dimanche 14 octobre 2012

QUATRE ( 4 ) CENT-QUARANTE-DEUX ( 42 )

Gérard Sauvé

J'apprenais cette semaine, avec un immense regret, le décès d'un ami; je crois pouvoir me peremttre de le nommer ainsi. Gérard Sauvé. Fidèle lecteur du CRAPAUD, nous avons échangé quelques courriels alors que j'étais au VietNam. Nous devions nous rencontrer cet été, un souper, et j'allais lui remettre un livre (La Piste Ho Chi Minh) qui trace l'histoire ancienne et récente de ce pays. Il est décédé ( en août dernier ) sans avoir donné signe de vie. On ne m'a pas avisé de la triste nouvelle.

Aujoud'hui, je tiens à le saluer, lui dédiant ce poème de Pierre Nepveu.

LES GRANDS LIVRES OUVERTS 

Tant de mal pour revenir à soi,
tant de lampes allumées dans la nuit
sur les visages des enfants qui dorment
et au fond des tiroirs les tic-tac
des mécaniques continuent de tourner,
les animaux de fer ou de plastique,
et aux rideaux le gyrophare
d'un chasse-neige et quand
tu te couches, les fantômes se couchent,
les mots de toutes occasions sortent
leurs griffes, sous le drap
tu sens d'autres draps plus rudes,
et le plancher tremble et l'eau
du robinet continue de couler,
toute la nuit, toute la vie
pour éviter le gel des points d'eau
depuis le fleuve à demi mort.
Au fond de la nuit les grands livres
sont restés ouverts, des pages
éblouissantes sont tournées contre le ciel,
des histoires tragiques restées en suspens
sur lesquelles ton visage penché
s'est reconnu sans tomber,
tu entends dans le matelas cogner
les trois coups menaçants,
tu roules vers le mur et puis
l'autre mur, dans l'intense
désir de flotter hors de tout,
d'échapper à ce remue-ménage
qui te rappelle au monde
où brillent les fillettes de la nuit,
et les grands livres de vie et de mort
attendent que tu reviennes
les fermer.

Gérard aimait lire
Apprendre. Savoir qu'il ne savait pas tout et qu'il pouvait toujours continuer d'apprendre à savoir.
Gérard s'intéressait à tout. 
Curieux. Avide de comparer sa compréhension d'une idée afin de la préciser, la raffiner.
Gérard parlait de tout.
Il avait du bagout. Loquace. La parole était pour lui une marque de commerce.

Salut Gérard, je conserve un chaleureux souvenir de toi.



dimanche 7 octobre 2012

QUATRE ( 4) CENT-QUARANTE-ET-UN ( 41 )




le bruit des pas…
…feutré

le bruit des pas feutrés traverse la pièce
l’écho sur les murs
c’est ce que nous entendons
le bruit feutré des pas
c’est seulement
à cause de l’écho
que nous l’entendons

sans écho…     pas de bruit
 sans pas…       pas de pièce
sans pièce…     pas de bruit


et nous nous réunirons à mille
à mille et un
afin que saccadent  nos bruits de pas
feutrés dans la même pièce

huit tambours majeurs pour chaque coin
retentissant du plus formidable silence
celui
de ceux qui n’ont rien à dire
celui
de ceux qui ont tout dit
qui ne craignent plus que les rabâchages
mille fois
mille et une fois repiqués
sur les vagues de l’histoire

et que feront les vents de la liberté  de l’espoir
les vents d’ailleurs
qu’ici nous avons reçus
les capteurs de vents
les récepteurs d’envies
s’abreuveront-ils aux sons des tambours…
craindront-ils les avis taciturnes des castrateurs…
mêleront-ils leurs voix enrouées à celles des stentors…

ou se perdront-ils dans l’écho des tambours
dans l’écho qui n’aura pas su réfléchir  
le bruit feutré des pas traversant une pièce
encore vide

lundi 24 septembre 2012

QUATRE ( 4 ) CENT-QUARANTE ( 40 )




Je fais une tentative: essayer de répondre à la question suivante: qu'est-ce que le poème? Y a-t-il une définition du poème qui puisse l'illustrer sans le catégoriser, l'enfermer, l'emprisonner dans un sarcophage et cela à tout jamais?

Il a fait du chemin le poème. Durant l'Antiquité on le caractérisait par son contenu, son ton: il pouvait être épopée légendaire, églogue champêtre, élégie plaintive, satire critique... Ensuite les Rhétoriqueurs l'ont défini par la longueur des vers et des strophes, la disposition des rimes et autres détails formels, ce qui nous a donné la ballade, l'ode, le rondeau, la sotie, etc. De l'Orient nous est venu le pantoum, le haïku. À son entrée dans le 19ième siècle et avec la disparition progressive (sauf pour le sonnet) des formes fixes, le poème adopte sa structure propre, on parle alors de poème libre, de poème en prose.

La forme du poème c'est un peu l'habit de la poésie pour c'est plus difficile, plus complexe de trouver une définition. La forme du poème c'est un peu l'enveloppe, le contenant de la poésie. Impossible de vraiment cerner la poésie à partir du poème pour laquelle de multiples définitions qui, pour être sans doute exactes, ne peuvent en contenir tout l'en-soi. Je n'entrerai pas sur ce terrain à la fois vaste et sans fin. Je vais plutôt vous offrir ce court poème qui tente de cerner comment je le conçois, le reçois, et par extension, la poésie.




poème…



… à construire   premiers mots à écrire   pensée à circonscrire


(oxymoron rampant recto-verso sur une feuille)

… à dire    induire image qui veut luire    sens à reproduire


(chanson à bout de souffle)

… ne sait ni vieillir    ni obéir    ni s’assujettir que rejaillir


(prosopopée du silence qui parle)

en exil au creux de la gorge embusqué entre émotion et sentiment
il repart doucement se poser sur le cuir des jours 

couleur à odeur de couleur / emmêlée / à une odeur couleur d’odeur
deux inséparables intrinsèques
sombre écho avant le bruit
                     claire lumière de fougère
le poème s’unit à


. une aile d’oiseau poussant le rocher de Sisyphe .
. une dernière vague dans l’aquarium du temps .
. la courbe du vent sur des hanches d’arc-en-ciel .
. la fraîcheur du matin après une nuit ruisselante de rêves .
. les Variations Goldberg au clavecin piano violon
escaladant les siècles .
. le soleil des montagnes, arabesque sur tableau .
. l’amour épelé en syllabes discontinues .
. la beauté dos tourné à l’oubli des océans .


