lundi 6 octobre 2014

QUATRE (4) CENT-CINQUANTE-NEUF (59)


en sous-titre: 
Saint-Pie, le matin très tôt.


Le Crapaud, tous les matins, se promène dans le village de Saint-Pie. Tous les matins très tôt. Alors que le village roupille encore, il marche au devant du soleil. Les couleurs automnales donnent à ces randonnées une dimension particulière.

Je vous offre ces images. 



 Le mont Yamaska à l'horizon.







 Le vieux pont qui enjambe la rivière.





 Rivière et mont Yamaska.

La rivière Yamaska porte son foulard de brume.












Je vous ai partagé mes regards du matin. Bientôt, demain peut-être, des photos de ma randonnée en vélo - sur 30 km - avec mon ami Choquette. Randonnée entre Saint-Pie et Saint-Paul-d'Abottsbord.

À la prochaine.


mercredi 1 octobre 2014

QUATRE (4) CENT-CINQUANTE-HUIT (58)

Georges DESROSIERS

Georges PLOURDE





























Deux décès en l’espace de peu de temps : un oncle ainsi que le père d’une essentielle amie. Les deux portaient le même prénom, Georges. 

Leur départ m’amène à fouiller dans mes cahiers de lecture, que je remplis davantage que je vide, et cela depuis un certain temps. Fouiller et découvrir quelques citations sur le thème de la vieillesse. 

Les disparus étaient, chacun, âgés de plus de 75 ans; 76 pour Georges Plourde, 85 pour Georges Desrosiers. Ils se rejoignent par la numérologie : 13 = 4.

Voici ce que j’ai trouvé. Au tout début de l’automne, je vous l’offre.

D’abord, quelques citations provenant du livre NAISSANCE DE LA VIEILLESSE du Docteur Claude Olievenstein qui a consacré sa vie aux toxicomanes.

. La vieillesse naît de la comparaison.

. Vieillir c’est entrer peu à peu, par paliers, dans l’isolement. Cela commence très longtemps avant l’entrée dans le grand âge. Cela commence dès la fin de la lune de miel de la jeunesse, des mises à l’épreuve triomphante du corps.

. Naître à la vieillesse n’est pas l’affaire de quelques mois.

. Nous ne sommes pas égaux dans l’entrée en vieillesse, nous le sommes encore moins dans le choix des instruments qui permettent de contenir, retarder, utiliser les signes ou les stigmates, les impossibilités, les limitations que nous impose le fait de vieillir.

. La vieillesse est donc un voyage à double face, l’une, celle de la solitude, étant infiniment plus douloureuse que l’autre, celle du rapport avec autrui.

. La vieillesse pourrit son homme sans trêve ni relâche.

. Vieillir, c’est aussi mettre de plus en plus d’eau dans son vin.

. Il y a urgence. Que Dieu existe ou pas. S’il n’existe pas, il faut l’inventer, chacun selon ses moyens. Intellectuels, spirituels, familiaux, historiques. Si pour de vraies raisons il n’est pas possible de l’inventer, il ne reste qu’à exploiter le non-sens, dépassant l’absurde par la jouissance de chaque souffle de vie. Le sens est là, dans l’instantané, dans le temps vécu, ici, là, tout de suite, maintenant, faisant de chacun de nous des toxicomanes de la vie parce qu’il n’y a plus rien après, parce que être programmé comme les hannetons ou autres insectes est monstrueux, effaçant l’homitude, effaçant l’imaginaire.

J’achève avec Olievenstein en transcrivant sa définition de la maturité :

'' la maturité, c’est un état d’équilibre où les acquis dominent par rapport à ce qui reste de conquêtes à faire. ''


Puis, Andrée Chedid qui  écrit dans son merveilleux roman LA MAISON SANS RACINES (on devrait en faire un film) :

'' De passage, et à l’aide dans cet état migrateur, comme si elle pensait que l’existence elle-même n’était que cela : un bref passage entre deux obscurités. Comme si dans la maison de la chair si périssable, dans celle de l’esprit si mobile, dans celle du langage en métamorphoses, elle reconnaissait ses seules et véritables habitations. Malgré leur précarité, elle s’y sentait plus vivante, moins aliénée, qu’en ces demeures de pierre, qu’en ces lieux hérités, transmis, souvent si agrippés au passé et à leurs mottes de terre qu’ils en oublient l’espace autour.''

