mercredi 9 février 2011

Le trois cent quatre-vingt-seizième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-seizième saut


Andrée Chedid

Nous procéderons à une opération ÉPURATION. J'avoue que le cahier de lecture que je cherche à vider, le cinquième, n'est pas le plus captivant. Il a toutefois l'honnêteté de situer les lectures d'une époque. J'avoue qu'actuellement les nouveaux cahiers ne se remplissent pas à vitesse année-lumière. Je viens d'abandonner la lecture du livre d'Amos Oz (UNE HISTOIRE D'AMOUR ET DE TENÈBRES) et peine sur celui de Jean Genet (NOTRE-DAME-DES-FLEURS), À croire que mes choix de lecture 2011 ne répondent pas entièrement à ce que je cherche.


Revenons donc à ce cahier - PIGNA NATURE ecological paper - et tentons d'y dégoter quelques perles.


. ... on fabrique les surfaces de nos déguisements à même nos peurs. (Jean Bédard)


. Selon David Servan-Schreiber, quels sont les quatre aptitudes sur lesquelles se fondent la maîtrise de soi et la réussite sociale?
1.- L'aptitude à identifier son état émotionnel et celui des autres.
2.- L'aptitude à comprendre le déroulement naturel des émotions.
3.- L'aptitude à raisonner sur ses propres émotions et celles des autres.
4.- L'aptitude à gérer ses émotions et celles des autres.


. Lance un mot et il vole bien plus loin qu'une flèche ou un javelot. Et plus longtemps. (Gérald Messadié)


. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges. (Arthur Rimbaud)


. ... la théorie de l'expérience optimale correspond à l'état dans lequel se trouvent ceux qui sont fortement engagés dans une activité pour elle-même; ce qu'ils éprouvent alors est si agréable et si intense qu'ils veulent le revivre à tout prix et pour le simple plaisir que produit l'activité elle-même et rien d'autre. (Mihaly Csikszentmihalyi)


. Et selon ce même auteur, quelles sont les 8 caractéristiques de l'expérience optimale?

1.- La tâche entreprise est réalisable mais constitue un défi et exige une aptitude particulière.
2.- L'individu se concentre sur ce qu'il fait.
3.- La cible visée est claire.
4.- L'activité en cours fournit une rétroaction immédiate.
5.- L'engagement de l'individu est profond et fait disparaître toute distraction.
6.- La personne exerce le contrôle sur ses actions.
7.- La préoccupation de soi disparaît, mais, paradoxalement, le sens du soi est renforcé à la suite de l'expérience optimale.
8.- La perception de la durée est altérée.


. Voici comment Spencer Johnson distinguent les quatre (4) concepts suivants: réalité/vérité/intégrité/honnêteté.

La réalité, c'est ce qui est, objectivement.
La vérité, c'est une définition de la réalité qui dépend de celui qui la donne: moi ou n'importe qui.
L'intégrité, c'est me dire la vérité. L
'honnêteté, c'est dire la vérité aux autres.


. Il suffit d'être vide, désoeuvré et sans âme pour ne jamais être seul. Telle est la loi que j'avais découverte et vérifiée maintes fois depuis que j'avais rompu avec les habitudes et certitudes d'antan. (Yvon Rivard)


. Intègre et lucide face au peu de singularité qu'il reste en moi sans abuser de la subjectivité comme le font la plupart des littéraires. (Danny Plourde)


. Mais on ne vit qu'un seul instant à la fois, cherchant à retracer les reflets du passé sur notre avenir. La pudeur nous rend prévoyants et dès lors, quelque chose accepte de mourir en nous. (Marc André Brouillette)


. On n'a pas idée de ce qui se hurle dans ce silence. (André Carpentier)


. Le pouvoir, selon Max Weber: «... toute chance de faire triompher au sein d'une relation sociale sa propre volonté, même contre des résistances. Le pouvoir suppose la possibilité de rencontrer des personnes prêtes à obéir.»


. La société est pour nous une prothèse fondamentale qui nous permet de lutter, depuis la liberté, contre le destin. (Fernando Savater)


. ... je sais bien que l'on compromet le bonheur en cherchant à l'obtenir par ce qui doit au contraire n'être que l'effet du bonheur - et que s'il est vrai de penser que l'âme aimante se réjouit de sa soumission volontaire, rien n'écarte plus du bonheur qu'une soumission sans amour. (André Gide)


. Il valait mieux qu'elle ignorât qu'une conflagration de hasards constitue une sorte d'engagement, qu'il y a une routine de l'imprévu. Une conjoncture nous semble unique parce que nous ne sommes pas assez subtils pour discerner qu'elle fait pendant, vêtue de neuf, à un vieux hasard identique... (Colette)


. Aimer quelqu'un est dangereux. Il vaut mieux aimer des roches, qui ne veulent rien savoir de nous. C'est la seule façon de se donner sans avoir peur de se perdre. Haïr est mieux, haïr comme je l'ai fait avec mes frères, est moins dangereux, parce que quand je déteste, j'agis et je me remplis d'une colère que je veux faire arrêter. Les dents serrées, je bouge, j'attaque, je mords. Bref, j'essaie de faire passer ma colère. Alors que quand j'aime, je préfère aller dormir les mains sur quelque chose de chaud. Et c'est pendant ce temps que les malheurs continuent à se faire pousser du poil, juste pour être plus sales et plus tenaces. (Sébastien Chabot)


