mercredi 12 juin 2024
Un peu de politique à saveur batracienne... ( Billet 1)
vendredi 7 juin 2024
et se lève un vent fulgurant...
et se lève un vent fulgurant…
s’impose entre reprise de l’espace et couleurs bigarrées,
avale goulûment la poussière effarante
que d’anciennes pyramides millénaires droppèrent en s’écroulant,
avive les couleurs naissantes luisant sous l’azur parme dépourvu de nuages.
Ce vent, quelque part entre
souffle et bourrasque, zéphyr et sirocco,
tramontane et libeccio,
bat le rappel de la pluie que la blancheur du sol
et le pâle violet du ciel immobilisent,
secoue vengeusement quelques mouvements barbares.
éveillent une myriade d’odeurs, inconnues du marcheur,
ce chercheur coriace que plus rien n’épuise,
trop éreinté jadis par d’impétueuses tempêtes
munies de glaives trempés à des poisons acides et pernicieux.
jusqu’à un horizon rapetissé d’où émergent quelques arbres,
stalagmites naissants et feuillus déjà, colorant d’un vert kaki
la blancheur et l’aubergine de la toile encore nue du décor…
le marcheur abasourdi interroge tout… placidement.
qu’autour, qu’alentour de lui, ondoient les odeurs
caressant de leurs subtilités gazeuses un embryon
en gestation pénible, malaisément accroché
à des racines serpentant vers un subtil horizon …
lundi 3 juin 2024
KAFKA... 100 ans après.
( 3 juin 1883 - 3 juillet 1924)
« Une cage s'en fut à la recherche d'un oiseau.»
- Il faudrait, pour votre culture monsieur Turcotte, que vous laissiez un peu de côté les recueils de poèmes que vous lisez ad nauseam pour d’autres lectures qui permettraient de diversifier votre point de vue sur l’écriture. Je vous conseille Kafka. Franz Kafka.
Je me souviens de ce conseil qui me fut donné par un professeur de français alors que j’achevais ma dernière année au secondaire ; il précisait sa pensée en ajoutant qu’un point de vue n’a pas le même sens qu’une opinion : un point de vue c’est l’endroit où on se situe afin d’examiner une question et de ce regard cela nous permet d’émettre une opinion. Cet enseignant - je me permets de le nommer malgré qu’il ne soit plus aujourd’hui de ce monde, Monsieur Ghislain Dextradeur - nommé par la direction de l’école que je fréquentais à ce moment-là «superviseur» du journal étudiant dont je faisais partie, avait une approche que je qualifierais d’unique pour l’époque - entre 1960 et 1965. Moins, beaucoup moins porté sur la grammaire, la syntaxe que les autres professeurs que j’avais connus auparavant, il préconisait et encourageait la lecture. Il fallait, pour lui, lire… beaucoup lire. « Et pour lire, disait-il, il faut s’accompagner d’un cahier de lectures dans lequel, par respect pour l’auteur et la langue française, on notera des extraits à ne pas oublier, des phrases qui nous auront permis d’apprécier la qualité esthétique ainsi que les questions qui naissent à notre esprit.» J’ai, depuis, toujours conservé cette pratique, devenue chez moi une routine.
Ses choix littéraires ne m’ont jamais tellement attiré - il adorait Bernanos, Mauriac et Maurois - alors, qu’avant ce conseil, je me délectais dans la poésie québécoise - Saint-Denys-Garneau, Nelligan, Charles Gill, Grandbois, Lapointe et deux illustres inconnus chez les profanes à ce moment-là, mais adulés par les intellectuels, à savoir Gaston Miron et Roland Giguère. Mon père recevait de plusieurs éditeurs québécois une masse de livres qu’il ne lisait pas, les laissant plutôt traînasser dans cette pièce mythique de la maison que nous surnommions «le bureau».
Mais je suis loin de Kafka. J’y reviens à l’occasion du centenaire de son décès (3 juin 1924), lui qui est né le 3 juillet 1883 à Prague. D’origine juive, il écrira en allemand - rappelons qu’à son décès il avait demandé que l’on détruise son oeuvre composée de quelques romans inachevés ainsi que d’une correspondance d’environ 1500 lettres.
