mardi 10 juin 2008

SAUT: 213



Nous allons franchir bientôt la première moitié de juin... et voici le saut de crapaud qui se laissait attendre.
Il aura ceci de particulier qu'il a épuisé le premier cahier de lecture... Il en reste d'autres, faut pas s'inquiéter.
Bonne lecture.

. Mais à partir de l'instant où nous nous attachons à un être, nous nous accommodons de tout, tant nous craignons de porter atteinte à cette illusion aveugle qu'est l'amour. Cette illusion aveugle nous est parfois si nécessaire que nous la laissons corrompre notre véritable identité.
Shirley MacClaine

. ... le comment des choses n'importe pas, c'est le pourquoi qui compte.
Shirley MacClaine

. L'homme a besoin d'abord d'être reconnu pour se reconnaître.
Colette Portelance

. Attends que j'aie trouvé mon rythme, et tu verras que je passerai plus de temps avec toi que partout ailleurs. Seulement, accepte-moi tel que je suis et laisse-moi le temps.
Robert Louis Stevenson

. L'espace est la première chose que je trouve hors de moi avant de vous rejoindre par la voix ou le geste.
Jean O'Neil

. L'espace me permet de respirer et de vous aimer sans m'abîmer en vous et sans vous abîmer en moi.
Jean O'Neil

. Mais elle était du monde où les plus belles roses
Ont le pire matin
Et chose elle a vécu ce que vivent les choses
L'espace d'un destin
JeanO'Neil

. Il n'y a que ceux qui sont dans les batailles qui les gagnent.
Saint-Just

. Mon âme dans tes mains n'est pas un vain jouet,
Et ta prudence est infinie...
Baudelaire

. Rien ne m'était plus sûr que la chose incertaine.
François Villon

. Tu fuis comme un faon qui tremble...
Pierre de Ronsard

. Et les fruits passeront la promesse des fleurs.
François de Malherbe

. J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir!
Victor Hugo

. Et n'être qu'un homme qui passe
Tenant son enfant par la main...
Victor Hugo

. La poésie veut quelque chose d'énorme, de barbare et de sauvage.
Diderot

Au prochain saut

mercredi 28 mai 2008

SAUT: 212


Pour ce dernier saut de mai, quelques citations qui tournent, contournent et retournent au concept de liberté...

. Retrouver soudain sa liberté ne va pas sans souffrance et sans responsabilités nouvelles.
Shirley MacLaine

. La liberté, c'est l'aptitude à arrêter des choix et à prendre des décisions, et la capacité d'en assumer les conséquences.
Colette Portelance

. C'était un rêve, et ce n'était pas un rêve. C'était la vérité sous les habits du rêve.
Yann Queffélec

. Rien n'est vrai, rien n'est faux, tout est songe et mensonge.
Lamartine

. Un ange en enfer vole dans son propre petit nuage de Paradis.
Maître Eckart

. Je crains moins l'austérité ou le délice des uns que la souplesse des autres.
Saint-Just

. Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité.
Jean Cocteau

. Il faut du temps pour manoeuvrer un bateau une fois qu'il est parti.
Justin Gaarder

. Le monde entier est une scène
Hommes et femmes, tous, n'y sont que des acteurs,
Chacun fait ses entrées, chacun fait ses sorties,
Et notre vie durant, nous jouons plusieurs rôles.
Shakespeare

. What if you slept? And what if, in your sleep, you dreamed? And what if, in your dream, you went to heaven and there plucked a strange and beautiful flower? And what if, when you awake, you had the flower in your hand? Ah!, what then?
Coleridge

. Les outils de l'esprit deviennent des fardeaux quand l'environnement qui les a rendus nécessaires n'existe plus.
Henri Bergson

. Il apparaît qu'un type étrange de chaos peut se cacher derrière une façade d'ordre, et pourtant, au plus profond du chaos se cache un type d'ordre encore plus étrange.
Douglas Hofstadler (pionnier de l'intelligence artificielle)

. Le courage ne dissipe pas l'anxiété. Puisque l'anxiété est existentielle, elle ne peut être dissipée. Mais le courage absorbe en lui l'anxiété de ne pas être... Celui qui ne réussit pas à assumer courageusement son anxiété ne peut réussir à éviter le désespoir qu'en s'évadant dans la névrose. La névrose, c'est le moyen d'éviter de ne pas être en évitant d'être.
Paul Tillich

. Je peux m'accomoder du doute et de l'incertitude. Je crois qu'il est beaucoup plus intéressant de vivre sans savoir que d'avoir des réponses qui risquent d'être fausses.
Richard Feynman

. Être libre, c'est répondre de nos actes, et l'on répond toujours devant les autres, avec les autres comme victimes, comme témoins et comme juges.
Fernando Savater

. ... lorsqu'on nage dans le méthane, on craint les étincelles...
Jean Bédard

. Plus la nuit est noire, plus on peut voir de soleils dans le ciel. Pendant le jour, on ne peut voir que le sien.
Justin Gaarder

. Les pensées déposées sur le papier ne sont rien de plus que la trace d'un passant sur le sable. On voit bien la route qu'il a prise; mais pour savoir ce qu'il a vu sur la route, on doit se servir de ses propres yeux.
Schopenhauer

. Nul n'a jamais écrit ou peint ou sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l'enfer.
Antonin Artaud

