jeudi 9 décembre 2010

Le trois cent quatre-vingt-sixième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-sixième saut

Un assez long moment sans parcourir le cahier de lecture, le cinquième. Il est tout à fait particulier, je l’ai déjà dit, puisqu’il contient des notes d’auteurs comme Jean Bédard, David Servan-Schreiber, Gérald Messadié, Jean-Claude Guillebaud, Fun-Chang, Mihaly Csikszentmihalyi, Spencer Johnson, Fernando Savater… Des auteurs qui s’attardent sur des questions philosophiques, sociologiques ou socio-médicales.

J’y puise, en vrac, quelques réflexions, question de reprendre le rythme…

. Écrire, c’est faire étalage de la longueur, de la largeur et de la profondeur de son ignorance et on peut s’y perdre tout entier.

Jean Bédard

. Un roman, c’est l’impossible de l’écriture. Qui peut écrire le roman d’un homme? Qui peut seulement écrire le roman de sa propre vie? On n’arrive jamais à écrire un roman, malgré toutes nos intentions, on ne peut qu’écrire des histoires tronquées, tronquées par les faits ou tronquées par notre imagination. Le roman d’un homme, c’est la vérité de la vie de quelqu’un dans la vie de quelqu’un d’autre, libérée des faits par l’amour.

Jean Bédard

. L’infini de l’eau aussi bien que l’infini du sable noient l’intolérable de la vie dans l’improbable des rêves.

Jean Bédard

. Tout se passe comme si les parties du cerveau cognitif qui contiennent tout le savoir approprié n’arrivaient pas à entrer en contact avec les parties du cerveau émotionnel marquées par le traumatisme, lesquelles continuent d’évoquer les émotions douloureuses.

David Servan-Schreiber

. … le cerveau émotionnel ne désapprend jamais…

David Servan-Schreiber

. En fait, les cicatrices émotionnelles du cerveau limbique semblent toujours prêtes à se manifester dès que la vigilance de notre cerveau cognitif et sa capacité de contrôle fléchissent, même temporairement.

David Servan-Schreiber

. Comme Damasio l’a brillamment expliqué, ce qui donne une direction, un sens à notre existence, ce sont précisément les vagues de ressenti qui affluent de ces sources de vie pour animer notre corps et nos neurones émotionnels. Et c’est en les cultivant, chacune, que nous pouvons guérir.

David Servan-Schreiber

. Le gnosticisme est une philosophie qui reflète une vieille faiblesse de l’esprit humain. Incapable d’imaginer un autre ordre de la nature qui celui qui se présente à lui, et convaincu d’emblée qu’il représente le couronnement de toutes les espèces vivantes, voire de l’univers, l’homme est naturellement enclin à interpréter les échecs de ses entreprises comme injustes. Pareil à l’enfant, qui ne se soucie que de soi, il attribue son infortune à une puissance surnaturelle et maligne qu’il définit comme un méchant dieu. Et, dans sa logique, il déduit que puisqu’il y a un mauvais dieu, il y en a aussi un bon. Bien sûr, il s’identifie au bon, qu’il comble de sacrifices, allant parfois, par ruse naïve, jusqu’à offrir aussi des sacrifices au mauvais, afin de ne pas le rendre jaloux. Il suppose aussi que ses souffrances sont partagées par le bon dieu, comme on le voit si clairement dans Homère, quand les héros tiennent pour acquis que tel ou tel dieu leur est propice, et il est finalement certain que le bon dieu est à couteaux tirés avec le mauvais. Comme nous sommes tous mortels et que nous supposons que la mort est un accident absurde qui n’adviendrait pas si le bon dieu régnait, nous déduisons aussi que, sur terre, le mauvais dieu triomphe toujours du bon. Ce qui signifie que le monde matériel est l’empire du mauvais dieu. Mais comme cette idée est insupportable, nous supposons aussi que, dans le monde invisible, le bon dieu prend sa revanche. C’est ce que font les Juifs. Ils ont admirablement mis en scène les tourments de l’âme.

Gérald Messadié

. Le dessin des événements se répète toujours, et pourtant, les événements, eux, ne se répètent jamais.

Gérald Messadié

. … le bonheur n’est pas quelque chose qui arrive à l’improviste; il n’est pas le résultat de la chance; il ne s’achète pas et ne se commande pas; il ne dépend pas des conditions externes, mais plutôt de la façon dont elles sont interprétées. Le bonheur est une condition qui doit être préparée, cultivée et protégée par chacun. Les gens qui apprennent à maîtriser leur expérience intérieure deviendront capables de déterminer la qualité de leur vie et de s’approcher aussi près que possible de ce qu’on appelle être heureux.

Mihaly Csikszentmihalyi

. … seule la capacité de tirer constamment de l’enchantement à partir de ce que nous faisons peut vaincre les obstacles au bonheur.

Mihaly Csikszentmihalyi

. J’évite l’indécision et les demi-décisions fondées sur des demi-vérités. J’utilise les deux volets d’une méthode fiable afin de prendre des décisions meilleures en permanence : un cœur généreux et une tête froide. J’utilise ma tête en me posant une question pratique et je consulte mon cœur en me posant une question intime. Puis, une fois que j’ai écouté les autres et moi-même, je prends une décision meilleure, et je m’y tiens.

Spencer Johnson

. … au moment de l’action particulière ici et maintenant, c’est celui qui agit qui doit décider ce qui est le plus opportun à chaque occasion concrète, sans se borner à appliquer mécaniquement un précepte ou une norme. Les règles de l’art de vivre, comme celles de n’importe quel autre art, proposent un schème d’orientation qui ne pourra cependant jamais se substituer à la «proairesis» du sujet – pour ainsi dire – à la touche personnelle à travers laquelle il affronte, à un moment précis, l’inimitable et fragile singularité de son existence. Il n’existe pas de science du vivre définie par des axiomes et des lois universellement admises qui puissent s’appliquer aussi bien dans la solitude expérimentale du laboratoire que dans la rue ou dans la jungle, mais il existe en revanche un art où se juxtaposent des traditions mémorables, des fragments de codes anciens, des règles pratiques de comportement et l’inspiration désespérée de l’espoir, à partir duquel ou contre lequel nous agissons lorsque le cas se présente. Autrement dit, du haut de la corde raide où nous faisons de l’équilibre sans filet ou au milieu de cette mer aux courants perfides sur laquelle nous tentons de demeurer à flot, l’expérience acquise et le souvenir de nos meilleurs maîtres sont les bienvenues… mais nous continuerons cependant à dépendre de la prudence de notre esprit, car nous sommes tous seuls.

Fernando Savater

Au prochain saut

vendredi 3 décembre 2010

Le trois cent quatre-vingt-cinquième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-cinquième saut




Deux mois loin du crapaud! Cela exige une réflexion alors que j’y reviens.

Parmi les objectifs de ce voyage, un important : voir autre chose afin de provoquer l’arrivée de nouvelles images pouvant m’amener à de nouveaux poèmes. Il y a eu beaucoup d’eau, de bois et de routes… de dépaysements qui à la limite n’en sont pas finalement et qui se définiraient par «être ailleurs»… Rapporter de ces ailleurs, les petits quelques choses qui relancent les mots.

Il y avait d’autres objectifs : voyager avec mon grand ami Jean-Luc puis ma fille Mathilde, tester le tendon, revoir Paris. À travers ces objectifs, s’est infiltrée cette réalité : devoir vivre avec quelqu’un 24 heures sur 24 alors qu’à Montréal, je suis plutôt seul. Non pas isolé, mais seul.

Ce fut une agréable situation qui se transforme maintenant rentré à la maison en une découverte : ma maison est grande, oui, mais principalement… silencieuse. Il faudra réfléchir en profondeur à cela.

