jeudi 22 octobre 2015

Trois jours plus tard...



                                                         … la poussière retombe tout doucement.

Nous sortons de la plus longue et certainement l’une des plus intéressantes campagnes électorales canadiennes depuis fort longtemps. Pourtant on ne nous l’annonçait pas ainsi, la prévoyant coûteuse, ennuyeuse et ne suscitant que fort peu d’intérêt de la part des électeurs à la grandeur du pays.

         … et la poussière retomba.

Les spécialistes, des politologues aux chroniqueurs des différents médias, analystes et sondeurs, tous s’attendaient à l’élection d’un gouvernement minoritaire – même LE CRAPAUD le prévoyait – parfois libéral, souvent conservateur avec, soufflant dans le dos, une présence néo-démocrate pouvant brouiller les cartes.

                                                            … quel sens donner à cette poussière?

Précisons que ladite poussière nous est venue d’un vent, immense, qui a soufflé d’est en ouest sur le territoire, émanant des Maritimes, multipliant ses forces dans le centre du pays, s’essoufflant un peu lors de son passage dans les Prairies pour arriver en Colombie britannique et s’y stabiliser. Ce vent a emporté avec lui deux éléments importants à qui cherche un sens à la poussière qui en résulta :

a) éconduire le Prime Harper et son gouvernement conservateur;
b) l’assèchement plutôt brutal d’une vague orange néo-démocrate.

Je pourrais ajouter l’importante diminution du vote des Québécois pour le Bloc, parti souverainiste qui de par sa seule existence et le fait qu’il fasse partie du jeu électoral canadien légitime le pouvoir fédéral. Également, le début d’une assise pour le Parti Vert au Canada. Ces deux éléments ne nous sont pas très utiles dans la recherche de sens à donner aux résultats des élections du 19 octobre 2015.

Éconduire le Prime Harper

Au-delà de l’usure d’un gouvernement ( ce dernier régnait depuis près de 10 ans, parfois en minoritaire puis à la fin en majoritaire ) il faut voir un retour des Canadiens vers les véritables valeurs de ce pays qui sont à des lieux de ce que le Prime Harper nous a passées dans la gorge depuis son arrivée au pouvoir : 
la militarisation du pays, 
une philosophie de la loi et de l'ordre à tout crin, 
la destruction de notre renommée internationale, 
le non-engagement dans la lutte pour sauver la planète, 
la xénophobie, 
le musellement des scientifiques, 
le favoritisme envers les riches et les bien nantis, 
la judiciarisation de tout et de rien, 
la perte de nos droits de citoyens 
et surtout, 
surtout
l’abandon de nos rêves, le meurtre de nos espoirs et l’expulsion manu militari de tout ce qui pourrait être source de bonheur individuel et collectif.

Ce gouvernement, le pire de toute l’histoire canadienne, a voulu :
réécrire l’histoire canadienne;
nous remettre à genoux devant la monarchie britannique;
ramener les femmes à la maison, les y clouer dans leur rôle de femmes au foyer;
tuer la culture, l’avorter dès son apparition, couper les sources d’information quelles qu’elles soient;
a détruit le registre des armes à feu avalisant l’idée qu’une arme à la main de chaque citoyen demeure toujours la meilleure protection contre nos ennemis, à commencer par son propre voisin;
et la liste peut encore et encore s'étirer.

Pour tout cela ce gouvernement mérite d’avoir été éconduit.


La vague orange

Née lors de l’élection fédérale tenue en 2011 et en lien direct avec le niveau de sympathie que l’ancien chef aujourd'hui décédé du NPD, Jack Layton, inspirait au Canada et principalement au Québec, une vague a déferlé : on l’a nommée ''vague orange''.

Grand favori en début de campagne, le NPD semblait se diriger vers le pouvoir, une deuxième première dans son histoire : 2011, l’opposition officielle à la Chambre des communes d’Ottawa et le pouvoir en 2015. Tout semblait baigner dans l’huile jusqu’au moment où son chef, Thomas Mulcair qui venait de modifier son prénom en Tom, bifurqua sur sa droite alléguant sans doute que gauche+droite=centre. Mauvais, fort mauvais calcul. Le NPD ne devenait plus crédible aux yeux de ceux qui souhaitent le départ à tout prix du Prime Harper, l’assurance que les Conservateurs ne se retrouvent plus au pouvoir au lendemain de l’élection.

Cette mathématique, à mon point de vue, s’est avérée plus dévastatrice sur le score final de son parti que la question du niqab qui n’intéressait que les Québécois de souche attachés au Parti Conservateur et au Bloc.


         … demeurons dans la recherche de sens.

Éconduire le Prime Harper, l’assèchement de la vague orange furent des vecteurs importants qui ont favorisé Justin Trudeau et le Parti Libéral du Canada. Ajoutons-y le fait que le Bloc qui a reçu moins de 20% de la faveur populaire s’est tiré dans le pied en ressortant ses vieux interprètes, ses vieux discours ringards et ses slogans éculés. QUI PREND PAYS PREND PARTI (thème électoral du Bloc) vu à la lumière des résultats signifie que le Canada est le choix de pays du Québec. Je ne crois que cela était l’objectif du message.


Le changement. Facile à dire que voici le mot le plus fréquemment utilisé lors de nos campagnes électorales. Vient en deuxième : un plan. Vous reconnaissez ici messieurs Trudeau et Mulcair qui y ont recouru jusqu’ad nauseam.

