vendredi 1 octobre 2010

ERREURS TECHNIQUES

Des erreurs techniques s'amusent à rendre le texte des derniers sauts difficiles à lire.

Je n'en excuse et verrai à corriger la situation.

Le crapaud

jeudi 30 septembre 2010

Le trois cent quatre-vingt-deuxième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-deuxième saut




Un dernier saut avant de prendre l’avion pour Barcelone dans un peu plus de 48 heures.

Rappeler qu’à partir du 3 octobre prochain, ça sera sur le blogue Jean / Pierre et la route…

que le crapaud s’entretiendra avec vous en tenant une sorte de carnet de voyage.

Information : j’ai décidé de ne pas me rendre au Vietnam. Surprise? Oui et non.

L’an dernier, avant de partir pour le périple de trois mois qui s’est achevé trois semaines plus tard,

j’avais eu comme des signes – j’en parlais dans un saut – non pas négatifs mais qui semblaient

m’indiquer que ce voyage ne se rendrait pas à terme.

Je ne les avais pas écoutés sans doute parce qu’à ce moment-là, ennuyé par la période de

convalescence reliée au tendon d’Achille, je n’avais qu’une idée en tête, partir au plus coupant.

Cette fois-ci, je suis comme plus attentif. Depuis le départ de mon ami Pierre vers l’Asie, je sens

comme une espèce d’ambivalence : un jour c’est oui pour le Vietnam, l’autre non, sans trop être

en mesure de dire exactement pourquoi. Il me semble que l’intérêt devrait être à son comble

et à la place, c’est une hésitation qui apparaît pour ensuite disparaître puis revenir.

Je ne sais pas ce que cela veut dire mais ça m’a obligé à prendre la décision

de remettre mon séjour prévu au Vietnam.

C’est vrai de dire que je suis davantage de tempérament européen qu’asiatique, vrai également

que le fait de ne pas avoir séjourné à Paris depuis 2006 alors que j’y suis allé

avec mon frère Jacques

a sans doute, inconsciemment, pesé dans la balance.

Ou encore est-ce les nombreuses heures de vol? Ou, je ne sais quoi?...

Voilà pour l’information.

Je retourne à ma valise. Il ne faut pas que j’oublie mon Federico Garcia Lorca :

ça sera spécial de le lire dans son pays natal.

À la prochaine

lundi 20 septembre 2010

Le trois cent quatre-vingt-unième saut / Le trois-cent-quatre-vingt-unième saut

La chorale (Jean-Luc, Jean et Gérard)

Des sauts de crapaud cet automne, il n’y aura plus beaucoup. Non pas que je me prépare tout doucement à hiberner – d’ailleurs, les crapauds hibernent-ils ? – mais je concentrerai plutôt mes «écritures» à partir d’octobre sur l’autre blogue, celui du voyage, celui sur lequel mon ami monsieur Larose dépose actuellement quelques traces asiatiques…

Je vous laisse l’adresse :

http://jeanpierrelaroseturcotte.blogspot.com/

Ceci étant dit, je vous donne les composantes actuelles de ce voyage que j’entreprends avec mon ami Jean-Luc, celui de la chorale qui sera amputée momentanément de notre indispensable Gérard. Ces composantes risquent, comme dans tout bon voyage, de se modifier selon la couleur du jour ou encore l’attrait d’une route plutôt qu’une autre.

Nous partons de Montréal le samedi 2 octobre pour arriver à Barcelone (Espagne) le lendemain, dimanche 3 octobre. Nous y resterons trois nuits avant de nous diriger vers Soria où nous retrouverons Carlos, un ex-beau-frère de Jean-Luc. Là, nous comptons bien nous faire «hispanoliser» si le terme peut s’utiliser, je pense surtout à mieux apprécier le vin espagnol, la cuisine espagnole, la langue espagnole…

Biarritz nous attend le 15 octobre et de là nous entreprendrons la partie française du voyage devant nous conduire à Paris le 28. Quelques points de chute que l’on envisage : Arcachon, la Dune du Pilat, Bordeaux et sa région; La Rochelle et sa région; Rennes dernière escale avant la Capitale. Paris une semaine, c’est-à-dire jusqu’au départ de Jean-Luc qui dira, j’en suis certain, «à l’an prochain» terre française.

Nous serons à ce moment-là en novembre, le 4. Jean-Luc de retour, ma fille Mathilde devrait arriver sur Paris pour y passer au moins une semaine. Nous logerons dans le 18ième arrondissement, tout près de la Porte de Clignancourt. Pour moi, ça sera une deuxième semaine parisienne. C’est peu pour celui qui a raté la majeure partie de son voyage l’an dernier pour les raisons que l’on connait et sur lesquelles je ne veux pas revenir.

Autour du 15 novembre, je devrais normalement rejoindre mon ami monsieur Larose qui sera à Ho Chi Minh-Ville depuis près de deux mois.

Voilà, sommairement, le planning à moins de deux semaines du départ. J’espère que vous nous suivrez de manière virtuelle. De toute manière, sur les deux blogues

LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON

et

JEAN/PIERRE ET LA ROUTE...

il vous sera possible, d’un seul clic, de passer de l’un à l’autre.

À la prochaine.

dimanche 12 septembre 2010

Le trois cent quatre-vingtième saut / Le trois-cent-quatre-vingtième saut



Éclectique
En vrac
Et
Échevelé



Les Insolences du frère Untel ont 50 ans

Déjà. Cela ne rajeunit personne!
Je me souviens d’avoir croisé le frère Untel (Jean-Paul Desbiens) lors d’un congrès de la SSJB quelques années après la parution du livre qui lançait le débat sur l’état de la langue au Québec. En quelle année c’était, ma mémoire fait défaut mais je me rappelle que son intervention avait été à la hauteur de son livre et que plusieurs prises de position de la vieille société nationaliste s’en inspirèrent.
Questions. C’est la journée des questions, semble-t-il!
La situation a-t-elle changé? Des pas gigantesques ont été enregistrés surtout au niveau de l’enseignement de la langue malgré que l’on identifie toujours certaines lacunes. Sur le plan politique, la loi 101 a institué le français comme langue officielle au Québec et on a créé des mécanismes pour surveiller son application. Le ministère de l’Éducation qui n’existait pas il y a 50 ans oblige les jeunes Québécois à fréquenter l’école jusqu’à l’âge de 16 où ils reçoivent des services éducatifs dans leur langue maternelle. Il a parmi ses mandats de voir à ce que l’enseignement du français (et de l'anglais) soit de qualité et évalué périodiquement.
Autre question. Vous vous y attendiez, j’en suis certain. La voici : si le frère Untel réécrivait son livre, 50 ans plus tard, sur quoi porteraient exactement ses «insolences»? L’insolence est souvent attribuée à un inférieur, celui-ci manquant de respect pour un supérieur. Corollaire : y avait-il derrière les textes de Desbiens une certaine volonté d’affronter ses supérieurs ecclésiastiques qui l’auraient obligé à demeurer dans l’anonymat un certain temps et, je crois, même empêché d’assister au lancement du livre lui-même.
Une chose est certaine, la parution des Insolences du frère Untel eut l’effet d’une bombe dans notre société qui sortait à peine de l’ère de Duplessis.


Réseau Liberté-Québec

Le pendant canadien du Tea Party of Canada qui lui-même a un petit frère américain le Tea Party , le Réseau Liberté-Québec a été créé par une poignée de militants qui utilisent les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) afin de partager leurs idées de droite. L’individualité se veut la valeur centrale et les contrôles gouvernementaux leur donnent de l’urticaire.
En octobre prochain, on tiendra à Québec, ville où semble-t-il les idées conservatrices et libertariennes poussent dans un terreau fertile, un rassemblement au cours duquel des conférenciers dont le chef de l’ADQ seront présents.
Ma question en lien avec la naissance de ce mouvement est la suivante : pourquoi? Comme vous pouvez le constater cette question je l’ai murie avant de la poser… En fait j’ai peine à comprendre qu’après les années Bush, les problèmes économiques reliés à tout le système financier et cela à travers le monde, l’arrivée de Barack Obama à la présidence des USA, de l’évidence que la mondialisation ne profite qu’aux riches et aux multinationales, comment peut-on expliquer que des mouvements de droite puissent encore resurgir?
À suivre. J’ai hâte de voir comment cela va s’installer au Québec surtout, me semble-t-il, que tous nos partis politiques penchent drôlement à droite présentement.