Également, LE CRAPAUD que j’ai laissé derrière moi – deux venues entre le début octobre et la fin novembre – et que je retrouve là, à quelques sauts du quatre-centième. La question suivante se pose, celle qui atterrit normalement sur la table de travail lorsque je franchis une nouvelle centaine de sauts : qu’arrivera-t-il de lui?

Cet automne, avant le voyage, j’y suis allé de quelques textes portant sur l’actualité tout en maintenant l’essence du blogue : y déposer le contenu de mes cahiers de lecture, les poèmes anciens et actuels, quelques textes de fiction. Ces deux mois en Espagne et en France m’auront-ils poussé vers autre chose? Je me rappelle, tout en marchant avec Jean-Luc, avec Mathilde ou encore, seul sur les berges de la Seine, je me rappelle m’être dit que je devrais faire davantage de photographie… achever le projet de lecture des poèmes qui avance mais auquel il faudra redonner de l’élan… ou encore, belle folie, partir en voiture (louée ou minoune achetée) traverser le Canada d’est en ouest pour revenir par les USA d’Obama… relancer cette idée d’entrevues auprès de personnes que je rencontre et qui, selon elles, n’ont rien à dire mais qui parlent beaucoup pour les déposer sur le blogue sous forme de poscast.

Autre chose. Cela parle de la discipline que l’on s’impose lorsqu’on ne voyage pas, discipline mais plutôt les habitudes ou une certaine organisation du temps. La lecture, cette habitude montréalaise. Je n’ai quasiment pas lu pendant deux mois. Federico Garcia Lorca, en Espagne. Houellebecq (Le Goncourt ) à Paris. Autrement, rien. Pas même le journal. Imaginez le bonheur de (re)feuilleter LE DEVOIR en arrivant!

Voyager c’est aussi beaucoup transformer nos petites habitudes quotidiennes, les échanger contre d’autres qui s’installent forcément, et au retour, s’apercevoir qu’on les retrouve intactes, comme inscrites autour des meubles quand ce n’est pas directement sur les meubles. Ces habitudes installées à plusieurs niveaux, que l’on arrive à oublier, devenues des automatismes frôlant les rituels, le retour de voyage est peut-être une belle occasion de les réfléchir.

Donc, deux mois loin de Montréal, du CRAPAUD et aussi de la maison. Nous tenterons de voir comment ils ont fait bouger la suite des choses.

Je vous propose, aujourd’hui, une première note puisée à ce que je ramène des routes européennes. Je les placerai sur LE CRAPAUD s’en tenir compte de l’espace et du temps. Tout ce qu’il y a de plus en vrac… Le désordre le plus complet.

PREMIÈRE NOTE

En face de l’appartement que j’habitais à Paris, rue Belliard, loge un service d’accueil pour les réfugiés politiques en demande d’asile aux autorités françaises. Certains jours, personne n’y faisait la queue. D’autres, et c’était la règle, une foule de gens attendaient d’être reçus par des fonctionnaires. Afin de s’assurer une meilleure place, ils arrivaient la veille, installaient sur le trottoir des tentes improvisées faites de bâche ou de toile d’un plastique rudimentaire, y passaient la nuit, une nuit d’attente dans des conditions qu’ils souhaitaient ainsi moins pénibles. Les autres, dans des allers-retours incessants sur un mètre carré, se promenaient sous la pluie de novembre et la fraicheur des nuits parisiennes. Les voitures circulant sur le boulevard Ney lancent tôt le matin des bruits ahurissants qui se répercutent dans le viaduc à quelques pas de là. Voici ce que j’ai noté.

Je crains pour la politique

Je crois que bientôt elle disparaitra

Au profit d’organisations libres et hybrides

Celles qui reflèteront le style de vie de gens se réunissant

De manière aléatoire, unis par le même désespoir

Un décloisonnement social est à prévoir

Je crains aussi la violence de ceux qui n’ont rien

N’ont rien à espérer rien à perdre

La vie urbaine de plus en plus semble créer ce modèle

Il se réalisera tout doucement

Et les grandes valeurs qui s’y accrochent seront

Manger boire dormir chier et pisser puis faire l’amour

Avant de mourir

Sans enfants sans projets sans rêves sans papiers sans nom et sans foi

Et il pleuvra tout le temps

Pour laver fruits et légumes

D’un monde gris de novembre à novembre

«un carnet d’ivoire avec des mots pâles»

B O N A C E (nom féminin)

. calme plat de la mer après ou avant une tempête.

B O N N E T E A U (nom masculin)

. jeu d’argent dans lequel le bonneteur mélange rapidement trois cartes après les avoir retournées, le joueur devant deviner où se trouve une de ces cartes.

Au prochain saut

lundi 29 novembre 2010

Le trois cent quatre-vingt-quatrième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-quatrième saut



De retour…

Comment on recommence? On se relance ou ressaute?

La manière la plus simple serait, et je vous l’offre, par un poème.


lui semblait-il


depuis si longtemps et si loin il marche

lui semblait-il

devant lui une route cartographiée s’effiloche

croyait-il


derrière un rideau en laine d’eau

coulissent des images, lui semblait-il

plus diaphanes que des ombres de fantômes

croyait-il


on lui avait tant dit, tant répété

de ne pas marcher sur cette route,

cela l’atrophierait jusque dans ses couleurs


mais les paroles ne le rejoignaient pas

semble-t-il

et depuis longtemps et plus loin encore il marchait

croit-il


au croisement de huit lignes parallèles

il vit des odeurs inconnues

quatre routes entre vie et mort

les autres entre mort et vie


et ce fut tout

la fin de tout

l’entrée du départ

la sortie de l’arrivée

le croyait-il

ou du moins lui semble-t-il


Au prochain saut

dimanche 17 octobre 2010

Le trois cent quatre-vingt-troisième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-troisième saut

Soria (Espagne)

Un saut de crapaud débuté en Espagne, poursuivi en France…

Octobre. Je vis comme une saison que l’on pourrait qualifier d’entre-deux : de belles envolées d’automne avec de solides coups d’été. Mais ce n’est pas le plus surprenant : ce qui me dépayse au maximum, c’est la langue espagnole, elle pose problème… des majeurs. Les mots, on réussit toujours à la limite à en découvrir le sens mais la grammaire espagnole ajoutée à la vitesse parfois vertigineuse avec laquelle nos amis espagnols parlent entre eux, voilà le problème.

Que dire de l’Espagne, du peu, très peu d’Espagne que l’on franchit sinon que Barcelone est une ville tout à fait extraordinaire (j’y serais demeuré plus de trois jours), que la route entre la capitale catalane et la Castille en passant par Saragosse pour arriver à Catalayud (à quelques kilomètres de Soria en Castille) nous a offert des paysages variés.

Que dire des Espagnols sinon qu’ils sont, pour ceux que nous avons rencontrés, des êtres chaleureux pour qui le rythme se colle à la vie et non le contraire. Ils sont très autonomistes, je n’ai qu’à me rappeler le Catalan de la gare du métro qui sympathisait avec nous parce que nous devions quitter Barcelone pour entrer en Espagne, là où on allait découvrir des êtres barbares parce qu’ils n’ont pas encore aboli la tauromachie. Petite information : nous n’avons pas vu de corrida et je n’ai pas insisté pour que la chose se fasse… mon côté catalan sans doute!

On fume encore dans les bars et les restaurants. Ça fait bizarre de voir et sentir cela. On fait la sieste ici, même si nous n’avons pas encore pu l’apprécier, ne voulant pas nous faire perdre une minute de découverte.

Les petits villages autour de Soria sont tout simplement merveilleux. Un peu comme le système français, en province… on passe d’un village à un autre et y découvrons de minuscules rues, des maisons construites de pierres dorées d’une grande beauté. Malgré le fait que l’on sente la vie villageoise perdre de sa vigueur, ceux qui s’y installent ou ceux qui y restent encore peuvent se définir comme des irréductibles. J’ai bien hâte de comparer ce petit bout d’Espagne avec la côte française à partir de Biarritz en montant vers Bordeaux.