Pour ce qui est du ''changement'', tous nous pouvons dire que voilà mission accomplie. Nous avons changé de gouvernement, du moins le nouveau sera officiellement en poste autour du 4 novembre. Il nous reste à souhaiter que le verdict populaire transporté par cette volonté de changement ne reçoive pas que cela pour nourriture, un changement de garde. Rappelons un vieil adage populaire : plus ça change plus c’est pareil. L’exemple notoire du président Obama vibre encore à nos oreilles : YES WE CAN et rien n’a été modifié en profondeur.

Un plan - une idée précise de ce que l’on veut faire - il me semble que cela ne rime pas avec la politique qui, souvent, s’avère synonyme de compromis, de ruse, de diplomatie, de stratégie et régulièrement à la remorque des mouvements de la société plutôt changeante à notre époque.

Le plan du Prime Harper a pu se mettre en branle seulement lorsqu’il est devenu majoritaire, pouvant ainsi faire fi de tout. Il aura réalisé son plan en s’appuyant sur un dogmatisme rigide bien posé sur l’autel doctrinal de ses croyances rétrogrades. Qu’en sera-t-il du nouveau Prime, Justin Trudeau?

 
Le temps nous le dira. Il a quatre ans pour réaliser ce plan dont il nous a abondamment parlé en période électorale. Il ne faut pas s’attendre à une révolution dans les prochains jours, celles-ci provenant rarement des pouvoirs en place. Il ne pourra pas, toutefois, accuser les autres d’avoir miné sa route ou l’avoir empêché par leurs entraves à édifier une nouvelle société post-conservatrice.

Je crois que le meilleur plan pour assurer un changement qui s’inscrirait dans la permanence doit contenir ce premier ingrédient : la participation citoyenne. Une véritable contribution, de celle qui ne se limite pas à voter aux quatre ans mais plutôt dans la reconnaissance du droit de parole, d’intervention pour chacun des paliers de gouvernement du municipal au fédéral, chacun des citoyens, de prise de décision non pas à partir de compromis mais d’entente menant à la concorde, ce vieux mot que l’on utilise trop rarement, mot qui nous amène à la collaboration à une œuvre commune.


La campagne électorale s’est achevée, son résultat soulève l’espoir au Canada et dans bien des endroits du monde. Je souhaite que nous utilisions ce moment de grâce pour devenir ou redevenir le pays que nous souhaitons à défaut de ne pouvoir, nous Québécois, se décider à faire le nôtre.


À la prochaine












samedi 10 octobre 2015

La palette de couleurs

                                           


Nous, du moins pour une grande partie de ma génération, avons été amenés à la politique par le concept des couleurs : le ''bleu'' définissait les partisans d’obédience conservatrice, le ''rouge' pour les libéraux. Tout à ce moment-là devenait aisé, ou bien tu te réclamais des Bleus ou des Rouges. Je dois même ajouter qu’une famille bleue ne fréquentait pas une famille rouge et vice versa. Ceci pouvait se rendre aussi loin que prohiber les mariages entre couleurs différentes. Il n’était absolument pas question de métissage et si jamais, par hasard, par malheur, cette hybridation se commettait, personne ne pouvait prédire une longue vie à cette union. On est donc très loin de l’idée de coalition.

On peut facilement imaginer tous les débats acrimonieux lorsque l’idée saugrenue pour l’époque de faire voter les femmes (1918 au Canada, 1940 au Québec alors que les femmes autochtones ne furent autorisées à voter qu’en 1960). Les arguments de ceux qui se prononçaient contre tournaient autour du fait que cela allait alourdir le processus électoral car évidemment les femmes voteraient du même ''bord'' que leurs maris. On formait une famille ou bleue ou rouge. Point final.

Depuis des lustres ce paradigme a tenu la route sans trop déranger qui que ce soit jusqu’au jour où la dualité politique éclata avec l’arrivée d’autres partis politiques donc d’autres couleurs à attribuer. Vous comprendrez que mon analyse repose sur une période plutôt récente des partis politiques canadiens, depuis après la Confédération de 1867.

Certains, des feux de paille alors que d'autres brillèrent un certain temps puis s’éteignirent : le Crédit social que l'on pourrait classer dans la première catégorie, le Parti communiste canadien parmi les feux follets.

Puis deux ont eu le mérite de se développer suffisamment pour qu’aujourd'hui nous les retrouvions dans les sondages d'opinions pancanadiens. L’ancien CCF devenu NPD, le Bloc québécois et le Parti vert.

Il fallait donc revoir notre spectre des couleurs. En fait, ce fut rapide : le bleu et le rouge déjà acquis, l’orange fut attribué au NPD et un bleu plus pâle au Bloc. Pour le Parti vert, l’évidence a primé dans le choix de la couleur.


Nous voici donc à une semaine environ du vote et les citoyens canadiens jouent avec les couleurs. Pas question pour le moment du moins d’y aller d’un mélange stratégique, de combinaison harmonieuse, à ce temps-ci il faut encore éviter tout salmigondis.

Vous connaissez l’admiration que porte LE CRAPAUD pour les chiffres et les nombres; il a tout dévoilé lors du dernier billet politique. Passons maintenant à la haute, très haute stratégie. Posons le problème en termes clairs.

1.- Les sondages semblent unanimes à l’effet que nous nous dirigeons vers un gouvernement minoritaire. – LE CRAPAUD en est un fervent adepte, vous le savez.

2.- Ce gouvernement minoritaire pourrait aussi bien être conservateur (bleu) que libéral (rouge).