. J'avais le sentiment de n'être qu'une ombre parmi ces ombres, mais la plus anxieuse, et la plus pitoyable car c'est d'un autre monde qu'elle cherchait le chemin. (Francis Carco)


. Si l'on veut retrouver sa jeunesse, il suffit d'en répéter les erreurs. (Oscar Wilde)


. Ne pas pouvoir réaliser un amour idéal est certes une souffrance. Ne pas pouvoir idéaliser un amour réalisé en est une autre. (Gaston Bachelard)


. ANDRÉE CHEDID est décédée à Paris le dimanche 6 février, à l'âge de 90 ans. Romancière, poétesse, Andrée Chedid était d'origine libanaise née en Égypte et fit de la France sa terre d'adoption, en 1946.

. Partez ensemble, le malheur s'effacera. Ensemble, le malheur s'efface.

. Les mots trichent toujours.

. Des vagues de joie s'éternisent sur le rebord du temps.

. Toute la vie, c'est du cinéma dans la tête!

. C'est la main qu'il faut changer, pas les choses...



Ici
s'emparant peu à peu de la nature
de tout l'oeil
ce joint ce dard cet instant
ce cerne ce scandale ce tumulte
ce non en forme de corps
partie du sol mais différent
séparé mais semblable

l'homme




«un carnet d'ivoire avec des mots pâles»

C A N O P E (nom masculin)
. urne funéraire d’Égypte antique ayant pour couvercle une tête emblématique destinée à contenir les viscères d’une momie.
. ADJ. vase canope


D I C T A M E (nom masculin)
. plante aromatique (labiées) aux feuilles laineuses;
. FIG. POÉT. Adoucissement, baume.



Au prochain saut







mercredi 2 février 2011

Le trois cent quatre-vingt-quinzième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-quinzième saut



Que diriez-vous de recevoir non pas des poèmes en entier mais quelques vers ou strophes puisés ici et beaucoup là?
Tentons-l'expérience.


ton visage a la douceur de qui pense à autre chose
Marie Uguay


entre l'inquiétude et l'indifférence
le poème est insoutenable
Danny Plourde


Les amours demain seront des roches et le Temps
une brise endormie qui vient le long des branches
Federico Garcia Lorca


Et ce fut lorsqu'il vint
un oiseau d'éternité
qui longtemps se changea en crépuscule
Gaston Miron


Et encore l'hiver
et je m'environne
de mon regard blanc
André Frénaud


je n'invente pas d'îles fauves
avec mes gestes de poupée
la soif autour dressée
sans balistique ni métaphore
je serai le dernier couteau
dont vous aurez besoin
Tania Langlais


Ce que l'homme contemple, il croit qu'il le découvre.
Victor Hugo


Les très profondes douleurs ne sont jamais étrangères à l'amour.
Jean-Guy Pilon


tous défaillirent en attendant leur mort, brève
mort quotidienne,
et leur funeste échec de chaque jour était
comme une coupe noire qu'ils buvaient en tremblant
Pablo Neruda


un sourire en écharpe sur un mal d'être
incurable
qui lui donne cette beauté déchirée qui déchire
et rassure
Patrick Straram


La voix des feuilles
Une chanson
Plus claire un froissement
De robes plus claires
Aux plus transparentes couleurs
Hector De Saint-Denys Garneau



«un carnet d'ivoire avec des mots pâles»


B R A S E (É) R O (nom masculin)

. bassin de métal, rempli de charbons ardents, posé sur un trépied, destiné aujourd’hui au chauffage en plein air, à protéger des plantations du gel.



B U C C I N (nom masculin)

. trompette romaine;
. gros mollusque comestible des côtes de l’Atlantique.

- bulot

Au prochain saut







vendredi 28 janvier 2011

Le trois cent quatre-vingt-quatorzième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-quatorzième saut



Tout de même bizarre, je me disais que le voyage à l'automne dernier allait relancer un peu et même beaucoup, c'est ce que je souhaitais, l'inspiration et l'écriture. Il semble que ce ne soit pas le cas. Je travaille actuellement sur un poème - un seul - qui tarde à aboutir. La marionnette d'avance pas d'un millimètre tout comme elle n'a pas avancé depuis... disons, un an ou deux.

Il faudrait - encore un conditionnel - plus de discipline et une meilleure organisation; tout ce qui n'est pas moi. Avec la venue du 400 ième, peut-être se passera-t-il quelque chose! Ou les élections fédérales! Ou un mouvement de rue aussi sérieux et puissant que celui de la Tunisie qui s'étend en Égypte et au Yémen! Ou tout simplement repositionner le blogue. Le changer en page «web». Du nouveau quoi!

C'est aujourd'hui 28 janvier. Il y a 91 ans naissait le paternel Gérard. En faisant un brin de ménage en vue du grand déménagement prévu pour juin prochain - j'en reparlerai bientôt - je suis tombé tout à fait par hasard sur un CD portant le titre suivant: janvier 1990. À sa lecture, j'ai découvert qu'il s'agissait de l'enregistrement transposé sur un autre support électronique de la fête de Gérard - le paternel - à l'occasion de ses 70 ans. On y voit quelques personnalités, telles Gaston Miron dont la voix, malgré le bruit ambiant, réussit parfaitement bien à se faire entendre; François-Albert Angers qui prit la parole afin de rendre hommage à Gérard. Étonnamment, ce fut également lui qui lors des funérailles de Gérard en juillet 1995 dans le sous-sol de l'église Ste-Eugénie de Douville à Saint-Hyacinthe, au nom de la famille nationaliste (la famille bleue) debout sur une table, parla de Gérard. Quelques personnages de la Société Saint-Jean-Baptiste et tous les membres de la famille Turcotte.