Gaz de schiste


C’est à la fois complexe et bien simple. On nous a expliqué comment on allait procéder pour l’extraire, que des recherches de l’ordre de 200 millions de dollars ont été entreprises afin de mesurer l’étendue de ce potentiel qui dort depuis des siècles sous notre sol. Il ne semble pas s’en formaliser, ce gaz de schiste qui, selon les experts, rapporterait des dividendes extraordinaires.
C’est tout de même intéressant de remarquer que l’ancien PDG d’Hydro-Québec, celui qui nous a permis de survivre à la crise du verglas de 1998, soit un des plus ardents promoteurs de l’exploitation du gaz de schiste; je parle ici de monsieur André Caillé.
Deux questions me tarabustent. Je les soumets à votre réflexion, vous invitant à les approfondir. Le première : à qui appartient le sol québécois? En corollaire : pourrait-on envisager que le terrain à côté du duquel je vis et sur lequel on découvrirait une quantité exploitable de gaz de schiste, ce terrain devenu la propriété d’une compagnie gazière puisse devenir un puits genre puits de pétrole?
Deuxième question : est-ce que le gaz de schiste s’avèrerait une énergie plus intéressante que l’eau de nos rivières se transformant en électricité? En corollaire : le fait que l’hydro-électricité soit nationalisée au Québec inciterait les compagnies oeuvrant dans le domaine du gaz à se lancer dans l’aventure pour ensuite la refiler au gouvernement à prix d’or?
À suivre également.


Inquiétude

. Est-ce que la menace de bruler le Coran de la part d’un pasteur chrétien est traitée de la même façon aux USA que si un imam annonçait qu’il allait mettre le feu à la Bible?


«un carnet d’ivoire avec des mots pâles»


B L E T (B L E T T E)
(adjectif) : du verbe blettir
. dont la chair, trop mure, s’est ramollie.


B U R G R A V E
(nom masculin)
. dans le Saint-Empire, Commandant d’une ville ou d’une citadelle (fonction, puis titre nobiliaire).

Au prochain saut

mardi 7 septembre 2010

Le trois cent soixante-dix-neuvième saut / Le trois-cent-soixante-dix-neuvième saut



Alors que je suis à lire le dernier Yann Matel (BÉATRICE ET VIRGILE) – un titre qui nous ramène à La divine comédie de Dante – je me retourne vers les notes de lecture qui traitent de l’Holocauste ou des atrocités déployées par les nazis. Elles nous parviendront de Jonathan Little (LES BIENVEILLANTES), de Jorge Semprun (L’ÉCRITURE OU LA VIE), du classique de Primo Lévi (SI C’EST UN HOMME) et finalement de Daniel Mendelsohn (LES DISPARUS).

Little


. Je croyais maintenant mieux comprendre les réactions des hommes et des officiers pendant les exécutions. S’ils souffraient, comme j’avais souffert dans la Grande Action, ce n’était pas seulement à cause des odeurs et de la vue du sang, mais à cause de la terreur et de la douleur morale des condamnés; et de même, ceux que l’on fusillait souffraient souvent plus de la douleur et de la mort, devant leurs yeux, de ceux qu’ils aimaient, femmes, parents, enfants chéris, que de leur propre mort, qui leur venait à la fin comme une délivrance. Dans beaucoup de cas, en venais-je à me dire, ce que j’avais pris pour du sadisme gratuit, de la brutalité inouïe avec laquelle certains hommes traitaient les condamnés avant de les exécuter, n’était qu’une conséquence de la pitié monstrueuse qu’ils ressentaient et qui, incapable de s’exprimer autrement, se muait en rage impuissante, sans objet, et qui devait donc inévitablement se retourner contre ceux qui en étaient la cause première. Si les terribles massacres de l’Est prouvent une chose, c’est bien, paradoxalement, l’affreuse, l’inaltérable solidarité de l’humanité. Aussi brutalisés et accoutumés fussent-ils, aucun de nos hommes ne pouvait tuer une jeune juive sans songer à sa femme, sa sœur ou sa mère, ne pouvait tuer un enfant juif sans voir ses propres enfants devant lui dans la fosse. Leurs réactions, leur violence, leur alcoolisme, les dépressions nerveuses, les suicides, ma propre tristesse, tout cela démontrait que l’autre existe, existe en tant qu’autre, en tant qu’humain, et qu’aucune volonté, aucune idéologie, aucune quantité de bêtise et d’alcool ne peut rompre ce lien, ténu mais indestructible. Cela est un fait, et non une opinion.

Semprun

. Depuis quinze jours, chaque fois que j’avais eu affaire à des gens du dehors, je n’avais entendu que des questions mal posées. Mais pour poser les bonnes questions, peut-être fallait-il déjà connaître les réponses.

. Personne ne peut se mettre à ta place, pensais-je, ni même imaginer ta place, ton enracinement dans le néant, ton linceul dans le ciel, ta singularité mortifère. Personne ne peut imaginer à quel point cette singularité gouverne sourdement ta vie; ta fatigue de la vie, ton avidité de vivre; ta surprise infiniment renouvelée devant la gratuité de l’existence; ta joie violente d’être revenu de la mort pour respirer l’air iodé de certains matins océaniques, pour feuilleter des livres, pour effleurer la hanche des femmes, leurs paupières endormies, pour découvrir l’immensité de l’avenir.



Lévi

. Si c’est un homme

Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c’est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c’est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu’à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N’oubliez pas que cela fut,
Non, ne l’oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s’écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

Mendelsohn

. Il y a bien des façons de perdre des parents, ai-je pensé : la guerre n’est qu’une parmi d’autres.

. Finalement, nous ne nous trompons pas parce que nous ne faisons pas attention mais parce que le temps passe, les choses changent, un petit-fils ne peut pas être son grand-père, en dépit de tous ses efforts pour l’être; parce que nous ne pouvons jamais être autre que nous-même, prisonnier que nous sommes du temps, du lieu et des circonstances. Quel que soit notre désir d’apprendre, de savoir, nous ne pouvons jamais voir que de nos propres yeux et entendre de nos propres oreilles, et la façon dont nous interprétons ce que nous voyons et entendons, dépend, en dernier ressort, de qui nous sommes et de ce que nous pensons déjà savoir ou désirer savoir.


On verra plus tard ce que Martel a écrit sur le sujet.

Au prochain saut

mercredi 1 septembre 2010

Le trois cent soixante-dix-huitième saut / Le trois-cent-soixante-dix-huitième saut



Éclectique
En vrac
Et
Échevelé



Un hôpital magnétique

C’est un établissement qui favorise l’autonomie professionnelle;
une administration qui appuie ses employés;
un environnement de travail qui permet une bonne collaboration entre les médecins et les infirmières;
une direction qui encourage la formation continue;
un climat de travail qui valorise les relations avec les pairs;
une main-d’œuvre abondante;
une dimension clinique qui fait toute la place au patient;
des soins de grande qualité.

L’Hôpital Général Juif de Montréal appliquerait ce modèle. Est-ce que cela signifie que dans notre système de santé (en fait notre système de gestion de la maladie) tous les hôpitaux qui ne possèdent pas l’étiquette «magnétique» ou ne sont pas en voie d’y parvenir sont des établissements où les éléments ci-haut mentionnés doivent se lire à la forme négative?

La Commission Bastarache

Les plus grandes vérités ne sont pas nécessairement celles que l’on croit. Souvent elles sont cachées derrière de grands mensonges ou encore des évidences qui crèvent les yeux mais que l’on escamote pour la simple raison qu’elles doivent avec le temps s’être éculées.
Chez mon barbier, la semaine dernière, j’ai tout compris des enjeux de la Commission Bastarache (de malins étymologistes relèveront surement l’élément «corrompu» dans la racine anglaise «bastar» du mot Bastarache), et cela par les sages paroles d’un homme d’un certain âge. Il se surprenait d’entendre parmi les clients en attente de tonte le fait que l’on cherche à savoir qui dit vrai et qui ment dans toute cette histoire de nomination des juges du Québec. Souvenez-vous, rappelait-il, que tout gouvernement quel qu’il soit est d’abord redevable à ceux qui lui ont permis de le devenir, et ce n’est surtout pas aux électeurs, ils sont trop nombreux pour être récompensés individuellement. Ce sont les donateurs et parmi eux les plus généreux se verront remercier. Il ne faut pas s’étonner de tout cela puisque ça toujours été et ça risque de le demeurer pour longtemps.
J’admire cette sagesse et remarque en lisant la liste des avocats qui représenteront le premier ministre, le parti libéral et le gouvernement qu’étrangement qu'ils sont tous de près ou de pas trop loin, reliés au premier ministre et au parti libéral. C’est tout à fait normal. Vous et moi n’engagerions pas un procureur si celui-ci ne partageait pas nos valeurs ou notre point de vue sur une cause.
Toutefois, une évidence remonte à la surface: l’un ou l’autre (Jean Charest / Marc Bellemare) ou encore l’un et l’autre, devant le commissaire Bastarache a menti ou devra mentir… ou ne pas se souvenir ce qui parfois signifie la même chose.
Cette histoire nébuleuse n’en cacherait-elle pas plutôt une autre : la vengeance d’un naïf en politique?
À la fin de cette commission d’enquête, souhaitons que la justice ait grandi et que son administration fasse l’objet d’une profonde réflexion.