La région du Rioja, celle du vin, nous aura laissé une belle impression. Le vin que nous y avons bu se défend très bien. Les vendanges battent leur plein. Une petite tradition fort agréable: la promenade de bar en bar pour y manger des tapas arrosés de vin rouge typique de la région. Plus nous avançons, meilleurs sont les «rouges»...

La route entre Logrono (capitale du Rioja) et Biarritz en passant par le pays basque espagnol, San Sebastian nous fait découvrir un nouveau type de paysages. Nous traversons les montagnes avant d'entrer dans des cités industrielles. De beaux contrastes.

Je songe souvent au voyage de l’an passé. Je me dis que la route est bien partie, qu’une fois maîtres de notre destinée et de notre itinéraire, au volant de la voiture, je serai véritablement là où j’avais dû tout laisser en 2009 mais cette fois, continuer à avancer. Un jour après l’autre et remplir chacune des journées du maximum, voilà une recette infaillible pour un séjour agréable. C’est beaucoup l’état d’esprit dans lequel je suis actuellement de même que mon ami Jean-Luc, compagnon de voyage tout à fait exceptionnel.

Je suis actuellement à Andernos-les-Bains, en France. Tout à côté du bassin d’Arcachon entre Cap-Ferret (la pointe sud) et Arcachon,où l’océan Atlantique nous propose ses allures estivales, du moins pour nous qui ne sommes pas habitués de se promener en octobre avec des vêtements d’été. Ça ne semble pas inquiéter les autochtones mais nous, oui.

La route entre Biarritz et ici, je l’imaginais ressemblant à notre 132 menant vers la Gaspésie. Rien à voir. Des arbres (des pins), des forêts d’arbres et fort peu de civilisation… On ne s’est rien mis sous les yeux… pour le moment encore.

Alors que le soleil me brûle le dos et éblouit l’écran de l’ordinateur, nous nous préparons pour une autre journée française.

Au prochain saut

vendredi 1 octobre 2010

ERREURS TECHNIQUES

Des erreurs techniques s'amusent à rendre le texte des derniers sauts difficiles à lire.

Je n'en excuse et verrai à corriger la situation.

Le crapaud

jeudi 30 septembre 2010

Le trois cent quatre-vingt-deuxième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-deuxième saut




Un dernier saut avant de prendre l’avion pour Barcelone dans un peu plus de 48 heures.

Rappeler qu’à partir du 3 octobre prochain, ça sera sur le blogue Jean / Pierre et la route…

que le crapaud s’entretiendra avec vous en tenant une sorte de carnet de voyage.

Information : j’ai décidé de ne pas me rendre au Vietnam. Surprise? Oui et non.

L’an dernier, avant de partir pour le périple de trois mois qui s’est achevé trois semaines plus tard,

j’avais eu comme des signes – j’en parlais dans un saut – non pas négatifs mais qui semblaient

m’indiquer que ce voyage ne se rendrait pas à terme.

Je ne les avais pas écoutés sans doute parce qu’à ce moment-là, ennuyé par la période de

convalescence reliée au tendon d’Achille, je n’avais qu’une idée en tête, partir au plus coupant.

Cette fois-ci, je suis comme plus attentif. Depuis le départ de mon ami Pierre vers l’Asie, je sens

comme une espèce d’ambivalence : un jour c’est oui pour le Vietnam, l’autre non, sans trop être

en mesure de dire exactement pourquoi. Il me semble que l’intérêt devrait être à son comble

et à la place, c’est une hésitation qui apparaît pour ensuite disparaître puis revenir.

Je ne sais pas ce que cela veut dire mais ça m’a obligé à prendre la décision

de remettre mon séjour prévu au Vietnam.

C’est vrai de dire que je suis davantage de tempérament européen qu’asiatique, vrai également

que le fait de ne pas avoir séjourné à Paris depuis 2006 alors que j’y suis allé

avec mon frère Jacques

a sans doute, inconsciemment, pesé dans la balance.

Ou encore est-ce les nombreuses heures de vol? Ou, je ne sais quoi?...

Voilà pour l’information.

Je retourne à ma valise. Il ne faut pas que j’oublie mon Federico Garcia Lorca :

ça sera spécial de le lire dans son pays natal.

À la prochaine

lundi 20 septembre 2010

Le trois cent quatre-vingt-unième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-unième saut

La chorale (Jean-Luc, Jean et Gérard)

Des sauts de crapaud cet automne, il n’y aura plus beaucoup. Non pas que je me prépare tout doucement à hiberner – d’ailleurs, les crapauds hibernent-ils ? – mais je concentrerai plutôt mes «écritures» à partir d’octobre sur l’autre blogue, celui du voyage, celui sur lequel mon ami monsieur Larose dépose actuellement quelques traces asiatiques…

Je vous laisse l’adresse :

http://jeanpierrelaroseturcotte.blogspot.com/

Ceci étant dit, je vous donne les composantes actuelles de ce voyage que j’entreprends avec mon ami Jean-Luc, celui de la chorale qui sera amputée momentanément de notre indispensable Gérard. Ces composantes risquent, comme dans tout bon voyage, de se modifier selon la couleur du jour ou encore l’attrait d’une route plutôt qu’une autre.

Nous partons de Montréal le samedi 2 octobre pour arriver à Barcelone (Espagne) le lendemain, dimanche 3 octobre. Nous y resterons trois nuits avant de nous diriger vers Soria où nous retrouverons Carlos, un ex-beau-frère de Jean-Luc. Là, nous comptons bien nous faire «hispanoliser» si le terme peut s’utiliser, je pense surtout à mieux apprécier le vin espagnol, la cuisine espagnole, la langue espagnole…

Biarritz nous attend le 15 octobre et de là nous entreprendrons la partie française du voyage devant nous conduire à Paris le 28. Quelques points de chute que l’on envisage : Arcachon, la Dune du Pilat, Bordeaux et sa région; La Rochelle et sa région; Rennes dernière escale avant la Capitale. Paris une semaine, c’est-à-dire jusqu’au départ de Jean-Luc qui dira, j’en suis certain, «à l’an prochain» terre française.

Nous serons à ce moment-là en novembre, le 4. Jean-Luc de retour, ma fille Mathilde devrait arriver sur Paris pour y passer au moins une semaine. Nous logerons dans le 18ième arrondissement, tout près de la Porte de Clignancourt. Pour moi, ça sera une deuxième semaine parisienne. C’est peu pour celui qui a raté la majeure partie de son voyage l’an dernier pour les raisons que l’on connait et sur lesquelles je ne veux pas revenir.

Autour du 15 novembre, je devrais normalement rejoindre mon ami monsieur Larose qui sera à Ho Chi Minh-Ville depuis près de deux mois.

Voilà, sommairement, le planning à moins de deux semaines du départ. J’espère que vous nous suivrez de manière virtuelle. De toute manière, sur les deux blogues

LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON

et

JEAN/PIERRE ET LA ROUTE...

il vous sera possible, d’un seul clic, de passer de l’un à l’autre.