J’achève en  citant le mot que Georges Plourde continuellement répétait :
 '' Amour. ''

Et ceux de Georges Desrosiers : '' Je suis comme un boxeur, je préfère plutôt donner que recevoir.''

Salut vous deux.


P.S. '' Pour être conscient qu’on vieillit, il faut vieillir sur fond de jeunesse. La fin garantit le commencement, le commencement permet la fin.'' Hubert Aquin



samedi 6 septembre 2014

QUATRE (4) CENT-CINQUANTE-SEPT (57)



La guerre. Dans toute son horreur et sa formidable faculté à se répandre un peu partout - souvent en périphérie des endroits où règnent la tyrannie, l'obscurantisme, le despotisme, l'oppression - la guerre est devenue une caractéristique, une marque de l'homme.

La guerre. Ce jouet des hommes despotes, autoritaires et persécuteurs devient leur langage absolu ayant comme références des logiques à la fois différentes et semblables.

La guerre. 

Je la regarde dans ce poème à partir de la lunette de celui qui se situe loin de ses champs de bataille mais proches de la souffrance qu'elle engendre; auprès des enfants.

Des enfants de la guerre, non pas seulement des enfants-soldats ou guerriers. De ceux qui ne jouent plus à la guerre, de ceux qui en sont les victimes et les pantins.



ils jouent

missiles, roquettes et bombes pour musique ambiante
on a équipé les enfants d'arcs, de flèches
ni complainte ni berceuse dans la bouche des mères veuves
que des étoiles le jour, des soleils la nuit

les enfants ont armé les arcs, acéré leurs flèches
de leurs bras, de leurs mains bleuies d’ecchymoses
virevoltent des pluies froides de poussière
au-dessus du caducée des linceuls

ils jouent

les enfants portent des maillots rouges numérotés
comme les footballeurs à la télé
un concerto de Mendelsshon enserre le terrain vague
de la nostalgie des couchers de soleil

les enfants épicènes jouent

des machines de guerre, d’acier et de rouille
tachent l’horizon de leurs longues épées fumantes
alors que roule un ballon antipersonnel
sur le cimetière bouillonnant des derniers coups de pelle

ils jouent ces enfants épicènes

sans casque, tête offerte aux tirs, aux corners
sur cet espace que limite le crachat des tyrans
les enfants courent derrière d’autres enfants
qui, eux, savent déjà le résultat de ce manège

la sirène annonce la fin d’une partie jouée d’avance
et les enfants qui restent, ballon de chair sous le bras,
aveuglés, minés et inquiets marchent au bout du champ
que le jour semblable à hier a rapetissé


à la prochaine


dimanche 3 août 2014

QUATRE (4) CENT-CINQUANTE-SIX (56)


Félix Leclerc
100 ans cette année



J'ai entrepris, à la demande expresse des amis vietnamiens, de déposer sur ma page Facebook des chansons québécoises. Je me suis mis à la tâche il y a quelques mois maintenant. Au début, ne sachant trop exactement ce qu'ils (elles) souhaitaient entendre - du récent... du représentatif... du folklore... - j'ai donc commencé par les chansonniers, et non les moindres: Hervé Brousseau, Germaine Dugas, Félix Leclerc, Jacques Blanchet, etc. Il m'apparaissait primordial de leur faire entendre ce qui, d'après moi, s'avère être le germe de la chanson québécoise. 

Les premiers commentaires allaient dans le sens suivant: ''on ne comprend pas la langue'', ''la musique est d'une autre époque'', et j'en passe. J'ajoutai les interprètes connus qui ont permis à la chanson québécoise de s'établir outre-frontière: Monique Leyrac, Pauline Julien, Lucille Dumont, etc.