Jean / Pierre et la route


Mon ami Pierre Larose a mis les pieds au Vietnam au moment où ces lignes sont écrites. Il y sera pour les six prochains mois.
Moi-même, je pars (le 2 octobre) vers l’Espagne pour ensuite entrer en France avec mon ami Jean-Luc Méthé.
Pierre et moi avons convenu d’alimenter chacun de notre côté le blogue Jean / Pierre et la route…
Je vous convie donc à suivre deux itinéraires qui peut-être se croiseront quelque part en novembre. Voici l’adresse :

http://jeanpierrelaroseturcotte.blogspot.com/


Inquiétudes

. un 152ième soldat canadien est mort en Afghanistan;

. le registre des armes à feu risque de mourir à la Chambre des Communes d’Ottawa;

. vaut mieux ne pas être un Roumain séjournant en France actuellement;

. vaut mieux ne pas être un mineur au Chili actuellement;

. les Pakistanais se noient et on se demande à quoi servirait de les aider puisque leur gouvernement ne le fait pas.


Au prochain saut

mercredi 25 août 2010

Le trois cent soixante-dix-septième saut / Le trois-cent-soixante-dix-septième saut


Alain Horic

Difficile à trouver, du moins dans mon entourage poétique, un poème qui aborde le thème de la peur. (Parenthèse) : les serpents de la peur suivra celui-ci, de Alain Horic (poète né en 1929 en Bosnie et arrivé au Québec en 1952) dont je me souviens vaguement quelques écrits publiés dans la revue Parti-Pris. Avec Juan Garcia et Michel van Schendel, il fera partie en 1958 des «poètes migrants» de l’Hexagone avant d’être de la réorganisation des éditons en 1961 puis, avec Miron, formera la quatrième équipe de direction, cela en 1965. Il y sera très actif jusqu’en 1991.

On a beaucoup rapproché ce poème de LA CAGE D’OS de Saint-Denys-Garneau. Vous verrez par vous-même.




LA CAGE DE CHAIR
(Alain Horic)

Je voudrais que cet animal
qui s’éveille
chaque jour en moi
meure
enfermé dans sa cellule
de peau

La nuit je le surprends
m’arrachant les côtes
comme des barreaux

À chaque nouvelle lune
je lui cède
pour m’enfuir

brouiller les chemins
de retour

j’ai peur
qu’il morde le cœur

Au centre de la brousse humaine
rompre l’harmonie
de la chair
qui vibre de mille désirs

Je suis las de le traîner
derrière moi
pour témoigner de ma présence

Je dois l’étrangler
pour l’enfant
qui m’appelle
par le code secret du sang

À l’aube
quand il sera raidi
je prendrai le doigt d’un mort
pour crever l’infini




les serpents de la peur


les pas reculent quand s’avance la nuit
et la peur installe, au ventre, ses serpents
puis minutieusement, interminablement
les abreuve des remords du jour

la peur - coup de tonnerre à l’estomac
épée de Damoclès plantée dans le ventre -
étend froidement sur le vaste autel des croyances
un chapelet dépecé aux nœuds des serpents

crier du silence à tue-tête
se lover autour des algues d’un ruisseau
y voir un océan déchainé
avaler des poissons aux yeux creux

les serpents de la peur
redoutables comme des odeurs volées à la nuit
s’enroulent langoureusement autour de soi
pour accoucher de leurs faux diktats

les serpents de la peur
ces dictateurs atrophiés aux mains étouffantes
s’attaquent férocement à la gorge
y déposant la gangrène arrachée à un dernier souffle

les serpents de la peur
étourdissent de leurs dissonantes symphonies
la quiétude des fleurs qui tomberont des arbres
quand les frissons auront vrillé leur dernière chaleur

blancs devenus noirs, écarlates dans l’ombre
ils regardent, muettement, avec des certitudes d’évangile
fondre les os calcinés des témoins perdus
cherchant à s’évader du cercle perpétuel

ce que serine les serpents de la peur
rappelle les éblouissements géographiques
des longues terres inconnues
qu’un marcheur surpris découvrirait par hasard

… où il y croiserait des serpents


Au prochain saut

dimanche 22 août 2010

FORILLON: 40 ans








Le crapaud tient à rendre hommage à tous ces Gaspésiens et Gaspésiennes qui, il y a quarante ans, ont connu, vécu de pénibles moments à cause de l'expropriation sauvage dont ils furent victimes et de l'exploitation éhontée qu'ils ont subie,et cela de manière tout à fait consciente, de la part de leurs deux gouvernements alors dirigés par Pierre Trudeau et Robert Bourssa.

Aujourd'hui, ils se souviennent. Que leur courage et leur détermination soient une illustration de leur farouche volonté à ne pas oublier, à ne jamais oublier!

Dans un autre 40 ans, peut-être, recevront-ils des excuses, minimale consolation pour toutes ces souffrances.

Hommage particulier à Lionel Bernier, leur avocat et leur voix.

mercredi 18 août 2010

Le trois cent soixante-seizième saut / Le trois-cent-soixante-seizième saut



Un peu beaucoup pour vous situer : j’en suis actuellement à éplucher le quatrième cahier de lecture, sans doute le plus éclectique de tous. Voici quelques exemples qui illustrent bien ce propos.

Jean Bédard (NICOLAS DE CUES) :
Une forme devrait entraîner naturellement une réforme. Hélas! c’est une loi de notre condition d’homme qu’une longue habitude devienne pour nous une seconde nature, soit tenue pour vérité et défendue comme telle.

David Servan-Schreiber (GUÉRIR) :
… nos émotions ne sont que l’expérience consciente d’un large ensemble de réactions physiologiques qui surveillent et ajustent continuellement l’activité des systèmes biologiques du corps aux impératifs de l’environnement intérieur et extérieur. Le cerveau émotionnel est donc presque plus intime avec le corps qu’il ne l’est avec le cerveau cognitif. Et c’est pour cette raison qu’il est souvent plus facile d’accéder aux émotions par le corps que par la parole.

Gérald Messadié
(L’HOMME QUI DEVINT DIEU) :
La patience est la clé du ciel, et toute la colère du monde ne fera pas tourner le Soleil d’un pouce plus vite.

Céline Cyr
(LE TEMPS D’UNE PHOTO) :
Les gens ne se parlent pas. À force de ne rien se dire, ils ne s’aperçoivent pas qu’ils ignorent qui ils sont et ce qu’ils font.

Arthur Rimbaud (UNE SAISON EN ENFER) :
Je suis de race inférieure de toute éternité.

Loïse Lavallé
e (ÉLOÏSE, POSTE RESTANTE - LETTRES À UNE ENFANT DISPARUE)
J’ai pourtant peur de ne pas t’avoir suffisamment appréciée lorsque tu étais du même voyage que moi. Si seulement on savait avant la mort de l’autre ce qu’on découvre après. Ou bien est-ce le non-retour qui fait prendre à ce qu’on sait déjà des proportions qui coupent le souffle et les bras?

Monique Wittig
(LES GUÉRILLÈRES) :
… elles affirment triomphent que tout geste est renversement.

Fun-Chang (UTILISE CE QUE TU ES) :
Cette capacité d’être témoin sans t’identifier à chaque situation te donne une puissance incommensurable.

Mihaly Csikszentmihaly (VIVRE) :
On dit de ceux qui transforment les tragédies en expériences positives qu’ils bénéficient de «résilience».

Spencer Johnson
(OUI OU NON) :
L’intuition : c’est un savoir logé dans votre subconscient qui est fondé sur vos expériences passées. C’est elle qui vous souffle que quelque chose vous convient ou pas.

Yvon Rivard (LE MILIEU DU JOUR) :
On ne peut pas aimer ni être aimé par quelqu’un qui ment.

Dany Plourde
(VERS QUELQUE – SOMMES NOMBREUX À ÊTRE SEUL) :
et puisqu’il semble n’y avoir aucune présence
de première personne du pluriel valable
m’assassinerai donc partiellement en tant que
première personne du singulier

Tania Langlais (LA CLARTÉ S’INSTALLE COMME UN CHAT) :
achever l’histoire sortir d’ici
une promesse est un objet perdu
du calme petit abîme
dans la patience de ce qui n’arrive jamais

Marc-André Brouillette (CARNETS DE BIGANCE) :
Ici ne sera plus hier, puisque désormais nous transportons nos lointains.