Le Poème Est Le Dire De L’inédit




samedi 15 septembre 2012

QUATRE ( 4 ) CENT-TRENTE-NEUF ( 39 )



Une dizaine de jours après la campagne électorale, son crescendo nous menant au 4 septembre, aux malheureux événements que nous vécûmes en direct à la télévision alors qu'un tireur fou faisait une victime, nous laissant pantois sur ses véritables intentions et nous projetant dans la réflexion autant sur la suite des choses que sur ce qui nous a mené à cette tragédie; une dizaine de jours plus tard, je suis incapable d'aligner logiquement ma pensée et dégager quoi que ce soit de ses tristes événements.

Une amie m'écrivait que nous aurions toute une réflexion à faire sur la société dans laquelle nous vivons. Elle a raison: une réflexion personnelle et collective. Je l'entreprends, d'abord, en retournant à mes cahiers de lecture afin de tenter d'y trouver des pistes que m'offriraient quelques-uns de mes écrivains favoris. Je vous les aligne dans un ordre syncrétique et avec l'assurance que j'y reviendrai lorsque je serai en mesure de développer ma pensée.

Voici.

. N'ouvre la bouche que lorsque si tu es sûr que ce que tu vas dire est plus beau que le silence. Proverbe arabe

. Tout a un sens caché dans ce monde, pensai-je. Hommes, animaux, arbres, étoiles, tout n'est qu'hiéroglyphes; heureux celui qui commence à les déchiffrer et à deviner ce qu'ils disent, mais malheur à lui. Quand il les voit, il ne les comprend pas. Il croit que ce sont des hommes, des animaux, des arbres, des étoiles. C'est seulement des années plus tard qu'il découvre leur vraie signification. Nikos Kazantzaki

. Je vois les choses plus calmement maintenant que je crois comprendre qu'aucune solution, pour éminente qu'elle puisse paraître quelquefois, ne se présentera probablement jamais; on a finalement tendance, principalement quand on est jeune, à surestimer beaucoup trop la hâte avec laquelle les solutions se présentent. Kafka

. Je ne comprendrai jamais pourquoi les survivants d'un drame se sentent obligés de faire croire qu'ils sont plus à plaindre que ceux qui y ont laissé leur peau. Yasmina Khadra

. Knulp disait que nul ne peut mêler son âme à l'âme d'un autre. Deux êtres peuvent aller l'un vers l'autre, parler ensemble mais leurs âmes sont comme des fleurs enracinées, chacune à sa place; nul ne peut rejoindre l'autre, à moins de rompre ses racines; mais cela précisément est impossible. Faute de pouvoir se rejoindre, elles délèguent leur parfum et leurs graines; mais la fleur ne peut choisir l'endroit où tombera la graine; c'est là l'oeuvre du vent et le vent va et vient à sa guise: il souffle où il veut. Herman Hesse

... chacun de nous est une île, et que nous n'allons que l'un à l'autre sans jamais être tout à fait l'un et l'autre pour de bon. Gaston Miron

. Je n'avais entendu dans la bouche d'aucun prêcheur ces mots de rassemblement que l'humanité, en inventant les langages, avait dû forger avec ce qui restait de lettres après ceux de guerre, de haine et de violence. Jean-François Beauchemin

. Quand on ne connaît pas le chemin où l'on va
tous les chemins sont bons. Dany Laferrière

. Je crois maintenant que les questions les plus simples ne sont pas seulement celles auxquelles il est le plus difficile de répondre, mais celles qu'il est le plus important de poser. Northrop Frye

. Le mensonge est déjà dans l'oreille de celui qui écoute. Tonino Benacquista

. Nous sommes prêts à croire n'importe quoi plutôt que d'affronter la vérité.
Carlos Ruiz Zafon

. Si tu rencontres une étoile de mer, elle ne t'explique pas l'océan. Antoni Casas Ros

... le bien ne peut pas être organisé, ... on peut seulement règlementer le mal et le généraliser, tandis que le bien n'est jamais qu'une affaire privée, un rapport intime d'homme à homme, rien de plus, et dès qu'on se mêle de l'organiser, on s'engage dans la voie de la fausseté. Toute organisation appelle les puissants de ce monde soit à la supprimer, soit à la détourner à leur profit. Yan Trefulka

. Leur haine me frappait plus que leurs armes. Violette Leduc

. Jusqu'à la fin, nous n'aurons rien appris. Il semble y avoir chez nous tous, au fond de nous, quelque chose de l'ordre du granit, qui résiste à l'enseignement. J.M. Cotzee

. Seuls les gens capables d'aimer passionnément peuvent éprouver de grandes douleurs, mais le même besoin d'aimer leur sert de réactif et les guérit. À ce point de vue, la nature morale de l'homme est encore plus vivace que sa nature physique. Le chagrin ne tue jamais. Tolstoï

. Nous découvrons tous tôt ou tard dans la vie que le bonheur parfait n'existe pas, mais bien peu sont ceux qui s'arrêtent à cette considération inverse qu'il n'y a pas non plus de malheur absolu. Les raisons qui empêchent la réalisation de ces deux états limites sont du même ordre: elles tiennent à la nature même de l'homme, qui répugne à tout infini. Ce qui s'y oppose, c'est d'abord notre connaissance toujours imparfaite de l'avenir; et cela s'appelle, selon le cas, espoir ou incertitude du lendemain. C'est aussi l'assurance de la mort, qui fixe un terme à la joie comme à la souffrance. Ce sont enfin les inévitables soucis matériels, qui, s'ils viennent troubler tout bonheur durable, sont aussi de continuels dérivatifs au malheur qui nous accable et, parce qu'ils le rendent intermittent, le rende du même coup supportable. Primo Levi

. Lorsque, chez un être humain, l'angoisse atteint une certaine intensité, on assiste à une diarrhée de mots. Réjean Ducharme

... il est des gestes auxquels on ne peut pas toujours trouver une explication facile, parfois même il est impossible d'en trouver une difficile. José Saramago

. Les faits sont souvent les pires ennemis de la vérité. Les faits ont tendance à nous masquer la vérité. Amos Oz

. Et ce que l'on croyait loin va se découvrir avoir tout le temps été proche. Gabrielle Roy