Plus j'avançais, plus je remarquais que ma ligne de tir ne déviait pas beaucoup, que j'escamotais plusieurs aspects importants des composantes de cet art qu'est la chanson. Je me suis alors mis à piocher à gauche et à droite, puisant à tous les styles - sauf l'opéra que bientôt je vais aborder - ce qui, à mon avis, illustrait ou met encore en valeur la chanson québécoise.

La démarche m'a permis de découvrir ou redécouvrir des artistes ayant marqué leur époque, ceux qui ont créé des ponts entre les générations ou nous ont renseignés sur divers courants sociaux de l'histoire du Québec.

Il n'y a pas unanimité sur les origines de la chanson québécoise. À quel moment précis s'est-elle solidement installée, s'est-elle ancrée dans nos oreilles, à quel moment peut-on dire qu'elle possède une pérennité et qu'elle assure sa continuité?

Au départ, je ne me posais pas ces questions. Par la suite, alors qu'il m'arrivait de dire, ''cette chanson, je me rappelle que ma mère la chantait'', ''celle-ci date du temps de mes grands-parents'', j'arrivais à constater que ses sources furent multiples, puis qu'à une époque encore toute proche, elle devint... disons, autochtone.

Et les ami(e)s vietnamiens dans tout cela? Mise à part la barrière linguistique, ce qui passe le mieux là-bas ce sont les chanteuses: Céline Dion dont on ne connaissait pas ses origines québécoise, Mitsou pour son côté provocateur, Ariane Moffat pour ses excellents rythmes, Stéphanie Lapointe pour son allure adolescente.

En second lieu, les groupes des années 1970, dont Offenbach, retinrent l'attention. Quelques chanteurs du type ''crooner'' car là-bas on a l'impression que ce qu'ils interprètent est triste, mélancolique et nostalgique un peu à l'image de ce que l'on entend beaucoup au Vietnam.

Le folklore et le country ne font pas du tout fureur ce qui me fait dire que l'opéra ne devrait pas trouver preneur.

J'en suis maintenant à me demander ce que je pourrais faire avec toute cette banque d'informations et de chansons recueillies principalement sur You Tube?
Déposer le tout sur ma chaîne You Tube? Chose certaine, plus j'avance, plus je découvre l'importance de la chanson dans nos vies, qu'elle s'avère être un important pivot de la culture, qu'elle soit locale ou mondiale. 

À la prochaine

dimanche 20 juillet 2014

QUATRE (4) CENT-CINQUANTE-CINQ (55)

                             

22 000 kilomètres plus tard, ma voiture SOUL de Kia entreprendra demain sa dernière expédition: Saint-Pie vers Québec s'arrêtant à Gentilly pour saluer Madeleine, cette chère tante maintenant âgée de 83 ans. Comme je n'ai pas encore récupéré mon permis de conduire - ça se fera en mai 2015 au retour du Vietnam, voyage numéro 4 - mon ami Jean Choquette pilotera. Jeudi, la SOUL aura un nouveau propriétaire.

Je vis depuis un an sans voiture tout comme je l'ai fait, sept années durant, alors que je résidais à Montréal. Ce n'est donc ni nouveau ni pénible pour moi. Au retour, en mai prochain, je verrai pour la suite des choses. Une voiture électrique, la SOUL EV qui doit faire son arrivée sur le marché québécois cet automne m'intéresse.



SOUL EV 2015




À suivre...




lundi 7 juillet 2014

QUATRE (4) CENT-CINQUANTE-QUATRE (54)


Sigle photographié sur le trottoir d'une importante rue de Saïgon



Une semaine après la labyrinthite et la commotion cérébrale qui l'a accompagnée, alors qu'autour de moi et pour un peu plus de deux minutes, la réalité reprend des airs que je connaissais il n'y a pas si longtemps, je réussis à pouvoir écrire une phrase complète ayant du sens.