David Wormaker (UNE POLICE EN STUCCO FONCÉ) :
sous tes airs fatals et quelconques
tu règnes trop sur ma vie
pour y laisser quelque place à la vérité

Paul Verlaine (POÈMES SATURNIENS – SUIVI DE FÊTES GALANTES) :
Le soleil, moins ardent, luit clair au ciel moins dense.
Balancés par un vent automnal et berceur,
Les rosiers du jardin s’inclinent en cadence.
L’atmosphère ambiante a des baisers de sœur.

André Carpentier (RUELLES, JOURS OUVRABLES) :
Flâner, c’est comme naître ou mourir, ça ne se fait jamais mieux que seul; à quelques-uns si on veut, mais chacun pour soi, en suivant son instinct, quitte à se perdre de vue.

Fernando Savater (CHOISIR LA LIBERTÉ) :
Nous tentons de conserver seulement ce que nous risquons de perdre.

André Gide (LA SYMPHONIE PASTORALE) :
S’emparer de ce qui ne peut se défendre, c’est de la lâcheté.

Colette (CHAMBRE D’HÔTEL) :
Ce qu’on trouve ne vaut pas toujours ce qu’on quitte.

Andrée Chedid (L’AUTRE) :
L’espoir est toujours un mensonge. Ce qui n’a pas de racine n’est qu’illusion.

Sébastien Chabot (L’ANGOISSE DES POULETS SANS PLUMES) :
Oui, les enfants ont toujours raison. Les malheurs du début de notre vie seront la terre de nos cauchemars. Il vaudrait mieux mourir en culottes courtes, pendant qu’on ne voit pas encore la durée de nos douleurs.

Francis Carco
(LA RUE) :
Les vérités premières ont ceci d’excellent qu’on peut les appliquer à tout.

J.S. Mill
Pour que de petites améliorations se produisent dans l’humanité, il faut qu’un grand changement survienne dans ses modes de pensée.


Je vous avais prévenu que ça irait de tous côtés!

Au prochain saut

vendredi 13 août 2010

Le trois cent soixante-quinzième saut / Le trois-cent-soixante-quinzième saut



Le crapaud travaille actuellement un poème sur le thème de la peur. Sans trop savoir pourquoi, je l’associe aux serpents… les serpents de la peur. Pour m’aider à voir un peu plus clair dans les images qui m’assaillent, je suis allé questionner certains auteurs; qu’en pensent-ils, qu’ont-ils écrit sur cette bizarre d’émotion?

Léna Allen-Shore, (NE ME DEMANDEZ PAS QUI JE SUIS) :
Le danger existe, c’est vrai, mais cela n’est pas le plus important! Le vrai danger demeure en nous, car il se nomme «la peur». La faiblesse doit être combattue par nous-mêmes, avant que le danger du dehors nous atteigne.

Robert Blondin, (7e DE SOLITUDE OUEST) :
Le dard de la peur est un des rares à atteindre l’âme avec autant de méchanceté. À y laisser autant de traces vives … cette peur qui sait attaquer les défenses les mieux aguerries et fait régresser l’inconnu jusqu’aux ténèbres les plus primitives.

Monique Bosco, (UN AMOUR MALADROIT) :
On ne peut jamais tuer la peur. Fidèles, chaque nuit, les cauchemars reviennent. La lutte recommence. Les souvenirs enterrés à grands frais vivent d’une nouvelle vie, plus vivace que l’ancienne.

Roseline Cardinal, (JULIETTE ET LES AUTRES)
… la peur est la sœur de l’imagination…

Louis Caron
, (LE CANARD DE BOIS) :
… vous savez ce que ça peut provoquer la peur? Il y en a que ça pousse à la lâcheté, d’autres à l’héroïsme.

Réjean Ducharme, (L’AVALÉE DES AVALÉS) :
Pour vaincre la peur, il faut la voir, l’entendre, la sentir. Pour voir la peur, il faut être seul avec elle.

Maurice Gagnon
, (ENTRE TES MAINS) :
… cette panique qui monte des entrailles et submerge votre dignité, votre figure d’homme et dévoile à vos yeux votre vraie nudité : celle de l’enfant qui vient de naître, celle de l’homme qui a construit une œuvre et qui l’imagine soudain, aux mains des autres, celle de l’humain sans le vêtement du courage.

Pierre Gravel, (LA FIN DE L’HISTOIRE) :
… la peur, c’est toujours réel, c’est son objet souvent qui ne l’est pas. On arrive à imaginer n’importe quoi pour justifier la sourde oppression.

Claire Martin
, (LA JOUE DROITE) :
L’humiliation de la peur, c’est ce qu’il y a de plus difficile à pardonner.

Suzanne Paradis
, (L’ÉTÉ SERA CHAUD) :
… la peur, cette bête curieuse, toute en dents et en griffes, la peur qui se cramponne à l’âme, effrayée elle-même de sa force, chauve-souris enchaînée à une chevelure en folie.

Yves Thériault, (TAYAOUT, FILS D’AGAGUK) :
Tu n’as peur de rien…, tu n’as peur de personne. Sauf de toi-même. C’est la pire de toutes les peurs.

Élisabeth Vonarburg
, (CHRONIQUES DU PAYS DES MÈRES) :
Une bonne terreur, de temps en temps, vous remet les idées en perspective.

Le poème «les serpents de la peur» devrait suivre… bientôt.


«un carnet d’ivoire avec des mots pâles»


A R S O U I L L E (nom et adjectif)
. nom : voyou
Adjectif : canaille


A T A R A X I E
(nom féminin)
. tranquillité de l’âme. Chez les Stoïciens, État d’une âme que rien ne trouble, idéal du sage


Au prochain saut

dimanche 8 août 2010

IL Y A UN AN, DÉJÀ!

Il y a un an Fleurette partait. Quelques souvenirs sous forme de photos, un peu comme un bouquet de fleurs!

Avec Françoise

Avec Odile

Avec Mathilde

Avec Louise

Avec Arthur et Jean

Avec Sylvie

J'aurais aimé déposer une photo de Fleurette avec Jacques, Pierre, Roger, Sylvie D, Claire ainsi que les autres membres de la famille mais je n'en ai pas trouvée dans mon album de photos. La pensée est toutefois présente.

Salut Fleu!

vendredi 6 août 2010

Le trois cent soixante-quatorzième saut / Le trois-cent-soixante-quatorzième




En 2004, j’étais à Paris. L’année du cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Rimbaud. Tous les jours, au Jardin des Tuileries, je lisais tout ce qui venait d’être publié sur lui. Lorsqu’une adresse ou un endroit précis dans Paris était cité, je m’y rendais et j’avais l’impression que le livre devenait réalité sous mes yeux.

Je vous offre aujourd’hui quelques citations de l’homme aux semelles de vent. Tout un marcheur le bonhomme!


Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre Folle!
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l’Infini terrible effara ton œil bleu!
(Ophélie)


Nous avions quelque chose au cœur comme l’amour.
(Le forgeron)


J’ai avalé une fameuse gorgée de poison.


Mais vous finirez toujours comme un satisfait qui n’a rien fait, n’ayant rien voulu faire.
(Lettre à Izambard)


Il s’agit d’arriver à l’inconnu par le dérèglement de tous les sens.
(Lettre à Izambard)


Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.
(Lettre à Demeny)


Donc le poète est vraiment voleur de feu.
(Lettre à Demeny)


Mais inspecter l’invisible et entendre l’inouï étant autre chose que reprendre l’esprit des choses mortes.
(Lettre à Demeny)


Nous avons seulement à ouvrir nos sens à la sensation, puis fixer avec des mots ce qu’ils ont reçu … notre unique soin doit être d’entendre, de voir et de noter. Et cela, sans choix, sans intervention de l’intelligence. Le poète doit écouter et noter quoi que ce soit.


