Plus ennuyant, plus inintéressant, plus vide que lui... tu meurs!

Reste nos deux QS que voici réunis par la grâce des votes montréalais de deux comtés côte-à-côte qui ferons leur entrée à l'Assemblée nationale. Je vous prédis qu'il faudra bien les surveiller ces deux-là car à l'intelligence, la pertinence s'ajoute un charisme certain. On les aime et ils nous le rendent bien par un engagement sincère et honnête. Cela révèle aussi un point important qui se dégage de cette campagne: le clivage entre Montréal et le reste du Québec. Je suis assuré que bien des Montréalais croyaient, tout comme LE CRAPAUD, que dans les suites, les retombées du printemps érable, les porteurs du message de gauche allaient être plus nombreux. En bout de piste c'est peut-être Gabriel Nadeau-Dubois qui aura eu raison en déclarant que les élections n'allaient rien changer de fondamental dans notre société. Un autre qu'il faudra suivre de près.


La campagne électorale est maintenant terminée. Elle aura été passionnante, j'espère que vous l'avez appréciée. Je ne sais pas encore s'il y aura des recomptages officiels ou judiciaires, sinon nous verrons le meilleur de la démocratie c'est-à-dire un gouvernement minoritaire devant obligatoirement y aller doucement et collaborer s'il veut vivre quatre ans... Au fait, qu'arrive-t-il si les élections se tiennent à date fixe mais que le gouvernement minoritaire est défait avant? On attend patiemment la date ou quoi? En plus, quelle date sera choisie pour ces élections à date fixe? Tout un débat en vue. Personnellement je propose que le vote s'étende sur une semaine comme cela pas de chicane pour une date fixe. Une semaine de vote au cours de laquelle on ramasserait tout ce qui se fait comme élections à tenir: québécoise, municipale, scolaire. Et on y va gaiement! On en discutera pas bientôt tout comme on ne devrait pas parlementer sur le mode de scrutin lui-même: on mêlerait trop le monde.

Voilà pour LE CRAPAUD qui retourne maintenant à ses petits sauts habituels.

Au prochain saut







vendredi 31 août 2012

SPÉCIAL ÉLECTIONS: on vote mardi!



Allons directement au but. Puisque LE CRAPAUD a fait le serment officiel à titre de secrétaire dans un bureau de vote de ne pas favoriser qui que ce soit et bien d'autres choses, il se voit dans l'obligation de publier aujourd'hui - 31 août 2012 - son dernier SPÉCIAL ÉLECTIONS d'avant les élections.

Vous irez voter mardi prochain à moins que ce ne soit déjà fait.

Vous aurez à choisir (ou vous avez eu à choisir) - je tiens à m'excuser auprès des partis dont LE CRAPAUD ne tient pas compte - entre le PLQ, le PQ, la CAQ, QS, ON et le PV .

Au-delà de 15% des électeurs ont déjà griffonné un bulletin de vote, manifestant ainsi leur confiance, leur mécontentement, leur stratégie, leur indécision, ou officialiser le troc de leur vote envers un des QUI en présence (candidat(e) s officiellement reconnu(e) s par le DGE). En reste donc 85% à qui je m'adresse et à qui je dis solennellement:

1) il faut voter;

2) il ne faut pas vous tromper car impossible d'effacer le petit signe que vous tracerez au bout de la photo et du nom du (de la) QUI que vous souhaitez voir devenir votre député (e);

3) il faut que vous votiez de manière à ce que le lendemain vous ne disiez pas: « j'aurais donc dû! »;

4) pour éviter cela, voici quelques petits conseils:

4.1) vous aimez les campagnes électorales, aimez voter souvent, pas seulement aux quatre ans - n'oubliez pas que LE CRAPAUD écrit sur la politique électorale québécoise - alors vous devez voter de manière à ce que le résultat final se traduise par un gouvernement minoritaire;

4.2) comment doit-on voter pour que le résultat final se traduise par un gouvernement minoritaire?

Simple: consultez une source fiable en laquelle vous avez confiance, voyez ce que cette source fiable en laquelle vous avez confiance prévoit pour votre comté de même que pour le gouvernement, par la suite vous votez pour l'un des autres partis politiques inscrits sur votre bulletin de vote.