Tous nous connaissons ses problèmes familiaux : un père strict qu’il qualifiera même de tyrannique ; une mère ne cessant de pleurer la mort de ses deux autres fils ; deux soeurs qui mourront dans les camps nazis et une soeur plus jeune que lui (Ottla) qui sera sans doute la seule relation familiale significative. Des problèmes de santé importants (tuberculose, en 1917, hypocondrie, dépression et phobie sociale, pour ne nommer que ceux-là, lui feront la vie dure.
Deux femmes auront été importantes dans sa vie, d’abord Melena Jesenka à qui il écrira plusieurs lettres et Dora Diamant avec qui il vivra à Berlin. Juif, il adoptera les principes du sionisme et souhaitera s’installer en Palestine.
Il mourra dans un sanatorium près de Vienne le 3 juin 1924, il y a maintenant cent (100) ans.
« La seule attitude judicieuse consiste à s'accommoder de l'état des choses.»
Ai-je suivi le conseil de mon éminent professeur ? J’ai alors 16 ans… en route vers 17. C’est fou, mais ce qui m’a amené à emprunter LA MÉTAMORPHOSE à la bibliothèque, en plus du conseil de mon éminent professeur, a été le fait que KAFKA est né sous le signe du Cancer, tout comme moi ; et comme le dit l’expression populaire «la cerise sur le sundae» son animal dans l’horoscope chinois est le Cochon, tout comme moi. Nous devions inévitablement, un jour, nous rejoindre.
« Cette grave blessure, dont Gregor souffrit plus d’un mois - personne n’osant enlever la pomme, elle resta comme un visible souvenir, fichée dans sa chair - parut rappeler, même à son père, qu’en dépit de la forme affligeante et répugnante qu’il avait à présent, Gregor était un membre de la famille, qu’on n’avait pas le droit de le traiter en ennemi et qu’au contraire le devoir familial imposait qu’à son égard on ravalât toute aversion et l’on s’armât de patience, rien que de patience.»
Entrer dans une oeuvre telle celle-ci, ouvrir la porte à un monde qui m’était absolument inconnu, inimaginable, et cela en pleine adolescence, ne peut que marquer l’être en mutation que j’étais. Habitué à détecter la métaphore dans les poèmes que je lisais, cette fois elle se manifestait de manière sordide, envahissante et obsédante à un point tel que j’en suis arrivé à comparer l’abject insecte à l’adolescence qui me grignotait autant physiquement que moralement. Kafka est devenu - et cela s’accentua à la lecture du PROCÈS dans lequel son asocialité se manifeste avec autant de malaise que dans LE CHÂTEAU - devenu un sujet d’interrogation pour l’esprit influençable qui m’animait. C’est dans LA COLONIE PÉNITENTIAIRE que Kafka atteint, selon moi, le sommet de son art alors que nous sommes plongés dans l’injustice, la cruauté d’une machine que son utilisateur vénère au mépris des souffrances que subit le condamné à mort. Plus tard, alors que je me captive pour sa vie, j’en arrive à établir un lien entre l’endroit où se déroule une action - ici, une île tropicale - et son affection personnelle pour les îles. Ce type de lien entre des éléments de l’écriture d’un auteur et son passé devient pour moi une quasi obsession.
« Il est difficile de dire la vérité, car il n'y en a qu'une, mais elle est vivante, et a par conséquent un visage changeant. »
Qu’est-ce qu’on entend exactement par l’expression « univers kafkaïen » ? En trois mots, voici comment on définit une situation kafkaïenne: oppressant, absurde et cauchemardesque. C’est exact, mais la réalité n’est-elle pas oppressante, absurde et cauchemardesque lorsqu’on y regarde de plus près ? Et c’est ce que je voulais absolument vérifier : me rendre à Prague, devant sa maison, marcher dans les rues qu’il a lui-même empruntées et surtout m’imbiber de cette atmosphère qui fut sienne. J’ai réalisé ce rêve en octobre 2019. D’autres auteurs tchèques m’y ont également poussé : Leo Perutz, Milan Kundera, Bohumil Hrabal, Jan Trefulka, mais d’abord et surtout Kafka.
« La musique est une amplification de la vie sensible. La poésie, par contre, est une façon de maîtriser, de sublimer.»