- La Nuit vient, noir pirate aux cieux d’or débarquant.
(Les premières communions)


À son réveil, - minuit, - la fenêtre était blanche.
Devant le sommeil bleu des rideaux illunés
(Les premières communions)


La vie est la farce à mener par tous.
(Une saison en enfer)


Je devins un opéra fabuleux;: je vis que tous les êtres ont une fatalité de bonheur : l’action n’est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque force, un énervement. La morale est la faiblesse de la cervelle.
(Une saison en enfer)


Le Bonheur était ma fatalité, mon remords, mon ver : ma vie serait toujours trop immense pour être dévouée à la force et à la beauté.
(Une saison en enfer)


J’ai eu raison de tous mes dédains : puisque je m’évade! Je m’évade!
(Une saison en enfer)


Cependant c’est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l’aurore, armés d’une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes.
(Une saison en enfer)


Enfin, le plus probable, c’est qu’on va plutôt où l’on ne veut pas, et que l’on fait ce qu’on ne voudrait pas faire.
(Lettre janvier ’85)



Au prochain saut

lundi 2 août 2010

Le trois cent soixante-treizième saut / Le trois-cent-soixante-treizième saut




Éclectique
En vrac
Et
Échevelé


. J’écoutais dernièrement Monique Leyrac (elle a eu 82 ans le 26 février dernier) me demandant ce qu’il était advenu d’elle. Monique Leyrac, la diva des années 1960, a émerveillé le Québec par sa voix unique, théâtrale et transporté un peu partout dans le monde la chanson québécoise. L’écouter aujourd’hui est toujours un immense bonheur, c’est retrouver les mêmes émotions à fleur de peau qui me faisaient frissonner à l’époque.
Lorsque j’ai amené l’idée d’une émission hebdomadaire sur les ondes d’une radio étudiante (PRCM – Radio-Casavant) nous sommes en 1963-1964, le titre que j’allais y donner fut PAR UN CHEMIN DE PRAIRIE, chanson écrite par Gilles Vigneault et magnifiquement interprétée par l’unique Monique Leyrac. Vous comprendrez qu’elle a toujours eu une place privilégiée dans ma discothèque.
À mon oreille, il semble que nous n’avons plus au Québec d’interprètes d’un tel calibre. Je pense aussi, de la même génération, à Pauline Julien, puis Renée Claude. Ce n’est aucunement de la nostalgie et malgré le fait que notre chanson québécoise actuelle rayonne sur la scène francophone par la présence de nos auteurs-compositeurs et nos interprètes, j’avoue qu’une artiste de la taille de Monique Leyrac se fait de plus en plus rare.



. Tout comme je me posais la même question au sujet de Réjean Ducharme qui aura 69 ans le 12 août prochain. Que fait-il? Écrit-il encore? Se promène-t-il toujours à la recherche d’objets hétéroclites pour en faire des «trophoux» sous le nom de Rock Plante? Je dois vous avouer que lors de mes marches dans les rues et ruelles de Montréal, à la recherche d’images et d’odeurs, je ne l’ai toujours pas encore croisé.
Une question, certainement celle qui aura coiffé la carrière de Réjean Ducharme et cela depuis son arrivée en 1966 : pourquoi doit-il être une autre personne que lui-même? On a longtemps pensé qu’il a été le nom d’emprunt de Luce Guilbault, ou le pseudonyme de Wilfrid Lemoine et cela malgré le fait que Pierre Paquette eut rencontré et interviewé ses parents à quelques semaines de la parution de L’AVALÉE DES AVALÉS.
On a comme cet urgent besoin de connaitre nos gens célèbres, suivre leur cheminement et tous leurs «échos-vedettes»… Ducharme, si tu écris, si tu montes et démontes des «trophoux», si tu marches quelque part, fais paraitre quelque chose. On a encore besoin de passionnant à se mettre sous la dent. D’ici là, je reprends la lecture de l’Avalée…



. Le Parlement régional de Catalogne (Espagne) vient d’interdire les corridas sur son territoire portant ainsi un dur coup à la tradition taurine espagnole… Portant aussi un dur coup à deux voyageurs qui s’engageront sur les routes espagnoles à l’automne prochain (mon ami Jean-Luc et moi-même). Toutefois, je me suis demandé si assister une corrida m’aurait intéressé. Il y aura sans doute, quelque part en Espagne, un endroit où se tiendra un tel spectacle et nous aurons à nous interroger sur la possibilité d’y participer ou non. Reste à voir ou Va Savoir comme le dirait Réjean Ducharme.
Je ne suis pas certain que la tuerie d’un taureau sous mes yeux puisse me captiver mais des pages d’Hemingway (la corrida était une passion chez lui) reviennent à mon esprit…
Saviez-vous qu’il existe depuis 2004 un Prix Hemingway qui récompense chaque année en Feria nimoise une nouvelle inédite d’un auteur français ou étranger dont l’action se situe dans l’univers de la tauromachie, de la fête, de la région; le prix est doté d’une récompense de 3000 euros? C’est l’association Les Avocats du Diable Vauvert qui l’organise et en assume la promotion.
En suivant soit le blogue du crapaud ou encore celui qui devrait reprendre à l’automne (Jean / Pierre et la route...), vous connaitrez la suite de ce questionnement.



. Le crapaud, cela vous dit quelque chose, du moins à ceux qui viennent ici et, pour certains depuis ses débuts en 2005… mais CRAPAUD voilà qui vous est sans doute, tout comme moi, nouveau.
Le Collectif de Recherche sur l’Aménagement Paysager et l’Agriculture Urbaine Durable dont l’acronyme est CRAPAUD réclame la légalisation des poules pondeuses à Montréal. Il est interdit d’élever des poules pondeuses à Montréal depuis 1966 pour une multitude de raisons qui relèvent de l’hygiène publique.
On souhaite, c’est du moins l’objectif de ce CRAPAUD, revoir les poules pondeuses réinvestir le grand Montréal; pas plus de quatre par adresse civique et pas de coq: entendre le joyeux cocorico à quatre heures le matin, c’est trop exiger aux citoyens.
Qu’en pense le crapaud? Eh! bien (c’est une faute, je le sais…) je suis d’accord mais à une seule et unique condition : que l’on remplace les écureuils par les poules. Semble-t-il que ce petit et combien détestable rongeur qui arpente en sautillant nos parcs et nos ruelles, dans mon quartier du moins, ferait partie d’une espèce protégée à Montréal. Interdiction formelle de les détruire par quelque moyen que ce soit. Même s’il est responsable de bien des «grugages» - je pense ici à mes mini-tomates, aux raisins de la vigne, aux incalculables trous qu’ils font dans les pelouses afin d’y déposer des cacahuètes (d’ailleurs, je propose que l’on mette à l’amende tous ceux et toutes celles qui nourrissent ces rongeurs indélicats) – on le protège pour je ne sais quelles raisons.
Échangeons nos écureuils contre les poules pondeuses, voilà ma proposition. D’ailleurs, les poules ne caquètent, semble-t-il, que lorsqu’elles pondent autrement elles sont presque muettes. Vous rétorquerez que les excréments des poulettes grises ayant pondu dans l’église, ça ne doit pas être rigolo lorsque vient le temps de récupérer cela. Ce à quoi je vous répondrai que j’en ai aucune idée ajoutant, afin que vous constatiez mon absolue objectivité envers la problématique des écureuils, que je ne sais pas non plus à quoi ressemble un excrément de mon illustre ennemi. Je le soupçonne toutefois de faire «ch…» quelqu’un quelque part avec cela.
Et en avant pour les poules pondeuses!




CADAVRE EXQUIS
NUMÉRO 15



De son sommeil, Frère Jacques s’éveille
une longue ligne blanche noircit les étoiles
et le lit mourait de chaleur

au loin… deux corbeaux le suivent

sur l’ombre, de l’ombre fut mise
la grande porte refermée
la saison se vide de l’intérieur

la mémoire des choses à venir

la rame du métro s’arrête
Hubble est son habitacle



Au prochain saut

mercredi 28 juillet 2010

Le trois cent soixante-douzième saut / Le trois-cent-soixante-douzième saut



Voici une autre série de citations offertes en ordre alphabétique d’auteurs.
Petite caractéristique : chacune ne dépasse pas (ou de très peu) une ligne.
C’est comme changer le vin rouge de l’année contre le rosé de l’été.

Bonne lecture.

. Vous n’êtes que des masques sur des faces masquées.
Guillaume Apollinaire


. Une vie, c’est la reprise d’un destin par une liberté.
Simone de Beauvoir

. Les pauvres ont plus besoin de rêves que de pain.
Georges Bernanos

. Aucun oiseau ne vole trop haut s’il vole de ses propres ailes.
William Blake


. On obtient plus de choses en étant poli et armé qu’en étant juste poli.
Al Capone

. La mort expire dans une blanche mare de silence.
Aimé Césaire

. La légèreté du rire vous console d’avoir les semelles si lourdes pour vous rendre à l’échafaud.
Jean Cocteau

. C’est que nous n’osons pas, ouvertement, avoir besoin les uns des autres.
Colette


. Moi, je suis seul, tandis qu’eux, ils sont tous.
Dostoïevski


. Les mots n’ont rien su dire
André Frénaud


. tu étais sur mon cœur une rumeur de neige
Federico Garcia Lorca




. Le néant néantise.
Martin Heidegger

. Il a un très grand cœur, grand comme sa tristesse.
Rafaat Hossaïni

. L’abîme est là qui gronde, et les enfants sourient.
Victor Hugo


. Accueillir la froideur du glaive avec la froideur de la pierre.
Kafka


. la mémoire est une chambre absolue
Tania Langlois


. Quelque chose d’infini arrivait à sa fin.
Gabriel Garcia Marquez

. … l’espoir, ce carcan des pauvres.
Gaston Miron


. Avant de savoir les mots pour vivre, il est déjà temps de mourir.
Jean-Guy Pilon

. j’apprends progressivement le rampage sous les barbelés
Danny Plourde


. Arrivés de toujours, qui t’en iras partout.
Arthur Rimbaud


. Se perdre est le seul endroit où il vaille vraiment la peine d’aller.
Tiziano Scarpa

. Tout ce qui est grandiose est aussi difficile à réaliser que rare.
Spinoza


. je marche vers chaque fatigue humaine
Marie Uguay



. Le «moi» est cela qui est peu.
Pierre Vadeboncoeur


. Sur ce dont je ne peux parler, j’ai l’obligation de me taire.
Wittgenstein


Au prochain saut

samedi 24 juillet 2010

Le trois cent soixante et onzième saut / Le trois-cent-soixante-et-onzième saut



Un dernier coup d’œil sur la nouvelle orthographe qui se veut un résumé de ce que nous avons vu depuis le début. Nous y reviendrons à l’occasion.



