mercredi 8 août 2012

SPÉCIAL-ÉLECTIONS: second point


Ça va vite... Pas même le temps de commenter la première semaine de l'élection du 4 septembre que nous voilà entrés dans la deuxième qui apporte avec elle de beaux et bons moments!

Certains se diront un tantinet soit peu «tannés» des élections? La raison en est simple, fort simple: tout comme LE CRAPAUD ils ne passent pas la majorité de leurs 24 heures quotidiennes à lire les journaux (soit dit en passant, les journaux gratuits qui ressemblent davantage à des circulaires ne sont pas très explicites sur le sujet), à «pitonner» entre RDI, R-C, LCN, TVA, etc. afin de suivre à la seconde près les hauts et les bas de la campagne qui se déroule surtout en ville. Si vous souhaitez dépasser journaux et télés, je vous conseille quelques sites www: celui du DGE (Directeur général des élections), un autre fort intéressant TOO CLOSE TO CALL (il se spécialise dans l'analyse des sondages et fait des prédictions parfois judicieuses), celui de la firme de sondages LÉGER et finalement sur Facebook, Agenda des militants. Si vous en connaissez d'autres qui vous apparaissent pertinents, faites-le moi savoir.


Mon second point portera sur le QUI. Le premier abordait le QUAND.
Allons-y.

QUI, pronom relatif... enfin je ne crois que cela puisse sensiblement vous émouvoir mais sachez que sans lui, pas d'élections. Sans candidates sans candidats, pas de politique électorale: un euphémisme. Qui sont donc ces candidats et candidates? Un peu trop long de tous les nommer mais sachez que QS compte 47% de femmes, le PLQ, 37% alors que le PQ fait piètre figure avec ses 29%, à peine plus que l'ON à 25 %, c'est la CAQ qui ferme la marche avec 21%. Socio-politico-statistiquement parlant... ça parle!

QUI, le pronom interrogatif... vous le saviez aussi...m'amène à relever de petits détails qui peuvent avoir leur importance:

1) vous avez sans doute remarqué lorsque Jean Charest parle au micro, les QUI de son parti (PLQ) nous envoient de magnifiques sourires... un peu bébêtes ;

2) vous vous rappelez François Legault nous prévenant qu'il allait avoir à ses côtés de gros candidats, parlait-il Dr Barrette ?;

3) Pauline Marois nous a démontré qu'elle est «bollée» en mathématiques car un + et un - ça s'annule: un + connu (Léo Bureau-Blouin) et un - connu (Jean-François Lisée): l'inconnu demeurant le résultat final;

4) QS, de son côté, recrute des QUI qui nous laissent relativement interrogatifs;

5) ON, des QUIdams;

6) pour le Part Vert... QUI vivra verra.

Votre perspicacité habilement titillée vous incite à dire: «LE CRAPAUD oublie l'entrée en scène de Jacques Duchesneau.» et vous avez raison. Ce QUI-là qui est là, il ne faudra pas le négliger et on devra fatalement revenir sur le nouvel Elliot Ness, le M. Net du Québec qui semble avoir le don de laisser tomber des pelures de banane devant lui et glisser dessus par la suite, et pas toujours de manière élégante.

Est-ce important d'être un QUI connu lorsqu'on se lance en politique? Sans doute, mais il semble que les partis politiques ne le savent pas ressentant le besoin d'afficher leurs figures sur les poteaux électriques ou non de chaque comté. Tous sur un poteau différent si possible mais la pénurie de matière première les oblige à partager le même espace. Une importante question se pose alors: qui a la priorité? Par ancienneté, par ordre alphabétique, on ne sait pas trop mais je vous invite à regarder ces QUI immobiles sur leur pancarte et tenter de les nommer par la suite dans l'ordre qui vous voudrez bien.

Un autre petit détail qui peut contenir de grandes choses: tous les QUI sont, sur leur blanche pancarte égayée d'autres couleurs aux couleurs de leur parti, photographiés de face. Aucun de profil. La raison en est fort simple: une question de justice, d'équité puisqu'il n'existe que deux profils - le gauche et le droit pas de profil centre - le DGE n'a pas voulu prendre parti pour un parti ou pour un autre, obligeant tout le monde à regarder tout le monde face à face.


Un autre QUI sème la terreur: Claude Roy, le «col rouge» amuse la galerie avec ses propos racistes.

Je m'en voudrais d'oublier ce QUI, candidat pour la CAQ, spécialiste en divination à partir de «garnottes».

Que dire de tous ces candidats surnommés «poteaux»: il s'agit d'un candidat prête-nom pour un parti politique qui croit ne posséder aucune chance de remporter un comté mais tient absolument à y être représenté sans doute en raison des sous qu'un vote lui rapporte. Le Québec doit retenir une grande leçon de ces candidats-poteaux: la «vague orange» lors des dernières élections fédérales qui apporta avec elle une cinquantaine de députés NPD du Québec vers Ottawa.

Dernier point sur le QUI avant de vous donner ma première prédiction et décerner le titre de «p'tit crapaud» de la semaine. Êtes-vous au courant du nombre de QUI indépendants lors de cette campagne électorale qui se déroule, je vous le rappelle avec une certaine fierté, en ville? Osez un nombre! Moi non plus je ne le sais pas.