À la prochaine.

dimanche 12 septembre 2010

Le trois cent quatre-vingtième saut / Le trois-cent-quatre-vingtième saut



Éclectique
En vrac
Et
Échevelé



Les Insolences du frère Untel ont 50 ans

Déjà. Cela ne rajeunit personne!
Je me souviens d’avoir croisé le frère Untel (Jean-Paul Desbiens) lors d’un congrès de la SSJB quelques années après la parution du livre qui lançait le débat sur l’état de la langue au Québec. En quelle année c’était, ma mémoire fait défaut mais je me rappelle que son intervention avait été à la hauteur de son livre et que plusieurs prises de position de la vieille société nationaliste s’en inspirèrent.
Questions. C’est la journée des questions, semble-t-il!
La situation a-t-elle changé? Des pas gigantesques ont été enregistrés surtout au niveau de l’enseignement de la langue malgré que l’on identifie toujours certaines lacunes. Sur le plan politique, la loi 101 a institué le français comme langue officielle au Québec et on a créé des mécanismes pour surveiller son application. Le ministère de l’Éducation qui n’existait pas il y a 50 ans oblige les jeunes Québécois à fréquenter l’école jusqu’à l’âge de 16 où ils reçoivent des services éducatifs dans leur langue maternelle. Il a parmi ses mandats de voir à ce que l’enseignement du français (et de l'anglais) soit de qualité et évalué périodiquement.
Autre question. Vous vous y attendiez, j’en suis certain. La voici : si le frère Untel réécrivait son livre, 50 ans plus tard, sur quoi porteraient exactement ses «insolences»? L’insolence est souvent attribuée à un inférieur, celui-ci manquant de respect pour un supérieur. Corollaire : y avait-il derrière les textes de Desbiens une certaine volonté d’affronter ses supérieurs ecclésiastiques qui l’auraient obligé à demeurer dans l’anonymat un certain temps et, je crois, même empêché d’assister au lancement du livre lui-même.
Une chose est certaine, la parution des Insolences du frère Untel eut l’effet d’une bombe dans notre société qui sortait à peine de l’ère de Duplessis.


Réseau Liberté-Québec

Le pendant canadien du Tea Party of Canada qui lui-même a un petit frère américain le Tea Party , le Réseau Liberté-Québec a été créé par une poignée de militants qui utilisent les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) afin de partager leurs idées de droite. L’individualité se veut la valeur centrale et les contrôles gouvernementaux leur donnent de l’urticaire.
En octobre prochain, on tiendra à Québec, ville où semble-t-il les idées conservatrices et libertariennes poussent dans un terreau fertile, un rassemblement au cours duquel des conférenciers dont le chef de l’ADQ seront présents.
Ma question en lien avec la naissance de ce mouvement est la suivante : pourquoi? Comme vous pouvez le constater cette question je l’ai murie avant de la poser… En fait j’ai peine à comprendre qu’après les années Bush, les problèmes économiques reliés à tout le système financier et cela à travers le monde, l’arrivée de Barack Obama à la présidence des USA, de l’évidence que la mondialisation ne profite qu’aux riches et aux multinationales, comment peut-on expliquer que des mouvements de droite puissent encore resurgir?
À suivre. J’ai hâte de voir comment cela va s’installer au Québec surtout, me semble-t-il, que tous nos partis politiques penchent drôlement à droite présentement.


Gaz de schiste


C’est à la fois complexe et bien simple. On nous a expliqué comment on allait procéder pour l’extraire, que des recherches de l’ordre de 200 millions de dollars ont été entreprises afin de mesurer l’étendue de ce potentiel qui dort depuis des siècles sous notre sol. Il ne semble pas s’en formaliser, ce gaz de schiste qui, selon les experts, rapporterait des dividendes extraordinaires.
C’est tout de même intéressant de remarquer que l’ancien PDG d’Hydro-Québec, celui qui nous a permis de survivre à la crise du verglas de 1998, soit un des plus ardents promoteurs de l’exploitation du gaz de schiste; je parle ici de monsieur André Caillé.
Deux questions me tarabustent. Je les soumets à votre réflexion, vous invitant à les approfondir. Le première : à qui appartient le sol québécois? En corollaire : pourrait-on envisager que le terrain à côté du duquel je vis et sur lequel on découvrirait une quantité exploitable de gaz de schiste, ce terrain devenu la propriété d’une compagnie gazière puisse devenir un puits genre puits de pétrole?
Deuxième question : est-ce que le gaz de schiste s’avèrerait une énergie plus intéressante que l’eau de nos rivières se transformant en électricité? En corollaire : le fait que l’hydro-électricité soit nationalisée au Québec inciterait les compagnies oeuvrant dans le domaine du gaz à se lancer dans l’aventure pour ensuite la refiler au gouvernement à prix d’or?
À suivre également.


Inquiétude

. Est-ce que la menace de bruler le Coran de la part d’un pasteur chrétien est traitée de la même façon aux USA que si un imam annonçait qu’il allait mettre le feu à la Bible?


«un carnet d’ivoire avec des mots pâles»


B L E T (B L E T T E)
(adjectif) : du verbe blettir
. dont la chair, trop mure, s’est ramollie.


B U R G R A V E
(nom masculin)
. dans le Saint-Empire, Commandant d’une ville ou d’une citadelle (fonction, puis titre nobiliaire).

Au prochain saut

mardi 7 septembre 2010

Le trois cent soixante-dix-neuvième saut / Le trois-cent-soixante-dix-neuvième saut



Alors que je suis à lire le dernier Yann Matel (BÉATRICE ET VIRGILE) – un titre qui nous ramène à La divine comédie de Dante – je me retourne vers les notes de lecture qui traitent de l’Holocauste ou des atrocités déployées par les nazis. Elles nous parviendront de Jonathan Little (LES BIENVEILLANTES), de Jorge Semprun (L’ÉCRITURE OU LA VIE), du classique de Primo Lévi (SI C’EST UN HOMME) et finalement de Daniel Mendelsohn (LES DISPARUS).

Little


. Je croyais maintenant mieux comprendre les réactions des hommes et des officiers pendant les exécutions. S’ils souffraient, comme j’avais souffert dans la Grande Action, ce n’était pas seulement à cause des odeurs et de la vue du sang, mais à cause de la terreur et de la douleur morale des condamnés; et de même, ceux que l’on fusillait souffraient souvent plus de la douleur et de la mort, devant leurs yeux, de ceux qu’ils aimaient, femmes, parents, enfants chéris, que de leur propre mort, qui leur venait à la fin comme une délivrance. Dans beaucoup de cas, en venais-je à me dire, ce que j’avais pris pour du sadisme gratuit, de la brutalité inouïe avec laquelle certains hommes traitaient les condamnés avant de les exécuter, n’était qu’une conséquence de la pitié monstrueuse qu’ils ressentaient et qui, incapable de s’exprimer autrement, se muait en rage impuissante, sans objet, et qui devait donc inévitablement se retourner contre ceux qui en étaient la cause première. Si les terribles massacres de l’Est prouvent une chose, c’est bien, paradoxalement, l’affreuse, l’inaltérable solidarité de l’humanité. Aussi brutalisés et accoutumés fussent-ils, aucun de nos hommes ne pouvait tuer une jeune juive sans songer à sa femme, sa sœur ou sa mère, ne pouvait tuer un enfant juif sans voir ses propres enfants devant lui dans la fosse. Leurs réactions, leur violence, leur alcoolisme, les dépressions nerveuses, les suicides, ma propre tristesse, tout cela démontrait que l’autre existe, existe en tant qu’autre, en tant qu’humain, et qu’aucune volonté, aucune idéologie, aucune quantité de bêtise et d’alcool ne peut rompre ce lien, ténu mais indestructible. Cela est un fait, et non une opinion.

Semprun

. Depuis quinze jours, chaque fois que j’avais eu affaire à des gens du dehors, je n’avais entendu que des questions mal posées. Mais pour poser les bonnes questions, peut-être fallait-il déjà connaître les réponses.

. Personne ne peut se mettre à ta place, pensais-je, ni même imaginer ta place, ton enracinement dans le néant, ton linceul dans le ciel, ta singularité mortifère. Personne ne peut imaginer à quel point cette singularité gouverne sourdement ta vie; ta fatigue de la vie, ton avidité de vivre; ta surprise infiniment renouvelée devant la gratuité de l’existence; ta joie violente d’être revenu de la mort pour respirer l’air iodé de certains matins océaniques, pour feuilleter des livres, pour effleurer la hanche des femmes, leurs paupières endormies, pour découvrir l’immensité de l’avenir.



