vendredi 23 mai 2008

SAUT: 211



Un mois de mai en dents de froid et de pluie, exactement ce que nous aurions souhaité pour avril mais qui a choisi d'arriver au moment où notre corps et notre âme exigent davantage de soleil et de chaleur. Un mai désiré comme une suite à la plage cubaine, aux couleurs sur la mer, à cette si douce température qu'elle nous pousse à croire que ça pourrait être ainsi tout au long de l'année.

Un mois de mai... trois lettres seulement pour dire le printemps et ses nécessaires retours, éclosions, ses magnolias puis ses lilas qui regardent de haut les tulipes, les crocus et les jacinthes qui osent pointer leur tête hors de la terre encore froide. Des jardins à refleurir, des potagers à bêcher, à nourrir, en qui croire.

Un mois de mai qui cherche une lune plus chaude, plus maternelle, une lune marine.

Un mois de mai...

Les feuilles du bouleau qui s'accaparent de la moitié de ma fenêtre et se confondent à celles de l'érable planté dans le trottoir face à la maison, comme un grand urbain qu'il est, les feuilles du bouleau me rappellent nos messages de l'automne dernier. Les arbres cultivent la mémoire et savent nous chatouiller les yeux afin que le souvenir demeure, collé aux verts des feuilles.

Lui, ce bouleau blanc qui n'a jamais vu la forêt, n'a jamais rêvé d'autre chose qu'à ce soleil derrière la maison venant doucement à sa rencontre en milieu d'après-midi, ce bouleau sait comment attiser les souvenirs. Il n'a qu'à bouger un peu, frétiller je dirais, pour que les couleurs de maintenant rejoignent celles de l'hiver puis celles de l'automne.

Je lui ai donné un nom. Nous sommes les seuls, lui et moi, à le connaître. Il le porte pour deux raisons: la première, parce qu'il est un spécialiste de la couleur et la deuxième, parce qu'il possède la forme d'un glaive tendu vers le ciel. Ce bouleau reflète la couleur, en fait toutes les couleurs autour de lui et il le fait avec une simplicité tellement pure que chacune d'elles conserve son originalité puis s'ouvre aux autres avec grâce et tendresse. Ce bouleau blanc a la forme d'un glaive tendu lorsque sa silhouette court vers le ciel, on n'a qu'à bien regarder pour s'en apercevoir. Voilà pourquoi je lui ai prêté le nom de Federico Garcia Lorca.

Le poète espagnol qui écrivait
«Sur la plage la mer danse
un poème de balcons.»
me permettra sans doute de modifier ses mots
«Sur la vitre le bouleau danse
un poème de balcons.»

Un mois de mai... espagnol et urbain... à travers lequel j'entends cet écho souterrain...




l’écho souterrain


l’écho insolite troue l’espace
une plume d’ange s’enfuit

la rame du métro s’arrête
- personne ne descend -
repart dans le même bruit
celui d’un insolite écho troublant l’espace

le noir souterrain remue
bousculant les murs que la publicité salit
alors que le train, étourdi à suivre des lumières bleues,
se dirige vers le prochain arrêt

rien

que l’écho stationnaire
collé aux portillons qui s’ouvrent
puis se referment dans le silence de cinq heures
un silence bondé de solitudes lasses

rien et un peu moins

un écho qui étourdit les oreilles
qui chiffonne un journal recyclé
qui cherche dans si peu d’espace
celui qu’il empruntera pour se cacher

à nouveau le train s’arrête
retenu par une panne de courant inattendue
l’écho souterrain se dissipe dans l’espace insolite
et sort… underground...
dans un grand soleil d’ange


Au prochain saut

samedi 17 mai 2008

SAUT: 210



C'est entre magnolias et lilas, chère Alice, que vous avez choisi de partir.

C'est entre vos deux filles, debout l'une près de l'autre et près de vous, dans cette douceur d'un printemps arrivant, dans la chaleur d'un jour de mai, que vous avez ouvert les yeux, et les avez, chère Alice, refermés.

Au printemps.

À l'heure du silence.

À cette heure, chère Alice, où tout a lieu entre nous et soi et l'autre, un peu comme si nous savions que ce serait ainsi que cela devait se faire.

Chère Alice, je vous dis au revoir, retenant l'espace d'un instant votre main pour y glisser quelques peines que vous saurez transporter avec vous vers ceux qui savent qu'on ne les oublie pas.

Adieu, chère Alice.

Entre lilas et magnolias.


Le crapaud

samedi 10 mai 2008

SAUT: 209


Aucune idée pouvant expliquer le fait que le crapaud se soit remis à la re-lecture de Kafka. Bon! passer au travers de l'oeuvre de Francis Carco, un auteur qui m'intéressait à une certaine époque (surtout par sa poésie) mais le temps, cet injuste organisateur, m'avait toujours ralenti m'empêchant de me rendre jusqu'au bout, ça peut se comprendre. Mais Kafka? Pour ses images tellement... j'ose dire effrayantes mais je préfère «hyperréalistes» et ce merveilleux don de la question menant à une autre puis une troisième sur des sujets décrits comme un procès-verbal... Pour... je ne sais trop...

Voici quelques citations qui n'ont rien à voir avec ni l'un ni l'autre de ces deux auteurs mais qui feront certainement votre bonheur. Bonne lecture.

. Je crois que nous ne devrions entrer en compétition qu'avec ce que nous avons de meilleur en nous. Shirley MacLaine

. Pour certaines personnes, il est tellement important de faire comme les autres qu'elles se trouvent totalement coupées d'elles-mêmes. Colette Portelance

. D'étape en étape, où le plaisir, où la gêne se combinent et grandissent, ils peuvent lire chacun dans les yeux de l'autre l'expression de leur propre émotion. Point n'est besoin de déclaration. Robert Louis Stevenson

. L'espace est la pause qui rétablit les êtres dans les perspectives que leur a assignées l'univers. Jean O'Neil

. Il ne faut jamais faire de mal aux gens qu'on aime. On le regrette après, quand ils s'en vont. On le regrette toute sa vie. Yann Queffélec

. ... j'ai eu une intuition. C'est dangeureux, les intuitions, c'est pire que du napalm, ça brûle en profondeur, ça se rend jusqu'aux électrodes qu'ils piquent dans l'âme. Jacques Godbout

. On est tous au même niveau, on sert tous à foutre le bordel dans la vie des autres. Stéphane Bourguignon

. Vous n'avez jamais eu besoin de quelqu'un qui puisse enfin vous assurer dans vos propres bottes; et souffert d'attendre, souffert d'avoir, souffert de perdre! Jean Giono

. Dans l'espace de la mémoire, toute chose est à la fois elle-même et une autre. Paul Auster

. Mais en attendant, toute la vie que tu as, que tu auras jamais, c'est aujourd'hui, ce soir, demain, aujourd'hui, ce soir, demain, et ainsi de suite indéfiniment (espérons-le). Tu ferais donc mieux de prendre le temps qui vient et d'en remercier le sort. Ernest Hemingway

. Le temps consolide parfois les choses, mais la plupart du temps, il les use. Yves Beauchemin

. L'inquiétude attire les reproches qui éloignent l'amour, l'inquiétude fronce de rides les passions les plus jeunes. M'aimes-tu encore, à quoi tu penses, pourquoi tu ne téléphones pas, les pauvres questions de l'inquiétude créent, à partir de rien, des monstres qui deviennent réels. Monique Proulx

. Les expériences d'autrui ne sont jamais que des mots et en tant que mots viennent se mêler au flot quotidien de toutes les autres paroles qui, à peine prononcées, perdent aussitôt leur signification. Jan Trefulka

. Il voulait extérioriser son monde intérieur, rien d'autre, son monde intérieur, qu'il trouvait plus merveilleux que tout ce qu'avait à lui offrir le monde extérieur. Patrick Süskind

. Les droits imprescriptibles du lecteur:
1) Le droit de ne pas lire.
2) Le droit de sauter des pages.
3) Le droitde ne pas finir un livre.
4) Le droit de relire.
5) Le droit de lire n'importe quoi.
6) Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
7) Le droit de lire n'importe quoi.
8) Le droit de grappiller.
9) Le droit de lire à haute voix.
10) Le droit de nous taire.
Daniel Pennac


Au prochain saut

dimanche 4 mai 2008

SAUT: 208


La chanson célèbre «On n'a pas tous les jours 20 ans», il faudra modifier le 20 pour 60...

C'est aujourd'hui qu'Om'A, la louve...
Om'A, la poétesse...
Om'A, la mère, la mère-grand et sa mère...
Om'A, la yogi en ski...
Om'A, la remueuse de terre, de fleurs...
Om'A, la bècheuse de mots, l'engagée, l'outaousaise...
Om'A, eh! bien oui, elle a 60 ans.



Un anniversaire qu'elle ne souhaite pas voir souligner en grandes pompes, mais croyait-elle vraiment qu'on puisse le passer sous silence? Comment imaginer du silence pour cette femme de mots, de paroles et de projets. De continuels projets.

En 60 mots - et peut-être un peu plus - te dire, ma chère OM'A toute mon affection, souligner bien modestement ce 4 mai (le quatre est si présent dans ton féminin quotidien, ton féminin mère, mère/ fille et petite-fille) de l'année de grâce 2008...