« Un écrivain qui n’écrit pas est, en fait, un monstre qui frise la folie.»
« …nous devrions nous autres hommes nous tenir les uns devant les autres avec autant de respect, autant de gravité et d’amour que devant les portes de l’enfer.»
Se promener sur la Place Venceslas, traverser le Pont Charles, se balader sur la Moldau tout en écoutant le poème musical de Smetana, flâner dans la vieille ville imaginant Kafka trottinant vers chez lui, s’émerveiller devant le Château de Prague… cette trop courte semaine fut absolument fantastique.
J’achève ce billet consacré à celui que je considère comme mon auteur fétiche, en m’attardant à cette LETTRE AU PÈRE dont il est intéressant de voir la copie originale au musée consacré à l’auteur.
« C'est comme pour quelqu'un qui a cinq marches basses à monter, tandis qu'un deuxième n'en a qu'une, mais une qui, du moins pour lui, est aussi haute que les cinq autres réunies ; le premier ne se contentera pas de venir à bout de ses cinq marches, il en montera des centaines, des milliers d'autres, il aura même une vie pleine et fatigante, mais aucune des marches qu'il a gravies n'aura eu pour lui autant d'importance que n'en a pour le second cette unique marche, la plus haute, celle qu'il ne pourrait pas monter quand il y mettrait toutes ses forces, celle qu'il ne peut pas.»
« Je t'accorde que nous luttons l'un contre l'autre, mais il y a deux sortes de combats. Le combat chevaleresque, où des adversaires libres mesurent leurs forces, où chacun reste seul, perd ou gagne par ses propres moyens. Et le combat du parasite qui, non seulement pique, mais encore assure sa subsistance en suçant le sang des autres.»
« Je crois que tu as un certain talent d'éducateur ; ton éducation aurait certainement pu être utile à un être fait de la même pâte que toi ; il aurait aperçu le bon sens de ce que tu disais, n'aurait point eu d'autres soucis et aurait tranquillement accompli les choses de cette façon ; mais pour l'enfant que j'étais, tout ce que tu me criais était positivement un commandement du ciel, je ne l'oubliais jamais, cela restait pour moi le moyen le plus important dont je disposais pour juger le monde, avant tout pour te juger toi-même, et, sur ce point, tu faisais complètement faillite.»
Je ne me permets pas de commentaires sur cette lettre sauf celui-ci : le père a souvent été glorifié dans la littérature québécoise, considéré comme un colonisateur, un coureur des bois, un défricheur, en gros celui qui, le premier jour de l’année nouvelle, devant ses enfants agenouillés, les bénissait ; on lui devait respect inconditionnel et déférence absolue.
Est-ce que Nelligan aurait pu écrire une lettre telle celle de Kafka ? Le modèle du «père» développé par Marie-Claire Blais ne ressemble-t-il pas, un peu du moins, à celui de Hermann Kafka, père de Franz ? Tout ce qui se fait actuellement en recherche sociale sur la place du père dans la famille, de l’homme dans la société, cela puise-t-il, un peu du moins, dans des situations telles que l’a vécu ce Kafka pour qui, aujourd’hui, nous célébrons le centième anniversaire du décès. Tellement d’autres par la suite en ont signalé l’importance.
)( Si vous le souhaitez, voici quelques liens YOU TUBE qui permettent de voir des illustrations de LA MÉTAMORPHOSE ainsi que d'entendre à partir du KAFKA BAND, des textes de l'auteur mis en musique.
https://www.youtube.com/@KafkaBand/videos
https://www.youtube.com/watch?v=iCXKtx0IsHk&t=386s
https://www.youtube.com/watch?v=e8ZILYov9Tg
https://www.youtube.com/watch?v=Yd8sRHhV2Qw
mercredi 29 mai 2024
En marche... on ne sait où
Devant le marcheur s’harmonisent des couleurs tectoniques
sous ses pas, calquant une écriture fade,
en lettres nerveuses, le mot… peur
améthyste dilué tel un gribouillis gris,
où, lisiblement, se dessine
en apostrophe amortie, le mot… honte
le marcheur étire son pas, le comprime...
devant lui des apparences inertes le scrutent
le défient à froisser du silence
rapetissé en plus de silence encore
camouflent dans leur mutisme
quelques couleurs s’ajoutant à d’autres
sur cette aphone étendue blanche
bouscule puis explose avec discrétion
prélude à des échos du silence
chatouillent convulsivement ses oreilles assourdies
vendredi 24 mai 2024
Quand les mots rencontrent d'autres mots... ça donne «l'écriture».