Lévi

. Si c’est un homme

Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c’est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c’est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu’à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N’oubliez pas que cela fut,
Non, ne l’oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s’écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

Mendelsohn

. Il y a bien des façons de perdre des parents, ai-je pensé : la guerre n’est qu’une parmi d’autres.

. Finalement, nous ne nous trompons pas parce que nous ne faisons pas attention mais parce que le temps passe, les choses changent, un petit-fils ne peut pas être son grand-père, en dépit de tous ses efforts pour l’être; parce que nous ne pouvons jamais être autre que nous-même, prisonnier que nous sommes du temps, du lieu et des circonstances. Quel que soit notre désir d’apprendre, de savoir, nous ne pouvons jamais voir que de nos propres yeux et entendre de nos propres oreilles, et la façon dont nous interprétons ce que nous voyons et entendons, dépend, en dernier ressort, de qui nous sommes et de ce que nous pensons déjà savoir ou désirer savoir.


On verra plus tard ce que Martel a écrit sur le sujet.

Au prochain saut

mercredi 1 septembre 2010

Le trois cent soixante-dix-huitième saut / Le trois-cent-soixante-dix-huitième saut



Éclectique
En vrac
Et
Échevelé



Un hôpital magnétique

C’est un établissement qui favorise l’autonomie professionnelle;
une administration qui appuie ses employés;
un environnement de travail qui permet une bonne collaboration entre les médecins et les infirmières;
une direction qui encourage la formation continue;
un climat de travail qui valorise les relations avec les pairs;
une main-d’œuvre abondante;
une dimension clinique qui fait toute la place au patient;
des soins de grande qualité.

L’Hôpital Général Juif de Montréal appliquerait ce modèle. Est-ce que cela signifie que dans notre système de santé (en fait notre système de gestion de la maladie) tous les hôpitaux qui ne possèdent pas l’étiquette «magnétique» ou ne sont pas en voie d’y parvenir sont des établissements où les éléments ci-haut mentionnés doivent se lire à la forme négative?

La Commission Bastarache

Les plus grandes vérités ne sont pas nécessairement celles que l’on croit. Souvent elles sont cachées derrière de grands mensonges ou encore des évidences qui crèvent les yeux mais que l’on escamote pour la simple raison qu’elles doivent avec le temps s’être éculées.
Chez mon barbier, la semaine dernière, j’ai tout compris des enjeux de la Commission Bastarache (de malins étymologistes relèveront surement l’élément «corrompu» dans la racine anglaise «bastar» du mot Bastarache), et cela par les sages paroles d’un homme d’un certain âge. Il se surprenait d’entendre parmi les clients en attente de tonte le fait que l’on cherche à savoir qui dit vrai et qui ment dans toute cette histoire de nomination des juges du Québec. Souvenez-vous, rappelait-il, que tout gouvernement quel qu’il soit est d’abord redevable à ceux qui lui ont permis de le devenir, et ce n’est surtout pas aux électeurs, ils sont trop nombreux pour être récompensés individuellement. Ce sont les donateurs et parmi eux les plus généreux se verront remercier. Il ne faut pas s’étonner de tout cela puisque ça toujours été et ça risque de le demeurer pour longtemps.
J’admire cette sagesse et remarque en lisant la liste des avocats qui représenteront le premier ministre, le parti libéral et le gouvernement qu’étrangement qu'ils sont tous de près ou de pas trop loin, reliés au premier ministre et au parti libéral. C’est tout à fait normal. Vous et moi n’engagerions pas un procureur si celui-ci ne partageait pas nos valeurs ou notre point de vue sur une cause.
Toutefois, une évidence remonte à la surface: l’un ou l’autre (Jean Charest / Marc Bellemare) ou encore l’un et l’autre, devant le commissaire Bastarache a menti ou devra mentir… ou ne pas se souvenir ce qui parfois signifie la même chose.
Cette histoire nébuleuse n’en cacherait-elle pas plutôt une autre : la vengeance d’un naïf en politique?
À la fin de cette commission d’enquête, souhaitons que la justice ait grandi et que son administration fasse l’objet d’une profonde réflexion.

Jean / Pierre et la route


Mon ami Pierre Larose a mis les pieds au Vietnam au moment où ces lignes sont écrites. Il y sera pour les six prochains mois.
Moi-même, je pars (le 2 octobre) vers l’Espagne pour ensuite entrer en France avec mon ami Jean-Luc Méthé.
Pierre et moi avons convenu d’alimenter chacun de notre côté le blogue Jean / Pierre et la route…
Je vous convie donc à suivre deux itinéraires qui peut-être se croiseront quelque part en novembre. Voici l’adresse :

http://jeanpierrelaroseturcotte.blogspot.com/


Inquiétudes

. un 152ième soldat canadien est mort en Afghanistan;

. le registre des armes à feu risque de mourir à la Chambre des Communes d’Ottawa;

. vaut mieux ne pas être un Roumain séjournant en France actuellement;

. vaut mieux ne pas être un mineur au Chili actuellement;

. les Pakistanais se noient et on se demande à quoi servirait de les aider puisque leur gouvernement ne le fait pas.


Au prochain saut

mercredi 25 août 2010

Le trois cent soixante-dix-septième saut / Le trois-cent-soixante-dix-septième saut


Alain Horic

Difficile à trouver, du moins dans mon entourage poétique, un poème qui aborde le thème de la peur. (Parenthèse) : les serpents de la peur suivra celui-ci, de Alain Horic (poète né en 1929 en Bosnie et arrivé au Québec en 1952) dont je me souviens vaguement quelques écrits publiés dans la revue Parti-Pris. Avec Juan Garcia et Michel van Schendel, il fera partie en 1958 des «poètes migrants» de l’Hexagone avant d’être de la réorganisation des éditons en 1961 puis, avec Miron, formera la quatrième équipe de direction, cela en 1965. Il y sera très actif jusqu’en 1991.

On a beaucoup rapproché ce poème de LA CAGE D’OS de Saint-Denys-Garneau. Vous verrez par vous-même.




LA CAGE DE CHAIR
(Alain Horic)

Je voudrais que cet animal
qui s’éveille
chaque jour en moi
meure
enfermé dans sa cellule
de peau

La nuit je le surprends
m’arrachant les côtes
comme des barreaux

À chaque nouvelle lune
je lui cède
pour m’enfuir

brouiller les chemins
de retour

j’ai peur
qu’il morde le cœur

Au centre de la brousse humaine
rompre l’harmonie
de la chair
qui vibre de mille désirs

Je suis las de le traîner
derrière moi
pour témoigner de ma présence

Je dois l’étrangler
pour l’enfant
qui m’appelle
par le code secret du sang

À l’aube
quand il sera raidi
je prendrai le doigt d’un mort
pour crever l’infini




les serpents de la peur


les pas reculent quand s’avance la nuit
et la peur installe, au ventre, ses serpents
puis minutieusement, interminablement
les abreuve des remords du jour

la peur - coup de tonnerre à l’estomac
épée de Damoclès plantée dans le ventre -
étend froidement sur le vaste autel des croyances
un chapelet dépecé aux nœuds des serpents

crier du silence à tue-tête
se lover autour des algues d’un ruisseau
y voir un océan déchainé
avaler des poissons aux yeux creux

les serpents de la peur
redoutables comme des odeurs volées à la nuit
s’enroulent langoureusement autour de soi
pour accoucher de leurs faux diktats

les serpents de la peur
ces dictateurs atrophiés aux mains étouffantes
s’attaquent férocement à la gorge
y déposant la gangrène arrachée à un dernier souffle

les serpents de la peur
étourdissent de leurs dissonantes symphonies
la quiétude des fleurs qui tomberont des arbres
quand les frissons auront vrillé leur dernière chaleur

blancs devenus noirs, écarlates dans l’ombre
ils regardent, muettement, avec des certitudes d’évangile
fondre les os calcinés des témoins perdus
cherchant à s’évader du cercle perpétuel

ce que serine les serpents de la peur
rappelle les éblouissements géographiques
des longues terres inconnues
qu’un marcheur surpris découvrirait par hasard

… où il y croiserait des serpents


Au prochain saut

dimanche 22 août 2010

FORILLON: 40 ans








Le crapaud tient à rendre hommage à tous ces Gaspésiens et Gaspésiennes qui, il y a quarante ans, ont connu, vécu de pénibles moments à cause de l'expropriation sauvage dont ils furent victimes et de l'exploitation éhontée qu'ils ont subie,et cela de manière tout à fait consciente, de la part de leurs deux gouvernements alors dirigés par Pierre Trudeau et Robert Bourssa.