. Les gens se comportent comme on les traite. Doris Lessing

. La vie serait insoutenable si nous n'avions pas la capacité d'oublier. Et la vie est insoutenable parce que nous oublions. Jean Barbe

. Quelquefois nous ne faisions que finir le travail que d'autres ont laissé inachevé. Ou commencer un travail que d'autres finiront pour nous. Alessandro Baricco

. Mon nom: offensé; mon prénom: humilié; mon état: révolté... Aimé Césaire

. Celui qui a un «pourquoi» qui lui tient lieu de but, peut vivre avec n'importe quel «comment». Nietzsche

. S'il nous arrive de ne pas marcher au pas de nos compagnons , la raison n'en est-elle pas que nous entendons un tambour différent? Allons suivant la musique que nous entendons quels qu'en soient la mesure ou l'éloignement. Henry David Thoreau

Bonne réflexion et au prochain saut.

mercredi 5 septembre 2012

La dernière S P É C I A L E élections 2012


J'entends rire d'ici ou esquisser un doux sourire de compassion J'entends certains y aller d'affirmations aussi intempestives que caustiques: «Pas fort LE CRAPAUD!»; «Avec ses prédicitions, il peut bien repasser!»; «Lui qui se vantait d'être un spécialiste de politique électorale, on voit ce que ça donne au bout du compte!»; «Il ne me reprendra pas la prochaine fois!»... Sans doute. Mais un instant, décortiquons le tout. Je vous ai toujours dit qu'avec les chiffres on peut affirmer tout et son contraire. Voyons cela de plus près.

LE CRAPAUD vous a fait 15 prédictions - je parle des dernières prédictions - nous les reprendrons une à une et verrons ce qui en est . Je sais que vous n'avez pas vos notes sous les yeux alors je vous rafraîchis la vue.

D E R N I È R E S

P R É D I C T I O N S

LE CRAPAUD annonce:

L'élection d'un gouvernement MINORITAIRE ; 1/1
formé par l'élection de 50 candidat(e)s de la CAQ 1/2

d'une opposition dirigée par le PQ 1/3

composée de 45 candidat(e)s élu(e)s 1/4

la troisième opposition, le PLQ 2/5 (il faudrait plutôt lire deuxième opposition)

avec ses 24 député(e)s 2/6

et les 6 autres proviendront de QS. 2/7



Pour les QUI chefs des principaux partis politiques, LE CRAPAUD prévoit ceux -ci comme étant battus dans leur comnté:

Jean Charest du PLQ dans Sherbrooke 3/8

François Legault de la CAQ dans l'Assomption 3/9

Jean-Martin Aussant de l'ON dans Nicolet-Bécancour 4/10

Claude Sabourin du PV dans Notre-Dame-de-Grâce. 5/11

Pour les QUI chefs ou co-chefs des principaux partis politiques. LE CRAPAUD ceux-ci comme élus dans leur comté:

Pauline Marois du PQ dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré 6/12

Françoise David de QS dans Gouin 7/13

Amir Khadir de QS dans Mercier. 8/14



LE CRAPAUD annonce que le taux de participation dépassera les 70%. 9/15

Au final cela donne 9/15 donc 60%

Regardons de plus près. Si vous comparez les résultats officiels à savoir:

PQ gouvernement minoritaire avec 54 élus dont sa chef qui devient première ministre;
PLQ première opposition avec 50 élus et son chef battu;
CAQ deuxième opposition avec 19 élus dont son chef;
QS, deux élus, les deux porte-parole;
un taux de participation à 74,5%.

Si vous examinez bien les prédictions du CRAPAUD qui prévoyait un gouvernement à 50 élus ( 54 au final ) et une première opposition à 45 ( 50 au final ) alors que la troisième (deuxième) devait en récolter 24 ( 19 au final ) et 6 QS ( 2 au final ) le tout avec un taux de participation de plus de 70% (74,5% au final) deux conclusions s'imposent:

1) dans les deux cas nous arrivons à 125 élus ( facile, je le sais...);

2) LE CRAPAUD a joué sur une marge d'erreur de 4 ou 5; les bons sondages frisent les 3.

Soyez bons joueurs et admettez d'abord que ce n'est pas simple de faire des prédictions et qu'ensuite celles du CRAPAUD, en plus d'être un peu surprenantes, n'ont pas été brouillées par les sondeurs professionnels qui auront un sérieux examen de conscience à faire; en plus de répondre à la question suivante: quelle est la véritable influence des sondages sur la démarche de politique électorale du citoyen branché ou indécis? J'ai bien aimé que l'on ajoute une nouvelle catégorie: les discrets. Et il semble que cette catégorie soit composée de beaucoup, beaucoup de libéraux.

Je ne veux pas écrire sur les événements survenus au Métropolis lors du rassemblement péquiste mais relever une coïncidence. Quelques jours après l'élection de René Lévesque en novembre 1976, le futur premier ministre, revenant d'une soirée chez son vieil ami Yves Michaud au volant de sa voiture, frappait un individu qui allait mourir par la suite. Quelques heures après son élection comme première ministre du Québec, Pauline Marois doit être évacuée d'urgence de la tribune sur laquelle elle s'adressait à ses partisans, un individu armé menant un attentat qui occasionna la mort d'un technicien se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment. Visait-on Madame Marois, voulait-on jouer au Batman dans cette salle remplie de gens? Une telle similitude lors de l'entrée à la même fonction porte-t-elle un signe quelconque?

Et le lendemain, aujourd'hui donc, le chef du PLQ annonce sa démission et son départ de la vie politique. Jean Charest a-t-il tiré une leçon de sa défaite dans Sherbrooke ou a-t-il les yeux sur une autre campagne électorale... fédérale cette fois-ci?

Monsieur Legault. Son possible ex- prochain ministre de la santé défait dans son comté, sa piètre tenue au niveau des résultats, la volonté du peuple québécois de ne pas voir faire «un grand ménage» qui n'aurait de toute façon que soulever la poussière et nous la jeter aux yeux, ces événements seront-ils pour lui un coup de balai vers la sortie? Sincèrement, je souhaite qu'il opte pour cette direction car imaginer l'entendre «lirer» pendant dix ans me donne le goût de décrocher de la politique électorale active. Plus ennuyant, plus inintéressant, plus vide que lui... tu meurs!