Je tiens d'abord à te citer (Éloïse, poste restante -Lettres à une enfant disparue):

. L'année vient juste de basculer et je la resasse en revivant ce premier cycle complet sans toi. À jamais finie la ronde des premières fois: première semaine, premier mois, premier printemps. Dis-moi, jusqu'à quand s'entête-t-on à comptabiliser l'absence, à mesurer le vide, à quantifier le manque? Dans quel but? Je sais qu'on fait la même chose avec le bonheur, fêtant les anniversaires et faisant que leur nombre ait des saveurs de victoire. Mais les grandes pertes, dis-moi, pourquoi s'acharner? Est-ce pour se prouver qu'on a survécu au pire, qu'on se rappelle encore, qu'on n'oubliera jamais? Ai-je vraiment besoin de mesurer ma peine et de faire le décompte des jours, pour savoir que ma vie ne reprendra jamais avec autant de souffle et d'innocence puisque tu m'as quittée? Loïse Lavallée,

J'ai cherché dans mes poètes et poétesses préférés afin d'y trouver ce passage, ces soixante mots qui sauraient mieux que moi te dire, te dire comme moi je te vois. Voici ce que j'ai trouvé et que je t'offre.

Le saut de l'ange (Denise Desautels)

Dans mes premiers rêves, un ange venait vers moi, avec une insoutenable douceur, la tête légèrement inclinée, les lèvres souriantes, sa main gauche tendue vers la mienne; puis il s'immobilisait à quelques pas de moi, tenait la pose jusqu'à la fin du rêve, guettant une audace, quelque compromission de ma part qui aurait trompé son attente.

Au fil des ans et de nuit en nuit, sa couleur pâlit, sa forme finit par s'effacer.
Un jour la scène devint noire. Aujourd'hui j'entre dans mes rêves, sans aucune protection contre les mots qui aboient dans le sommeil et s'imposent avec une implacable clarté.

*

L'air circule, bleu et presque trop léger, parmi les oeuvres et les gestes ordinaires.
Après on se déplace naturellement, quelques centimètres au-dessus du sol, comme si la lumière était innée, comme si vivre était enfin palpable.

Je reviens toi, ces deux extraits des Lettres...

. Je ne pensais pas, vois-tu, que la mort s'installait ainsi par étapes, par degrés, qu'elle pouvait prendre un temps interminable à creuser son trou. Loïse Lavallée


. J'ai pourtant peur de ne pas t'avoir suffisamment appréciée lorsque tu étais du même voyage que moi. Si seulement on savait avant la mort de l'autre ce qu'on découvre après. Ou bien est-ce le non-retour qui fait prendre à ce qu'on sait déjà des proportions qui coupent le souffle et les bras? Loïse Lavallée

Je te souhaite un beau soixantième; que cette année te permette d'achever ce que tu as entrepris et d'entreprendre les soixante... projets et plus que tu as en tête.

Affectueusement, Le Crapaud, qui te rappelle cette phrase de notre chère Hélène Grimaud - un concert bientôt, ensemble? - qui disait «j'ai compris que se souvenir, c'est aussi inventer. La mémoire est l'art magique de la composition.»



Au prochain saut!

vendredi 25 avril 2008

SAUT: 207


Le crapaud exige de vous, ce matin, un petit mais alors là un tout petit effort de mémoire. Vous devez vous rappeler qu'en février dernier, le 8 pour me faire plus précis, je publiais un centon (pièce littéraire ou musicale, faite de morceaux empruntés), l'oeuvre d'un de mes amis, poète sur le site Oasis; le titre en était L'Imposture. À ce moment-là, j'avais fait la promesse qu'un second suivrait. Du même auteur, Carmel Lopez. Eh! bien le voici.

Salade composée

1 Voie lactée ô sœur lumineuse,
2 Le ciel est par-dessus le toit.
3 Le rossignol était sans voix
4 Comme le sein d'une amoureuse.

5 Tombe, tombe, feuille éphémère !
6 Marquise, vous souvenez-vous
7 Les couleuvres et les hiboux ?
8 Que se repose le mystère !

9 Dans la pomme d'amour, Clémence,
10 Nul ne viendra verser des pleurs.
11 Ose-t-on croire que ces fleurs
12 Ont déployé leur insolence ?

13 Ô que d'appas en ce visage
14 Tirés comme par un aimant !
15 Mais où sont les neiges d'antan ?
16 Honneur des hommes, saint langage !

17 Beauté des vers, beauté des flammes,
18 Palmes lentes de mes désirs,
19 Saison des fleurs et des plaisirs,
20 Comme l'accord de nos deux âmes.

21 Un gai zéphire les caresse,
22 Dans la plaine les baladins...
23 En verrai-je jamais la fin ?
24 Je plains le temps de ma jeunesse.

25 Ma Muse faible et surannée,
26 Écho grec du sacré vallon
27 Fait d'éponges et de limon,
28 Espoir d'une fertile année,

29 Je ne suis qu'un viveur lunaire.
30 Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
31 Celle que vous idolâtrez.
32 C'est le moment crépusculaire.

33 Mignonne, allons voir si la rose
34 Frôlée par les ombres des morts
35 Sous les pampres de pourpre et d'or...
36 Un poème c'est bien peu de chose.

37 Dans ma cervelle se promène
38 La reine blanche comme lys
39 Et mes yeux clos comme jadis,
40 Noir verrou de la porte humaine !

41 Hyperbole ! de ma mémoire
42 Mais où sont les Lunes d'antan ?
43 Dans un vieux square où l'océan
44 Sème l'azur, l'or et l'ivoire.

45 Mon cœur, il faut perdre la vie
46 Au crépuscule des mes jours.
47 L'art est long et le temps est court
48 Et s'est vêtu de broderie.

49 Malheureux l'homme qui fonde
50 Le geste auguste du semeur.
51 Que me conseillez-vous, mon cœur,
52 La faulx qui luit dans l'eau profonde ?

53 Il est temps que je me repose,
54 Belle âme qui fut mon tombeau,
55 C'est la soif qui a produit l'eau
56 Entre les replis de la rose.

57 J'ai perdu ma force et ma vie
58 Sous la cloche de cristal bleu.
59 Il n'y a pas d'amour heureux
60 Au pays de Papouasie !


Mes éternels remerciements pour leur précieuse collaboration à : pour les vers :

Charles d'Orléans (1394-1465) 23, 48, 51
François Villon (1431- ? ) 15, 24, 38
Pierre de Ronsard (1524-1585) 33
Rémy Belleau (1528-1577) 56
François de Malherbe (1555-1628) 54
Mathurin Régnier (1573-1613) 31
Honorat de Racan (1589-1670) 19, 28
Théophile de Viau (1590-1626) 44
Marc-Antoine de Saint-Amant (1594-1661) 7, 12, 21, 27
Tristan L'Hermite (1601-1655) 13
Georges de Scudéry (1601-1667) 11, 45
Jean Racine (1639-1699) 49
Voltaire (1694-1778) 25, 46
Nicolas-Joseph Florent Gilbert (1751-1780) 10
Charles-Hubert de Millevoye (1782-1816) 3, 5
Victor Hugo (1802-1885) 32, 40, 50, 53
Alfred de Musset (1810-1857) 57
Théophile Gautier (1811-1872) 26
Charles Baudelaire (1821-1867) 14, 37, 47
Stéphane Mallarmé (1842-1898) 41
François Coppée (1842-1908) 6, 20
Charles Cros (1842-1888) 17
Paul Verlaine (1844-1896) 2
Jules Laforgue (1860-1887) 29, 42
Charles Van Lerberghe (1861-1907) 39
Maurice Maerterlinck (1862-1949) 18, 58
Paul-Jean Toulet (1867-1920) 4, 35
Paul Claudel (1868-1955) 55
Paul Valéry (1871-1945) 16
Léon-Paul Fargue (1876-1947) 43, 60
Guillaume Apollinaire (1880-1918) 1, 22, 34
Louis Aragon (1897-1982) 30, 59
Joë Bousquet (1897-1950) 52
Léo Norge (1898-1990) 9
Jacques Audiberti (1899-1965) 8
Raymond Queneau (1903-1976) 36

Admettez que voici un travail particulièrement intéressant.
Merci Carmelo et à un prochain saut.

mardi 22 avril 2008

SAUT: 206


Le crapaud a assisté, dimanche dernier, dans un cinéma montréalais à une représentation de l'opéra de Verdi, La Traviata. D'entrée de jeu, je dois avouer qu'à part l'intérêt de ma Fleurette de mère pour les opéras, ce n'est pas nécessairement ce que je cours. À part Maria Callas, Luciano Pavarotti, les noms de quelques chanteurs, plutôt ténors, le noms de quelques opéras, je me retrouve face à une ignorance consommée.

Assister à La Traviata, en provenance de la Scala de Milan - un reportage durant l'entracte nous a permis d'apprécier la beauté et la magnificence de ce lieu mythique de l'opéra italien où les plus grands de l'art lyrique se sont illustrés - fut autant un événement qu'une surprise. Un événement que la haute définition nous offrait avec des images d'une clarté, d'une pureté et d'une beauté unique. Le son, certainement quadraphonique et plus si cela se fait, nous était rendu comme si nous étions assis aux premières loges de la Scala; loges tout simplement fastueuses d'ailleurs. L'orchestre caché dans son puits était dirigé par le chef Lorin Maazel qui, ma foi, semblait assez bien connaître la pièce... Il fut magistral.

Les chanteurs (soprano Angela Gheorghiu, ténor Ramón Vargas , baryton Roberto Frontali) et les choeurs interprétant cet opéra, qu'humblement j'avoue ne pas connaître alors que dans la salle du cinéma Beaubien où se réunirent 216 personnes, néophytes comme moi et experts comme mes deux voisines qui trépignaient à chacune des notes et voyaient venir la suite des choses avec fébrilité et satisfaction, 216 personnes, c'est-à-dire plein à capacité, qui conservèrent tout au long du spectacle un rigoureux silence, retenait des élans d'admiration mais surtout, savaient très bien ce qui se passait devant eux. À la fin, nous étions toutes et tous debout qui applaudissaient un écran nous renvoyant des artistes exténués mais surtout une foule conquise.