3.- Deux scénarios se profilent : bleu sans aucune autre couleur pour l’appuyer; rouge avec possibilité d’une alliance orange ce qui donnerait un marron ou un bordeaux.

LE CRAPAUD se prononce.

Si je pars du principe primaire canadien qui veut que depuis longtemps, quasi des temps immémoriaux (pour nous évidemment) le Canadien moyen a parlé politiquement à partir d'une relation intime avec deux couleurs, le bleu et le rouge; que jamais depuis 1867 il ne s’est rangé ailleurs que sous l’une ou l’autre de ces bannières, accordant des miettes d’intérêt aux autres couleurs, LE CRAPAUD croit que par atavisme le Canadien moyen votera d’abord pour
. un changement de gouvernement 
. et que son choix se portera sur les Libéraux.

Il (le Canadien moyen) votera rouge tout en se posant cette question épistémologique de base : si je vote rouge pour me débarrasser des bleus, est-ce que je risque, ce faisant, de me retrouver avec du marron ou bordeaux? Si oui, est-ce que je vote tout de même rouge? Si non, est-ce que je vote toujours rouge?

Une nuance importante s’impose ici. Le Canadien disposant du droit de vote et le Québécois disposant également du droit de vote diffèrent énormément. Nous n’avons qu’à surveiller le baromètre électoral, certains diront la boussole électorale, pour constater qu’une poussière de niqab devient une tornade au Québec alors qu’elle retombe froidement sur le sol du ROC (Reste du Canada). Qu’un gazoduc peut à lui seul dissoudre des majorités aussi rapidement qu’il le ferait si par inadvertance son contenu se retrouvait dans nos champs ou pire encore dans notre fleuve Saint-Laurent (celui que la ville de Montréal s’échine à protéger de tout déversement d’égout…).

Alors. Les résultats qui nous seront dévoilés le 19 octobre prochain risquent de parler deux réalités, même davantage : 
. la québécoise prise entre bleu pâle et orange; 
. l’ontarienne enserrée entre rouge et orange; 
. les grandes Prairies, bleu dans toute sa splendeur;
. les Maritimes nous offriront un tableau rouge; 
. finalement la Colombie canadienne, un miroitement d’orange teinté vert.

Et au final : UN GOUVERNEMENT MINORITAIRE LIBÉRAL.

Et ça sera exact si LE CRAPAUD conclue en s'appuyant sur la prémisse des couleurs. Bien, car nous entrerons dans une ère nouvelle, que je nous souhaite émouvante et remplie de bonheur, où le bleu, le rouge, l’orange, le bleu pâle et le vert n'apparaîtront plus dans un cercle chromatique statique et vieillot, mais comme une possibilité ouverte à une clarté nouvelle .

N’oublions pas d’aller voter le 19 octobre et au lendemain, sous la loupe infaillible des résultats, nous examinerons de quelle couleur sera tapissée notre avenir à plus ou moins brève échéance.

À la prochaine











mercredi 7 octobre 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-DIX (70)



     Nous laisserons les débats, les ébats politiques l'espace d'un passage d'oiseaux. 

Cet automne aux allures estivales semble avoir retardé le départ des oiseaux migrateurs tout comme il traînasse à colorer les feuilles des arbres. Il ne se gêne pas toutefois pour nous donner à contempler des ciels d'une beauté fabuleuse dans des fins de journée de plus en plus rapprochées des nuits fraîches. La légèreté des vents du soir, flatteuse, ajoute au plaisir de demeurer dehors, d'attendre le passage des migrateurs.

Je vous offre ce poème qui s'intitule  traînée d’oiseaux migrateurs.



 traînée d’oiseaux migrateurs


la traînée d’oiseaux migrateurs
ainsi qu’une longue flèche de cris stridents
fend la rivière de nuages fonçant vers ailleurs
-          ce qu’ils voient

des égratignures de glaciers
telles des stigmates à leurs griffes
refroidissent le ciel, éclaircissent vents et pluies
-          ce qu’ils voient ne semble pas

la traînée d’oiseaux migrateurs
cette éternelle signature du temps au-dessus de nous
charrie parcelles par parcelles du soleil vers le soleil
-          ce qu’ils voient ne semble pas les arrêter

leurs ventres blanchis pareils aux ours de nos polarités
glissent plus loin encore que l’horizon de nos yeux
comme autant de points scintillants nord sud au-dessus de nous
-          ce qu’ils voient ne semble pas les arrêter malgré tout

la traînée d’oiseaux migrateurs
nomades connus retrouvant dans les sillons de la lune
les signes d’un passage mêlé d’odeurs automnales, de printemps
-          ce qu’ils voient ne semble pas les arrêter malgré tous les murs

leurs yeux fixes comme des convois en fuite
tracent des chemins, noircissent le bleu du ciel
abattent les frontières…
-          ce qu’ils voient ne semble pas les arrêter
   malgré tous les murs que nous dressons…




À la prochaine

jeudi 1 octobre 2015

19 octobre = 1






Si la tendance se maintient nous devrions avoir connu un mois de septembre le plus chaud de toute l’histoire… de la météo. Ce n’est pas rien! 

Tout comme LE CRAPAUD, vous avez certainement remarqué que les vols d’oiseaux migrateurs, bien que le temps s’y prête parfaitement, ne sont pas encore aussi nombreux qu’à l’accoutumée. Il est vrai que les déplacements des migrants en Europe occupent davantage les unes de l’actualité ce qui permet à nos outardes et autres oies de continuer à se prélasser dans un nord qui perd de plus en plus de son sens plagiant sensiblement les moeurs du sud.