L'enregistrement est médiocre au niveau du son et la luminosité insuffisante pour que l'image soit claire et nette, mais c'est quand même un document intéressant.

Toujours dans la cadre de ce ménage pré-déménagement, le DVD du voyage en Gaspésie avec Fleurette - la maternelle - celui de 2005. De très belles images. Cette fois-ci la qualité est présente.

Revenons à ce que nous laisserons sur le crapaud aujourd'hui:

1) une citation de Yvon Rivard dans PERSONNE N'EST UNE ÎLE que le paternel Gérard aurait très bien pu écrire;

2) un cadavre exquis;

3) «un carnet d'ivoire avec des mots pâles».



. J'ai plutôt appelé au secours, et ce sont mes petits-enfants, lâchés libres dans l'espace, qui ont fait pour moi tout le travail. Plus indisciplinés que les roses et les abeilles, ils ne voulaient jamais rentrer, ils n'en avaient jamais assez de l'eau, du sable, du soleil, sans se soucier de l'instant où tout cela leur serait retiré, sans penser qu'un jour tout le visible ne serait plus qu'une image, qu'une émotion, qu'ils ne pourraient plus s'élancer sur cette plage qu'en fermant les yeux. Il ne leur venait pas non plus à l'esprit qu'ils ne devaient pas cueillir plus qu'ils ne pouvaient contenir, plus qu'ils ne pouvaient ramener à la ruche, qu'il ne fallait pas trop s'avancer dans l'espace, dans la joie, dans l'amour, de peur d'y disparaître, d'être à leur tour le miel de quelque abeille géante et invisible. Non, ils jouaient jusqu'à l'épuisement à épuiser le temps et l'espace qui leur étaient donnés, de la même façon qu'ils creusaient ici et là sur la plage des trucs que la mer remplissait au fur et à mesure qu'ils les vidaient. Et c'est ainsi qu'ils ne voyaient pas le temps passer, qu'ils vivaient dans le temps du recommencement, comme si l'univers aussi ne demandait pas mieux que de s'épuiser librement, qui n'avait que faire de l'or dans lequel nous voulions le figer, avait conclu un pacte avec eux: n'essayez pas de me retenir, et c'est moi qui vous porterai jusque dans votre sommeil, ne craignez pas de me gaspiller, de me jeter pas après usage dans le grand trou de la mémoire, et c'est moi qui me souviendrai de vous et vous réveillerai quand vous aurez besoin de moi.



CADAVRE EXQUIS
NUMÉRO 17

ainsi qu’un cheval épuisé en course au bout de son trajet
réhabilitons les inutiles strophe

les mains dans le dos il nous a regardés
cheval menotté
nous oublions de rester… de ne plus nous enfuir

un cheval blanc
vers les nuages froncés
s’accroche à la selle du vent
au loin… deux corbeaux le poursuivent

six heures, tu ne sauras pas dans le vert brun du ciel
si c’est matin ou soir



«un carnet d'ivoire avec des mots pâles»

C O R U S C A N T (adjectif)
. brillant, éclatant.



D É L I N É E R (verbe transitif)
. tracer d’un trait le contour de.



Au prochain saut

dimanche 23 janvier 2011

Le trois cent quatre-vingt-treizième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-treizième saut


Françoise


Certaines personnes arrivent à l’âge de 65 ans… d’autres l’atteignent…

Certaines gens qui regardent certaines personnes de cet âge diront : elles ne paraissent pas 65 ans même si elles les ont…

Certaines personnes, à 65 ans, nous révèlent davantage leur beauté naturelle , leur grandeur d’âme…et certaines gens disent : «comme elles sont belles»…

Ces personnes nous précèdent sur le chemin de la vie, certaines l’illuminent… et c’est leur lumière que voient d’abord certaines gens, avant de marcher vers elles…

Françoise, une certaine personne… nous, certaines gens… Mais avant tout, Françoise est notre grande sœur, notre unique «cocotte»… Elle n’arrive pas, n’atteint pas les 65 ans…elle les transcende …et, la regardant, admiratifs nous nous disons : «comme elle est belle».

Françoise tu es notre plus belle lumière…

Jean Pierre et Claire Jacques et Sylvie Louise Sylvie

lundi 17 janvier 2011

Le trois cent quatre-vingt-douzième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-douzième saut



Un autre décompte... à neuf du quatre-centième... Les mêmes sempiternels questions, inquiétudes et doutes... Ça devient fatiguant à la longue, de sorte que j'ai décidé cette fois-ci que j'allais me diriger tout doucement vers le quatrième siècle (sic) du crapaud sans en parler. Juste là. Une dernière fois. Voilà, c'est fait.