L'opéra La Traviata raconte (chantée évidemment!) l'histoire de Violetta, issue de la Dame aux Camélias du roman d'Alexandre Dumas, mis en livret par un certain Piave et fait partie, j'ai bien écouté ce qu'on nous disait... bien que tout le monde qui affronta les 25 degrés celcius d'un super dimanche après-midi de printemps savait déjà qu'il fait partie d'une trilogie de Verdi: Rigolettto et Il Trovatore en sont les autres.

J'en suis ressorti avec des musiques plein la tête et cette vague impression que l'art lyrique est encore l'apanage d'une certaine élite, exactement ce qui se disait il y a vingt-cinq ou cinquante ans. Comment l'expliquer? Aucune idée, mais je dois avouer que ces deux heures de musique et de chant furent entièrement sublimes.

Tout juste pour votre culture, et sachez bien que cela ne vient pas de moi mais bien des informations transmises sur place, je vous raconte cette histoire qui se déroule à Paris au 19ième siècle (important de ne pas l'oublier).

Alfredo Germont, un jeune homme de bonne famille, tombe éperdument amoureux d’une courtisane, Violetta, lors d’un dîner qui resssemble davantage à un banquet qu'autre chose. Par amour, celle-ci délaisse ses nombreux amants et s'engage dans une folle passion avec Alfredo. Le père d’Alfredo, moralisateur et représentant bien l'esprit bourgeois de cette époque, persuade Violetta d'abandonner son fils. Elle écrit alors une lettre de rupture sans préciser les véritables raisons de la séparation, ce qui a pour effet de rendre Alfredo fou furieux. Violetta est souffrante et la maladie dont elle était atteinte réapparaît, et c'est seule en compagnie de sa femme de chambre que Violetta agonise. Par une lettre de son père, Alfredo apprend qu’elle n’a jamais cessé de l’aimer et que le responsable de leur séparation n’est autre que son père. Furieux et repentant, il accourt auprès de Violetta, mais trop tard : rongée par ce qui semble être la tuberculose, Violetta meurt dans ses bras.

Avant de tomber amoureuse d’Alfredo, Violetta était déjà malade mais ce n’est pas seulement sa maladie qui la fait souffrir. Victime de la société bourgeoise et des principes qui la régissent, elle va mourir, certes mais heureuse comme elle ne l’a jamais été avant, heureuse d’un amour retrouvé et enfin reconnu.

Au cœur de l'œuvre, c'est le sacrifice de Violetta, sacrifice qu'elle accomplit pour satisfaire aux règles de la société bourgeoise de l'époque.

Vous comprenez bien que c'est le chant et la musique qui priment, non l'histoire, mais je vous avoue que de savoir qu'une oeuvre datant des années 1850 soit encore jouée, appréciée et si porteuse de beauté... le crapaud en est bien impressionné.

Et je rêvais à Fleurette, l'indomptable amoureuse de l'opéra, assise à la Scala de Milan, dans une loge crénelée et aux fioritures incomparables, savourant la beauté des voix de ces chanteurs au talent incroyable...




Au prochain

lundi 14 avril 2008

SAUT: 205



Que diriez-vous, aujourd'hui, d'une autre série de citations. De toute façon, vous n'avez pas le choix... je vous l'offre avec tellement d'insistance... et vous comprendrez mieux à la fin de la lecture... N'allez pas tout de suite à la suite... Ligne par ligne...

. La nature animale, que les chimistes appellent le règne animal, se procure par instinct les trois moyens qui lui sont nécessaires pour se perpétuer. Ce sont trois véritables besoins. Elle doit se nourrir et, pour que ce ne soit pas une besogne, elle a la sensation qu'on appelle appétit; et elle a du plaisir à la satisfaire. En second lieu, elle doit conserver sa propre espèce par la génération et certainement elle ne s'acquitterait pas de ce devoir, quoi qu'en dise saint Augustin, si elle n'avait plaisir à l'exercer. Elle a, en troisième lieu, un penchant invincible à détruire son ennemi; et rien n'est mieux raisonné, car, en devoir de se conserver, elle doit haïr tout ce qui opère ou désire sa destruction. Ces trois sensations, faim, appétence au coït, haine qui tend à détruire l'ennemi, sont dans les brutes des satisfactions habituelles, dispensons-nous de les appeler plaisirs; ils ne peuvent l'être que par rapport à eux; ils n'y raisonnent pas dessus. Le seul homme susceptible du vrai plaisir car, doué de la faculté de raisonner, il le prévoit, il le cherche, il le compose et il y raisonne dessus après en avoir joui. L'homme est à la même condition des brutes lorsqu'il se livre à ces trois penchants sans que sa raison s'en mêle. Quand notre esprit y met du sien, ces trois satisfactions deviennent plaisir, plaisir, plaisir, sensation inexplicable qui nous fait savourer ce que l'on appelle bonheur, que nous ne pouvons non plus expliquer quoique nous le sentions. Casanova

. Il faut dire que j'ai commencé à écrire L'HÉRITAGE après le référendum de 1980. Or pour moi la question du référendum en était une de succession. Le référendum est une question d'héritage qui a mal tourné. Au départ de Lévesque, le PQ et Lévesque se sont arrangés finalement pour qu'il n'y ait pas de succession. La devise de Lévesque aurait pu être, après moi, le déluge, une autre tentation des pères québécois. Débrouillez-vous avec ce qui reste, d'où l'impossibilité d'instaurer une continuité et de laisser quoi que ce soit en héritage. C'est comme s'il y avait un refus de prendre toutes ses complaisances dans quelqu'un. Et dans la société québécoise, c'est rare que ça passe du père au fils aîné. Quand ça passe au fils aîné, c'est au corps défendant du père pour des questions de pouvoir, de domination, d'Oedipe mal réglé, donc le fils aîné n'a aucune chance alors que traditionnellement c'est lui devrait prendre la relève. Ici on dirait que les pères se battent contre l'aîné et quand ils sont à bout de forces, ils portent toute leur affection sur le cadet, le poteau de vieillesse, celui dont ils se sentent complices, peut-être parce qu'il n'est pas menaçant. Victor Lévy-Beaulieu

. Nous sommes d'un semblant de pays qui oublie tout, aussi bien la beauté que la colère, aussi bien l'espoir que la désespérance. Nous sommes d'un semblant de pays qui n'a jamais souffert que de lui-même par méconnaissance de la Loi, celle qui établit toute société en nation. À cause de ce manquement fondamental, tout ne fait que se recommencer, la mémoire s'oubliant dans la lâcheté. Victor Lévy-Beaulieu

. Vivre, c'est sentir dans son coeur et dans son corps la joie, le plaisir, la satisfaction, la fierté, le bonheur et aussi la tristesse, la peine, l'agressivité, la colère, la jalousie, la douleur. Vivre, c'est se donner le droit d'écouter et d'exprimer, de façon responsable, les émotions et les sentiments qui nous habitent. Le vécu d'un être humain constitue sa réalité. L'écouter, c'est le respecter et le libérer. Une éducation qui nie le vécu nie par le fait même la personne. Et l'émotion non écoutée et non libérée ne disparaît pas, mais se loge quelque part dans le corps et dans le psychisme pour se manifester un jour ou l'autre sous forme de maladie. Colette Portelance

. Je ne suis plus aussi jeune qu'autrefois et j'ai la nostalgie du temps qui passe. Je me sens un peu plus lourd, et peut-être plus triste que par le passé. Le rire surtout, ce vieux rire hyperbolique, ce rire incontrôlable qui nous prenait aux tripes, qui nous pliait en deux jusqu'aux larmes, ce rire-là s'est éteint. Mais... bien que rien ne puisse ramener son heure de gloire au jardin ni sa splendeur à la rose, je prétends être un heureux mortel après tout. Nous sommes un peu trop vieux pour la nostalgie des verts paradis, trop vieux aussi pour jouer les Werther. Si nous n'avons pas lavé notre esprit de toute cette camelote, de tous ces clichés immatures, je me demande comment nous pourrons vivre et mourir correctement. Robert Louis Stevenson

. La cuisine était éclairée. Il n'osait pas entrer. À ses pieds châtoyait la portière du frigo qui servait d'abreuvoir. Il poussa longuement son cri d'alarme, un cri presque muet, un cri mystérieux d'oiseau solitaire, aussi secret que la nudité du corps ou l'aveu d'un péché, le cri d'une bête en souffrance hurlant tout bas au néant. Il s'époumona plusieurs fois, jusqu'au vertige, et marcha d'un pas traînant vers la maison, hésitant à regarder sa chambre par le mélèze appuyé contre la façade. Yann Queffélec

. Dans la vie, l'essentiel est de porter sur tout des jugements a priori. Il apparaît, en effet, que les masses ont tort, et les individus toujours raison. Il faut se garder d'en déduire des règles de conduite: elles ne doivent pas avoir besoin d'être formulées pour qu'on les suive. Il y a seulement deux choses: c'est l'amour, de toutes les façons, avec des jolies filles, et la musique de la Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington. Le reste devrait disparaître, car le reste est laid, et les quelques pages de démonstration qui suivent tirent toute leur force du fait que l'histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre. Sa réalisation matérielle proprement dite consiste essentiellement en une projection de la réalité, en atmosphère biaise et chauffée, sur un plan de référence irrégulièrement ondulé et présentant de la distorsion. On le voit, c'est un procédé avouable, s'il en fut. Boris Vian

. Cette fameuse poésie que le public méprise ne sachant pas ce qu'elle est et qui est la seule chose qui le touche sans qu'il puisse dire comment ça se fait, il serait temps de reconnaître qu'elle est la base de toute vraie création dramatique et qu'elle ne peut bien agir que dans son entier. Dans son sens de déflagration et d'émotion entière, de communication religieuse, spasmodique avec la métaphysique agissante, c'est-à-dire avec l'esprit universel. Toute action qui n'aboutit pas à cela, qui ne vient pas de cela, qui ne retourne pas à cela, est une action tronquée et larvaire, une action d'eunuque et de lâche, d'impuissant, de châtré consenti. Antonin Artaud

. Le talent n'existe pas. Le talent, c'est avoir l'envie de faire quelque chose. Tout le restant, c'est de la sueur, c'est de la transpiration, c'est de la discipline. Je suis sûr de ça. L'art, moi, je ne sais pas ce que c'est. Les artistes, connais pas. Je crois qu'il y a des gens qui travaillent à quelque chose, avec une grande énergie. L'accident de la nature, je n'y crois pratiquement pas.