Aujourd'hui, ils se souviennent. Que leur courage et leur détermination soient une illustration de leur farouche volonté à ne pas oublier, à ne jamais oublier!

Dans un autre 40 ans, peut-être, recevront-ils des excuses, minimale consolation pour toutes ces souffrances.

Hommage particulier à Lionel Bernier, leur avocat et leur voix.

mercredi 18 août 2010

Le trois cent soixante-seizième saut / Le trois-cent-soixante-seizième saut



Un peu beaucoup pour vous situer : j’en suis actuellement à éplucher le quatrième cahier de lecture, sans doute le plus éclectique de tous. Voici quelques exemples qui illustrent bien ce propos.

Jean Bédard (NICOLAS DE CUES) :
Une forme devrait entraîner naturellement une réforme. Hélas! c’est une loi de notre condition d’homme qu’une longue habitude devienne pour nous une seconde nature, soit tenue pour vérité et défendue comme telle.

David Servan-Schreiber (GUÉRIR) :
… nos émotions ne sont que l’expérience consciente d’un large ensemble de réactions physiologiques qui surveillent et ajustent continuellement l’activité des systèmes biologiques du corps aux impératifs de l’environnement intérieur et extérieur. Le cerveau émotionnel est donc presque plus intime avec le corps qu’il ne l’est avec le cerveau cognitif. Et c’est pour cette raison qu’il est souvent plus facile d’accéder aux émotions par le corps que par la parole.

Gérald Messadié
(L’HOMME QUI DEVINT DIEU) :
La patience est la clé du ciel, et toute la colère du monde ne fera pas tourner le Soleil d’un pouce plus vite.

Céline Cyr
(LE TEMPS D’UNE PHOTO) :
Les gens ne se parlent pas. À force de ne rien se dire, ils ne s’aperçoivent pas qu’ils ignorent qui ils sont et ce qu’ils font.

Arthur Rimbaud (UNE SAISON EN ENFER) :
Je suis de race inférieure de toute éternité.

Loïse Lavallé
e (ÉLOÏSE, POSTE RESTANTE - LETTRES À UNE ENFANT DISPARUE)
J’ai pourtant peur de ne pas t’avoir suffisamment appréciée lorsque tu étais du même voyage que moi. Si seulement on savait avant la mort de l’autre ce qu’on découvre après. Ou bien est-ce le non-retour qui fait prendre à ce qu’on sait déjà des proportions qui coupent le souffle et les bras?

Monique Wittig
(LES GUÉRILLÈRES) :
… elles affirment triomphent que tout geste est renversement.

Fun-Chang (UTILISE CE QUE TU ES) :
Cette capacité d’être témoin sans t’identifier à chaque situation te donne une puissance incommensurable.

Mihaly Csikszentmihaly (VIVRE) :
On dit de ceux qui transforment les tragédies en expériences positives qu’ils bénéficient de «résilience».

Spencer Johnson
(OUI OU NON) :
L’intuition : c’est un savoir logé dans votre subconscient qui est fondé sur vos expériences passées. C’est elle qui vous souffle que quelque chose vous convient ou pas.

Yvon Rivard (LE MILIEU DU JOUR) :
On ne peut pas aimer ni être aimé par quelqu’un qui ment.

Dany Plourde
(VERS QUELQUE – SOMMES NOMBREUX À ÊTRE SEUL) :
et puisqu’il semble n’y avoir aucune présence
de première personne du pluriel valable
m’assassinerai donc partiellement en tant que
première personne du singulier

Tania Langlais (LA CLARTÉ S’INSTALLE COMME UN CHAT) :
achever l’histoire sortir d’ici
une promesse est un objet perdu
du calme petit abîme
dans la patience de ce qui n’arrive jamais

Marc-André Brouillette (CARNETS DE BIGANCE) :
Ici ne sera plus hier, puisque désormais nous transportons nos lointains.

David Wormaker (UNE POLICE EN STUCCO FONCÉ) :
sous tes airs fatals et quelconques
tu règnes trop sur ma vie
pour y laisser quelque place à la vérité

Paul Verlaine (POÈMES SATURNIENS – SUIVI DE FÊTES GALANTES) :
Le soleil, moins ardent, luit clair au ciel moins dense.
Balancés par un vent automnal et berceur,
Les rosiers du jardin s’inclinent en cadence.
L’atmosphère ambiante a des baisers de sœur.

André Carpentier (RUELLES, JOURS OUVRABLES) :
Flâner, c’est comme naître ou mourir, ça ne se fait jamais mieux que seul; à quelques-uns si on veut, mais chacun pour soi, en suivant son instinct, quitte à se perdre de vue.

Fernando Savater (CHOISIR LA LIBERTÉ) :
Nous tentons de conserver seulement ce que nous risquons de perdre.

André Gide (LA SYMPHONIE PASTORALE) :
S’emparer de ce qui ne peut se défendre, c’est de la lâcheté.

Colette (CHAMBRE D’HÔTEL) :
Ce qu’on trouve ne vaut pas toujours ce qu’on quitte.

Andrée Chedid (L’AUTRE) :
L’espoir est toujours un mensonge. Ce qui n’a pas de racine n’est qu’illusion.

Sébastien Chabot (L’ANGOISSE DES POULETS SANS PLUMES) :
Oui, les enfants ont toujours raison. Les malheurs du début de notre vie seront la terre de nos cauchemars. Il vaudrait mieux mourir en culottes courtes, pendant qu’on ne voit pas encore la durée de nos douleurs.

Francis Carco
(LA RUE) :
Les vérités premières ont ceci d’excellent qu’on peut les appliquer à tout.

J.S. Mill
Pour que de petites améliorations se produisent dans l’humanité, il faut qu’un grand changement survienne dans ses modes de pensée.


Je vous avais prévenu que ça irait de tous côtés!

Au prochain saut

vendredi 13 août 2010

Le trois cent soixante-quinzième saut / Le trois-cent-soixante-quinzième saut



Le crapaud travaille actuellement un poème sur le thème de la peur. Sans trop savoir pourquoi, je l’associe aux serpents… les serpents de la peur. Pour m’aider à voir un peu plus clair dans les images qui m’assaillent, je suis allé questionner certains auteurs; qu’en pensent-ils, qu’ont-ils écrit sur cette bizarre d’émotion?

Léna Allen-Shore, (NE ME DEMANDEZ PAS QUI JE SUIS) :
Le danger existe, c’est vrai, mais cela n’est pas le plus important! Le vrai danger demeure en nous, car il se nomme «la peur». La faiblesse doit être combattue par nous-mêmes, avant que le danger du dehors nous atteigne.

Robert Blondin, (7e DE SOLITUDE OUEST) :
Le dard de la peur est un des rares à atteindre l’âme avec autant de méchanceté. À y laisser autant de traces vives … cette peur qui sait attaquer les défenses les mieux aguerries et fait régresser l’inconnu jusqu’aux ténèbres les plus primitives.