En deux mots, la labyrinthite - en fait il faut parler de neuronite vestibulaire - 
se caractérise par l’apparition soudaine de vertiges intenses. La personne qui en souffre a la sensation qu’elle tourne sur elle-même ou que l'environnement extérieur tourne autour d'elle. Les vertiges s’accompagnent de nausées et parfois de vomissements.

Voilà ce qui m'est arrivé dans la nuit du 29 au 30 juin. Pour la commotion cérébrale que j'appelle la George Parros - du nom de ce célèbre hockeyeur du Canadiens de Montréal qui surprit tout le monde et lui-même sans doute, lors d'un combat qui dura quelques secondes au cours duquel il s'effondra sur la glace, s'assomma et perdit conscience - elle survint alors que ne pouvant demeurer sur mes jambes, j'allai aussi allègrement que rapidement échoir sur le plancher de la cuisine à quelques pas de la chambre à coucher. Tête en sang et ecchymoses sont les reliques de cette chute.

Depuis ces événements je vis entre repos et repos. Il faudra quelques semaines pour le tout revienne à la normale. Donc, peu de lecture et beaucoup d'écoute de musique à volume minimal de préférence.

Aujourd'hui, je vous offre quelques citations de mes lectures hivernales.

Un des privilèges de la vieillesse, c’est d’avoir, outre son âge, tous les âges.
VICTOR HUGO

C’est une pensée triste qui se danse.
(Le tango selon SANTOS DISCÉPOLO)

Tout est présent, tu comprends? Aujourd’hui ne finira que demain, et hier a commencé il y a dix mille ans.
FAULKNER

. Le révolutionnaire doit être capable d’entendre pousser l’herbe.
KARL MARX

. Vous voulez les pauvres secourus
  Je veux la misère abolie.
VICTOR HUGO

. Nos ennemis peuvent couper toutes les fleurs
  Mais jamais ils ne seront les maîtres du printemps!
PABLO NERUDA

. Si l’on ouvrait la marmite du monde, sa clameur ferait reculer le ciel et la terre. Car ni la terre ni le ciel ni aucun d’entre nous n’a vraiment mesuré l’envergure terrifiante du malheur des enfants ni le poids des pouvoirs qui les broient.
EDMOND KAISER

. La liberté n’est qu’un vain fantôme quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément. L’égalité n’est qu’un vain fantôme quand le riche, par son monopole, exerce le droit de vie et de mort sur son semblable. La république n’est qu’un vain fantôme quand la contre-révolution s’opère, de jour en jour, par le prix des denrées, auquel les trois quarts des citoyens ne peuvent atteindre sans verser des larmes.
JACQUES ROUX (Les Enragés)

. Au moment de sa mort, chacun d’entre nous aurait besoin de beaucoup plus de vie encore pour en terminer avec la vie.
ERNST BLOCH

. L’utopie c’est ce qu’il y a au-delà de l’horizon.
HENRIE LEFEBVRE

. Un bulletin de vote ne nourrit pas l’affamé.
BERTHOLT BRECHT

. Malheur au peuple qui a besoin de héros!
BERTHOLT BRECHT

À la prochaine

jeudi 12 juin 2014

QUATRE (4) CENT-CINQUANTE-TROIS (53)



C'est devenu une tradition, du moins une habitude que celle de dresser le bilan de mes lectures d'une année à l'autre. Je vous en faisais part en début d'année mais comme je suis au Vietnam à cette époque, le bilan est reporté à ce temps-ci, à la porte de l'été. De mai en mai.

