vendredi 11 août 2023

Texte écrit il y a 6 ans pour les 40 ans de Catherine.




CATHERINE

Se souvient-on quarante ans plus tard d’un certain 11 août 1977 ?

Inoubliable jeudi caniculaire et nuageux.

11 août, alors qu’une livraison spéciale devait nous arriver le 25 juillet.

Déjà, lors de l’Exposition régionale de Saint-Hyacinthe, celle qui se faisait attendre, changea de prénom ; de Fanchon elle devenait Catherine.

Et nous attendions, jour après jour plus impatients, à l’affût de ces mouvements annonçant ta venue.


Première de la lignée des Turcotte, seconde de la lignée des Gervais, on te savait fille.

Ta mère te sentait.

Ton père t’espérait.

Et puis, du fond de l’éternité où tu te terrais, tu lanças un premier signe. Plusieurs autres suivirent, des plus longs, des plus courts.

Au cours de ta gestation, tes parents écoutaient, lors de leurs siestes quotidiennes, Mortimer Schumann puis Serge Lama.  

Nous vivions rue Girouard pour ensuite emménager rue Pratte.


Tu vois, ton goût du voyage date de très loin.


Déjà, en décembre, un mois après ta conception – elle eut lieu au matin du 15 novembre 1976, tes parents se préparaient au travail électoral qui s’achèvera par la victoire du Parti Québécois – en décembre donc, nous partions vers Cuba : «basso leche fria» devint notre mot de passe.

La grossesse fut un monceau de joies, d’incertitudes, de craintes et d’espoir.

On prenait soin de toi, on s’occupait à ce que ta mère soit continuellement protégée. À un point tel que nous dûmes nous séparer de Ti-Gars, notre chat noir et blanc : la salmonellose, c’était sérieux.

Il n’allait plus grimper sur le comptoir de la cuisine pour dévorer le petit gâteau Pique que ta mère adorait.

Tous ces soirs à t’écouter, oreilles attentives comme s’il était possible que tu t’adresses à nous.

Ces jeux de primipares tout à fait débiles, mais combien amusants : tenter de saisir ton pied, sentir te débattre.

Puis ce février outrageusement froid, dans le camion de l’ami François, nous quittions Girouard pour la rue Pratte.

Ça n’allait pas être de tout repos. Un voisin problématique à l’étage supérieur ne nous laissait aucun répit. Jour et nuit.

 

Tu vois, ton goût pour l’action sociale date de très loin.

 

En parents sérieux, nous préparions ton arrivée : on se documentait chez Leboyer pour la naissance sans violence… chez Louise Lambert-Lagacé pour la nutrition…

Parfois, au risque de la vie de ta mère, ton maladroit de père faisait sauter le « presto » qui cuisait tes premières bouchées de zucchini que maintenant tu ne peux plus avaler.

Déjà, nous t’avions choisi un parrain et une marraine.

Mon frère Pierre et Louise Audet, la grande amie de ta mère.

Ils furent des choix unanimes puis des témoins lors de notre mariage.

Ils t’aimaient déjà, t’espéraient tout comme les deux familles.

Ta mère saurait dire beaucoup mieux que moi les intimités qui vous liaient toutes deux ; on pouvait les lire dans les yeux de celle qui ne devait pas être mère.

La vitamine E aura causé une surprise de taille chez Rosaire, notre médecin.

Me souviens encore l’entendre réagir dans la salle d’examen lorsqu’il constata le début de ta vie.

Ce qui me valut ma première boîte de Turtles.

Dès la fin du printemps, qui fut magnifique cette année-là, nous nous rendions en campagne ; à Saint-Hugues, chez l’ami François.

Nous logions à l’étage.

Un magnifique et grand érable servait de rideau pour la chambre.

Il me rappelait celui de Londres, un an plus tôt.

On parlait de toi.

Nous parlions toujours de toi.


L’été fut plus beau encore. 

Nous donnions un coup de main à l’ami François pour l’entretien de son potager.

Ta mère, étendue dans une piscine grande comme ma main, parlait aux chatons autour d’elle qui s’amusaient à se laisser caresser.

Juillet et août, nos deux mois de vacances, furent entièrement consacrés à te voir grandir, ta mère, se transformer : la grossesse n’est pas une maladie, répétait-elle alors que l’on voulait agir à sa place.

Jamais elle ne refusait la cueillette des petits fruits.

Cette habitude estivale, celle de récupérer, après souper, ton grand-père Gérard, nous rendre dans les grands champs de framboisiers de Saint-Damase y prendre notre dessert, nous allions la conserver longtemps après.


Puis arriva le mois d’août.

Se pointa le 11.

Tôt le matin, tu commençais à te frayer un chemin vers nous.

Les cours de préparation à la naissance nous avaient bien informés sur comment respirer, aspirer et respirer encore.

Ta mère s’y employait, experte, mais cela n’avait rien de plaisant.

Je décodais la souffrance, alors que debout, droite comme un arbre solide, elle s’appuyait au mur de la chambre.

Comme je me sentais impuissant !

Devant ma volonté à trop en faire, ta mère m’invita à aller prendre de l’air.

Suis allé à la Pâtisserie Viens.

Danielle et Yvan travaillaient.