Même les feuilles s’accrochent aux arbres. J’étais en Estrie la fin de semaine dernière là où le spectacle automnal y est magnifique à ce temps de l’année; eh bien? Rien du tout. Vert de haut en bas. Pas de rouge dans le ciel bleu. 
– Oui, je sais que cela fait un peu image politique mais c’est exactement là où je veux en venir. -


Le titre de ce billet – 19 octobre = 1  - fera référence à la numérologie. Sans m’y attarder outre mesure, je rappelle quelques caractéristiques collées au chiffre 1 :


FIGURE : le cercle        PLANÈTE : le soleil    
COULEUR : le rouge     ÉLÉMENT : le feu

Le chiffre 1 est lié à un fort esprit de décision et d’initiative, il est le début de quelque chose, l’énergie qui engendre la création.
Ce trait de caractère a aussi tendance à mener vers l’autoritarisme et à l’intolérance face à l’hésitation ou à la lenteur. L’efficacité rime avec rapidité, et le dialogue et la diplomatie passent souvent en second plan. L’impatience peut mener à l’individualisme, le travail en équipe énerve plus qu’il ne réussit.

Chiffre de l’énergie positive, contagieuse même, cet esprit de compétition pousse à donner le meilleur de soi-même.
Le 1 est aussi un solitaire et son ego, au sens large du terme, passe avant tout.
Cette caractéristique peut donner une attitude parfois égocentrique et orgueilleuse, et porter à ne pas toujours compte de ce qui se passe autour.
Mais ces petites maladresses ne sont jamais guidées pas la méchanceté car le 1 est honnête et droit et que ne cherche pas à blesser volontairement les gens.

Lors du 19 octobre 2015, journée ''numérologiquement'' campée sous le chiffre 1 et journée de la votation, nous faudra-t-il rechercher un candidat qui réponde le mieux aux caractéristiques du 1 ou encore scruter l’intérieur des grands principes de chacun des grands partis politiques afin de voir si sa trajectoire va dans ce sens? À vous de décider.

Un dernier indice : la personnalité des chefs s’abrite sous quel chiffre?

Stephen HARPER (Prime) : 30/04/1959     - 4 -
Tom Mulcair (NPD) :          24/10/1954     - 8 -
Justin Trudeau (Libéral) :   25/12/1971     - 1 -
Elisabeth May (Vert) :        09/06/1954     - 7 -



Ne nous laissons pas distraire par les figurations que les chiffres présentent mais si cela pouvait faire pencher la balance, il va sans dire que Justin Trudeau, en raison de sa personnalité 1, est favorisé, suivi de Tom Mulcair, en raison du 10 que l’on retrouve dans sa date de naissance. Pour le Prime et madame May, rien n’est tout à fait clair.

Toujours dans le volet ''chiffre'', deux mots sur les derniers sondages qui ont vu glisser le NPD, grimper les Conservateurs et stagner les Libéraux et le Parti Vert. J’ai beaucoup de difficulté à comprendre que la question du niqab ait poussé vers l’avant le Prime et le Bloc québécois tiré par le même vent qui doit certainement venir de la droite. Le lien Bloc/Prime devient ici de plus en plus évident.

Les sondages se sont dégelés suite au débat des chefs en français (le seul d’ailleurs) tenu à Montréal et au cours duquel le port du niqab lors de la cérémonie d’assermentation des nouveaux arrivants avait posé problème, selon les Prime/Bloc, et, au contraire, respecté la procédure en place selon les NPD/Libéral/Vert. Et dire que depuis 2011, seulement deux personnes ont refusé de s’identifier (à visage découvert et dans une pièce attenante à la cérémonie) pour cette occasion. Oui. 2 personnes. Ces chiffres proviennent du Ministère canadien de l’Immigration.

Les sondages chavirent, culbutent, s’émeuvent, vacillent et basculent en raison de deux personnes ayant refusé au cours des quatre dernières années de se présenter en privé afin de se dévoiler afin d’authentifier qu’elles sont réellement elles, car ce sont des femmes. Nous partirions en guerre pour ça?

Que retenir? Nous électeurs, dont le rôle premier et unique en démocratie canadienne est de voter à rythme irrégulier mais toujours dans une fourchette tournant autour de quatre ans, en avons strictement que pour des sujets aussi substantiels que la manière dont les femmes s’habillent alors que des questions relatives à l’environnement, au sort de la planète, la liberté de manifestation et la liberté d’être, la violence à tous les niveaux et de tout acabit, la santé, le bonheur individuel et social deviennent des préoccupations secondaires voire fantasques.

Nous nous préoccupons quasi viscéralement de tout ce qui entoure le niqab et autres voiles de ce monde mais fermons les yeux, taisons, pire expliquons, qu’un dénommé François, pape d’une certaine religion, se promène revêtu d’accoutrements qui cachent l’ensemble de sa personne, blancs en plus, et que cela soit tout à fait acceptable voire normal.

La logique humaine a parfois de ces contorsions.

À tous les conservateurs du Canada, à tous les bloquistes du Québec, je n’ai qu’une chose à dire : se faire du capital politique à partir d’une question aussi banale nous en dit beaucoup sur ce qu’ils sont.