Voici celui de 2013/2014


. LES CENT PLUS BEAUX POÈMES QUÉBÉCOIS
Pierre Graveline

. LA CONJURATION DES IMBÉCILES
John Kennedy Toole

. MÂN
Kim Thûy

. AMPHIBIEN
Carla Gunn

. LE JOUR DES CORNEILLES
Jean-François Beauchemin

. LES HIRONDELLES DE KABOUL
Yasmina Khadra

. LE FOU DE BOSCH
Sergio Kokis

. FICTIONS
Jorge Luis Borges

. LE PIGEON
Patrick Süskind

. LA NEIGE DE SAINT-PIERRE
Léo Perutz

. L’ÉQUATION AFRICAINE
Yasmina Khadra

. L’ENFANT DE SABLE
Tahar Ben Jelloum

.TENIR TÊTE
Gabriel Nadeau-Dubois

. UNE ENFANCE DE JÉSUS
J.M Coetzee

. FEMMES EN FLAMMES
Rick DeMarinis

. VUE DE LA TERRE PROMISE
Georges Duhamel

. LES HOMMES PROTÉGÉS
Robert Merle

. SUR LA PLAGE DE CHESIL
Ian McEwan

. L’ÉTÉ DU SECRET
Michèle Gazier

. TRENTE MILLE JOURS
Maurice Genevoix

. CE QUE JE CROIS
Carlos Fuentes

. LA TRISTESSE DU CERF-VOLANT
Françoise Mollet-Joris

. MANHATTAN TERMINUS
Michel Rio

. EN CAS DE BONHEUR
David Foenkinos

. L’ÉTOILE DU MATIN
André Schwarz-Bart

. LOU  - HISTOIRE D’UNE FEMME LIBRE
Françoise Giroud

. BIG
Valérie Tong Cuong

. L’EMPIRE DE LA HONTE
Jean Zeigler

. PASSAGE DE L’ODÉON (SYLVIA BEACH, ADRIENNE MONNIER ET LA VIE LITTÉRAIRE À PARIS DANS L’ENTRE-DEUX GUERRES)
Laure Murat

. L’EXCEPTION
Audur Ava Olafdottir


30 livres. 

Par les années passées, j'élisais deux coups de foudre, deux livres ou deux auteurs qui m'avaient réellement touché. Étrangement, je ne puis pas dire que je fus foudroyé, cette année, par un livre si ce n'est le Carlos Fuentes (Ce que je crois). En raison sans doute du fait qu'au Vietnam, fidèle à la Librairie Française où je découvre dans les boites à bouquins seconds-yeux quelques trouvailles répondant à ces deux critères: soit un auteur inconnu, soit un auteur connu mais dont je n'ai jamais rien lu auparavant. Cela m'aura permis plusieurs découvertes intéressantes. Cette fois-ci, d'apprécier le style à la fois ancien et combien précis des Georges Duhamel et Maurice Genevoix de même que des histoires incroyables comme celle de ''Big'' et ''L'enfant de sable''.

Je vous offre tout de même quelques citations recueillies:


. …le dialogue tend à devenir monologue, et le soliloque dégénère en réquisitoire.
Robert MERLE

 . Qu’il est donc dru et serré, ce tissu de la mémoire! On le touche, on l’effleure à peine, et le voici tout entier qui tremble.
Maurice GENEVOIX

. Nous entrons dans le monde que Max Weber avait annoncé comme un « polythéisme de valeurs ». C’est le monde, certes, des communications, de l’économie globale, de la science et des technologies, mais aussi des revendications techniques, du regain des nationalismes, du retour des tribus avec leurs idoles, de la coexistence d’un progrès vertigineux avec le renouveau de réalités que nous pensions disparues. La variété, non la monotonie, la diversité plus que l’unité, le conflit plus que la tranquillité, définiront la culture du nouveau siècle.
Carlos FUENTES

. Nous pensions connaître le monde; maintenant, nous devons l’imaginer.
Carlos FUENTES


. Il y a toujours un commencement, une période où le pouvoir n’est pas encore légitime.
Françoise MALLET-JORIS

. Il y a toujours un commencement, un parti à prendre, où le pouvoir qui naît se mesure avec ce couple ami-ennemi, qu’il lui faut intégrer avec soin : l’injustice et la beauté.
Françoise MALLET-JORIS