Pour répondre à quelques demandes au sujet des contes ou petites nouvelles qui parfois - en fait ce sont les lecteurs de vieille date qui soulèvent encore ces interrogations - ont été déposés sur LE CRAPAUD, vous avez raison c'est de plus en plus rare, voire occasionnel. Le dernier conte étant celui de l'hiver dernier (UN PEU DE CHANGE S'IL VOUS PLAIT) de plus qu'il devait se retrouver sur le blogue pour Noël, Celui sur lequel je buche présentement, eh! bien c'est encore le même: cette histoire que j'étire sans jamais l'achever, celle de la marionnette. Elle remonte à 2004, faut le faire. Je ne désespère pas; vous non plus j'espère!

Aujourd'hui: quelques citations en lien avec la tragédie de Tucson.

Puis, un autre cadavre exquis et nous terminerons pas un «carnet d'ivoire...».


... les mots sont vite oubliés quand ils ne sont pas suivis d'actions. (Gérald Messadié)


La raison n'a tellement rien à dire lorsqu'elle rencontre brutalement l'humanité barbare. (Jean Bédard)

Certaines paroles rompent les amarres. (Andrée Chedid)

Tout pouvoir est porté à dégrader les êtres sur lesquels il s'exerce. Mais il ne s'éprouve pleinement que s'il se donne en spectacle à lui-même, en recherchant, à l'occasion, la complicité d'un public: alors il débouche tout naturellement sur le sadisme. (Dr Claude Olivenstein)

... c'est curieux comme on pense à la première personne du pluriel dès que la peur nous saisit. (Yvon Rivard)

L'émoi et l'effroi ne font pas bon ménage avec le sang-froid. Lorsque l'horreur frappe, c'est toujours le coeur qu'elle vise en premier. (Yasmina Khadra)

Les armes dorment. Mais la fumée et l'odeur de la poudre prolongent leurs souffles. (Atiq Rahimi)

Je suppose que les révolutionnaires sont ceux qui sont capables d'assumer la brutalité du monde, et de lui répondre avec une brutalité accrue. (Michel Houellebecq)

Mais où que vous puissiez vous élever, mes frères, veillez à ce qu'avec vous ne s'élève un parasite! Parasite, c'est une vermine, rampante, insinuante, qui se veut engraisser en vos recoins malades et meurtris. Et c'est son art de déceler où des âmes qui s'élèvent deviennent lasses; sur votre morosité et votre absence de courage, sur votre tendre pudeur, ils installe son écoeurante niche. Là où le faible est le fort, et bien trop doux le noble - il installe son écoeurante niche; le parasite loge là où le grand a de petits recoins meurtris. (Neitzsche)




CADAVRE EXQUIS
NUMÉRO 16



suivant une ligne droite au bout de laquelle il n’y aura rien
tu te fais douce comme l’eau qui chatouille les roches

à une flaque d’eau atlantique, les pieds enchaînés
elle se retourne et ne voit rien…

les mots, en elle,
se transformaient en images
les mêmes scénarios inutiles

la nostalgie, c’est l’écho du temps qui se fait mélancolique…

il y eut une invitation
et elles furent nombreuses

ensevelies au tombeau des cordages

le geste oublié
sous de folles allures introjectées
derrière l’intersection trace une croix




«un carnet d'ivoire avec des mots pâles»



B R A N Q U I G N O L (nom masculin / adjectif)
. imbécile, fou, loufoque.

B R A Q U E M A R T (nom masculin)
. courte épée à deux tranchants;
. pénis.



Au prochain saut

samedi 8 janvier 2011

Le trois cent quatre-vingt-onzième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-onzième saut

Leo Perutz
Tonino Benacquista

Je vous offre comme depuis trois ans maintenant, la liste des livres que le crapaud a lus en 2010. Vous vous souvenez sans doute qu'à la suite de cette énumération, je vous nommais mes coups de foudre. Il en sera de même cette année et ils iront rejoindre Atiq Rahini, auteur afghan, le tchèque Bohumil Hrabal, Jean-François Beauchemin, un Québécois et finalement l'Africain du sud, J.M. Coetzee, récipiendaire du prix Nobel de littérature 2003.

2010, 54 livres, un peu plus d'un par semaine. Je dois tout de même dire qu'entre le 2 octobre et le 21 novembre - voyage oblige - il y eut comme un arrêt de lecture. Passons à la liste, puis aux coups de foudre.


1) Hubert Aquin
BLOCS ERRATIQUES


2) Jean-François Beauchemin
CETTE ANNÉE S'ENVOLE MA JEUNESSE


3) Baudelaire
LES FLEURS DU MAL


4 à 7) Tonino Benacquista
MALAVITA
MALAVITA ENCORE
SAGA
QUELQU'UN D'AUTRE


8) Joseph Boyden
LES SAISONS DE LA SOLITUDE


9 à 12) J.M. Coetzee
FOE
LE MAÎTRE DE PETERSBOURG
EN ATTENDANT LES BARBARES
DISGRÂCE


13) Guillaume Corbeil
BRASSARD


14 et 15) Mario Cyr
MONO
JUSQU'À ÉPUISEMENT DES STOCKS


16) Réjean Ducharme
L'AVALÉE DES AVALÉS


17) Alain Finkeilkraut
L'IMPARFAIT DU PRÉSENT


18) Juan Garcia
CORPS DE GLOIRE


19) Goethe
LES SOUFFRANCES DU JEUNE WERTHER


20 et 21) Michel Houellebecq - Goncourt 2010 -
LA CARTE ET LE TERRITOIRE
ENNEMIS PUBLICS, Michel Houellebecq / Bernard-Henri Lévy