Me suis assis, je m’en souviendrai toujours, à cette table séculaire toute enfarinée, ne tenant pas en place.

Danielle me donna un petit gâteau afin que je puisse l’apporter à ta mère qui, déjà, se préparait à partir pour l’hôpital.

Nous y sommes arrivés vers l’heure du souper.

Une infirmière allait nous accompagner tout au long de cette phase préparatoire. Charmante et combien calme.

Puis Rosaire, se pointant le bout du nez, dit : Me déranger un soir de football !

Nous sommes entrés en salle d’accouchement que l’on avait préparée pour une naissance sans violence.

La tienne.

Il était 20 heures 30 lorsque tu naquis.

Moment éternellement gravé dans notre vie, ta mère et moi.

On te déposa sur le ventre libéré de celle qui fut ta première compagne.

Tu reposais. Pas un seul cri.

J’ai coupé le cordon qui te liait à ta mère, te déposai dans un bain d’eau tiède, à la même température que celle à laquelle tu t’étais habituée depuis dix mois lunaires.

Je crois que tu as souri. Du moins, je veux le croire.

Ta mère, fatiguée, épuisée par tant d’efforts avait tourné la tête vers nous.

Une infirmière te langea puis tu disparus de nos yeux émerveillés.

Ta mère demanda à Rosaire si tout lui semblait correct.

Pleine forme, fut sa courte réponse, occupé à recoudre le passage que tu avais involontairement déchiré.

 

Tu vois, ton goût pour la rapidité d’exécution date de très loin.

 

Puis, émus, nous nous sommes retrouvés dans une chambre de l’hôpital.

J’ai offert un collier de perles d’eau douce à celle qui t’avait portée tout ce temps et qui reposait, heureuse du travail bien accompli.

Par la suite, je me suis rendu chez Gérard et Fleurette, leur annoncer ton avènement.

N’eût été de l’heure tardive, je crois qu’ils auraient couru t’accueillir. 

Et le 11 août prit fin.

Et nous voici quarante ans plus tard.

Se souvient-on ?

Oui.

mercredi 17 mai 2023

OTIUM spécial 04.23.1

MES DEUX COLLÈGUES (MON FRÈRE PIERRE ET MA BELLE-SOEUR CLAIRE) SONT ACTUELLEMENT À MARCHER SUR LES ROUTES DE LA CRÈTE. 

TOUS LES TROIS, NOUS SOMMES LES ÂMES DE CETTE ACTIVITÉ - OTIUM- QUE NOUS VOUS PARTAGEONS, ICI SUR CE BLOGUE. 

ALORS QUE JE LES ATTENDS AFIN DE REPRENDRE NOTRE EXPÉDITION DANS LE MERVEILLEUX MONDE DES MOTS ET DE LA CRÉATION, JE VOUS PROPOSE COMME UNE SUITE, PLUTÔT UNE EXTENSION DU DERNIER OTIUM DONT LE THÈME ÉTAIT DE SOUMETTRE UN SYNOPSIS D'UN COURT MÉTRAGE OU D'UN DOCUMENTAIRE À L'OFFICE NATIONAL DU FILM - VOUS COMPRENEZ QU'IL S'AGIT ÉVIDEMMENT D'UNE FICTION -

JE PROFITE DE CETTE RELÂCHE POUR TRAVAILLER UN PEU CELUI QU'INITIALEMENT J'AVAIS PRODUIT.

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                                                                                                                      Programme OTIUM

                                                                                                            Re: L’INACHEVÉ

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Monsieur,

Nous avons bien reçu le synopsis du projet que vous avez soumis à l’Office national du film.

Le comité de sélection juge qu’actuellement il n’a pas suffisamment d’éléments entre les mains pour prendre une décision finale et souhaite que vous approfondissiez votre démarche de présentation.

Pourriez-vous expliciter davantage les différents thèmes soulevés lors de votre rencontre avec l’auteur (le romancier inconnu) ?

Merci.

Nous demeurons en attente de ce document.

Le responsable des projets

ONF


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L’importance de l’environnement dans un projet d’écriture.

Lorsque, par hasard, je découvre un blogue sur Internet derrière lequel se cache un auteur, utilisant un bizarre de pseudonyme (Le Crapaud) que l’idée de faire sa connaissance afin de l’interroger sur cette aventure pour le moins insolite : s’expatrier en Asie, au Vietnam plus précisément, afin d’y écrire un roman. 

À partir de ce déclencheur la mécanique s’est actionnée m’amenant à proposer ce synopsis à l’ONF afin de partager cette découverte et tenter d’approfondir ce qui peut bien, un jour, amener quelqu’un d’abord à s’exiler afin de façonner son projet. C’est beaucoup autour de l’environnement, oui, mais aussi d’un roman inachevé.

Nous nous sommes rencontrés à quelques reprises, d’abord pour se connaître, puis je lui ai proposé de participer à ce court-métrage qui, au fur et à mesure de nos échanges, s’avérera plus un documentaire et, finalement, s’entendre sur une thématique que nous pourrions développer. Ce dernier point fut réglé rapidement : si nous allions de l’avant, ça serait autour du projet d’écriture et son environnement.

Le tout se déroule au moment où il revient de Saïgon après un séjour de plus de dix ans. Tous nos échanges ont été enregistrés - leur verbatim explicitera ce projet - échanges qui, par la suite, furent revus et mis à jour.