Jacques Brel

. Parler du futur, c'est user d'un langage à jamais en avance sur lui-même, à propos d'événements qui ne se sont pas encore produits, pour les assigner au passé, à un «déjà» éternellement retardataire; et dans cet espace entre le discours et l'acte s'ouvre une faille, et quiconque contemple un tel vide, ne fût-ce qu'un instant, est pris de vertige et se sent basculer dans l'abîme. Paul Auster

Vous ne vous doutiez pas que j'allais vous «citer» de si longues tirades... Parfois, il le faut et comme nous sommes un 14 avril... il le fallait... parce que le 14 avril, c'est la journée des citations géantes ... journée décrétée par le Crapaud Géant lui-même... Partagez la longue nouvelle!!!

Au prochain saut

vendredi 11 avril 2008

SAUT: 204



Pas très long une semaine!

Tout juste ce qu'il faut pour profiter, en début d'avril, de la chaleur tropicale, de la mer bruyante et douce, de la plage cubaine, du soleil qui sait se cacher quelques instants pour mieux revenir nous brûler le bout du nez...
mais principalement, d'une merveilleuse suite de sept jours en compagnie de ses trois filles, son gendre, ses trois petits-enfants et de Mélanie.

Juste assez long une semaine!
Tout juste pour recharger les batteries...
se sortir de ce blanc neige qui tourne au gris dépressif puis en un amas noir de monticules de plus en plus imposants, espérant le soleil printannier pour fondre sur lui et diluer son l'existence.

Pour tout relâcher aussi!
Se laisser aller...
profiter de cette douce complicité des voyageurs...
n'avoir à faire que rien du tout...
se lever au son des vagues qui furent impressionnantes et firent d'Émile leur ami fidèle...
aller à la chasse aux coquillages, bizarrement une activité plutôt féminine...
marcher à la rencontre du soleil qui s'amusait, plein EST, à colorer les eaux de vert, de turquoise, de bleu exceptionnels et nous obligeait à baisser les yeux devant lui...
se laisser caresser les orteils par cette mousse blanche venue de si loin nous dire exactement ce que nous voulions entendre...


Une semaine de rien à faire!
Ne même pas penser faire son lit...
préparer son petit déjeuner...
que se questionner sur l'heure du premier rhum...
qu'admirer Léa courir sur le bord de plage, toute mignonne, projeteuse de beauté et de joie...
accompagner Arthur vers tout ce qu'il voulait ne pas manquer des yeux, nous le projetant de ce regard rempli d'une si intense volonté à tout vouloir vivre, tout prendre comme si à deux ans, déjà, on était un grand...

Une semaine à regarder Catherine
se reposer,
Mathilde
se reposer,
Odile - mon bijou d'avril dont c'est aujourd'hui l'anniversaire -
se reposer...


Comme il est beau le repos de nos enfants... même si elles sont presque toutes trois dans la trentaine... C'est beau pour un père de les voir heureuses, mais surtout des les avoir près de lui.


Une semaine à mieux connaître son gendre en discutant de tout et de rien, le tout et le rien se confondant fort agréablement.

Et la douce Mélanie, émerveillée à son premier voyage...


Une semaine, à la fois de vacances, mais aussi... surtout, une occasion unique d'être ensemble!

samedi 29 mars 2008

SAUT: 203


À quelques heures de son départ pour Cuba (une autre fois, diront certaines mauvaises langues) le crapaud vous offre une petite réflexion sur notre monde ainsi qu’un poème de José Marti, le poète cubain dont les paroles citées sont presque retenues comme l’hymne national de la plus belle île du monde.


Si la population mondiale pouvait être contenue en un village de 100 personnes et si l’on maintenait les proportions actuelles de tous les peuples existant sur la Terre, notre village se composerait ainsi :
* 57 Asiatiques;
* 21 Européens;
* 14 Américains (Nord, Centre et Sud);
* 8 Africains.

On retrouverait, dans notre village fictif :
- 52 femmes et 48 hommes;
- 30 blancs et 70 non blancs;
- 30 chrétiens et 70 non chrétiens;
- 89 hétérosexuels et 11 homosexuels;

Le plus étonnant serait que :

- 6 personnes posséderaient 59% de la richesse totale et les 6 seraient Américains;
- 80 personnes vivraient dans des maisons vétustes;
- 70 seraient analphabètes;
- 50 souffriraient de malnutrition;
- 1 serait en train de mourir;
- 1 serait en train de naître;
- 1 posséderait un ordinateur;
- 1 (oui, un seulement) possèderait un diplôme universitaire.
Si on pouvait considérer le monde de cette manière, le besoin d'accepter et de comprendre devient évident.

Êtes-vous né du bon côté des choses?

Prenons également ceci en considération:

· Si je me suis levé ce matin avec plus de santé que de maladie, je suis plus chanceux que le million de personnes qui ne verra pas la semaine prochaine.

· Si je n’ai jamais été dans le danger d'une bataille, jamais connu la solitude de l'emprisonnement, jamais souffert l'agonie de la torture, jamais été tenaillé par l'étau de la faim, je suis mieux loti que 500 millions de personnes.

· Si je peux aller à l'église ou dans un temple sans peur d'être menacé, torturé ou tué, j’ai alors plus de chance que 3 milliards de personnes.

· Si j’ai de la nourriture dans mon réfrigérateur, des habits sur, un toit et un endroit pour dormir, je suis plus riche que 75% des habitants de la planète.
· Si j’ai de l'argent à la banque, dans mon portefeuille ou même simplement de la monnaie dans une petite boîte, je fais partie des 8% les plus privilégiés du monde.
· Si mes parents sont encore vivants et toujours mariés, je suis une personne réellement rare.
· Enfin, si je peux lire ce texte, j’ai la chance de ne pas faire partie des deux milliards de personnes qui ne savent pas lire...


C’était un homme en déroute
C’était un frère sans doute
Il n’avait ni lien ni place
Et sur les routes de l’exil
Sur les sentiers sur les places
Il me parlait de sa ville

Guantanamera (province de Gunatanamo)
Guajira (jeune fille, petite paysanne de la province)
Guantanamera, Guantanamera,
Ma vie le guantanamera.

Là-bas sa maison de misère
Était plus blanche que le croûton
Les rues de sable et de terre
Sentaient le rhum et le melon
Sur leur jupon de dentelle
Dieu que les femmes étaient belles.

Il me reste toute la terre mais
Je n’en demandais pas tant
Quand j’ai passé la frontière
Il n’y avait plus rien devant
J’allais d’escale en escale
Loin de ma terre natale.

José Marti







mardi 25 mars 2008

SAUT: 202



Ce matin, le crapaud pige dans un cahier de lecture, le premier, celui qui achève maintenant d'être vidé de son contenu et vous offre, en vrac, quelques citations aussi éloignées l'une des autres que les auteurs qui les ont commises.