22 et 23) Michael Ignatieff
L'ALBUM RUSSE
TERRE DE NOS AÏEUX


24) Alexandre Jardin
QUINZE ANS APRÈS FANFAN, ACTE 2


25) Jack Kerouac
SUR LA ROUTE


26) Dany Laferrière
JE SUIS UN ÉCRIVAIN JAPONAIS


27) André Langevin
POUSSIÈRE SUR LA VILLE


28) Violette Leduc
LA BÂTARDE


29) Primo Levi
SI C'EST UN HOMME


30 et 31) Yann Martel
PAUL EN FINLANDE
BÉATRICE ET VIRGILE


32) Catherine Mavrikakis
LE CIEL DE BAY CITY


33) Colum McCann
DANSEUR


34) Marie Ndiaye - Goncourt 2009 -
TROIS FEMMES PUISSANTES


35) Pablo Neruda
CHANT GÉNÉRAL


36) Gérard de Nerval
POÉSIES


37 et 38) Léo Perutz
LE CAVALIER SUÉDOIS
LE MARQUIS DE BOLIBAR


39) Jean-Guy Pilon
COMME EAU RETENUE


40 et 41) Raymond Queneau
L'INSTANT FATAL (précédé de LES ZIAUX)
ZAZIE DANS LE MÉTRO


42) Keith Ridgway
MAUVAISE PENTE


43) Antoni Casas Ros
LE THÉORÈME D'ALMODOVAR


44) Gabrielle Roy
UN JARDIN AU BOUT DU MONDE


45) José Saramago
L'AVEUGLEMENT


46) Nathalie Sarraute
L'ÈRE DU SOUPÇON


47) Jorge Semprun
L'ÉCRITUDE OU LA VIE


48) Rebecca Solnit
L'ART DE MARCHER


49) Jean-Paul Tapie
LE GARÇON QUI VOULAIT ÊTRE JUIF


50) Léon Tolstoï
ENFANCE ET ADOLESCENCE


51) Jan Trefulka
SÉDUIT ET ABANDONNÉ


52) Vercors
LE SILENCE DE LA MER


53) Richard Wright
BLACK BOY


54) Carlos Ruiz Zafon
L'OMBRE DU VENT


Le premier coup de foudre: Tonino Benacquista. Ça se lit comme on lit un best-seller; ça rebondit comme le goût de lire jour et nuit; ça remplit d'imagination. Écrivain et scénariste français, né en 1961, Benacquista est issu d'une famille d'émigrés italiens. Ce dévoreur d'émissions de télévision laisse des études en cinéma pour se lancer dans l'écriture de romans et de scénarios pour le cinéma. Il est co-auteur avec Daniel Pennac du dernier Lucky Luke.



Le deuxième: Léo Perutz. Cet écrivain techèque juif de langue allemande, je l'ai découvert il y a plusieurs années par LE CAVALIER SUÉDOIS que j'ai relu avec autant d'enthousiasme cette année. Il né à Prague en 1882 et meurt en Autriche en 1957. Auteur tout à fait particulier, il allie fantastique et fresque historique avec une grande habileté.



À vous maintenant de regarder ce que vous avez lu en 2010, sans doute cela pourra inspirer vos lectures de la nouvelle année.


Au prochain saut

dimanche 2 janvier 2011

Le trois cent quatre-vingt-dixième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-dixième saut





À l’aube de l’année 2011

je souhaite que mes meilleurs vœux

de santé, bonheur et paix

vous accompagnent tous les jours.

Bonne et heureuse année 2011!





Ce paysage,

à l’endroit ou à l’envers,

n’est qu’une partie

d’un plus grand paysage qui fait le tour de la terre :

l’emploi du temps de la réalité.

Roger Des Roches

mercredi 29 décembre 2010

Le trois cent quatre-vingt-neuvième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-neuvième saut



On se garde toujours un petit secret qu'à la fin, timidement, on dévoile. J'en ai timidement gardé un. En cette fin d'année, il vous est offert: j'entretiens un autre cahier qui n'en est pas un de lecture mais de photos. Oui, de photos découpées dans le journal LE DEVOIR depuis janvier dernier, le 2010; à chaque fois qu'un événement que je jugeais pertinent ou qu'une photo le rapportant me parlait. Ça sera, aussi et un peu, ma revue secrète de l'année. Les voici avec quelques commentaires.


1) Les manifestations en Iran qui ont permis de croire que l'opposition pouvait s'organiser ou tout au moins ébranler le pouvoir. Ce ne fut pas le cas.


2) Les problèmes de la coalition militaire en Afghanistan qui nous démontrent que ce n'est pas sur cette route que se trouve la solution.

3) Les 100 ans du journal LE DEVOIR et toute la magie qui l'a entouré durant cette année 2010.

4) Haïti... son nom seul parle.

5) Le décès de Kate McGarrigle.

6) Le décès de Pierre Vadeboncoeur.

7) Le Darfour: l'ONU estime que ce conflit a fait pas moins de 2,7 millions de déplacés depuis 2003.

8) La grève générale en Grèce: est-ce vraiment à la population de payer pour les profiteurs du système financier?

9) La performance nourrie à l'émotion de Joannie Rochette aux Jeux Olympiques de Vancouver.

