* Il faut que le jour soit achevé
Pour qu’il soit possible de dire
Combien de temps avons-nous perdu
Combien de temps avons-nous perdu
À quel point la paresse mène la barque
* Il fallait que je t’invite à Vienne
Ce petit hôtel au fond de la rue
T’invite pour y mourir avec moi
Après une valse des valses de Vienne
T’invite pour y mourir avec moi
Après une valse des valses de Vienne
* Il faudra que je vérifie attentivement
Les loups aiment le son du violoncelle
M’as-tu dit et tant de fois répété
Qu’encore maintenant je n’en doute plus
* Que là, il faille reprendre le métro de Prague
De ce côté-ci de la rame puisque toi tu sais
Que ce côté-ci de la rame c’est le bon
Celui qui mène directement à Varsovie
De ce côté-ci de la rame puisque toi tu sais
Que ce côté-ci de la rame c’est le bon
Celui qui mène directement à Varsovie
* Il fallut se pincer le bras, deux fois plutôt qu’une
Afin de s’assurer que Varsovie n’était pas Cracovie
Que le bus pour Auschwitz ne fût pas rempli
Et que tu n’oublies pas ton mouchoir rouge
* Tu me dis que chaque jour est un autre
Différent de celui qui vient de passer
Inquiet pour celui qui s’en vient
Chamboulée par les camps de la mort
Tu me disais, me le répétais tant et tant
La mort se fait silencieuse
À tous ceux à toutes celles
Qui l’attendent derrière les barbelés
Tu m’as dit cesse de chercher les odeurs
Elles ont disparu avec nos souvenirs
La honte les a remplacées
Hurlée par des chiens bergers
*
* Et nous étions dans ce bus rempli
Revenant de la visite aux martyrs
Qui encore et peut-être toujours
S’accrochent à de faux espoirs brûlés
* Ce plus de silence cruel nous ramenait
Dans ce bus bourré d’anonymes silences
Une mouche glissant sur la vitre de la fenêtre
Patinait une valse...celle aux notes inachevées
* Les connais-tu ces mots à rebours
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