Exemple: CAQ dans votre comté et PQ pour le gouvernement selon votre source fiable en qui vous avez confiance, alors vous votez PLQ, QS, ON ou PV; ça marche à tout coup.

4.3) Vous haïssez les campagnes électorales, argumentant que c'est toujours du pareil au même, une perte de temps et d'argent, que vous payez maintenant impôts, taxes, etc. et, de toute manière, devrez continuer à le faire après ;

4.4) comment voter lorsque vous faites partie de la catégorie définie au point 4.3?

Simple: vous faites partie de cette catégorie de gens fort peu intéressés par la politique électorale, alors je vous conseille de ne pas consulter une source fiable en laquelle vous auriez confiance mais plutôt de vous fier à votre instinct du moment.

Exemple: alors que vous entrez dans le OÙ (bureau de vote), vous apprenez qu'il ne vous sera pas possible de voter parce que, n'étant pas intéressé (e) par la politique électorale donc moins informé (e), vous avez oublié votre carton d'électeur ainsi qu'un des cinq documents prouvant votre identité. Vous resortez du OÙ, hurlant que c'est toujours du pareil au même, une perte de temps et d'argent, que de toute façon ce sont toujours les mêmes qui votent.

4.5) Vous êtes indécis si:

ne savez trop si le (la) QUI de votre comté se révèlera un(e) bon(ne) député(e);

ce (cette) QUI fera un(e) bon(ne) premier(ère) ministre(e);

ce parti sera à la hauteur de ses engagements;

cet autre parti exprime vos valeurs;

celui-ci possède tous les atouts pour bien diriger le Québec;

un autre serait en mesure, en cas de gouvernement minoritaire, de bien assumer les responsabilités venant avec la balance du pouvoir entre les mains.

Si vous réunissez plus d'une des conditions mentionnées plus haut, vous êtes vraiment indécis.

4.6) Comment voter si vous êtes indécis?

Simple: d'abord, je tiens à rassurer les électeurs (trices) indécis (es), vous n'êtes pas seul(e)s puisque selon les différents sondages, plus de 20% des inscrit(e)s sur la liste électorale le serait. 20%, c'est presque le 1/5 des appelé(e)s aux urnes. Sans doute ce taux varie-t-il d'un comté à un autre mais LE CRAPAUD va tout de même essayer de vous offrir le meilleur conseil disponible.

Vous êtes indécis? Pour en être certain, répondez à cette première question que vous trouverez sans doute un peu réductrice mais qui devrait vous éclairer: l'indécision dont vous souffrez se situe-t-elle au niveau de votre comté? Au niveau national? Une fois résolue cette interrogation, vous devriez vous sentir un peu moins indécis. On approche de la solution.

La deuxième question - important de suivre le mode d'emploi, question 1 ensuite question 2, etc. - repose sur une introspection personnelle. Dans la vie quotidienne, en dehors des jours de politique électorale, présentez-vous le symptôme suivant: une certaine difficulté à faire des choix? Oui ? Non?

Si la réponse est «oui», vous êtes donc un indécis chronique ce qui se traduit en terme de politique électorale par indécis solide par rapport à un indécis mou. Cette catégorie (les mous) est celle auprès de laquelle les organisateur(trice)s des partis politiques braquent tous leurs efforts lors des derniers jours de la campagne. On devrait normalement vous harceler.

Les solides devront accepter de vivre avec leur problème et souhaiter ardemment que les prochaines élections n'aient lieu que dans quatre ou cinq ans.

Les mous - ceux qui ont répondu «non» à la question numéro 2 - vous risquez d'être interpelés à gauche, à droite ou au centre, et cela jusque dans vos plus inimaginables retranchements. Dans la majorité des comtés, les indécis (solides ou mous) possèdent dans leurs mains, et sans véritablement le savoir, le pouvoir, le vrai pouvoir mais ils hésitent ne sachant pas quoi faire avec.