Je vous rappelle les questions auxquelles l’auteur inconnu répondra :

1)    Vous suggérez trois (3) composantes à l’environnement, lesquelles  ?

2)    L’élément déclencheur des trois (3) romans écrits au Vietnam.

3)    L’inachevé. 

C’est donc à partir de la transcription de certains extraits des paroles de l’auteur inconnu que je réponds à votre demande d’approfondir la démarche, rappelant que dans le court-métrage/documentaire elles seront enveloppées de photographies prises par lui lors de sa permanence au Vietnam. En sourdine, la musique qu’il nous a proposée. Je rappelle qu’en aucun moment nous le verrons, la caméra respectant ainsi une des conditions émises par lui afin de s’adjoindre au projet.

( Nous avons obtenu l’autorisation des éditions THÉ GIO pour présenter des extraits du roman DEP. )


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“ Au départ, un projet d’écriture n’a rien de concret  ; c’est une idée, un déclencheur, l’esquisse d’une route à emprunter, à explorer, l’espoir de rencontrer des gens pour mieux les connaître quand il ne s’agit tout simplement pas de les inventer, de les créer. Lorsqu’il s’actualise, le voici enchâssé dans un processus vivant ; il a à se définir, se clarifier, se préciser puis s’articuler dans un environnement qui, lui-même, englobe quelques composantes, dont les principales, à mon point de vue, sont de l’ordre de l’humain, de la culture et de l'histoire-géographie. “ 

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“ Afin de définir l’environnement, permettez-moi de passer du général - ce qui a trait à l’ensemble de l’humanité partageant la planète Terre - au particulier - je veux dire par cela la réalité d’un lieu précis - et dans le cas qui m’intéresse, le Vietnam, pays construit d’humains originaux, d’une culture bigarrée, d’histoire commune, et  de géographie hybride. Le particulier pris dans le sens des choix liés à la situation qu’un groupe d’individus adopte pour s’adapter à son milieu proche et lointain.

Nous sommes tous pétris d'un savant mélange d’inné et d’acquis. C’est vieux comme concept, mais je vous avoue en avoir saisi une partie de son étendue alors qu’à la fin de 2011, posant les pieds sur l’aéroport de Saïgon (actuellement nommée Ho-Chi-Minh-Ville), saisi devant une porte qui s’ouvrait à mes yeux, je ressens comme une révélation : celle d’avoir déjà vécu ici, incapablee de préciser ce que cette ville, ce pays auraient pu incruster en moi, dans une hypothétique vie antérieure. Déjà, certains éléments culturels me semblent contigus : le ralenti installé dans l’effervescence de la vie ; l’importance de l’amitié se transformant en familiarité ; l’écoute attentive à travers de continus babillages ; la curiosité de tout et souvent de rien. Toutefois, j’aurai à apprendre à vivre sous un soleil torride, manger léger et souvent, multiplier les cafés,  ne pas me soucier du lendemain me préoccupant davantage de l’instant présent. Et principalement, sans risque de me tromper, l’étendue, l’importance et la force de la mémoire incrustée au plus profond de chaque Vietnamien, l’incitant à un essentiel respect des personnes âgées et des ancêtres.

Cela illustre sans doute l’idée que j’avance, à savoir que l’environnement se développe à travers plusieurs espaces, la culture principalement, de sorte qu’agir d’une telle façon semble être l’apanage de tout le monde, un dénominateur commun formidablement stable chez chacun d’eux.

Aussi, ce socle bien ancré dans leur société que représente l’histoire du pays, une rigoureuse mémoire des faits et gestes qui ont construit au cours des siècles - ici, des millénaires - des individus achevés mais toujours en devenir au sein de l’institution primitive qui se révèle être la famille. Tout à côté de l’histoire, je place la géographie, celle qui arrange le milieu dans lequel on évolue. Histoire inspirante et géographie faite de mer et de montagnes, de climats diversifiés, de deltas impressionnants, tout cela intimement lié compose cet humain unique si particulier. Les Vietnamiens, ayant vécu des siècles et des siècles sous la menace constante d’envahisseurs qu’ils soient chinois, français, japonais ou américains, forment un peuple composé de plus de cinquante ethnies différentes ayant réussi à conserver, protéger et améliorer son environnement au sens général autant que particulier.”


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“ Un projet d’écriture s’ancre donc dans un environnement précis. Exemple, il m’aurait été impossible d’écrire DEP, même d’y songer, alors que je vivais au Québec. Il en est de même pour les deux autres romans qui ont suivi.

Le premier a germé dans mon esprit alors que je reconduis des amis français à l’aéroport de Hanoi suite à une tournée nord-sud du pays. J’attends mon vol qui me ramènera à Saïgon. Une jeune fille, début de la vingtaine, guère plus, s’assoit devant moi, sa carte d’embarquement à la main, nerveuse, attentive aux informations sur les vols qui partent, reluquant constamment son carton comme si elle craignait de rater l’avion. Puis elle part. Ça sera pour Nha Trang, si ma mémoire est bonne.

Alors s’échafaude mon projet d’écriture. De cette jeune fille du nord du Vietnam quittant sa famille, rejoignant un oncle dans le centre du pays pour ensuite se retrouver à Hanoi y vivre les aventures que la vie urbaine, à des lieux de sa vie rurale qu’elle doit abandonner, lui feront réaliser que son pays est en pleine mutation.