Le «p'tit crapaud» de la semaine 1 de la campagne électorale, celle qui s'est étalée entre le 1er et le 8 août 2012:

. unaniment, LE CRAPAUD décerne le titre à Gilles Duceppe pour ses propos à l'endroit d'Amir Khadir. Et ce titre lui vaudra une mise à la retraite de la part du PQ. À vérifier.

Première prédiction:

Un gouvernement minoritaire dirigé par la CAQ avec le PQ comme première opposition.

Au prochain... point!

samedi 4 août 2012

SPÉCIAL: élections québécoises

François Legault (CAQ)
Jean-Marie Aussant(ON)
Amir Khadir/Françoise David (QS)
Pauline Marois (PQ)
Jean Charest (PLQ)


Afin que toutes et tous soient sur la même longueur d'onde, que nous puissions vibrer au son du même diapason, avant de parler j'écrirai ceci: nous irons voter le 4 septembre prochain. Je sais, certaines et certains se verront surpris d'apprendre cela mais comme LE CRAPAUD, et vous le savez chacune et chacun, est un expert électoral dont il ne faut pas négliger, que non, la valeur incontestée de ses prédictions, il compte bien, à un mois de la date fatidique, d'abord abaisser votre niveau de stress puis vous orienter, plus encore vous dire ce qu'il faudra faire lors de la journée du vote afin que par la suite tout puisse se dérouler correctement dans notre Québec post-électoral. Une élection, c'est sérieux.

Ce n'est pas facile pour la commune et le commun des mortels de faire un choix éclairé surtout avec toute cette luminosité inhérente à la saison estivale, mais, ici, vous reconnaitrez tout de go le sens critique, objectif et visionnaire du CRAPAUD qui, par ses analyses en profondeur, la limpide clarté de ses propos lors d'élections subséquentes, vous ont d'abord surpris, puis ébahis et finalement renversés par leur justesse et leur exactitude.

Si vous suivez mes conseils et réussissez à lire entre les lignes de mes propos qui rivalisent facilement en rigueur avec ceux de Claude Poirier, non seulement vous voterez le 4 septembre prochain dans le calme et la sérénité, mais vous aurez cette incommensurable impression du devoir accompli tout comme vous direz aux générations qui forcément suivront: «Moi j'ai voté le 4 septembre 2012 et mon vote éclairé fit une différence.»

Petit rappel avant de députer (pardon, débuter): toutes les prédictions électorales du CRAPAUD se seraient implacablement réalisées si toutes et tous les avaient suivies. Petit rappel à connotation de conseil.

PREMIER point:

. Vous entendez dire à gauche et à droite, peut-être au centre également, qu'une élection générale au Québec en plein été c'est aberrant. Afin que je-tu-il-elle-nous-vous-ils-elles partent sur le même pied (fatalement le gauche ou le droit, au diable le centre), sachons nous rappeler que le 12 septembre (tout de même assez près de notre 4 actuel) nous allâmes aux urnes, nous étions en 1994. Résultat: élection du PQ avec 77 candidats élus, le PLQ en raflait 47 alors qu'un seul membre de l'ADQ se retrouvera à l'Assemblée nationale. Je ne veux pas vous embêter en fournissant la liste des nouveaux députés et celle des malheureux vaincus, mais sachez que la campagne électorale se déroula durant la saison estivale.

Ce n'est pas complet. Il y eut une seconde élection provinciale à peu près dans les mêmes temps, quelques années auparavant, le 25 septembre 1989. Ça faisait donc deux élections estivales en ligne... à la différence que celle de '89 débuta en été et connut son apogée en automne. Lors de cette élection, le PLQ se retrouva avec 92 députés contre 29 pour le PQ - vous remarquez ici le jeu mystérieux des chiffres - et 4 candidats du EP/PE remportèrent la victoire. Pour le bénéfice de votre maladive curiosité, EP/PE = Egality Party.

Nous sommes donc 1 à 1 lors d'élections estivales. Afin de départager regardons les résultats d'une élection se déroulant en période semi-caniculaire: celle du 23 octobre 1973. Sur deux saisons, le PLQ sort gagnant puisque lors de celle-ci il frôle la perfection avec 102 élus contre 6 pour le PQ. À cette époque, l'Assemblée nationale qui ne portait pas ce nom mais plûtôt celui d'Assemblée législative ou Parlement provincial, comptait 110 députés contre 125 pour les élections subséquentes. Pour nourrir votre insatiable besoin de tout savoir, le 2 derniers candidats élus étaient des Créditistes, ceux de l'héroïque période de Camille Samson. Je me demande d'ailleurs s'il est toujours vivant. L'autre, Fabien Roy. Quelle mémoire phénoménale!

Conclusion:

Une élection déclenchée en été et qui s'achève en été, le PQ gagne.
Une élection déclenchée en été et qui s'achève à l'automne, le PLQ gagne.

Comme il serait facile et pour utiliser les mots de Gilles Duceppe fustigeant Amir Khadir, populiste, de prévoir aujourd'hui, un mois avant la tenue du scrutin, une victoire péquiste. La politique électorale est beaucoup plus complexe que cela, le CRAPAUD le sait mais recevoir ces données n'a pour but que de vous informer.