Vous me direz que ce billet n’a pas le mérite d’éclairer quoi que ce soit sur la campagne électorale qui entre maintenant dans ses dernières semaines, et vous avez raison. Je nous souhaite, toutefois, que pour la suite et la fin de ce marathon, nous puissions recevoir clairement de la part des partis politiques, de leurs chefs ainsi que des députés en lice pour un billet à la Chambre des communes d’Ottawa, autre chose que des généralités chiffrées, des promesses irréalisables, des attitudes favorisant le clivage d’une société déjà passablement divisée, des visions alarmistes à court terme, des assurances sur rien et des certitudes sur tout.

Il ne devrait y avoir, le soir du 19 octobre prochain, qu’un seul gagnant : la démocratie véritable, c’est-à-dire celle qui a un passé, un présent et un avenir.

À la prochaine


PS :  Vous noterez que ce billet est publié le 1er octobre 2015 (01/10/2015) qui, en numérologie toujours est un 11 :

Le ONZE apparaît comme un Maître-nombre au grand idéal, à la recherche de vérité profonde. Il est doté d’une force morale peu commune, d’une intelligence subtile et d’un réel magnétisme spirituel.

Esprit inventif, il reste souvent anti conventionnel et avance de façon solitaire. Disposant d’une grande énergie, il se propulse vite et loin. Ses connaissances intuitives le prédisposent à être en avance sur son temps, à ressentir avec clarté et finesse les avant-goûts du futur.
















dimanche 20 septembre 2015

À moins d'un mois





                                            Résultats de recherche d'images pour « campagne électorale fédérale 2015 en images »


     Je cherchais, ce matin, une ou deux photos pour illustrer ce billet portant sur la campagne électorale fédérale canadienne qui connaîtra son dénouement dans moins d’un mois.

Je ''google''. M'apparaissent, principalement, mille et une images… des chefs des partis politiques. À croire qu’une campagne électorale puisse se résumer à un concours du ''plus meilleur portrait''. Une seule femme, Élisabeth May (Parti Vert); quatre hommes, Stephen Harper (Conservateurs), Thomas Mulcair (NPD), Justin Trudeau  (Libéral) et Gilles Duceppe (Bloc Québécois).

Lors du dernier billet, je comparais la campagne électorale à un marché public. Mon idée a évolué depuis et j’y ajoute le concept de parade de mode… à la grandeur du Canada. Il n’y en a que pour les chefs. Nous oublions les je ne sais trop combien de candidats qui dans plus de 330 comtés souhaitent devenir les serviteurs distingués de leurs commettants. Mon billet ne veut pas traiter de ce sujet, seulement un petit à propos qui démontre que l’allure du chef pourrait s’avérer un facteur déterminant dans l’opinion publique. N'entendons-nous pas fréquemment des formules telles: ''il ou elle n’a pas l’allure d’un Prime''; ''sa face ne me revient pas''; ''lui, il m’a pas l’air d’être honnête''… et j’en passe. Plus rapide que de prendre connaissance des différents programmes électoraux de chacun des partis politiques.

Laissons de côté ces banalités et concentrons notre réflexion sur les véritables enjeux.

Il ne faut pas oublier que la démocratie – certains diront la démocratie avec un grand D – se jouera le 19 octobre prochain; qu’après, nous, simples citoyens ordinaires, serons relégués aux oubliettes, contraints d’attendre un autre scrutin plus ou moins rapproché pour nous exprimer à nouveau.


                                                       Résultats de recherche d'images pour « campagne électorale fédérale 2015 en images »


Je ne connais rien à l’économie, et sans doute ne suis-je pas le seul, de sorte que je ne suis pas en mesure de dire si notre grand pays doit se vautrer ou non dans les déficits. Non et oui, selon notre orientation politique. Ma mémoire me souffle à l'oreille que depuis toujours – du moins depuis que je paie régulièrement impôts et taxes – notre compte de banque canadien est en déficit. Vous voyez comme j’y connais que dalle.

Guère plus ferré en relations internationales, et sans doute qu'une bonne partie de mes concitoyens canadiens se retrouvent dans la même situation, mais suis-je dans l'erreur en disant que depuis quelques années – ne tombez pas dans la facilité historique en associant ce que je vais dire avec l’arrivée et le maintien aux rennes du gouvernement de Prime Harper – l'image du Canada à l’étranger s'éloigne beaucoup de celle que nous projetions alors que nous courrions les conflits internationaux en défenseurs de la paix. Nous y allons maintenant armes aux poings; crions contre tout ce qui ne semble pas être dans la ligne de pensée d’Israël; voyons des terroristes partout; cultivons la peur, plus, la peur d’avoir peur, de ne plus être en sécurité. Mais je ne connais rien en politique internationale.

Je suis ''vert'', écologiste et adepte de la simplicité volontaire, bref tout pour être considéré comme un rêveur, un pelleteur de nuages associant énergies fossiles et bulldozer à dollars. Un environnementaliste également qui cultive ses tomates dans son potager sans pesticides et ne possède pas d'actions privilégiées chez Monsanto. De ceux qui craignent pour la survie de la planète, non pas pour lui-même, mais pour mes enfants et les leurs; pour des cours d’eau propres, de l’air propre; pour une espèce de retour à pas trop loin derrière alors qu’il faisait bon vivre et que l’on tentait de faire cohabiter écologie et progrès. Mais, semble-t-il, voter ''Vert'' c’est perdre son vote… Gagner son vote, c’est quoi exactement? La seule victoire possible, maintenant, sera celle d'un environnement sain, autant social que géographique.