LES ANCIENS COLONELS, un roman que les éditions THÉ GIOI se sont abstenu de publier pour des raisons historico-politiques, c’est entre Saïgon et le Cambodge que se situe l’action. Pour ce deuxième, tout comme le premier, il m’aura fallu consacrer beaucoup de temps à la recherche d’informations crédibles et vérifiables. À ce moment-là je me convaincs qu’il est impossible d’écrire sans avoir, au préalable, jeter ses amarres dans l’environnement qui nous accueille.

L’exemple le plus patent, c’est l’inachevé. Vous souhaitez que nous l’approfondissions, celui qui s’intitule MARCHER À L’OMBRE DES FANTÔMES. J’y viens.


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P  A  U  S  E


Avant de poursuivre et d’aborder le troisième élément de cette entrevue, à titre de réalisateur du court-métrage/documentaire, je tiens absolument à signaler que le rythme que j’ai choisi d’adopter est celui de la lenteur. Les photos qui circuleront de même que la musique qui habillera cette vingtaine de minutes de prise de parole d’un auteur inconnu, je les veux tout imprégnées d’un profond sentiment... d’inachevé. Voici pourquoi la musique choisie ( Ora, de Ludovico Einaudi) un ensemble de sons provenant d’environnements hétéroclites, une musique entrechoquée de légers échos, issue du nord comme du sud, on ne saurait le dire, s’avère universelle.

Je rappelle que les photographies qui défileront proviennent toutes de l’auteur lui-même et s’étalent sur dix années. (Elles seront accessibles en pièce attachée.)


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Le troisième, celui qui s’ajuste bien au titre que vous souhaitez donner à votre court-métrage (avouons entre nous que le produit fini ressemblera davantage à un documentaire, mais c’est vous le maître d’oeuvre) soit l’inachevé relève davantage de la chronique. C’est le seul chez qui le narrateur est nommé, il s’agit de moi-même.

DEP, c’est le nord vietnamien. Saïgon et le Cambodge pour le deuxième, alors qu’ici nous sommes aux USA après un court passage en Europe, puis de la Chine au Vietnam. Le tout débute autour des années 1950 pour s’achever en 2006. J’accélère afin d’en arriver au pourquoi il est inachevé. Une dame ayant travaillé à l’ONU comme traductrice reçoit une commande toute particulière du Dalai-Lama qu’elle devra exécuter une fois arrivée à la retraite. Je n’en dis pas plus puisse qu’il est inachevé.

Pourquoi ? Je synthétise afin de demeurer dans le thème de nos entretiens : il  s'inachève quand je quitte le Vietnam alors que près de 300 pages sont écrites.

Pourquoi quitter le Vietnam ? La pandémie a incité le gouvernement vietnamien à cesser d’émettre des visas aux étrangers, les invitant ainsi à rejoindre leur pays d’origine pour profiter des vaccins tellement rares sur leur territoire et, sous-entendu, relayer à ceux-ci l’odieux de la prolifération virale sévissant du nord au sud d’une contrée ayant été épargnée jusque-là par la covid-19.

À la fin du projet LES ANCIENS COLONELS, une petite voix intérieure m’interpelle, me faisant remarquer que le fait de demeurer à Saïgon pour y entreprendre le prochain roman risquerait de me pousser, involontairement peut-être, à user de répétitions, et qu’il serait donc souhaitable de changer d’environnement. Je suis déménagé à Da Nang.

C’est là que tout a commencé à basculer. Je parle d’abord de mon état de santé. Des modifications sérieuses à mon protocole médicamenteux auxquelles se sont ajoutées les restrictions sévères en lien avec la pandémie, restrictions allant jusqu’au confinement total (24 heures sur 24) et cela durant de très longues périodes, ce sinistre cocktail m’a poussé à une tentative de suicide. Mon voisin de palier, s’inquiétant de mon enfermement, réagit en appelant les services d’urgence. J’ai été plongé dans un coma profond qui a duré quatre jours. S’en est suivi un temps d’hospitalisation d’une autre semaine avant que je sois déplacé dans une institution accueillant des patients présentant des troubles psychologiques et psychiatriques. J’y suis resté plus d’une semaine à vivre un enfer total, je veux dire par là, qu’il brûlait jour et nuit.

Depuis mon arrivée à Da Nang et les modifications que des médecins ayant trop peu d’expertise dans le domaine de la médication traitant les problèmes de santé mentale, j’aurai cessé de dormir, refusé de me nourrir, perdu plus de 25 kilos, et... laissé mon troisième roman sur la planche de travail. Je ne me doutais pas encore, le redoutant toutefois, qu’inévitablement ce travail qui avait exigé tant et tant de recherches, eh bien ! il allait demeurer... inachevé.’’


P  A  U  S  E   (2)

À ce moment-ci, l’auteur inconnu se lance dans une énumération d’auteurs ayant quitté temporairement ou définitivement leur pays d’origine pour vivre l’espace de quelques années (ou quelques oeuvres) dans une contrée étrangère, non pas comme voyageur ou touriste, mais bien comme résident. Il avance l’hypothèse que le nouvel environnement a une influence sur la thématique de certains projets d’écriture ou du moins sur leur style. 