10) L'annonce de nouvelles constructions en Cisjordanie par le premier ministre israélien Nétanyahou.

11) Simone Veil entre à l'Académie française.

12) L'attitude provocatrice du SPVM le 15 mars lors de la manifestation contre la brutalité policière.

13) L'année extraordinaire du groupe Karkwa.

14) Le décès du héros de la justice sociale au Québec, Michel Chartrand.

15) Les «Dames en blanc» à Cuba - épouses et mères de prisonniers politiques cubains - obtiennent enfin la permission de manifester dans les rues de La Havane après trois semaines d'interdiction.

16) La marée noire dans le golfe du Mexique.

17) Les «chemises rouges» en Thaïlande et le refus du pays de l'aide offerte par l'ONU.

18) L'inauguration d'une plaque commémorative en mémoire du poète Gaston Miron, au 4451, Saint-André à Montréal où il a vécu de 1957 à 1968. Sans oublier les deux magnifiques albums «Douze hommes rapaillés».

19) Le problème de l'Église du Très-Saint-Nom-de-Jésus dans mon quartier d'Hochelaga-Maisonneuve à Montréal et de son orgue. Problème de vision ou de pognon?

20) Israël et les cargos à destination de la Palestine.

21) Après «J'ai tué ma mère», «Les Amours imaginaires» du jeune cinéaste québécois au talent immense, Xavier Delan.

22) La Coupe du Monde de soccer en Afrique du Sud.

23) Le décès de José Saramago, le Nobel de littérature 1998.

24) Le G8/G20 à Toronto: un autre bel exemple de brutalité policière.

25) Le Dr Julien: privé ou public??? Encore des questions à éclaircir.

26) Les 40 ans de l'expulsion de Forillon.

27) Les inondations au Pakistan.

28) Paris renvoie les Roms en Roumanie.

29) Les 33 mineurs du Chili: en attendant le film qu'Hollywood se prépare certainement à faire.

30) Le gaz de schiste.

31) La loi des mines au Québec dont Richard Desjardins réclame une refonte afin de rétablir un équilibre entre les privilèges consentis aux compagnies et les droits des citoyens et municipalités.

32) 30 ans après l'assassinat de John Lennon.

33) Liu Xiabo absent à la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix: une première depuis 1983.

34) Les révélations de WikiLeaks.

35) 2010, l'année la plus meurtrière en Afghanistan.

36) La tension entre les deux Corée.


36 événements sur la Terre qui me démontrent qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant que les voeux du début de l'année, ceux de bonheur et paix, deviennent notre réalité.

Je termine cette revue de l'année 2010 par une réflexion de J.M. Coetzee:

« Quand des hommes souffrent injustement, ce sont les témoins de leur souffrance qui doivent fatalement en porter la honte.»


Bonne fin d'année

mercredi 22 décembre 2010

Le trois cent quatre-vingt-huitième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-huitième saut



À quelques jours de Noël, je vous offre deux poèmes. Le premier du poète américain Wallace Stevens, le second de Jean-Guy Pilon, poète québécois.

Ils n’ont rien à voir avec la période des Fêtes mais vous verrez, chacun à sa manière peut nous en parler, indirectement.

Bonne lecture et Joyeux Noël.


LE POURQUOI D’UNE IMAGE

Wallace Stevens


Vous l’aimez sous les arbres à l’automne,

Car tout y est à demi-mort.

Le vent se déplace comme un infirme parmi les feuilles

Et répète des mots insensés.


Ainsi étiez-vous heureux au printemps

Avec ses demi-teintes de vie inachevée :

Le ciel légèrement plus clair, les nuages qui fondent,

L’oiseau unique, la lune obscure –


La lune obscure éclairant un monde obscur

De choses jamais tout à fait dites,

Alors que vous-même n’étiez jamais tout à fait vous-même

Et ne désiriez pas ou n’aviez pas à être,


Désirant l’exaltation du changement :

Le pourquoi d’une image, tremblant

Sous le poids du premier midi,

L’A B C de l’être,


Le tempérament de feu, la violence

Du rouge et du bleu, le choc implacable

- acier contre intimation – l’éclair aigu,

Le X vital, arrogant, fatal, impérieux.




L’ESPOIR QUI TRIOMPHE

Jean-Guy Pilon

Là-bas, au fond le plus mystérieux de l’espace, la main et ses doigts émergent des tourbillons énormes de la terre. Puis le corps entier se hisse sur les racines tordues et appelle d’autres corps au-dessus du naufrage.


Soudain, par la couleur appropriée, les visages s’agrandissent et s’élèvent, et les yeux aussi et les mains et les hommes qui reprennent leur place dans ce matin de soleil trop blanc.


Dès lors, l’homme réapprend sa véritable taille au-dessus des choses. Il est roi par son regard et son large front où viennent mourir, comme des vagues, les approches du mal. Domination pour vivre et force patiente de l’intelligence.


Si un jour vous vous égarez dans ces espaces méconnaissables et qu’au seuil du pays où les rochers s’entrechoquent dans l’obstination de la foudre, voyez apparaître une main qui s’élève, n’ayez plus peur, vous serez au pays des géants qui sont vos frères en plus grand.

Au prochain saut

mercredi 15 décembre 2010

Le trois cent quatre-vingt-septième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-septième saut



Fou comme en l’espace de vingt-quatre heures le temps puisse passer du vert au blanc. Sans peu d’avertissement. Comme un coup de fouet.