. La liberté n'est pas une philosophie, pas même une idée: c'est un mouvement de la conscience qui nous pousse, à certains moments, à prononcer deux monosyllabes, Oui ou Non. Dans leur brièveté instantanée, comme dans la clarté de l'éclair, c'est le signe contradictoire de la nature humaine qui se dessine.
Octavio Paz

. ... personne ne peut être libre à ta place.
Fernando Savater

Au prochain saut

vendredi 23 mai 2008

SAUT: 211



Un mois de mai en dents de froid et de pluie, exactement ce que nous aurions souhaité pour avril mais qui a choisi d'arriver au moment où notre corps et notre âme exigent davantage de soleil et de chaleur. Un mai désiré comme une suite à la plage cubaine, aux couleurs sur la mer, à cette si douce température qu'elle nous pousse à croire que ça pourrait être ainsi tout au long de l'année.

Un mois de mai... trois lettres seulement pour dire le printemps et ses nécessaires retours, éclosions, ses magnolias puis ses lilas qui regardent de haut les tulipes, les crocus et les jacinthes qui osent pointer leur tête hors de la terre encore froide. Des jardins à refleurir, des potagers à bêcher, à nourrir, en qui croire.

Un mois de mai qui cherche une lune plus chaude, plus maternelle, une lune marine.

Un mois de mai...

Les feuilles du bouleau qui s'accaparent de la moitié de ma fenêtre et se confondent à celles de l'érable planté dans le trottoir face à la maison, comme un grand urbain qu'il est, les feuilles du bouleau me rappellent nos messages de l'automne dernier. Les arbres cultivent la mémoire et savent nous chatouiller les yeux afin que le souvenir demeure, collé aux verts des feuilles.

Lui, ce bouleau blanc qui n'a jamais vu la forêt, n'a jamais rêvé d'autre chose qu'à ce soleil derrière la maison venant doucement à sa rencontre en milieu d'après-midi, ce bouleau sait comment attiser les souvenirs. Il n'a qu'à bouger un peu, frétiller je dirais, pour que les couleurs de maintenant rejoignent celles de l'hiver puis celles de l'automne.

Je lui ai donné un nom. Nous sommes les seuls, lui et moi, à le connaître. Il le porte pour deux raisons: la première, parce qu'il est un spécialiste de la couleur et la deuxième, parce qu'il possède la forme d'un glaive tendu vers le ciel. Ce bouleau reflète la couleur, en fait toutes les couleurs autour de lui et il le fait avec une simplicité tellement pure que chacune d'elles conserve son originalité puis s'ouvre aux autres avec grâce et tendresse. Ce bouleau blanc a la forme d'un glaive tendu lorsque sa silhouette court vers le ciel, on n'a qu'à bien regarder pour s'en apercevoir. Voilà pourquoi je lui ai prêté le nom de Federico Garcia Lorca.

Le poète espagnol qui écrivait
«Sur la plage la mer danse
un poème de balcons.»
me permettra sans doute de modifier ses mots
«Sur la vitre le bouleau danse
un poème de balcons.»

Un mois de mai... espagnol et urbain... à travers lequel j'entends cet écho souterrain...




l’écho souterrain


l’écho insolite troue l’espace
une plume d’ange s’enfuit

la rame du métro s’arrête
- personne ne descend -
repart dans le même bruit
celui d’un insolite écho troublant l’espace

le noir souterrain remue
bousculant les murs que la publicité salit
alors que le train, étourdi à suivre des lumières bleues,
se dirige vers le prochain arrêt

rien

que l’écho stationnaire
collé aux portillons qui s’ouvrent
puis se referment dans le silence de cinq heures
un silence bondé de solitudes lasses

rien et un peu moins

un écho qui étourdit les oreilles
qui chiffonne un journal recyclé
qui cherche dans si peu d’espace
celui qu’il empruntera pour se cacher

à nouveau le train s’arrête
retenu par une panne de courant inattendue
l’écho souterrain se dissipe dans l’espace insolite
et sort… underground...
dans un grand soleil d’ange


Au prochain saut

samedi 17 mai 2008

SAUT: 210



C'est entre magnolias et lilas, chère Alice, que vous avez choisi de partir.

C'est entre vos deux filles, debout l'une près de l'autre et près de vous, dans cette douceur d'un printemps arrivant, dans la chaleur d'un jour de mai, que vous avez ouvert les yeux, et les avez, chère Alice, refermés.

Au printemps.

À l'heure du silence.

À cette heure, chère Alice, où tout a lieu entre nous et soi et l'autre, un peu comme si nous savions que ce serait ainsi que cela devait se faire.

Chère Alice, je vous dis au revoir, retenant l'espace d'un instant votre main pour y glisser quelques peines que vous saurez transporter avec vous vers ceux qui savent qu'on ne les oublie pas.

Adieu, chère Alice.

Entre lilas et magnolias.


Le crapaud

samedi 10 mai 2008

SAUT: 209


Aucune idée pouvant expliquer le fait que le crapaud se soit remis à la re-lecture de Kafka. Bon! passer au travers de l'oeuvre de Francis Carco, un auteur qui m'intéressait à une certaine époque (surtout par sa poésie) mais le temps, cet injuste organisateur, m'avait toujours ralenti m'empêchant de me rendre jusqu'au bout, ça peut se comprendre. Mais Kafka? Pour ses images tellement... j'ose dire effrayantes mais je préfère «hyperréalistes» et ce merveilleux don de la question menant à une autre puis une troisième sur des sujets décrits comme un procès-verbal... Pour... je ne sais trop...