Reste nos deux QS que voici réunis par la grâce des votes montréalais de deux comtés côte-à-côte qui ferons leur entrée à l'Assemblée nationale. Je vous prédis qu'il faudra bien les surveiller ces deux-là car à l'intelligence, la pertinence s'ajoute un charisme certain. On les aime et ils nous le rendent bien par un engagement sincère et honnête. Cela révèle aussi un point important qui se dégage de cette campagne: le clivage entre Montréal et le reste du Québec. Je suis assuré que bien des Montréalais croyaient, tout comme LE CRAPAUD, que dans les suites, les retombées du printemps érable, les porteurs du message de gauche allaient être plus nombreux. En bout de piste c'est peut-être Gabriel Nadeau-Dubois qui aura eu raison en déclarant que les élections n'allaient rien changer de fondamental dans notre société. Un autre qu'il faudra suivre de près.


La campagne électorale est maintenant terminée. Elle aura été passionnante, j'espère que vous l'avez appréciée. Je ne sais pas encore s'il y aura des recomptages officiels ou judiciaires, sinon nous verrons le meilleur de la démocratie c'est-à-dire un gouvernement minoritaire devant obligatoirement y aller doucement et collaborer s'il veut vivre quatre ans... Au fait, qu'arrive-t-il si les élections se tiennent à date fixe mais que le gouvernement minoritaire est défait avant? On attend patiemment la date ou quoi? En plus, quelle date sera choisie pour ces élections à date fixe? Tout un débat en vue. Personnellement je propose que le vote s'étende sur une semaine comme cela pas de chicane pour une date fixe. Une semaine de vote au cours de laquelle on ramasserait tout ce qui se fait comme élections à tenir: québécoise, municipale, scolaire. Et on y va gaiement! On en discutera pas bientôt tout comme on ne devrait pas parlementer sur le mode de scrutin lui-même: on mêlerait trop le monde.

Voilà pour LE CRAPAUD qui retourne maintenant à ses petits sauts habituels.

Au prochain saut







vendredi 31 août 2012

SPÉCIAL ÉLECTIONS: on vote mardi!



Allons directement au but. Puisque LE CRAPAUD a fait le serment officiel à titre de secrétaire dans un bureau de vote de ne pas favoriser qui que ce soit et bien d'autres choses, il se voit dans l'obligation de publier aujourd'hui - 31 août 2012 - son dernier SPÉCIAL ÉLECTIONS d'avant les élections.

Vous irez voter mardi prochain à moins que ce ne soit déjà fait.

Vous aurez à choisir (ou vous avez eu à choisir) - je tiens à m'excuser auprès des partis dont LE CRAPAUD ne tient pas compte - entre le PLQ, le PQ, la CAQ, QS, ON et le PV .

Au-delà de 15% des électeurs ont déjà griffonné un bulletin de vote, manifestant ainsi leur confiance, leur mécontentement, leur stratégie, leur indécision, ou officialiser le troc de leur vote envers un des QUI en présence (candidat(e) s officiellement reconnu(e) s par le DGE). En reste donc 85% à qui je m'adresse et à qui je dis solennellement:

1) il faut voter;

2) il ne faut pas vous tromper car impossible d'effacer le petit signe que vous tracerez au bout de la photo et du nom du (de la) QUI que vous souhaitez voir devenir votre député (e);

3) il faut que vous votiez de manière à ce que le lendemain vous ne disiez pas: « j'aurais donc dû! »;

4) pour éviter cela, voici quelques petits conseils:

4.1) vous aimez les campagnes électorales, aimez voter souvent, pas seulement aux quatre ans - n'oubliez pas que LE CRAPAUD écrit sur la politique électorale québécoise - alors vous devez voter de manière à ce que le résultat final se traduise par un gouvernement minoritaire;

4.2) comment doit-on voter pour que le résultat final se traduise par un gouvernement minoritaire?

Simple: consultez une source fiable en laquelle vous avez confiance, voyez ce que cette source fiable en laquelle vous avez confiance prévoit pour votre comté de même que pour le gouvernement, par la suite vous votez pour l'un des autres partis politiques inscrits sur votre bulletin de vote.

Exemple: CAQ dans votre comté et PQ pour le gouvernement selon votre source fiable en qui vous avez confiance, alors vous votez PLQ, QS, ON ou PV; ça marche à tout coup.

4.3) Vous haïssez les campagnes électorales, argumentant que c'est toujours du pareil au même, une perte de temps et d'argent, que vous payez maintenant impôts, taxes, etc. et, de toute manière, devrez continuer à le faire après ;

4.4) comment voter lorsque vous faites partie de la catégorie définie au point 4.3?

Simple: vous faites partie de cette catégorie de gens fort peu intéressés par la politique électorale, alors je vous conseille de ne pas consulter une source fiable en laquelle vous auriez confiance mais plutôt de vous fier à votre instinct du moment.

Exemple: alors que vous entrez dans le OÙ (bureau de vote), vous apprenez qu'il ne vous sera pas possible de voter parce que, n'étant pas intéressé (e) par la politique électorale donc moins informé (e), vous avez oublié votre carton d'électeur ainsi qu'un des cinq documents prouvant votre identité. Vous resortez du OÙ, hurlant que c'est toujours du pareil au même, une perte de temps et d'argent, que de toute façon ce sont toujours les mêmes qui votent.

4.5) Vous êtes indécis si:

ne savez trop si le (la) QUI de votre comté se révèlera un(e) bon(ne) député(e);

ce (cette) QUI fera un(e) bon(ne) premier(ère) ministre(e);

ce parti sera à la hauteur de ses engagements;

cet autre parti exprime vos valeurs;

celui-ci possède tous les atouts pour bien diriger le Québec;

un autre serait en mesure, en cas de gouvernement minoritaire, de bien assumer les responsabilités venant avec la balance du pouvoir entre les mains.

Si vous réunissez plus d'une des conditions mentionnées plus haut, vous êtes vraiment indécis.

4.6) Comment voter si vous êtes indécis?

Simple: d'abord, je tiens à rassurer les électeurs (trices) indécis (es), vous n'êtes pas seul(e)s puisque selon les différents sondages, plus de 20% des inscrit(e)s sur la liste électorale le serait. 20%, c'est presque le 1/5 des appelé(e)s aux urnes. Sans doute ce taux varie-t-il d'un comté à un autre mais LE CRAPAUD va tout de même essayer de vous offrir le meilleur conseil disponible.