Le mou votera mais immédiatement après il se retrouvera aux prises à ce grand dilemne existentiel: était-ce vraiment cela que je souhaitais? Était-ce vraiment cela que j'aurais dû faire? Aurais-je ou n'aurais-je pas dû?

Le solide «indécisera» ... et un peu comme le non-intéressé s'en remettra à son instinct du moment mais lui n'aura pas oublier sa carte d'électeur et un des cinq documents prouvant son identité. Certainement l'électeur le plus difficile à cerner, à prévoir...

5) Court résumé: on aime les élections, on n'aime pas les élections ou on est indécis. Facile de conclure que celui qui aime est à gauche, à droite celui qui n'aime pas et l'indécis au centre.

Simple. Mais la politique électorale, c'est beaucoup plus compliquée que cela et LE CRAPAUD n'est pas ici pour en décortiquer tous les ceci/cela/pas ceci/pas cela, plutôt vous inciter à voter et finalement, vous annoncer ses grandes et dernières prédictions en vue de l'élection du mardi 4 septembre 2012. Prédictions dont vous pourrez vérifier les r é s u l t a t s autour de 22 ou 23 heures sur les ondes de Radio-Canada ou TVA.


D E R N I È R E S

P R É D I C T I O N S

LE CRAPAUD prévoit:

un gouvernement MINORITAIRE

formé par l'élection de 50 candidat(e)s de la CAQ

une opposition dirigée par le PQ

composée de 45 candidat(e)s élu(e)s

la troisième opposition, le PLQ

avec ses 24 député(e)s

et les 6 autres proviendront de QS.



Pour les QUI chefs des principaux partis politiques,
selon LE CRAPAUD les battus dans leur comté seront:

Jean Charest (PLQ) dans Sherbrooke

François Legault (CAQ) dans l'Assomption

Jean-Martin Aussant (ON) dans Nicolet-Bécancour

Claude Sabourin (PV) dans Notre-Dame-de-Grâce.


Pour les QUI chefs ou co-chefs des principaux partis politiques,
selon LE CRAPAUD les élus dans leur comté seront:

Pauline Marois (PQ) dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré

Françoise David (QS) dans Gouin

Amir Khadir (QS) dans Mercier.



LE CRAPAUD prévoit un taux de participation d'au-delà de 70%.


À vérifier et à commenter par la suite.
Bon vote.





lundi 27 août 2012

SPÉCIAL ÉLECTIONS: quatrième point


Dans une semaine demain sera le jour J. Quand même surpris de voir à quel point cette campagne électorale aura passé vite! Un coup de vent... certains diront un coup de balai...

Nous entrons donc dans la dernière semaine, celle que j'appelerais «la semaine des pelures de banane» car c'est sans doute la plus périlleuse pour tous les QUI de ce monde électoral. Une erreur peut être coûteuse voire dramatique; un quiproquo peut s'avérer un coup d'épée ( de DÉMOCLES dirait Jean Charest); une incertitude, une hésitation à répondre ou une mauvaise compréhension de la question posée par un(e) journaliste asticieux(se) peut vous assommer (comme Pauline Marois avec ses conservateurs souverainistes); se retrouver au mauvais endroit au même moment qu'un autre (Charest et Legault en même temps en Outaouais, Marois et David dans Gouin par un même dimanche après-midi); des pelures de banane.

Une pelure de banane peut très bien vous servir à la condition d'être celui / celle qui la dépose aux pieds de l'adversaire ou vous nuire si vous ne la voyez pas venir. C'est sans doute pour cette raison que vous ne verrez que les chefs cette semaine. Pas question que Duchesneau fasse un mauvais pas et surtout, il ne faut pas que le Dr Barrette glisse... quel cataclysme cela occasionnerait. Pas question qu'Amir Khadir y aille d'une sortie chevaleresque rendant le combat David/Goliath perdu à l'avance. Encore moins que les purs-et-durs-caribous du PQ entreprennent dès maintenant la collecte du presque million d'électeurs exigé pour la tenue d'un référendum. Parlant référendum, je crois que le PQ a commis une grave erreur: RIP ne signifie pas Référendum d'Initiative Populaire mais bel et bien Requiescat in Pace, un peu comme le référendum sur la souveraineté. Et j'oubliais la première pelure de banane, celle de Jacques Parizeau qui souhaite la ré-élection de Jean-Martin Aussant (ON) dans son comté... Il est le maître en pelure de banane celui-là, toujours bien placée et au bon moment...