Vous apprécierez, je crois, l’exemple du poète québécois Alain Grandbois, celui qui a si magnifiquement écrit ‘’Nous allions plus loin que les plus lointains horizons’’


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‘’ Est-ce qu’à ce moment-là je me doutais qu’il serait impossible de terminer MARCHER À L’OMBRE DES FANTÔMES ? Que j’allais l’inachever ? Non. C’est de retour au Québec, dans un état absolument lamentable, réalisant que me réadapter à l’environnement serait une tâche ardue en raison du fait que la concentration m’avait abandonné - je ne pouvais ni lire ni écrire, entre autres - que l’évidence s’est plaquée en moi. Je luttais tellement pour réintégrer la réalité, pour accepter le fait que je devais vivre avec une maladie mentale - 

La psychologue qui me suit actuellement me fait réaliser qu’un choc post-traumatique chez une personne anxieuse, lorsqu’il s’accompagne d’angoisse et de stress, eh bien ! çà ne se résout pas en criant ‘’ciseaux’’ -

À ce moment-là le mot ‘’inachevé’’ s’est immatriculé en moi. J’ai cherché à mieux le comprendre pour ne pas l’associer à l’échec, la lâcheté ou l’abandon. Qu’est-ce que j’ai découvert ? En premier lieu, ce mot est, soit un verbe  qui peut se conjuguer à la forme pronominale, ainsi que passive, soit un adjectif ; pas du tout un substantif, c’est-à-dire un nom signifiant une substance ou un être ayant une existence propre. Puis, sa concordance avec ‘’état transitoire d’un être’’. Dans mon cas, plus que celui du roman, ce rapport s’avère exact. C’est dans cette optique que j’ai pris la décision de le publier sur mon blogue et cela dans toute sa simplicité... à titre d’inachevé.

Aurais-je pu le terminer ici au Québec ? Je suis catégorique, non. La chose qui toutefois m’a sauté aux yeux, c’est le fait qu’au début la question de l’environnement c’est à nouveau poser à moi. Non pas l’environnement culturel et historico-géographique, mais humain. J’ai eu à renouer avec des gens, certains ne comprenaient pas la situation dans laquelle je me trouvais et agissaient comme si jamais le Vietnam n’eut été une composante essentielle dans ma vie. D’autres ont su, avant moi peut-être, que j’avais à me poser, me reposer, prendre le temps de prendre le temps. Mais, nous n’avons pas tous la même notion du temps...


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Voici donc l’essence du projet qui, maintenant, passe du court-métrage au documentaire. 

Merci de prendre le temps de vous y attarder.


Jean

Mai ‘23

jeudi 13 avril 2023

Certains jours...

 


Ce nombre lorsqu'il est associé au vendredi apparaît comme étant néfaste.

On croit que la mauvaise réputation du vendredi 13 proviendrait du fait que le Christ a été crucifié un vendredi et que la veille, la dernière Cène comptait les 12 apôtres et lui-même, donc 13 personnes.

Connaissez-vous la triskaïdékaphobie

Il s'agit de la peur du nombre 13 alors que la peur du vendredi 13 se nomme vendredi treize paraskévidékatriaphobie.

En souffrez-vous ?


Tant et tant de superstitions enveloppent ce nombre, mais pour moi il sera toujours associé au 13 avril 2021... qui n'était pas un vendredi.



dimanche 9 avril 2023

O T I U M 04.23

Madame Claire Pelletier,
Monsieur Pierre Turcotte,
Monsieur Jean Turcotte
 
Nous avons reçu votre projet, celui de réaliser un documentaire, une vidéo ou un court-métrage et l’avons soumis à notre comité de lecture.
 
Celui-ci le trouve intéressant et nous incite à le produire.
 
Comme l’exige notre politique éditoriale, la prochaine étape est celle-ci: vous avez à nous soumettre un synopsis (récit succinct constituant le schéma du scénario, une présentation sommaire du sujet et une esquisse des personnages principaux).
 
Vous recevrez une réponse dans un délai raisonnable.
 
Merci de l’intérêt que vous manifestez pour l’ONF.
 
Le responsable des projets
ONF
 
PS À titre d’information, le comité éditorial se réunit à la fin du mois d’avril et les décisions s’y prendront qui engageront le service de la production pour les six (6) prochains mois.

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Synopsis à l’intention de l’ONF

Claire, avril 2023

 

Préambule

J’ai eu la chance de rencontrer deux femmes exceptionnelles, d’origine autochtone, mère et fille soudées par un indissoluble amour, animées d’une foi indestructible et qui ensemble ont construit, à partir de rien, une constellation de lieux et de services pour leurs sœurs et leurs communautés.

De leur «je» blessé et rejeté, elles ont donné lieu, au fil de leurs luttes, de leurs engagements, de leur créativité et de leurs réalisations, à un «nous» digne, fier et puissant.  Ce documentaire a pour visée de leur rendre hommage en retraçant leur remarquable trajectoire et en illustrant leurs accomplissements.