. Se taire est insuffisant et parler est excessif : il faudrait trouver des cris, des borborygmes appropriés, ou entonner un chant qui engloberait toutes les paroles, tous les silences et tous les cris.
André SCHWARZ-BART  (au sujet de Auschwitz)

. Si mémoire de vous s’achève
  terre azur me sont à noyer
  et me sont algue toute lèvre
  et morsure tous les baisers
  si mémoire de vous s’achève
André SCHWARTZ-BART   
         

. L’anorexie selon Françoise Giroud alors qu’elle tente de définir par cette maladie une facette de la personnalité de Lou Andréas-Salomé :
.  … ce refus qu’oppose le corps à l’envie d’avaler le monde parce qu’il a « faim d’autre chose » est chez elle (Lou Andréas-Salomé) perceptible en cela qu’elle sera toujours excessivement mince – Neitschze dit : maigre. Les filles anorexiques sont aujourd’hui réputées particulièrement brillantes sur le plan intellectuel, mais, à l’époque, on connaît mal cette maladie, bin qu’elle ait été dès 1873, et Lou ne cherche d’ailleurs pas à en guérir. Elle a un appétit d’oiseau.
Françoise GIROUD

. Je suis l’autre, l’autre est moi. L’inhumanité infligée à un autre détruit l’humanité en moi.
Jean ZEIGLER


. L’utopie est le désir du tout autre. Elle désigne ce qui nous manque dans notre courte vie sur terre. Elle embrasse la justice exigible. Elle exprime la liberté, la solidarité, le bonheur partagé dont la conscience humaine anticipe l’avènement et les contours. Ce manque, ce désir, cette utopie constituent la source la plus intime de toute action humaine en faveur de la justice sociale planétaire. Sans cette justice, aucun bonheur n’est possible pour aucun d’entre nous.
Jean ZIEGLER


. L’utopie n’est visible qu’à l’œil intérieur.
Jorge Luis BORGES

. Le temps est un fleuve qui m’emporte, mais je suis ce fleuve.
Jorge Luis BORGES

À la prochaine



jeudi 5 juin 2014

Poème en solidarité avec le Vietnam agressé par la Chine



Le Vietnam, son histoire l'illustre amplement, est un pays où la solidarité règne en maîtresse ainsi que l'attachement indéfectible à son sol, son histoire et sa résistance. Un pays remarquable pour sa résilience, son inébranlable volonté d'être et de continuer à être une terre respectueuse de ses traditions, de sa culture. Ce pays qui a connu maintes invasions que ce soit celle des Chinois, des Japonais, des Français, des Américains, qui s'est farouchement défendu afin de conserver et d'afficher sa spécificité, est maintenant aux prises avec une nouvelle agression, celle d'une Chine avide de maîtriser, de contrôler l'espace vietnamien de la Mer Orientale. Le Vietnam est pacifique, non seulement dans ses paroles mais dans la pratique de cette vertu que représente le respect du sol, le sien et celui des autres.

Ce poème, je le veux solidaire de mon deuxième pays.


ils ne pourront oublier tes yeux…

... ceux qui maintiennent ta gorge immobile
ils ne pourront oublier tes yeux
tes yeux de mer, tes yeux de soleil

... ceux qui violent ta route
ils ne pourront oublier tes yeux
tes yeux de sol, tes yeux de pluie

... ceux qui pétrolent tes rives
ils ne pourront oublier tes yeux
tes yeux d’hier, tes yeux de maintenant

savent-ils, ceux qui marchent sur tes îles,
que ton sable couleur sang
emplira le gouffre creusé par leur ingérence

ils ne savent pas
mais ils ne pourront oublier tes yeux
que tu as plantés au cœur de ton courage

sauront-ils, ceux qui enceignent tes rives
que tes yeux ouverts sur les vagues du temps
ne seront dupes des pirates mariés aux sirènes

ils ne pourront oublier tes yeux
tes yeux couleur de mer
et s’y embabouineront 


À la prochaine

dimanche 11 mai 2014

Tension au Vietnam


Il faut absolument consulter les médias vietnamiens pour se tenir à jour dans le conflit qui se joue actuellement entre la Chine et le Vietnam. 