. L’enjeu n’est pas d’écrire ce que personne n’aurait pu écrire, mais d’écrire ce qu’on est seul à pouvoir écrire.
Auteur inconnu
. L’idée n’est pas le mot, dit le sage taoïste : elle vit dans le mot, elle s’exprime par le contexte et par la prononciation.
. Nous devons traiter les mots comme des grenades.
Amos OZ
. … nommer un être, c’est le rendre présent…
Michel TAURIAC
. Ce sont les mots qu’ils n’ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil.
MONTHERLANT
. Il existe des livres qui vous distraient, mais ne remuent en rien les destinées profondes. Ensuite, il y a ceux qui vous amènent à douter, ils vous apportent l’espoir, élargissent le monde et vous font peut-être connaître le vertige. Certains livres sont essentiels, d’autres simplement distrayants.
Jon KALMAN STEFANSON
. En racontant des histoires, vous rendez objective votre propre expérience. Vous la séparez de vous-même. Vous cernez certaines vérités. Vous en inventez d’autres. Vous commencez parfois par un incident qui est réellement arrivé … et vous le projetez en avant en inventant d’autres incidents qui ne se sont pas réellement produits mais qui cependant aident à l’éclaircir et l’expliquer.
Tim O'BRIEN
. D'un côté, il racontait son histoire avec trop d'imagination, trop d'esprit de suite et de méthode, marques essentielles de la vraisemblance, pour qu'on pût la mettre en doute; de l'autre, il y avait trop de beautés poétiques dans son récit et ces beautés elles-mêmes taisaient naître des soupçons.
TOLSTOÏ
. Dans le vide on peut tout dire, il y aura toujours un écho.
Boualem SASSAL
. Mon seul espoir, en entamant ce plongeon, est que l’écriture ravive la mémoire. La littérature se souvient de ce que nous avons oublié : écrire c’est lire en soi.
Frédéric BEIGBEDER
. L’écriture accomplit un travail dont l’origine est indiscernable.
Roland BARTHES
du tout.
J. M.G. LE CLÉZIO
. Écrire les êtres aimés, les inconnus qui déferlent tous les jours dans les rues, témoins inconscients de leurs vies réciproques.Écrire les coins de ciel différents, contradictoires de chaque vie, de chaque conscience.
Écrire les demeures, les nids de bonheur, la ville natale...
Écrire les destins, les drames qui palpitent dans la nuit, sous la pluie, les toits, les lampadaires aux coins des rues.
Écrire les pas qui résonnent à travers la nuit, dans les longues rues vides, écho du silence, lourd cheminement de la pensée. Un cyclo recouvert d’une bâche luisante de pluie passe sans bruit. Un couple s’embrasse dans l’abri d’un poste de gendarme. Un coq chante, incertain, au coin d’une rue. Une rue noire, muette, qui se réveille en sursaut, quand les lampes s’allument vague que vague, comme portées par des rafales de vent. Les feuilles des badamiers tombent sur le sol, craquent. Les feuilles mouillées des pancoviers se poursuivent sur les trottoirs. Kiên se sent alors marcher dans le silence d’une grande symphonie. Dans la nuit de la ville, il se sent vivre. Vivre, un besoin impérieux, pressant, peu importe que ce ne soit que la vie avide, sans mémoire, inerte, sans rêves des gens de la ville. Il faut écrire, écrire !
Bao NINH.
. Ce procédé (enchâsser une histoire dans d’autres histoires, jongler avec les séquences temporelles pour donner de la profondeur et de la complexité au récit primaire) s’appelle la composition circulaire. Dans cette structure annulaire, le récit semble se perdre dans une digression (l’interruption du fil de l’intrigue principale étant annoncée par une formule toute faite ou une scène convenue), mais cette digression, qui a toutes les apparences d’une divagation, décrit au bout du compte un cercle, puisque le récit reviendra au point précis de l’action dont il s’est écarté, ce retour étant signalé par la répétition de la formule ou de la scène convenue qui avait indiqué l’ouverture de la parenthèse. Ces cercles pouvaient recouvrir une seule et même digression ou une série plus complexe de récits enchevêtrés, imbriqués l’un dans l’autre, à la manière des boîtes chinoises ou des poupées russes.