Pour moi, toute cette histoire avait commencé lorsqu’assise sur une marche de l’escalier d’une maison de campagne, la jeune fille autochtone qui tenait une petite plume d’oie qu’elle lissait entre ses doigts, m’a expliqué la vision de l’écoulement de la vie que cette plume représentait et m’a livré son puissant secret de créer, avec sa mère, une maison pour ses sœurs en difficulté. Cette maison, elle l’associait au symbole de la tortue.

J’aimerais que la reconstitution de cette rencontre soit le début du scénario…

 

 

Type de film : Documentaire en co-création

                                                     Mots-clés : Biographie, histoire, autochtones, femmes

                                                     Titre provisoire : L’amour en marche

 

 

Synopsis

 

Présentation du sujet

Le documentaire sera composé de plusieurs séquences, relatant chacune un moment clé de la trajectoire du projet des deux femmes. Les transitions seront illustrées pas des scènes d’oiseaux — les plumes et la nature étant des éléments forts pour les autochtones(par exemple, outardes en vol groupé, élan d’un héron, aigle tournoyant en hauteur, oisillons dans un nid, combat entre oiseaux, etc). La musique, durant ces transitions, sera l’œuvre d’autochtones majoritairement (pièces déjà existantes ou créations nouvelles) ou de musiques classiques inspirées du chant des oiseaux (The Lark Ascending de Ralph Vaughan Williams, par exemple).

 

Point de vue privilégié

Ce scénario vise à donner prioritairement la parole aux deux protagonistes, soit les porteuses du projet. Toutefois, puisqu’au fil du déroulement de leurs réalisations, les deux femmes se sont adjoint d’innombrables alliées et alliés, la parole sera aussi accordée à ces dernières et à ces derniers. Par exemple : d’influentes politiciennes (Manon Massé et Michèle Audet), des militantes alliées (Jenny, Caroline, etc.), des porteurs de pipe, des artistes, des femmes autochtones aidées, des jeunes autochtones qui bénéficient des services.

Des documents d’archives telles que des photos, des dessins, des extraits vidéos ou des objets symboliques seront largement mis à contribution.     

                                              

Les voix des deux femmes expliqueront les images. En ce qui concerne les voix des personnes qui témoignent, elles seront recueillies en direct par un ou une intervieweur, si possible en nature — forêt, plage, parc, etc. — ou sur les emplacements du projet, en ville ou au site de ressourcement à Saint-Tite-des-Caps.     


Exemple des séquences (l’ordre est sujet à changements)


Oiseau blessé : les origines, d’où viennent ces deux femmes, qu’est-ce qu’elles portent au départ, comment s’articule leur vision, quelles motivations les animent?

À propos de la violence :

« Je l’ai vécue, ma maman l’a vécue, ma mémère l’a vécue. On essaie de transformer au moins le monde autour de nous, nos propres enfants. Mais ça ne se fait pas en claquant des doigts.

 C’est tranquillement et de génération en génération. »

— Une citation de Nathalie Guay, cofondatrice de la Maison Communautaire Missinak

 

L’envol du héron : la mise sur pied du premier projet, la recherche de fonds, les cercles de partage, la recherche d’alliés, le spectacle de levée de fonds Mishta Amun en 2008, la persévérance politique, l’ouverture de la première résidence d’hébergement en milieu urbain : la Maison communautaire Missinak.

 

La chouette: Comment faire face à la nuit? Quelles sont les pistes de rétablissement : la force de la foi, la puissance de la communauté et de l’intégration de tous ses membres dans le processus de guérison, le besoin des rituels et du partage, la Terre sacrée et les activités spirituelles telles que les Metasham.

Le voilier d’outardes : Les oiseaux sont groupés en vol ensemble vers la même direction pour illustrer le souffle de croissance du projet : l’acquisition de la Terre sacrée, l’établissement du centre communautaire multiservice Mamuk dans l’arrondissement du Trait-Carré, la garderie pour les enfants, la maison de deuxième étape Mitshuap nish, etc.                                                                                                                    

Un oiseau qui construit son nid : La place de la créativité dans tous les projets, l’artisanat et les techniques de perlage, de confection des jupes pour les rituels sacrés, les courtepointes, la préparation des mets traditionnels, le dépeçage de la viande, etc. et surtout le plaisir d’être ensemble et de rire en créant.

Les oiseaux en bataille : L’engagement politique et l’importance de refaire l’histoire, de revoir les lois dans la perspective d’un outil de guérison (Les femmes assassinées et disparues, les conditions pour l’avènement du processus de Vérité et de réconciliation)…

 

 

 Deux colombes sur la même branche : La puissance de l’amour indéfectible entre la mère et la fille, l’autre grand et puissant pilier de la réussite de cette œuvre, avec la foi et la créativité. Un témoignage senti de leur relation absolument unique, la fondation même de l’édification de leurs réalisations.

 


 

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PROJET DE DOCUMENTAIRE


 

Louis Lachenal, Héraclès ou… Iphiclès ?


Louis Lachenal est surnommé l’inconnu de l’Annapurna, cette montagne de l’Himalaya et un premier sommet de 8 000 mètres à avoir été gravi par une cordée française. Il était le compagnon de Maurice Herzog, chef de file de cette équipe d’alpinistes français, ayant atteint le sommet le 3 juin 1950.  Sur la première page de Paris-Match relatant cette première dans l’alpinisme, c’est la photo  de Maurice Herzog seul au sommet, éclipsant ainsi Louis Lachenal l’autre vainqueur qui pourtant  lui sauva la vie.