                            Kết quả hình ảnh cho campagne électorale fédérale 2015 en images
  

Je suis Québécois, fier de l’être, de ceux qui en 1980 puis en 1995 ont souhaité un pays. Aujourd’hui, toujours Québécois mais de plus en plus solidaire avec l’ensemble des êtres humains du monde entier, j'aspire à un seul pays : celui de la Terre. On me dira : vivre six mois en terre canado-québécoise puis six autres en terre vietnamo-asiatique, c’est ne plus s’engager, ne plus porter le flambeau nationaliste, ne plus défendre les intérêts du territoire de notre illustre peuple.

Oui, on pourra dire cela. J’écouterai et répondrai : j’ai deux pays dans ma vie et mon âme, plus grands ensemble que l’addition de deux contrées; deux pays aux antipodes mais qui se rejoignent dans ma peau, dans mon cœur. Deux pays dont je souhaite qu’ils puissent être des phares pour la recherche de la liberté.

Je ne veux pas entrer dans le débat des migrés – ce que j’apprécie de ce mot c’est qu’il sous-tend l’idée de passage – seulement ceci: tout ce que l'on entend, ces opinions parfois ex-cathedra, ne peuvent en aucun cas remédier à ce mal horrible qu’est le déracinement brutal et incompréhensible d’humains de tous âges, de toutes conditions en raison de la bêtise humaine.

Ni dans celui des pseudo guerres de religions. Dans les faits, on pourrait abréger en avançant l'idée qu'il ne s'agit en fait qu'une guerre contre une religion qui associe politique et étroitesse d’esprit en tentant de rendre crédible leur vision du monde. Et dire que l’on entend ad nauseam que tout n'est qu'affaire de niqab… Déshabillons les femmes, les problèmes disparaîtront! Un peu simpliste, me semble-t-il...

Économie, politique internationale, environnement, identité nationale trônent en tête de liste des sujets préférés de nos politiciens et pour se faire ils ont –  le Prime Harper davantage que les autres – permis à cette campagne électorale de s’étirer au-delà des 37 jours habituels.

Je disais, lors de son lancement, que ça allait être long, onéreux, ennuyeux mais  je me rétracte aujourd’hui : pourquoi ne pas nous retrouver en campagne électorale douze mois par année? Ainsi, nous risquerions d'avoir l'heure juste ( en temps réel) sur une foule de sujets qui ne nous tiennent pas tous à coeur mais, au moins, on en jaserait entre nous autour d'un déca et pourrions comparer nos manières de penser. Une idée à développer.

Avant de vous dire ''à la prochaine'' je reviens une seconde sur un potin publié lors du dernier billet : non LE CRAPAUD ne sera pas le candidat du Parti Vert dans le comté de Saint-Hyacinthe-Bagot.


À la prochaine











lundi 14 septembre 2015

QUATRE (4) CENT-SOIXANTE-NEUF (69)




                                     Kết quả hình ảnh cho bagues et bracelets

     Pas facile de mettre en mots la distance qui sépare (ou réunit) une personne d'avec elle-même, des objets concrets ou des abstractions. Au-delà de la notion d'espace qui s'infiltre dans le mot ''distance'', celui-ci réfère souvent à la séparation, au désaccord, l'éloignement ou encore la différence.

Le poème que je vous offre aujourd'hui - il a mûri une longue partie de l'été avant de se reconnaître dans les idées imagées qui trottèrent dans mon esprit - ce poème, donc, ne pouvait pas être écrit autrement.

     ''elle'' 
    nomme l'espace personnel aux prises avec la réalité, celle qui se consume et, de ses cendres, cherche à renaître.

     ''entre'' 
    un pont, celui du temps qui, dans son inexorable fugitivité, érode, s'attaquant aux objets, ici, la bague... les horloges... le bracelet... souillés d'usure, embrouillant notre rapport aux choses et à soi.

     ''entre elle et elle'' 
    se voulait être le seul titre qui, objectivement, installait la poursuite des images de ce poème vers le réel et l'irréel, vers l'espace très court qui cherche à emplir ou à éloigner le temps.

                                                Kết quả hình ảnh cho bagues et bracelets


entre elle et elle


elle habite entre ennui et absence
temps perdu comme bague au doigt
heure différente figée à deux horloges

     entre elle

elle collectionne des consonnes
annone de sourdes voyelles
sa voix étourdie par le sens des mots

      entre elle

elle vit en état d’urgence
de nuit raccourcie en jour allongé
la sueur au dos de ses peurs

       entre elle

elle zigzague entre les tigres de la nuit
dévisage, par la fenêtre inquiète,
le vide sur le papier thé vert

        entre elle

à la pêche aux étoiles de l’aube
elle cueille de fugueuses comètes
au bout de ses rêves faséyés

         entre elle

un bracelet bleu à son poignet d’airain
un bruit de talon haut sur le sol gris
entre elle et elle, elle rêve d’ailes       





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À la prochaine

samedi 5 septembre 2015

LE CRAPAUD a 10 ans, 10 years, 10 năm


                                                                                                           





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10 
ans

Dix ans

Ten years

10
năm






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Il y a dix, 5 septembre 2005, c'était la journée de la Fête du Travail. Cette année, 2015, ça sera le 7 septembre. 