Voici quelques citations qui n'ont rien à voir avec ni l'un ni l'autre de ces deux auteurs mais qui feront certainement votre bonheur. Bonne lecture.

. Je crois que nous ne devrions entrer en compétition qu'avec ce que nous avons de meilleur en nous. Shirley MacLaine

. Pour certaines personnes, il est tellement important de faire comme les autres qu'elles se trouvent totalement coupées d'elles-mêmes. Colette Portelance

. D'étape en étape, où le plaisir, où la gêne se combinent et grandissent, ils peuvent lire chacun dans les yeux de l'autre l'expression de leur propre émotion. Point n'est besoin de déclaration. Robert Louis Stevenson

. L'espace est la pause qui rétablit les êtres dans les perspectives que leur a assignées l'univers. Jean O'Neil

. Il ne faut jamais faire de mal aux gens qu'on aime. On le regrette après, quand ils s'en vont. On le regrette toute sa vie. Yann Queffélec

. ... j'ai eu une intuition. C'est dangeureux, les intuitions, c'est pire que du napalm, ça brûle en profondeur, ça se rend jusqu'aux électrodes qu'ils piquent dans l'âme. Jacques Godbout

. On est tous au même niveau, on sert tous à foutre le bordel dans la vie des autres. Stéphane Bourguignon

. Vous n'avez jamais eu besoin de quelqu'un qui puisse enfin vous assurer dans vos propres bottes; et souffert d'attendre, souffert d'avoir, souffert de perdre! Jean Giono

. Dans l'espace de la mémoire, toute chose est à la fois elle-même et une autre. Paul Auster

. Mais en attendant, toute la vie que tu as, que tu auras jamais, c'est aujourd'hui, ce soir, demain, aujourd'hui, ce soir, demain, et ainsi de suite indéfiniment (espérons-le). Tu ferais donc mieux de prendre le temps qui vient et d'en remercier le sort. Ernest Hemingway

. Le temps consolide parfois les choses, mais la plupart du temps, il les use. Yves Beauchemin

. L'inquiétude attire les reproches qui éloignent l'amour, l'inquiétude fronce de rides les passions les plus jeunes. M'aimes-tu encore, à quoi tu penses, pourquoi tu ne téléphones pas, les pauvres questions de l'inquiétude créent, à partir de rien, des monstres qui deviennent réels. Monique Proulx

. Les expériences d'autrui ne sont jamais que des mots et en tant que mots viennent se mêler au flot quotidien de toutes les autres paroles qui, à peine prononcées, perdent aussitôt leur signification. Jan Trefulka

. Il voulait extérioriser son monde intérieur, rien d'autre, son monde intérieur, qu'il trouvait plus merveilleux que tout ce qu'avait à lui offrir le monde extérieur. Patrick Süskind

. Les droits imprescriptibles du lecteur:
1) Le droit de ne pas lire.
2) Le droit de sauter des pages.
3) Le droitde ne pas finir un livre.
4) Le droit de relire.
5) Le droit de lire n'importe quoi.
6) Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
7) Le droit de lire n'importe quoi.
8) Le droit de grappiller.
9) Le droit de lire à haute voix.
10) Le droit de nous taire.
Daniel Pennac


Au prochain saut

dimanche 4 mai 2008

SAUT: 208


La chanson célèbre «On n'a pas tous les jours 20 ans», il faudra modifier le 20 pour 60...

C'est aujourd'hui qu'Om'A, la louve...
Om'A, la poétesse...
Om'A, la mère, la mère-grand et sa mère...
Om'A, la yogi en ski...
Om'A, la remueuse de terre, de fleurs...
Om'A, la bècheuse de mots, l'engagée, l'outaousaise...
Om'A, eh! bien oui, elle a 60 ans.



Un anniversaire qu'elle ne souhaite pas voir souligner en grandes pompes, mais croyait-elle vraiment qu'on puisse le passer sous silence? Comment imaginer du silence pour cette femme de mots, de paroles et de projets. De continuels projets.

En 60 mots - et peut-être un peu plus - te dire, ma chère OM'A toute mon affection, souligner bien modestement ce 4 mai (le quatre est si présent dans ton féminin quotidien, ton féminin mère, mère/ fille et petite-fille) de l'année de grâce 2008...

Je tiens d'abord à te citer (Éloïse, poste restante -Lettres à une enfant disparue):

. L'année vient juste de basculer et je la resasse en revivant ce premier cycle complet sans toi. À jamais finie la ronde des premières fois: première semaine, premier mois, premier printemps. Dis-moi, jusqu'à quand s'entête-t-on à comptabiliser l'absence, à mesurer le vide, à quantifier le manque? Dans quel but? Je sais qu'on fait la même chose avec le bonheur, fêtant les anniversaires et faisant que leur nombre ait des saveurs de victoire. Mais les grandes pertes, dis-moi, pourquoi s'acharner? Est-ce pour se prouver qu'on a survécu au pire, qu'on se rappelle encore, qu'on n'oubliera jamais? Ai-je vraiment besoin de mesurer ma peine et de faire le décompte des jours, pour savoir que ma vie ne reprendra jamais avec autant de souffle et d'innocence puisque tu m'as quittée? Loïse Lavallée,

J'ai cherché dans mes poètes et poétesses préférés afin d'y trouver ce passage, ces soixante mots qui sauraient mieux que moi te dire, te dire comme moi je te vois. Voici ce que j'ai trouvé et que je t'offre.