Daniel MENDELSOHN
. Les histoires que j’invente sont tristes ; ceux que j’aime y sont injustement foudroyés, inintelligemment trouvés morts. Ma vie n’est-elle pas l’histoire qui se fait de ce que je veux qu’il m’arrive ? Je veux que les personnages sympathiques de ma vie meurent, tout à coup, sans raison, afin que l’histoire que sera ma vie soit une belle histoire.
Réjean DUCHARME
. Non, tu n’écris pas de livres et tu n’es pas près de le faire. Mais il semble que notre ami est poète, or les poètes ont besoin de tout savoir. Besoin de tout connaître. La vie doit couler vers eux pour les nourrir de ses histoires et de sa force, quant à nous, le reste des mortels, nous avons le devoir de leur faire part des choses les pus intéressantes de notre existence et de celles des autres. Chacun choisit évidemment à vue de nez ce qu’il raconte, mais une fois qu’on a commencé, on ne doit rien omettre. Gunna dit que nous sommes tous nus devant les écrivains. De la même manière, eux non plus ne doivent rien omettre quand ils écrivent, ils ne doivent faire l’impasse sur aucune ombre, ne contourner aucune difficulté, ne taire aucune douleur.
Jon KALMAN STEFANSON
. Mes sens travaillent mieux que mon ciboulot. Mes doigts avancent seuls, répudiant aisément le stérile besoin de revenir en arrière, comme celui d’aller à toute allure en avant. Ma mémoire est prodigieuse, je lui fais une confiance absolue. On écrit parce qu’on a lu, mais aussi, surtout, parce qu’on a été et continue d’être un revenant qui se souvient.
Les poètes m’ont appris à faire passer le sang directement de la blessure à la page, la lumière en droite ligne du ciel aux mots.
dimanche 19 mai 2024
L'étendue blanche
L’étendue blanche
L’étendue des champs s’écrit à l’encre blanche.
Les yeux peinent à rejoindre l’horizon,
de tout ce qui l’accompagne, le convoie.
Les savoirs d’auparavant sont calfatés,
regarder derrière soi, tout est renversé.
Les souvenirs dormant dans son cerveau dénué,
maintenant devenus fantômes par contumace,
calculent l’espace chimérique qui s’éternise
alors qu’il vagabonde sous un firmament aubergine.
L’écho polyglotte parvenu d’un racon nébuleux
étourdit cet être nouveau, sans but, sans repère,
orientant ses pas vers le titanesque inconnu,
plus incertain de lui encore, de ce qui se révèle…
À ses pieds, le salpêtre résistant d’anciens murs
devient, sous ses pas, une poudre malodorante
qui retombe gravement, chute brutale et taciturne
comme si une secousse de bing bang l’eut basculé…
Il marche, robot métallisé et désorienté,
tel une toupie centripète et curviligne
dans une direction de plus en plus blanche
une étendue immense grignotant l’espace.
Sans nom, encore, entité fragile et vacillante
qui tangue, titube, mollit, hésite, dodeline,
un être nouvellement nouveau dans ce monde
qui semble tout doucement s’ouvrir devant lui…
Un point noir éclôt...
mardi 14 mai 2024
Un Être ...
Si Nathan avait su... (Partie 2) -34-
Madame Saint-Gelais, précipitamment, ferma la porte du local où s’achevait la réunion de parents. Elle prit la parole: - Je vous demande d...
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Le Crapaud a cessé depuis des lustres de numéroter les billets qu'il dépose sur son blogue, ce qu'il faisait depuis le début en 200...
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Ce texte date du 23 décembre 2005, au tout début de la création du blogue LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON . Les premiers billets avaient pour ...
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Le mois de mai 1976 aura été particulièrement chargé autant émotionnellement que dans ce que nous pourrions appeler une bousculade d’événe...