En plus des pelures de banane à quoi faut-il s'attendre au cours des 7/8 derniers jours de cette campagne (en ville)?

1) Que l'on vous martèle les slogans:

DEBOUT...
POUR LE QUÉBEC...
À NOUS DE CHOISIR...
SE DONNER UNE VOIX...
C'EST ASSEZ, FAUT QUE ÇA CHANGE...
ON PEUT MIEUX POUR LE QUÉBEC...

Des slogans entre 1 et 6 mots qui se veulent des leitmotiv qui motivent.

2) Des chocs télévisuels:

Jusqu'à maintenant, pas beaucoup de partis politiques ont utilisé les ondes télévisuelles pour passer leur message se disant sans doute que les débats et les face-à-face auront suffi. Non, surveillez bien, ça va frapper fort!

3) Les menaces utilisant l'argumentaire de la peur:

Les Libéraux sortiront tous les démons cachés dans un référendum caché...
Les Péquistes vous avertiront du retour de la crise sociale et du carré rouge si le PLQ est reconduit au pouvoir...
Les Caquistes vous diront que les années à venir seront pleines de statut quo et que le ménage sera encore plus difficile à faire si le PLQ ou le PQ forme le prochain gouvernement...
Les Solidaires ne cesseront de vous rappeler qu'ils ont trois/quatre Amir Khadir en réserve et qu'ils pourraient envahir l'Assemblée nationale même s'ils ne sont pas élus...
Les ONistes nommeront Jacques Parizeau chef de leur parti si vous n'élisez pas Jean-Martin Aussant dans son comté...
Les Verts ... on verra.

4) L'apocalypse d'un gouvernement minoritaire:

Et ceci vous l'entendrez de la part de tous les chefs des partis. Un gouvernement minoritaire, c'est une autre élection à court terme... c'est un autre 78 millions$ dépensés inutilement... c'est donner la balance du pouvoir à un parti qui aura Ottrecueilli moins de votes que les autres...c'est rejouer le scénario connu lors d'élections fédérales pour finir avec un gouvernement majoritairement conservateur et entièrement arrogant.

5) Le mensonge de la campagne électorale:

Vous entendrez tous les chefs crier haut et fort:
ALLEZ VOTER, VOTER EST LE DEVOIR DU CITOYEN, L'ESSENTIEL C'EST DE VOTER...
Alors qu'en eux-mêmes ils pensent: SI VOUS ALLEZ VOTER POUR MON PARTI C'EST BIEN, SINON RESTEZ CHEZ-VOUS...

«le p'tit crapaud de la semaine»

La première dame du Québec, Michèle Dionne, aurait aimé que son mari Jean Charest quitte la politique parce qu'il«avait beaucoup donné». Je crois qu'elle voulait plutôt dire parce qu'il «avait beaucoup reçu».

Prédiction de la semaine

Lundi prochain, 3 septembre, LE CRAPAUD vous fera sa dernière prédiction, l'officielle. Aujourd'hui, à 7/8 jours du scrutin LE CRAPAUD prédit:

Un gouvernement minoritaire
dirigé par la CAQ
avec le PQ comme opposition officielle
un PLQ sans chef, puisque Jean Charest sera défait dans Sherbrooke
une CAQ sans premier ministre, François Legault étant battu dans l'Assomption
un PQ sans chef de l'Opposition, Pauline Marois battue dans Charlevoix-Côté-Beaupré
un QS avec ses deux porte-parole élus dans Gouin et Mercier
et finalement
une ON sans rien, Jean-Martin Aussant perdant son comté de Nicolet-Bécancour.

Ne manquez pas le dernier SPÉCIAL ÉLECTIONS à 24 heures du 4 septembre pour les derniers conseils et la prédiction officielle.

À la prochaine

SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3 ) - 17 -

                                                                        La musique japonaise, un après-midi transportant délicatement sa dou...