Le saut de l'ange (Denise Desautels)

Dans mes premiers rêves, un ange venait vers moi, avec une insoutenable douceur, la tête légèrement inclinée, les lèvres souriantes, sa main gauche tendue vers la mienne; puis il s'immobilisait à quelques pas de moi, tenait la pose jusqu'à la fin du rêve, guettant une audace, quelque compromission de ma part qui aurait trompé son attente.

Au fil des ans et de nuit en nuit, sa couleur pâlit, sa forme finit par s'effacer.
Un jour la scène devint noire. Aujourd'hui j'entre dans mes rêves, sans aucune protection contre les mots qui aboient dans le sommeil et s'imposent avec une implacable clarté.

*

L'air circule, bleu et presque trop léger, parmi les oeuvres et les gestes ordinaires.
Après on se déplace naturellement, quelques centimètres au-dessus du sol, comme si la lumière était innée, comme si vivre était enfin palpable.

Je reviens toi, ces deux extraits des Lettres...

. Je ne pensais pas, vois-tu, que la mort s'installait ainsi par étapes, par degrés, qu'elle pouvait prendre un temps interminable à creuser son trou. Loïse Lavallée


. J'ai pourtant peur de ne pas t'avoir suffisamment appréciée lorsque tu étais du même voyage que moi. Si seulement on savait avant la mort de l'autre ce qu'on découvre après. Ou bien est-ce le non-retour qui fait prendre à ce qu'on sait déjà des proportions qui coupent le souffle et les bras? Loïse Lavallée

Je te souhaite un beau soixantième; que cette année te permette d'achever ce que tu as entrepris et d'entreprendre les soixante... projets et plus que tu as en tête.

Affectueusement, Le Crapaud, qui te rappelle cette phrase de notre chère Hélène Grimaud - un concert bientôt, ensemble? - qui disait «j'ai compris que se souvenir, c'est aussi inventer. La mémoire est l'art magique de la composition.»



Au prochain saut!

vendredi 25 avril 2008

SAUT: 207


Le crapaud exige de vous, ce matin, un petit mais alors là un tout petit effort de mémoire. Vous devez vous rappeler qu'en février dernier, le 8 pour me faire plus précis, je publiais un centon (pièce littéraire ou musicale, faite de morceaux empruntés), l'oeuvre d'un de mes amis, poète sur le site Oasis; le titre en était L'Imposture. À ce moment-là, j'avais fait la promesse qu'un second suivrait. Du même auteur, Carmel Lopez. Eh! bien le voici.

Salade composée

1 Voie lactée ô sœur lumineuse,
2 Le ciel est par-dessus le toit.
3 Le rossignol était sans voix
4 Comme le sein d'une amoureuse.

5 Tombe, tombe, feuille éphémère !
6 Marquise, vous souvenez-vous
7 Les couleuvres et les hiboux ?
8 Que se repose le mystère !

9 Dans la pomme d'amour, Clémence,
10 Nul ne viendra verser des pleurs.
11 Ose-t-on croire que ces fleurs
12 Ont déployé leur insolence ?

13 Ô que d'appas en ce visage
14 Tirés comme par un aimant !
15 Mais où sont les neiges d'antan ?
16 Honneur des hommes, saint langage !

17 Beauté des vers, beauté des flammes,
18 Palmes lentes de mes désirs,
19 Saison des fleurs et des plaisirs,
20 Comme l'accord de nos deux âmes.

21 Un gai zéphire les caresse,
22 Dans la plaine les baladins...
23 En verrai-je jamais la fin ?
24 Je plains le temps de ma jeunesse.

25 Ma Muse faible et surannée,
26 Écho grec du sacré vallon
27 Fait d'éponges et de limon,
28 Espoir d'une fertile année,

29 Je ne suis qu'un viveur lunaire.
30 Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
31 Celle que vous idolâtrez.
32 C'est le moment crépusculaire.

33 Mignonne, allons voir si la rose
34 Frôlée par les ombres des morts
35 Sous les pampres de pourpre et d'or...
36 Un poème c'est bien peu de chose.

37 Dans ma cervelle se promène
38 La reine blanche comme lys
39 Et mes yeux clos comme jadis,
40 Noir verrou de la porte humaine !

41 Hyperbole ! de ma mémoire
42 Mais où sont les Lunes d'antan ?
43 Dans un vieux square où l'océan
44 Sème l'azur, l'or et l'ivoire.

45 Mon cœur, il faut perdre la vie
46 Au crépuscule des mes jours.
47 L'art est long et le temps est court
48 Et s'est vêtu de broderie.

49 Malheureux l'homme qui fonde
50 Le geste auguste du semeur.
51 Que me conseillez-vous, mon cœur,
52 La faulx qui luit dans l'eau profonde ?

53 Il est temps que je me repose,
54 Belle âme qui fut mon tombeau,
55 C'est la soif qui a produit l'eau
56 Entre les replis de la rose.

57 J'ai perdu ma force et ma vie
58 Sous la cloche de cristal bleu.
59 Il n'y a pas d'amour heureux
60 Au pays de Papouasie !


