Alors ?
À la peur du 13, s'ajoute la peur des hauteurs : l' acrophobie.
Les espaces clos : la claustrophobie.
Imaginons que vous entriez dans l'ascenseur, un chat noir roupille dans un coin tout juste sous le panneau sur lequel vous liriez entre le 12 et le 14, le détestable 13... Je n'ose même pas penser au vertige qui vous assaillirait si déjà y monter fut un acte de courage inouï.
Consolons-nous, un ascenseur qui possède un bouton pour avertir que l’on est arrivé au 13e étage est un cadeau. C'est qu'il y a de fortes chances que vous partagiez l'espace de quelques doux instants la présence d'une femme dont le parfum embaumera le maléfique cubicule.
odeur de femme en espace clos
des mains de pluie agitant un ruban noir
qui glisse, frôle des jambes teintées de sable
caressées par une mer verticale
les algues dans ses cheveux noirs
se meuvent ainsi que des vagues
une broche moirée les retient
une huître calcaire aux yeux fermés
elle parle au miroir qui la multiplie
odeur de femme en espace clos
un homme, vieux, l’aspire pianissimo
il la regarde ne pas le regarder
le silence les porte au milieu du vide
prisonniers en un cube fermé
leurs mains ne se touchent pas
les digitales pressent un bouton
qui s’illumine par fractions
un millénaire après l’autre
odeur de femme en espace clos
emmêlée à la sueur d’un homme
immobile qui éternise ces instants
tel un stérile frangipanier gris blanc
des taches brunes dorment sur sa peau vieille
il les cache aux yeux de la femme
l’espace clos devient moite
la femme à la robe aranéide
bouge au tintement de la porte
moments fugaces parfumés de vanille
le vieil homme les aura imprimés
à même une mémoire fragile
aux autres parfums longtemps oubliés
alors que grimpe, mécanique, l’ascenseur
il monte, seul maintenant, ce prisonnier
à l’âme confuse, au cœur éternel
celui pour qui un parfum de femme
souffle, encore, un vent de jeunesse
22 juin 2017
il arrive à la vie de devoir se mesurer au temps
combat irrégulier
pluie contre gazon mouillé
soleil affrontant un jour froid
lune contre une nuit décharnée
le temps, pubère vie artificielle,
arrache tout sur son passage
les veines bleuies à nos poignets
suivent des routes sans azimut
qu’un inconnu s’amuse à brouiller
le temps et la vie ne sont donnés
qu’à ceux qui savent accepter la mort
aux autres, ce ne sera qu’angoisses
ces rongeurs infatigables
qui effilochent notre continuité
il arrive à la vie de devoir se mesurer au temps
combat irrégulier
pluie contre gazon mouillé
soleil affrontant un jour froid
lune contre une nuit décharnée
26 septembre 2017
Ceci est un « cadavre exquis » mais provenant d'une seule personne.
Le Dictionnaire abrégé du surréalisme donne du cadavre exquis la définition suivante :
« Jeu qui consiste à faire composer une phrase, ou un dessin, par plusieurs personnes sans qu'aucune d'elles ne puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes. »
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