C’est pour corriger un peu cette injustice que je compte faire un documentaire sur ce grand alpiniste méconnu que fut Louis Lachenal qui, tel le jumeau de Héraclès, Iphiclès,  

héros mythique grec des Temps modernes, a cumulé les hauts faits de la montagne tout au long de sa vie.

Naissance  et initiation à l’escalade :

Louis Lachenal est né le 17 juillet 1921 à Annecy en Haute-Savoie, et mort le 25 novembre 1955 dans la vallée Blanche à Chamonix. Très tôt il est animé de ce goût du risque qui le pousse à la quête du danger, devenant une sorte d'idéal de vie. Ainsi, à 13 ans, la vocation l'appelle dans les massifs qui entourent Annecy et fait l’ascension des sommets comme la Tournette (2 350 m), le Parmelan (1 600 m), et l'Arcalod (2 217 m). Il deviendra rapidement, à la suite de ses succès précoces, guide de montagne à Chamonix à  27 ans; c’est la naissance du  mythe.

Lachenal, Héraclès de la montagne

La réputation de Lachenal comme alpiniste hors catégorie survient quand, en 1949, il enchaîne les ascensions. Il entreprend de gravir en une seule journée trois itinéraires jugés difficiles (arête Est du Crocodile, face est du Caïman, voie Ryan de l'Aiguille). Il avait auparavant entrepris la seconde et périlleuse ascension de la face nord de l’Eiger en Suisse, une partie du « grand épieu» (eiger en français) ayant causé la mort de nombreux alpinistes. Avec les faces nord du Cervin et des Grandes Jorasses, elle a constitué pour l'alpinisme l'un des « trois derniers problèmes des Alpes », et le dernier résolu; c’est Louis Lachenal, le Héraclès des temps modernes qui en fut l’un des vainqueurs.

Des Alpes à l’Annapurna : d’Héraclès à Iphiclès

C’est un an plus tard, soit en 1950, qu’il entend parler du projet de créer une expédition française réussir l’ascension du premier 8 000 mètres par des alpinistes, une cordée dirigée par le célèbre Maurice Herzog, reconnu pour son rôle important dans la Résistance comme capitaine de la 2e compagnie du 27e bataillon des chasseurs alpins. Avec ses compagnons de Chamonix, Lionel Terray et Gaston Rébuffat, Lachenal est choisi pour faire partie de cette historique cordée qui entreprend de gravir l’Annapurna, un des sept grands sommets de l’Himalaya, une montagne de plus 8 091 mètres. Seulement Herzog et Lachenal se rendront au sommet.

Le 3 juin 1950 à 6 h 00, les deux hommes quittent leur tente en direction du sommet. Leurs membres commencent à geler. Lachenal doute de la pertinence de faire les derniers 400 mètres, horrifié à l'idée de l'amputation. Herzog quant à lui refuse catégoriquement l'idée de renoncer si près du but. N'ayant pas d'apport d'oxygène, l'altitude altère leur comportement, leurs gestes sont lents et ils perdent la notion du temps. À 14 h, ils atteignent le sommet de l'Annapurna. Pour la première fois, un homme met le pied sur un sommet de plus de 8 000 mètres. L'Annapurna vaincu, sortant in extremis de la torpeur dans laquelle ils étaient plongés par manque d’oxygène Lachenal presse son compagnon de descendre; mais trop tard, les deux alpinistes seront de retour au camp IV, les doigts et les pieds gelés, nécessitant de nombreuses amputations.

Cette absence d'apport d'oxygène sera l'enseignement essentiel de cette victoire de l'alpinisme himalayen, ce qui permettra plus tard, en 1953, à l’équipe anglaise de se rendre au sommet de l’Everest, munis cette fois d’une réserve d’oxygène.


 

Louis Lachenal au sommet de l’Annapurna

 

 

Paris-Match fait de l'Annapurna sa première page du 19 août 1950 avec, en couverture, la photographie de seulement Maurice Herzog au sommet avec son drapeau tricolore et son titre « Victoire sur l'Himalaya ». Lachenal est éclipsé, il devient Iphiclès, le frère d’Héraclès, mythe grec oublié; la mythologie parle de lui comme le compagnon fidèle d'Héraclès mort au combat aux côtés de son frère, malgré des divergences notoires. Lachenal en voudra en effet à Herzog puis se réconciliera avec lui en gravissant ensemble malgré leurs amputations aux pieds et aux mains, du Mont Rose (4 634 m), le quatrième plus haut sommet des Alpes et le plus haut de Suisse.

 

Mort du héros et postérité

Lachenal est mort en montagne, au cours d’une descente en ski à la Vallée Blanche, au-dessus de Chamonix. Lachenal skie en tête à grande vitesse, et disparaît soudain dans une crevasse à 28 mètres de profondeur. Un lycée porte son nom près de Annecy, et sa ville natale lui a consacré l’une de ses plus belles promenades : la promenade Louis-Lachenal. Quel paradoxe que de consacrer une promenade à la mémoire de cet alpiniste vainqueur du premier 8 000 mètres et pour qui une sortie périlleuse en montagne lui paraissait souvent une simple sortie du dimanche.