Mes éternels remerciements pour leur précieuse collaboration à : pour les vers :

Charles d'Orléans (1394-1465) 23, 48, 51
François Villon (1431- ? ) 15, 24, 38
Pierre de Ronsard (1524-1585) 33
Rémy Belleau (1528-1577) 56
François de Malherbe (1555-1628) 54
Mathurin Régnier (1573-1613) 31
Honorat de Racan (1589-1670) 19, 28
Théophile de Viau (1590-1626) 44
Marc-Antoine de Saint-Amant (1594-1661) 7, 12, 21, 27
Tristan L'Hermite (1601-1655) 13
Georges de Scudéry (1601-1667) 11, 45
Jean Racine (1639-1699) 49
Voltaire (1694-1778) 25, 46
Nicolas-Joseph Florent Gilbert (1751-1780) 10
Charles-Hubert de Millevoye (1782-1816) 3, 5
Victor Hugo (1802-1885) 32, 40, 50, 53
Alfred de Musset (1810-1857) 57
Théophile Gautier (1811-1872) 26
Charles Baudelaire (1821-1867) 14, 37, 47
Stéphane Mallarmé (1842-1898) 41
François Coppée (1842-1908) 6, 20
Charles Cros (1842-1888) 17
Paul Verlaine (1844-1896) 2
Jules Laforgue (1860-1887) 29, 42
Charles Van Lerberghe (1861-1907) 39
Maurice Maerterlinck (1862-1949) 18, 58
Paul-Jean Toulet (1867-1920) 4, 35
Paul Claudel (1868-1955) 55
Paul Valéry (1871-1945) 16
Léon-Paul Fargue (1876-1947) 43, 60
Guillaume Apollinaire (1880-1918) 1, 22, 34
Louis Aragon (1897-1982) 30, 59
Joë Bousquet (1897-1950) 52
Léo Norge (1898-1990) 9
Jacques Audiberti (1899-1965) 8
Raymond Queneau (1903-1976) 36

Admettez que voici un travail particulièrement intéressant.
Merci Carmelo et à un prochain saut.

mardi 22 avril 2008

SAUT: 206


Le crapaud a assisté, dimanche dernier, dans un cinéma montréalais à une représentation de l'opéra de Verdi, La Traviata. D'entrée de jeu, je dois avouer qu'à part l'intérêt de ma Fleurette de mère pour les opéras, ce n'est pas nécessairement ce que je cours. À part Maria Callas, Luciano Pavarotti, les noms de quelques chanteurs, plutôt ténors, le noms de quelques opéras, je me retrouve face à une ignorance consommée.

Assister à La Traviata, en provenance de la Scala de Milan - un reportage durant l'entracte nous a permis d'apprécier la beauté et la magnificence de ce lieu mythique de l'opéra italien où les plus grands de l'art lyrique se sont illustrés - fut autant un événement qu'une surprise. Un événement que la haute définition nous offrait avec des images d'une clarté, d'une pureté et d'une beauté unique. Le son, certainement quadraphonique et plus si cela se fait, nous était rendu comme si nous étions assis aux premières loges de la Scala; loges tout simplement fastueuses d'ailleurs. L'orchestre caché dans son puits était dirigé par le chef Lorin Maazel qui, ma foi, semblait assez bien connaître la pièce... Il fut magistral.

Les chanteurs (soprano Angela Gheorghiu, ténor Ramón Vargas , baryton Roberto Frontali) et les choeurs interprétant cet opéra, qu'humblement j'avoue ne pas connaître alors que dans la salle du cinéma Beaubien où se réunirent 216 personnes, néophytes comme moi et experts comme mes deux voisines qui trépignaient à chacune des notes et voyaient venir la suite des choses avec fébrilité et satisfaction, 216 personnes, c'est-à-dire plein à capacité, qui conservèrent tout au long du spectacle un rigoureux silence, retenait des élans d'admiration mais surtout, savaient très bien ce qui se passait devant eux. À la fin, nous étions toutes et tous debout qui applaudissaient un écran nous renvoyant des artistes exténués mais surtout une foule conquise.

L'opéra La Traviata raconte (chantée évidemment!) l'histoire de Violetta, issue de la Dame aux Camélias du roman d'Alexandre Dumas, mis en livret par un certain Piave et fait partie, j'ai bien écouté ce qu'on nous disait... bien que tout le monde qui affronta les 25 degrés celcius d'un super dimanche après-midi de printemps savait déjà qu'il fait partie d'une trilogie de Verdi: Rigolettto et Il Trovatore en sont les autres.

J'en suis ressorti avec des musiques plein la tête et cette vague impression que l'art lyrique est encore l'apanage d'une certaine élite, exactement ce qui se disait il y a vingt-cinq ou cinquante ans. Comment l'expliquer? Aucune idée, mais je dois avouer que ces deux heures de musique et de chant furent entièrement sublimes.

Tout juste pour votre culture, et sachez bien que cela ne vient pas de moi mais bien des informations transmises sur place, je vous raconte cette histoire qui se déroule à Paris au 19ième siècle (important de ne pas l'oublier).