Rappel des principales règles


Les numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d’union. Ex. : vingt-et-un, deux-cents, trente-et-unième

Dans les noms composés du type pèse-lettre (verbe + nom) ou sans-abri (préposition + nom), le second élément prend la marque du pluriel seulement et toujours lorsque le mot est au pluriel.
Ex. : un compte-goutte, des compte-gouttes ; un après-midi, des après-midis

On emploie l’accent grave (plutôt que l’accent aigu) dans un certain nombre de mots (pour régulariser leur orthographe), et au futur et au conditionnel des verbes qui se conjuguent sur le modèle de céder.
Ex. : évènement, règlementaire, je cèderai, ils règleraient

L’accent circonflexe disparait sur i et u. On le maintient néanmoins dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif et dans cinq cas d’ambigüité.
Ex. : cout ; entrainer, nous entrainons ; paraitre, il parait

Les verbes en -eler ou -eter se conjuguent sur le modèle de peler ou de acheter. Les dérivés en -ment suivent les verbes correspondants. Font exception à cette règle appeler, jeter et leurs composés (y compris interpeler).
Ex. : j’amoncèle, amoncèlement, tu époussèteras

Les mots empruntés forment leur pluriel de la même manière que les mots français et sont accentués conformément aux règles qui s’appliquent aux mots français.
Ex. : des matchs, des miss, révolver

La soudure s’impose dans un certain nombre de mots, en particulier dans les mots composés de contr(e)- et entr(e)-, dans les mots composés de extra-, infra-, intra-, ultra-, dans les mots composés avec des éléments « savants » et dans les onomatopées et dans les mots d’origine étrangère.
Ex. : contrappel, entretemps, extraterrestre, tictac, weekend, portemonnaie

Les mots anciennement en -olle et les verbes anciennement en -otter s’écrivent avec une consonne simple. Les dérivés du verbe ont aussi une consonne simple. Font exception à cette règle colle, folle, molle et les mots de la même famille qu’un nom en -otte (comme botter, de botte).
Ex. : corole ; frisoter, frisotis
Le tréma est déplacé sur la lettre u prononcée dans les suites -güe- et -güi-, et est ajouté dans quelques mots.
Ex. : aigüe, ambigüe ; ambigüité ; argüer

Enfin, certaines anomalies sont supprimées.
Ex. : asséner, assoir, charriot, joailler, relai.





CADAVRE EXQUIS
NUMÉRO 14



il faisait froid
tout se figeait
dans le triste frimas
grimaçant d’effroi


le froid colorait leurs mains
paralysés
ils tracèrent des sentiers
que les roches fendaient

la peur et le froid
jouèrent à qui perd-gagne
les haillons d’un fantôme
enfoui sous ses ombres



«un carnet d’ivoire avec des mots pâles»



A R A I R E (nom masculin)
. charrue simple sans avant-train.

A R G Y R O N È T E (nom féminin)
. araignée aquatique qui tisse dans l’eau une sorte de cloche qu’elle remplit d’air


Au prochain saut

mardi 20 juillet 2010

Le trois cent soixante-dixième saut / Le trois-cent-soixante-dixième saut



Éclectique
En vrac
Et
Échevelé


. L’eau

C’est vrai qu’il ne pleut pas beaucoup cet été, l’hiver ne nous a pas enfoui sous la neige, de sorte que l’on parle non pas de sècheresse mais plutôt de pénurie d’eau. Ajoutons que le mois de juin 2010 aura été le plus chaud depuis que l’on tient des statistiques météorologiques.

Vous souvenez-vous de l’époque fort peu lointaine au cours de laquelle ceux qui ne lavaient pas l’asphalte recouvrant leur entrée de maison passaient pour des malpropres? À la même époque, boire de l’eau n’était pas «in» alors que maintenant tout le monde se promème avec sa bouteille d’eau.

Les grands écologistes parlent du problème d’approvisionnement en eau potable, selon eux ça risquerait de devenir aussi important voire tragique que les gaz à effet de serre; ils en parlent avec une certitude chiffrée.

Le H deux O. L’eau. Tout simple, pourtant si essentielle. Ce que je retiens de cette problématique? Comme beaucoup de situations qui surgissent on réagit seulement lorsqu’elle devient critique. Les politiques qui veulent encadrer les problèmes ont trop souvent la malencontreuse habitude de ne jamais regarder devant mais souvent de colmater des brèches souhaitant que cela puisse suffire.

On ne doit pas, je crois, gérer l’eau, mais plutôt s’assurer que globalement, tout ce qui a trait à la santé de la planète fasse partie de l’hygiène humaine. Souhaitons que les remous causés par la marée noire dans le golfe du Mexique deviennent un cri d’alarme et nous incitent, à tous les niveaux, à des actions plus responsables.


. Les F-35

Nous aurons, semble-t-il, de beaux nouveaux avions militaires. Pas de la camelote, non, de la première qualité. Ils s’appellent F-35. Ils nous couteront quelque chose comme 12 milliards de dollars. Fini le temps où, comme certains de nos bateaux, on faisait rire de nous à travers le monde avec nos vieilles affaires tout usées. Là, on pourra faire nos «frais» et surtout, la guerre.

Le gouvernement minoritaire conservateur a décidé, un peu comme s’il était majoritaire au parlement et dépositaire de nos intentions les plus intimes quant à la manière que le Canada doit se comporter dans le monde afin d’assurer la paix. Parce que, si je saisis bien, la paix pour nous, Canadiens, c’est faire la guerre; pour faire la guerre, il faut absolument s’assurer de la gagner; pour la gagner, il faut obligatoirement être mieux équipé de l’adversaire. Logique?

Il m’arrive parfois de me demander si ce gouvernement minoritaire conservateur n’est pas totalement déconnecté de la réalité ou tout simplement branché que sur sa réalité idéologique qui relève directement de la philosophie George W. Bush.

C’est fort inquiétant surtout lorsqu’on entend pour seule réplique, celle des libéraux fédéraux qui déclarent qu’une fois au pouvoir, ils annuleront le contrat. Un certain Jean Chrétien n’avait-il annoncé une telle intention lorsque les conservateurs voulurent acheter des hélicoptères (à moins que ma mémoire me joue des tours)?

12 milliards de dollars pour des avions qui ne réussiront même pas à transporter plus d’une ou deux personnes à la fois!


. Le recensement

Un autre exemple inquiétant de la manipulation du gouvernement minoritaire conservateur, manipulation de l’information. On va cesser d’obliger les gens (à part les agriculteurs) de répondre à un questionnaire détaillé dans le cadre du prochain recensement pour la simple raison qu’il serait, selon le ministre responsable de l’opération, intrusif. Semble-t-il que plusieurs plaintes ont été enregistrées! Dans les faits, le questionnaire n’est pas intrusif et une ou deux plaintes ont été portées à l’attention de Statistiques Canada.

On pourrait en jaser des heures et des heures. Le recensement national, à moins que je ne me trompe, on le fait aux dix ans et l’objectif c’est un peu de faire le portrait de la situation afin de mieux cibler les politiques à venir. Pour les conservateurs, c’est de l’ingérence gouvernementale dans les affaires privées des gens.

Je ne connais à peu près rien à la statistique et dois me fier aux scientifiques de cette discipline qui insistent sur le fait que ces données sont prioritaires afin d'organiser ou réajuster les services publics. Faut-il en conclure que notre gouvernement actuel ne veut rien savoir de cela ou plutôt se bouche-t-il les oreilles, ferme-t-il les yeux sur ce qu’il y a à faire? On a pourtant des milliards pour les avions militaires et la sécurité des sommets internationaux (G-8, G-20).

De plus en plus inquiétant d’être Canadien!