Voilà pour ce premier point que j'ai fort intelligemment, il va sans dire, nommé PREMIER point, les prochains suivront au rythme effréné de la campagne.

D'ici notre prochain rendez-vous, je vous convie à remplir le questionnaire BOUSSOLE ÉLECTORALE sur le site de Radio-Canada. Les résultats sont surprenants vous dit le présentateur et il a entièrement raison. Personnellement je compte le refaire en modifiant mes réponses car le résultat ne me convient pas du tout. Tentez l'expérience vous-même et vous verrez.

Je ne sais pas encore qu'elle sera mon deuxième point sauf que je l'appellerai SECOND point.

À la prochaine

mercredi 1 août 2012

QUATRE ( 4 ) CENT-TRENTE-SIX ( 36 )


La possession, la constatation et la prégnance sont les trois derniers thèmes que je voulais aborder en rapport avec le Vietnam. J'allais dire en lien avec mon voyage au Vietnam mais je me rends compte, quelques mois après, en achevant le bilan que ce ne fut pas complètement un voyage. Ce le fut alors que je me rendais dans d'autres localités, d'autres villes, d'autres régions du pays ou encore à l'extérieur - la Chine - mais ça ne l'était plus quand je demeurais à Saïgon. Je m'entends encore dire, descendant de l'avion ou du bus en provenance de Hué, Hanoï ou de Chine, «Je rentre à la maison!». Je retrouvais Saïgon, l'appartement et la routine quotidienne. C'est dans ce sens là que j'entends la possession: celle des lieux, de l'environnement, en fait de sa situation par rapport aux points cardinaux. Être en possession de, c'est beaucoup se reconnaître, apprécier ce sentiment d'être à la bonne place au bon moment. Ça peut se manifester par des détails insignifiants comme savoir où se trouve le marché, savoir que le bus passera exactement et toujours au même endroit à peu près à la même heure, que tu iras dîner dans un restaurant que tu connais, là où tu risques de retrouver des clients habituels qui te salueront d'un sourire complice.

Le deuxième point, celui que j'appelle la constatation, je pourrais l'associer à l'analyse que tu fais de ta situation à un certain moment donné, au moment où les objectifs de ton voyage se matérialisent carrément comme tu les avais fixés, deviennent la réalité, ta réalité de tous les instants qui n'a plus rien à voir avec celle laissée derrière toi pour un certain nombre de jours et dans mon cas, de mois, alors que celle qui t'habite devient seconde peau. Tu n'es plus un Québécois à part entière - j'y reviens tout de suite afin de mieux expliquer - et pas encore un Vietnamien mais beaucoup plus près de cela. À titre d'exemple je prendrai la crise étudiante. À Saïgon, aucun mot, quelques images sur CNN tout juste après le compte rendu de la situation explosive qui régnait en Syrie et parfois deux mots sur TV5; rien pour me faire réagir ou exiger plus d'informations des gens du pays. Tu essaies de comprendre en faisant des liens, des recoupements avec des situations antérieures mais tu n'es plus dans le contexte. Il te dépasse. Tu as pris possession d'autre chose et tu le constates. Bizarrement, je me préoccupais davantage de ce qui se déroulait en Syrie et beaucoup en Corée du Nord - c'était au moment où le lancement d'un missile était imminent - de même qu'en Chine alors que le début d'une certaine purge politique se tramait. Je rappelle que la majorité de ces informations, je les recevais en anglais... Pas évident!

Le dernier point, possiblement le plus intéressant car il synthétise l'ensemble de ce séjour asiatique: la prégnance. On dit d'une structure prégnante lorsqu'elle s'impose à l'esprit. Dans mon cas, ce qui s'est imposé à mon esprit fut d'abord le fait de littéralement tomber en amour avec Saïgon, une ville qui s'est imprégnée en moi autant que Paris ou Montréal. Une ville comme je les aime mais, en plus, une ville différente des autres. Je suis allé à New York deux fois. À vingt-cinq ans de différence. Le deuxième séjour m'a permis de constater à quel point elle avait changé. Faut dire que j'y étais après le 11 septembre 2001 alors que du premier voyage, je me souviens avoir dit que c'était la «grande ville», la «ville folle», la ville qui émerveille par tous ses superlatifs. Saïgon c'est la ville qui, tous les jours, apportait à mes yeux des émerveillements renouvelés, des «jamais pareils»... Saïgon, jamais tout à fait la même - j'exclus la chaleur - réussissait à se métamorphoser au fil des heures, des couleurs, des odeurs. Et des gens. Saïgon aura été ma plus grande découverte, ma plus chaleureuse amie, d'une entière présence, celle qui s'est offerte à moi dans toute sa splendeur, ses mystères. J'y ai vécu en toute sécurité, jamais ressenti ce désagréable sentiment, ce malaise de ne pas se sentir à sa place, jamais reçu dans le regard des Vietnamiens autre chose qu'un accueil ouvert et généreux. Et c'est pour cette raison que j'y retourne à l'automne prochain - de novembre à mai - y vivre cette fois-ci plus proche encore des Vietnamiens.