. Les rêves que les parents font pour leurs enfants ne se réalisent jamais... On ne peut bâtir en rêve une vie pour autrui, on peut seulement façonner sa propre vie.
Bruno Bettelheim


. Dans notre siècle il faut être médiocre, c'est la seule chance qu'on ait de ne point gêner autrui.
Léo Ferré


. Aimer, c'est ne plus comparer.
Bernard Grasset


. Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que l'on a.
Thomas Corneille


. Nous ne devons rien négliger qui puisse donner à la vérité une chance de nous atteindre.
John Stuart Mill


. Aimer, c'est partager avec un être ce qu'on a envie de partager avec aucun autre, c'est se dépouiller de ce qui est enfoui en soi: le bon et le mauvais; c'est donner son âme aussi totalement que son corps. Sinon, si c'est pour vivre en surface comme avec les autres et commenter les nouvelles du jour, je ne vois pas bien l'intérêt.
Françoise Dorin


. Il faut que les gens qui pensent qu'ils ne connaissent rien se rendent compte qu'ils en connaissent plus qu'ils pensent et que leur connaissance est aussi valable que n'importe laquelle.
Fernand Séguin


. Arrivez là où vous vouliez en venir, à force de lutte, et vous ne sentirez plus la douleur.
Shirley MacLaine


. L'amour, c'est la clé de la motivation, c'est ce qui donne envie de vivre, de créer, de se propulser et de propulser les autres.
Colette Portelance


. La peur n'est qu'un mauvais rêve à briser.
Yann Queffélec


. L'essence de l'amour, c'est la gentillesse. Ce pourrait être même sa meilleure définition. Une gentillesse passionnée... La gentillesse devenue frénétique, importune et violente.
Robert Louis Stevenson


. L'espace est cet intervalle indéfinissable que l'univers se ménage entre deux concepts bien établis.
Jean O'Neil


. Le plus clair de mon temps, je le passe à l'obscurcir parce que la lumière me gêne.
Boris Vian


. Écrire, c'est ma façon d'être silencieux.
Jacques Godbout


. J'ai eu raison dans tous mes dédains: puisque je m'évade.
Arthur Rimbaud


. L'humain déborde de résignation et possède, enfouie dans ses fibres les plus secrètes, la vocation de la douleur.
André Langevin


. Le beau métier d'homme est le métier d'unir les hommes.
Saint-Exupéry


. Et je veux dévorer du temps, tu m'entends, dévorer du temps comme un avaleur de sable, planté debout, gueule ouverte, sous le trou du grand sablier de l'éternité.
Stéphane Bourguignon


. Il ne suffit pas de faire le bien, il faut encore le bien faire.
Diderot


. Oui, tout est simple. Ce sont les hommes qui compliquent les choses.
Albert Camus


. La mémoire: espace dans lequel un événement se produit pour la seconde fois.
Paul Auster


. ... et le respect, ici, c'est de ne laisser d'illusions à personne.
Jean Giono


Au prochain

lundi 17 mars 2008

SAUT: 201

Il faut beaucoup aimer pour agir comme le crapaud le fait ce matin. Pour ceux et celles qui ont lu les différents poèmes du crapaud, vous savez que le «je» est absent. C'est un choix personnel. Je(le crapaud) l'assume et l'explique du fait que la poésie comme elle me parvient, le fait sous forme d'images que je transcris en mots. Ces images n'ont que fort peu de lien avec qui je suis, ce que je vis ou encore ce que... n'importe quoi.... Elles m'arrivent comme des coups de tonnerre suivis d'éclairs (ou l'inverse). Je les note. Puis les rassemble selon une inspiration se transformant en lignes d'écriture. De toute manière, je trouve que la poésie n'a rien à voir avec le journal personnel qu'un diariste nous propose. Et comme le «je», selon Rimbaud, est un autre, autant l'éviter ou faire comme le poète québécois Danny Plourde, le supprimer à moitié, c'est-à-dire l'exclure mais accepter les possessifs de la première personne du singulier.

Il faut beaucoup aimer pour agir comme le crapaud le fait ce matin, parce que le poème qui suit tablette depuis «x y z » années. Quand j'ai commencé à écrire des poèmes (début des années '60), ma famille vivait en appartement face à un grand boulevard qui s'appelait à l'époque «la route 9» par la suite, boulevard Laurier. Dans ce logement, un bureau. Vert. Un divan en cuir froid. C'est là que j'(le crapaud)écrivais en écoutant la musique des Kreisler, Paganini, Litsz et Debussy sur une toute minuscule table tournante non stéréophonique, de la musique sur disques Columbia: notre père s'était abonné et nous écoutions un album différent par mois.

Je ne me souviens pas du premier poème mais me rappelle très bien de ce cadre, au-dessus du divan, celui dans lequel jaunissait le diplôme que mon père reçut à la fin de son cours, attestant son droit à enseigner. Il était paraphé, ce diplôme, de la main du Surintendant de l'Instruction Publique, un certain monsieur Delage. Mes premiers poèmes, c'est à partir d'un des prénoms reçus à ma naissance, soit Herman, et Delage, à partir de ce cadre, que je les signais. Ça devait faire plus «poétique» d'utiliser un pseudonyme!

Le poème que vous lirez et sur lequel j'aurai planché très longtemps, se veut un coup de chapeau à ce bureau, ce début d'une aventure qui s'étire encore.

Je me demande ce qu'est advenu à ce cahier de poèmes dans lequel je transcrivais ces premières oeuvres et offert à cette cousine Marie-Anne, celle qui insistait inlassablement pour que je continue à écrire?

Le voici.


herman delage, l’anatife*


un oiseau griffe la neige
l’autre, la bécote


(herman delage,
du fond de son cadre,
n’a pas plus bougé
que s’il existait réellement)


s’envolent les oiseaux du boulevard
s’incrustent les autres


(herman delage
racontait le froid du bureau vert
comme s’il le connaissait vraiment)


des nuages d’oiseaux sont en feu
d’autres pleuvent


(herman delage
divaguait sur un divan en cuir froid
comme si, inutilement, il se parlait)


les choses connues s’éloignent
une fois dessus, se reconnaissent


(herman delage
était plus vivant
une fois mort)


d’immobiles marionnettes cherchent dans la neige
des personnages au regard pérenne


(herman delage
recherchait encore celui
qui le nommait aux jadis)
et que trouvera-t-il dans l’immobile passé ?

(herman delage
attachera au cou du temps
un collier tintinnabulant de mille coups)


des oiseaux-marionnettes sur des nuages en feu !
ou


(herman delage
soufflera sur la feuille morte
pour en extraire le vent)


des silences condamnés à être fusillés !
ou


(herman delage
bouchera les trous de la clôture
avec des fœtus desséchés)


une main tendant la lettre de laquelle tombent des mots !
ou


(herman delage
se peindra une couche de folklore
sur le dos)


les aiguilles d’une horloge piquant les chiffres pour s’en faire un collier !
ou


(herman delage
nommera les bruits éclaboussés
sur les murs de nos hontes)


des cordes à linge silencieuses dans le froid des glaçons !
ou

des oiseaux, tête enfourchée sous leur aile !
ou

des feuilles mortes courant derrière de petits sacs en papier !

herman delage
l'anatife noyé
dans son cadre
du bureau vert et froid
sur un fauteuil en cuir

* anatife : crustacé qui se fixe aux objets flottant en mer.

Au prochain

jeudi 13 mars 2008

SAUT: 200



Il en aura mis du temps avant de s'installer bien confortablement tout à côté des autres, ce deux centième. D'abord, je ne savais trop comment le titrer: en chiffres ou en lettres. Je me suis offert quelques exemples. Les voici:
Le 200 ou le 200ième: trop mathématique;
Le deux centième saut de crapaud: trop traditionnel;
Le saut deux cent ou le saut 200: comment j'allais continuer par après? deux cent un ou 201;
finalement, j'ai opté pour saut: 200. Plus facile par après... si!

Deuxième chose qui posait problème: son contenu. Fallait-il, comme au centième saut, y aller d'une espèce de bilan, de synthèse, de projection et de lancement vers la suite? Trop traditionnel. J'ai opté pour quelques coups d'oeil. Ne soyez sans crainte, il n'y en aura pas deux cents...


Le premier coup d'oeil du crapaud, sera une question. Fondamentale. Est-ce que je continue?


La deuxième: si je continue, sous quelle forme.


La troisième: si je ne continue pas, est-ce que j'irai enfin terminer les petits chantiers actuellement en cours, qui s'enlisent lamentablement sur un disque dur où tellement de place est disponible? Et par après, que faire avec cela?


La quatrième et dernière: le symptôme (devenu quasi un syndrome...) de la page blanche (est-ce que l'expression est toujours congruente lorsqu'on écrit sur des «fenêtres») me poursuit-il avec férocité au point de tout laisser et redevenir ce que fondamentalement je suis et toujours été, c'est-à-dire un lecteur affamé? Pourquoi me faire souffrir à m'obligeant à «sauter» régulièment. Est-ce que j'en n'aurais pas un peu mar(r)e?


Bon. Sautons sur la première question: EST-CE QUE JE CONTINUE?


Je considère qu'avoir offert deux cents sauts représente une belle réussite et n'ose pas imaginer combien cela fait de pages sur cette toile virtuelle aux ramifications entremêlées m'ayant permis de rencontrer des gens d'un peu partout sur cette petite Terre. Réussite car en un peu plus de deux ans, le crapaud (ça vit jusqu'à quel âge un crapaud?) a pu répandre ses écrits, souvenirs ou tout autre chose au fil des jours avec enthousisasme, même si parfois il en a bavé... Tout ce qui se retrouve sur ce blogue est éclectique, allant des contes aux nouvelles, de poèmes personnels ou d'auteurs en citations, photos et des hommages à des gens qui me sont proches ou maintenant disparues. Des humeurs également. Des opinions. Des trous de mémoire. Des regards à travers ma fenêtre montréalaise sur laquelle miroitait de la Gaspésie, de la France et combien de lieux imaginaires.... Des souvenirs de lectures anciennes, retrouvées pour l'occasion; de lectures actuelles qui, souvent, me ramenaient à des auteurs ayant marqué mon adolescence, ma vie professionnelle mais surtout mon imagination et profondément mon imaginaire... Pour cela, je ne puis que continuer.

Deuxième. QUEL FORME ?


L'avantage d'un blogue que je définirais comme un espace à remplir, un grand trou noir sur une page blanche, un 5 à 7 non imposé dans un lieu de rencontre imaginaire, que son avantage premier est de pouvoir revêtir toutes les formes possibles et impossibles. LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON (j'annonce tout de suite qu'il ne changera pas de titre) avec le temps, deux cents sauts plus loin, a été, est et demeurera un étang multiforme et multicolore, sur lequel les éléments qui l'ont caractérisé jusqu'à maintenant y flotteront. Sauf, que je ne m'impose pas d'objectifs à suivre, des buts à réaliser... je souhaite qu'il demeure pour moi, ce lieu secret ouvert sur tout le monde...