Vous êtes indécis? Pour en être certain, répondez à cette première question que vous trouverez sans doute un peu réductrice mais qui devrait vous éclairer: l'indécision dont vous souffrez se situe-t-elle au niveau de votre comté? Au niveau national? Une fois résolue cette interrogation, vous devriez vous sentir un peu moins indécis. On approche de la solution.

La deuxième question - important de suivre le mode d'emploi, question 1 ensuite question 2, etc. - repose sur une introspection personnelle. Dans la vie quotidienne, en dehors des jours de politique électorale, présentez-vous le symptôme suivant: une certaine difficulté à faire des choix? Oui ? Non?

Si la réponse est «oui», vous êtes donc un indécis chronique ce qui se traduit en terme de politique électorale par indécis solide par rapport à un indécis mou. Cette catégorie (les mous) est celle auprès de laquelle les organisateur(trice)s des partis politiques braquent tous leurs efforts lors des derniers jours de la campagne. On devrait normalement vous harceler.

Les solides devront accepter de vivre avec leur problème et souhaiter ardemment que les prochaines élections n'aient lieu que dans quatre ou cinq ans.

Les mous - ceux qui ont répondu «non» à la question numéro 2 - vous risquez d'être interpelés à gauche, à droite ou au centre, et cela jusque dans vos plus inimaginables retranchements. Dans la majorité des comtés, les indécis (solides ou mous) possèdent dans leurs mains, et sans véritablement le savoir, le pouvoir, le vrai pouvoir mais ils hésitent ne sachant pas quoi faire avec.

Le mou votera mais immédiatement après il se retrouvera aux prises à ce grand dilemne existentiel: était-ce vraiment cela que je souhaitais? Était-ce vraiment cela que j'aurais dû faire? Aurais-je ou n'aurais-je pas dû?

Le solide «indécisera» ... et un peu comme le non-intéressé s'en remettra à son instinct du moment mais lui n'aura pas oublier sa carte d'électeur et un des cinq documents prouvant son identité. Certainement l'électeur le plus difficile à cerner, à prévoir...

5) Court résumé: on aime les élections, on n'aime pas les élections ou on est indécis. Facile de conclure que celui qui aime est à gauche, à droite celui qui n'aime pas et l'indécis au centre.

Simple. Mais la politique électorale, c'est beaucoup plus compliquée que cela et LE CRAPAUD n'est pas ici pour en décortiquer tous les ceci/cela/pas ceci/pas cela, plutôt vous inciter à voter et finalement, vous annoncer ses grandes et dernières prédictions en vue de l'élection du mardi 4 septembre 2012. Prédictions dont vous pourrez vérifier les r é s u l t a t s autour de 22 ou 23 heures sur les ondes de Radio-Canada ou TVA.


D E R N I È R E S

P R É D I C T I O N S

LE CRAPAUD prévoit:

un gouvernement MINORITAIRE

formé par l'élection de 50 candidat(e)s de la CAQ

une opposition dirigée par le PQ

composée de 45 candidat(e)s élu(e)s

la troisième opposition, le PLQ

avec ses 24 député(e)s

et les 6 autres proviendront de QS.



Pour les QUI chefs des principaux partis politiques,
selon LE CRAPAUD les battus dans leur comté seront:

Jean Charest (PLQ) dans Sherbrooke

François Legault (CAQ) dans l'Assomption

Jean-Martin Aussant (ON) dans Nicolet-Bécancour

Claude Sabourin (PV) dans Notre-Dame-de-Grâce.


Pour les QUI chefs ou co-chefs des principaux partis politiques,
selon LE CRAPAUD les élus dans leur comté seront:

Pauline Marois (PQ) dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré

Françoise David (QS) dans Gouin

Amir Khadir (QS) dans Mercier.



LE CRAPAUD prévoit un taux de participation d'au-delà de 70%.


À vérifier et à commenter par la suite.
Bon vote.





lundi 27 août 2012

SPÉCIAL ÉLECTIONS: quatrième point


Dans une semaine demain sera le jour J. Quand même surpris de voir à quel point cette campagne électorale aura passé vite! Un coup de vent... certains diront un coup de balai...

Nous entrons donc dans la dernière semaine, celle que j'appelerais «la semaine des pelures de banane» car c'est sans doute la plus périlleuse pour tous les QUI de ce monde électoral. Une erreur peut être coûteuse voire dramatique; un quiproquo peut s'avérer un coup d'épée ( de DÉMOCLES dirait Jean Charest); une incertitude, une hésitation à répondre ou une mauvaise compréhension de la question posée par un(e) journaliste asticieux(se) peut vous assommer (comme Pauline Marois avec ses conservateurs souverainistes); se retrouver au mauvais endroit au même moment qu'un autre (Charest et Legault en même temps en Outaouais, Marois et David dans Gouin par un même dimanche après-midi); des pelures de banane.

Une pelure de banane peut très bien vous servir à la condition d'être celui / celle qui la dépose aux pieds de l'adversaire ou vous nuire si vous ne la voyez pas venir. C'est sans doute pour cette raison que vous ne verrez que les chefs cette semaine. Pas question que Duchesneau fasse un mauvais pas et surtout, il ne faut pas que le Dr Barrette glisse... quel cataclysme cela occasionnerait. Pas question qu'Amir Khadir y aille d'une sortie chevaleresque rendant le combat David/Goliath perdu à l'avance. Encore moins que les purs-et-durs-caribous du PQ entreprennent dès maintenant la collecte du presque million d'électeurs exigé pour la tenue d'un référendum. Parlant référendum, je crois que le PQ a commis une grave erreur: RIP ne signifie pas Référendum d'Initiative Populaire mais bel et bien Requiescat in Pace, un peu comme le référendum sur la souveraineté. Et j'oubliais la première pelure de banane, celle de Jacques Parizeau qui souhaite la ré-élection de Jean-Martin Aussant (ON) dans son comté... Il est le maître en pelure de banane celui-là, toujours bien placée et au bon moment...

En plus des pelures de banane à quoi faut-il s'attendre au cours des 7/8 derniers jours de cette campagne (en ville)?

1) Que l'on vous martèle les slogans:

DEBOUT...
POUR LE QUÉBEC...
À NOUS DE CHOISIR...
SE DONNER UNE VOIX...
C'EST ASSEZ, FAUT QUE ÇA CHANGE...
ON PEUT MIEUX POUR LE QUÉBEC...