«un carnet d’ivoire avec des mots pâles»






B R I G U E
(nom féminin)
. manœuvre secrète consistant à engager des personnes dans ses intérêts en vue d’obtenir par faveur quelque avantage ou poste immérité.
- intrigue; tractation


H A R P I E (nom féminin)
. monstre fabuleux, à tête de femme et à corps de vautour, à griffes acérées;
. personne avide, rapace;
. femme méchante, acariâtre
- furie, mégère
. oiseau rapace diurne vivant en Amérique du Sud


Au prochain saut

jeudi 15 juillet 2010

Le trois cent soixante-neuvième saut / Le trois-cent-soixante-neuvième saut



Citations puisées chez Gérald Messadié (L’homme qui devint Dieu)

. … un héros est quelqu’un qui se dévoue pour le bien commun et l’on ne peut pas offrir en exemple quelqu’un qui réussit tout ce qu’il fait! Ce serait dangereux! Songez donc! Tout le monde voudrait être héros, ce serait la pagaille! De plus, un personnage aussi admirable devient rapidement sacrificiel. Offrir un bœuf aux divinités, ce n’est rien! Mais offrir un héros, voilà qui doit faire plaisir aux puissances suprêmes! Donc, notre héros juif sera immanquablement sacrifié, comme un bœuf, un agneau, une colombe! Et puis l’on rendra hommage à sa mémoire, on instituera un culte…

. … le propre du héros est de se croire immortel. Il se laisse donc sacrifier. Son orgueil triomphe. Notre héros se laissera sacrifier tout comme Héracles!


Puis chez Jean Bédard (Nicolas de Cues)

. Être un monceau de nerfs frémissant à peine recouvert d’une frêle pellicule inflammable, chaque matin se retrouver ligoté dans ce chiffon de chair et marcher parmi des fous armés jusqu’aux dents, torche à la main…

. On mesure un homme en le trempant dans sa pleine solitude, à température constante, pendant une longue période. Ce qui en reste, c’est sa mesure.


Ensuite, chez Fun-Chang (Utilise ce que tu es)

. Cette capacité d’être témoin sans t’identifier à chaque situation te donne une puissance incommensurable.

. Le respect est la marque de la plus grande évolution qui soit pour un être; il est dû au fait que l’individu sait qui il est.


Avec un court arrêt chez Mihaly Csiksgentmihalyi (Vivre)

. Être un homme, ce n’est pas seulement se marier et faire l’amour; être un homme, c’est être responsable, savoir quand parler, savoir quoi dire et savoir se taire.

. On dit de ceux qui transforment des tragédies en expériences positives qu’ils bénéficient de «résilience».


Et chez Spencer Johnson (Oui ou Non)

. Mes décisions révèlent mes convictions.

. Mes émotions me divulguent souvent les conséquences de mes actes.


Nous continuons en marchant avec André Carpentier (Ruelles, jours ouvrables)

. … les personnes et les objets conservent quelque chose des yeux qui les ont observés, je dirais surtout s’ils sont transfigurés par une sensibilité. La nature morte a ses origines dans l’esprit vivant.

. … nulle rencontre ne peut se produire sans le secours de l’imagination, qui est l’autre scène du réel.


Nous nous arrêtons chez Lionel Bernier (La bataille de Forillon)

. Il (Philipp-John) se représenta un instant une grenouille essayant de bloquer le passage du train… Il se mit à rire dans sa moustache. Puis se sentant coupable d’imaginer son amie (Albina) en grenouille, il se leva brusquement et entra souper.

. On devait procéder à une grande opération d’épuration, de nettoyage, de lessivage. On devait protéger à tout prix les crapauds et les grenouilles.


Et chez Fred Pellerin (Comme une odeur de muscles)

. Ma grand-mère, elle était de la race de ceux qui disent qu’il ne faut jamais cogner. Elle allait jusqu’à prétendre qu’il faut éviter tous les coups. Autant pour celui qui frappe que pour celui qui se fait frapper. Dans sa bouche, ça se prononçait comme un proverbe. Que le trou souffre autant que le clou. C’était sa manière de pratiquer. Les arts marteaux.

. Et puis tout s’effaça. Même l’odeur du feu dans les vêtements. Tout sauf la suie dans les mémoires. Là où les grandes noirceurs s’incrustent le mieux.


Un petit quelque chose de Fernando Savater (Choisir la liberté)

. … les problèmes insolubles n’ont que de mauvaises solutions…

. Être tolérant, c’est coexister avec ce que l’on désapprouve… et avec ceux qui nous désapprouvent





«un carnet d’ivoire avec des mots pâles»



A D A M I S M E (nom masculin)
. hérésie des adamiens ou adamites , hérétiques nudistes du IIième siècle, adversaires du mariage (mouvement repris en Bohême au XVième siècle)


A N K Y L O S T O M E (nom masculin)
. ver, nématode parasite de l’intestin grêle, provoquant une anémie pernicieuse.



Au prochain saut

dimanche 11 juillet 2010

Le trois cent soixante-huitième saut / Le trois-cent-soixante-huitième saut



Voici le dernier poème du crapaud :

l’écho


l’écho d’un violoncelle suffoque dans les montagnes
la nostalgie se cueille sur un banc de métro
alors que la mélancolie les berce, berce encore…

l’écho éteint le son hystérique des téléphones,
l’odeur des voix, le chuintement des pas élastiques
dans les rebours d’une tête effarouchée

la nostalgie, c’est l’écho du temps qui se fait mélancolique…

la pire vengeance de l’amour est l’amour impossible
une main refroidie qui claque la porte
s’en allant paver la ruelle du supplice des heures

l’écho naît nostalgie… meurt mélancolie

un banc de métro, mur de silence sur lequel, infatigablement,
la solitude y creuse de grands trous d’isolement
n’empêchera pas les fous de hurler de joie…

et passe l’archange aux ailes brûlées d’étoiles
des souvenirs incognitos ruisselant de ses bras
s’assèchent ainsi qu’une tache de café roidie

avec trois cordes de violon, le bleu délavé du ciel
désamorce l’écho sous les nuages gris du métro
puis, mélancoliquement, arpente le chemin de l’oubli


«un carnet d’ivoire avec des mots pâles»


G O D I L L E (nom féminin)
. aviron placé à l’arrière d’une embarcation et permettant la propulsion par un mouvement hélicoïdal de la pelle;
. technique de descente consistant en un enchaînement de virages effectués face à la pente, les skis parallèles;

Loc. à la godille : mal fait, qui ne convient pas.


H A L L A L I (interj. et nom masculin)
. cri de chasse qui annonce que la bête poursuivie est aux abois;
. n.m. ce cri lui-même, ou la sonnerie de cor qui le remplace;
. le dernier temps de la chasse, où la bête est mise à mort;
. défaite, ruine. (Sonner l’hallali de quelqu’un = annoncer sa fin)



CADAVRE EXQUIS
NUMÉRO 13



…à partir de nos bras
alourdis des désirs évanouis
comme deux amants


d’un million de sillons bleus
on entend comme des voix intérieures


les sentiers se perdent sous la neige qu’allège son haleine
comme des flaques insanes


un parfum emplit l’espace
comme des oiseaux de laine


un camelot de cire sacrifié aux rayons du soleil
comme des bouées en déroute vers une source

une ombre blanche aux mains de sang



Au prochain saut

mercredi 7 juillet 2010

Le trois cent soixante-septième saut / Le trois-cent-soixante-septième saut



Éclectique
En vrac
Et
Échevelé


. Les sommets du G8 et du G20 :

Que retenir de ces somptueuses rencontres! Un communiqué final? Un lac artificiel?
L’extraordinaire leadership de Stephen Harper? Personnellement, ce sont plutôt les 1000 arrestations lors des manifestations de Toronto (un record dans l’histoire policière canadienne) desquelles seulement une centaine ont mené à des accusations pour méfaits publics, refus d’obtempérer, etc. Surtout, et c’est là où s’accroit mon inquiétude, le fait que 66% des répondants interrogés par les sondeurs se sont déclaré satisfaits du travail des forces policières dont le mandat, selon le chef de la police de Toronto, était de protéger la ville. Faut-il conclure que les efforts du gouvernement conservateur minoritaire depuis qu’il est en place, efforts pour nous implanter de gré ou de force l’idée que la loi et l’ordre sont les bases de notre société, les nouvelles valeurs pancanadiennes portent des fruits et qu’en définitive il faut continuer d’investir massivement dans les appareils policiers et militaires? D’après vous, les sommes astronomiques englouties pour assurer la sécurité des sommets du G8 et du G20 ne seraient-elles pas un moyen détourné de financer la police et la RCMP? Je n’ai aucune idée combien ça coute d’acheter des œillères pour les chevaux et de nouvelles matraques, mais il me semble qu’on y est pas allé avec le dos de la cuiller! Nous rapprochons-nous d’un état policier?