Voilà donc pour ce bilan d'un séjour inoubliable et surtout combien invitant à y revenir. Plusieurs endroits au Vietnam me sont encore inconnus que je veux découvrir, tout comme je souhaite passer quelques jours en Thaïlande et au Cambodge. Et surtout, principalement, prendre mon temps qui là-bas se qualifie de zen.



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lundi 23 juillet 2012

QUATRE (4) CENT-TRENTE-CINQ (35)


Est-ce facile, pour vous, de lire de la poésie en plein été?
Avant de répondre, faites le test avec ce poème aller et retour dans lequel vous percevrez certainement une influence vietnamienne. Parlant Vietnam, le dernier volet du bilan entrepris ici devrait arriver bientôt. Le Crapaud, parfois... même souvent, hésite avant de sauter, puis après mille et une tergiversations, il se lance.

aller et retour

son chemin suit la même route
court infini
note sans faute
symphonie mineure du matin

elle marchait
traînant ses savates de pluie
s'arrêtait
aux carrefours crucifiés
déposait le poids des heures fatiguées
personne ne la remarque
quelques casques plombés
guerres oubliées puis reprises
celles de la mémoire
qui ruissellent encore
sur la peau de la femme

aux feuilles des arbres
longs éternels
léger tremblement
symphonie majeure d'après-midi

son chemin de retour
le même encore
croise la lueur du soir
s'harmonise à la nuit
aux cris des sirènes

au bout des étoiles
pâles étouffées
des comètes fulgurantes
hurlent à fendre les têtes
des hymnes mortuaires

et
si elle ne revenait plus
immobile dans sa paralysie
prostrée devant le regard des autres
ceux qui ne savent toujours pas
que la vie est un long aller et retour

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mardi 17 juillet 2012

Dur dur d'écrire...

Tante Madeleine
... et je ne sais trop pourquoi.

Certainement pas en raison de la chaleur - ici, après trois journées au cours desquelles le mercure stationne ou dépasse les 30 degrés Celcius, on parle de canicule - puisque mon système reconnaît illico ce genre de température et s'y adapte rapidement.

Certainement pas en raison du contenu de mes cahiers de lecture qui attendent stoïquement que je les feuillette et y puise quelques petits trésors pour les déposer ici sur LE CRAPAUD... je les remplis actuellement plus vite que je ne les vide.

Certainement pas en raison de l'actualité autant nationale qu'internationale qui foisonne de sujets dans lesquels mordre serait un plaisir.

Certainement pas en raison d'un manque de temps ou d'une mauvaise gestion du temps car mon rythme de vie campagnard - disons plutôt villageois - me permettrait amplement de le faire..

Certainement pas en raison de manque de poèmes à travailler; ils dorment sur un Word quelconque et lorsque je m'y attarde, ça avance.

Alors? Pourquoi est-ce si «dur dur d'écrire»?

Mon ami Mario, l'écrivain professionnel qui a à son actif plus d'une douzaine de romans publiés et besogne actuellement sur deux ou quatre à la fois, s'interrogeant sur des questions littéraires et fondamentales, sur la stylistique ou encore sur le bien-fondé d'écrire ou ne pas écrire, mon ami Mario me rappelle que c'est toujours «dur dur d'écrire» et qu'il faut absolument se discipliner, presque s'astreindre à une rigueur quotidienne, et au-delà de l'écriture automatique, s'obliger à coucher sur un carnet de notes ou sur une page blanche l'expression de ce qui trotte en soi et autour de soi.

Je ne serais donc ni discipliné ni ascétique. J'en conviens. Mais je conviens d'abord que je ne suis pas un écrivain. Plutôt un plumitif. Mais j'aime bien lorsqu'une image me parvient par je ne sais trop quel chemin ou quel détour de route, j'aime bien lui donner une forme écrite, c'est comme si je la dessinais pour mieux la visualiser. Comme le disait Roland Giguère: «Je peins pour parler comme j'écris pour voir.»

Indiscipliné et éparpillé. Je ne peux que me souvenir du pourquoi de ce blogue lancé en septembre 2005 alors que je revenais d'un voyage en Gaspésie complètement bourré de belles choses et de semailles d'histoires, celles du grand-père et des habitants de l'Anse-au-Griffon. Se mêlèrent à celles-ci, les citations de mes cahiers d'écriture, les vieux ainsi que les nouveaux poèmes, par après quelques petites chroniques - je pense à «un carnet d'ivoire avec des mots pâles» - par la suite, celles sur la nouvelle orthographe et les cadavres exquis. Sans oublier les récits de voyages, ceux qui furent brefs et les plus longs. Plus un florilège qu'un blogue. Un florilège d'éléments hétéroclites et éparpillés.

Dur dur d'écrire... Je remarque que lors de certaines commandes de textes pour des événements singuliers, il me faut du temps, beaucoup de temps pour arriver exactement à ce que je désire. J'ai besoin d'un premier jet, de le modifier, le remodifier et à la fin cela donne une dizaine de versions... Et jamais ce n'est tout à fait simple, encore moins facile. Lorsque je me relis, j'ai la vague impression de toujours écrire de la même manière, avec les mêmes tournures.