Des slogans entre 1 et 6 mots qui se veulent des leitmotiv qui motivent.

2) Des chocs télévisuels:

Jusqu'à maintenant, pas beaucoup de partis politiques ont utilisé les ondes télévisuelles pour passer leur message se disant sans doute que les débats et les face-à-face auront suffi. Non, surveillez bien, ça va frapper fort!

3) Les menaces utilisant l'argumentaire de la peur:

Les Libéraux sortiront tous les démons cachés dans un référendum caché...
Les Péquistes vous avertiront du retour de la crise sociale et du carré rouge si le PLQ est reconduit au pouvoir...
Les Caquistes vous diront que les années à venir seront pleines de statut quo et que le ménage sera encore plus difficile à faire si le PLQ ou le PQ forme le prochain gouvernement...
Les Solidaires ne cesseront de vous rappeler qu'ils ont trois/quatre Amir Khadir en réserve et qu'ils pourraient envahir l'Assemblée nationale même s'ils ne sont pas élus...
Les ONistes nommeront Jacques Parizeau chef de leur parti si vous n'élisez pas Jean-Martin Aussant dans son comté...
Les Verts ... on verra.

4) L'apocalypse d'un gouvernement minoritaire:

Et ceci vous l'entendrez de la part de tous les chefs des partis. Un gouvernement minoritaire, c'est une autre élection à court terme... c'est un autre 78 millions$ dépensés inutilement... c'est donner la balance du pouvoir à un parti qui aura Ottrecueilli moins de votes que les autres...c'est rejouer le scénario connu lors d'élections fédérales pour finir avec un gouvernement majoritairement conservateur et entièrement arrogant.

5) Le mensonge de la campagne électorale:

Vous entendrez tous les chefs crier haut et fort:
ALLEZ VOTER, VOTER EST LE DEVOIR DU CITOYEN, L'ESSENTIEL C'EST DE VOTER...
Alors qu'en eux-mêmes ils pensent: SI VOUS ALLEZ VOTER POUR MON PARTI C'EST BIEN, SINON RESTEZ CHEZ-VOUS...

«le p'tit crapaud de la semaine»

La première dame du Québec, Michèle Dionne, aurait aimé que son mari Jean Charest quitte la politique parce qu'il«avait beaucoup donné». Je crois qu'elle voulait plutôt dire parce qu'il «avait beaucoup reçu».

Prédiction de la semaine

Lundi prochain, 3 septembre, LE CRAPAUD vous fera sa dernière prédiction, l'officielle. Aujourd'hui, à 7/8 jours du scrutin LE CRAPAUD prédit:

Un gouvernement minoritaire
dirigé par la CAQ
avec le PQ comme opposition officielle
un PLQ sans chef, puisque Jean Charest sera défait dans Sherbrooke
une CAQ sans premier ministre, François Legault étant battu dans l'Assomption
un PQ sans chef de l'Opposition, Pauline Marois battue dans Charlevoix-Côté-Beaupré
un QS avec ses deux porte-parole élus dans Gouin et Mercier
et finalement
une ON sans rien, Jean-Martin Aussant perdant son comté de Nicolet-Bécancour.

Ne manquez pas le dernier SPÉCIAL ÉLECTIONS à 24 heures du 4 septembre pour les derniers conseils et la prédiction officielle.

À la prochaine

jeudi 23 août 2012

SPÉCIAL ÉLECTIONS: les débats



Il y a de cela bien des années...
à l'époque, les campagnes électorales (qui ne se tenaient pas seulement dans les villes) il y avait deux partis politiques fort bien identifiés à partir de leur couleur respective (le rouge libéral de l'enfer et le bleu du ciel des conservateurs qui se sont appelés Conservateur ou Union Nationale);
à l'époque du pavage des routes dans les comtés ayant voté du bon bord;
à l'époque où un libéral ne pouvait épouser une bleue;
à l'époque où l'on votait de père en fils puis de père et mère en père et mère pour le même parti;

... et je pourrais vous décliner les belles et uniques habitudes reliées au bipartisme jusqu'ad nauseam, il existait ce qu'on appelait les assemblées contradictoires...

à l'époque où les sondages se faisaient sur le perron de l'église après la messe du dimanche;
à l'époque où un vendu passait d'un parti à un autre pour des raisons stratégiques souvent reliées à de la corruption;
à l'époque où tous les services publics étaient privés;
à l'époque où l'on vendait nos ressources naturelles pour 1 cent la tonne;

... mais je veux revenir sur les assemblées contradictoires.

Je n'ai jamais assisté à de telles assemblées mais je sais qu'elles réunissaient beaucoup beaucoup de monde de chacune des allégeances politiques: le rouge et le bleu ne pouvaient pas se confondre, un candidat s'amusant à pourfendre l'autre non pas à coups de % ou de $ mais de promesses locales, et ça s'achevait tout près de l'empoigne physique.

À cette époque donc, nous avions de véritables débats, vous n'avez pas idée à quel point. On en parlait des jours à l'avance et on en discutait des jours après. Mais personne n'avait changé son opinion ni son capot de bord.

Et aujourd'hui, qu'avons-nous? Non plus des assemblées contradictoires (on se réfugie derrière un petit écran à part ceux qui peuvent se payer un 54 pouces et plus), nous avons droit soit à un débat, soit à un face-à-face. Et pour compliquer davantage la donne, le débat rassemble des chefs ou porte-parole mais pas tous et non plus des candidats QUI s'affrontent OÙ, dans un comté précis, le vôtre. Pourquoi faire simple quand ça peut être compliqué?

Nous avons donc eu l'insigne honneur de pouvoir assister dimanche dernier à un débat ( 4 participants, 2 animatrices, 4 femmes, 2 hommes) sur les ondes partagées de Radio-Canada et Télé-Québec. Et nous étions plus d'un million six cent mille, non pas sur le perron de l'église à la sortie de la messe du dimanche, mais dans notre salon autour de 21 heures, heure de l'est.

4 QUI qui ont 124 autres QUI derrière eux et elles. 4 QUI n'ayant pas le droit à l'erreur. 4 QUI qui se sont pratiqués à l'avance, ont reçu la directive de dire absolument ceci ou cela (et si possible, le répéter ad nauseam) , d'éviter de dire ceci ou cela (et si cela arrive, de faire comme si ce n'était pas arrivé), sourire mais pas trop, écouter mais pas trop, prendre des risques mais pas trop, s'approprier le crachoir et le garder: finalement aucune place à l'improvisation.