Alfredo Germont, un jeune homme de bonne famille, tombe éperdument amoureux d’une courtisane, Violetta, lors d’un dîner qui resssemble davantage à un banquet qu'autre chose. Par amour, celle-ci délaisse ses nombreux amants et s'engage dans une folle passion avec Alfredo. Le père d’Alfredo, moralisateur et représentant bien l'esprit bourgeois de cette époque, persuade Violetta d'abandonner son fils. Elle écrit alors une lettre de rupture sans préciser les véritables raisons de la séparation, ce qui a pour effet de rendre Alfredo fou furieux. Violetta est souffrante et la maladie dont elle était atteinte réapparaît, et c'est seule en compagnie de sa femme de chambre que Violetta agonise. Par une lettre de son père, Alfredo apprend qu’elle n’a jamais cessé de l’aimer et que le responsable de leur séparation n’est autre que son père. Furieux et repentant, il accourt auprès de Violetta, mais trop tard : rongée par ce qui semble être la tuberculose, Violetta meurt dans ses bras.

Avant de tomber amoureuse d’Alfredo, Violetta était déjà malade mais ce n’est pas seulement sa maladie qui la fait souffrir. Victime de la société bourgeoise et des principes qui la régissent, elle va mourir, certes mais heureuse comme elle ne l’a jamais été avant, heureuse d’un amour retrouvé et enfin reconnu.

Au cœur de l'œuvre, c'est le sacrifice de Violetta, sacrifice qu'elle accomplit pour satisfaire aux règles de la société bourgeoise de l'époque.

Vous comprenez bien que c'est le chant et la musique qui priment, non l'histoire, mais je vous avoue que de savoir qu'une oeuvre datant des années 1850 soit encore jouée, appréciée et si porteuse de beauté... le crapaud en est bien impressionné.

Et je rêvais à Fleurette, l'indomptable amoureuse de l'opéra, assise à la Scala de Milan, dans une loge crénelée et aux fioritures incomparables, savourant la beauté des voix de ces chanteurs au talent incroyable...




Au prochain

lundi 14 avril 2008

SAUT: 205



Que diriez-vous, aujourd'hui, d'une autre série de citations. De toute façon, vous n'avez pas le choix... je vous l'offre avec tellement d'insistance... et vous comprendrez mieux à la fin de la lecture... N'allez pas tout de suite à la suite... Ligne par ligne...

. La nature animale, que les chimistes appellent le règne animal, se procure par instinct les trois moyens qui lui sont nécessaires pour se perpétuer. Ce sont trois véritables besoins. Elle doit se nourrir et, pour que ce ne soit pas une besogne, elle a la sensation qu'on appelle appétit; et elle a du plaisir à la satisfaire. En second lieu, elle doit conserver sa propre espèce par la génération et certainement elle ne s'acquitterait pas de ce devoir, quoi qu'en dise saint Augustin, si elle n'avait plaisir à l'exercer. Elle a, en troisième lieu, un penchant invincible à détruire son ennemi; et rien n'est mieux raisonné, car, en devoir de se conserver, elle doit haïr tout ce qui opère ou désire sa destruction. Ces trois sensations, faim, appétence au coït, haine qui tend à détruire l'ennemi, sont dans les brutes des satisfactions habituelles, dispensons-nous de les appeler plaisirs; ils ne peuvent l'être que par rapport à eux; ils n'y raisonnent pas dessus. Le seul homme susceptible du vrai plaisir car, doué de la faculté de raisonner, il le prévoit, il le cherche, il le compose et il y raisonne dessus après en avoir joui. L'homme est à la même condition des brutes lorsqu'il se livre à ces trois penchants sans que sa raison s'en mêle. Quand notre esprit y met du sien, ces trois satisfactions deviennent plaisir, plaisir, plaisir, sensation inexplicable qui nous fait savourer ce que l'on appelle bonheur, que nous ne pouvons non plus expliquer quoique nous le sentions. Casanova

. Il faut dire que j'ai commencé à écrire L'HÉRITAGE après le référendum de 1980. Or pour moi la question du référendum en était une de succession. Le référendum est une question d'héritage qui a mal tourné. Au départ de Lévesque, le PQ et Lévesque se sont arrangés finalement pour qu'il n'y ait pas de succession. La devise de Lévesque aurait pu être, après moi, le déluge, une autre tentation des pères québécois. Débrouillez-vous avec ce qui reste, d'où l'impossibilité d'instaurer une continuité et de laisser quoi que ce soit en héritage. C'est comme s'il y avait un refus de prendre toutes ses complaisances dans quelqu'un. Et dans la société québécoise, c'est rare que ça passe du père au fils aîné. Quand ça passe au fils aîné, c'est au corps défendant du père pour des questions de pouvoir, de domination, d'Oedipe mal réglé, donc le fils aîné n'a aucune chance alors que traditionnellement c'est lui devrait prendre la relève. Ici on dirait que les pères se battent contre l'aîné et quand ils sont à bout de forces, ils portent toute leur affection sur le cadet, le poteau de vieillesse, celui dont ils se sentent complices, peut-être parce qu'il n'est pas menaçant. Victor Lévy-Beaulieu

. Nous sommes d'un semblant de pays qui oublie tout, aussi bien la beauté que la colère, aussi bien l'espoir que la désespérance. Nous sommes d'un semblant de pays qui n'a jamais souffert que de lui-même par méconnaissance de la Loi, celle qui établit toute société en nation. À cause de ce manquement fondamental, tout ne fait que se recommencer, la mémoire s'oubliant dans la lâcheté. Victor Lévy-Beaulieu