Nous étions, deux de mes soeurs et un de mes frères, chez la tante Madeleine qui fêtait ses 81 ans la semaine dernière et on se rappelait l'excellente plume que maniait ma grand-mère Turcotte. Elle réussissait, tout en captivant, à nous informer sur tous les membres de la famille - elle s'oubliait toujours - avec une précision à la fois concise et complète. Lire une de ses lettres a toujours été un grand plaisir. Une en particulier qu'elle m'adressait, s'excusant d'écrire si mal à un étudiant universitaire. Pourtant, si elle savait combien j'ai appris de sa façon toute personnelle de tourner les phrases, transcrire des mots et des expressions inconnus du dictionnaire mais utilisés régulièrement dans son Gentilly de pays...

Indiscipliné, éparpillé, mais j'avoue qu'une fois lancé, le rythme vient et je m'amuse... comme aujourd'hui en vous rapportant qu'il est dur dur d'écrire.

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mercredi 4 juillet 2012

QUATRE ( 4) CENT-TRENTE-QUATRE ( 34 )

Alessandro Baricco

2011, sans trop de surprises, n'aura pas été une grande année en terme de lecture. Le grand changement qui a bouleversé la vie du crapaud - déménagement de Montréal à Saint-Pie - aura exigé près de quatre mois de va-et-vient avant que l'installation définitive puisse lui permettre de reprendre un tant soit peu ses habitudes de lecture. Voici quand même la liste de que j'ai lu au cours la dernière année... je sais qu'elle se présente ici autour de janvier ou février mais cette année, et ça sera certainement la même histoire pour l'an prochain, elle arrive en juillet.

Jacques Perec LA DISPARITION

Michael Delisle TIROIR NO. 24

Bertrand Gervais COMME DANS UN FILM DES FRÈRES COEN

Amos Oz UNE HISTOIRE D'AMOUR ET DE TENÈBRES

Jean Genest NOTRE-DAME-DES-FLEURS

Blaise Cendrars L'OR

J.M. Coetzee L'ÂGE DE FER

AU COEUR DE CE PAYS

Gabrielle Roy LA ROUTE D'ALTAMONT

LA MONTAGNE SECRÈTE

Jocelyne Saucier IL PLEUVAIT DES OISEAUX

Atiq Rahini MAUDIT SOIT DOISTOÏVESKI

Doris Lessing LE MONDE DE BEN

MÉMOIRES D'UNE SURVIVANTE

Jacques Benoît JE N'AVAIS QUE ONZE ANS

Jean Barbe AUTOUR DE DÉDÉ FORTIN

COMMENT DEVENIR UN MONSTRE

André Marois SA PROPRE MORT

Sofi Oksanen PURGE

Paul Auster INVISIBLE

Alessandre Baricco CETTE HISTOIRE-LÀ

NOVECENTO: PIANISTE

CHÂTEAUX DE LA COLÈRE

OCÉAN MER

CITY

Daniel Mendelshon SI BEAU, SI FRAGILE

Christian Bobin RESSUSCITER

Rina Lasnier LE JEU DE LA VOYAGÈRE

André Malraux LA CONDITION HUMAINE

Dostoïveski L'IDIOT

Mario Cyr XMAS

31 livres, 24 auteurs.

Et le coup de foudre de 2011? Après Hrabal, Coetzee, Rahini, Jean-François Beauchemin, Benacquista et Perutz, cette année compte-tenu du peu de livres lus, il y en aura qu'un seul, et pas le moindre: ALESSANDRO BARICCO.

L'auteur italien, né à Turin en 1958, est musicologue et homme de théâtre. Son premier roman (CHÂTEAUX DE LA COLÈRE) publié en 1991 lui vaudra le Prix Médicis Étranger (1995). Si vous ne l'avez pas encore lu, ces quelques citations serviront d'hameçon.


. On jouait parce que l'océan est grand, et qu'il fait peur, on jouait pour que les gens ne sentent pas le temps passer, et qu'ils oublient où ils étaient. On jouait pour les faire danser, parce que si tu danses, tu ne meurs pas, et tu te sens Dieu. (Tirée de Novecento-Pianiste)

. On n'a beau s'efforcer de vivre une seule vie, les autres verront mille autres vies dedans, et c'est pour ça qu'on n'arrive pas à faire du mal. (Tirée de Sans Sang)

. Nous sommes tous merveilleux, et nous sommes tous répugnants. (Tirée de Soie)

. Le sexe efface des tranches de vie, on n'imagine pas. C'est peut-être bête, mais les gens se serrent l'un contre l'autre avec cette fureur étrange un peu panique et la vie en ressort toute froissée, comme un billet doux serré au creux d'un poing, caché dans un geste nerveux de peur. Un peu par hasard, un peu par chance, disparaissent entre les plis de cette vie roulée en boule des portions de temps douloureuses, ou lâches, ou jamais comprises. (Tirée de Châteaux de la colère)

. Tous les chemins sont circulaires et ils ne mènent pas quelque part mais à l'intérieur de soi. (Tirée de Cette histoire-là)