Certains diront qu’il fallait absolument vaincre, écraser les mouvements criminels et anarchistes (style Black Bloc) car ils représentent la nouvelle vague du terrorisme urbain. Combien d'individus de ces groupes ont été interceptés? On ne nous l’a pas encore dit mais je pense que là où on a formidablement bien réussi, c’est de s’attaquer de plein fouet au droit de manifester démocratiquement.

Dernière chose : les sommets G8 et G20, pourquoi on nous annonce le lieu où ils se tiendront, les dates et tout le tralala un an d’avance. Ne devrait-on pas déclarer ces rencontres TOP SECRET tout comme les discussions qui s’y déroulent et les résultats qui ne viennent jamais?


. Bon voyage à Rome :

Vous connaissez la chanson enfantine BON VOYAGE MONSIEUR DUBONNET? Je vous invite à la chantonner tout en modifiant quelques mots. Ça pourrait donner quelque qui ressemble à:

Mon voyage Monseigneur Ouellet
À Rome débarquez sans naufrage
Bon voyage Monseigneur Ouellet
Et à Québec ne revenez jamais.


. La visite royale :

Avant l’arrivée de «Sa Majesté la face du 20 piasses» en territoire canadien, un sondage d’opinions nous dévoilait que moins de 20% de la population croyait encore en l’utilité de la monarchie, pour les autres, une relique. Depuis l’arrivée de l’illustre personnage sa cote a monté. Semblerait-il que le fait de voir cette vieille dame toute en chapeau et en robes aux couleurs vives a ranimé notre ferveur royaliste. Un merveilleux conte de princesse qui dure depuis près de 60 ans avec le même beau prince charmant! C’est vrai que depuis le décès de la princesse Diana il fallait bien se rabattre sur quelqu’un d’autre, alors pourquoi pas une valeur sure, qui a fait son temps.

L’avez-vous vue le 1er juillet à Ottawa? Le rouge lui donnait des couleurs et a tellement inspiré que monsieur Harper, lui-même, portait une cravate rouge. Une petite influence qui devrait rejaillir sur nous, humbles sujets qui perdront l’automne prochain le plus beau symbole royal qui soit, c’est-à-dire la gouverneur général Mikaëlle Jean. Pourquoi Élisabeth i i ne l’anoblirait-elle pas au rang de princesse? On peut quand même rêver!


. Le français à Montréal :

L’UNESCO rapportait dans un rapport rendu public il y a une vingtaine d’années que la langue atikamekw risque bien de ne pas voir la deuxième moitié du présent siècle. D’aucuns diront que voilà une nouvelle fort peu importante puisque de toute manière cette langue ne serait utilisée que par quelques individus et que la culture qu’elle promeut ne présente aucun intérêt sauf les atikameks eux-mêmes. D’autres ajouteront que l’expérience de l’espéranto, nous la revivons actuellement autour de la langue anglaise, que c’est tout à fait acceptable et que de toute façon aucune barrière ne saurait lui bloquer le passage. Certains préviennent que voici peut-être une initiative semblable à l’érection de la tour de Babel.

Je pars de bien loin pour installer mon argumentaire : la langue française est en péril en sa demeure québécoise principale, Montréal. Sans alarmisme aucun, strictement au niveau de l’observation, je crois fermement que l’idée de plus en plus répandue que l’utilisation de la langue française à Montréal est en baisse devient réalité. Une réalité quotidienne. Le boulevard Saint-Laurent trace une coupe entre l’est et l’ouest de la ville en terme géographique mais il fractionne également l’ancienne métropole canadienne en deux quartiers bien distincts : un anglophone et un francophone. De plus en plus, et j’utilise comme référence ma petite expérience quotidienne dans Hochelaga-Maisonneuve, le fait anglais traverse la ligne imaginaire pour s’installer à l’ombre du stade olympique. Mes nouveaux voisins, ceux qui depuis le 1er juillet partageront ma ruelle, parlent anglais et l’évoquent comme étant leur langue principale.

Se faire servir en français dans l’ouest de Montréal exige une patience angélique qui se transforme trop rapidement en passage à l’autre langue; le mal se répand dans l’est. Discuter avec de nouveaux arrivants (il commence à y en avoir plusieurs dans mon petit coin de ville) c’est avant tout parler anglais. Écouter la radio (autant sur la bande AM que la bande FM) – faites l’expérience – c’est se taper quatre titres anglais pour un titre français. Les anglicismes deviennent de faciles raccourcis afin de mieux exprimer certaines évidences du monde de la communication sous toutes ses coutures. La culture mondialiste parle anglais et il est difficile de s’y soustraire = un axiome de plus en plus répandu. Montréal en subit les coups et contrecoups sans que l’on puisse apercevoir un début de résistance. Car il me semble évident que nous revenons à cela : la résistance.

Souvenons-nous de l’époque pas si lointaine des batailles contre certaines lois linguistiques avant d’arriver à la loi 101; les slogans de Québec français supposaient d’abord un Montréal français. Promenez-vous dans Montréal, à l’est comme à l’ouest, et dites-moi si vous y reconnaissez le visage que voulait lui imprimer la loi 101. J’ai comme la vague impression que si on ne réagit pas, et l’unique manière de le faire serait à mon point de vue de n’utiliser que la langue française toute la journée, en toutes les circonstances, en tous les lieux, si nous ne réagissons pas, l’UNESCO annoncera que la langue française en terre québécoise est vouée à ne pas franchir ce siècle.


Au prochain saut

samedi 3 juillet 2010

Le trois cent soixante-sixième saut / Le trois-cent-soixante-sixième saut



Une autre excursion dans le monde merveilleux de la nouvelle orthographe. Vous verrez que c’est aujourd’hui fort intéressant et, pour certains, fort bouleversant…

Quelques anomalies sont supprimées :

absout, absoute (participe passé)
appâts (nom masculin pluriel)
assoir, messoir, rassoir, sursoir

bizut
bonhommie
boursoufflement, boursouffler, boursoufflure

cahutte
charriot, charriotage, charrioter
chaussetrappe
combattif, combattive, combattivité
cuisseau (dans tous les cas)

déciller
dentelier
dissout, dissoute (participe passé)
douçâtre

embattre
exéma, exémateux, exémateuse

guilde

imbécilité
innommé, innommée
interpeler (j’interpelle, nous interpelons, etc.)

levreau
lunetier

nénufar

ognon, ognonade, ognonière

pagaille
persifflage, persiffler, persiffleur, persiffleuse
ponch (dans le sens de « boisson »)
prudhommal, prudhommale, prudhommie
prunelier

relai
saccarine (et ses nombreux dérivés)
sconse
sorgo
sottie

tocade, tocante, tocard, tocarde

ventail


On munit d’accent quelques mots où il avait été omis, ou dont la prononciation a changé : asséner, papèterie, québécois, etc.

On écrit en -iller les mots anciennement en -illier où le i qui suit la consonne ne s’entend pas, à l’exception des noms d’arbres (comme groseillier) : joailler, serpillère, etc.

Enfin, en cas de concurrence dans l’usage, on privilégie la forme la plus francisée (leadeur plutôt que leader), la graphie sans circonflexe (allo plutôt que allô), le pluriel régulier, etc. Cette recommandation concerne surtout les auteurs de dictionnaires et est particulièrement valable pour la création de mots.



CADAVRE EXQUIS
NUMÉRO 12



en marche sur un piano sans notes

l’enfant aux souvenirs inachevés
immobilise soudainement les mains sous ses pas

il marche
glisse
et
frôle

(objects in mirror are closer than they appear)

une eau jaillissante
puissante
l’enfourchant
s’enfonce
en perles fuyantes

… l’amour n’est que de la nostalgie remise à jour…

se tenant par la main, les inconnus marchent
inconscients de la route à venir
à leurs insouciantes semelles l’innocence collée

… une légère, … une toute légère couche d’âme à peine lumineuse



«un carnet d’ivoire avec des mots pâles»


F O R C L U S I O N (nom féminin)

. déchéance d’un droit non exercé dans les délais prescrits;
. exclusion forcée; impossibilité d’entrer, de participer;
. mécanisme psychique par lequel des représentations insupportables sont rejetées avant même d’être intégrés à l’inconscient du sujet (à la différence du refoulement).



G I R A N D O L E (nom féminin)

. faisceau de jets d’eau, de fusées
- gerbe

. chandelier à plusieurs branches disposées en pyramide;
. assemblage de diamants, de pierres précieuses formant pendants d’oreilles;
. grappe de fleurs;
. taille en pyramide des arbres à fruits;
. guirlande lumineuse servant d’enseigne, de décoration pour une fête.


Au prochain saut

Si Nathan avait su... (Partie 2) -34-

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