Monique Bosco, (UN AMOUR MALADROIT) :
On ne peut jamais tuer la peur. Fidèles, chaque nuit, les cauchemars reviennent. La lutte recommence. Les souvenirs enterrés à grands frais vivent d’une nouvelle vie, plus vivace que l’ancienne.

Roseline Cardinal, (JULIETTE ET LES AUTRES)
… la peur est la sœur de l’imagination…

Louis Caron
, (LE CANARD DE BOIS) :
… vous savez ce que ça peut provoquer la peur? Il y en a que ça pousse à la lâcheté, d’autres à l’héroïsme.

Réjean Ducharme, (L’AVALÉE DES AVALÉS) :
Pour vaincre la peur, il faut la voir, l’entendre, la sentir. Pour voir la peur, il faut être seul avec elle.

Maurice Gagnon
, (ENTRE TES MAINS) :
… cette panique qui monte des entrailles et submerge votre dignité, votre figure d’homme et dévoile à vos yeux votre vraie nudité : celle de l’enfant qui vient de naître, celle de l’homme qui a construit une œuvre et qui l’imagine soudain, aux mains des autres, celle de l’humain sans le vêtement du courage.

Pierre Gravel, (LA FIN DE L’HISTOIRE) :
… la peur, c’est toujours réel, c’est son objet souvent qui ne l’est pas. On arrive à imaginer n’importe quoi pour justifier la sourde oppression.

Claire Martin
, (LA JOUE DROITE) :
L’humiliation de la peur, c’est ce qu’il y a de plus difficile à pardonner.

Suzanne Paradis
, (L’ÉTÉ SERA CHAUD) :
… la peur, cette bête curieuse, toute en dents et en griffes, la peur qui se cramponne à l’âme, effrayée elle-même de sa force, chauve-souris enchaînée à une chevelure en folie.

Yves Thériault, (TAYAOUT, FILS D’AGAGUK) :
Tu n’as peur de rien…, tu n’as peur de personne. Sauf de toi-même. C’est la pire de toutes les peurs.

Élisabeth Vonarburg
, (CHRONIQUES DU PAYS DES MÈRES) :
Une bonne terreur, de temps en temps, vous remet les idées en perspective.

Le poème «les serpents de la peur» devrait suivre… bientôt.


«un carnet d’ivoire avec des mots pâles»


A R S O U I L L E (nom et adjectif)
. nom : voyou
Adjectif : canaille


A T A R A X I E
(nom féminin)
. tranquillité de l’âme. Chez les Stoïciens, État d’une âme que rien ne trouble, idéal du sage


Au prochain saut

dimanche 8 août 2010

IL Y A UN AN, DÉJÀ!

Il y a un an Fleurette partait. Quelques souvenirs sous forme de photos, un peu comme un bouquet de fleurs!

Avec Françoise

Avec Odile

Avec Mathilde

Avec Louise

Avec Arthur et Jean

Avec Sylvie

J'aurais aimé déposer une photo de Fleurette avec Jacques, Pierre, Roger, Sylvie D, Claire ainsi que les autres membres de la famille mais je n'en ai pas trouvée dans mon album de photos. La pensée est toutefois présente.

Salut Fleu!

vendredi 6 août 2010

Le trois cent soixante-quatorzième saut / Le trois-cent-soixante-quatorzième




En 2004, j’étais à Paris. L’année du cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Rimbaud. Tous les jours, au Jardin des Tuileries, je lisais tout ce qui venait d’être publié sur lui. Lorsqu’une adresse ou un endroit précis dans Paris était cité, je m’y rendais et j’avais l’impression que le livre devenait réalité sous mes yeux.

Je vous offre aujourd’hui quelques citations de l’homme aux semelles de vent. Tout un marcheur le bonhomme!


Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre Folle!
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l’Infini terrible effara ton œil bleu!
(Ophélie)


Nous avions quelque chose au cœur comme l’amour.
(Le forgeron)


J’ai avalé une fameuse gorgée de poison.


Mais vous finirez toujours comme un satisfait qui n’a rien fait, n’ayant rien voulu faire.
(Lettre à Izambard)


Il s’agit d’arriver à l’inconnu par le dérèglement de tous les sens.
(Lettre à Izambard)


Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.
(Lettre à Demeny)


Donc le poète est vraiment voleur de feu.
(Lettre à Demeny)


Mais inspecter l’invisible et entendre l’inouï étant autre chose que reprendre l’esprit des choses mortes.
(Lettre à Demeny)


Nous avons seulement à ouvrir nos sens à la sensation, puis fixer avec des mots ce qu’ils ont reçu … notre unique soin doit être d’entendre, de voir et de noter. Et cela, sans choix, sans intervention de l’intelligence. Le poète doit écouter et noter quoi que ce soit.


- La Nuit vient, noir pirate aux cieux d’or débarquant.
(Les premières communions)


À son réveil, - minuit, - la fenêtre était blanche.
Devant le sommeil bleu des rideaux illunés
(Les premières communions)


La vie est la farce à mener par tous.
(Une saison en enfer)


Je devins un opéra fabuleux;: je vis que tous les êtres ont une fatalité de bonheur : l’action n’est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque force, un énervement. La morale est la faiblesse de la cervelle.
(Une saison en enfer)


Le Bonheur était ma fatalité, mon remords, mon ver : ma vie serait toujours trop immense pour être dévouée à la force et à la beauté.
(Une saison en enfer)


J’ai eu raison de tous mes dédains : puisque je m’évade! Je m’évade!
(Une saison en enfer)


Cependant c’est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l’aurore, armés d’une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes.
(Une saison en enfer)


Enfin, le plus probable, c’est qu’on va plutôt où l’on ne veut pas, et que l’on fait ce qu’on ne voudrait pas faire.
(Lettre janvier ’85)



Au prochain saut

lundi 2 août 2010

Le trois cent soixante-treizième saut / Le trois-cent-soixante-treizième saut




Éclectique
En vrac
Et
Échevelé


. J’écoutais dernièrement Monique Leyrac (elle a eu 82 ans le 26 février dernier) me demandant ce qu’il était advenu d’elle. Monique Leyrac, la diva des années 1960, a émerveillé le Québec par sa voix unique, théâtrale et transporté un peu partout dans le monde la chanson québécoise. L’écouter aujourd’hui est toujours un immense bonheur, c’est retrouver les mêmes émotions à fleur de peau qui me faisaient frissonner à l’époque.
Lorsque j’ai amené l’idée d’une émission hebdomadaire sur les ondes d’une radio étudiante (PRCM – Radio-Casavant) nous sommes en 1963-1964, le titre que j’allais y donner fut PAR UN CHEMIN DE PRAIRIE, chanson écrite par Gilles Vigneault et magnifiquement interprétée par l’unique Monique Leyrac. Vous comprendrez qu’elle a toujours eu une place privilégiée dans ma discothèque.
À mon oreille, il semble que nous n’avons plus au Québec d’interprètes d’un tel calibre. Je pense aussi, de la même génération, à Pauline Julien, puis Renée Claude. Ce n’est aucunement de la nostalgie et malgré le fait que notre chanson québécoise actuelle rayonne sur la scène francophone par la présence de nos auteurs-compositeurs et nos interprètes, j’avoue qu’une artiste de la taille de Monique Leyrac se fait de plus en plus rare.