Puis ce fut les trois face-à-face, sur les ondes convergentes de TVA: du lundi au mercredi avec changement de fauteuil à chaque fois, ce qui est à mon point de vue la quintescence exemplaire de la neutralité objective. Cette fois la donne change: 3 hommes et 1 femme sur la ligne de départ et une soirée sans femme, donc deux soirées bêtement masculines. Et l'on dit que les échanges les plus virils furent ceux entre une femme et un homme, je vous laisse le choix de deviner le QUI contre QUI.

Je ne souhaite pas entrer dans le vif du débat, proclamer un(e) gagnant(e) pour chacun mais ajouter mon petit grain de sel:

le débat: une gagnante (Françoise David), deux animatrices aux cheveux blonds, un QUI aux cheveux bouclés, un autre QUI avec un petit mouchoir pas de la même couleur que sa cravate et une autre QUI qui a laissé échapper un fort joli «à soir»...

le face-à-face 1: il me semble que les histoires de vieux couple (Marois/Charest) c'est d'une autre époque...

le face-à-face 2: j'ai souvent entendu que l'on pouvait faire dire n'importe quoi à des chiffres: ce débat au cours duquel Charest a démoli Legault en fut un fort bel exemple...

le face-à-face 3: le frère et la soeur devenus ennemis... je me doute que dans leur famille respective on devait, à l'époque, être rouge ou bleu à quelque part, sans jamais l'avoir dit...


«le p'tit crapaud d'la semaine»

Jean Charest alors qu'il s'aventure dans la haute voltige de politique électorale, déclarant qu'un vote pour la CAQ est un vote pour le PQ. Ramené à l'ordre par un organisateur libéral qui dit qu'un vote pour le PLQ est un vote pour le PQ et qu'il faut voter CAQ. Un conseil, vérifier comme il faut le nom du QUI dans le OÙ vous irez voter.

Prédiction de la semaine:

Jean Charest battu dans le comté de Sherbrooke;
François Legault battu dans le comté de l'Assomption;
Pauline Marois battue dans le comté Charlevoix-Côte-de-Beaupré;
Françoise David, élue dans Gouin.

À la prochaine

dimanche 19 août 2012

QUATRE ( 4 ) CENT-TRENTE-HUIT ( 38 )


Vous avez sans doute remarqué à quel point, cet été, les papillons sont nombreux; les tourterelles tristes aussi d'ailleurs. Je peux affirmer avec exactitude qu'ici, en campagne, c'est tout à fait remarquable et combien joli. Ces petits insectes qui poussent parfois leur audace tout près d'une épaule ou d'un bout de doigt m'ont fait me rappeler un poème vietnamien lu quelque part entre Na Thrang et Hué. Je l'ai retravaillé; il donne ceci.


papillon de nuit


Le vent fait de la musique avec les feuilles des arbres
un papillon de nuit, blanc, voltige autour de la fille
dans l’air qui sent la pluie, les ailes du papillon battent
et lentement il se pose sur une main ouverte à la lune

«Tu es seule?» lui demande le papillon de nuit
elle regarde ce petit corps qui ne bouge plus
«Mon Amour est loin d’ici», fut sa réponse
et le papillon de nuit reprit sa ronde autour d’elle

«Il est où ton Amour?» insiste le petit insecte blanc
« Mon Amour vit à deux endroits» lui dit-elle
«Comment peut-il vivre à deux endroits au même instant?»
les yeux de la fille fixèrent le ciel noir comme de l’encre

«Mon Amour vit là-bas, très loin, et vit ici, tout près»
elle vit que le papillon, courte tache blanche dans la nuit,
semblait ne pas comprendre ses mystérieuses paroles
«Il vit au-delà des mers et à l’intérieur de moi»

Le papillon s’envola, au bout d’un court instant
revint vers la fille, couronnant sa tête de boucles
alors que le vent se taisait dans cette nuit étrange
le papillon proposa : «Veux-tu que je lui porte un message?»

«Celui que tu lui porterais, déjà il le connait,
mais si tu réussis à te rendre jusqu’à lui, j’aimerais
que sur sa main tu te poses, longtemps tu y restes,
jusqu’à ce que vers lui je sois revenue.»

Et partit le papillon de nuit, le blanc papillon
le vent soufflait sur ses ailes, souffla encore
tellement que le messager porté par cet élan
arriva là-bas, sur la main de son Amour s’arrêta

Un Amour sourit.

À la prochaine

samedi 18 août 2012

QUATRE ( 4 ) CENT-TRENTE-SEPT (37 )


Il n'y a que la politique dans la vie d'un blogue! Pour meubler l'insoutenable attente des débats, voici ce poème dont l'influence vietnamienne est palpable.


un fil blanc
une femme qui pleure



un fil blanc, long comme un boulevard illuminé, lézarde les yeux
de la femme qui pleure dans son invariable silence de statue de pierre

non, ce n’est pas dans les yeux de la femme qui pleure qu’on aperçoit
le mieux ce fil blanc, mais plutôt à son doigt, tout au bout de son doigt
qu’il allonge finement comme s’il cherchait quelque chose à capter au loin

il ne fouille pas le lointain ce fil blanc qui semble allonger le doigt
de la femme qui pleure, non, il n’a rien de l’appendice, du sémaphore
ce fil blanc qui pernicieusement s’enroule à son poignet, le gauche,
l’enserre comme un bijou, une guipure que le soleil se plait à noircir

la cicatrice à son poignet gauche, rien à voir avec un bracelet de fil blanc
celle que la femme qui pleure cache de sa main droite, une main rouge
comme le sable auquel on aurait mêlé du sang ou plutôt, en fixant bien,
c’est une longue carte toute de veines bleuie qu’elle tend devant elle
qui parle à sa place, qui demande à être lue entre ses lignes blanches

la femme qui pleure, au poignet gauche n’a pas de cicatrice, plutôt
des stigmates recousues au fil blanc, à vif alors qu’elle ne pleurait pas
à ses chevilles tordues par une douleur sauvage, des chaînes en fil blanc
s’amusent à la harceler… les yeux vers les nuages, elle apprendra à pleurer

elle n’a pas de chaînes en fil blanc torsadées à ses pieds, plutôt une longe
retenant son corps en pleurs, clone du gris des trottoirs, du noir des rues
devenue gouttes humides, s’évaporant aussitôt écrasées sur le bitume sec

la femme qui pleure a ligoté ses rêves l’un à l’autre avec un fil blanc
le temps que les larmes nettoient le vide qui peuple son âme désespérée

À la prochaine

mercredi 15 août 2012

SPÉCIAL ÉLECTIONS: troisième point



Le troisième point de politique électorale sur lequel LE CRAPAUD souhaite attirer votre attention - après le QUAND et le QUI - troisième point qui pourrait apparaître comme moins important, plus en retrait, légèrement droite-centre-gauche ( concept politique très difficile à défendre) mais pour autant essentiel: OÙ faut-il exercer notre droit de vote?