Troisième: Finalement, elle ne se pose plus.


La quatrième. La pire. L'histoire de la page blanche.C'est tellement vrai. Quelqu'un me rappelait qu'en écrivant régulièrement - tous les jours, parfois à la même heure, au même endroit, disait-il- de manière presque automatique, eh! bien cela prévenait ce symptôme. Le problème, c'est que je préfère lire qu'écrire. Lire partout. N'importe quoi. Trois livres à la fois: un roman, un recueil de poèmes et un livre plus, disons, plus sérieux... Voilà le problème. Le vrai, le véritable, le seul et l'unique. Et de plus, je crains beaucoup qu'en écrivant de manière non-symptômatique, j'en arrive à écrire un peu à la celui-ci ou à la celle-là. Je ne sais pas si je possède un style, ce que je sais toutefois, c'est que le blogue m'oblige à déroger à ma façon habituelle d'écrire qui est la suivante: premier jet... repos de quelques jours... deuxième jet (souvent la correction de la première épreuve) ... repos... et finalement, réécriture entière du texte. C'est long! Longtemps! Pour illustrer cette démarche, je cite cette histoire de marionnette qui en est encore au stade embryonnaire, à l'âge du tétard tout au plus... Mais j'y retourne, périodiquement, et ça traîne, ça ne saute pas haut.... L'avantage toutefois en «bloggant», c'est qu'on ne sait trop à qui on s'adresse (mis à part les courriels qui suivent certains sauts ou les commentaires déposés directement sur la page) on ne connaît pas son auditoire, ce qui nous délivre de cet engagement un peu quelconque à déposer absolument une trace quotidienne de son passage ou du moins régulière. C'est beaucoup pour soi que tout cela se fait... et se continue.


Donc, je (nommément appelé Le Crapaud) poursuis.
Donc, ça sera un peu dans la même veine.
Donc, il risque d'y avoir un saut de crapaud, dans deux jours ou environ plus ou moins... à peu près...


Dernier petit détail: la règle de «cent»... Au pluriel si et si... Je pense qu'elle a joué un peu dans ma retardataire écriture du saut 200.

Au prochain....

vendredi 29 février 2008

Le cent quatre-vingt-dix-neuvième saut de crapaud

Le crapaud ne pouvait pas passer à côté de cette nouvelle!

Québec
2008 est l’Année de la grenouille

Les zoos et les aquariums du Québec ont proclamé l’année 2008 : Année de la grenouille.

Les zoos et les aquariums du Québec font désormais équipe pour sauver les espèces les plus menacées de la planète. Afin d’attirer l’attention sur la crise que subissent les amphibiens du monde, ils ont déclaré l’année 2008 : Année de la grenouille.

Les changements climatiques, la pollution, les pesticides, la perte des habitats des animaux ainsi que leur commerce et leur consommation affectent grandement les amphibiens de la planète. En effet, la Terre fait face à la plus grande extinction de masse depuis la disparition des dinosaures, estiment les six zoos et aquarium accrédités par l’Association canadienne des zoos et aquariums (AZAC) du Québec.

Le tiers des 6 000 espèces d’amphibiens du monde, apparues il y a 360 millions d’années, sont menacées d’extinction. Près de 120 espèces ont d’ores et déjà disparu de la surface de la planète, rappelle le AZAC. Mais la cause la plus préoccupante reste l’apparition d’une maladie fongique appelée le chytridiomycose. Cette maladie incurable dans la nature est responsable à elle seule de la perte de 60 % des espèces d’amphibiens.

C’est pourquoi l’Ecomuseum, le Biodôme de Montréal, le Zoo de Granby, le Parc Safari, le Parc Aquarium du Québec et le Zoo sauvage de Saint-Félicien ont pris la décision de joindre leurs efforts, pour la première fois, et donner une conférence de presse dans l’espoir de sensibiliser la population et trouver des fonds nécessaires pour enrayer cette crise. Des spécialistes de ces six institutions exposeront la situation qui affecte les amphibiens, proposeront des solutions concrètes au niveau local et présenteront les plans d’action qui seront mis en place dans le cadre de l’Année de la grenouille.


Canoë
Virginie Roy

B O N N E

A N N É E !

mardi 26 février 2008

Le cent quatre-vingt-dix-huitième saut de crapaud


Une petite nervosité s'installe à quelques sauts du .... deux centième! Pour s'y approcher tout doucement, voici une invitation que je vous transmets. Elle provient de ma belle-soeur Claire. Celle de Québec. Je lui laisse la parole... écrite...




«Vous savez sans doute que depuis quelques mois, je concentre mes énergies au projet de mes amies autochtones, Pénélope et Nathalie, qui veulent ouvrir une maison d’hébergement pour les femmes autochtones en difficulté vivant hors de leur communauté (elles ne bénéficient donc plus de l’appui de leur communauté).


Mes amies sont sur le point d’acquérir la fameuse maison dans Charlesbourg (mais les impératifs de la bureaucratie sont incroyablement longs et fastidieux…) et il nous manque encore un peu de sous pour rassembler la «part du promoteur» qui nous incombe.


Nous avons donc décidé de jouer le tout pour le tout et d’organiser un grand spectacle- bénéfice au Palais Montcalm le 24 mai. Chloé Ste-Marie a accepté d’en être la porte-parole.


Nous travaillons donc d’arrache-pied pour trouver des commanditaires et pour nous assurer que nous ferons salle comble (car les coûts d’organisation sont élevés). Je vous sais loin de Québec pour la plupart, mais j’ose vous proposer une façon d’être solidaire de cette cause, si vous ne voulez pas ou ne pouvez pas assister au spectacle.


Vous pourriez nous faire un don pour le montant d’un ou de deux billets dans les corbeilles (36,50$) ou au parterre(76,50$). Nous redonnerons ces billets soit aux femmes autochtones pour qu’elles puissent inviter leurs enfants et famille au spectacle, soit aux parents et amis des artistes, soit aux représentants de la presse. »


À ces mots, elle joint ceci:


RÉALITÉ DES FEMMES AUTOCHTONES:QUELQUES FAITS ET CHIFFRES


. Huit femmes autochtones sur dix sont victimes de violence conjugale, comparativement à trois femmes non autochtones sur dix. (Amnistie Internationale, oct. 2005).

. 73 % des femmes autochtones cheffes de famille monoparentale vivent sous le seuil de faible revenu. (Statistique Canada 2006).

. Les autochtones sont trois fois plus susceptibles que les non autochtones d’être victimes de violence.

. La violence familiale a été reconnue comme l’un des plus importants problèmes auxquels font face les Autochtones au Canada. Le Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones (1996) recense un certain nombre de facteurs liés à la violence dans les communautés autochtones, dont la discrimination systémique à l’endroit des peuples autochtones, les privations économiques et sociales, l’abus d’alcool ou d’autres drogues et le cycle intergénérationnel de la violence. Selon les audiences de la Commission royale, d’autres facteurs contribuent aux taux élevés de violence dans les communautés autochtones, notamment l’effondrement d’une vie familiale saine résultant des séjours dans les pensionnats, le racisme à l’endroit des peuples autochtones, l’impact du colonialisme sur les valeurs et la culture traditionnelles, ainsi que les logements surpeuplés et inférieurs aux normes.

. Beaucoup de femmes autochtones se retrouvent en milieu urbain pour fuir la violence.

. La population autochtone s'urbanise de plus en plus. En 2006, 54 % des Autochtones vivaient dans une région urbaine, comparativement à 50 % en 1996.

. Dans les milieux urbains, les problèmes des femmes autochtones sont aggravés par l’isolement, la solitude, le racisme, le fait d‘être en transit et la perte des réseaux de soutien familiaux, communautaires et culturels.

. À la différence des autres maisons d’hébergement du Québec, celles s’adressant aux femmes autochtones ont une tâche accrue. Elles viennent en aide à des femmes aux prises avec des problèmes sociaux diversifiés comme le suicide, la toxicomanie, la violence sous toutes ses formes, etc.

. 54% des femmes autochtones, contre 37 % des femmes non autochtones, ont déclaré des formes de violence plus graves et pouvant mettre leur vie en danger. Elles ont été battues, étranglées, attaquées par arme à feu ou au couteau, ou ont été agressées sexuellement.

. Un grand nombre de recherches arrivent à la conclusion que la violence envers les enfants dans les collectivités autochtones a atteint des taux alarmants. Selon les rapports étudiés par l’Association des infirmières et infirmiers autochtones du Canada (AIIAC), les enfants exposés à la violence sont de 10 à 17 fois plus susceptibles de souffrir de graves problèmes émotifs et comportementaux par rapport aux enfants élevés dans un contexte familial non violent.

. Une intervention précoce et efficace pendant l’enfance, adaptée sur le plan culturel et qui tient compte des besoins de protection et du besoin d’avoir des liens avec sa culture et sa famille, constitue un outil essentiel si l’on souhaite rompre le cycle intergénérationnel de la violence conjugale.

. Les maisons d’hébergement pour femmes autochtones ne reçoivent qu’un montant équivalent à 31% du financement de base moyen des maisons d’hébergement non autochtones du Québec.

. L’étude de besoins de la Maison Communautaire Missinak (Implantation d’une maison d’hébergement pour femmes autochtones en milieu urbain, mars 2005) démontre que les femmes autochtones se sentent plus à l’aise d’avoir recours à une maison d’hébergement quand les services sont offerts dans leur langue et adaptés à leur culture.