En résumé: une flotte de navires chinois accompagnent et protègent les installateurs d'une plate-forme de forage (HD-981) dans les eaux territoriales vietnamiennes, plus précisément sur les côtes des archipels Paracels (Hoàng Sa et Truong Sa) en Mer Orientale (certains la nomment la Mer de Chine Méridionale).

Je n'ai vu aucune information dans les médias d'ici relatant la situation. Aucun mot, pourtant, le danger est réel. L'AP et l'AFP ont diffusé les explications de la Chine qui insiste sur le fait que cette plate-forme ne se trouve nullement en territoire vietnamien mais elles n'ont pas été relayées en terre canadienne. 


Rappelons que les Paracels et les Spartly sont au centre du litige sino-vietnamien depuis fort longtemps. En 1974, le Vietnam du Sud d'alors y subit une attaque chinoise - elle fait plusieurs morts et blessés - et doit quitter les lieux. En 1975, le Vietnam du Nord envahit le Sud, naît le Vietnam actuel qui ne reconnaît pas l'invasion de la Chine.

Selon les lois internationales - entre autres la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 - ces archipels font partie intégrante du territoire vietnamien, ce que plusieurs pays dont les USA, le Japon, Singapour et l'Italie pour ne nommer que ceux-là rappellent actuellement à la Chine.

Quels sont les intérêts de la Chine dans ce conflit? Semble-t-il, et tout comme notre île d'Anticosti, le sous-sol maritime contiendrait d'importances réserves de pétrole. Également, ces endroits regorgent de poissons. Serait-ce seulement cela qui pousse les Chinois à s'y présenter de manière cavalière?

La question semble devenir un problème complexe de géo-politique. La violation du droit souverain d'un pays est un geste grave qui ne peut mener qu'à l'escalade. Les manifestations actuelles autant à Hanoï qu'à Ho Chi Minh City le prouvent. Un élan patriotique sans précédent se répand partout dans le pays et les internautes vietnamiens sur Facebook souhaitent informer la planète entière de la situation qui risque de s'aggraver de jour en jour.


Je fais le tour des amis vietnamiens. Certains craignent le pire alors que d'autres, me rappelant que nous sommes dans une année CHEVAL, c'est-à-dire celle de la diplomatie, croient que tout rentrera dans l'ordre. 

À suivre


lundi 28 avril 2014

"Venez me chercher demain!"


Combien de fois l'ai-je dit "Venez me chercher demain!" alors que je souhaitais que ce merveilleux vent déguisé en attaque tranquille et douce, jamais ne s'éloigne... alors que je souhaitais voir le temps se coucher dans l'éternité... alors que je souhaitais que plus rien de bouge autour de moi... alors je répétais cette déclaration: Venez me chercher demain! 

À un dodo du départ, en guise de transition entre Saïgon et Saint-Pie, voici ce poème... inachevé.


les bougainvilliers

toit de tôle brûlant, toit de tôle rouillé,
rougissent au soleil les bougainvilliers
un soleil qui écrase l'étouffante journée

ce matin, lentement couraient les enfants
figé au ciel qu'immobilisaient les nuages, un cerf-volant
chromatisé, nacré, blanc

les bougainvilliers du toit brûlant
les mêmes qu'hier, les nuages aussi
demain courront encore les enfants
leurs yeux au ciel sur un cerf-volant havi

ces fleurs de papier
ce cerf-volant de carton
ces enfants, les yeux à pied
et ce toit, toit sans maison
sur lequel se mire le ciel
pleure des bougainvilliers...


À la prochaine

Si Nathan avait su... (Partie 2) -34-

  Madame Saint-Gelais, précipitamment, ferma la porte du local où s’achevait la réunion de parents. Elle prit la parole: - Je vous demande d...