J'écrivais ce premier saut (billet en langage de CRAPAUD):                                                                                                          Kết quả hình ảnh cho crapaud



Fête du travail et le crapaud, pour une première fois, saute sur le web. Ses coassements sembleront venir de Forillon mais en fait, c'est de Montréal qu'ils partiront. Alors pourquoi Forillon? Simple! Le crapaud géant, je l'ai rencontré à l'entrée du secteur nord du parc Forillon il y a maintenant deux semaines. Un plouf! imposant comme une truite venant de rater une mouche retombe dans l'eau, je l'ai entendu alors qu'il plongeait dans un petit étang, enfin petit, comme tout peut être petit dans cette Gaspésie magnifique, un soir de promenade, après le souper alors que les pêcheurs de maquereaux se défaisaient les épaules à lancer leur ligne à pêche loin dans la mer.

Et ce crapaud, géant à cause du bruit sensationnel qu'il fit, n'est peut-être pas un crapaud. Un grand-père prenant l'air? Se racontant des histoires, des contes, celles et ceux qui commencent par... il était une fois... Se les rappelant dans sa tête pour mieux les transmettre à ses petits-enfants.


Le crapaud géant viendra, en vert et parfois en vers, baver quelques commentaires sur ce blogue et recevoir, peut-être, des répliques. Il ne se fixe ni objectifs ni agenda précis, seulement de petits sauts de crapaud quand les chemins sont hauts...

Kết quả hình ảnh cho crapaud    Dix ans plus tard, LE CRAPAUD, encore étourdi de constater qu'il a poursuivi plutôt régulièrement ces présentations qui tournent autour de ce qu'il a lu par le passé et noté dans ses cahiers de lecture, des poèmes sans date précise mais puisés là où ils dormaient fort paisiblement, ces commentaires de l'actualité, puis, il y a près de 5 ans maintenant, ses récits de voyages.



Kết quả hình ảnh cho crapaud     Il est de mise lors d'anniversaires de remercier tout le monde: voilà c'est fait. Mais surtout, en fait principalement, je tiens à remercier chaleureusement ma patience d'avoir su au cours des années me permettre de continuer sans cesse m'astreignant, parfois, à certains sacrifices afin d'alimenter ce blogue assez régulièrement. Ma patience, oui, - on sait que ce n'est pas là ma vertu première - et l'endurance itou, car cela en exige un tantinet soit peu.


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Au fil des ans, plusieurs chroniques se sont ajouté puis ont disparu, certains thèmes, à une certaine époque récurrents, dorment aux archives, mais restent et demeurent l'essentiel, à savoir:

les citations de mes auteurs favoris, ceux qui, au fil des années, ont alimenté ma pensée... 
la poésie qui a imprimé en moi le goût du dire autrement, du aller derrière les choses, du regard sur les images qui s'impriment en soi, s'amalgament et créent quelque chose d'inattendu... 
le goût de dire le voyage (voyages asiatiques maintenant) qui relance en moi l'esprit d'aventure et ce besoin intrinsèque du changement, de l'ailleurs, du bris de routine...



                                                           Kết quả hình ảnh cho crapaud


LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON a maintenant dix ans. Prenons un court instant, chacun pour soi, et regardons ce qui reste de cette décennie; 
est-ce exact que le temps passe aussi vite qu'on le dit?
est-ce ...   est-ce ...  Kết quả hình ảnh cho crapaud


Je ne pourrai jamais oublier le bureau installé dans l'appartement de Montréal donnant sur la rue LaFontaine, là où le tétard trouvé au nord du Parc Forillon en Gaspésie devint ce crapaud qui a répandu sa bave sans jamais souiller quelque blanche colombe, a écrit, acceptant que la retraite toute joucencelle à l'époque puisse partager son temps entre ce blogue et la marche dans les rues et ruelles montréalaises.       Kết quả hình ảnh cho crapaud



Nous reverrons-nous dans dix ans?
Je nous le souhaite.
D'ici là, je dis...
... à la prochaineKết quả hình ảnh cho crapaud



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dimanche 30 août 2015

Campagne électorale et marché public

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     Où en sommes-nous? Les jours passent nous menant irrémédiablement d’abord vers septembre puis octobre… au 19 : journée fatidique, journée du VOTE.


Lors du dernier billet qui traitait de la campagne électorale en cours au Canada depuis le 2 août dernier – un rappel ici de la date car souvent et rapidement notre mémoire à la fois sélective et fugace se rouille et oublie – donc, lors de ce dernier billet j’annonçais en grande pompe que le prochain ferait la démonstration qu’une campagne électorale est à l’image d’un grand marché public.

D’abord, il m’apparaît opportun de potiner un peu. Le potin relève du bavardage, du commérage se vautrant dans des propos frisant la médisance. On voit tout de suite que c’est plus intéressant que la vérité surtout, comme tentait de le faire entendre le dernier billet (Semi électoral), la politique et le mensonge ont souvent tendance à valser sur la même musique.

Je reviens au marché après ces quelques potins.

Potin 1)

     Il est fort probable que le Crapaud puisse servir de poteau au Parti Vert qui n’a pas encore déniché un candidat dans le comté de Saint-Hyacinthe-Bagot. Un poteau, dans le vocabulaire électoral, se définit ainsi : un quelconque quidam offrant son nom et autres utilités légales à un parti politique afin que les électeurs d’un comté soient en mesure de voter pour celui-ci, permettant au parti politique de récolter quelques sous (un vote = je ne sais trop combien de $) ainsi que de pertinentes informations sur le degré d’intérêt qu’il suscite. Lors de l’élection tenue au Canada en 2011, quelle ne fut pas la surprise de plusieurs poteaux représentant le NPD de se retrouver en fin de campagne et après le vote… élus et sur le coup projetés dans l’arène politique à titre de députés! Comme les chances qu’un candidat du Parti Vert soit élu sont de l’ordre de l’infinitésimal, le Crapaud ne voit pas trop de risque à servir de poteau. Nous suivrons l’évolution de ce potin et vous tiendrons informés.