. Quand le collectif bouge, quand il fait ce mouvement collectif d'entrer en résonnance avec une oeuvre, c'est que quelque chose d'immense est en jeu. (Tirée de Constellations: Mozart, Rossini, Benjamin, Adorno)

. Tout le reste était encore néant. L'inventer - c'est ça qui était merveilleux. (Tirée de Océan Mer)

. Il soutenait que l'univers était « un match joué sans arbitre » mais à sa manière croyait en Dieu. « C'est un joueur de touche qui laisse passer les hors-jeux ». (Tirée de City)

Pour ceux et celles qui ont aimé l'Iliade d'Homère, Baricco, s'inspirant de la traduction de Maria Grazia Ciani, en a réalisé un texte qu'il a lu en public à Rome et à Turin à l'automne 2004. Je vous invite à lire et relire la dernière partie du livre, celle qu'il a intitulée Une autre beauté Apostille sur la guerre.

Alessandro Baricco nous salue en disant:

Il faut toujours semer derrière soi un prétexte pour revenir, quand on part.


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lundi 2 juillet 2012

N O U V E A U

Préférez-vous ainsi?

Nous allons expérimenter ce nouveau modèle et nous verrons...

À la prochaine

samedi 30 juin 2012

QUATRE ( 4) CENT-TRENTE-TROIS ( 33 )


Un dernier en juin.
Ce poème a peut-être un peu à voir avec les casseroles... ou le bruit que les casseroles ont porté à mes oreilles.

en choeur


en chœur ils disent
crions plus fort
pour que personne
ne nous ignore 

en chœur ils répètent
l’égoïsme n’a pour seul rempart
que celui des autres 

en chœur ils crient
nos mots n’empêchent pas la chaleur d’être chaude,
au jour de succéder à la nuit,
ils rafraîchissent le jour et la nuit

en chœur on les entend dire
les grandes idées
devenues institutions
n’ont plus de sens 

en chœur on les entend répéter
un est un impair 

en chœur on les entend crier
en regardant loin
on marche sur des routes
qui n’ont pas de fin 

en chœur et sans peur on entend
à nos questions les réponses
n’ont pas de langage
pour bien se dire

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mercredi 27 juin 2012

QUATRE ( 4 ) CENT-TRENTE-DEUX ( 32 )


À la réflexion, je me rends compte que d'avoir divisé en quatre étapes distinctes (installation/adaptation; acclimatation; prise de possession; constatation et prégnance), les avoir situées dans le temps (un mois chacune) cela ne tient pas la route. En effet, on doit s'installer selon l'endroit où l'on se trouve et je ne me trouvais pas toujours au même endroit, de sorte que cette étape réapparaissait à chaque moment d'un départ et d'une arrivée. Pour ce qui est de l'acclimatation, je peux réellement dire que j'y suis arrivé à la fin du mois de janvier et que le processus d'adaptation, un travail de tous les jours.

Voici ce que j'entends par «acclimatation»: vivre dans un milieu différent de son milieu d'origine. Ensuite, «adaptation»: se mettre en harmonie avec les circonstances, le milieu dans lequel on se trouve. Finalement, ces deux concepts se sont plus souvent croisés, interpelés et revenus tout au cours du voyage en raison sans doute de l'absence de repères dans l'environnement proche. On avait beau m'expliquer telle coutume, telle habitude, telle réaction, telle manière de faire, je réussissais à les comprendre, mais les intégrer, une autre paire de manches. Tellement facile à dire qu'il est si simple de faire ainsi, de faire comme ça... plus rapide, plus évident! Je crois que tant et aussi longtemps que tu n'es pas en harmonie avec chacune des circonstances, chacun des lieux, que tu ne cesses de comparer un nouveau milieu avec celui de ton origine, tu te trouves encore sur le chemin vers l'adaptation.

On dira... prendre un mois pour s'acclimater ... c'est un peu long. Sans doute. Mais je réalise, en faisant cet espèce de bilan, que vivre à 30 degrés Celcius quasi jour et nuit, modifier sa routine occidentale au niveau des repas et du repos, habituer son oreille à des sons pour certains connus, pour d'autres entièrement nouveaux, à la langue principalement, devoir pour une très bonne partie de ta vie quotidienne t'en remettre à quelqu'un d'autre, il faut se donner le temps, s'armer de patience et faire confiance autant aux autres qu'à soi. Donner le temps à l'horloge biologique d'ajuster son appareil!

Il existe diverses méthodes pour apprendre à nager: le cours progressif avec tous ces niveaux à franchir, les différentes étapes ou encore la méthode radicale, c'est-à-dire que tu te lances à l'eau (ou on t'y jette carrément) et tu te débrouilles pour ne pas te noyer. Par analogie, j'ai opté pour la voie progressive, donc placé en mode observation/questionnement. Je savais que la question du temps ne posait pas problème: j'étais là pour trois mois et les choses n'allaient pas se déplacer à un point tel que je les aurais ratées si je n'allais pas à leur rencontre au cours de la première semaine. Autre élément, mon guide craignant le soleil, les premiers temps, la majorité des activités se déroulaient en fin d'après-midi et en soirée. Par chance, à l'appartement loué dans le District 2, il y avait une piscine où je pouvais me délasser et, sous de magnifiques palmiers, lire à l'ombre sans être absolument dérangé par qui que ce soit, y passer des heures complètement seul. Ce lieu m'aura permis des périodes de repos inoubliables.