Il y a quelques jours, je voyais Paris aux informations. Les automobilistes emprisonnés dans leur voiture tout près des Champs-Élysés. Je songeais à la circulation sur le boulevard Ornano ou le boulevard Ney, il y a moins d’un mois. Le concert cacophonique des klaxons. Les virages dangereux que les automobilistes impatients se permettaient afin de sortir d’un embouteillage ou éviter de s’engouffrer dans un bouchon qui pouvait s’étirer sur des kilomètres. Puis, moins d’une heure après, le calme… enfin, un semblant de calme…

Je songeais au Paris connu fin octobre alors qu’il faisait très beau. Celui de novembre alors qu’il pleuvait. Et celui d’il y a quelques jours alors que la neige transformait les marches du Sacré-Cœur en piste de ski.

Les Parisiens ont dû certainement se dire la même chose : fou comme en l’espace de vingt-quatre heures le temps puisse passer… Les Parisiens possèdent cette extraordinaire faculté d’adaptation qui les amène à dire : il pleut, j’apporte le parapluie; il ne pleut pas, je le laisse à la maison. Tout simple, mais qui exprime une philosophie du quotidien basée sur le fait qu’une journée ça tourne autour de vingt-quatre heures et risque de ne ressembler ni à hier ni à demain.

La neige s’accumule sur Montréal; à Paris, sans doute, elle aura disparu tout au plus en vingt-quatre heures. On a mis quelques jours, à Montréal, pour la déplacer, la chasser de nos rues alors qu’à Paris on s’en remettra au soleil ou à un redoux pour la voir disparaitre.

Étrange que nos conversations se calquent sur la météo. On cherche à se souvenir de l’an passé. Y a-t-il eu beaucoup de neige? Combien de tempêtes déjà? Il semble que c’était plus froid. À Noël, il neigeait… je ne m’en souviens plus trop bien. C’est fou ce besoin de comparer. Un besoin qui de toute manière ne changera rien ni à l’an passé ni à cette année.

Si j’avais opté pour un prolongement de mon séjour parisien, je serais revenu le 9 décembre. En fait, le 9 décembre j’aurais été coincé à Roissy, en attente que la neige se calme et que les avions puissent reprendre leur vol. J’aurais vécu une tempête de neige à Paris. J’aurais pu voir les amis parisiens vivre quelque chose ressemblant à ce que je leur racontais dans mes grands élans oratoires sur la neige, ses bourrasques et ce qu’elle laisse derrière elle et qui ne partira que des mois plus tard, dans nos printemps aussi brefs qu’inégaux. En lieu et place, je pense à eux…

Aujourd’hui, je vous offre une deuxième note prise à Paris.

Entre le 11 et le 14 novembre inclusivement, les stations de métro reliant Barbès-Rochechouart et Porte de Clignancourt étaient fermées en raison de travaux de modernisation. Des navettes remplaçaient les wagons du métro. Une fois les travaux achevés, j’avoue ne pas avoir remarqué de transformations évidentes. C’est à la réouverture que cette note m’est arrivé.

SECONDE NOTE

la jeune fille blonde aux bas noirs et striés

lisait ERNESTINE de Sade

dans le métro

assise devant moi

sa jupe grise tranchait un blouson noir

son cou blanc sursautait parfois

lorsqu’elle tournait les pages

alors que ses yeux alors petits devenaient grands

et cela n’avait rien à voir

avec les soubresauts du train

dans le métro Barbès-Rochechouart


«un carnet d’ivoire avec des mots pâles»


B R A D E R I E (nom féminin)

. foire où chacun peut vendre à bas prix des vêtements ou des objets usagés;

. liquidation de soldes en plein air.

B R A I E S (E N) (nom féminin pluriel)

. pantalon ample, en usage chez les Gaulois et les peuples germaniques.

Au prochain saut

jeudi 9 décembre 2010

Le trois cent quatre-vingt-sixième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-sixième saut

Un assez long moment sans parcourir le cahier de lecture, le cinquième. Il est tout à fait particulier, je l’ai déjà dit, puisqu’il contient des notes d’auteurs comme Jean Bédard, David Servan-Schreiber, Gérald Messadié, Jean-Claude Guillebaud, Fun-Chang, Mihaly Csikszentmihalyi, Spencer Johnson, Fernando Savater… Des auteurs qui s’attardent sur des questions philosophiques, sociologiques ou socio-médicales.

J’y puise, en vrac, quelques réflexions, question de reprendre le rythme…

. Écrire, c’est faire étalage de la longueur, de la largeur et de la profondeur de son ignorance et on peut s’y perdre tout entier.

Jean Bédard

. Un roman, c’est l’impossible de l’écriture. Qui peut écrire le roman d’un homme? Qui peut seulement écrire le roman de sa propre vie? On n’arrive jamais à écrire un roman, malgré toutes nos intentions, on ne peut qu’écrire des histoires tronquées, tronquées par les faits ou tronquées par notre imagination. Le roman d’un homme, c’est la vérité de la vie de quelqu’un dans la vie de quelqu’un d’autre, libérée des faits par l’amour.

Jean Bédard

. L’infini de l’eau aussi bien que l’infini du sable noient l’intolérable de la vie dans l’improbable des rêves.