. Vivre, c'est sentir dans son coeur et dans son corps la joie, le plaisir, la satisfaction, la fierté, le bonheur et aussi la tristesse, la peine, l'agressivité, la colère, la jalousie, la douleur. Vivre, c'est se donner le droit d'écouter et d'exprimer, de façon responsable, les émotions et les sentiments qui nous habitent. Le vécu d'un être humain constitue sa réalité. L'écouter, c'est le respecter et le libérer. Une éducation qui nie le vécu nie par le fait même la personne. Et l'émotion non écoutée et non libérée ne disparaît pas, mais se loge quelque part dans le corps et dans le psychisme pour se manifester un jour ou l'autre sous forme de maladie. Colette Portelance

. Je ne suis plus aussi jeune qu'autrefois et j'ai la nostalgie du temps qui passe. Je me sens un peu plus lourd, et peut-être plus triste que par le passé. Le rire surtout, ce vieux rire hyperbolique, ce rire incontrôlable qui nous prenait aux tripes, qui nous pliait en deux jusqu'aux larmes, ce rire-là s'est éteint. Mais... bien que rien ne puisse ramener son heure de gloire au jardin ni sa splendeur à la rose, je prétends être un heureux mortel après tout. Nous sommes un peu trop vieux pour la nostalgie des verts paradis, trop vieux aussi pour jouer les Werther. Si nous n'avons pas lavé notre esprit de toute cette camelote, de tous ces clichés immatures, je me demande comment nous pourrons vivre et mourir correctement. Robert Louis Stevenson

. La cuisine était éclairée. Il n'osait pas entrer. À ses pieds châtoyait la portière du frigo qui servait d'abreuvoir. Il poussa longuement son cri d'alarme, un cri presque muet, un cri mystérieux d'oiseau solitaire, aussi secret que la nudité du corps ou l'aveu d'un péché, le cri d'une bête en souffrance hurlant tout bas au néant. Il s'époumona plusieurs fois, jusqu'au vertige, et marcha d'un pas traînant vers la maison, hésitant à regarder sa chambre par le mélèze appuyé contre la façade. Yann Queffélec

. Dans la vie, l'essentiel est de porter sur tout des jugements a priori. Il apparaît, en effet, que les masses ont tort, et les individus toujours raison. Il faut se garder d'en déduire des règles de conduite: elles ne doivent pas avoir besoin d'être formulées pour qu'on les suive. Il y a seulement deux choses: c'est l'amour, de toutes les façons, avec des jolies filles, et la musique de la Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington. Le reste devrait disparaître, car le reste est laid, et les quelques pages de démonstration qui suivent tirent toute leur force du fait que l'histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre. Sa réalisation matérielle proprement dite consiste essentiellement en une projection de la réalité, en atmosphère biaise et chauffée, sur un plan de référence irrégulièrement ondulé et présentant de la distorsion. On le voit, c'est un procédé avouable, s'il en fut. Boris Vian

. Cette fameuse poésie que le public méprise ne sachant pas ce qu'elle est et qui est la seule chose qui le touche sans qu'il puisse dire comment ça se fait, il serait temps de reconnaître qu'elle est la base de toute vraie création dramatique et qu'elle ne peut bien agir que dans son entier. Dans son sens de déflagration et d'émotion entière, de communication religieuse, spasmodique avec la métaphysique agissante, c'est-à-dire avec l'esprit universel. Toute action qui n'aboutit pas à cela, qui ne vient pas de cela, qui ne retourne pas à cela, est une action tronquée et larvaire, une action d'eunuque et de lâche, d'impuissant, de châtré consenti. Antonin Artaud

. Le talent n'existe pas. Le talent, c'est avoir l'envie de faire quelque chose. Tout le restant, c'est de la sueur, c'est de la transpiration, c'est de la discipline. Je suis sûr de ça. L'art, moi, je ne sais pas ce que c'est. Les artistes, connais pas. Je crois qu'il y a des gens qui travaillent à quelque chose, avec une grande énergie. L'accident de la nature, je n'y crois pratiquement pas.

Jacques Brel

. Parler du futur, c'est user d'un langage à jamais en avance sur lui-même, à propos d'événements qui ne se sont pas encore produits, pour les assigner au passé, à un «déjà» éternellement retardataire; et dans cet espace entre le discours et l'acte s'ouvre une faille, et quiconque contemple un tel vide, ne fût-ce qu'un instant, est pris de vertige et se sent basculer dans l'abîme. Paul Auster

Vous ne vous doutiez pas que j'allais vous «citer» de si longues tirades... Parfois, il le faut et comme nous sommes un 14 avril... il le fallait... parce que le 14 avril, c'est la journée des citations géantes ... journée décrétée par le Crapaud Géant lui-même... Partagez la longue nouvelle!!!

Au prochain saut

vendredi 11 avril 2008

SAUT: 204



Pas très long une semaine!

Tout juste ce qu'il faut pour profiter, en début d'avril, de la chaleur tropicale, de la mer bruyante et douce, de la plage cubaine, du soleil qui sait se cacher quelques instants pour mieux revenir nous brûler le bout du nez...
mais principalement, d'une merveilleuse suite de sept jours en compagnie de ses trois filles, son gendre, ses trois petits-enfants et de Mélanie.

Juste assez long une semaine!
Tout juste pour recharger les batteries...
se sortir de ce blanc neige qui tourne au gris dépressif puis en un amas noir de monticules de plus en plus imposants, espérant le soleil printannier pour fondre sur lui et diluer son l'existence.