Autre élément avec lequel j'ai eu à m'acclimater puis m'adapter: la motocyclette. Ce moyen de transport aura été le plus important que j'aurai utilisé. Je ne reviendrai pas sur son importance à Saïgon qui est incommensurable, mais plutôt sur le fait qu'à titre de passager je devais manifester une totale confiance au conducteur, ne pas lui nuire et maîtriser mes réactions qui, au début, se faisaient nombreuses... Rouler en moto dans Saïgon est une aventure et jusqu'à la fin, une aventure renouvelée. Je me souviens parfaitement qu'au retour d'une visite dans la ville ou d'un restaurant, descendant de la moto je ressentais l'essentiel besoin de me délier les muscles non pas seulement des jambes ou du dos, mais du corps entier. Constamment aux aguets j'avais cette impuissante impression de ne pas pouvoir intervenir afin d'éviter ceci ou d'aider à cela. La moto aura été pour moi une source de lâcher-prise extraordinaire. De confiance et d'aveu d'impuissance. De collaboration aussi, car mon guide me disait comment agir pour faciliter un dépassement ou effectuer tel ou tel type de manoeuvre. J'avoue qu'un mois m'aura été nécessaire avant de pouvoir monter sur l'engin en tout confort. J'avoue aussi que la moto est idéale pour visiter, un peu moins pour prendre des photos, et qu'à notre arrivée dans les différentes villes où nous avons séjourné, elle faisait partie de nos indispensables.

L'acclimatation/adaptation à la nourriture fut rapide et combien agréable. Du début à la fin, se nourrir au Vietnam - que ce soit à l'appartement, au restaurant ou directement à l'extérieur, sur le trottoir - aura été l'occasion de belles expériences culinaires. Je ne peux pas dire la même chose pour la Chine. Il faut toutefois oublier le vin; trop chaud. La bière quand je pouvais en trouver de la froide désaltérait parfaitement bien. Dans je ne sais trop combien de restaurants où nous avons mangé, à Saïgon d'abord, tout était délicieux, frais et rapidement servi. Ailleurs, que ce soit au centre du pays ou plus au nord, les particularités culinaires m'ont ravi. On mange très bien au Vietnam et à des prix qui défient toute concurrence. À l'appartement, mon guide qui s'est avéré un cuisinier hors-pair m'a principalement fait goûter à des spécialités familiales, beaucoup à base de crevettes, calmars et de porc. Partout, légumes et fruits en abondance. Je puis dire que cette acclimatation/adaptation fut agréablement facile.

À la fin du mois de janvier, la chaleur ça allait - seulement un des trois climatiseurs fonctionnait en milieu d'après-midi - la moto aussi, la nourriture parfaitement bien, l'environnement humain (la famille de mon guide et ses amis, les amis des amis) m'est devenu un réseau fiable, je pouvais bouger de plus en plus seul dans Saïgon, les activités entourant le Têt, une occasion supplémentaire de vivre de plus près la vie et la culture vietnamienne, les quelques jours à la mer (Mui Ne) alors que nous y sommes allés par autobus ce qui a permis de découvrir la campagne vietnamienne et des gens plus intimement en raison des autobus-lits, à la fin du mois de janvier je peux vraiment dire que je suis acclimaté. Pour ce qui est de mon processus d'adaptation, il est en mode asiatique.

J'achèverai ces commentaires qui tournent principalement autour de l'acclimatation/adaptation en me posant une question. Y a-t-il des choses auxquelles l'occidental que je suis n'aura pas réussi à s'adapter? Le processus est quotidien, chaque jour apportant son lot d'images qui bousculaient mes schèmes. Il s'agissait parfois de détails insignifiants (les poules qui circulent sur la voie publique en plein coeur de Saïgon), parfois plus saisissants, ici je songe aux différentes illustrations de l'histoire du Vietnam que les musées (de Saïgon) nous appellent à réfléchir. Aussi, voir toutes ces personnes âgées qui travaillent dur et solide, sous un soleil de plomb, sans s'arrêter jamais, mus par une espèce de devoir quotidien où la survie semble en être le moteur. Ces personnes handicapées qui vous offrent des billets de loterie. Ces femmes qui, sur le coup de 17h, sortent de leur maison avec un petit hibachi et cuisent leurs spécialités sur le bord du trottoir. Mais pour répondre directement à la question, je crois qu'une chose avec laquelle j'aurai eu un peu plus de difficulté fut de devoir ralentir mes élans naturels vers les gens sachant que je ne pourrai pas approfondir ni une conversation ni une rencontre. Et à ce niveau, la Chine trône en tête de liste. Dans les deux villes visitées, le contact avec le peuple chinois fut nul. Au Vietnam, plus facile, mais la barrière linguistique était souvent infranchissable.

La prochaine fois, nous verrons ce que j'entends par la prise de possession, la constatation et la prégnance.

