Entre «elle» et «elle» ?
Qui est «elle» ? Une ville, Saïgon.
L'autre «elle» ? L'autre, eh bien il s'agit de toutes les villes qui ne sont pas Saîgon.
Lorsque j'y suis arrivé en 2011, il était presque minuit.
Je passais de 25 degrés sous 0 à Montréal,
et lorsque je descends à l'aéroport Tan Son Nhat, il faisait 32 degrés.
Immédiatement je sais que j'ai vécu ici dans une autre vie.
Cette ville m'aura émerveillé tous les jours, toutes les nuits.
Aucun identique à l'autre; même scénario pour la nuit.
Je suis tombé en amour avec elle.
Voici deux hommages qui lui sont rendus.
entre elle et elle
l'ennui habite mon absence
comme bague rouillée au doigt
une heure différente figée à deux horloges
entre elle
elle collectionne des consonnes
annone de fluides voyelles
sa voix étourdie par le sens des mots
entre elle
elle vit en état d’urgence
de nuit raccourcie en jour allongé
la sueur au dos de ses peurs
entre elle
elle zigzague au milieu de tigres probables
dévisage par la fenêtre inquiète
le vide sur du papier thé vert
entre elle
à la pêche aux étoiles de l’aube
recueille de fugueuses comètes
au bout de ses rêves faséyés
entre elle
un bracelet bleu à son poignet d’airain
un bruit de talon haut sur le sol gris
entre elle et elle, elle rêve d’ailes
lundi 14 septembre 2015
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I love you Saïgon
Toi
ville aux matins chauds, aux midis brûlants
filles aux cheveux d’ébène soyeux
garçons aux gestes mécaniques
enfants qui roulent des ballons
vieilles femmes aux mains crevassées
vieux hommes aux regards atones
I love you Saïgon
Toi
ville au magasin culbutant l’autre
odeurs changeantes d’heure en heure
soleil inondant, lune fanfaronne
motos comme autant de chevaux fous
trottoirs aux multiples obstacles
I love you Saïgon
Toi
ta noirceur à six heures
tes cireurs de souliers aux portes des cafés
tes vendeurs importuns de billets de loto
tes grands arbres parasols, rieurs de vent
I love you Saïgon
Toi, tes odeurs de curry, gingembre, citronnelle
tes couleurs chatoyantes
tes échoppes aux fleurs endormies
I love you Saïgon
Toi, tes balayeurs de rues tout de jaune vêtus
tes promeneurs sans nom, sans but
I love you Saïgon
Toi, tes marchés où tout se bouscule
I love you Saïgon
ville-fille folle et fière lovée au fleuve
I love you Saïgon
samedi 28 novembre 2015


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