La politique électorale n'a rien à voir avec la démocratie, n'étant pour l'espace d'un court mois que la possibilité offerte aux électeurs-électrices québécois-québécoises-de-souche-ou-de-choix, de se faire entendre par écrit, le vote oral étant interdit par la loi: essayer de vous présenter dans un bureau de vote - vous avez ici un indice important du OÙ - en signalant que vous venez placer votre «x» tout à côté des nom, prénom, parti politique de tel ou telle candidat candidate. Vous m'en donnerez des nouvelles. Le manu militari surgira de nulle part et vous vous retrouverez dans la rue, sans casserole ni trompette.

Donc OÙ voter c'est essentiel autant que le QUAND voter et pour QUI voter. Et c'est tellement simple: dans un bureau de vote de votre comté. Voilà donc pour le OÙ. Expéditif peut-être mais chirurgicalement clair.

Passons maitenant aux choses sérieuses, celles qui ont pimenté la campagne électorale entre le 9 et le 16 août.

Vous ne trouvez pas que ça se précise?

On sent chez Jean Charest se dessiner la couleur rouge pâle de celui qui se rend tête baissée vers un abattoir... en s'arrêtant à la cantine Ti-Oui afin de brasser quelques frites à la sauce brune et une nouvelle législation sur le lobbyisme. La seule chose que l'on ne sait pas est la suivante: était-il filé par la Sûreté du Québec qui aurait par la suite interrompu la filature parce que Monsieur Charest se serait adressé à un électeur surpris de le voir en basse campagne. Ou voulait-il simplement s'éloigner de ce Bellemarre qui le pourchasse continuellement pour le mener à sa belle mort?

Chez François Legault, plutôt la main-mise sur tout ce qui entoure son parti (on n'entend plus Jacques Duchesneau, il nous faisait pourtant tellement rire avec ses soubresauts), on ne voit presque plus (et pourtant il est facile à voir) le Dr Barrette, vous savez celui qui fait de l'ombre à son chef lorsqu'on regarde sa pancarte électorale sur un poteau et je suis certain que Monsieur Legault nous prépare le grand coup du: «On ne peut pas tenir nos promesses, le gouvernement libéral ayant laissé les finances du Québec dans un état plus que lamentable.» Il a toutefois, il faut lui donner cela, commencé à économiser en retirant de ses promesses celle du 100$ par enfant qui ne va pas la garderie.

Chez Madame Marois, elle tente de nous faire voir sa texture de premier ministre (ou première ministre, si vous préférez) en cajolant des enfants, en marchant fièrement et résolument, mais surtout en parlant comme une première première-ministre totalement laïque mais surveillée par le crucifix de l'Assemblée nationale. Elle souhaite devenir la première première-ministre de tous les Québécois/Québécoises même les anglophones et les fédéralistes

Du côté de Françoise David/Amir Khadir, je sens qu'il/qu'elle se sentent plafonner malgré la pertinence de leurs propositions de sorte qu'il/qu'elle en sont arrivé à ce paradoxe: voter pour nous et ensuite on votera pour le PQ s'il est monoritaire à l'Assemblée nationale.

La semaine dernière, on a donc beaucoup parlé d'éducation: plus d'heures à l'école, le début du 9 à 5 pour notre jeunesse rêveuse de belle vie et tellement difficile à réveiller le matin.

On a aussi, pas très longtemps, abordé la question de l'amiante, question sur laquelle on a assisté à du grand, du très grand Legault: pas question d'exploiter l'amiante et d'exporter le danger ailleurs, de sorte que la mine Jeffrey (on y retrouve là que de l'aminate) devra se recycler... en quoi, bon Dieu? Peut-être en produits dérivés de l'amiante???

Le grands penseurs politiques voient dans la campagne électorale du PLQ et de la CAQ une certaine similitude dans leur stratégie avec celle qu'a utilisée Stephen Harper. Pensait-on à l'arrivée de la publicité négative? Aux petites promesses quotidiennes faciles à comprendre et qui permettront à l'électeur moyen de sauver au bout de 5 ans la rondelette somme de 25 cents par jour?

À cela j'ai préféré l'idée du troc électoral. Facile: deux électeurs enregistrés sur la liste électorale, qui savent QUAND se tiendra l'élection, qui connaissent le QUI pour QUI ils voteront, mais craignent que leur QUI ne puisse être élu dans leur comté, échangent leur vote. Un exemple pour clarifier ce qui est pourtant si simple: je vote QS dans mon comté parce que le PQ n'a pas de chance d'être élu et tu votes PQ dans le tien parce que le QS n'a pas de chance d'être élu. Mais le DGE n'aime pas cela, il l'a écrit sur Twitter et l'a répété sur facebook.

Dernier petit point: la Loi 101 vue à partir du point de vue CAQ et du point de vue PQ. Une seule chose à dire: comment se fait-il que l'on doive, encore, revenir sur la question du français alors qu'il est la langue officielle du Québec? Il me semble que le Québec c'est l'école, le travail, la santé, la culture, le loisir... c'est tout cela sans restriction. M'enfin...


Le «p'tit crapaud» de la semaine:

François Legault et la belle vie des jeunes...

Prédiction de la semaine:

Minoritaire CAQ opposition PQ et disparition du PLQ chez les francophones.

À la prochaine et n'oubliez pas les débats télévisés de cette semaine auxquels l'ON ne participera pas et QS juste un tout peu, pour le Parti Vert, on verra.

SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3 ) - 17 -

                                                                        La musique japonaise, un après-midi transportant délicatement sa dou...