À la prochaine




jeudi 21 juin 2012

QUATRE ( 4 ) CENT-TRENTE-ET-UN ( 31 )



chaleur


la terre, dans sa mémoire d’arbre,
retient le vert d’avant la pluie
la chaleur d’avant l’eau


au loin, la tour perce les nuages
les motos-fantômes
- l’une derrière l’autre -
composent une piste de chandelles
rythment entre les flaques liquides
une drôle de farandole
sur laquelle, dans un vent de nuit,
glissent les chauves-souris


la terre, dans sa mémoire d’arbre,
retient le vert d’avant la pluie
la chaleur d’avant l’eau



partout, la chaleur vit, ici et là
sous un arbre, un banc oublié
sur les gerçures humides du vendeur de fruits
les yeux secs de la femme-palanche
celle qui colporte sa croix quotidienne
les pieds noirs des enfants cerfs-volants
la chaleur vit partout, omniprésente
dans les bruits secs, craquants du matin torride


la terre, dans sa mémoire d’arbre,
retient le vert d’avant la pluie
la chaleur d’avant l’eau



au loin, la rivière-serpent sous les ponts
laisse derrière et à côté d’elle
comme autant de vestiges maritimes
les résidus spumeux des sables lointains
rouges encore du sang des immolés
brûlés par la chaleur des siècles
qui, pour mille et une raisons impunies,
rappliquent tel un ressac de feu

la terre, dans sa mémoire d’arbre,
retient le vert d’avant la pluie
la chaleur d’avant l’eau



partout tendues, des mains calcinées
cherchent le ruissellement des gouttes de pluie
fuient la sécheresse des feuilles illuminées de fruits
se joignent à l’ombre avariée des libellules en fuite
alors qu’au bout des doigts tintent les baguettes de bois
dans des bols d’étain qu’une jeune fille récure
fixant par-dessus les paniers de crevettes
un regard d’osier, d’avenirs jaunes et chauds


la terre, dans sa mémoire d’arbre,
retient le vert d’avant la pluie
la chaleur d’avant l’eau


au loin et partout, plus loin encore que le bruit du soleil
au coeur et au centre des fournaises humaines
dans un silence qui fond sous la paresse du matin
la pluie comme de la sueur de chaleur
se répand, à midi elle s’étendra par-delà la sieste
fera craquer les peaux ouvertes et alanguies
dans sa poursuite des autels du repentir
pour retrouver un dragon noyé dans la mer


la terre, dans sa mémoire d’arbre,
retient le vert d’avant la pluie
la chaleur d’avant l’eau


_ Encore une certaine influence vietnamienne...

mardi 19 juin 2012

Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi

19 juin, anniversaire de la naissance de Aung San Suu Kyi. La grande dame (l'orchidée de fer) a pu recevoir en mains propres le Nobel que la Finlande lui avait accordé en 1991. À cette époque, c'est son fils qui s'était présenté afin de le recueillir au nom de sa mère. Maintenant c'est fait. Et ça ne fait que commencer pour elle et le peuple birman.

Voici quelques citations de cette femme hors du commun.

. Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur: la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l'exercent et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime.

. La vérité, la justice et la compassion sont souvent les seules défenses contre le pouvoir impitoyable.

. Nous avons remarqué au cours de cette tournée (dans les différents États de la Birmanie) que partout où la population osait agir politiquement, elle jouissait de plus de droits. Tandis que là où sévissait la peur, sévissait aussi l'oppression. C'est pourquoi, si nous voulons la démocratie, nous devons faire preuve de courage; et j'appelle courage le fait de faire ce que l'on pense juste, même si l'on a peur. La peur est inévitable. Nous devons seulement apprendre à la maîtriser.

. En Birmanie, nous avons tendance à user de la menace pour élever nos enfants. J'aimerais, de tout mon coeur, vous demander de ne pas le faire. Dans notre pays, pour apprendre à nos enfants ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire, nous préférons les menaces aux explications qui leur permettraient pourtant de comprendre par eux-mêmes. Ce type d'éducation à base d'intimidation prévaut au point que nos dirigeants ne cherchent même pas à expliquer ce qu'ils font, et se contentent de recourir à la menace pour maintenir le peuple sous leur domination. Ce comportement fait partie de notre culture, et il nous faut le changer. Enseignons à nos enfants en leur expliquant les choses. C'est de notre responsabilité. Nous avons le devoir de leur apprendre le sens de la justice et de la compassion.

. Il nous faudra travailler très dur pour rattraper toutes ces années perdues, (...) parce que les dictatures n'ont aucun intérêt à l'éducation des peuples et préfèrent les maintenir dans l'ignorance et la soumission.

. La justice n'est pas une vengeance.

. La seule vraie prison c'est la peur et l'unique liberté est la libération de la peur.

. Je ne crois pas dans une lutte armée pour la raison suivante: elle perpétuera la tradition selon laquelle celui qui manie le mieux les armes manie le pouvoir. Même si le mouvement démocratique devait triompher par la force des armes, cela laisserait dans les esprits l'idée que quiconque dispose d'un armement supérieur pourra vaincre en définitive. Cela ne saurait aider la démocratie

SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3 ) - 17 -

                                                                        La musique japonaise, un après-midi transportant délicatement sa dou...