Pour tout relâcher aussi!
Se laisser aller...
profiter de cette douce complicité des voyageurs...
n'avoir à faire que rien du tout...
se lever au son des vagues qui furent impressionnantes et firent d'Émile leur ami fidèle...
aller à la chasse aux coquillages, bizarrement une activité plutôt féminine...
marcher à la rencontre du soleil qui s'amusait, plein EST, à colorer les eaux de vert, de turquoise, de bleu exceptionnels et nous obligeait à baisser les yeux devant lui...
se laisser caresser les orteils par cette mousse blanche venue de si loin nous dire exactement ce que nous voulions entendre...


Une semaine de rien à faire!
Ne même pas penser faire son lit...
préparer son petit déjeuner...
que se questionner sur l'heure du premier rhum...
qu'admirer Léa courir sur le bord de plage, toute mignonne, projeteuse de beauté et de joie...
accompagner Arthur vers tout ce qu'il voulait ne pas manquer des yeux, nous le projetant de ce regard rempli d'une si intense volonté à tout vouloir vivre, tout prendre comme si à deux ans, déjà, on était un grand...

Une semaine à regarder Catherine
se reposer,
Mathilde
se reposer,
Odile - mon bijou d'avril dont c'est aujourd'hui l'anniversaire -
se reposer...


Comme il est beau le repos de nos enfants... même si elles sont presque toutes trois dans la trentaine... C'est beau pour un père de les voir heureuses, mais surtout des les avoir près de lui.


Une semaine à mieux connaître son gendre en discutant de tout et de rien, le tout et le rien se confondant fort agréablement.

Et la douce Mélanie, émerveillée à son premier voyage...


Une semaine, à la fois de vacances, mais aussi... surtout, une occasion unique d'être ensemble!

samedi 29 mars 2008

SAUT: 203


À quelques heures de son départ pour Cuba (une autre fois, diront certaines mauvaises langues) le crapaud vous offre une petite réflexion sur notre monde ainsi qu’un poème de José Marti, le poète cubain dont les paroles citées sont presque retenues comme l’hymne national de la plus belle île du monde.


Si la population mondiale pouvait être contenue en un village de 100 personnes et si l’on maintenait les proportions actuelles de tous les peuples existant sur la Terre, notre village se composerait ainsi :
* 57 Asiatiques;
* 21 Européens;
* 14 Américains (Nord, Centre et Sud);
* 8 Africains.

On retrouverait, dans notre village fictif :
- 52 femmes et 48 hommes;
- 30 blancs et 70 non blancs;
- 30 chrétiens et 70 non chrétiens;
- 89 hétérosexuels et 11 homosexuels;

Le plus étonnant serait que :

- 6 personnes posséderaient 59% de la richesse totale et les 6 seraient Américains;
- 80 personnes vivraient dans des maisons vétustes;
- 70 seraient analphabètes;
- 50 souffriraient de malnutrition;
- 1 serait en train de mourir;
- 1 serait en train de naître;
- 1 posséderait un ordinateur;
- 1 (oui, un seulement) possèderait un diplôme universitaire.
Si on pouvait considérer le monde de cette manière, le besoin d'accepter et de comprendre devient évident.

Êtes-vous né du bon côté des choses?

Prenons également ceci en considération:

· Si je me suis levé ce matin avec plus de santé que de maladie, je suis plus chanceux que le million de personnes qui ne verra pas la semaine prochaine.

· Si je n’ai jamais été dans le danger d'une bataille, jamais connu la solitude de l'emprisonnement, jamais souffert l'agonie de la torture, jamais été tenaillé par l'étau de la faim, je suis mieux loti que 500 millions de personnes.

· Si je peux aller à l'église ou dans un temple sans peur d'être menacé, torturé ou tué, j’ai alors plus de chance que 3 milliards de personnes.

· Si j’ai de la nourriture dans mon réfrigérateur, des habits sur, un toit et un endroit pour dormir, je suis plus riche que 75% des habitants de la planète.
· Si j’ai de l'argent à la banque, dans mon portefeuille ou même simplement de la monnaie dans une petite boîte, je fais partie des 8% les plus privilégiés du monde.
· Si mes parents sont encore vivants et toujours mariés, je suis une personne réellement rare.
· Enfin, si je peux lire ce texte, j’ai la chance de ne pas faire partie des deux milliards de personnes qui ne savent pas lire...


C’était un homme en déroute
C’était un frère sans doute
Il n’avait ni lien ni place
Et sur les routes de l’exil
Sur les sentiers sur les places
Il me parlait de sa ville

Guantanamera (province de Gunatanamo)
Guajira (jeune fille, petite paysanne de la province)
Guantanamera, Guantanamera,
Ma vie le guantanamera.

Là-bas sa maison de misère
Était plus blanche que le croûton
Les rues de sable et de terre
Sentaient le rhum et le melon
Sur leur jupon de dentelle
Dieu que les femmes étaient belles.

Il me reste toute la terre mais
Je n’en demandais pas tant
Quand j’ai passé la frontière
Il n’y avait plus rien devant
J’allais d’escale en escale
Loin de ma terre natale.

José Marti







SI NATHAN AVAIT SU... (Partie 3) - 2 -

  Monsieur Thompson, avant de choisir le restaurant qui conviendrait à un tête-à-tête avec sa fille, pensa l’inviter là où ils pourraient go...