Voici maintenant le communiqué officiel présentant l'activité:


Maison d’hébergement et de ressourcement pour femmes autochtones en difficulté et leur famille

177, 71ème rue, Québec (Québec)
G1H 1L4
Tél. : 418-627-7346


Chloé Sainte-Marie et Joséphine Bacon dévoilent les grandes lignes du
spectacle Mishta Amun - Le grand rassemblement
au profit des femmes autochtones de la région de Québec


Québec, le 6 février 2008 - La chanteuse Chloé Sainte-Marie et la conteuse et réalisatrice Innue Joséphine Bacon ont dévoilé ce matin le contenu du spectacle Mishta Amun - Le grand rassemblement, qui se tiendra le samedi 24 mai 2008 au Palais Montcalm de Québec, pour appuyer la Maison Communautaire Missinak à Québec, une ressource venant en aide aux femmes autochtones en difficulté et leurs enfants, en milieu urbain.

L’annonce de ce «grand rassemblement» (c’est ce qu’évoque Mishta Amun en ancien innu) s’est faite en présence des principaux partenaires, des porteuses du projet de la Maison Communautaire Missinak, Pénélope Guay et Nathalie Nika Guay, et d’un bon nombre de femmes autochtones vivant en milieu urbain.

Le spectacle Mishta Amun se présente comme un événement d’éveil, d’émotion et d’alliance. Il rassemblera des artistes de plusieurs nations autochtones, profondément engagés envers leur culture, ainsi que des artistes québécois solidaires: Bryan André (Innu), Joséphine Bacon (Innue), Bertha Basile (Innue), Patrick Gros-Louis et Samuel Savard (Wendat), Elisapie Isaac (Inuit), Laura Niquay (Attikamekw), Claire Pelletier (Québécoise), Akinisie Sivuarapik et Marie Belleau (Inuit), Samian (Anishinabe), Chloé Sainte-Marie (Québécoise) et Florent Vollant (Innu). Gilles Sioui (Wendat) et ses musiciens accompagneront les différents interprètes tout au long de cette soirée. La mise en scène de l’événement est confiée au metteur en scène et dramaturge Patric Saucier.
«Les artistes autochtones du spectacle Mishta Amun invitent le grand public à participer à une véritable fête d’éveil de la conscience et du coeur, a expliqué Chloé Sainte-Marie, co-porte-parole de cet événement avec Joséphine Bacon. Nous voulons inciter la population à poser un geste d’alliance à l’égard des femmes autochtones qui sont souvent aux prises avec de multiples difficultés et qui viennent reprendre leur élan, en milieu urbain.»

En effet, huit femmes autochtones sur dix sont victimes de violence conjugale, comparativement à trois femmes sur dix chez les non-autochtones, et 73 % des femmes autochtones cheffes de famille monoparentale vivent en deçà du seuil de pauvreté. L’effondrement des valeurs familiales et les blessures d’attachement résultant du régime des pensionnats ainsi que l’impact du colonialisme sur le territoire, sur les valeurs et sur la culture traditionnelle, expliquent en majeure partie la violence qui sévit dans les communautés autochtones.

«Notre organisme a été fondé en 2002 et depuis nous travaillons d’arrache-pied pour offrir aux femmes autochtones et à leurs enfants un lieu d’hébergement et de ressourcement sécuritaire, adapté à leurs valeurs et à leur culture, et où elles peuvent être accueillies dans leur langue, explique Pénélope Guay, une des deux porteuses du projet. Notre mission, c’est de permettre à ces femmes d’entamer un processus de guérison afin qu’elles retrouvent la fierté et la dignité dont témoignaient leurs ancêtres», a encore précisé Mme Guay.

Le Ministère de la Santé et des Services sociaux assure les frais de fonctionnement de cette maison d’hébergement, la première du genre dans la région de Québec. La Société d’habitation du Québec est également partenaire de ce projet. Le spectacle vise à recueillir 90 000$, ce qui représente une partie des fonds nécessaires à la rénovation et à l’aménagement intérieur de la maison, l’organisme ayant déjà amassé 55 000$. Enfin, le Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et la Caisse d’économie solidaire Desjardins se sont associés à l’événement à titre de partenaires majeurs.

«Nous voulons offrir un spectacle de qualité, à l’image de nos actions, conclut Mme Guay. Nous souhaitons de tout cœur que le contexte du 400e anniversaire de Québec, qui ravive l’histoire, soit de nature à non seulement sensibiliser la population aux sources des difficultés des femmes autochtones, mais aussi et surtout à nourrir une volonté d’alliance afin d’entamer une véritable démarche de rétablissement individuel et collectif.»

Les billets à 35 $ (balcon) et à 75 $ (parterre) sont mis en vente dès aujourd’hui sur le réseau Billetech (418-643-8131 ou 418-691-7211) et à la billetterie du Palais Montcalm (418-641-6040 ou 1-877-641-6040).

Relations de presse :
Communications Paulette Dufour (418) 525-5455


Aurons-nous le plaisir de nous croiser à Québec, le samedi 24 mai? Je le souhaite.

À la prochaine

vendredi 15 février 2008

Le cent quatre-vingt-dix-septième saut de crapaud


D'abord - et ensuite je déposerai un petit, tout petit texte sur l'amitié au lendemain de la fête de la Saint-Valentin- une correction apportée au saut 195. Vous vous rappelez, celui dans lequel j'ouvrais entièrement mon coeur et publiais la liste de mes lectures 2007. Voilà. Eh! bien, j'ai omis un livre - de plus que j'en avais beaucoup parlé ici même, sur le blogue - à savoir DU YOGA AVEC O'MA, écrit mon amie Loïse Lavallée, maman de mon gendre Nicolas et grand-maman de Émile, Léa et Arthur.

Voici ce texte d'amitié.



L’AMITIÉ

Voici l'histoire de deux amis qui marchaient dans le désert. Ils se disputèrent et l'un des deux gifla l'autre. Ce dernier, endolori, ne dit rien mais écrivit sur le sable :
« Aujourd'hui mon meilleur ami m'a donné une gifle.»

Ils continuèrent leur marche et découvrant une oasis, ils allèrent s’y baigner. Celui qui avait été giflé manqua se noyer, et son ami le sauva. Quand il fut remis de ses émotions, il écrivit sur une pierre :
«Aujourd'hui mon meilleur ami m'a sauvé la vie.»

Celui qui avait donné la gifle et sauvé son ami demanda :
«Quand je t'ai blessé, tu as écrit sur le sable, et maintenant peux-tu me dire pourquoi tu as écrit sur la pierre?»

L'autre ami répondit :
«Lorsque quelqu'un nous blesse, nous devons l'écrire sur le sable où les vents du pardon peuvent l'effacer. Mais lorsqu’il fait quelque chose de bien pour nous, nous devons le graver dans la pierre, où aucun vent ne pourra l'effacer.

Apprends à écrire tes blessures dans le sable et graver tes joies dans la pierre !





À la prochaine

vendredi 8 février 2008

Le cent quatre-vingt-seizième saut de crapaud


Un saut de crapaud tout à fait spécial, aujourd'hui. Magnifique, vous verrez.

Le crapaud, depuis trois mois, fait partie d'un groupe de poètes et de poétesses réunis autour d'un site qui porte le nom d'Oasis des artistes. On y retrouve: poèmes, contes, nouvelles, créations artistiques, etc., mais principalement des gens charmants et adorables qui ont, pour la poésie et les arts, une presque vénération . De plus, c'est là le plus important, il s'en dégage une convivialité remarquable. Des contacts se nouent, des amitiés se lient et des rencontres personnelles et artistiques parfois spontanées autour d'un poème ou d'un autre geste artistique qui nous interpellent... comme ce qui suit.

Le coup de coeur que je vous offre maintenant provient de ce site. Je le publie avec l'autorisation de Carmelo Lopez (l'auteur de ce centon: pièce littéraire ou musicale, faite de morceaux empruntés).


À la fin, je vais «copier/coller» la communication entre nous.
Bonne lecture.

L'imposture

1 Salut ! Divinités par la rose et le sel,
2 Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure,
3 Beaux et grands bâtiments d'éternelle structure,
4 Miroirs profonds ouverts à l'œil universel !

5 Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains,
6 Me voici maintenant au milieu de mon âge !
7 Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage
8 Au-dessus du bétail ahuri des humains.

9 Les soleils disparus sont des mots éternels.
10 Oh ! combien de marins, combien de capitaines !
11 Un calme soir caresse au loin les belles plaines ;
12 L'homme en songeant descend du gouffre universel.

13 Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
14 Le long du coteau courbe et des nobles vallées,
15 Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée
16 Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

17 J'aime le son du Cor, le soir, au fond des bois.
18 J'aime la solitude et me rends solitaire.
19 Mon âme a son secret, ma vie a son mystère :
20 France, mère des arts, des armes et des lois.

21 Quelquefois ma raison par de faibles discours,
22 Cette faucille d'or dans le champ des étoiles,
23 Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
24 Et quand les siècles même auront fini leur cours !

25 Digne objet de mes soins, beau sujet de mes pleurs,
26 Je suis l'esprit, vivant au sein des choses mortes.
27 A travers la matière, affreux caveau sans portes,
28 Ce vase plein de lait, ce panier de fleurs.

29 J'ai gravé sur le tronc nos noms et nos amours,
30 Un air si rare au milieu des formes tragiques.
31 J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
32 Ces ponts, ces aqueducs, ces arcs, ces rondes tours.