La promenade Louis-Lachenal

 

Peut-être aurait-il été plus avisé de désigner la Vallée Blanche près de Chamonix, la descente de ski hors-piste où il a trouvé la mort, la descente Louis-Lachenal.

 

En guise de témoignage personnel

Annapurna, premier 8 000, de Maurice Herzog, publié chez Artaud, fut le livre qui marqua mon adolescence et que le père Léon Boivin nous invita à lire avant notre expédition de 15 jours en canot, dans le Haut Saint-Maurice en 1964. Âgé d’à peine 16 ans, j’étais alors le plus jeune des six équipes. La détermination et le courage face à l’effort lors des longs portages m’était inspirée notamment par Lachenal qui sacrifiât une partie de ses membres pour réaliser son rêve. Le leitmotiv de notre périple était :

La jeunesse est une victoire du goût de l’aventure

Sur l’amour du confort

 

Pierre, avril 2023



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En réponse à votre courriel, je vous soumets le synopsis de mon projet de court-métrage qui s’intitulera  L’ I N A C H E V É .

 

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Ce court-métrage d’environ 20 à 25 minutes - résultat de la rencontre entre son réalisateur (moi-même) et un auteur (romancier) parfaitement inconnu du monde littéraire - traitera du sujet suivant : l’importance de l’environnement dans un projet d’écriture. ( Environnement physique, géographique et humain ).

Comme cet auteur dont nous protégerons l’anonymat souhaite que le seul contact avec l’écran soit sa voix et non sa personne, la structure même du film respectera cette exigence et reposera principalement sur l’atmosphère sonore ( musique et paroles ).

Nous collerons aux harmonies musicales et à la voix du seul personnage de ce court-métrage  des images et des photographies que celui-ci nous a offertes ; il les a captées lors de son séjour au Vietnam.

 


Ce séjour  dont l’objectif à la base était d’y passer quelques mois, se seraallongé sur dix (10) années en raison du fait que le pays et ses habitants l’ont fasciné. De là jaillit la question au coeur de ce court-métrage, soit l’influence de l’environnement sur un projet d’écriture.

Il y a quelques mois, par pur hasard, je fouillais dans la section des blogues sur Internet et suis tombé sur celui qu’alimentait cet auteur, rappelons-le, parfaitement inconnu. 

Son contenu frappa mon attention, surtout qu’il annonçait la publication d’un roman que son auteur venait d’achever d’écrire à Saïgon et qu’il allait possiblement être édité par une maison d’édition vietnamienne sise à Hanoï. Je me suis donc plongé dans ce blogue, la curiosité se substituant au hasard.

Je reviens au court-métrage afin de préciser que les musiques choisies devront d’abord être libérées de leurs droits d’auteur. Il en sera de même pour les images qui ne sont pas celles fournies par l’auteur.

Notre attention se portera aussi sur le troisième roman que nous identifierons comme étant “ l’inachevé”. Notons au passage qu’un roman inachevé est une oeuvre que son auteur ou autrice a abandonné en raison de ceci ou cela et remis à la maison d’édition dans une version incomplète.

Cet opus nous permettra d’approfondir le sujet initial qui porte sur l’influence de l’environnement sur un projet d’écriture.

Voici les différentes étapes du court métrage. En fait, chacune d’elles s’étendra sur environ sept (7) à huit (8) minutes au maximum. Trois (3) étapes constitueront la structure du projet

 

ÉTAPE 1

L’auteur définira ce qu’il entend par environnement et lequel -physique, géographique, humain - peut davantage influencer un projet d’écriture. En sous-question, il faut entendre ceci : les trois romans écrits au Vietnam auraient-ils pu être créés ailleurs que dans ce pays ?

)( Le romancier développera ce sujet alors que défileront des images ou des photographies entrecoupées - et en sourdine - d’extraits musicaux (vietnamiens surtout) suggérés par le personnage principal.


ÉTAPE 2

Le réalisateur proposera au romancier d’élaborer sur ce qui a principalement été le moteur (l’élément déclencheur) de chacun des trois (3) romans qu’il a commis au Vietnam.

)( Pourquoi le premier fut édité, le deuxième non retenu et le troisième, inachevé?

)( Est-ce que les trois (3) types de composantes de l’environnement que vous nous avez proposés, ont suffisamment changé au point d’avoir influé sur la chronologie des trois (3) romans ?

)( Est-ce que DEP,

 


LES ANCIENS COLONELS 

 

 

et MARCHER À L’OMBRE DES FANTÔMES auraient pu être écrits ici au Québec ?

 

 

ÉTAPE 3

Lors de notre rencontre préparatoire, j’ai semblé percevoir une dominante chez le romancier, du moins dans son discours, soit un sentiment d’échec plus prononcé que simplement le fait de ne pas avoir pu achever le troisième roman. Je l’inviterai à se prononcer sur ce sujet.

)( En finale, les deux intervenants de ce court métrage aborderont la problématique du rôle de l’environnement vu sous l’angle de l’appropriation culturelle . Il n’est pas question d’en faire l’exégèse, mais de prendre position sur ce que Dany Laferrière soulève parfois, à savoir le “ grand roman national “.

 

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Merci d’avoir accepté mon projet. Je demeure à votre disposition afin d’éclaircir certains points si cela s’avère utile.

 

Jean

Avril ‘23



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