. Tout comme je me posais la même question au sujet de Réjean Ducharme qui aura 69 ans le 12 août prochain. Que fait-il? Écrit-il encore? Se promène-t-il toujours à la recherche d’objets hétéroclites pour en faire des «trophoux» sous le nom de Rock Plante? Je dois vous avouer que lors de mes marches dans les rues et ruelles de Montréal, à la recherche d’images et d’odeurs, je ne l’ai toujours pas encore croisé.
Une question, certainement celle qui aura coiffé la carrière de Réjean Ducharme et cela depuis son arrivée en 1966 : pourquoi doit-il être une autre personne que lui-même? On a longtemps pensé qu’il a été le nom d’emprunt de Luce Guilbault, ou le pseudonyme de Wilfrid Lemoine et cela malgré le fait que Pierre Paquette eut rencontré et interviewé ses parents à quelques semaines de la parution de L’AVALÉE DES AVALÉS.
On a comme cet urgent besoin de connaitre nos gens célèbres, suivre leur cheminement et tous leurs «échos-vedettes»… Ducharme, si tu écris, si tu montes et démontes des «trophoux», si tu marches quelque part, fais paraitre quelque chose. On a encore besoin de passionnant à se mettre sous la dent. D’ici là, je reprends la lecture de l’Avalée…



. Le Parlement régional de Catalogne (Espagne) vient d’interdire les corridas sur son territoire portant ainsi un dur coup à la tradition taurine espagnole… Portant aussi un dur coup à deux voyageurs qui s’engageront sur les routes espagnoles à l’automne prochain (mon ami Jean-Luc et moi-même). Toutefois, je me suis demandé si assister une corrida m’aurait intéressé. Il y aura sans doute, quelque part en Espagne, un endroit où se tiendra un tel spectacle et nous aurons à nous interroger sur la possibilité d’y participer ou non. Reste à voir ou Va Savoir comme le dirait Réjean Ducharme.
Je ne suis pas certain que la tuerie d’un taureau sous mes yeux puisse me captiver mais des pages d’Hemingway (la corrida était une passion chez lui) reviennent à mon esprit…
Saviez-vous qu’il existe depuis 2004 un Prix Hemingway qui récompense chaque année en Feria nimoise une nouvelle inédite d’un auteur français ou étranger dont l’action se situe dans l’univers de la tauromachie, de la fête, de la région; le prix est doté d’une récompense de 3000 euros? C’est l’association Les Avocats du Diable Vauvert qui l’organise et en assume la promotion.
En suivant soit le blogue du crapaud ou encore celui qui devrait reprendre à l’automne (Jean / Pierre et la route...), vous connaitrez la suite de ce questionnement.



. Le crapaud, cela vous dit quelque chose, du moins à ceux qui viennent ici et, pour certains depuis ses débuts en 2005… mais CRAPAUD voilà qui vous est sans doute, tout comme moi, nouveau.
Le Collectif de Recherche sur l’Aménagement Paysager et l’Agriculture Urbaine Durable dont l’acronyme est CRAPAUD réclame la légalisation des poules pondeuses à Montréal. Il est interdit d’élever des poules pondeuses à Montréal depuis 1966 pour une multitude de raisons qui relèvent de l’hygiène publique.
On souhaite, c’est du moins l’objectif de ce CRAPAUD, revoir les poules pondeuses réinvestir le grand Montréal; pas plus de quatre par adresse civique et pas de coq: entendre le joyeux cocorico à quatre heures le matin, c’est trop exiger aux citoyens.
Qu’en pense le crapaud? Eh! bien (c’est une faute, je le sais…) je suis d’accord mais à une seule et unique condition : que l’on remplace les écureuils par les poules. Semble-t-il que ce petit et combien détestable rongeur qui arpente en sautillant nos parcs et nos ruelles, dans mon quartier du moins, ferait partie d’une espèce protégée à Montréal. Interdiction formelle de les détruire par quelque moyen que ce soit. Même s’il est responsable de bien des «grugages» - je pense ici à mes mini-tomates, aux raisins de la vigne, aux incalculables trous qu’ils font dans les pelouses afin d’y déposer des cacahuètes (d’ailleurs, je propose que l’on mette à l’amende tous ceux et toutes celles qui nourrissent ces rongeurs indélicats) – on le protège pour je ne sais quelles raisons.
Échangeons nos écureuils contre les poules pondeuses, voilà ma proposition. D’ailleurs, les poules ne caquètent, semble-t-il, que lorsqu’elles pondent autrement elles sont presque muettes. Vous rétorquerez que les excréments des poulettes grises ayant pondu dans l’église, ça ne doit pas être rigolo lorsque vient le temps de récupérer cela. Ce à quoi je vous répondrai que j’en ai aucune idée ajoutant, afin que vous constatiez mon absolue objectivité envers la problématique des écureuils, que je ne sais pas non plus à quoi ressemble un excrément de mon illustre ennemi. Je le soupçonne toutefois de faire «ch…» quelqu’un quelque part avec cela.
Et en avant pour les poules pondeuses!




CADAVRE EXQUIS
NUMÉRO 15



De son sommeil, Frère Jacques s’éveille
une longue ligne blanche noircit les étoiles
et le lit mourait de chaleur

au loin… deux corbeaux le suivent

sur l’ombre, de l’ombre fut mise
la grande porte refermée
la saison se vide de l’intérieur

la mémoire des choses à venir

la rame du métro s’arrête
Hubble est son habitacle



Au prochain saut

mercredi 28 juillet 2010

Le trois cent soixante-douzième saut / Le trois-cent-soixante-douzième saut



Voici une autre série de citations offertes en ordre alphabétique d’auteurs.
Petite caractéristique : chacune ne dépasse pas (ou de très peu) une ligne.
C’est comme changer le vin rouge de l’année contre le rosé de l’été.

Bonne lecture.

. Vous n’êtes que des masques sur des faces masquées.
Guillaume Apollinaire


. Une vie, c’est la reprise d’un destin par une liberté.
Simone de Beauvoir

. Les pauvres ont plus besoin de rêves que de pain.
Georges Bernanos

. Aucun oiseau ne vole trop haut s’il vole de ses propres ailes.
William Blake


. On obtient plus de choses en étant poli et armé qu’en étant juste poli.
Al Capone

. La mort expire dans une blanche mare de silence.
Aimé Césaire

. La légèreté du rire vous console d’avoir les semelles si lourdes pour vous rendre à l’échafaud.
Jean Cocteau

. C’est que nous n’osons pas, ouvertement, avoir besoin les uns des autres.
Colette


. Moi, je suis seul, tandis qu’eux, ils sont tous.
Dostoïevski


. Les mots n’ont rien su dire
André Frénaud


. tu étais sur mon cœur une rumeur de neige
Federico Garcia Lorca




. Le néant néantise.
Martin Heidegger

. Il a un très grand cœur, grand comme sa tristesse.
Rafaat Hossaïni

. L’abîme est là qui gronde, et les enfants sourient.
Victor Hugo


. Accueillir la froideur du glaive avec la froideur de la pierre.
Kafka


. la mémoire est une chambre absolue
Tania Langlois


. Quelque chose d’infini arrivait à sa fin.
Gabriel Garcia Marquez

. … l’espoir, ce carcan des pauvres.
Gaston Miron


. Avant de savoir les mots pour vivre, il est déjà temps de mourir.
Jean-Guy Pilon

. j’apprends progressivement le rampage sous les barbelés
Danny Plourde


. Arrivés de toujours, qui t’en iras partout.
Arthur Rimbaud


. Se perdre est le seul endroit où il vaille vraiment la peine d’aller.
Tiziano Scarpa

. Tout ce qui est grandiose est aussi difficile à réaliser que rare.
Spinoza


. je marche vers chaque fatigue humaine
Marie Uguay



. Le «moi» est cela qui est peu.
Pierre Vadeboncoeur


. Sur ce dont je ne peux parler, j’ai l’obligation de me taire.
Wittgenstein


Au prochain saut

Entre nostalgie et fantaisie ... (44)

  Il n'y a que le réalisme qui arrive à ne pas décrire le réel... ou plus précisément, à le décrire de manière telle qu'il devient ...