Je nous reviens alors que le Moyen Orient s'embrase, que l'Ukraine gèle sous les bombardements russes...
je m'arrête ici rappelant qu'il existe un classement des conflits - décoder, guerres - actuellement en cours.
On les départage entre :
1) «guerres majeures,
1) «guerres majeures,
celles au cours desquelles 10 000 personnes ou plus sont mortes» : on en dénombre 8
2) «guerres mineures,
2) «guerres mineures,
1000 à 9999 personnes mortes» : on en dénombre 9
3) «conflits armés,
3) «conflits armés,
là où 100 à 999 personnes meurent» : on en dénombre 19
4) «escarmouches ou affrontements,
4) «escarmouches ou affrontements,
lorsque moins de 100 personnes y laissent leur vie» : on en dénombre 9
45 guerres recensées au 2 mars 2026.
200 673 morts en 2025.
45 guerres recensées au 2 mars 2026.
200 673 morts en 2025.
Si vous souhaitez consulter le site qui inventorie tous ces chiffres, voici la référence :
https://wikiland.org/fr/List_of_ongoing_conflicts
Passons maintenant au poème de mon ami Daniel Cyr qui a sur la guerre, un regard éclairé: il la hait, l'abhorre, oui, mais il n'a de cesse de la décrire dans toute sa perfidie avec ses mots résonnant comme une trompette voulant désengourdir notre trop facile laxisme.
Le Grand Cri — Cantique noir contre la Guerre
Ô Guerre, idole d’ombre aux entrailles de braise,
Reine des charniers froids, courtisane mauvaise,
Tu te dresses au seuil des siècles effrayés
Comme un spectre assoiffé de soleils foudroyés.
Tu marches — et le sol se crevasse et s’incline ;
Les cités, sous ton pas, deviennent discipline
De cendres et de cris que nul vent n’apaise.
Ton rire est un éclair dans la gorge des braises.
Tu n’es pas seulement l’acier ni la mitraille :
Tu es la lente nuit qui s’infiltre et qui taille
Dans le cœur des vivants une obscure prison ;
Tu es l’odeur du fer mêlée à la raison.
Tes bombes sont des fleurs de soufre et de vertige
Qui s’ouvrent dans le ciel comme un infernal prodige ;
Elles pleuvent, monstrueuses, sur les toits innocents,
Et la lune en rougit de honte et de sang.
L’enfant — ce frêle dieu aux paupières de sève —
Cherche encore un oiseau dans la poussière brève ;
Mais ton souffle l’arrache aux berceaux du matin,
Et l’azur se fracture en éclats incertains.
Tu parles de victoire avec des lèvres d’ombre ;
Tu promets la lumière au milieu des décombres ;
Mais ton triomphe est creux, ton empire est sans chair :
Il ne règne qu’un vent chargé d’ossements clairs.
Tu dresses des héros comme on dresse des statues,
Masques d’or figés sur des douleurs tues ;
Et la gloire que tu sèmes au fond des cercueils
N’est qu’un parfum amer, un mensonge en deuil.
Ô fléau couronné d’oripeaux stratégiques,
Toi qui changes les peuples en chiffres géométriques,
Tu comptes les vivants comme on compte du blé,
Et tu nommes raison ce qui n’est que sablé.
Je t’ai vue dans la nuit, immense et délirante,
Ivresse de métal, d’orgueil et d’épouvante ;
Je t’ai vue boire au cœur des hommes épuisés
Comme un vampire antique aux regards embrasés.
Mais déjà, sous la cendre où ton règne se love,
Un frisson obstiné, fragile, se renouvelle :
Un battement secret, plus têtu que la peur,
Germe au fond des gravats, dans l’ombre du malheur.
Car l’homme n’est pas fait pour l’éternelle chaîne ;
Il porte en lui l’éclair qui dissipe la haine ;
Il porte, malgré toi, dans son sang tourmenté,
Une obstination claire appelée humanité.
Et viendra l’aube nue, lavée de tes mensonges,
Où les peuples debout, sortis de leurs songes,
Jetteront dans la mer tes drapeaux déchirés
Et briseront tes trônes de fer exaspéré.
Alors ton nom, poussière aux lèvres du silence,
S’effritera dans l’air comme une vieille offense ;
Et sur les champs longtemps souillés par tes clairons
S’ouvrira, sans tambour, la paix des horizons.
Non plus la paix des tombes, immobile et glacée,
Mais la paix vivante, ardente, enlacée —
Où l’enfant relèvera les yeux vers le soleil
Sans craindre que le ciel ne s’ouvre en appareil.
Et le monde, meurtri mais debout dans sa flamme,
Se souviendra de toi comme d’un cauchemar d’âme,
Et murmurera bas, sous l’azur retrouvé :
Plus jamais.
- Daniel Cyr