33 Une nuit, c'est toujours la nuit dans le tombeau,
34 J'ai révélé mon cœur au Dieu de l'innocence,
35 Cette chanson d'amour qui toujours recommence
36 Maintenant que mon temps décroît comme un flambeau.

37 Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
38 Comme je descendais des Fleuves impassibles,
39 Les douleurs vont à Dieu, comme la flèche aux cibles ;
40 Amour est en ses yeux, il y trempe ses dards.

41 Seigneur, tu es parfait et l'homme ne l'est pas.
42 M'embarquant en Amour, je vais courir fortune !
43 Où sont ces doux plaisirs qu'au soir sous la nuit brune...
44 Je suis tel qu'un ponton sans vergues et sans mâts.

45 L'universelle mort ressemble au flux marin,
46 De tempé la vallée un jour sera montagne,
47 Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
48 Cent fois, pour vous apprendre à vous lever matin.

49 Pleurez, doux alcyons, ô vous, oiseaux sacrés,
50 Les chênes qu'on abat pour le bûcher d'Hercule !
51 Rose au cœur violet, fleur de sainte Gudule,
52 Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

53 Ô l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
54 C'est un trou de verdure où chante une rivière,
55 C'est l'ange Liberté, c'est le géant Lumière,
56 Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux !

57 Jamais, avez-vous dit, tandis qu'autour de nous
58 L'ennui descend sur moi comme un brouillard d'automne.
59 Je regarde la mer qui toujours nous étonne
60 Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.

61 Et je serais sans feu si j'étais sans amour !
62 J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
63 Qui sont, qui sont ceux-là, dont le cœur idolâtre
64 Le bois retentissant sur le pavé des cours.

65 Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
66 Parmi l'écroulement des grandeurs séculaires
67 Et les dragons avant de rentrer aux repaires
68 Quand sans bruit tu descends pour baiser ton amant.

69 Il est des parfums frais comme les chairs d'enfants !
70 J'adore l'indécis, les sons, les couleurs frêles :
71 A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
72 Et les citrons amers où s'imprimaient tes dents.

73 Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon !
74 Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
75 La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance
76 Suivant le son du Luth et les traits d'Apollon ?

77 La Nature est un temple où de vivants piliers
78 Qui fait du cœur de l'homme un temple d'harmonie.
79 C'était au beau milieu de notre tragédie,
80 Tous tes pas vers le jour sont par l'ombre épiés.

81 Maintenant je pardonne à la douce fureur.
82 Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
83 Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine,
84 Puisque bientôt l'hiver va nous mettre en valeur,

85 Je te donne ces vers afin que si mon nom
86 Garde toujours ce douloureux empire
87 Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre
88 Et puis est retourné, plein d'usage et raison.

89 Désormais que ma Muse, aussi bien que mes jours,
90 Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
91 O cieux, ô terre, ô mer, prés, montagnes, rivages,
92 C'est ici ma raison, mon champ et mes amours !

93 Hélas ! combien de jours, hélas ! combien de nuits,
94 Résonnait de Schubert la plaintive musique ;
95 La terre a tressailli d'un souffle prophétique...
96 Maintenant tu es vive, et je suis mort d'ennui.

97 Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
98 Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle ?
99 Je plante en ta faveur cet arbre de Cybelle,
100 Avec une indicible et pâle volupté.

101 Ton silence où est-il ? ton repos et ta paix ?
102 Un mystère d'amour dans le métal repose
103 Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
104 O muse de mon cœur, amante des palais !

105 Voici la mort du ciel en l'effort douloureux !
106 Mon âme, il faut partir. Ma vigueur est passée,
107 Voici l'étroit sentier de l'obscure vallée
108 Que les soleils marins teignaient de mille feux,

109 Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron !
110 L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
111 Enflamme de feux verts tes yeux énigmatiques,
112 Que le vent du matin vient glacer à mon front.

113 Comme on passe en été le torrent sans danger,
114 Mon cœur, lassé de tout, même de l'espérance
115 Où du dragon vaincu dort l'antique semence,
116 Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

117 Mais quoi ! c'est trop chanté, il faut tourner les yeux ?
118 C'est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre
119 Le long des arborescences naines du givre,
120 Triste, la bouche ouverte et les pieds vers les cieux.

121 J'ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
122 Il n'est pas de brouillards comme il n'est point d'algèbres.
123 Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres
124 Et les fruits passeront la promesse des fleurs.

125 O Seigneur, ouvrez-moi les portes de la nuit !
126 Il est de forts parfums pour qui toute matière...
127 Il n'en sort que merveille et qu'ardente lumière,
128 Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

129 Laissez dormir en paix la nuit de mon hiver
130 Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles !
131 Je suis dans l'ombre affreuse et sous les sacrés voiles,
132 Mordant au citron d'or de l'idéal amer.

133 Je suis le Ténébreux, le Veuf, l'Inconsolé!
134 A pas lents et tardifs tout seul je me promène.
135 Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
136 Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !


Carme

Mes éternels remerciements pour leur précieuse collaboration
à : pour les vers :
Joachim du Bellay (1522-1560) 7, 20, 43, 81, 88, 113
Pierre de Ronsard (1524-1585) 28, 29, 46, 48, 76, 96, 99
Etienne de la Boétie (1530-1563) 93
Philippe Desportes (1546-1606) 41, 68, 101, 134
Aggrippa d'Aubigné (1551-1630) 105, 117, 127, 129
Siméon-Guillaume de La Roque (1551-1611) 42
François de Malherbe (1555-1628) 3, 40, 98, 103, 124
Jean de Sponde (1557-1595) 63
Antoine de Nervèze (1570-1622) 18
François Maynard (1582-1646) 61, 106
Vincent Voiture (1598-1648) 21
Tristan L'Hermite (1601-1655) 25
Jean de La Fontaine (1621-1695) 89
Jean Racine (1639-1699) 24
Nicolas-Joseph Florent Gilbert (1751-1780) 34
André Chénier (1762-1794) 49, 87, 91
Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) 86
Alexandre Soumet (1788-1845) 78
Alphonse de Lamartine (1790-1869) 2, 37, 74, 82, 90, 107, 114, 136
Alfred de Vigny (1797-1863) 17
Victor Hugo (1802-1885) 4, 5, 10, 12, 22, 26, 27, 32, 33, 36, 39, 47, 50, 55, 67, 80, 83, 92, 120, 121, 122, 125, 131, 135
Félix Arvers (1806-1850) 19
Gérard de Nerval (1808-1855) 15, 35, 51, 72, 75, 95, 97, 102, 109, 115, 133
Alfred de Musset (1810-1857) 57, 94
Charles Leconte de Lisle (1818-1894) 45
Charles Baudelaire (1821-1867 31, 52, 56, 62, 64, 69, 73, 77, 85, 100, 104, 108,116, 118, 123, 126
Léon Dierx (1838-1912) 44
Stéphane Mallarmé (1842-1898) 8, 132
José-Maria de Hérédia (1842-1905) 13, 16, 110
Paul Verlaine (1844-1896) 60, 65, 112
Arthur Rimbaud (1854-1891) 23, 38, 53, 54, 71, 128,130
Albert Samain (1858-1900) 70
André Fontainas (1865-1948) 66, 111
Ephraïm Mikhaël (1866-1890) 11, 58
Paul Valéry (1871-1945) 1
Charles Péguy (1873-1914) 14
Pierre Jean Jouve (1887-1976) 9, 30
Jean Cocteau (1889-1963) 6, 59
Louis Aragon (1897-1982) 79
Francis Ponge (1899-1988) 84
Patrice de La Tour du Pin (1911-1975) 119

Il fallait le faire, n'est-ce-pas?

Voici les courriels que nous nous sommes échangés et dans un des deux, Carmelo se présente.

LeCrapaud a écrit :
Carme,
Je vous demande si vous accepteriez que je publie votre centon sur mon blog: LE CRAPAUD GÉANT DE FORILLON.Votre travail m'a purement ébloui et j'aimerais beaucoup que les quelques lecteurs qui s'arrêtent à l'occasion sur ma page web puissent l'apprécier.
Pourriez-vous, si vous acceptez, me fournir vos coordonnées (nom, pays d'origine, occupation et une adresse de page web si vous en possédez une)?

Merci,
LeCrapaud

Bonjour Jean,
Je suis très honoré et surpris par votre proposition sur ce texte pour lequel je ne peux revendiquer qu'une très légère paternité, vous en conviendrez. Mon rôle s'est limité à agencer les vers et à modifier parfois la ponctuation à la fin d'un vers ou l'autre pour mieux épouser le suivant, ceci dans le but de tenter d'apporter une certaine fluidité dans la lecture. Je dois reconnaître que le résultat n'est pas parfait. Mais comme je l'ai dit sur "Oasis", ce fut un vrai plaisir de le réaliser malgré les longues recherches et les nombreuses contraintes que comporte ce type d'exercice.
J'accepte votre proposition. Vous avez mon accord pour publier ce centon. J'espère que vos visiteurs l'apprécieront.
Ah oui, mes excuses pour mon manque de politesse ! Je m'appelle Carmelo Lopez, j'ai 49 ans et je réside en France, pour être plus précis, près de Metz en Lorraine. Je suis marié et père de deux filles. Sur le plan professionnel, je fais de la gestion matérielle et financière dans un lycée (on est très loin de la poésie ! Quoique ...)Désolé je ne dispose pas de page web.
Mes cordiales salutations,
Carme

Merci une autre fois, Carmelo.

À la prochaine

Si Nathan avait su... (Partie 2) -34-

  Madame Saint-Gelais, précipitamment, ferma la porte du local où s’achevait la réunion de parents. Elle prit la parole: - Je vous demande d...