Potin 2)

     Aung Sang San Suu Kyi, leader birmane et Prix Nobel de la Paix, s’appellerait plutôt Anne Sansoucy selon mon ami Jean Choquette. Voici la question qui me taraude le cerveau depuis la présentation des candidats du NPD : serait-elle une parente proche ou éloignée de Brigitte Sansoucy qui portera les couleurs de ce parti dans le comté de Saint-Hyacinthe-Bagot? Si oui, vous voyez illico le dilemme qui s’abattrait forcément sur le Crapaud. Pourrait-il se mesurer à une parente (proche ou éloignée) de son idole?

Potin 3)

     En période électorale, période fort active il va sans dire, les sondages remplacent tous les oracles habituels. Le Crapaud ne peut pas nier que les chiffres parlent et nous révèlent souvent des vérités sybillines. Comme le temps électoral n’est guère propice à la véridicité des propos et des opinions, que faut-il comprendre des résultats des différents sondages qui pleuvent sur nous comme de grands oiseaux morts sous la canicule. Surtout, écoutez mon conseil: ne jamais les prendre à la légère. Lorsque plus de 1000 personnes, celles-ci interrogées par des professionnels de la question et de la réponse, vous disent, pourcentage à l’appui, qu’aujourd’hui elles vont appuyer tel parti parce qu’hier celui qu’elles croyaient être le meilleur les a déçues et qu’elles comptent bien, demain, modifier leur opinion si celui-là ne s’avère plus à la hauteur de leurs aspirations, vous voyez comment ou combien devrais-je plutôt dire, jusqu’où un sondage palpant le pouls de la population s’avère un modèle probabiliste hasardeux et incertain.

Potin 4)

     Ne vous fiez pas plus aux éditoriaux qu’aux sondages. C’est ce que nous disent les chefs politiques. Pour quelle raison? Je ne le sais pas plus qu’eux.



     Allez, laissons les potins de côté et abordons l’objet premier de ce billet : le marché public comme métaphore de la campagne électorale. Métaphore étant une figure d'expression fondée sur le transfert à une entité du terme qui en désigne une autre.

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Immédiatement, juste à l’œil nu, faire un parallèle entre ''marché public'' et ''campagne'' va de soi. L’un n’allant pas sans l’autre. On retrouve au marché public les produits de la campagne. Creusant en terreau fertile, on doit admettre que les produits que l'on retrouve au marché public doivent passer par une période, plus ou moins longue selon leur complexité génétique, allant de la semaison à la récolte. Il en va de même pour une campagne électorale. Force est d’admettre que les changements climatiques ont obligé le Prime Ministre à rallonger le temps de gestation afin que la moisson s’avère intéressante. Nous n’allons pas reprocher au Prime de tenir compte d’une réalité qui, en temps ordinaire, ne lui effleure même pas l’esprit.

On a semé. Les partis politiques ont affuté leurs armes, raffiné leurs stratégies, vampé leur programme et, surtout, ils annoncé par des promesses mirobolantes que la fenaison serait, sous leurs pioches et râteaux, la meilleure qui soit.

On a bêché, enlevé les mauvaises herbes, arrosé, épuré pousses et promesses de légumes tout comme les partis politiques ont choisi ceux et celles (en moins grand nombre) qui pouvaient s’avérer présentables en raison de leur bette, leur expérience, leur aisance à dire, médire et redire les lignes que le parti leur soufflera dans le dos comme on prend soin du potager mais pour eux l’objectif sera de partager la bonne et belle nouvelle.

Le temps passera et nous voilà arrivés au marché public. En lieu public. Déambuleront devant les légumes, devant les politiciens (sans mauvais jeu de mot) toute une kyrielle de gens désireux de se procurer carottes et tomates…

Ce temps passé au marché public, ce temps où on se doit absolument de vendre est certainement le plus crucial pour le légume ou le politicien. Temps critique. Faut se tenir bien, se tenir beau. Faire bien, faire beau. Un regard et tout est joué. Le choix, après tâtonnements, hésitations, doutes parfois tergiversations, barguignages même… et tel concombre, tel navet, tel poireau ou les trois se retrouvent dans un panier à provisions ou à prévisions.

Souvent, et cela est triste, une fois le choix fait au marché public, le consommateur ou l’électeur déniche une autre occasion, supérieure à la première, celle à laquelle il a donné son aval; il se dit alors : ça sera pour la prochaine fois.

Une campagne électorale et un marché public. Que retenir de cette comparaison? Le Crapaud n’en voit qu’une seule et unique : nous devrions nous-mêmes faire notre potager; récolter ce que nous semons car voilà ce dont nous avons réellement besoin; nous méfier des épouvantails qui s’immobilisent dans les grands champs Mosanto ou qui immobilisent l’environnement. Chacun à notre petit potager dans lequel on recueillera les fruits et légumes de notre labeur et que l’on saura partager avec nos voisins et nos amis.

À bon épandeur, salut!

À la prochaine

Entre nostalgie et fantaisie ... (44)

  Il n'y a que le réalisme qui arrive à ne pas décrire le réel... ou plus précisément, à le décrire de manière telle qu'il devient ...