Jean Bédard

. Tout se passe comme si les parties du cerveau cognitif qui contiennent tout le savoir approprié n’arrivaient pas à entrer en contact avec les parties du cerveau émotionnel marquées par le traumatisme, lesquelles continuent d’évoquer les émotions douloureuses.

David Servan-Schreiber

. … le cerveau émotionnel ne désapprend jamais…

David Servan-Schreiber

. En fait, les cicatrices émotionnelles du cerveau limbique semblent toujours prêtes à se manifester dès que la vigilance de notre cerveau cognitif et sa capacité de contrôle fléchissent, même temporairement.

David Servan-Schreiber

. Comme Damasio l’a brillamment expliqué, ce qui donne une direction, un sens à notre existence, ce sont précisément les vagues de ressenti qui affluent de ces sources de vie pour animer notre corps et nos neurones émotionnels. Et c’est en les cultivant, chacune, que nous pouvons guérir.

David Servan-Schreiber

. Le gnosticisme est une philosophie qui reflète une vieille faiblesse de l’esprit humain. Incapable d’imaginer un autre ordre de la nature qui celui qui se présente à lui, et convaincu d’emblée qu’il représente le couronnement de toutes les espèces vivantes, voire de l’univers, l’homme est naturellement enclin à interpréter les échecs de ses entreprises comme injustes. Pareil à l’enfant, qui ne se soucie que de soi, il attribue son infortune à une puissance surnaturelle et maligne qu’il définit comme un méchant dieu. Et, dans sa logique, il déduit que puisqu’il y a un mauvais dieu, il y en a aussi un bon. Bien sûr, il s’identifie au bon, qu’il comble de sacrifices, allant parfois, par ruse naïve, jusqu’à offrir aussi des sacrifices au mauvais, afin de ne pas le rendre jaloux. Il suppose aussi que ses souffrances sont partagées par le bon dieu, comme on le voit si clairement dans Homère, quand les héros tiennent pour acquis que tel ou tel dieu leur est propice, et il est finalement certain que le bon dieu est à couteaux tirés avec le mauvais. Comme nous sommes tous mortels et que nous supposons que la mort est un accident absurde qui n’adviendrait pas si le bon dieu régnait, nous déduisons aussi que, sur terre, le mauvais dieu triomphe toujours du bon. Ce qui signifie que le monde matériel est l’empire du mauvais dieu. Mais comme cette idée est insupportable, nous supposons aussi que, dans le monde invisible, le bon dieu prend sa revanche. C’est ce que font les Juifs. Ils ont admirablement mis en scène les tourments de l’âme.

Gérald Messadié

. Le dessin des événements se répète toujours, et pourtant, les événements, eux, ne se répètent jamais.

Gérald Messadié

. … le bonheur n’est pas quelque chose qui arrive à l’improviste; il n’est pas le résultat de la chance; il ne s’achète pas et ne se commande pas; il ne dépend pas des conditions externes, mais plutôt de la façon dont elles sont interprétées. Le bonheur est une condition qui doit être préparée, cultivée et protégée par chacun. Les gens qui apprennent à maîtriser leur expérience intérieure deviendront capables de déterminer la qualité de leur vie et de s’approcher aussi près que possible de ce qu’on appelle être heureux.

Mihaly Csikszentmihalyi

. … seule la capacité de tirer constamment de l’enchantement à partir de ce que nous faisons peut vaincre les obstacles au bonheur.

Mihaly Csikszentmihalyi

. J’évite l’indécision et les demi-décisions fondées sur des demi-vérités. J’utilise les deux volets d’une méthode fiable afin de prendre des décisions meilleures en permanence : un cœur généreux et une tête froide. J’utilise ma tête en me posant une question pratique et je consulte mon cœur en me posant une question intime. Puis, une fois que j’ai écouté les autres et moi-même, je prends une décision meilleure, et je m’y tiens.

Spencer Johnson

. … au moment de l’action particulière ici et maintenant, c’est celui qui agit qui doit décider ce qui est le plus opportun à chaque occasion concrète, sans se borner à appliquer mécaniquement un précepte ou une norme. Les règles de l’art de vivre, comme celles de n’importe quel autre art, proposent un schème d’orientation qui ne pourra cependant jamais se substituer à la «proairesis» du sujet – pour ainsi dire – à la touche personnelle à travers laquelle il affronte, à un moment précis, l’inimitable et fragile singularité de son existence. Il n’existe pas de science du vivre définie par des axiomes et des lois universellement admises qui puissent s’appliquer aussi bien dans la solitude expérimentale du laboratoire que dans la rue ou dans la jungle, mais il existe en revanche un art où se juxtaposent des traditions mémorables, des fragments de codes anciens, des règles pratiques de comportement et l’inspiration désespérée de l’espoir, à partir duquel ou contre lequel nous agissons lorsque le cas se présente. Autrement dit, du haut de la corde raide où nous faisons de l’équilibre sans filet ou au milieu de cette mer aux courants perfides sur laquelle nous tentons de demeurer à flot, l’expérience acquise et le souvenir de nos meilleurs maîtres sont les bienvenues… mais nous continuerons cependant à dépendre de la prudence de notre esprit, car nous sommes tous seuls.

Fernando Savater

Au prochain saut

SI NATHAN AVAIT SU ... (Partie 3 ) - 17 -

                                                                        La musique japonaise, un après-midi transportant délicatement sa dou...